• Gilets jaunes : la carabistouille du "grand débat"

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    Sur le vif - Samedi 30.03.19 - 16.14h

     

    J'avais dix ans en Mai 68, je me souviens de tout, j'avais suivi les événements avec passion, notamment via la radio. Le mouvement a duré plusieurs semaines, disons un peu plus d'un mois, si on veut considérer qu'après le 30 mai (contre-manifestation décisive des partisans de Charles de Gaulle), il y a eu encore quelques manifestations, moins connues mais bien réelles, en juin.

     

    Depuis, j'ai suivi toute l'actualité politique française, en un demi-siècle. Je me souviens des grandes manifs pour l’École privée, d'autres grands défilés, mais une chose est sûre : jamais aucun mouvement, ni en 1830, ni en 1848, ni en 1870-71, ni en 1936, ni à la Libération, n'a duré six mois !

     

    Le premier élément, déjà entré dans l'Histoire, de l'affaire des Gilets jaunes, c'est donc son exceptionnelle durée. Il y a des samedis violents, des samedis calmes, des samedis dans la fureur, des samedis dans la simple joie d'être ensemble, c'est selon. Mais tous les samedis, depuis un semestre, des Français descendent dans la rue, et cela c'est du jamais vu.

     

    Je n'ai, de ma vie, jamais participé à aucune manifestation. Cela n'est pas mon langage. Mais il se trouve que de gens manifestent, c'est ainsi. Il s'agit donc d'en décoder les motivations, d'en mesurer la pression réelle sur l'opinion et sur le pouvoir, d'analyser le terrain, avec le maximum de renseignements possibles. Ainsi considérée, la manifestation constitue, pour l'historien ou celui qui ambitionne un discours d'analyse politique, un matériau.

     

    Depuis six mois, émergent du discours des Gilets jaunes deux types, très clairs, et fort bien exprimés, de revendications : la justice sociale (et fiscale), et l'aspiration au RIC (référendum d'initiative citoyenne). Davantage de justice, et davantage de démocratie, c'est simple, audible par n'importe quel gamin, facile à retenir. Même les grèves du printemps 36, à l'époque de Léon Blum, étaient plus complexes, dans leurs catalogues de réformes exigées.

     

    Face à cela, le pouvoir avait le droit de dire oui, et celui de dire non. Mais il devait entrer en matière sur le sujet , et non enfumer toute la France avec sa carabistouille de "grand débat".

     

    Le grand débat, il a eu lieu depuis longtemps, en amont. Les sujets ont émergé, ils ont mûri, ils sont exprimés avec une parfaite clarté, il n'y avait strictement nulle nécessité de jeter sur la France le voile opaque d'un "débat" voulu par le Prince, autour du Prince, montrant le Prince en majesté, daignant se mêler à la plèbe, souvent pour lui faire la morale. Car le Prince est aussi Cardinal, il se sent à la fois le représentant de la Noblesse et du Clergé, allant parfois se mêler, si les caméras sont là, au Tiers État.

     

    Ce Prince est une catastrophe. Un orléaniste de la pire espèce, blanchi sous le harnais de la grande finance internationale, celle pour qui l'échelon des nations ne compte pas. Un européiste, qui veut imposer le libéralisme continental comme modèle unique dans les relations économiques et sociales. Un moraliste, qui prend ses compatriotes de haut, leur assène la leçon. C'est cet homme-là dont les Gilets jaunes veulent le départ. L'affaire est aussi simple que cela. Ils l'obtiendront avant terme (printemps 2022) ou non, je n'en sais rien. Mais l'enjeu est là : justice sociale, et invention d'une forme française de démocratie directe, qu'ils appellent le RIC.

     

    Tout cela est parfaitement clair, simple, limpide. Il n'y a nul besoin de "grand débat" pour en saisir les enjeux.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Climat : l'aubaine

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    Commentaire publié dans GHI - 27.03.19

     

    La percée des Verts, ce dimanche 24 mars, aux élections cantonales zurichoises, donne des ailes à ce parti : porté par le thème de la lutte contre le réchauffement climatique, il se voit déjà pulvériser tous les records, aux élections fédérales du 20 octobre. Avec un groupe parlementaire sérieusement étoffé. Et, pourquoi pas, un conseiller fédéral.

     

    Y parviendront-ils ? Nous verrons. Ce qui est sûr, c’est que l’actuelle focalisation des esprits sur tout ce qui touche au climat va dans le sens des Verts. Quand on voudra bien élaguer un peu, dans la forêt d’arguments sur les gaz à effet de serre, la part de pesanteur morale, plus étouffante encore que le thème lui-même, on sera bien obligé, en vieux routier de l’observation politique, de reconnaître une chose : la grande affaire climatique constitue, pour les Verts, en Suisse comme ailleurs, une formidable aubaine électorale. Comme, en 2011, Fukushima.

     

    Comme citoyen, je veux bien que les Verts profitent de l’aubaine : on prend le vent là où on peut, là où il vient. Je veux bien qu’ils marquent des points sous la Coupole, cet automne. Je veux bien qu’ils entrent au Conseil fédéral. Mais de grâce, qu’ils nous épargnent le coup de la morale. Comme si eux n’étaient pas, à l’image de tous les politiques, mus par l’instinct de l’opportunité, le goût du pouvoir, la récupération des vents. Il est vrai qu’en termes de récupération, les Verts sont rois. Et, paraît-il, exemplaires.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Notes de frais : l'arrogance du Conseil d'Etat

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 27.03.19

     

    Orgueil, superbe et arrogance : les trois visages affichés, ce mercredi 20 mars, par le gouvernement de la République et Canton de Genève. Un sommet, dans l’ordre du comportement princier, qui fera date. On pensait que les attitudes hautaines avaient été l’apanage du Président du Conseil d’Etat dans la législature précédente, on s’est peut-être trompé : l’équipe actuelle ne fait pas mieux. Ce 20 mars donc, notre collège gouvernemental, qui fait l’objet des attentions de la Commission de contrôle de gestion du Parlement pour faire la lumière sur ses notes de frais, a cru habile de contre-attaquer en venant faire la leçon juridique à la République entière. Oubliant - ou plutôt omettant – un détail : dans toute cette affaire, c’est lui, le Conseil d’Etat, et nul autre, qui est audité. Lui qui est ausculté. Lui qui doit produire les pièces nécessaires à la vérité. Il n’est pas là comme juge, ni comme ministre, mais comme partie sous enquête.

     

    Dans ce dossier, il y a trois forces en présence. Le Conseil d’Etat, autorité exécutive du Canton ; le Parlement, premier pouvoir, autorité législative, via sa Commission de contrôle de gestion ; la Cour des Comptes, organe voulu par le peuple souverain, pour mettre son nez là où ça fait mal, dans la gestion des affaires publiques. Inutile de dire que peu de magistrats, ou de hauts fonctionnaires, se montrent particulièrement réjouis lorsque François Paychère, Président de la Cour des Comptes, ou ses collègues viennent renifler dans leurs affaires.

     

    Là où les choses se compliquent (mais rassurez-vous, ça demeure parfaitement compréhensible !), c’est que dans l’affaire des notes de frais des conseillers d’Etat, la Commission de contrôle de gestion du Parlement a mandaté la Cour des Comptes, la jugeant plus professionnelle que de simples députés pour une investigation dans des colonnes de chiffres, ce dont tout le monde conviendra. Et c’est cela que le Conseil d’Etat ne peut pas supporter, ce qui nous a valu le 20 mars ses grandes leçons juridiques, tout juste bonnes à montrer à quel point il était sur la défensive. Aurait-il des choses à cacher ?

     

    A cette arrogance du Prince, il convient de résister. D’abord, saluer l’opiniâtreté de la Commission du Parlement, présidée par le PLR Yvan Zweifel : on espère que la volonté de lumière y est unanime, tous partis confondus, et que nul député ne se déroberait à son devoir de contrôle pour protéger un ministre de son camp. Un tel comportement serait indigne du pouvoir parlementaire. Saluer, aussi, le professionnalisme de la Cour des Comptes, qui depuis des années rend service à la transparence républicaine. Enfin, rappeler au Conseil d’Etat que le mépris ne saurait tenir lieu de méthode gouvernementale, pas plus que prendre les gens pour des naïfs. Nous avons connu, entre 2013 et 2018, de pénibles moments d’arrogance exécutive. Nous espérions un changement. Puissions-nous ne pas nous être trompés.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Macron : les algorithmes de l'utopie

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    Sur le vif - Mardi 26.03.19 - 18.35h

     

    A l'occasion de la visite du Président chinois, Emmanuel Macron multiplie les signaux visant à donner l'illusion d'une existence de l'Union européenne, et d'une vitalité du multilatéralisme. C'est un double mensonge.

     

    L'Union européenne n'existe pas. Tout au plus, tente de survivre une structure flasque, blessée grièvement par son déficit démocratique et son expansion démesurée.

     

    C'est très bien de se dire que, face au géant chinois, on oppose la belle unité d'un continent, pour mettre en balance des plaques tectoniques à peu près comparables. C'est très bien, mais c'est un mensonge. On se ment à soi-même. On ment aux Européens.

     

    Le Président chinois est un homme intelligent et renseigné. Il sait parfaitement que l'Union européenne n'est qu'une fiction. Il est totalement au parfum de la renaissance, partout en Europe, de l'idée nationale, portée par des peuples qui veulent, chacun, recouvrer leur souveraineté, leur indépendance, leur fierté de partager une communauté d'appartenance.

     

    Il sait que la France est la France, l'Allemagne est l'Allemagne, il sait que les vrais paramètres historiques et géostratégiques sont là, et non dans l'illusion abstraite, géométrique, philosophique, d'un continent uni. L'Europe, en 2019, n'en est pas un !

     

    Macron se ment à lui-même. Il ment à la France. Il ment à l'Europe. Il tient pour réels des concepts volatiles, évanescents. A la résurgence de l'idée nationale, il ne veut rien comprendre. Ignorant de l'Histoire, il ne raisonne que dans la fragile algèbre de ses rêves. Il a tort, immensément : une politique doit partir des réalités. Elle doit s'ancrer dans une immense connaissance de l'Histoire. Elle doit puiser ses racines dans ce qui fait vibrer les peuples, et non imposer, d'en haut, des structures aléatoires, une sorte d'algorithme de l'utopie.

     

    La France, hélas, a un Président à rebours de son époque. Il n'est jeune que par l'âge. Dans les concepts, il suinte la défense désespérée de l'Ancien Monde.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Le temps des ruptures, le temps du combat

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    Sur le vif - Lundi 25.03.19 - 10.18h

     

    Je n'ai jamais compris pourquoi on disait "fake news", au lieu de dire simplement "fausses nouvelles".

     

    En revanche, j'ai toujours parfaitement compris de quel camp politique américain - celui d'Obama et de Mme Clinton - venait, dès le début, toute la construction médiatique sur les Russes et la campagne de Trump.

     

    J'ai plutôt bien compris, aussi, tout le parti que pouvaient tirer de cette invention les magnifiques esprits qui, en Suisse romande, n'ont jamais digéré l'élection de Trump, ont juré de ne jamais lui faire le moindre cadeau.

     

    Ce matin encore, dans les titres du Journal de 7h RSR, on pouvait entendre "Le Procureur Bob Mueller passe l'éponge". Un libellé absolument scandaleux : "passer l'éponge" présuppose qu'il y a faute, et qu'on veut bien l'oublier. Lourd de sens.

     

    Ces beaux esprits feront-ils amende honorable ? Évidemment non ! Laissons-les vivre leur vie. Et construisons, en Suisse romande, un espace d'échange des idées où puissent aussi s'exprimer ceux qui soutiennent Trump. Ceux qui comprennent sa volonté de régulation des flux migratoires. Ceux qui, avec lui, rejettent les machineries multilatérales inutiles et vaines. Ceux qui ne cèdent pas à la première mode. Ceux qui tiennent la nation pour l'unité de référence et de décision des sociétés humaines.

     

    Je vais vous dire une chose un peu rude. Je ne pense pas, dans l'univers éditorial de Suisse romande, dans le très grand clivage des fronts où nous sommes, que le temps soit encore celui du débat. Nous sommes entrés dans le temps du combat. Le temps des ruptures. Le temps des choix. C'est dur, douloureux. Mais il faut passer par là.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Il y a vingt ans, les bombes sur Belgrade - Colère et mémoire

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    Sur le vif - Dimanche 24.03.19 - 14.11h

     

    Pas de guerre en Europe, depuis 1945 ? Je suppose que vous plaisantez : il y a, jour pour jour, vingt ans, les avions de l'OTAN - entendez les affidés des Américains - bombardaient la ville de Belgrade, capitale de la Yougoslavie pendant toute l'existence de ce pays, capitale historique d'une Serbie qui avait héroïquement résisté aux nazis entre 1941 et 1945, ce qu'on ne peut pas exactement dire de toutes les Républiques de l'ex-Yougoslavie.

     

    Il y a vingt ans, les Américains, avec l'appui d'une Allemagne visant dans le conflit yougoslave ses propres objectifs de résurrection nationale et d'emprise renouvelée dans les Balkans, tout cela au milieu d'une absolue inexistence de "l'Union européenne", bombardaient, à la bombe lourde, comme aux grandes heures des années 1943-1945 dans le ciel allemand, la capitale d'un État souverain d'Europe, le mettant ainsi au ban des nations.

     

    Ils bombardaient, et l'écrasante majorité des commentateurs, des éditorialistes, en Europe, en Suisse romande, applaudissaient. Une fois de plus, nos belles âmes et nos blanches consciences, sous couvert de défendre les "droits de l'homme" dans les Balkans, au nom d'une conception bien unilatérale de ces droits, se plaçaient du côté du plus fort. Face aux bombes américaines, les premières en Europe depuis 1945, que pouvait faire la Serbie ?

     

    La vérité, dès la chute du Mur (1989), et dès le début du démembrement de l'ex-Yougoslavie (Noël 1990), c'est que les Américains, les Britanniques (reprenant ainsi un vieux rêve, jamais réalisé, de Churchill), et avec eux l'Allemagne de Kohl, rêvant de réinventer sa puissance dans la Mitteleuropa, avaient leur plan d'action pour les Balkans. Affaiblir au maximum l'influence slave, donc serbe, favoriser les nationalismes hostiles aux Serbes, pulvériser l'unité nationale yougoslave, la remplacer par l'influence économique occidentale en Slovénie et Croatie, la présence stratégique dans les parties albanophones, bref accomplir le vieux dessein d'implantation dans les Balkans.

     

    Pour cela, il fallait diaboliser un camp. Ce fut celui des Serbes. Avec l'appui d'une "justice internationale" complice des puissances occidentales, on focalisa les attentions sur les seuls crimes de guerre des Serbes (il n'est pas question ici de les nier), on ferma les yeux sur ceux des autres. Au Kosovo, on laissa se développer le rêve d'une Grande Albanie, unissant les forces de l'Albanie historique, celles des Albanais du Kosovo, celles des Albanais de Macédoine. Avec l'appui de l'Occident et de nos belles consciences, on décréta que le nationalisme albanais avait droit à l'existence, et que le nationalisme serbe, lui, ne l'avait pas. Clairement, on favorisa un camp, contre un autre.

     

    Il y a juste vingt ans, j'étais allé réaliser, en allemand, une grande interview de l'ancien Chancelier Helmut Schmidt, au sommet de la tour de "Die Zeit", qui domine le port de Hambourg. Un port totalement rasé par le terrible bombardement britannique de l'été 1943. J'avais interrogé le successeur de Willy Brandt sur les bombardements qui venaient de se produire à Belgrade. Il les avait vivement condamnés, rejetant ainsi toute la politique atlantiste de son successeur à lui, Helmut Kohl, et celle de Schröder.

     

    Il y a juste vingt ans, des bombes s'abattaient sur une capitale d'Europe. Non pour servir des intérêts européens, mais ceux d'une grande puissance d'Outre-Atlantique, avec la complicité d'une Allemagne en pleine renaissance politique, elle qui n'avait pas exactement laissé, dans les Balkans, entre 1941 et 1945, le plus reluisant des souvenirs. Et c'est sans doute là l'euphémisme le plus édulcorant dont on puisse user. Les plus anciennes générations serbes saisiront, sans qu'il soit nécessaire de leur faire le moindre dessin.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • La langue, à la tronçonneuse

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    Sur le vif - Samedi 23.03.19 - 09.22h

     

    Pourquoi disent-ils "thématiques", alors qu'on peut dire "thèmes" ?

     

    Pourquoi disent-ils "problématiques", quand on peut dire "problèmes" ?

     

     

    Pourquoi disent-ils "sociétal", au lieu de "social" ?

     

    Ils massacrent la langue à la tronçonneuse, en la compliquant. En ajoutant d'inutiles suffixes. En voulant faire savant. En mimant le charabia - infâme - des chercheurs en sciences sociales, ces Vadius et Trissotin de notre temps.

     

    Il n'ont rien compris au chant des syllabes. Ni à la petite musique de nuit du langage.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Clairons d'airain

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    Sur le vif - Vendredi 22.03.19 - 20.39h

     

    L'armée française est une très grande institution, riche d'une Histoire incomparable, que j'étudie pour ma part avec passion depuis un demi-siècle. Elle a été maintes fois victorieuse, quelquefois défaite, notamment, de façon cataclysmique, en mai-juin 1940.

     

    Passionné d'Histoire de France, comme je le suis d'Histoire allemande, je n'ose imaginer que cette admirable armée, pétrie de traditions et d'attachement à l'unité nationale, puisse en venir à servir demain de supplétif policier à un orléaniste de passage, valet des usuriers et des puissances financières, dépourvu de toute culture historique, fruit venimeux du hasard et de l'infortune, accident sans relief dans le champ du destin.

     

    PaD

     

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  • Humanisme SVP

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    Sur le vif - Vendredi 22.03.19 - 11.03h

     

    Si on élabore des normes pour lutter contre des formes de racisme ou de rejet d'une communauté, alors on se protège de TOUTES les espèces de racismes, et des rejets de TOUTES les communautés. Sans aucune espèce d'exception, ni surtout de hiérarchie dans le degré de protection. Alors, les choses étant définies dans cette universalité, notre combat contre les ségrégations relèvera d'un humanisme, et non d'un communautarisme victimaire ou mémoriel, orienté et sélectif.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • La rue n'appartient pas à la gauche !

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    Sur le vif - Jeudi 21.03.19 - 15.00h

     

    Depuis trois quarts de siècle, la rue, en Europe, appartenait à la seule gauche. Eh bien, c'est justement cela, notamment avec les Gilets jaunes (mais pas seulement), qui est en train de changer.

     

    J'ajoute qu'à titre personnel, la rue n'est pas mon genre. Jamais participé, de ma vie, à la moindre manifestation.

     

    Mais je note le changement. Il ne fait que commencer.

     

    La rue n'appartient pas qu'à la gauche.

     

    La colère n'appartient pas qu'à la gauche.

     

    La volonté révolutionnaire n'appartient pas qu'à la gauche.

     

    La critique radicale du capitalisme financier n'appartient pas qu'à la gauche.

     

    Et la nation n'appartient pas qu'à la droite.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Pédale douce, SVP !

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    Commentaire publié dans GHI - 20.03.19

     

    L’affaire a éclaté comme un coup de tonnerre : sur le volet cantonal de RFFA (réforme de l’imposition des entreprises, votation du 19 mai), les socialistes genevois ont changé d’avis. En Assemblée générale, ils ont finalement dit non.

     

    Ce volet cantonal, c’est un taux unifié à 13,99% pour l’imposition des entreprises du canton, mais aussi des compensations sociales, dûment négociées entre la droite et la gauche, notamment entre PLR et PS : 186 millions pour aider les gens à payer leurs primes maladie, 18 millions pour les crèches. Du coup, le compromis ayant volé en éclats, la droite libérale est tombée à bras raccourcis sur les socialistes, les accusant de tous les maux. Elle a tort, immensément.

     

    D’abord, chaque parti est libre de ses positions. Les libéraux n’ont pas à dicter à la base socialiste ses choix. Libre, aussi, de changer d’avis, parce qu’il juge qu’on lui met le pistolet sur la tempe, en termes de pression temporelle. Et puis surtout, la droite libérale (pas tous : un homme comme Cyril Aellen demeure parfaitement digne et mesuré dans ses tonalités, la conseillère d’Etat Nathalie Fontanet aussi) n’est absolument pas qualifiée pour dicter le tempo dans le canton. Nous assistons à un retour du besoin d’Etat, la population ne considère plus les multinationales comme des vaches sacrées, intouchables, les mentalités changent.

     

    Si les partisans de ce volet cantonal de RFFA veulent gagner le dimanche 19 mai, ils ont sérieusement intérêt à mettre la pédale douce sur leur tons menaçants. Et à respecter le suffrage universel, seul souverain.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • MCG : la guerre civile

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 20.03.19

     

    Le MCG : un parti en pleine crise. Un parti divisé, où règnent les clans et les règlements de comptes. Un parti qui part dans tous les sens, au mépris de sa lisibilité politique et de son crédit. Un parti qui a perdu de sa flamme et de sa gouaille, perdu son goût, son fumet giboyeux, ses accents de quartiers populaires, et jusqu’à ses irruptions pétaradantes, comme dans le Grand Guignol, le catch ou le théâtre de boulevard, celui où claquent les portes, avec des voleurs sous le lit, des amants dans les armoires, des cadavres dans les placards. Le MCG vient de se choisir un nouveau président, Francisco Valentin. C’est un homme très bien, respecté. Mais son travail, pour remettre à flots un parti miné par les luttes intestines, est immense. Sera-t-il seulement possible ?

     

    Fondé en 2005, le MCG appartient à l’Histoire de Genève, il aura son nom dans les livres. D’abord, parce qu’il a soulevé, n’en déplaise à tous ses détracteurs et tous les ricaneurs de l’époque, de vrais problèmes, auxquels les citoyens ont été profondément sensibles. Au moment où entrait en vigueur la libre circulation des personnes, avec des promesses de mesures d’accompagnement qui n’ont jamais été tenues, et où la gauche syndicale s’est faite proprement duper, le MCG a été, en Suisse, avec au Tessin la Lega, le premier parti à poser la question de la nature frontalière d’un canton. Et à exiger, pour la politique genevoise, des mesures appropriées à l’irruption de dizaines de milliers de personnes de France voisine sur notre marché de l’emploi. Côté libéral, et affidés, on lui a ri au nez. On ne jurait que par le miracle du libre-échange. On a eu tort.

     

    Il fallait la voir, l’arrogance de ces fatigues patriciennes, prenant de tellement haut la colère de la rue. On se disait qu’on était éternel, que le MCG n’était qu’un zéphyr passager. Là encore, on a eu tort. 9 députés en 2005, 17 en 2009, 20 en 2013 : l’ascension était fulgurante, le mouvement ne s’est renversé qu’en 2018, suite à des dissensions internes, comme si l’enfant chéri de la victoire avait porté en lui, dès le départ, les germes de sa propre destruction : il y a, dans le destin du MCG, comme une malédiction mythologique, nourrie dans le giron même de la famille.

     

    Aujourd’hui, le MCG n’est plus que l’ombre de ce qu’il fut. Ses héros fondateurs sont allés chercher – avec plus ou moins de bonheur – dans les montagnes du Valais, ou sur les rives du Tage, la promesse, comme Enée, d’un nouveau royaume. Les clans, parfois jusqu’à la haine, ruinent l’unité du parti. Chacun dénonce l’autre, la délation est souveraine. Le nerf de la guerre fait défaut. La cohérence idéologique n’est pas au rendez-vous. L’ordre de bataille, absolument nécessaire pour mener les luttes électorales d’octobre 2019 (fédérales) et du printemps 2020 (municipales), est en liquéfaction. Les alliances ne sont pas garanties. Oui, Monsieur Valentin, vous avez du boulot. On vous souhaite bonne chance. Brandissez-nous des idées, comme en 2005. Et faites-nous grâce des querelles de personnes. Il a va de la survie de votre formation politique.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • La rage

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    Sur le vif - Mercredi 20.03.19 - 10.22h

     

    Le retraité, qui touche le minimum de la rente. Et qui attend la fin du mois. Vous aurez beau lui faire un cours magistral sur la Commune, le Canton, la Confédération. Lui dire que le budget A n'a rien à voir avec le budget B. Vous pourrez lui raconter tout ce que vous voudrez. Quand il apprendra que certains veulent maintenir, par référendum, l'impôt sur les chiens - auquel il est astreint - et que les mêmes veulent griller un milliard et trois cents millions pour la "cohésion" de l'Union européenne, eh bien votre retraité, il éclatera de rage. Et il aura parfaitement raison.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Liberté d'expression, pour tous !

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    Sur le vif - Mardi 19.03.19 - 13.51h

     

    La liberté de la presse, à laquelle je suis évidemment très attaché, n'est à mes yeux qu'un cas particulier d'une liberté beaucoup plus globale, valable pour l'ensemble des humains : la liberté d'expression.

     

    Je suis favorable à la liberté universelle d'expression.

     

    Je suis favorable à cette liberté universelle, dont la liberté de la presse n'est qu'un cas particulier.

     

    Il ne saurait, pour moi, exister de liberté d'expression particulière pour les journalistes, sous le seul prétexte qu'ils sont journalistes. Ni, au contraire, de réduction à l'expression, parce qu'on serait journaliste.

     

    Notre liberté d'expression à tous est une liberté citoyenne. Tous y ont droit. Les journalistes, les commentateurs, les éditorialistes, les blogueurs. Et puis, tous les autres.

     

    A la vérité, je crois de moins en moins à ce statut spécial, à part, des journalistes, comme s'ils constituaient une corporation à protéger, à l'image d'une espèce en voie d'extinction.

     

    Quant à s'auto-proclamer "indispensables à la démocratie", je conteste cet argument : ce qui est indispensable à la démocratie, c'est la liberté d'expression universelle. Pas seulement pour la presse. Mais pour tout humain, sans la moindre exception.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • L'intérêt supérieur du pays, Mme Amherd !

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    Sur le vif - Lundi 18.03.19 - 13.22h

     

    Si la Suisse doit avoir une industrie d'armement, cela doit être sous le contrôle et l'autorité de l'Etat. On ne privatise pas un secteur aussi lié aux fonctions les plus régaliennes. Surtout lorsqu'il est le fournisseur de notre armée, garante ultime de notre souveraineté nationale.

     

    On nous dit que la part réservée à l'armée ne sera pas privatisée. Mais quelles garanties de sa survie, si le gros de l'entreprise est privatisé, livré à la jungle boursière ? On ne joue pas avec ces incertitudes-là, lorsque l'intérêt suprême du pays peut y être lié.

     

    Que le vent insupportable de la libéralisation ait pu atteindre une conseillère fédérale PDC, de surcroît haut-valaisanne (région où la notion de service public a encore un sens), a de quoi étonner.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Macron : le problème, c'est lui !

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    Sur le vif - Dimanche 17.03.19 - 13.44h

     

    Hier soir, place Beauvau, siège du Ministère de l'Intérieur, Macron affichait de grands airs graves, tout en prenant soin de mettre en scène, en direct à la TV, son statut de chef de la cellule de crise. Le chef, au milieu de son état-major. Le chef, qui parle et qui ordonne. Le chef, en majesté.

     

    Macron prend de grands airs, il ne sait faire à peu près que cela, à part condamner l'Italie, condamner la Hongrie, condamner la Pologne. Prendre de grands airs, se présenter comme le chef de la résistance morale à la montée des "populismes", celui qui entrera dans l'Histoire pour avoir dit non. Avec Macron, c'est tous les jours le 18 juin, tous les jours l'arrestation de Jean Moulin, tous les jours le sacrifice suprême, face à la Bête immonde.

     

    Cet homme-là n'a aucune culture politique, aucune culture historique surtout. On le dit brillant philosophe, je veux le croire, mais son exemple à lui ne plaide guère pour l'éloge de la philosophie comme formation matricielle pour la pratique de la politique.

     

    Cet homme-là est issu du monde de la grande finance, qu'il a servi qui l'a servi. L'univers du profit cosmopolite, il connaît, il a frayé, il a donné. On lui prête une vision économique, là aussi je veux le croire, car l'homme est intelligent, mais quelle économie ? Au service de qui, en priorité ?

     

    Au mouvement des Gilets jaunes - je ne parle évidemment pas ici des casseurs - Macron n'a jamais rien compris, ni voulu comprendre. La double revendication, dès l'automne, pouvoir d'achat et RIC (référendum d'initiative citoyenne) était pourtant parfaitement claire, lisible, décodable par tous.

     

    C'était clair, audible. A dessein, Macron n'a pas voulu entendre. Pour une raison simple: le RIC, la démocratie directe, la vraie, celle qui vient d'en bas, comme nos initiatives en Suisse, il n'en veut pas. Alors, il jette un immense trouble, celui du capharnaüm et de la confusion, avec son "grand débat". Comme si le débat, en amont du mouvement des Gilets jaunes, ne s'était pas déjà déroulé mille fois.

     

    Macron voit sans doute très loin dans les questions de la philosophie, je veux le croire. Mais l'essentiel, il ne le voit pas. L'essentiel, c'est que le problème c'est lui. Lui, Macron, ses options d'Ancien Régime, ses servilités pour l'Ancien Monde, son mépris pour tout ce qui vient d'en bas. Son inaptitude, lui Président, à saisir ce que représentent l'Histoire et la mémoire de la France.

     

    Le problème, c'est lui. Il ne veut pas le voir. Il préfère se montrer en majesté, au milieu de sa Cour, prenant des airs de grand philosophe. Encore trois ans de répit pour l'Ancien Monde.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Tyrannie à l'EPFZ : nos révélations

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    Sur le vif - Jeudi 14.03.19 - 15.57h

     

    Une professeure d'astronomie de l'EPFZ a été licenciée pour tyrannie envers ses doctorants, nous annonce le Temps.

     

    Nous sommes en mesure de vous révéler qu'elle pourchassait ses assistants dans les couloirs, en leur jetant de gros livres sur la tête, s'ils s'étaient trompés dans leurs calculs.

     

    Autre exemple de mobbing : elle les obligeait continuellement à aller lui acheter des caramels mous.

     

    Nous avons appris, enfin, qu'elle disposait des araignées effrayantes - des épeires diadème - sur la lunette du télescope, pour effrayer ses étudiants.

     

    Une enquête est en cours. MM D. & D. ont été mandatés pour en savoir plus, en toute discrétion.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Relax - Détente

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    Commentaire publié dans GHI - 13.03.19

     

    Bains chauds ? Sauna ? Hammam ? Massages relaxants ? Week-ends à Abu-Dhabi ? Derniers tangos, dans les primes floraisons de l’aube ? La fonction de membre de l’exécutif de la Ville de Genève (ils sont cinq, dont un Maire, tournant chaque année) doit comporter de prodigieux avantages, pour qu’une telle foule, tous partis confondus, se presse au portillon de la « candidature à la candidature ».

     

    Prenons les Verts. En ville, il sera bientôt plus simple de dénombrer les membres de ce parti n’étant pas candidats, que les postulants. A Ensemble à Gauche, ils commencent à sortir du bois, chapelle par chapelle, crypte par crypte, cellule par cellule, annonçant pour les semaines qui viennent l’algébrique complexité des comètes, à l’approche de l’équinoxe.

     

    Une myriade de candidats, pourquoi pas ? Le bon peuple, simplement, s’il considère les équipes sortantes, notamment celle-ci (2015-2020), cherche avec pas mal de désespoir les mirifiques réalisations qui auraient été offertes, en compensation des avantages. Il cherche, et peine à trouver.

     

    Dès lors, le risque est énorme de se dire : « Beaucoup de candidats, peu d’élus. Un tonnerre de promesses, et puis le calme plat. Tant de miroirs brandis, tant d’alouettes prises au piège, si peu de progrès réels pour la Ville ». Ramené au monde de Shakespeare, on pourrait résumer les choses en affirmant que tout commence avec « La Tempête », et que tout, dans ce Finistère du Lac si cher à nos cœurs, se termine avec « Beaucoup de bruit pour rien ».

     

    Pascal Décaillet

     

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  • PLR : sauvé des eaux !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 13.03.19

     

    Après des mois de turbulences, le PLR genevois a enfin trouvé son nouveau président : c’est l’avocat Bertrand Reich que l’Assemblée du parti a porté à cette charge, jeudi 7 mars à Troinex, avec 257 voix, contre 136 à sa rivale Natacha Buffet-Desfayes. Le résultat est clair, sans appel. Il ne désavoue nullement les qualités, bien réelles, de la perdante, que l’on retrouvera assurément dans l’avenir, mais préfère donner sa chance à un homme libre et indépendant, dépourvu de tout soupçon de mise sous tutelle par le clan Maudet. En cela, l’Assemblée du 7 mars marque une étape signifiante dans la vie du parti : bien souligner, en pleine période de crise (qui n’est ni résolue, ni révolue), l’absolue liberté de manœuvre du PLR face aux éternelles tentations de pressions du ministre en déliquescence, par cabinets noirs interposés.

     

    Cet acte d’affranchissement était salutaire. Depuis des années, certains ministres, notamment radicaux, avaient mis un tel grappin sur le parti, par leur jeu d’influences, leurs commis à des œuvres plus ou moins basses, leurs estafettes plus ou moins douteuses, qu’il fallait couper le cordon. Le comité directeur, juste avant Noël, était allé dans ce sens, désavouant clairement Pierre Maudet. Ce dernier, avec une habileté digne du retour de l’île d’Elbe, avait contre-attaqué en demandant une Assemblée générale, qui lui avait renouvelé sa confiance. Chacun, comme au ping-pong, avait gagné une manche. L’Assemblée de Troinex, ce fut la belle. Les partisans de Pierre Maudet l’ont clairement perdue. Sauront-ils entendre le message, sans s’engager dans un irrédentisme désespéré ?

     

    Le parti a sauvé sa peau, et les conditions de son indépendance, mais sur l’affaire Maudet, rien n’est réglé. Quelles relations le nouveau président entretiendra-t-il avec le conseiller d’Etat ? Le parti exigera-t-il toute la lumière, vraiment, sur les officines chargées de veiller sur la cagnotte radicale, au moment de la fusion ? Certains partisans extrémistes du ministre, ayant révélé depuis des mois, sur les réseaux sociaux, la nature clanique de leur obédience au chef, parfois jusqu’à la violence sectaire, auront-ils l’intelligence de se calmer, ou s’engageront-ils dans les combats de trop, ultimes et dévoyés ? Ces questions-là sont fondamentales. Elles ne pourront être esquivées, sous prétexte de pacification, nécessaire à reconstruire l’unité.

     

    Reste l’essentiel : le fond. Un parti, pour faire quoi ? Défendre quelles valeurs ? Tant le programme de Natacha Buffet-Desfayes (qui devra continuer de nourrir les réflexions à Genève, notamment sur l’apprentissage et la formation) que celui de Bertrand Reich affichaient une salutaire ouverture après les années obsessionnelles autour de la réforme de l’imposition des entreprises. Ces deux programmes nous disaient que l’économie, thème certes central dans l’ADN du parti, ne pouvait s’ériger en sujet unique, et qu’une vision plus générale et plus humaniste était salutaire. Reste à transformer cette vision en réalités, bien palpables. Vaste défi, à coup sûr le plus passionnant, pour le premier parti du canton.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Eh oui, le PS est à gauche !

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    Sur le vif - Mercredi 13.03.19 - 09.10h

     

    La droite économique et financière, à Genève, celle qui veut nous faire voter RFFA pistolet sur la tempe, celle qui sert de portevoix aux multinationales, écume de rage face à une réalité : le PS est un parti de gauche.

     

    Eh bien oui, il faudra s'y faire : les socialistes sont à gauche. De même, les libéraux défendent la droite de l'Argent, l'UDC se bat pour la souveraineté, le MCG pour la préférence cantonale, les Verts pour l'environnement.

     

    Eh oui, la politique est conflictuelle. Elle oppose, dans son champ magnétique, des conceptions radicalement différentes. Cela porte un très beau nom, cela s'appelle la dialectique.

     

    On peut certes comprendre la légitime déception de l'excellent député Romain de Sainte Marie, qui avait tenté, à la vaudoise, de jeter des passerelles avec la droite. Il a eu raison d'essayer, mais la réalité des antagonismes l'a emporté.

     

    RFFA, on a le droit d'être pour. Et, n'en déplaise à la ridicule campagne unanimiste de la droite financière (accepter le projet ou le chaos, pas de plan B, exode des multinationales, etc.), on a immensément le droit d'être contre. Cela s'appelle la politique. Les citoyennes et citoyens ne sont pas aux ordres du grand patronat, ni des puissances financières.

     

    Le PS a changé d'avis : et alors ! Il a simplement retrouvé ses fondamentaux. Au lieu de cracher leur venin sur cette formation politique, les partisans de RFFA feraient mieux de prendre leur bâton de pèlerin, et de nous expliquer poliment, sans asséner, sans grands airs doctes, pourquoi il faudrait tant, selon eux, voter ce projet.

     

    Cette démarche républicaine, patiente, tranquille, on la trouve chez une ministre de qualité : Nathalie Fontanet, qui va faire le tour du canton d'ici au 19 mai. Et aussi, chez le député Cyril Aellen. D'autres, dans leur camp, feraient bien de s'inspirer de ces tonalités intelligentes, axées sur la puissance de persuasion intrinsèque de l'argument, et respectueuses des citoyens.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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