L'Apocalypse climatique produit surtout du brouillard !

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Commentaire publié dans GHI - Mercredi 09.10.19

 

On appelle cela l’arbre qui cache la forêt. Ces mêmes forêts, d’ailleurs, dont on nous annonçait la mort, il y a trois décennies. Je m’en souviens parfaitement, j’étais déjà dans le journalisme politique, au Palais fédéral. Le thème de la « mort des forêts » avait tétanisé une bonne partie des observateurs, fait parler de lui pendant quelques années, puis il s’était totalement dégonflé ! De fait, à l’heure où j’écris ces lignes, en octobre 2019, il me semble qu’il existe encore une ou deux forêts en Suisse, peut-être vous arrive-t-il même de vous y promener.

 

L’arbre qui cache la forêt, c’est la mise en avant obsessionnelle du thème de l’Apocalypse climatique dans la campagne des élections fédérales du 20 octobre. Non seulement chez les Verts, mais chez beaucoup d’autres partis, dont par exemple le PLR, à la limite du ridicule dans sa conversion de la vingt-cinquième heure à un sujet qui n’apparaissait pas vraiment comme amiral, jusqu’ici, dans sa stratégie politique. Erreur majeure, au demeurant : l’électeur préfère toujours l’original à la copie, la pub du PLR pour le climat apportera des voix aux Verts, et aucune au PLR.

 

Il ne s’agit pas ici de nier la question climatique. Ni la nécessité de produire des efforts en faveur de l’environnement. Mais demeurer lucides face à l’orchestration d’un tintamarre, cela oui ! Ne pas se laisser prendre à des sirènes de fin du monde dont les chants sont soigneusement mis en musique par un certain parti, comme à l’époque de Fukushima en 2011, à fins électorales. Ce parti en est un comme un autre, prêt comme les autres à se saisir d’une aubaine pour gagner des voix et des sièges, habité comme les autres par le jeu des ambitions, souvent personnelles, l’attrait du pouvoir. Refuser de voir cela, c’est sombrer dans la candeur.

 

La vérité, c’est que la mise en avant du thème unique produit avant tout, dans le débat politique suisse, une immense épaisseur de brouillard, qui hélas fait paravent sur les vraies préoccupations de nos compatriotes. Ces dernières sont les primes maladie, la santé, les retraites, la solitude des personnes âgées, la formation et l’emploi des jeunes, la détresse de nos paysans, la strangulation des classes moyennes, le prix des médicaments, celui de l’essence, la surtaxation des PME, le non-remboursement des soins dentaires. Allez dans la rue, discutez avec les gens : c’est de cela, au premier chef, qu’ils vous entretiennent.

 

Dès lors, à qui profite l’enfumage généralisé par l’exposition excessive du thème climatique ?  A court terme, aux Verts, évidemment : ils obtiendront sans doute des voix, et des sièges supplémentaires, le 20 octobre. Mais, dans une analyse plus structurelle, il n’est pas exclu que les grands gagnants de ce brouillard d’automne soient ceux qui, dans notre économie suisse, tiennent le couteau par le manche. Et qui n’ont, eux, aucun intérêt à une surexposition du malaise social. En clair, les bobos libertaires auront, une nouvelle fois, montré leur capacité à l’alliance objective avec les ultra-libéraux. La cohésion sociale suisse n’en sortira, hélas, pas gagnante.

 

Pascal Décaillet

 

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Commentaires

  • Vous connaissez mes opinions sur l'enfumage "planétariste" quant à "l'apocalypse climatique". C'est grosso-modo un énième outil d'ingéniérie politique contre le monde blanc.

    Ceci dit, il y a actuellement une réelle apocalypse écologique, l'effondrement de la diversité biologique tant en variété qu'en quantité. Par exemple, avec les oiseaux:

    https://newatlas.com/environment/north-american-bird-abundancy/

    Et là, "bizarrement" (en fait, c'est très logique) les écologistes et les adorateurs de Greta n'en parlent pas, car il leur faudrait aborder des questions relatives à la population mondiale et à l'occupation des sols, questions qui les terrifient.

  • Les écolos sont des gros manipulateurs. Ils prônent la consommation de produits locaux alors qu'ils savent que la Suisse ne peut nourrir sa population qu'a hauteur de 60% et encore en se contentant de patates. Ils sont près à accueillir toute la misère du monde sans savoir comment la nourrir. Ils défendent la différence idéologique islamiste alors qu'elle déconsidère les femmes les LGBT et s'appuie sur la soumission à une religion qui veut conquérir le monde par le nombre de ses enfants. Les écolos ne sont ils pas le parti le pus représenté par des femmes ? Cherchez l'erreur. La nature dont ils se revendique ne sélectionne t telle pas la survie de l'espèce par la sélection naturelle et la reproduction des plus forts. La tolérance de ce qui va nous détruire comme le partage de ce que nous n'arrivons pas à produire sont les mots d'ordres des verts . Faudrait savoir s'ils défendent les espèces locales ou celles, invasives, qui s'installent partout dans nos "jardin".

  • Le yoga nous permet de comparer notre corps micro univers mais au complet à un immeuble qui serait à sept étages en réalité au premier la terre, puis l'eau, le feu, l'air, l'éther enfin au ciel avec l'intelligence puis hors murs et hors dogmes la dimension spirituelle non flottant dans l'air mais... au septième étage. Donc, selon la devise d'un aviateur français, Pierre Brossolette, "Du lac aux cimes", de la terre au ciel ou de la chair à l'esprit.
    Depuis le premier étage toujours l'odorat, le goût, la vue (qui pose désormais d'immenses problèmes partout comme on a appris récemment).
    L'ouïe avec la parole.
    Le corps aqueux entre nos deux hémisphères cérébraux correspond à la voix lactée désormais invisible à force de pollutions.
    On a scientifiquement accusé la malbouffe ainsi qu'une sexualité selon comme elle se pratique d'atteintes au cerveau.

    La terre, l'eau et l'air sont également pollués (on ne peut donc pas prendre trop à la légère le problème du climat.

    Notre planète a extraordinairement évolué en techniques mais toutes selon leurs applications, ne sont pas sans immenses dangers pour l'avenir de l'"humanité" dans tous les sens de ce terme car par manque d'éthique au profit du marché, de l'"achat" comme idéal... nous involuons: violence, cynisme, etc.

    Risques variés de retours religieux à l'obscurantisme donc aux superstitions.

    Ne faudrait-il pas agir… pour un retour à ce quoi, par la lucidité, notamme4nt (Krishnamurti) nous sommes appelés c'est-à-dire à évoluer… en "tout"!?

    Le même Krishnamurti observait que nous avons commis l'erreur gravissime de faire des mots sexualité et amour deux synonymes.

  • Excellente analyse : le climat est un paravent qui sert à faire oublier ... entre autre la prime d'assurance maladie puisqu'un joli coup " marketing" a fait qu'elle aurait baissé comme cadeau électoral (pas pour tous) ...

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