13/02/2019

Initiative BCGE : suprême arrogance du Conseil d'Etat !

 

Sur le vif - Mercredi 13.02.19 - 15.17h

 

Invalider des initiatives, pourtant dûment munies de toutes les signatures nécessaires : ce procédé détestable de l'exécutif face à l'exercice régulier des droits populaires, on le croyait réservé au parfum d'arrogance de la législature précédente.

 

Eh bien non ! Le Conseil d'Etat, alléguant des motifs ahurissants, se permet de jeter aux orties l'initiative 171, lancée l'an dernier par Ensemble à Gauche, "La BCGE doit rembourser les 3,2 milliards prêtés par l'Etat".

 

Je n'entends pas ici prendre position sur l'initiative. Mais ce texte a fait l'objet, dans les formes, d'une récolte de signatures. Il les a obtenues. Il doit être soumis au peuple. Cette forme de censure d'un pouvoir exécutif sur un texte qui lui déplaît, censure purement politique sous couvert du blabla juridique habituel, "contraire au droit", est totalement inacceptable.

 

L'argument le plus hallucinant, je vous laisse juger : " L’initiative aurait eu pour conséquence l’inscription d’une dette de 3,2 milliards de francs au bilan de la BCGE, ce qui aurait pour conséquence d’entraîner un surendettement de la BCGE et différentes mesures à prendre par l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA) afin de l’assainir. Or, l’électeur ou l’électrice ne peut se rendre compte de la portée de l’initiative au moment d’exprimer son vote, alors même que l’acceptation de cette dernière aboutirait à un résultat totalement opposé au but exprimé ".

 

"L'électeur ne peut se rendre compte" ! Comme si les choses, dans la campagne de votation, ne pouvaient pas lui être expliquées ! Comme si cet argument du Conseil d'Etat, pertinent en soi, ne pouvait pas être porté, dans un débat à la loyale, à la connaissance du corps électoral. Comme si les citoyennes et citoyens de ce canton étaient des enfants. Immatures. Inaptes à saisir les enjeux de la politique. Suprême arrogance, qui plaide une fois encore contre les corps intermédiaires. Et pour la prise en charge, de plus en plus, de la politique par l'ensemble des citoyens.

 

Je n'aurais sans doute pas voté ce texte d'Ensemble à Gauche. Mais je ne supporte pas qu'on empêche le peuple de se prononcer.

 

Pascal Décaillet

 

 

15:36 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Et on fait tout un plat de "l'affaire" Maudet ! Pendant qu'on distrait le peuple avec des peccadilles qui ne lui ont rien coûté, le nouveau Conseil d'Etat le spolie de 3,2 milliards. Plus c'est gros et mieux ça passe !

Écrit par : norbert maendly | 13/02/2019

Cher Monsieur,
J'approuve à cent pour cent votre position. Il ne faut pas que le pouvoir se moque du Souverain! Ces histoires d'invalidation, c'est du pur déni de démocratie.
Cordialement, Jacques Louis Davier

Écrit par : Jacques Louis Davier | 13/02/2019

Décidément genève ressemble de plus en plus à une "réprivée" bananière.

Il doit bien exister un recours contre cette décision bananière?

Aujourd'hui c'est tout l'exécutif qui se disqualifie.

Les valeurs (respect de la démocratie, honnêteté) foutent le camp.

Écrit par : Daniel | 13/02/2019

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