Un peu de brioche, et un report du Déluge !

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Sur le vif - Samedi 13.04.19 - 18.30h

 

Macron est un très mauvais Président, mais c'est un excellent instinctif pour remporter une élection. En ce printemps 2019, un seul objectif, pour lui : gagner les européennes. Entendez battre le parti de Mme Le Pen. Toute sa stratégie, toutes ses décisions, s'orientent vers ce but. Car il joue sa survie.

 

Non qu'en soi, le nombre de députés européens issus du parti de godillots de Macron ait la moindre importance, et le Président le sait parfaitement : c'est un homme intelligent tactiquement. On se dit d'ailleurs que si les "Marcheurs" sont appelés à exercer à Strasbourg la même influence - proche de zéro - qu'ils ont au Palais-Bourbon, où ils ne sont que les portevoix du Prince, le destin de l'Europe n'en sera que modérément marqué.

 

Mais l'élection européenne de mai est un test de politique intérieure. Si les godillots l'emportent sur les nationaux, le répit de l'Ancien Monde sera prolongé, pour un certain temps. Dans l'hypothèse contraire, des temps difficiles s'annoncent pour le Petit Prince orléaniste de l'Elysée.

 

L'élection européenne est la seule chose, ces temps, qui intéresse Macron. Et il a raison : il sait que l'enjeu est de taille. Et c'est exactement pour cela, en fonction du calendrier de ce scrutin, que le Président a mis sur pied cette faramineuse rigolade du "grand débat". Pour noyer le poisson !

 

Face au mouvement des Gilets jaunes, dont émanent deux revendications parfaitement claires et lisibles (justice sociale et démocratie directe), il a répondu, comme nous l'avons déjà souligné ici, par une mise en scène de sa propre personne, en majesté. Il nous brandit deux millions de revendications, alors qu'il en existe deux, depuis six mois, depuis le début du mouvement, lisibles, traçables, totalement perceptibles et compréhensibles.

 

Les revendications des Français n'intéressent pas ce Président, il vient ces derniers mois d'en administrer une preuve éclatante. Ce qui compte pour lui, c'est se maintenir au pouvoir. Pour y parvenir, il doit absolument remporter les européennes, un scrutin en soi sans importance (qui croit encore en l'Union européenne, qui a jamais cru au Parlement de Strasbourg ?), mais capital pour la politique intérieure française.

 

Passer le cap de ces élections en battant le parti national, anti-européen, favorable au retour des frontières et à un référendum sur une sortie de la France de l'Union, tel est le seul objectif de Macron. Les Gilets jaunes ne l'intéressent pas. Leurs deux revendications historiques, il s'en contrefout. Son but, c'est de se maintenir à l'Elysée. Un peu de brioche, encore, et un report du Déluge.

 

Pascal Décaillet

 

 

Lien permanent Catégories : Sur le vif 4 commentaires

Commentaires

  • Je ne suis pas du tout orléaniste, mais je trouve que vous faites encore beaucoup trop d'honneur au foutriquet Macron en le comparant à l'orléanisme. Parce que si l'orléanisme a ceci de commun avec la Macronie de donner une prépondérance indue aux "grands intérêts" économiques et à la finance dans le gouvernement de la France, la comparaison s'arrête là. Louis-Philippe d'Orléans, roi des Français, comme certains de ses ministres: Guizot, Casimir Périer, Montalivet, le baron Louis, Molé, même Thiers, avaient une toute autre allure, et envergure, que les minus comme Macron et sa clique. Vous avez vous-même rendu justice à François Guizot. Je l'ai lu sous votre plume et cela m'avait bien plu. Non pas que je sois un grand fan de Guizot. Guizot n'inspire pas la sympathie, mais c'était quand même un grand bonhomme. Louis-Philippe aussi, à sa manière, était un grand bonhomme et un homme de l'histoire. De Gaulle l'admirait beaucoup. Il était plusieurs étages au dessus de Macron.

    Donc je trouve que vous ne devriez pas faire à Macron ce compliment excessif de le comparer à - beaucoup - plus grand que lui.

    Je vous suggère plutôt de parler de "sous-orléanisme" ou d'"orléanisme au rabais" à propos de cette pâle copie.

  • "quand la fin justifie les moyens, que reste-t-il pour justifier la fin " (A. Camus), Macron à l'instar de bien des politiciens a une vision immédiate, au mieux à moyen terme, c'est à dire à l'horizon de la prochaine élection. Mais ce n'est pas gouverner, c'est juste administrer à l'aune de règles conçues, édictées et soutenues par le principe, devenu dogme absolu, de la mondialisation. Ce président a réussi à faire croire au ni-ni ou et-et par rapport aux notions de gauche-droite. Il est un fin stratège en ce qui le concerne personnellement mais piteux président en ce qui concerne la nation elle-même. Imbu de son rôle, il aime par trop à se mettre en première ligne, à paraître plus qu'agir. En se montrant partout et tout le temps, il nuit en fait à sa fonction de président qui devrait être au-dessus de la mêlée ou, au moins, en retrait de son gouvernement et surtout de son premier ministre. Vainqueur "accidentel" de la présidentielle il montre ses limites et d'une certaine manière laisse apparaître son vrai visage.
    Entendre Mme Loiseau dire que son seul objectif est de battre la liste RN est d'une affligeante banalité et somme toute simplement anecdotique s'il ne s'agissait d'élections européennes ! Mais qui parle encore de l'Europe et des véritables enjeux ? On peut lire ici ou là que l'opposition a tort d'en faire une élection pour ou contre Macron mais qui a provoqué cela si ce n'est Macron lui-même et ses fidèles groupies (bon, de moins en moins nombreux , c'est vrai)

  • J'attends avec impatience les élections européennes ! Si Macron, avec sa visibilité exagerée, mise sur le "pour Macron", il devrait se rappeler que c'est comme ça que Renzi est tombé en Italie. C'est vrai que les institutions de la République lui garantissent sa "place" jusqu'à la fin du mandat, mais ça va être dur, toujours plus dur. Les Français ne sont pas plus dupes que les Italiens et, à différence de ces derniers, ils ont la révolte facile. J'attends...

  • nikel !

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