Fonction publique : un minimum de décence !

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Sur le vif - Lundi 25.11.19 - 16.25h

 

Les gens qui, à Genève, travaillent dans le secteur privé, notamment les petits entrepreneurs indépendants, qui n'ont aucune garantie sur rien, paient seuls la totalité de leur AVS, ainsi que de leur prévoyance professionnelle (s'ils en ont contacté une), et d'ailleurs l'ensemble de leurs assurances sociales (pertes de gain, etc.) apprécieront vivement d'apprendre que la fonction publique s'apprête à manifester, le 5 décembre prochain.

Cet appel, dans les circonstances économiques que nous vivons, avec le chômage des jeunes et celui des seniors, voire la dépendance de l'assistance sociale, confine à l'indécence.

Faut-il rappeler que la fonction publique genevoise a bénéficié ce printemps, suite à une enchaînement complexe de votes, de l'incroyable cadeau de pouvoir continuer à ne cotiser qu'à hauteur d'un tiers pour sa prévoyance professionnelle ?

Un tiers pour l'employé, cela signifie deux tiers pour l'employeur. L'employeur, c'est l'Etat. Donc l'employeur, c'est nous ! Les classes moyennes à Genève, déjà pressées de toutes parts, comme des citrons, doivent financer comme contribuables ces fameux deux tiers de l'employeur !

Ainsi, un petit indépendant, qui rame pour s'assurer une retraite correcte, doit non seulement la financer tout seul, premier et deuxième pilier, mais en plus il passe à la caisse pour les deux tiers "employeur" des fonctionnaires. Et lui n'a aucune garantie d'emploi, puisque par définition, il n'a pas d'emploi, mais des mandats, donnés par des clients.

Dans ces conditions, un minimum de retenue, dans l'occupation la rue, devrait être observé par une fonction publique particulièrement nantie à Genève. Tous n'ont pas leurs chances. Tous n'ont pas leurs privilèges !

 

Pascal Décaillet

 

 

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Commentaires

  • Tout le monde est comme un hamster dans une roue. Mais les roues n'ont pas toutes les mêmes fonctions. Certaines sont motrices. D'autres tournent car elles sont entraînées par celles des autres - c'est le cas des roues de la fonction publique.
    Evidemment, il faut marcher dans une roue de fonction publique pour éviter de tomber (sauf pour ceux qui ont installé dans leur roue un lit à roulettes, bien sûr...), mais les microentrepreneurs, eux, par exemple, ne font pas que marcher pour ne pas tomber. Ils sont arc-boutés, pliés par l'effort contre leur roue, et ils entraînent beaucoup d'autres roues en faisant tourner la leur (ils paient des loyers, des salaires, avant de payer l'impôt). Il ne faut pas l'oublier.
    Alors que l'on ne vienne surtout pas dire que les gens de la fonction publique contribuent aussi à l'impôt. Bien sûr, oui. Mais la pénibilité du gain n'a rien à voir. Il est totalement injuste d'appliquer le même barème pour un microentrepreneur que pour un fonctionnaire.

  • Et ajoutez à cela que les rentes promises sont en totale disproportion avec lesdites cotisations, ce qui explique les déficits chroniques. Le vrai scandale n’est pas tant dans la répartition 1/3 - 2/3 (qui existe aussi largement dans le privé) que dans l’assurance que l’Etat - donc le contribuable - prendra en charge l'insuffisance de prélèvements sur ce 1/3! Et au vu des résultats de la dernière votation, il faut évidemment s’attendre à ce que la caisse demande une substantielle rallonge avant 10 ans!

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