Le temps des vapeurs

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Sur le vif - Samedi 08.06.19 - 11.34h

 

Nés à l'époque de Balzac et des Illusions perdues, promis à s'éteindre d'ici (au maximum) deux ou trois décennies, le métier et la fonction de journaliste auront vécu un peu plus de deux siècles.

Deux siècles, ça n'est pas si mal.

C'est mieux que conducteur de locomotives à vapeur (un peu plus d'un siècle). Mais c'est nettement moins que tant d'autres métiers, vraiment utiles au plus grand nombre, qui, eux, ont traversé les âges.

Mon arrière-grand-père, en Valais, était boulanger. Mon grand-père, instituteur. Mon père, ingénieur en génie civil. Ces trois métiers, utiles et concrets, survivront tous à celui auquel j'ai consacré tant de passion, toute ma vie, et aujourd'hui encore.

Peut-être ces métiers-là étaient-ils moins arrogants, moins persuadés d'être "indispensables à la démocratie", plus ancrés dans la vie réelle, plus en lien avec les gens de tous les jours.

 

Pascal Décaillet

 

 

Lien permanent Catégories : Sur le vif 5 commentaires

Commentaires

  • C'est un peu sévère. A leur décharge, les journalistes se sont vus pris au piège économique de la rentabilité imposée par leurs employeurs. Je suis certains qu'ils sont les premiers à en souffrir et qu'il rêveraient de faire de l'enquête approfondie. Seulement voilà, le marché a ses règles et les consommateurs sont impitoyables. Et comme aujourd'hui on ne consacre en moyenne pas plus de quelques secondes par article, le calcul est vite fait.

  • Je suis fâché contre les journalistes qui ont minimisé l'arrivée de Uber, le premier disrupteur qui a donné son nom au phénomène. Et je pourrais facilement me réjouir de ce retour de bâton qu'ils méritent. Je me console en observant que le taxi reste un service de qualité, quoi qu'en disent certains qui ne consomment pour ainsi dire jamais nos services, et que ceux qui consomment du Uber représentent une catégorie de gens simples, opportunistes et profiteurs. Ils rencontrent les gens avec qui ils partagent ces "valeurs", les chauffeurs Uber qui viennent tenter de grappiller quelques sous en profitant des vides juridiques et de la passivité des autorités. Qui se ressemble s'assemble.

  • Le journalisme institutionnel est une anomalie dans le monde d'aujourd'hui. Une habitude, un excès, voire une manie, qui ne résistera pas à la force du réel. Quelques réflexions sur la question: https://www.revelateur.ch/articles/micromédias-l-âge-d-or-de-l-information-1 .

  • Est-il concevable que vos origines valaisannes ou vos racines vous eussent appelé à la vocation ecclésiastique? Vous vous demanderiez alors, comme Stendhal, si la presse pourrait remplacer le prêche pour l’édification du peuple (?). La presse est solidaire de l’époque, de l'air du temps, qui est l’âge de la hâte. Le «VENT DES TAPEURS» (tapuscripteurs) ne souffle parce que la presse a le malheur d’être pressée, et compressée dans ses coûts. Ah! les vapeurs du temporel! Alors que vous pourriez jouir, tout en étant un être en chaire et en noce(s) surtout, de l’idéal de l’éternité, maniant l’esprit et le style, avec le souci oratoire du rythme, de l’image, de l’imaginaire mythique et de la correction. Aux saints de la Bible et de l’Almanach, le Siècle des Lumières et ses gazettes ont jugé bon de mettre, dans l’esprit du peuple, à côté des noms des évangélistes et des saints du calendrier, ceux des grands hommes et des hauts faits. Or, aujourd’hui on ne sait plus que les noms des sportifs et des vedettes de la «dernière» saison. «Encore un siècle de lecteurs (et de téléspectateurs aussi), a prophétisé Nietzsche, et l’esprit même sentira mauvais.»

  • Pas triste ce Bloesch ! Voilà qui me redonne envie.

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