Avec ou sans armes

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Sur le vif - Dimanche 05.05.19 - 14.17h

 

Le sujet des armes, en Suisse, est très passionnel. J'ai moi-même fait près de 500 jours d'armée, principalement entre 1977 et 1990, et détenu chez moi pendant 23 ans une arme à feu. J'avais autour de moi des fanas des armes, tout comme des types détestant les armes. Dans les deux cas, dans la fascination comme dans le rejet, j'ai perçu quelque chose de physique, de puissant, d'irrationnel.

 

Je ne vous dirai pas ici ce que je vote, sur ce sujet, le 19 mai. Mes votes sont toujours très politiques, toujours la tête très froide, dans ce qui me paraît être l'intérêt supérieur de notre pays, sa souveraineté, son indépendance. Cela, au-delà des sujets intrinsèquement proposés.

 

Je vous dirai que je comprends l'attachement passionné aux armes. Je respecte cela. Je connais deux ou trois de ces collectionneurs ou tireurs invétérés, ce sont souvent des gens très doux et très courtois, justement pas des Rambos, ils ont une discipline d'approche de l'arme, il y a quelque chose d'initiatique, très intéressant.

 

Je les comprends, mais leur dis qu'ils ne servent pas leur cause en laissant parfois poindre, chez certains de leurs représentants, des comportements pouvant être perçus comme hyper-corporatistes, à la limite du prétorien. Nous avons à trancher, le 19 mai, une question politique. Quelque cinq millions de citoyennes ou citoyens sont appelés à se prononcer, ce sont eux les patrons, et non les spécialistes des armes, pas plus d'ailleurs que les ennemis des armes.

 

Dès lors, il faut laisser le débat se dérouler, dans l'espace public. Laisser parler les profanes aussi bien que les spécialistes, les partisans, les opposants, les partis politiques, les anonymes, bref tout le monde. Une votation populaire fédérale, c'est l'affaire de tous. Ainsi fonctionne notre démocratie suisse. Avec ou sans armes.

 

Pascal Décaillet

 

 

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Commentaires

  • L'Europe avec ses lois déresponsabilisentes veut faire passer les possesseurs d'armes suisses qui ont atteint un degré de sagesse et d’étique élevés en la matière pour des inconscients voir des criminels en puissance. La Suisse n'est pas le terrain de jeux des techno sécuritaires de Bruxelles. Qu ils s'occupent des endroits dont ils ont la charge et qui en ont nettement plus besoin.

  • Votation du 19 mai sur les armes

    En Suisse, l’Etat a toujours fait confiance aux citoyens et notre démocratie a bien fonctionné depuis 1291 à aujourd’hui.

    L’Europe n’arrive pas, et de loin, à créer une relation aussi saine avec ses administrés, le pouvoir central tel qu’il est exercé par Bruxelles, ne contente pas vraiment tout le monde et c’est un euphémisme.

    Cette même Europe veut maintenant imposer à nos autorités comment faire confiance aux Suisses et notamment si ceux-ci peuvent posséder une arme.

    Bruxelles voudrait contraindre notre Suisse à mettre en place une administration supplémentaire destinée à chicaner les honnêtes citoyens, tireurs ou chasseurs, pour créer un registre central des armes, ce qui a été refusé en votation populaire.

    Qui peut être naïf au point de croire que les malfaiteurs qui pensent utiliser une arme pour faire du mal vont spontanément s’annoncer aux autorités et faire enregistrer leurs armes ?

    On voit bien que le prétexte fallacieux de lutte contre la criminalité par ce biais est totalement risible.

    Ce qui l’est nettement moins, c’est le chantage et les menaces de nous faire sortir des accords de Schengen si on refuse de se soumettre, comme si ces accords et les échanges d’informations n’allaient que dans un sens !

    Allons donc voter NON afin de renforcer notre démocratie directe et notre liberté.

    Le bon sens l’emportera et nous resterons dans l’espace Schengen pour pouvoir lutter contre la criminalité de manière efficace en collaborant avec l’Europe dans un état d’esprit positif.

    Merci de votre attention

    Christian Bron

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