Prix de l'essence : on veut nous pomper !

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Commentaire publié dans GHI - Mercredi 02.10.19

 

Jusqu’à l’os ! Nos chers élus aux Chambres fédérales, soumis à réélection le 20 octobre prochain, ont-ils décidé de tondre le peuple de ce pays ? Le 25 septembre, le Conseil des Etats votait une augmentation du prix de l’essence de 10 centimes par litre ! C’est l’un des aspects, encore à confirmer par le National, d’une loi sur le CO2 dont on a tant parlé. 10 centimes le litre ! Qui viennent s’ajouter aux primes maladie, au prix des médicaments, aux loyers, aux impôts. Ça n’est tout simplement plus possible, les gens sont pris à la gorge, ils étouffent. La Chambre des Cantons aurait voulu instaurer, en Suisse, le phénomène des gilets jaunes, le créer de toutes pièces, en programmer des dizaines de milliers dans la rue, elle ne s’y serait pas prise autrement.

 

Dans quel monde vivent ces parlementaires ? Savent-ils que tous leurs compatriotes n’ont pas la chance d’avoir l’abonnement général des CFF gratuit, qu’ils ne sont pas tous des urbains ni des interurbains, qu’il existe une Suisse périphérique, oubliée des grandes infrastructures, où la voiture est indispensable ? Ont-t-ils par exemple conscience, ces puissants conseillers aux Etats, de l’existence de vallées latérales, comme en Valais, où il faut absolument un véhicule pour aller travailler en plaine ? Ne sont-ils plus là que pour courber l’échine, se plier au vent des modes, crever de trouille face au tintamarre de « l’urgence climatique », duplifier les slogans des Verts ? Où est passé leur esprit de résistance, d’existence propre, de défense de leurs idées à eux, plutôt que copier celles des autres ? Où sont leurs tripes, où est leur bide, où est le courage ? Il ne faudrait plus, sous prétexte du « tout au climat » qui emporte tout sur son passage, que se ranger derrière la bannière à la mode, quitte à pomper jusqu’à la moelle le fric de ceux qui bossent, se lèvent le matin pour aller au boulot, nourrir leur famille ? Oui, ça suffit !

 

En plus, copier les Verts ne leur servira à rien. Parce que l’électeur, toujours, préfère l’original à la copie. Plus on brasse les thèmes Verts, plus les Verts auront des voix. N’imaginez pas, braves PDC ou PLR, que vous en gagnerez une seule en mimant la campagne de vos adversaires. En politique, il faut parler de soi, de son cœur de cible identitaire : se comporter comme une pie voleuse, qui va piquer les œufs dans d’autres nids, ne sert strictement à rien. Et puis surtout, sur le fond, un peu de vision d’ensemble du pouvoir d’achat du peuple suisse, que diable ! Vous ne voyez pas que les classes moyennes sont en voie d’étouffement ? Vous ne jaugez pas le cumul, avec toutes les autres taxes ? Vous voulez juste plaire à l’opinion rugissante d’un automne ? Mais en faisant cela, vous perdrez tout, jusqu’à votre âme ! Démocrates-chrétiens, parlez-nous de la famille ! Radicaux, parlez-nous de l’Etat ! Socialistes, parlez-nous de la justice ! Mais de grâce, cessez de vous laisser tous tétaniser par l’immense machine de propagande des prophètes de l’Apocalypse ! Il en va du crédit et de la dignité du discours politique, tout simplement. A tous, excellente semaine.

 

Pascal Décaillet

 

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Commentaires

  • Je vois ce que vous voulez dire. Mais je pense qu'il y a encore énormément de marge avant une remise en cause de ces prélèvements.
    D'abord, le système des prélèvements et redistributions est, dans son ensemble, si incompréhensible que personne n'ose s'y attaquer. Même feue la redevance Billag, qui était un prélèvement très simple, n'a pas été comprise, même par ceux qui la combattaient. Résultat, on a créé une nouvelle taxe (que je paie d'ailleurs deux fois) là où une vieille redevance devait tout simplement disparaître. Donc n'imaginez pas une seule seconde que quiconque puisse comprendre, et s'attaquer, à des mastodontes comme les coûts de la santé, la redistribution générée par les cadeaux faits aux uns ou aux autres, ou la magie des finances publiques...
    Ensuite, les gens sont, presque tous, bien conscients de bénéficier de quantité de biens et services qu'ils seraient absolument incapables de générer eux-mêmes. C'est un phénomène nouveau dans l'histoire. Jusqu'à une génération avant la mienne, les gens savaient à peu près comment fonctionne une chasse d'eau, un grille-pain, un four, une automobile, bref les objets mécaniques de leur quotidien. Aujourd'hui, nous avons perdu la capacité de comprendre les outils de notre quotidien, et nous en avons pris la confortable habitude, qui nous a conduits à ne même plus savoir réparer une chasse d'eau. Alors nous ne cherchons plus à comprendre, ce qui nous expose à l'irrationnel. Mais nous avons vaguement l'idée qu'il n'est pas tout à fait normal d'avoir tout cela à disposition. Cela imprègne très profondément la mentalité de notre époque - et ce sentiment diffus correspond à quelque chose d'assez juste.
    Finalement, chacun peut évidemment se plaindre. Mais, avec un peu de recul et de sagesse, chacun pourrait aussi se rendre compte qu'il dispose d'un confort que Salomon, dans toute sa gloire, ne pouvait pas même imaginer.

  • Le seul parti qui s'oppose à ces taxes scélérates, c'est l'UDC. A partir de là, chacun fait ce qu'il veut le 20 octobre...

  • Pour info, ce matin, à Carrefour Ferney, l'essence sans plomb 95 est à 1,54 euro le litre ! Donc moins cher qu'à Genève !!

  • 10ct, c'est moins que les différences de prix entre régions.
    De plus, chaque génération de voitures consomment moins, donc je suppose que c'est moins l'aspect écologique qu'économique pour la Confédération.

    Conduire est parfois un besoin, qui a une conséquence sur les autres personnes (pollution, bruit). Donc augmenter l'essence c'est bien en tant que pollueur payeur. Par contre, il faut rééquilibrer par une baisse d'impôt.

    A vrai dire, je suis pour des taxes différenciés. Plus fortes dans les régions urbaines que dans les régions périphériques qui ne sont pas bien desservis par les transports.

    Ce qui est injuste ce n'est pas l'essence, mais les caisses maladies, les impôts qui n'ont pas vocations à payer le trop de fonctionnaires.
    Dans les régions à fortes pollutions, les conducteurs n'ont pas d'état d'âme pour les habitants.
    Taxer les pendulaires qui génèrent de la pollution, ce serait plus juste. Vivre en dehors de la ville pour éviter la pollution, jouir d'une qualité de vie et prendre sa voiture pour venir en ville, doit avoir un coût.

    Les taxes des pendulaires serviraient à lutter contre le bruit et à soutenir des transports peu bruyants, peu polluants.
    Il faut décider, favoriser les habitants, ou les pendulaires ?

    Quant à l'UDC, c'est de la démagogie à l'état pur, eux qui soutiennent les assureurs maladie.

  • Ah les taxes, les théories écolo à l'emporte-pièce , le monde moderne, je ne sais trop comment qualifier toutes cette nébuleuse. Ce qui est sûr c'est que les écologistes sont avant tout des citadins, surtout de 'grande' ville, disposant de transports publics efficients, d'internet à foison, de correspondances cff dignes de ce nom...et j'en passe. L'écologie, de discipline scientifique (en fait domaine pluridisciplinaire) en pleine évolution, en mutation même a été confisquée par certains politiciens dans des buts (troubles parfois mais essentiellement électoralistes) qui en ont fait une sorte de religion avec ses dogmes, ses interdits et tout le reste ... au point d'en arriver à prédire la fin du monde (à quand la distribution des indulgences?). Que des politiciens - les vrais - en arrivent à entrer dans ce jeu est plus qu'inquiétant. Ce qui me frappe le plus c'est que less gens imaginent sauver la planète (ou prétendent le faire) alors que c'est juste leur peau d'espèce humaine qu'ils veulent sauver. La nature, j'en suis sûr, n'a pas besoin de l'homme!

  • On veut nous pomper ! Bah, si c'est bien fait……..

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