Blasphémez leurs idoles, juste pour voir !

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Sur le vif - Mardi 11.06.19 - 13.54h

 

Les gens qui passent leur temps à nous encenser le "contre-pouvoir" du dessin de presse, sont souvent les premiers à hurler contre un dessin qui, par aventure, n'irait pas dans leur sens. Saisir les instances morales compétentes. Rappeler qu'il existe tout de même des limites, mon bon Monsieur.

Le liberté d'expression, c'est pour leurs idées, à eux, leur vision du monde. Esquissez donc un dessin, ou n'importe quel commentaire, en prenant une position opposée, ajoutez-y le sarcasme si loué par eux (tant qu'il est de leur côté), le sel de l'insolence, blasphémez leurs idoles, paraphrasez leurs liturgies, et vous les verrez contre vous, le yeux injectés, comme une meute.

 

Pascal Décaillet

 

 

Lien permanent Catégories : Sur le vif 4 commentaires

Commentaires

  • Dans une société où chaque minorité, ou mouvement se sent insulté pour un mot, une image, et bien le dessin fait du bien. La limite est l'obsession d'un thème ou que le dessin soit porteur de la haine.

    Encore combien de temps pourra t'on lire Tintin et de certaines œuvres littéraires ?

    L'intolérance est devenu la règle, notamment par ceux-là même qui s'étaient battu pour la tolérance. Nous sommes à l'époque de la tolérance à géométrie variable, politique. Il y a aussi, la tolérance à l'intolérable au nom de la liberté, même si le résultat de cette tolérance est liberticide.

    La dernière en date qui m'a scotché, ce sont les essais de la F1 à la place du foot féminin. La RTS est machiste selon certain…. Si vraiment il y'a des amateurs, peu probable sans les suissesses, il y a les chaînes françaises. (F1, foot féminin ne m'intéresse pas)

    Bientôt l'obligation de montrer 50% de sports féminins, 50% d'auteures de film ?

    Le dessin sont aussi là pour croquer les dérives d'une société qui devient intolérante et qui divise : Exclusion des hommes à la journée de la femme, des blanc,...

    Plus que dans la période de tolérance qui a précédé, en ces temps, le dessin est nécessaire si celui-ci ne nourrit pas l'intolérance.

  • "Les gens qui passent leur temps à nous encenser le "contre-pouvoir" du dessin de presse, sont souvent les premiers à hurler contre un dessin qui, par aventure," (Pascal Décaillet)


    Hmmmmmm ...

    J'aurai plutôt cru que le dessin de presse était plus, ... disons, ... digérable ... que des mots, ... disons, ... crus, ... les mots pouvant facilement devenir blasphématoires, ... et dont le sens me paraît beaucoup plus difficile à échapper, pour plaider la mécompréhension.

    Personnellement, accepter le dessin de presse, quelque soit le dessin, c'est d'abord accepter qu'il existe une mémoire, une intelligence et une volonté autres que les siennes, condition nécessaire pour quiconque ose prétendre être tolérant.

  • Excellente idée.
    En parlant d'idoles, je passais justement aujourd'hui devant l'immense portrait de Martin Luther King à Lausanne...

    https://www.dailymail.co.uk/news/article-7071713/FBI-tapes-Martin-Luther-King-Jr-40-affairs-laughed-friend-raped-parishioner.html

  • Il y a un certain décalage, c'est certain.
    Quand Chappatte (excellent dessinateur au demeurant) parlant des réseaux sociaux, décrit comment "la horde moralisatrice se rassemble", comprend-il que c'est bien ainsi que nombre de lecteurs imaginent... la séance de rédaction de n'importe quel journal? Car faire la morale, dénoncer, épingler, réveiller le "devoir d'indignation", alimenter des shit storms, c'est le fonds de commerce d'une partie importante de la presse depuis longtemps déjà. Comment peut-on tout miser sur le pouvoir des images, l'impact, le "short attention span", et regretter simultanément que les gens ne réfléchissent plus, et qu'ils préfèrent hurler plutôt que débattre?
    Alors, voilà, les mêmes se plaignent maintenant qu'ils se font battre à leur propre jeu, sous la puissance de feu des réseaux sociaux.

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