Ces milliards, qui va les payer ?

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Commentaire publié dans GHI - Mercredi 22.05.19

 

Un chèque en blanc. C’est ce que le peuple genevois a décidé de signer, ce dimanche 19 mai, pour les retraites des fonctionnaires du canton. Le seul choix qu’on lui proposait était de trancher entre les milliards de la droite et du Conseil d’Etat, et ceux de la gauche et du MCG. Comme le Parlement, il a dit oui aux deux. Et, dans la petite croix de la question subsidiaire (lequel préférez-vous si les deux passent ?), il a opté pour la seconde solution. Dont acte. Nous sommes des démocrates, nous respectons les décisions populaires. Mais nous sommes aussi des hommes et des femmes libres, avec un esprit indépendant, un cœur ardent, et une farouche révolte contre toute espèce de censure dans la formulation de nos questions. En voici une, toute simple : ces milliards, qui va les payer, où les trouverons-nous ?

 

A cette question, c’est terrible à dire, mais la classe politique d’aujourd’hui n’a pas la réponse. Dans le débat du Parlement, qui s’est terminé par un non-lieu (l’acceptation de deux lois parfaitement contradictoires), personne n’était capable de garantir les conditions exactes du financement de ce qu’on appelle pudiquement « recapitalisation », entendez faire passer à la caisse le contribuable, pour les retraites des fonctionnaires. On nous a sorti des calendriers de paiement, dans les années et les décennies futures, à coups de centaines de millions cumulés, en sachant fort bien que ces sommes colossales, dans l’état actuel de nos finances et de notre endettement, nous n’en disposons tout simplement pas.

 

Alors, qui va payer ? La réponse est simple : le contribuable, bien entendu ! Donc, vous et moi. Et dans les contribuables, au premier rang du front, la si tendre chair à canon de la classe moyenne qui travaille. Oui, celle-là même dont nous vous parlions ici, la semaine dernière. Pas les assistés ! Pas les nababs ! Non, tous ceux, entre ces deux couches, qui se lèvent pour aller bosser, parfois durement, gagnent un peu d’argent (c’est la moindre des choses), bossent encore un peu plus pour en gagner davantage, et finalement sont ponctionnés, de façon inconsidérée, sur leur boulot. Sur la sueur de leur front ! Et c’est cela qui ne va plus. Et c’est là que gisent les germes des révoltes de demain.

 

Exemple : les petits entrepreneurs, les indépendants. Ils bossent dur comme fer. Ils sont en souci toute l’année pour leur boîte. Ils ont peur de tomber malades. Ils vérifient trois fois, en partant, si la porte de leur local de travail est fermée. Ils ont investi, sur leurs fonds propres, dans des locaux, du matériel. Ils n’ont nulle garantie de pouvoir garder leurs mandats. Ils ne savent pas de quoi demain sera fait. Seuls, ils financent intégralement – et non paritairement – leurs retraites. Les taxes, les impôts, les charges, ils ne connaissent que cela. Et maintenant, comme contribuables, ils devront encore davantage financer les retraites des fonctionnaires. Moi je dis attention : il y a un moment où la marmite va exploser. Ici, nous vous aurons au moins avertis.

 

Pascal Décaillet

 

Lien permanent Catégories : Commentaires GHI 5 commentaires

Commentaires

  • Qui va payer ? Mais comme d'habitude, les contribuables ! N'oublions pas que c'est déjà eux qui paient les salaires des ronds-de-cuir ! Ces fonctionnaires sont à la charge ,à vie, de la population laborieuse ou retraitée car sans les emplois du privé il n'y aurait pas de pognon pour leurs salaires, retraites, avantages sociaux, etc.

  • On voit tous les jours les effets pervers de la politique étatique; en particulier l'erreur de composition, qui consiste à voler Pierre pour payer Paul en affirmant que l'acte profite à l'ensemble de la société simplement parce que cela profite à Paul. Extrapolez, vous trouverez d'autres exemples!

  • Il est de bon ton de taper régulièrement sur les fonctionnaires mais j'aimerai rappeler qu'ils n'y sont pour rien dans la gestion de cette caisse. En plus d'avoir déjà subit des pertes de rentes, je rappel qu'ils sont également contribuables de Ge et donc ils vont devoir également payer comme les autres.
    Et pour une chose que je connais, oui les fonctionnaires sont à charges mais sans eux beaucoup de choses ne fonctionnerais pas et vos enfants en plus de n'être plus instruits ne seraient plus éduqués vu que les parents ne le font plus.

    Pourquoi, les employés ne peuvent-ils pas choisir leur caisse de pension?

  • Eric , les fonctionnaires ne sont pas des contribuables puisque l'état leur reprend une partie de ce qu'ils ont reçu qui sort, évidemment, des poches des citoyens ou entreprises qui, eux, sont taxés et paient les impôts. C'est vrai que beaucoup de choses ne fonctionnerais pas mais, avec des fonctionnaires payés au mérite ou au rendement, beaucoup de choses fonctionnerait beaucoup mieux ! Le problème c'est qu'un certain nombre de fonctionnaires qui seraient astreint à ce système devraient rembourser de l'argent !!

  • "beaucoup de choses ne fonctionnerais pas"
    Certains fonctionnaires, comme des non fonctionnaires aussi, ne font pas bien leur travail, notamment dans l'enseignement, où cela a des conséquences parfois dramatiques pour les élèves.
    Le salaire au mérite est cependant très difficile à appliquer, surtout dans le domaine que je viens de citer, puisque il faudrait choisir entre la satisfaction des directeurs d'école (sensibles à la flagornerie), celle des camarades (généralement très corporatistes) et celle des élèves (qui risquent de bien noter ceux qui exigent peu).
    Actuellement les cas de "profs" incompétents dans la pratique (ils ont généralement les qualifications papier), négligeant, paresseux, sadiques ou dépassés sont bien connus, mais personne n'a la volonté ou la capacité de faire quoi que ce soit pour améliorer la situation.
    Remarquons, en passant, que certains adultes témoignent par leurs écrits à quel point l'enseignement de la grammaire est parfois difficile, au point que même l'accord du verbe avec le sujet n'est pas acquis.

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