Mais oui, mes agneaux, vous avez gagné !

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Sur le vif - Mercredi 29.05.19 - 15.58h

 

Il faut surtout laisser croire aux macroniens et autres européistes qu'ils ont gagné. Car oui, depuis dimanche soir, arriver deuxième, alors qu'on avait fait une affaire personnelle de finir premier, c'est une victoire.

Mais oui, mes anges, vous avez gagné. Surtout ne changez rien. Surtout ne pas écouter la puissante exigence, depuis des mois, de justice sociale et de renouveau démocratique. Surtout, ne rien faire.

Mais oui, doux chérubins, vous êtes les vainqueurs. La seule chose à retenir du scrutin de dimanche, vous soufflent vos courtisans (jusqu'en Suisse, d'ailleurs), c'est que vous avez éliminé la gauche et la droite traditionnelles, ce qu'au demeurant vous fîtes déjà en mai 2017. Que la droite nationale, populaire et souverainiste arrive en tête, devant vous, malgré votre défi de l'endiguer, ne compte pour rien : les vrais vainqueurs, c'est vous ; les vrais vainqueurs, c'est vous ; les vrais vainqueurs, c'est vous.

Mais oui, mes chers archanges du cosmopolitisme, vous avez terrassé la bête. Saint Georges, face au Dragon ! D'ici la réélection triomphale de Macron, en mai 2022, vous n'avez plus rien à faire. Surtout, ne bougez pas. Dormez bien.

Mais oui, mes séraphins, vous êtes les caïds. Reposez-vous, vous l'avez bien mérité. N'écoutez plus les colères sociales, ni l'aspiration renaissante à la nation. Endormez-vous sur le doux parfum de laurier de cette magnifique deuxième place. Continuez à cirer les pompes de Macron, lustrez à fond, il en aura besoin pour prendre, dans les chancelleries feutrées d'Europe, son pied géant de prince de l'orléanisme.

Attendez le printemps 2022. Ne bougez plus. Fermez vos âmes aux noires colères qui montent. Et laissez la rivale de M. Macron, les forces sociales et les bannis de votre petit monde faire leur boulot.

 

Surtout, ne bougez plus. Ils s'occupent de tout.

 

Pascal Décaillet

 

 

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Commentaires

  • Objectivement, les souverainistes, ils n'en restent plus grand choses. Le RN, comme Salvini, la majorité d'extrême droite ne parlent plus de sortir de l'UE. Bannon est devenu une personne infréquentable. Le souverainisme est devenu un nationalisme qui s'est partiellement élargi à un nationalisme du continent européen. Les pro-Trump/Poutine ont l'image de traître.

    Il y a eu un changement de paradigme. Comme pour l'extrême gauche, c'est oui à l'UE, mais autrement.
    La guerre froide mondiale, les grandes puissances, l'humeur de Trump a certainement, avec le Brexit, obligé des partis à se mettre en phase avec une identité européenne qui s'est amplifié en réactions aux inquiétudes.
    L'extrême droite va se focaliser sur des thèmes comme l'immigration et la création d'une autre UE, mais plus sa destruction. C'est une autre ère qui commence.

    Quant à Macron, avec une tête de liste pareille, les manifs, c'est un score bluffant. Le RN est stable ce qui permettra Marine Le Pen de pouvoir encore échouer au présidentielle.
    Ce qui m'a étonné, c'est la faiblesse des scores des anti-Macron.

    Les classes populaires (anti Macron) restent minoritaire dans la société. A elle seule, elles ne peuvent s'imposer. La classe moyenne reste du côté de Macron, donc oui, il a de quoi sourire. A défaut d'être le premier choix de la majorité des français, il est le second.

    Quant à Le Pen, son socle potentiel ne s'est pas élargit et confirme que les Gilets jaunes sont issues des sympathisants du RN.
    Le RN est bloqué par la classe moyenne, et le vote des jeunes n'incite pas à penser à une amélioration dans le futur.
    Marine Le Pen peut être heureuse d'avoir tournée la page des présidentielles, mais le constat est que l'ensemble des forces souverainistes/nationaliste n'avancent plus. Par contre, elle peut espérer beaucoup plus de députés.

    Au niveau européen, ce sont les pro-européens assumés (Verts, Centristes) qui ont le plus progressé, pas l'extrême droite.

  • Cher Monsieur Décaillet, j'aimerais partager votre analyse. Je suis d'accord avec vous dans l'anti macronisme et je pensais comme vous que nous allions vivre le réveil des peuples qui n'acceptent plus d'être opprimés au nom de l'idéologie des élites dominantes mondialistes. J'ai donc espéré que des élections européennes verraient une très forte poussée "populiste". Mais je suis déçu du résultat.

    Certes en France Macron est battu par le très jeune et très doué Jordan Bardella, certes Orban et Kacynski cartonnent, ainsi que Salvini et Farage. Mais en Allemagne et en France les Verts, c'est à dire le parti le plus mondialiste de tous, celui qui veut un gouvernement mondial pour réguler le climat, progressent. En Allemagne c'est même impressionant. Et la tendance libérale progressiste à la Macron reste forte, même si Macron n'arrive pas en tête dans son propre pays. De sorte que ce que l'on constate c'est un effondrement des grandes forces de gouvernement classiques démocrate chrétienne et sociale démocrate, au profit, non des populistes mais d'un marais libéral écolo qui me débecte. On ne gage pas au change. Le centre de gravité se déplace juste un peu plus au centre gauche, le populisme de droite ne totalisant qu'environ un quart de l'Assemblée Europeenne.

    Selon moi cela montre le succès de la contre offensive de propagande oligarchique qui a travaillé avec des méthodes modernes et une armée de spin doctors (style opération Libero en Suisse) en mettant le paquet sur "l'urgence climatique". Eh bien, hélas ils ont très bien réussi leur coup. Ils ont empêché la vague populiste de déferler et ils ont réussi à créer artificiellement une panique climatique irrationnelle, ce qui a fait progresser les verts. Ils ne triomphent pas, mais ils gardent, pour le moment, le contrôle de la situation alors que le mouvement des gilets jaunes les avait fait trembler.

    Donc je constate que le pouvoir euro mondialiste est puissant. Il reste capable de faire chanter les citoyens et de les intimider. Pour le moment il maîtrise bien la colère populaire, n'hésitant pas en France à mener une répression brutale en tirant sur la foule avec des armes de guerre, en infiltrant le mouvement des gilets jaunes par des casseurs pour le discréditer, etc. Pour le moment ça marche.

    Vous restez convaincu que ce n'est que momentané et que la révolte populaire, légitime, va finir par l'emporter. Je le souhaite comme vous. Mais depuis que j'ai vu mon propre peuple, le peuple suisse, un peuple de citoyens soldats que je croyais fier de porter les armes, accepter d'être désarmé par une directive européenne, juste pour pouvoir rester dans Schengen, parce qu'il avait été intimidé par les menaces du pouvoir étranger, je commence à douter de beaucoup de choses.

    J'espère que c'est juste une hésitation populaire, les gens craignant encore de casser la baraque. Peut-être qu'il faudra une grave crise économique pour qu'enfin les peuples se réveillent et balaient cette classe politique détestée qui a cru trouver sa planche de salut dans les mensonges des ecolos. L'écologie, depuis le club de Rome, dans les annees, est un vieux projet oligarchique.

    L'écologie politique, voila l'ennemi!

  • Celui qui a le plus parlé d'écologie en Europe, c'est Cohn-Bendit, et lui, il est copain avec Macron.
    Tout est dit.

  • Ces péripéties électorales n’ont que peu d’importance à mon avis, car le fond du problème est ailleurs.

    Macron ? je le cite seul car il n’a pas de parti tangible - est un faux-nez des milieux de la fortune et de la finance mondiale, qui l’ont coaché, discrètement financé et poussé jusque là où il est aujourd’hui. Rétrospectivement, toutes ses décisions : Alsthom, suppression de l’ISF, hausse des impôts, réduction des aides sociales, affaiblissement des libertés civiques montrent qu’il en est bien ainsi. Macron représentait un choix nouveau en 2017, un espoir bien vite perdu, il n’a a priori aucune chance de réélection en 2022.

    Mme Le Pen - RN ? On sait bien que cette dirigeante est nulle en économie, qu’elle change d’options « stratégiques » tous les deux ans, qu’elle n’a aucune expertise de gouvernance (comme son père, qui a avoué avoir eu peur d’être élu contre Chirac). Le RN n’a pas de programme, ses cadres sont des apparatchiks sans capacités éminentes. Ce parti est devenu le paratonnerre de tous les mécontentements, qui en effet s’accumulent. Mais de là à le voir aux manettes, non ! Un parti « nationaliste » qui cherche ses appuis, y compris financiers, en Russie et prend ses idées chez l’extrémiste américain Bannon n’est pas crédible.

    L’on en vient donc au fond du problème: si les deux forces en tête du paysage politique français, Macron/RN, sont peu porteuses d’espoir, médiocres, à oublier, que dire des autres partis, ces morts-vivants sans programme, sans leader naturel crédible, sans adhérents. Les Verts ? des idées généreuses dans l’air du temps, mais essayez un peu de les « mettre en musique » concrètement ! La Gauche: connais pas, émiettée. La Droite: disparue, évaporée.

    Voilà: la table rase est réalisée, on ne voit plus rien ni personne à l’horizon. Conjuguée à un mécontentement grandissant, cette situation est dangereuse. La politique a horreur du vide.

    Alors, y a-t-il encore un vrai homme (femme) d’État en France ? Quelqu’un ayant des compétences, de l’écoute, de la bienveillance, le sens de l’intérêt général, de l’autorité, et pourvu d’assez de vertu ?

  • Le centre de gravité de la politique française se déplace nettement vers l'écologie, un peu vers le nationalisme, un peu à gauche.

    On note que la dualité grandes villes VS périphérie s'accroît.

    On constate l'impossibilité pour un parti purement souverainiste de s'imposer en 2022, quand on fait à peine 10% des voix dans les villes mondialisées (dont l'emploi dépend très largement des exportations), s'il n'y a pas d'ici là une remise en cause du programme.

    Il y a une peur panique, je pense, vis-à-vis d'une montée des barrières douanières (qui sont actuellement faibles, le budget de l'UE n'étant financé qu'à hauteur de 15% par les taxes douanières imposées aux pays extra-européens).

    Difficile toutefois de prévoir l'issue des prochaines élections.

    Dans le détail, les Français n'ont pas fait de cadeau au parti de Nicolas Dupont-Aignan, qui pourtant se profilait comme l'alternative n°2 parmi les souverainistes/nationalistes. Le vote utile l'a fait chuter dans la dernière ligne droite. Mais peut-être pas définitivement, au vu de son niveau de popularité qui reste haut, et de sa détermination qui n'a jamais été aussi vive.

    Son livre-programme était plaisant en 2017, son dernier livre l'est encore plus, encore faut-il qu'il soit lu ("Résistance", 250 p., 2019, que je vous conseille absolument de lire, M. Décaillet!) Il revient sur la campagne de 2017 avec quelques traits d'humour, aborde tous les sujets, relations avec François Fillon, recomposition des forces gaullistes, souverainisme, finances publiques, immigration, identité, écologie, de manière très bien documentée.

    Sur les 4 débats télévisuels d'envergure (hélas intervenus très tard dans la campagne), Yannick Jadot et Nicolas Dupont-Aignan ont, me semble-t-il, gagné des points (opinion personnelle), en témoigne aussi le sondage commandé par France 2 suite au deuxième débat, qui donnait Marine Le Pen, Yannick Jadot, Manon Aubry et Nicolas Dupont-Aignan loin devant les autres (dont Messieurs Bayrou et Wauquiez).

    Le trend n'est pas favorable à Emmanuel Macron, et encore moins à la droite libérale classique, ça c'est sûr.

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