L'essence, les bobos, l'existence

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Sur le vif - Lundi 23.09.19 - 17.07h

 

Ils sont bien gentils, les bobos vélocipédistes, de vouloir augmenter le prix de l'essence. Mais il y a, dans notre société suisse, des centaines de milliers de gens qui, justement, ne font pas partie des bobos vélocipédistes.

Cette majorité silencieuse, laborieuse, a besoin de son véhicule privé pour se mouvoir. Pour aller au travail, par exemple. Quand elle part en vacances, elle est bien contente d'avoir une voiture familiale, c'est beaucoup moins cher que le train, à plusieurs, c'est infiniment plus pratique pour aller où on veut. A la campagne, à la mer, à la montagne. On se sent très libre, dans une voiture. Et, quand on a travaillé dur toute l'année pour se payer des vacances, on est bien content d'en avoir une.

Et puis, il y a tous ces gens, les petits indépendants, les artisans, les livreurs, qui ont impérativement besoin de leur voiture, ou camionnette, pour gagner leur vie.

Et puis, il y a la Suisse périphérique. Pas celle des grands centres urbains, comme Zurich ou Genève, où fleurissent les bobos vélocipédistes, mais celle des vallées latérales, des villages de campagne, des petites localités. Ces gens-là, ils ont besoin d'une voiture, et ne seront pas très contents, la classe moyenne étant déjà strangulée, d'une augmentation du prix de l'essence.

Voilà, c'est ainsi, c'est la vie. Il y a les bobos vélocipédistes. Et puis il y a l'écrasante majorité des gens. Qui ne sont ni bobos. Ni vélocipédistes.

Jusqu'à quand cette majorité a-t-elle l'intention de demeurer silencieuse ? Et de se faire tondre, pour satisfaire la morale à deux sous des bobos vélocipédistes.

 

Pascal Décaillet

 

 

Lien permanent Catégories : Sur le vif 8 commentaires

Commentaires

  • Personne ne réalise que les diverses opérations médiatiques de sidération sur le climat visent avant tout à préparer les masses occidentales à réduire à moyen terme très fortement leur consommation énergétique, quand le pétrole se fera vraiment rare, ce qui vient à l'échelle de quelques décennies ? Et pour cela, il faut évidemment tuer tout ce qui relève des capacités de déplacement individuelles.

  • Cher Monsieur Décaillet,
    Il se trouve que je me déplace quotidiennement en ville à vélo. Parce que c'est pratique, économique et bon pour le système cardio-vasculaire.
    Vous êtes très aimable d'imaginer tout ce qui se passe dans mon cerveau, et d'en faire part ici-même.
    Permettez-moi donc de préciser que:
    1) J'utilise ma voiture personelle pour des trajets hors localités.
    2) Il m'arrive sans mauvaise conscience de prendre l'avion pendant des vacances en famille que j'estime bien méritées.
    3) Je n'ai pas de sympathie particulière pour les taxes.
    4) Je déteste le céleri.
    Bien à vous.

  • @Michel
    Vous êtes donc simplement un vélocipédiste. Bravo! Je suis trop vieux pour l'être encore, mais je suis d'accord avec tout le reste de votre intervention, sauf que je déteste encore plus les oignons que le céleri.

  • Pourquoi cette haine des cyclistes?
    Est-ce que la décision de x ou y de renoncer dans la mesure du possible à la voiture vous porte ombrage?
    On vous sait cultivé, mélomane, polyglotte, lecteur boulimique, alerte de la plume, brillant animateur, farouche indépendant... on vous lit volontiers, souvent avec plaisir.
    Mais pourquoi cette haine des cyclistes?

  • Tant que les ruraux n'auront pas compris que les verts sont en fait des rouges foncés, rien ne changera. La "vertitude" n'est qu'une lubie des bobos vélocipédistes citadins. Tous ces verts qui vivent en ville ne connaissent rien à la campagne. Mais cela ne les empêche pas de donner des leçons d'environnement aux ruraux.

    Petite anecdote : j'ai une collègue qui vit en ville (Lausanne) et qui n'a pas le permis. L'autre jour, elle m'a fait une grande théorie pour me dire qu'il fallait A TOUT PRIX améliorer les cadences des bus en ville, parce que, voyez-vous, un bus toutes les 6 minutes, c'était vraiment trop long à attendre.
    Je me suis permis de lui expliquer qu'avant d'améliorer sont petit confort d'1 ou 2 minutes, j'aimerais bien que les TP améliorent les correspondances dans mon village que quelques heures (j'ai 6 bus par jour, 2 le matin, 2 le soir et 2 à midi dans chaque sens) et qu'à mon avis, les investissements des TP des 10 prochaines années devaient se faire en intégralité à la campagne et plus en ville. Quelle n'a pas été sa stupeur que j'ose ainsi la déranger dans ses certitudes boboïstes et égoïstes.

  • A propos de vélo. Enfin, façon de parler. Ce matin, de retour en Suisse, j'ai emmené monsieur le petit chien de ma voisine en balade dans la région. Nous avons rencontré pas moins d'une vingtaine de femmes en promenade et nous sommes mardi. Où sont les hommes ? Au boulot, peut-être...
    Madame promène son cul sur les remparts du Chablais...

  • "Nous avons rencontré pas moins d'une vingtaine de femmes en promenade et nous sommes mardi"

    Il faut mettre fin au patriarcat blanc ;-)

  • Je partage le commentaire de Michel :
    Après un infarctus, le vélo me maintient en forme. Le matin, de porte à porte, je mets 10 minutes pour me rendre au travail, c'est appréciable.
    (Il m'arrive de manger du céleri dans la salade. ;)

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