Racines prussiennes

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Sur le vif - Samedi 31.08.19 - 11.40h

 

Pas plus qu'on ne comprend les quarante années (1949-1989) d'Allemagne de l'Ouest sans avoir étudié le capitalisme rhénan, on ne comprendra la même période en DDR, sans s'être penché en profondeur sur l'influence de Kant et Hegel sur la pensée politique en Prusse. Le rapport de l'individu à l'Etat, notamment.

Cela, bien avant 1949 et l'opportunité (imposée par la victoire soviétique à l'Est) d'un régime communiste enfin réel (et non rêvé par les Spartakistes en 1918/1919) sur sol allemand. Cela, bien avant 1933. Cela, bien avant la Révolution du 9 novembre 1919. Cela, à vrai dire, dès le début du 19ème siècle.

Ne jamais oublier, pour ceux qui s'intéressent à l'Histoire de la Prusse, que tout est parti de l'occupation napoléonienne de ce pays, entre 1806 et 1813. Et d'une puissante résistance nationale, chez les élites, à la présence des troupes françaises. Lire mes épisodes sur Fichte, et ses Discours à la Nation allemande, Université de Berlin, 1807.

Il est donc particulièrement réducteur de ne voir l'opposition RFA/RDA, entre 1949 et 1989, que comme un antagonisme de Guerre froide entre capitalisme et communisme. C'est le réveil d'une fracture profonde, imposé par la défaite d'étape du 8 mai 1945, entre une Allemagne rhénane, romanisée, et d'autre part un monde saxo-prussien qui s'inscrit dans un autre univers historique, philosophique et culturel.

N'oublions jamais, enfin, que les racines historiques et affectives de la Prusse ne se situent pas à Berlin, ville récente, mais à Königsberg. Provisoirement renommée Kaliningrad.

 

Pascal Décaillet

 

 

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Commentaires

  • Votre provisoire m'enchante, et ces 100'000 kilomètres carrés de Prusse enlevés à l'Allemagne après 1945 devront bien, un jour, être rendus par la fausse Pologne territoriale!

  • M. Marc Luisier, si ces 100'000 km2 enlevés de Prusse devraient être rendus par la "fausse Pologne territoriale", pauvre Pologne (!), ajoutons y aussi et surtout, les territoires de la Prusse orientale, annexés par l'URSS, où tout souvenirs prussiens a été impitoyablement effacés, jusqu'au nom de Königsberg.
    Voir d'Arno Surminski, "Jokehnen, chronique d'un village des confins allemands"

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