Eh oui, le PS est à gauche !

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Sur le vif - Mercredi 13.03.19 - 09.10h

 

La droite économique et financière, à Genève, celle qui veut nous faire voter RFFA pistolet sur la tempe, celle qui sert de portevoix aux multinationales, écume de rage face à une réalité : le PS est un parti de gauche.

 

Eh bien oui, il faudra s'y faire : les socialistes sont à gauche. De même, les libéraux défendent la droite de l'Argent, l'UDC se bat pour la souveraineté, le MCG pour la préférence cantonale, les Verts pour l'environnement.

 

Eh oui, la politique est conflictuelle. Elle oppose, dans son champ magnétique, des conceptions radicalement différentes. Cela porte un très beau nom, cela s'appelle la dialectique.

 

On peut certes comprendre la légitime déception de l'excellent député Romain de Sainte Marie, qui avait tenté, à la vaudoise, de jeter des passerelles avec la droite. Il a eu raison d'essayer, mais la réalité des antagonismes l'a emporté.

 

RFFA, on a le droit d'être pour. Et, n'en déplaise à la ridicule campagne unanimiste de la droite financière (accepter le projet ou le chaos, pas de plan B, exode des multinationales, etc.), on a immensément le droit d'être contre. Cela s'appelle la politique. Les citoyennes et citoyens ne sont pas aux ordres du grand patronat, ni des puissances financières.

 

Le PS a changé d'avis : et alors ! Il a simplement retrouvé ses fondamentaux. Au lieu de cracher leur venin sur cette formation politique, les partisans de RFFA feraient mieux de prendre leur bâton de pèlerin, et de nous expliquer poliment, sans asséner, sans grands airs doctes, pourquoi il faudrait tant, selon eux, voter ce projet.

 

Cette démarche républicaine, patiente, tranquille, on la trouve chez une ministre de qualité : Nathalie Fontanet, qui va faire le tour du canton d'ici au 19 mai. Et aussi, chez le député Cyril Aellen. D'autres, dans leur camp, feraient bien de s'inspirer de ces tonalités intelligentes, axées sur la puissance de persuasion intrinsèque de l'argument, et respectueuses des citoyens.

 

Pascal Décaillet

 

 

Lien permanent Catégories : Sur le vif 6 commentaires

Commentaires

  • Cela étant, un PS qui accepterait la réforme cantonale du taux d'imposition (on ne parle pas ici de la RFFA, mais seulement de son volet cantonal) ne pourrait-il pas également être considéré comme "de Gauche"?

    En effet, le fait d'être de Gauche ne devrait pas priver du droit ni de la faculté de réfléchir un tant soi peu.

    Le fait d'être de Gauche ne devrait pas forcément signifier être pour toujours plus d'Etat, soit pour une administration "leviathanesque" qui nécessite de prélever de plus en plus de ressources sur l'économie pour s'entretenir elle-même et distribuer ses miettes à des assistés de plus en plus nombreux.

    Le fait d'être de Gauche peut également vouloir dire lutter pour la préservation des emplois, en se reposant sur les acteurs économiques, et non seulement d'une manière purement administrative (chose qui n'a jamais fonctionné nulle part).

    A lire l'article de lundi dans 24 heures, le transfert des entreprises genevoises dans le canton de Vaud a déjà commencé, et ne pourra que s'accentuer en cas de refus par les urnes du nouveau taux d'impositions des entreprises genevoises. Etre de Gauche peut aussi vouloir dire rester informé des réalités du monde qui nous entoure, et des personnes comme Romain de Ste Marie et surtout Sandrine Salerno l'ont bien compris. Ils semblent malheureusement être minoritaires dans leur parti. Ce qui ne fait pas nécessairement d'eux des gens "de Droite".

  • Quel parti de gauche, aujourd'hui, est promesse de progrès?

    Un parti du juste milieu permettrait de repartir à zéro en évitant les extrêmes tout en cultivant par le juste milieu, précisément, ce bon goût qui ne signale pas franchement les milieux politiques.

    Juste milieu... recherche pour tous de la sagesse, de l'équilibre et de la stabilité avec une première prise de conscience allant de soi.

    Nous ne naissons pas égaux aussi bien socialement que cognitivement parlant.

    Il y faut donc de l'accompagnement, du soutien actif dès les premières classes, dès les premiers échanges et contacts... avec, en tout premier lieu, de la part des "grandes" personnes de la gentillesse et du respect… pour tous.

  • Le PS est à gauche de ..................quoi???? 100 ans de communisme pour aboutir en Russie et en Chine à 2 dictatures mafieuses hyper capitalistes, on est bien!!

  • En attendant de voir si la stupidité ou un sursaut d'intelligence collective l'emportera le 19 mai, le canton de Vaud et le Valais doivent se frotter le mains.
    Il est vrai qu'ils ont de bonnes chances d'espérer.
    Genève? C'est l'esprit français.
    Malheureusement.

  • "Populiste", Marine Le Pen tient des propos que nous attendons de la gauche et la gauche, elle, a rompu avec la rue!

    Mépris affiché du président des Français concernant la France profonde hors temps de chômage dite "laborieuse"!

  • Derrière ce thème, il y a le croisement entre 2 siècles. Le 20ème, c'est Faust, où la société à vendu son âme au diable pour des "richesses". Le 21ème siècle, c'est la note qu'il faut payer, et la prise de conscience de l'erreur d'avoir vendu son âme.

    Cette votation, c'est la nouvelle tentation du diable qui peint un avenir radieux et l'enfer si on ne signe pas. Mais ce diable ne dit pas qu'il y a un coût.

    Il est temps de tourner le dos à ce 20ème siècle et de construire quelque chose de cohérent entre les besoins d'une bonne économie et les besoins de la population. Nul besoin de doubler la population, alors que doubler la qualité de vie serait nécessaire.

    Le PS est toujours dans le siècle précédent, mais par sa décision, il oblige la droite à convaincre. Le seul argument de la droite est la peur.
    Cette droite s'abstient de parler des conséquences sur la population parce qu'elle est d'abord au service de l'économie. Ces cadres auront toujours les moyens de s'acheter une villa à la campagne, ils n'en payeront pas les conséquences.

    Finalement cela se résume à : Quel avenir pour nos enfants ? Cette question simple, n'a pas de colorations politiques. La votation n'est pas une histoire de droite/gauche, mais de la vision sur l'avenir.

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