Le visage énigmatique du destin

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Sur le vif - Mardi 04.06.19 - 09.29h

 

L'avenir de nos communautés humaines, en Europe, passe par la réinvention du collectif, jeté aux orties depuis trente ans par le mythe libéral et libertaire de la réussite individuelle.

Le libéralisme économique est un échec monumental. Il a dévasté les services publics, affaibli l'école, défait les réseaux de solidarité, méprisé l'attachement affectif aux patries, adoré le Veau d'or du profit mondialisé. Quelques cosmopolites déracinés ont cru qu'ils allaient avoir raison de la terre, des frontières, des nations. Ils ont eu tort. Tout cela, au galop, revient.

Sans cohésion sociale, sans fraternité au sein de communautés humaines délimitées, rien de grand ne pourra se faire. Sur les décombres du libéralisme, il faudra construire autre chose. Autour de l'humain, de son épanouissement. Quelque chose de puissant, enraciné dans la mémoire, mais projeté sur l'imaginaire.

C'est cela, notre défi. Une histoire d'hommes et de femmes, de tradition et de révolution, de vie et de mort, d'action et de contemplation. La terre, mêlée au ciel. Face au visage énigmatique du destin.

 

Pascal Décaillet

 

Lien permanent Catégories : Sur le vif 15 commentaires

Commentaires

  • Nous sommes certes quelques-uns ici à être complétement d'accord avec ce que vous écrivez sur ce sujet. Mais ne sommes-nous pas tout simplement des pauvres vieux parfaitement acratopèges quant à la situation politique ambiante ? J'en ai tous les jours de plus en plus l'impression, d'autant plus que ce libéralisme n'a aucun adversaire autre que parfaitement folklorique...
    Pour qui voter aux prochaines fédérales ? Pas un seul parti ne répond aux attentes des peuples européens...

  • Je me joins à Géo pour dénoncer l'action politique qui est, au mieux réactive, mais qui m'apparait comme un énorme gaspillage de ressources. Personne n'ose anticiper et les seuls qui le font un peu, les Verts, sont des intégristes pour la plupart.
    Si l'Histoire ne nous avait pas démontré que la violence n'arrange rien, j'en viens tout de même à me demander s'il ne serait pas sain d'envisager un nettoyage par le vide. La révolte gronde à nouveau, les gens descendent dans la rue. Du moins chez nos voisins. Ici, nous sommes encore trop confortables pour envisager la suite.
    Mon espoir vient de la technologie qui permet déjà de monitorer en temps réel l'action des élus qui doivent rendre des comptes. Un peu comme les chauffeurs Uber, ou les établissements Airbnb qui sont notés de une à cinq étoiles et qui risquent de perdre leur accréditation.
    Du coup, on comprendra mieux à quel point nous n'avons plus besoin d'intermédiaires pour faire entendre notre voix. Et si le sujet est trop complexe eh bien nous ferons appel à un connaissance en qui nous avons confiance et non pas en ces élus qui ont obtenu un chèque en blanc pour une législature et qui en font un bien médiocre usage. On appelle ça la démocratie liquide.

  • Le dernier billet de Daniel Warner donne un éclairage sur la question du politique. Un élu qui dirait la vérité a 100% de chance de se faire virer ou simplement de ne pas être élu.
    http://danielwarner.blog.tdg.ch/archive/2019/06/03/does-truth-matter-299110.html

  • @M. Jenni : Non. Un élu qui dirait la vérité serait directement jeté en prison. Quelques uns qui s'y sont aventuré y sont, ont été condamnés ou se sont exilés.

  • @Géo
    "Si l'Histoire ne nous avait pas démontré que la violence n'arrange rien"
    Cette affirmation me semble avoir plusieurs défauts. Peut-être que c'est une des nombreuses vérités que nous aimons nous fabriquer pour éviter de voir l'absurdité d'innombrables faits passé dont nous avons gardé la trace.
    On peut arguer que certains types de violences ont diminué dans le monde, comme les exécutions publiques et l'application des la peine de mort. Dire que nous ayons tiré les leçons d'une inutilité supposée de la violence me paraît au moins exagéré.
    D'ailleurs tous les actes de violence, même les guerr

    es les plus stupides, si elles n'ont rien "arrangé", ont du moins servi à quelque chose, ou plutôt à quelques-uns. Dans les cas de la violence individuelle, elle n'a même pas besoin de servir à autre chose qu'à assouvir une vengeance ou déverser une trop plein de tension intérieures.
    Si vous n'aviez pas fait mention d'un "nettoyage par le vide", je dirais que je suis moins optimiste que vous. Vous envisagez aussi, avec grande lucidité que nous soyons de "vieux acratopèges" quant à la vie politique. Je pense qu'il y a de cela, et pas seulement pour la vie politique. Les vieux que l'on dit "sages" sont se répartissent probablement en ceux qui n'y comprennent de toute façon rien car ils ne savent rien, ceux qui s'en "foutent" complètement tant qu'ils ne sont pas personnellement impliqués, ceux qui pensent encore être utile en lançant des cris d'alarme et de désespoir, et ceux qui ont la capacité de sourire en voyant se répéter tout ce qu'ils ont déjà vécu ou vu dans leur vie passée. Et il y a ceux qui ne peuvent pas s'y résoudre.

  • "(...) Un élu qui dirait la vérité a 100% de chance...(...)"

    M. Jenni : J'ignorais que se faire virer était une "chance" pour un élu qui dit la vérité. Je croyais plutôt qu'il y avait des risques à se faire virer à moins bien sûr que la détestation des élus conduise un observateur à considérer une déculottée électorale d'un candidat comme une chance.

    Tant que les chances ne sont qu'électorales, le danger n'est guère important. Il n'en va pas de même avec la santé puisqu'il paraît que les fumeurs, entre autres, ont bien plus de chances d'être victimes d'un cancer du poumon que ceux qui ont banni le tabac de leur environnement.

    C'est bien connu, qui risque rien n'a rien.

  • @Michel Sommer

    On ne comprend pas pourquoi vous faites le pédant en reprenant Pierre Jenni sur ce propos que tout politicien qui dirait la vérité aurait 100% de chances de se faire virer". Pierre Jenni nous dit qu'il se réfère à un article de Daniel Warner sur son blog de La Tribune: "Does truth matter?" Article très intéressant dans lequel on peut lire ceci une citation entre guillemets , de l'intellectuel controversé Yuval Noah Harari: "

    "An American presidential candidate who tells the American public the truth, the whole truth, and nothing but the truth about American history, have a 100 percent guarantee of losing the elections".

    La seule chose qu'on puisse reprocher à Mr Jenni est d'avoir traduit "guarantee" par ''chance''. Un candidat qui dit la vérité toute la vérité rien que la vérité a une garantie à 100% de perdre les élections". Donc Pierre jenii a un petit peu euphémisé le propos.
    Ici c'est un blog, rien de plus. Il ne s'agit pas de rigueur intellectuelle absolue ni de couper les cheveux en quatre. Garantie ou chance, la belle affaire!

    Vous êtes le roi des pinailleurs Mr Sommer.

  • @Géo
    "Si l'Histoire ne nous avait pas démontré que la violence n'arrange rien"
    Mère-Grand@ Vous vous trompez d'interlocuteur et je ne suis que trop d'accord avec vous. L'histoire des hommes n'est faite que de violence et je ne crois pas trop aux théories fumeuses d'une certaine sur un Age d'Or féminin...
    Cela dit, en se retournant sur nos vies, sachant que nos parents ont vécu la 2ème guerre mondiale, nous sommes incroyablement privilégiés : toute une vie sans être touché par une guerre, c'est assez incroyable. Nous sommes peut-être les premiers humains dans ce cas de figure...
    Cela dit, les nuages qui s'accumulent font penser que nos successeurs ne connaîtront probablement pas cette chance...

  • Au pinailleur !

    Traduttore, traditore !

    A côté de cela il m'arrive de m'interroger sur le sens des mots. M. Jenni n'a rien "euphémisé" du tout. Il a juste confondu chance et risque ! ¨

    Je ne connais qu'un jeu où on a la chance de perdre : la roulette russe.
    En revanche, il y a de gros risques à gagner...

    Et si vous vouliez bien corriger la faute de frappe dans votre signature, j'en serais ravi.

  • "Risque" versus "chance"
    A moins que j'ai mal lu les interventions sur le sujet, il me semble qu'un constat s'impose: dans un grand nombre de phrases le mot "chance", il serait plus juste, logiquement, d'écrire ou de dire "risque", puisque ce qui est annoncé est négatif. Mais il semble bien que l'usage s'est imposé, et il se moque souvent de la logique.
    Notons que comme le latin "fortuna" qui désignait (si mon souvenir de très ancien latiniste est exact) ce qui pouvait arriver, que ce soit bon ou mauvais, le terme anglais "chance" reproduit le même usage.
    "There is a chance that ..." peut ainsi très bien annoncer quelque chose de néfaste.

  • Proposition :

    On remplace "chance" et "risque" par "probabilité" dès que l'on est en-dessous de 100 %
    et l'on remplace "100 % de probabilité" par certitude.

    Cela devrait faire l'affaire.

    En ce qui concerne le nettoyage par le vide, un livre suggère :

    https://www.arthaud.fr/Catalogue/hors-collection/recits-et-temoignages/l-humanite-disparaitra-bon-debarras

    Une allègre musique genevoise approuve (oreilles sensibles à protéger) :

    https://www.youtube.com/watch?v=DVaO7arF0Ng

    Et un dernier livre tente de nous pincer afin de voir si nous sommes encore vifs :

    https://www.editionsducerf.fr/librairie/livre/18507/le-mal-qui-vient

  • La France l’a démontré: on ne peut pas atteler au même cheval la droite et le centre, les conservateurs et les libéraux, sous peine de retoquer les partis en tocards, même s’il ne faut jamais contrarier les vocations de celles et de ceux pour qui la politique est l’art de l’«impossible». Qui sera le vainqueur du Grand Prix hippique de cet automne?
    Nous vivons l’époque de la «disruption»: on élimine les produits, services, idées et groupes politiques sous prétexte d’innovation et avec, en prime, l’obsolescence programmée, ou souvent sans substitution ; la photographie par le téléphone intelligent, les guides de voyages par Google Maps, les librairies par Amazon, la bonne gastronomie par les barquettes précuisinées en plastique; le langage binaire en programmation LGBTQI2+ (infini). La gauche morale, oubliant le socialisme, s’est ralliée à la société de marché, tandis qu’une certaine droite conservatrice ne parvient toujours pas à comprendre que le capitalisme libéral d’aujourd’hui (pas celui de Wilhelm Röpke, nuance!) détruit systématiquement tout ce qu’elle veut conserver (ancrage à la réalité, histoire et héritage des anciens, souveraineté).
    Je partage l’imaginaire de votre défi, monsieur Décaillet, même si je suis d’avis que l’humain n’existe pas d’abord en fonction de la société, mais en fonction de lui-même, et que si chacun s’applique, par amour de soi, à être lui-même de la façon la meilleure qui soit, il l’est aussi pour la société humaine. Une approche individuelle, volontaire et responsable qui s’oppose aux convictions de trop nombreux élus ou décorés du Progrès, bénéficiaires d’un siège en viager, dans leur canton puis à Berne, pas encore déclassés pour cause d’utilité publique, et qui pensent que la réponse à toutes les imperfections ou inégalités de la vie est de concocter des projets de lois, des plans d’ingénierie sociale de concentration des pouvoirs, ou de pousser les commissions gouvernementales pour corriger ces imperfections ou inégalités naturelles. Pour ceux qui privilégient cette approche: passez directement au totalitarisme!

  • "Cela devrait faire l'affaire."
    Le langage ne fonctionne pas selon ce genre de critère
    En fait ce n'est que l'usage du mot "chance" qui pose problème aux gens qui sont très sensibles à la logique et qui ressentent comme une incongruité le fait de l'associer à un événement négatif, comme dans "Dans ce cas tu as bien des chances d'échouer".

  • Bloesch@ Je pense comme vous, mais nous sommes visiblement noyés par la majorité. Mon canton (Vaud) est dirigé par un directoire de femmes, socialistes, espagnoles, socialistes d'obédience communiste.
    C'est tout de même incroyable, non ? Faut-il lutter contre la démocratie, qui nous amène visiblement le pire ? (femme, socialiste, étrangère : que rêver de mieux pour montrer la trahison de ce système ?)

  • " (...) Faut-il lutter contre la démocratie, qui nous amène visiblement le pire ? (femme, socialiste, étrangère : que rêver de mieux pour montrer la trahison de ce système ?) - Citation de Géo -

    Ce ne sont ni la nationalité, ni la féminité, ni la masculinité, ni le socialisme, ni le libéralisme ou le néo-libéralisme qui sont des obstacles à une vie publique démocratique de qualité. Les obstacles sont l'ivresse du pouvoir, l'arrogance et le refus du partage. En cela, les différents systèmes politiques présents en Suisse tentent, parfois avec succès, de diluer le pouvoir de telle manière qu'il risque rarement de devenir trop personnel ou trop accaparé par une faction ou une autre. Les mécanismes qui permettent de régulières élections existent et fonctionnent au mieux, à l'exception de la mise sur la place publique des financements des partis, ultime rempart des hypocrites pour repousser l'avènement d'une démocratie adulte.

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