• Cyril Aellen : courage et vérité

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    Sur le vif - Mercredi 27.02.19 - 09.46h

     

    Aujourd'hui comme hier, Cyril Aellen se révèle un politicien d'un rare courage, ne craignant ni la solitude contre la furie d'un clan, ni l'intensité du combat. Savoir se mettre dans l'opposition, plutôt que toujours se ranger sous la bannière où souffle le vent, est la marque des meilleurs. Il en fait partie, je l'ai toujours dit.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Fatras et lumière

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 27.02.19

     

    J’ai sous les yeux la liste des votations soumises au suffrage populaire le dimanche 19 mai prochain, telle que publiée par le Conseil d’Etat, le 1er février dernier. Mon premier sentiment, à la lecture de ce fatras, est celui d’une profonde révolte. Par métier, je fais partie de ceux qui se font un point d’honneur à toujours traduire en langage simple et clair, pour le public le plus large possible, les enjeux politiques. Plus le dossier est complexe, plus la mission est belle : avoir l’esprit de synthèse, dégager les grandes lignes, mettre en contexte, donner du sens. Et surtout, penser à ce qui concerne les gens, mettre en valeur ces points-là, éviter l’abstraction. Remplacer le fatras par la lumière.

     

    Si le Conseil d’Etat publie tel quel le menu du 19 mai, c’est l’échec assuré. Non l’échec de tel ou tel camp, mais celui de la clarté dans le contrat politique. Il est vrai que le Grand Conseil, notamment dans le dossier de la CPEG (Caisse de prévoyance de l’Etat de Genève) n’a pas simplifié la tâche sur le fond, avec son feu vert donné à deux projets de loi contradictoires. Les partis, qui chacun ont lancé référendum contre la majorité qui leur avait déplu, ajoutent à l’opacité. Le Conseil d’Etat, en nous balançant un menu illisible pour le grand public, parachève la nuit citoyenne.

     

    Le menu du 19 mai 2019, quant à la forme en tout cas, constitue une absolue négation de la politique. Une victoire de l’obscur sur la nécessaire clarification des enjeux, en démocratie.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Madame Bovary, c'est pas moi !

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    Sur le vif - Lundi 25.02.19 - 10.08h

     

    À propos des grands romans bourgeois du dix-neuvième siècle, tellement encensés par les profs de français (littéralement obnubilés par les humeurs d'Emma), deux catégories de personnes m'inquiètent au plus haut point :

     

    1) Ceux qui ne les lisent pas.

    2) Ceux qui les lisent.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Macron : la marmite éclatera

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    Sur le vif - Dimanche 24.02.19 - 00.54h

     

    En matière agricole comme ailleurs, Macron crapahute à rebours de son temps. Il vient nous parler agriculture européenne, alors que gronde en ce domaine un puissant besoin de protectionnisme national, et de proximité alimentaire.

     

    L'Europe, plus personne n'en veut. Sauf Macron. Élu par défaut, en 2017, il est pour cinq ans un Président à rebours du bon sens. À rebours des nécessités telluriques de son époque.

     

    Cet homme n'est jeune qu'en apparence. Il n'est moderne que pour le vernis. En vérité, il patauge à côté des besoins profonds de son temps.

     

    La Nation revient, il nous parle Europe. Les flux migratoires doivent être contrôlés, il ne le fait pas. Un impérieux appel à de nouvelles formes de démocratie directe est lancé depuis des mois, avec une parfaite clarté, par la base, il fait semblant de ne rien entendre. Il se pavane dans des "débats", s'y met en scène, en majesté. Sa vie est une Galerie des Glaces, celles où l'on signe les défaites.

     

    Ce Président est une catastrophe. Plus il maintiendra le couvercle, pour sauver son pouvoir et les privilèges de ceux qui ont financé sa campagne, plus la marmite, le jour venu, éclatera.

     

    PaD

     

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  • Allemagne, An 1

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    Automne-allemand.jpg 

    Notes de lecture - Vendredi 22.02.19 - 18.12h

     

    La ruine allemande, depuis l’enfance, me fascine. Il y a plus de cinquante ans, dans les années soixante, je m’étais retrouvé avec ma famille à Lübeck, il y avait des trous d’obus dans la façade d’une église luthérienne en briques rouges, le guide nous avait dit : « C’est la Seconde Guerre mondiale. Ou peut-être les Suédois, lors de la Guerre de Trente Ans ». De 1648 à 1945, les deux grandes destructions, totales, des Allemagnes, le brave homme s’octroyait une marge d’erreur de trois siècles !

     

    Je n’ai pas connu la ruine allemande de 1648, sinon à travers le saisissant Simplicius Simplicissimus, publié en 1659 par le grand romancier Hans Jakob Christoffel von Grimmelshausen (1622-1676), l’un des rares narrateurs allemands émergeant du néant laissé dans les Allemagnes par la Guerre de Trente Ans : il faudra attendre le dix-huitième siècle, celui de Bach, Haendel, Beethoven et Frédéric II, celui de l’Aufklärung, puis du Sturm und Drang, celui de Kant, Hegel, Goethe, Schiller et Hölderlin, pour que renaisse l’Allemagne, au milieu des décombres. Cette renaissance, sublime et fracassante, sera celle du Phénix.

     

    Je n’ai pas connu, non plus, la destruction de 1945, n’étant né que treize ans après. Mais j’en ai recueilli les innombrables récits de témoins, notamment les gens chez qui j’ai vécu, un quart de siècle plus tard. D’où l’intérêt saisissant que vient de représenter, pour moi, la lecture de cet « Automne allemand », du journaliste et écrivain suédois Stig Dagerman, l’un des phares de la littérature scandinave dans les années 40, né en 1923, et qui s’est donné la mort à 31 ans, en 1954. J’ai lu ce livre sous le soleil de Provence, en ce miraculeux février où la vigne, épurée comme un vestige grec, offerte au ciel et promise à l’élévation, attend la vie, pour en renouveler le cycle.

     

    Cet Automne allemand, de Dagerman, c’est l’Allemagne, An 1. A s’y méprendre, il ressemble à l’Année Zéro. La guerre aérienne des Anglais et des Américains contre l’Allemagne, de 1942 à 1945, fut avant tout une guerre contre la ville allemande. La plupart furent détruites, certaines totalement, alors que des milliers de villages sont demeurés intacts. Pour l’Anglais, il fallait venger Coventry (bombardement par la Luftwaffe, la nuit du 14 au 15 novembre 1940), ce fut fait au centuple, voire mille fois. Pour l’Américain, il fallait tapisser les populations urbaines de bombes, pour démoraliser les civils. La ville allemande demeurera détruite pendant des années : il faudra jusqu’au début des années 50 pour simplement déblayer les ruines, puis, très rapidement, on reconstruira, souvent fort mal, hélas : la Vieille Allemagne est bien morte en 1945.

     

    En 1946, le jeune Stig Dagerman, auteur prodige de 23 ans (il avait déjà publié « Le Serpent », en 1945), erre comme journaliste, plusieurs semaines, au milieu de l’Allemagne en ruines. Le pays n’existe plus, il n’y a pas d’Etat entre 1945 et 1949, les Allemagnes sont partagées entre quatre zones d’occupation (Soviétiques, Américains, Britanniques, Français), il n’y a rien à manger, des millions de soldats allemands sont encore prisonniers de guerre (notamment en Russie), les routes, les voies ferrées, sont coupées. Et, pour tout couronner, des millions d’Allemands, implantés à l’Est depuis des générations, affluent dans la « Mère-Patrie » comme réfugiés : dans une Allemagne détruite, vaincue, sans nourriture, tant les conditions d’approvisionnement sont difficiles !

     

    Cette Allemagne de l’An 1, Stig Dagerman nous en brosse un portrait époustouflant. Il se promène dans les caves de Hambourg, ville totalement détruite lors des terribles bombardements britanniques (surtout), mais aussi américains, de juillet et août 1943, 45'000 morts, l’Opération Gomorrhe, une horreur absolue, la deuxième plus grande dévastation d’une population civile urbaine allemande après celle de Dresde, par les Anglais, les 13 et 14 février 1945. Hambourg, c’était deux ans plus tôt, deux ans avant la défaite : les survivants, de 1943 à 1945, erraient dans la ruine allemande, non sous l’Occupation alliée, mais sous le Troisième Reich lui-même ! Alors que la Wehrmacht, loin d’être vaincue, se battait encore sur tous les fronts d’Europe. Même le génial Bertolt Brecht n’aurait pas imaginé une telle situation.

     

    A Hambourg, Dagerman se promène au milieu des caves inondées, où se terrent les civils. Une seule préoccupation : manger. Une pomme de terre est un paradis. Manger, et puis trouver du charbon. On a beau se trouver dans le premier pays producteur d’Europe, qui vient de perdre la Silésie (conquise deux siècles plus tôt par Frédéric II), et le contrôle de la Ruhr, la denrée est rare, précieuse, vitale. Les conditions de vie sont épouvantables. L’occupant britannique se désintéresse totalement des populations civiles allemandes, il faut venger Coventry, il faut qu’ils paient. A lire Dagerman, on se dit qu’il y en aura pour des décennies : dix à quinze ans plus tard, Hambourg, comme toutes les villes allemandes, sera de nouveau debout. Je me souviens de ma première visite familiale à Hambourg, début juillet 1968 : on n’y voyait presque plus aucune trace de destruction.

     

    Dagerman visite aussi Munich. Il en profite pour nous décrire la situation ahurissante dans laquelle se trouvent les passagers ferroviaires, et à quel point tout trajet interurbain en train, dans cette Allemagne de 1946, est une aventure proche de l’impossible. Dans la capitale bavaroise, il assiste au discours d’un revenant, le Docteur Kurt Schumacher (1895-1952), chef des sociaux-démocrates allemands, un ancien de la République de Weimar qui a passé la plus grande partie du Troisième Reich à Dachau : le seul fait qu’un tel homme ait survécu au régime nazi constitue, en soi, un miracle. A Munich, Königsplatz, le chef du SPD tient un discours très national, exigeant (en 1946 !) la restitution de la Sarre, de la Prusse-Orientale, de la Ruhr et de la Silésie. Et notre Dagerman, écrivain et reporter suédois de 23 ans, est là, au milieu des ruines munichoises. Il écoute.

     

    Il y a aussi Berlin, dans cet Automne allemand de Dagerman. Il y a le terrible Bois des pendus, où avaient été exécutés, un peu plus d’un an auparavant, les tout jeunes conscrits des derniers combats, des gamins de seize ans, qui s’étaient montrés peu enthousiastes à l’idée d’offrir leur vie, tout juste naissante, au Reich agonisant. Et puis, il y a la dénazification, ou du moins ce qui en tient lieu : cela s’appelle les « Spruchkammern » les Chambres chargées d’enquêter sur le passé (tout récent !) de centaines de milliers d’Allemands. Avec brio, Dagerman nous montre à quel point cela (hormis les grands procès, orchestrés pour la presse) fut bâclé, certains juges s’excusant auprès des accusés : « Nous ne faisons cela que parce que l’occupant allié nous y oblige ». En 1946, par miracle, plus aucun Allemand ne se souvient d’avoir été nazi, ou alors vraiment par obligation. Nombre de vrais criminels passent entre les gouttes. Le vrai travail de mémoire ne se fera que dans les années 80.

     

    Il y a aussi de terribles anecdotes, comme la Bavière qui renvoie en Rhénanie, ou dans la Ruhr, ou à Hambourg, contre leur gré, les réfugiés des terribles bombardements des années 42 à 45. La Bavière, paysanne, productrice de vivres, ne manque pas de ressources. Elle méprise le reste de l’Allemagne. Elle renvoie chez eux, dans des trains bondés qu’aucune gare ne veut accueillir, des réfugiés internes à l’Allemagne : des Allemands renvoient des Allemands. Passionné d’Histoire allemande, je ne connaissais pas cet épisode.

     

    « Automne allemand », de Stig Dagerman, à la fois reportage journalistique et œuvre littéraire, constitue un témoignage majeur. A recommander à tous ceux qui, pour approcher la vérité historique de l’immédiat après-guerre allemand, loin des clichés ou des idées reçues, veulent croire à la multiplicité des témoignages, complexes, parfois contradictoires, comme indispensable matériau à l’élaboration patiente d’une mosaïque de la compréhension. A ce titre, Automne allemand n’est pas seulement une réflexion sur l’An 1 de l’Allemagne, mais sur l’Histoire elle-même. Comme chemin de connaissance. Et d’incessante remise en question du réel. A tous, excellente lecture !

     

     

    Pascal Décaillet

     

    *** Automne allemand. Par Stig Dagerman. Traduit du suédois par Philippe Bouquet. Actes Sud, 1980. 165 pages.

     

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  • Une femme, parmi d'autres

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 20.02.19

     

    Conseillère administrative depuis 2011, chargé de la Cohésion sociale et de la Solidarité en Ville de Genève, Esther Alder ne se représentera pas pour un troisième mandat en 2020. Du coup, les appétits s’aiguisent pour lui succéder : chez les Verts, on se presse au portillon.

     

    Esther Alder est une personnalité politique profondément respectable, dans le rapport qu’elle entretient à la chose publique, à la fonction exercée, à la notoriété. Là où d’autres laissent les effluves du pouvoir monter jusqu’au plus profond de leurs têtes, la magistrate Verte a toujours su demeurer une femme comme une autre. Une femme parmi d’autres, au cœur de la Cité. On partage ou non ses options politiques, mais on doit reconnaître la très belle vertu de simplicité du comportement de Mme Alder.

     

    Elle a été touchée par l’affaire des notes de frais, notamment pour son appétence pour les taxis. Dont acte. Mais tout de même, nous sommes à des milliers de lieues marines d’autres excès, je ne vous fais pas un dessin. Pour ma part, j’apprécie à son plus haut niveau le sentiment d’égalité qui se dégage de Mme Alder.

     

    Elle exerce une fonction, mais ne se prend pas, pour autant, pour un être inatteignable. Au contraire, elle vit sa vie, à son rythme, défend ses causes, demeure accessible et souriante. Vous voulez que je vous dise ? Ce sont là des valeurs suisses, tout simplement. Je souhaite à Mme Alder une excellente fin de mandat.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Invalidons les invalidations !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 20.02.19

     

    Il y a des choses, dans la politique genevoise, qui ne devraient jamais se produire, et en tout cas ne jamais se reproduire. Parce qu’elles respirent l’arrogance, suintent la peur du peuple, donnent l’impression que le pouvoir est captif d’une cléricature. Ainsi, l’invalidation, mercredi 13 février, de l’initiative 171, lancée par Ensemble à Gauche, dûment munie de quelque dix mille signatures, intitulée « La BCGE (Banque Cantonale) doit rembourser les 3,2 milliards prêtés par l’Etat ! ».

     

    Une initiative extrême ? Peut-être. On peut, on doit en discuter. Et peut-être faut-il la refuser. Mais ce débat, les signatures ayant été récoltées, doit se dérouler au sein du corps électoral, avec à la clef, un beau dimanche, une votation. Le peuple genevois est mûr, adulte, vacciné. Il a du sens politique, l’expérience de la démocratie directe, il a l’instinct des équilibres : si le texte est mauvais, ou dangereux, il aura largement la sagesse de voter non. Mais la décision, en présence d’une initiative, c’est à lui de la prendre, et à nul autre, surtout pas le Conseil d’Etat.

     

    Des décisions, le gouvernement genevois en prend des centaines par année. Tous les mercredis, il nous abreuve des innombrables mesures prises, sur tout et sur rien, en guise de démonstration de son infinie puissance d’arbitrage. Fort bien. Mais de grâce, qu’il ne s’occupe pas de la démocratie directe. Cette dernière est une affaire du peuple avec le peuple, elle n’a pas à s’encombrer des invalidations des corps intermédiaires. En clair, si une initiative a récolté les signatures nécessaires, elle doit être portée au jugement du suffrage universel : lui-seul doit trancher.

     

    Vous me direz que ce droit d’invalidation fait partie des prérogatives du Conseil d’Etat. C’est vrai. En coupant au peuple la possibilité de se prononcer sur l’initiative 171, le gouvernement est juridiquement dans son droit. Mais, politiquement, il commet une faramineuse maladresse. Le signal est dévastateur : celui d’un collège de sept personnes (sont-ils encore sept ?) qui, prenant peur de rouvrir la boîte de Pandore de l’affaire BCGE, préfère se boucher le nez, alléguer des motifs juridiques en forme de paravent, se presser d’enfouir un sujet qu’il ne faudrait surtout pas déterrer. Ce genre de comportement, c’est habituellement celui d’un Conseil d’Etat en fin de législature, à bout de souffle. Alors que nous n’en sommes qu’au cinquième de la période 2018-2023 !

     

    Ce droit d’invalidation dont jouit le Conseil d’Etat, il faut le lui retirer. Homme libre, citoyen passionné par les affaires publiques, défenseur acharné des droits populaires et de la démocratie directe, je lance l’idée d’une initiative allant dans ce sens. L’esprit en est simple : si un texte a recueilli les signatures, c’est le peuple, et nul autre, ni Conseil d’Etat, ni Comité de Sages, ni surtout professeurs de droit, qui doit trancher. Le suffrage universel, constitué de l’ensemble des citoyennes et citoyen de ce Canton, est digne de confiance. On n’a pas à le traiter comme un enfant. Il est le souverain. Il mérite notre respect.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Ont-ils seulement un sexe ?

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    Sur le vif - Vendredi 15.02.19 - 11.45h

     

    La plus puissante ligne de fracture des prochaines années se situe moins entre la droite et la gauche (encore qu'elle persiste), qu'entre partisans de la démocratie directe et des droits populaires, et, en face, défenseurs de la démocratie représentative, avec ses élus, ses corps intermédiaires, ses partis, et toute la consanguinité céleste de ses anges et ses archanges, reliés entre eux en hiérarchies byzantines. Ont-ils seulement un sexe ?

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Adieu, les partis !

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    Sur le vif - Jeudi 14.02.19 - 15.11h

     

    Les partis politiques seront de moins en moins, dans les années qui viennent, les relais d'idées et les fédérateurs de pensée qu'ils ont été, depuis la Révolution française. Ce rôle, ils l'ont tenu, je suis le premier à le reconnaître.

     

    Le premier, aussi, à m'être passionné, dès l'adolescence, pour l'Histoire et la philosophie politique des partis. Fulgurant radicalisme (Freisinn), né des grandes valeurs républicaines de la Révolution, puis du Printemps des peuples, en 1848. Idem pour le libéralisme, avec lequel je ne partage pas grand-chose, mais dont je reconnais les grands penseurs, à l'image d'un Benjamin Constant, ou d'un Tocqueville. Émergence de ce qu'on appellera plus tard la démocratie chrétienne, avec l'éblouissante Encyclique Rerum Novarum, de Léon XIII (1891). Sans oublier, bien sûr, les socialismes, la social-démocratie, le communisme. Tous ces partis ont charrié l'Histoire, ils ont écrit les grandes pages politiques des 19ème et 20ème siècles.

     

    Mais aujourd'hui, tout cela touche à sa fin. Non les idées, mais leur regroupement sous des bannières, dans ces espèces de paroisses auxquelles il faudrait adhérer dès sa jeunesse, demeurer sans jamais les quitter, siéger assidument dans des comités, des assemblées, des commissions, rouler pour des champions, comme la groupie de Michel Berger, derrière son pianiste.

     

    Il n'y a plus aucune raison, pour les années et les décennies qui viennent, de passer par ces chapelles d'obédience, où on se paye en services rendus et en prébendes partagées, pour faire de la politique. La mise en réseau des connaissances, la numérisation, l'accès planétaire au savoir, tout cela va contribuer à rendre progressivement caduques ces affiliations à vie, sous une même couleur.

     

    Le système des partis est intimement lié à celui des Parlements, à la démocratie élective, où l'on passe plus de temps à parler des personnes que des idées. Le clan X contre le clan Y, les querelles de clocher à l'intérieur des paroisses, tout cela sécrète, peu à peu, le venin du suicide des partis.

     

    En lieu et place de ce petit monde, l'avenir est à la démocratie directe. L'avenir est aux citoyennes et citoyens. L'initiative populaire permet de faire de la politique, non pour défendre infiniment une bannière, mais pour atteindre des objectifs stratégiques précis. On se bat pour une idée, non pour servir d'écuyer à un champion.

     

    Les partis ne sont pas morts. Pour quelques décennies, voire un siècle ou deux, ils seront encore là. Mais ils ne joueront plus le rôle qui fut le leur aux 19ème et 20ème siècle. Nous avons mieux à faire qu'entretenir des paroisses : servir l'intérêt supérieur du pays. Par exemple, en activant au maximum les prodigieux ressorts de la démocratie directe.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Le peuple, face aux guêtres !

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    Sur le vif - Jeudi 14.02.19 - 09.53h

     

    Nous devons changer la Constitution, au niveau fédéral et dans chaque Canton, pour que les exécutifs n'aient plus ce scandaleux pouvoir d'invalidation d'une initiative. Ni les exécutifs, ni les législatifs !

     

    Si une initiative obtient les signatures, elle doit être soumise au suffrage des citoyennes et citoyens. Ces derniers sont bien assez mûrs pour la sanctionner, si elle s'avère ahurissante, en la refusant.

     

    On ne sanctionne pas une initiative en l'invalidant. On la sanctionne en la refusant.

     

    L'épisode d'hier, à Genève, avec cette scélérate invalidation de l'IN 171, sur la BCGE, est une étape de plus dans la colère montante des citoyens contre la confiscation de leurs droits populaires.

     

    À Genève, dès qu'une initiative ne plaît pas politiquement au Conseil d’État, il se couvre d'arguments juridiques totalement bidon pour l'invalider.

     

    Ainsi, cette IN 171. Plus j'y pense, plus je me dis que je la refuserais. Mais c'est à moi d'en décider ! À moi, et aux dizaines de milliers de citoyennes et citoyens qui forment le corps électoral genevois. Nous sommes bien assez grands, si l'initiative va trop loin, pour en juger collectivement, à l'issue d'un vaste débat populaire.

     

    Les gouvernements, les Parlements, ne doivent plus pouvoir invalider les initiatives. Il faut leur retirer ce pouvoir. Pour cela, il faut changer la Constitution, par voie... d'initiative !

     

    Ce chantier prendra des années, des décennies, plusieurs générations peut-être. Mais nous devons l'entamer dès maintenant. L'avenir n'est pas à la consanguinité de la démocratie représentative. Mais à la clarté, à la loyauté, à la transparence de la démocratie directe.

     

    Hier à Genève, la bonne vieille démocratie élective, qui traîne ses guêtres et ses privilèges depuis un peu plus de deux siècles, a cru marquer un point. En réalité, elle a scellé le début de sa perte.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Initiative BCGE : suprême arrogance du Conseil d'Etat !

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    Sur le vif - Mercredi 13.02.19 - 15.17h

     

    Invalider des initiatives, pourtant dûment munies de toutes les signatures nécessaires : ce procédé détestable de l'exécutif face à l'exercice régulier des droits populaires, on le croyait réservé au parfum d'arrogance de la législature précédente.

     

    Eh bien non ! Le Conseil d'Etat, alléguant des motifs ahurissants, se permet de jeter aux orties l'initiative 171, lancée l'an dernier par Ensemble à Gauche, "La BCGE doit rembourser les 3,2 milliards prêtés par l'Etat".

     

    Je n'entends pas ici prendre position sur l'initiative. Mais ce texte a fait l'objet, dans les formes, d'une récolte de signatures. Il les a obtenues. Il doit être soumis au peuple. Cette forme de censure d'un pouvoir exécutif sur un texte qui lui déplaît, censure purement politique sous couvert du blabla juridique habituel, "contraire au droit", est totalement inacceptable.

     

    L'argument le plus hallucinant, je vous laisse juger : " L’initiative aurait eu pour conséquence l’inscription d’une dette de 3,2 milliards de francs au bilan de la BCGE, ce qui aurait pour conséquence d’entraîner un surendettement de la BCGE et différentes mesures à prendre par l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA) afin de l’assainir. Or, l’électeur ou l’électrice ne peut se rendre compte de la portée de l’initiative au moment d’exprimer son vote, alors même que l’acceptation de cette dernière aboutirait à un résultat totalement opposé au but exprimé ".

     

    "L'électeur ne peut se rendre compte" ! Comme si les choses, dans la campagne de votation, ne pouvaient pas lui être expliquées ! Comme si cet argument du Conseil d'Etat, pertinent en soi, ne pouvait pas être porté, dans un débat à la loyale, à la connaissance du corps électoral. Comme si les citoyennes et citoyens de ce canton étaient des enfants. Immatures. Inaptes à saisir les enjeux de la politique. Suprême arrogance, qui plaide une fois encore contre les corps intermédiaires. Et pour la prise en charge, de plus en plus, de la politique par l'ensemble des citoyens.

     

    Je n'aurais sans doute pas voté ce texte d'Ensemble à Gauche. Mais je ne supporte pas qu'on empêche le peuple de se prononcer.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • La citoyenneté, ça commence à l'école !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 13.02.19

     

    Dans notre démocratie suisse, le personnage principal, ça n’est ni le Président de la Confédération, ni celui de l’Assemblée fédérale, ni celui du Conseil d’Etat, ou du Grand Conseil, de votre canton. Non, le personnage no 1, c’est le citoyen, ou la citoyenne. Chacun d’entre nous, non en tant qu’individu, mais comme partie prenante, quatre fois par an, à la grande liturgie profane du suffrage universel. Chaque citoyenne, chaque citoyen constitue, lorsqu’il participe à un processus de vote, une part certes infime, mais indivisible, inaliénable, du pouvoir suprême de décision sur le destin suisse. C’est cette part sacrée que des millions de Français, relayés par le mouvement des gilets jaunes, veulent obtenir, pour se prononcer désormais, comme en Suisse, directement sur les thèmes de la politique. Et non se contenter, tous les cinq ans, de choisir des « représentants », qui feraient la politique à leur place. Parce que cette part réclamée est sacrée, Macron la leur refuse, ou rechigne en tentant de gagner du temps : l’ordre du sacré, dans son esprit, est réservé au monarque.

     

    En Suisse, nous devenons citoyens à l’âge de 18 ans, celui du droit de vote. Mais pour être immédiatement opérationnel, à ce moment de la vie, dans le champ politique, il est absolument nécessaire d’y avoir été, avec patience et pendant de longues années, formé par le système scolaire. Formé à la citoyenneté, et non formaté pour se fondre dans un parti ou un autre ! Formé aux actes citoyens, à la mécanique de décision dans notre pays. Informé, dès l’école primaire, de façon aiguisée, appétissante, plaisante, pourquoi pas ludique, sur notre système. Initié, surtout, à l’Histoire politique. Celle de l’Europe, celle du monde, celle de la Suisse, celle du canton. Initié, par des profs d’Histoire qui aient la niaque ! On n’a pas le droit, sur des sujets aussi capitaux, de se montrer ennuyeux, grisâtre, poussiéreux : le prof d’Histoire doit être le hussard noir de la République, celui qui éveille, excite, secoue le sens, affûte la curiosité, dégage des lignes de crête, éclaircit les horizons.

     

    Quant à l’éducation citoyenne, elle peut afficher mille visages. Débats, jeux de rôles, visionnements d’émissions TV, écoutes de moments de radio, initiation à l’usage des sites internet, et même à une utilisation citoyenne des réseaux sociaux. Il est urgent, en Suisse, que près d’un siècle d’archives SSR (radio dès les années vingt, TV dès les années cinquante) soient totalement et gratuitement mises en ligne. Et que les écoles puissent les utiliser, les mettre en contexte, en perspective. On ne laisse pas dormir un tel trésor ! Avant tout, il faut que l’Ecole de la République se pénètre bien de sa mission de mise en appétit citoyen. Elle n’est pas là pour regarder passer les trains, ni pour se réfugier dans une tour d’ivoire. Elle est une part très importante de la vie citoyenne, tout court. La formation, à Genève, est maintenant obligatoire jusqu’à 18 ans. Eh bien formons des citoyens, c’est essentiel !

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Le Prix de la Chute

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    Sur le vif - Mardi 12.02.19 - 12.33h

     

    Le principe même d'une campagne électorale incite les candidats à se valoriser. Au fond, chacun nous dit : "Je suis le meilleur. Je ne suis pas comme les autres. Avec moi, tout va changer. Je vais faire de la politique autrement. Les vieux ressorts du pouvoir n'agiront pas sur moi. Je serai la divine surprise, je serai la révélation, je serai l'Autre, celui que secrètement, vous attendez tous".

     

    Bref, point n'est besoin d'avoir lu Roland Barthes pour saisir que nous sommes là dans l'essence la plus fragmentée (au sens d'un parfum ?) du discours amoureux. Séduire. Séduire par la parole. Séduire par l'ostentation du rêve brandi. Séduire en disant "Je suis un autre", on se contentera d'accorder le verbe avec le pronom, pour tout de même laisser dormir Rimbaud.

     

    Nous sommes là au coeur de l'affaire Maudet. Au coeur de toute affaire, dans toute démocratie du monde, passant par le système électif, où surgit, comme dans tout roman bourgeois du dix-neuvième siècle, chez Flaubert comme chez l'Allemand Theodor Fontane, le moment fatal de la déception. L'Autre ne serait plus cet Autre sublime dont j'ai rêvé, non, il ne serait qu'un autre comme un autre, fragile, pécheur, perclus des flèches du Mal.

     

    Cet Autre qui déçoit devra payer beaucoup plus cher qu'un simple quidam. Parce que lui, l'ex-Autre sublime, s'est joué de nous. Il nous a humiliés. Il nous a trompés. Alors, il faut qu'il paye, il faut la meute, il faut les chiens de l'hallali. Non parce que cet Autre a failli. Mais parce qu'en amont, il nous a fait croire à un autre monde possible.

     

    Le déception politique, dans une démocratie élective, est sœur cadette de la déception amoureuse. Pour les prudents, ou ceux qui, comme dans le Temps des Cerises, pourraient craindre de souffrir un peu, ne resterait qu'une solution : la chasteté politique. En clair, s'attacher au mât, tel Ulysse. Et résister aux chant, pourtant si voluptueux, des sirènes.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Non au droit de vote des étrangers

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    Sur le vif - Lundi 11.02.19 - 09.33h

     

    Genève : la gauche revient avec l'immense errance du droit de vote aux étrangers. Je soutiens, pour ma part, la nécessité d'un lien indéfectible entre droit de vote et nationalité. À tous les échelons. Y compris local.

     

    La citoyenneté exige un périmètre. Une adhésion consentie, et formalisée, à la communauté d'appartenance d'une nation, ce que la langue allemande appelle "Gemeinschaft". Que les démarches pour accéder à la nationalité soient favorisées, on peut en discuter. Mais il faut faire ce pas. Entrer dans le périmètre.

     

    À Genève, les étrangers ont le droit de vote sur le plan municipal. J'étais contre, mais c'est acquis, n'y revenons pas. Mais comme citoyen, comme homme libre exprimant son opinion, je combats toute extension de ce droit.

     

    Je vous prie de n'y voir nulle xénophobie. Je n'éprouve pour l'étranger ni la moindre peur, ni la moindre forme de rejet. Je considère que chaque être humain, sur la Terre, en vaut un autre. Je rejette toute forme d'idéologie fondée sur l'inégalité, celle des races, des religions, des ethnies.

     

    Très calmement pourtant, je combats depuis toujours le droit de vote aux étrangers. Parce que je crois à l'échelon des nations. Je crois à l'intimité sacrée, dans l'ordre de la mémoire et du destin, qui lie entre eux ceux qui adhèrent à une communauté d'appartenance. Une Gemeinschaft.

     

    A chaque membre de la communauté nationale, doit appartenir le droit indivisible, inaliénable, de se prononcer par le vote sur le destin du pays. Ou du Canton ! Car il n'y a rien de pire que cette idéologie fragmentée de la nation qui, sous prétexte de notre fédéralisme suisse, entend séparer les droits de vote sur le plan communal, cantonal ou fédéral.
     
    Pour les partisans du droit de vote aux étrangers, c'est une forme d'entrisme qui ne dupe personne : on commence par la Commune, on continue avec le Canton, et puis un jour on montera bien gentiment à l'échelon fédéral. Ne soyons pas dupes de ce petit jeu.

     

    Je dénonce et combats, depuis toujours, ceux qui veulent exploser l'échelon national, au profit de flasques conglomérats, ou d'un cosmopolitisme errant.

     

    On ne joue pas avec les valeurs de la nationalité. Sauf à vraiment vouloir faire monter les extrêmes. Je doute que la gauche y soit gagnante.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Merci, Jeunes Verts ! Merci, Parti du Travail !

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    Sur le vif - Dimanche 10.02.19 - 15.23h

     

    Mitage du territoire au niveau fédéral, caisse publique ou soins dentaires remboursés à l'échelon genevois, nous avions là, lancés par de courageux comités d'initiatives, des thèmes passionnants. Qui touchent de près la vie des gens, leur rapport au paysage, à la santé, valeurs immatérielles et tellement centrales, dans nos vies. Nous n'étions pas, avec ces sujets-là, dans l'abstraction de quelques horlogers de la pensée, mais dans le concret, le sensible, le vital.

     

    A Genève, ces trois initiatives sont refusées, mais avec des résultats parfaitement honorables pour les initiants : 52,3% seulement de non pour le mitage, 54,8% pour les soins dentaires, 55,6% pour la caisse genevoise d'assurance maladie à but social. Défaites plus qu'honorables ! Les sujets demeurent sur la place publique. Près d'un Genevois sur deux y était favorable.

     

    Dans notre démocratie suisse, nous devons toujours accepter les résultats. Mais nous pouvons, tout autant, féliciter les Jeunes Verts, ainsi que le Parti du Travail : ils ont amené de magnifiques débats, tellement concernants pour les gens. Sur l'ensemble des thèmes qu'ils nous ont proposés, après la défaite d'étape de ce dimanche 10 février 2019, le combat des idées - le seul qui vaille - continue.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Le passant qui se prend pour un roi

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    Sur le vif - Samedi 09.02.19 - 11.00h

     

    Porté dans sa campagne par les puissances de l'usure et de la spéculation, mais aussi par l'idéologie cosmopolite, mondialiste, destructrice de repères et de frontières, Macron perd toute mesure, tout ancrage, tout sens des réalités, dès qu'il s'agit de la nation, de la mémoire et de l'Histoire. Comme si ces questions-là, pourtant premières pour un Président de la République française, lui échappaient totalement.

     

    M. Macron est sûrement un homme intelligent. Il a fait de très bonnes études, fréquenté le philosophe Paul Ricoeur, nagé comme un poisson dans les eaux de la Banque Rothschild, avancé ses pions dans le capitalisme de casino.

     

    Mais cet univers-là, celui des marchands du Temple, se situe à des milliers de lieues marines de la plus haute marche de l’État, dans ce pays qui s'appelle la France.

     

    Les Français n'ont rien contre les banquiers. Mais au plus haut niveau, ils sont en attente d'autres valeurs. La capacité - celle d'un Charles de Gaulle - à incarner la permanence de l’État dans la durée, sa lutte contre les féodalités, sa puissance d'arbitrage au service de tous, à commencer par les plus faibles. Son rapport à la mémoire, aussi, sa capacité à nous faire revivre la grande geste de l'Histoire nationale.

     

    Au lieu de cela, qu'avons-nous ? Un passant, qui se prend pour un roi. Un petit veinard, élu par défaut dans l'écroulement général de 2017, qui confond sa chance avec une prédestination de la Providence. Un moraliste, au service des puissants. Un obligé des financiers. Au mieux, une figure de la Restauration ploutocratique, avec son suffrage censitaire, ses libertés de presse et d'opinion étouffées. Au pire - et il semble que nous soyons partis pour cela - le parfait usurpateur d'une fonction dont il n'a jamais pris la mesure, faute de la moindre culture historique.

     

    Emmanuel Macron, légitime encore pour trois ans, est une erreur de l'Histoire. Un accident de parcours. Les sentiments de révolte et de colère, chez des millions de Français, face à ce non-sens politique, sont parfaitement justifiés.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Vous prendrez bien une ligne de parmesan ?

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    Sur le vif - Vendredi 08.02.19 - 04.31h

     

    Selon nos informations, M. Macron aurait fait installer cette nuit les portraits de Charles VIII, Louis XII et François 1er dans son QG de campagne, au Mont-Cenis. Ainsi qu'un buste de Bonaparte.

     

    Le décret portant sur l'interdiction générale des spaghettis sur l'ensemble du territoire français, DOM-TOM compris, devrait être publié en tout début de matinée.

     

    Le Val d'Aoste devrait être réoccupé dès midi.

     

    Nice et les deux Savoie sont en état d'alerte maximum.

     

    La sauce tomate sera remplacée par du sang.

     

    Les cinémas passant du Fellini ou du Pasolini, les opéras programmant du Verdi ou du Puccini, seront fermés jusqu'à nouvel ordre.

     

    Le boulevard des Italiens sera fermé à la circulation.

     

    Le Prix Médicis, aligné sur le prix de l'essence.

     

    Les Fiat et les Vespa seront saisies par l'armée de terre. Les sacs Gucci, fouillés. Les fiasques de Chianti, confisqués pour l'ordinaire des chasseurs alpins.

     

    La joie de vivre, passible de la peine de mort.

     

    Le riz amer, confisqué des épiceries.

     

    La Porte d'Italie, fermée à clef.

     

    Les Roméo et les Juliette, mis sur écoute.

     

    Les vacances romaines, réservées aux élites méritantes de la République en Marche.

     

    Le parmesan, frappé d'interdiction et vendu au marché noir, ne se consommera plus que par lignes poudrées, dans les soirées de la jet set. On apprendra à l'inhaler avec l'intense jouissance de la parcimonie.

     

    L'alphabet latin sera remplacé par le langage des signes.

     

    Les chiffres romains, réservés aux pierres tombales.

     

    Le vol de bicyclette, considéré comme signe d'intelligence avec l'ennemi.

     

    Les guépards, chassés des zoos.

     

    Le bleu de Sienne, remplacé par du bleu de Bresse.

     

    Les journées particulières, effacées du calendrier.

     

    Mme Mona Lisa, au Louvre, pourrait se voir retirer son permis de séjour, si elle continue à défier la France et le monde, avec son insupportable sourire.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Jojo

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    Sur le vif - Jeudi 07.02.19 - 16.01h

     

    M. Macron a le droit de penser ce qu'il veut.

     

    Chacun d'entre nous a le droit de penser ce qu'il veut.

     

    Pour ma part, du plus profond de ma conscience sociale et politique, née au coeur de l'enfance, plus vive et plus aiguë que jamais, je considère que "Jojo le Gilet jaune" a exactement, comme être humain, comme être social, comme mérite de considération, la même valeur qu'un ministre.

     

    Et je considère, dans la foulée, que tout humain en vaut un autre.

     

    Tout humain, oui. Sans exception.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Pêche interdite

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    Commentaire publié dans GHI - 06.02.19

     

    Il paraît que certains petits marquis, autour de M. Macron, émettent des doutes sur la démocratie directe suisse. Grand bien leur fasse. Tout au plus devrait-on leur faire parvenir le communiqué de presse du Conseil d’Etat genevois, en date du vendredi 1er février 2019, énumérant les votations, fédérales et cantonales, qui nous attendent le dimanche 19 mai. Ce jour-là, interdiction d’aller à la pêche !

     

    Ce communiqué, sobre et factuel, constitue en lui seul la plus remarquable défense et illustration de notre système suisse. Voilà, dans un canton suisse réputé (à tort) pour sa légèreté politique, ses fameuses Genfereien, des citoyennes et citoyens qui vont, le même jour, se prononcer, en vrac, sur la réforme de l’imposition des entreprises, l’avenir des retraites des fonctionnaires (CPEG), le plafonnement des primes maladie à 10% du revenu du ménage, et la politique culturelle. Tout cela, au seul échelon cantonal !

     

    Côté fédéral, le volet suisse de RFFA (imposition des entreprises), mais aussi la votation très sensible sur les armes. Montrez ce document à un ami français, favorable ou non aux gilets jaunes. Montrez-lui juste ce texte, expliquez-lui les enjeux. Il verra un pays où le corps électoral des citoyens s’exprime sur le fond. Sur des sujets difficiles, austères. Le rôle des médias responsables (comme ici, dans ce journal, ou à Léman Bleu, ou d’autres journaux ou antennes, à Genève), étant d’en présenter les enjeux avec la passion de l’explication, et celle de la clarté. Vive notre démocratie directe !

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Alors, gagnons du temps !

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    Sur le vif - Jeudi 07.02.19 - 12.41h

     

    Et maintenant, le Pré-du-Stand ! Nous sommes partis pour une législature où chaque loi votée par le Parlement sera systématiquement attaquée en référendum par le camp d'en face.

     

    La démocratie directe, en Suisse, est la chose du peuple. Elle ne devrait pas être celle des partis. Les partis, pour arranger leurs affaires, ont déjà les enceintes parlementaires. Si, à chaque vote législatif muni d'un peu d'enjeu, les partis perdants au Parlement lancent eux-mêmes, directement, un référendum contre la loi votée par les partis gagnants, on n'est pas sortis de l'auberge.

     

    Dans l'affaire de la CPEG comme dans beaucoup d'autres, nous assistons à Genève à une prise en otage de l'institution référendaire par les partis. Alors que cette arme devrait être en priorité celle du peuple, celle de comités de citoyens ne disposant justement pas des réseaux des partis pour faire entendre leurs voix.

     

    Et puis, quoi ? Si, systématiquement, une loi votée par le Parlement est attaquée en référendum par les partis perdants, à quoi sert l'échelon législatif ? A quoi, sinon à officier comme tour de chauffe, entre cent personnes, à un débat populaire, exactement le même, quelques mois plus tard, entre plusieurs dizaines de milliers de citoyens.

     

    Dans ces conditions, supprimons l'échelon parlementaire. Ou consignons-le à la seule orfèvrerie de la fabrication des lois. Et instituons le suffrage universel comme autorité politique systématique d'approbation des lois.

     

    De toute façon, d'ici un siècle ou deux, avec le prodigieux essor du partage des connaissances, nous y viendrons.

     

    Alors, gagnons du temps !

     

    Pascal Décaillet

     

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