Indépendants, réveillez-vous !

Imprimer

 

Sur le vif - Dimanche 19.05.19 - 15.17h

 

A Genève, le message est clair : il va falloir mettre des milliards pour les retraites des fonctionnaires. Le peuple a dit oui aux milliards de la droite et du Conseil d'Etat, il a dit oui aux milliards de la gauche et du MCG. Par la question subsidiaire, il a favorisé cette deuxième solution.

 

Ces milliards, qui va les payer ? Les contribuables, évidemment ! Les fonctionnaires-contribuables vont payer leur propres retraites. Les employés du privé vont payer, comme contribuables, les retraites des fonctionnaires. Et, élément de loin le plus sensible et le plus révoltant : les petits entrepreneurs, les indépendants, qui doivent financer intégralement leurs retraites, premier et deuxième pilier (s'ils en ont un), vont, en plus de tout ce qu'ils payent déjà à longueur d'année (perte de gain, charges, taxes, etc.), payer encore plus, comme contribuables, pour les retraites des fonctionnaires !

 

Genève met des milliards pour les retraites de ses fonctionnaires. Pourra-t-elle le financer autrement qu'en augmentant encore des impôts qui étranglent déjà totalement la classe moyenne ? Va-t-elle encore s'en prendre à la fiscalité du travail, en clair ponctionner ceux qui bossent, et parmi eux, saigner ceux qui ont pris le risque économique, ceux qui ont osé entreprendre, et qui se retrouvent les universelles vaches à lait du système ?

 

Indépendants genevois, petits entrepreneurs, réveillez-vous ! Unissez-vous ! Donnez de la voix ! Il y a la place, à Genève, pour un parti des indépendants, appelez cela du poujadisme mode 1956 si vous voulez, ça m'est parfaitement égal. Puisque les partis de la droite économique ont choisi de cirer les pompes des multinationales et ne s'occupent plus guère des petits entrepreneurs, il y a lieu de créer un nouvel espace politique qui défende l'indépendance économique, l'audace d'entreprendre, le courage de bosser.

 

Et s'il faut demander un redimensionnement de l'Etat, eh bien nous le demanderons. La classe moyenne, les petits indépendants, les entrepreneurs courageux, ça existe ! Et il va rudement falloir que ça se sache.

 

Pascal Décaillet

 

 

Lien permanent Catégories : Sur le vif 7 commentaires

Commentaires

  • Et n'oublions pas qu'avec ce vote, les citoyens (dont certainement une très large part de fonctionnaires, lesquels se seront mobilisés en masse, ayant saisi l'enjeu, contrairement à une bonne partie de la population) les citoyens, disais-je, ont signé pour avoir la certitude de devoir verser à nouveau plusieurs milliards dans le tonneau des Danaïdes d'ici quelques années, faute de réforme structurelle.

  • Je suis, et j'ai toujours été un indépendant. Pas seulement économiquement, mais dans mes diverses entreprises comme par exemple ma candidature au CE en 2013 pour laquelle vous êtes parmi les seuls à m'avoir donné une petite vitrine.
    Mon expérience du monde politique que j'ai visité de près m'a presque complètement confirmé que rien ne se fera à ce niveau qui ne répond plus aux exigences de nos sociétés. La vitesse des évolutions et la lenteur de l'administration sont en tels décalages que plus rien de constructif ne pourra sortir des décisions de nos représentants.
    Mon entreprise de taxis a été bousillée par l'incompétence de l'ensemble de la classe politique, exécutif, parlement, services de l'Etat. j'ai du lancer pas moins de 6 procédures dont une est encore pendante depuis bientôt deux ans au TF.
    Le pire c'est que comme j'en ai déjà gagné la moitié, je fais l'objet d'une vendetta des services de l'Etat dont l'incompétence a été exposée. Il est particulièrement insupportable de vérifier que l'Etat dépense l'argent des contribuables pour défendre une posture qui ne vise qu'à ne pas perdre la face alors que les directeurs de ces services dégagent à un rythme affolant soit pour incompétence, soit pris la main dans le sac, soit à la suite d'une dépression comme le dernier directeur de la Police du commerce et du travail au noir qui a été mis en place par M. Maudet (son ancien bras droit au conseil administratif de la ville) et qui continue à toucher son salaire sans assurer sa fonction.
    Alors non. Je ne me prêterai plus à ce jeu hypocrite qui consiste à perpétuer un système moribond.

  • Qu'attendez vous cher Pascal Décaillet pour fonder ce parti d'Union de Défense des Commerçants et Artisans, comme Pierre Poujade le papetier de Saint Céré? Comme patron de PME, vous êtes on ne peut plus légitime pour le faire. Vous avez beaucoup de charisme et beaucoup d'impact dans l'opinion. Lançez-vous donc. Ou alors rejoignez le MCG dont vous deviendriez vite un des principaux ténors. Je sais bien, vous ne voulez pas, car vous craignez qu'alors vous ne pourriez plus interviewer impartialement les acteurs de la scène politique genevoise. Mais moi je trouve que c'est dommage, car de toute façon tout le monde connaît déjà vos parti pris très tranchés, de droite et proches du peuple, contre les fausses élites snobinardes et mondialistes. Cela n'empêche pas tous ces gens de se bousculer à votre micro. Selon moi si vous étiez député ils se bousculeraient tout autant et vos émissions politiques n'en resteraient pas moins les meilleures. Allez-y donc sans hésiter. La vie est si courte. Cassez donc la baraque et prenez d'assaut la République. Vous serez suivi et vous aurez du succès. Vous parviendriez probablement assez vite au pouvoir, comme un André Chavanne en mieux. Chiche?

  • Oui, taxes et impôts, ça commence à bien faire! Et devinez quels impôts vont bientôt augmenter pour combler le futur trou de RFFA? Ceux de nos zigues, pardi, les bons citoyens payeurs!
    Cordialement, Jacques Louis Davier

  • Bravo M. Décaillet, très bonne synthèse des problèmes de nous autres indépendant. J'ajouterais qu'être indépendant à Genève c'est du loose/loose :
    -tu perds -> tu dois assumer !
    -tu gagnes -> tu dois payer !

    Bien à vous.

    Luc Damien

  • Le vrai problème de la CPEG est que toute réforme structurelle est pratiquement impossible sans un vrai 'courage' politique dont personne ne semble prêt faire preuve. La loi fédérale est claire, si les paliers - du degré de couverture - prévus ne sont pas satisfaits, l'employeur (donc l'Etat, donc les contribuables) devront pasyer à la caisse des pénalités pouvant se monter à plusieurs dizaine de millions par an !! L'affaire est loin d'être réglée, même avec la solution de la gauche, plus soucieuse de sauver les acquis que de sauver la caisse mais ça, c'est pas nouveau... J'attends également déjà les récriminations lorsqu'il s'agira de fixer les futurs loyers des futurs logements, la caisse les souhaitant les plus élevés (rendement oblige) et l'ASLOCA et la gauche les voulant les plus bas (clientélisme oblige) !

  • Il y a bientôt moins d'indépendants dans le canton que de fonctionnaires au Grand Conseil.

Les commentaires sont fermés.