• Vital, la simplicité des Justes

    Imprimer

     

    Sur le vif - Vendredi 29.11.19 - 16.05h

     

    C'était un homme long et mince, jusqu'à flotter parfois dans son complet, avec dans le visage un mélange de nostalgie et de joie d'être au monde. Il avait la parole douce des apartés, la chaleur souriante des conciliabules, il vous prenait par le bras et c'était le Conclave.

    Vital Darbellay, qui nous quitte à 90 ans, c'est une conscience politique et sociale de l'Histoire du Valais. L'un des ultimes descendants de la Doctrine sociale de Léon XIII, cette Encyclique Rerum Novarum de 1891, qu'il connaissait à fond, et qui avait constitué la première grande tentative de réponse non-marxiste aux questions posées par la condition sociale des ouvriers, dans les conditions épouvantables du monde que nous décrit Zola. Le but du travail, nous dit Léon XIII, c'est d'épanouir l'humain, lui permettre d'éclore auprès de ses proches : sa famille, ses amis, ses collègues. C'est cela, et non la recherche du profit pour le profit.

    Nous sommes dans une école de pensée qui fut, depuis l'enfance, matricielle pour votre serviteur, s'éloignant tout autant du capitalisme que du marxisme. D'aucuns, aujourd'hui, peinent à saisir cette troisième voie. Du Sillon, de Marc Sangnier, à la Revue Esprit, d'Emmanuel Mounier, elle est pourtant l'une des voies du salut, pour défendre la dignité des hommes et des femmes, sur cette Terre.

    Conscience politique du christianisme social valaisan, l'aile jaune pour faire court, celle qui porte les couleurs du travail, de la famille, et d'un immense souci de cohésion sociale entre les humains, Vital (quel sublime prénom, qui porte en lui le souffle et l'esprit !) est à mes yeux celui qui, dans le dernier demi-siècle, a le mieux incarné cette philosophie. Chez ces gens-là, sans qu'il soit besoin de défiler le 1er Mai, on considère qu'un être humain en vaut un autre, quel que soit son genre, la couleur de sa peau, son statut social. C'est cela, Léon XIII. Et c'était cela, la secrète douceur de Vital Darbellay.

    Vital fut un très grand Valaisan de l'après-guerre. Au même titre qu'un Maurice Chappaz ou un Pascal Couchepin. Président des Syndicats Chrétiens pendant vingt ans, conseiller national de 1979 à 1995, il était le Président du Groupe PDC de l'Assemblée fédérale lorsque je suis arrivé à Berne, comme correspondant, il y a presque trente ans. Il m'a immédiatement accueilli comme un frère. Il me parlait de ma famille, en Entremont, de mes oncles, d'Orsières, de Liddes, de Martigny, de la région du Saint-Bernard, de la Vallée du Trient. Il me parlait toujours avec cette douceur des chuchotements, comme s'il me confiait un secret de confessionnal. Il eût été, dans quelque monastère perdu de la Jérusalem Céleste, un Prieur incomparable.

    Lorsque j'ai appris son décès, en début d'après-midi, m'est remontée l'émotion de tant de souvenirs. Celle de cette haute silhouette, aperçue encore ces dernières années dans des églises, lors du dernier adieu à des gens de ma famille. Celle, plus lointaine, qui arpentait avec la simplicité des grands, et le sourire des Justes, la Salle des Pas perdus du Palais fédéral. Il cherchait, je crois, quelqu'un à qui parler. Si souvent, Dieu merci, je fus son homme.

    A sa famille, à tous ses proches, à son neveu Christophe, j'adresse mes sentiments et amitiés. Le Valais perd un homme grand. Et un grand homme.

     

    Pascal Décaillet

     

     

    Lien permanent Catégories : Sur le vif 1 commentaire
  • Oser affronter le tabou démographique

    Imprimer

     

    Sur le vif - Vendredi 29.11.19 - 08.17h

     

    Bien entendu que Genève doit revoir son modèle de croissance ! En commençant par aborder frontalement le tabou de son nombre d'habitants dans trente ans. Ce dernier ne saurait rompre l'équilibre entre territoire et humains qui l'habitent.

    On ne peut, à l'infini, bétonner le canton, sous prétexte d'élévation du nombre de ses habitants. Comme si ce dernier facteur était inéluctable. Comme si le politique devait demeurer inerte face à l'inflation démographique.

    L'initiative Ecopop, que pour ma part j'avais votée, posait exactement cette question-là. En faire l'économie, y compris dans la gestion des flux migratoires, c'est rouler à la catastrophe.

    L'avenir n'appartient ni au libéralisme du libre-échange et du profit immédiat, ni aux rêves de la gauche immigrationniste. Mais à des sociétés humaines soucieuses d'équilibre et de mesure, protégeant en priorité leurs citoyennes et citoyens, à l'intérieur d'un périmètre dont elles ont la responsabilité.

    Les réalités tangibles du local, plutôt que l'abstraction spéculée de l'universel. Partout en Europe, cette aspiration monte.

    Notre canton, notre pays, ne sont pas extensibles à souhait. Nous avons la responsabilité, pour les générations futures, d'en gérer la démographie en fonction de nos choix politiques, et non en laissant faire les seules lois du marché.

    La frontière protège le faible, le sédentaire ! Le nanti, le cosmopolite, se rient des frontières !

    Le combat pour une croissance qualitative passe par un principe incontournable : régulation des flux migratoires.

    Exactement ce que le peuple suisse a voulu le 9 février 2014. Et qui n'a jamais été mis en application.

     

    Pascal Décaillet

     

     

    Lien permanent Catégories : Sur le vif 3 commentaires
  • Tu gèles, ou tu danses ?

    Imprimer

     

    Sur le vif - Jeudi 28.11.19 - 13.12h

     

    Pour l'immense majorité des gens, ceux qui écoutent distraitement les flashes radio, et dont l'attention doit être captée par des messages parfaitement clairs, dès les premiers mots de l'info : que peut bien signifier "geler la densification de la zone villas" ?

    Si l'auditeur (ou le lecteur d'un titre de journal) a besoin de calculer dix fois, dans sa tête, le champ de doubles négations de mots inaudibles, en les annulant comme en algèbre, pour essayer de dégager un peu de sens, le message ne passe pas.

    D'abord, ça veut dire quoi, "densifier une zone villas" ? Ensuite, que signifie "geler une densification" ? Sans parler du mot "moratoire", que bien des gens ne comprennent tout simplement pas !

    Le rôle des médiateurs est de parler clair. Et non de reproduire le jargon des spécialistes. S'ils empruntent cette seconde solution, c'est qu'ils n'ont pas compris, eux-mêmes, les données du problème.

     

    Pascal Décaillet

     

     

    Lien permanent Catégories : Sur le vif 0 commentaire
  • Toujours plus vite !

    Imprimer
     
    Sur le vif - Jeudi 28.11.19 - 08.37h
     
     
    Les fous du volant apprécieront la limitation à 30 km/h au Pont d'Arve. Mais la barre est vraiment placée très haut. Jusqu'ici, personne n'a réussi à atteindre cette vitesse grisante, à la queue leu leu entre le feu de la rue de Carouge et celui de la Pointe. Seul un Italien inconscient, au nom interminable, issu de l'aristocratie milanaise, au volant d'une Lamborghini, aurait, dit-on, atteint une fois les 17 km/h. En écoutant Tosca. Et en ripolinant son cockpit doré.
     

    Pascal Décaillet

     

     

    Lien permanent Catégories : Sur le vif 2 commentaires
  • Un Vert au Conseil fédéral : légitime !

    Imprimer

     

    Sur le vif - Mercredi 27.11.19 - 21.55h

     

    On ne me soupçonnera pas d'une sympathie extrême pour l'idéologie des Verts. Mais désolé, là ils ont fait une percée. La question de leur représentation, hic et nunc, au Conseil fédéral se pose avec pertinence et légitimité.

    L'idée qu'il faudrait attendre quatre ans, huit ans, douze ans, pour qu'ils "confirment", est d'une hallucinante mauvaise foi de la part de ceux qui s'accrochent désespérément au pouvoir.

    Le temps démocratique est celui d'une législature. On définit des forces pour quatre ans. Rien n'existe avant. Rien n'existe après. Tous les quatre ans, tout doit être remis à zéro. Pour quatre ans, et pas une seconde de plus.

    Le peuple a donné un signal. C'est maintenant, et pas aux calendes grecques, qu'il doit être écouté. L'idée d'attendre l'élection suivante pour "confirmation" ferait éclater de rire n'importe quel pays voisin. Elle est même l'un des plus vulgaires dénis de démocratie qui se puissent concevoir.

    Quant à ceux qui n'en peuvent plus de roter leur antériorité, qu'ils s'inscrivent dans des clubs d'aînés. Ou comme figurines, dans des musées de cire.

     

    Pascal Décaillet

     

     

    Lien permanent Catégories : Sur le vif 9 commentaires
  • L'intangible noirceur du pouvoir

    Imprimer

     

    Sur le vif - Mercredi 27.11.19 - 16.25h

     

    Rien, ni personne, ne "fait de la politique autrement".

    Les femmes ne font pas de la politique autrement.

    La gauche ne fait pas de la politique autrement.

    Les jeunes ne font pas de la politique autrement.

    "Faire de la politique autrement", c'est la promesse électorale de ceux qui veulent le pouvoir.

    Dès qu'ils l'ont obtenu, ils se mettent à faire de la politique exactement comme les autres. Comme eux, ils s'endurcissent. Comme eux, ils s'isolent. Comme eux, ils fonctionnent avec des gardes rapprochées, des commis aux basses oeuvres. Comme eux, ils s'accrochent. Comme eux, ils font tout pour demeurer au pouvoir.

    Rien, ni personne, n'échappe à cela.

    La grande saloperie du monde, c'est le pouvoir. D'où qu'il vienne, il vous corrode, il vous corrompt, il fait de vous un prédateur, il vous salit, il vous marque à jamais.

    Tant que les postes politiques seront des postes de pouvoir, avec capacité de choisir les gens, jouer de leurs ambitions, actionner des sommes d'argent, donner aux uns plutôt qu'aux autres, valoriser Jean pour humilier Paul, il n'y aura aucun changement.

    Adolescent, très tôt, j'ai eu l'immense privilège de lire en grec Thucydide (La Guerre du Péloponnèse) ou le génial biographe Plutarque, parmi beaucoup d'autres. Et puis, les grands tragiques. Et puis, tout le reste, Brecht évidemment. L'impression qui domine, au-delà des sublimes vertus littéraires, est celle de la permanence et de l'immanence d'une infinie noirceur humaine, dès que se trouve en jeu le principe même du pouvoir.

    Je ne crois pas au progrès. Je crois à l'éternité d'ébène des ambitions. Et au fond, bien qu'admirant tant de grands hommes dans l'Histoire, de Charles de Gaulle à Willy Brandt, de Nasser à Mendès France, je crois nourrir en moi une immense détestation du pouvoir.

     

    Pascal Décaillet

     

     

    Lien permanent Catégories : Sur le vif 7 commentaires
  • Putain, trois ans !

    Imprimer

     

     Commentaire publié dans GHI - Mercredi 27.11.19

     

    Le problème no 1 du Conseil d’Etat genevois, ce ne sont pas les affaires. Même si, bien sûr, ces dernières n’arrangent rien ! Non, le véritable problème, c’est l’incapacité de l’attelage actuel (2018-2023) à constituer une véritable équipe, avec des stratégies d’ensemble, claires et lisibles. On dirait qu’ils s’ennuient, entre eux !

     

    Ne pointer que les affaires, comme celles ayant concerné Pierre Maudet, c’est privilégier un narratif tellement facile : un homme très puissant a gravement fauté, alors il tombe, et on n’en finit plus de raconter l’histoire de sa chute.

     

    La maladie dont souffre l’actuelle équipe gouvernementale est, hélas, beaucoup plus grave que cela. Elle ne se ramène pas à un seul homme, mais à une véritable paralysie des institutions : Conseil d’Etat sourd et aveugle, incapable de sentir la souffrance des gens, coupé du Grand Conseil, fonctionnant en silos plutôt qu’en équipe.

     

    Les qualités personnelles des sept ministres ne sont pas en cause. Ni d’ailleurs leur travail individuel, chacun à la tête de son Département. C’est la sauce qui ne prend pas. Et ça n’est pas une question de présidence pour cinq ans, ou de retour à une présidence tournante. Non. Nous sommes face à une impossibilité mathématique, une impasse humaine. Jeter la pierre sur un seul des membres ne sert strictement à rien.

     

    A une telle équipe, le peuple, les dimanches de votation, dira de plus en plus non. Ou des oui, du bout des lèvres, de ceux qui exigent recomptage. C’est assez désespérant. Et il y en a encore pour plus de trois ans.

     

    Pascal Décaillet

     

     

     

     

    Lien permanent Catégories : Commentaires GHI 2 commentaires
  • Chicago sur Rhône : le peuple a dit non !

    Imprimer

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 27.11.19

     

    En acceptant clairement (56,3%), ce dimanche 24 novembre, l’initiative 163, « Pour un pilotage démocratique de l’aéroport », le peuple genevois a non seulement pris une décision sur un texte important, mais il a aussi donné un signal sans équivoque sur le modèle de croissance qui doit être celui de notre Canton, pour les décennies qui viennent. Le peuple n’a pas voté contre les avions, ni contre l’existence d’une plateforme aéroportuaire importante pour Genève et la région. Il n’a pas non plus voté la décroissance. Non, il a juste refusé la démesure et la spéculation, la croissance comme but en soi. Il a voulu une économie prospère et dynamique, mais centrée sur l’humain, avec le souci de sa santé, la volonté de combattre les nuisances. Au moment où notre aéroport, né au lendemain de la Grande Guerre, fête ses cent ans, les citoyennes et citoyens de Genève ont dit oui aux avions, mais au service de Genève et de ses habitants. Ils ont dit non à la folie d’un Chicago sur Rhône.

     

    Un vote important, donc. Une étape, dans l’Histoire économique de Genève. Il s’agit d’en prendre la mesure, et de redéfinir les priorités pour les temps futurs. Il faudra d’abord que les organisations qui défendent l’économie genevoise revoient, de fond en comble, leur stratégie. A commencer par la CCIG (Chambre de commerce, d’industrie et des services de Genève). De belles énergies, dans cette instance, à commencer par celles de son directeur général, Vincent Subilia, des compétences réelles, une sincère volonté de se battre pour le tissu genevois. Mais hélas, depuis quelques années, tant de signaux d’obédience aux multinationales, au gigantisme, et pas assez d’actions visibles au service de nos PME genevoises, qui constituent pourtant l’écrasante majorité de nos entreprises. On aimerait les voir davantage valorisées, jusqu’aux toutes petites unités, de quelques personnes, voire une seule, plutôt que tant de courbettes aux puissants.

     

    Car au fond, à quoi sert l’économie ? A quoi, si ce n’est contribuer au bien-être d’une collectivité humaine, permettre à cette dernière de s’épanouir, au milieu d’un cadre naturel aimé et respecté ? Celui de Genève, petit miracle d’équilibre et de géométrie pris entre Salève, Jura et Voirons, constitue un biotope d’exception, avec la richesse et la densité d’une ville marquée par l’Histoire, l’aménagement de périphéries où la qualité de vie doit l’emporter sur toute préoccupation, et puis la campagne, les terres agricoles, la vie dans nos cours d’eau, la faune et la flore. Point n’est besoin d’être inscrit au parti des Verts pour être sensible à tout cela ! Lisez par exemple les remarquables ouvrages de Philippe Roch, ancien Secrétaire d’Etat à l’environnement, ou les études de l’architecte et urbaniste Marcellin Barthassat, vous y trouverez de l’humanisme et de la vision. Tout comme chez le vigneron Willy Cretegny. Aimer Genève, oui. Mais la transformer en un Chicago sur Rhône, c’est définitivement non !

     

    Pascal Décaillet

     

     

     

     

     

     

    Lien permanent Catégories : Commentaires GHI 1 commentaire
  • Mollachus, s'abstenir !

    Imprimer

     

    Sur le vif - Mardi 26.11.19 - 15.55h

     

    On accorde beaucoup trop d'importance au contrat de travail, depuis 82 ans, en Suisse. Huit décennies pour gonfler les syndicats, les faîtières, les apparatchiks, en en face l'équivalent, côté patronal. Dresser une machine de guerre contre une autre.

    L'important dans la vie, c'est d'avoir du travail. Pas d'avoir un contrat. On peut parfaitement vivre sans contrat, mais pour cela il faut se battre soi-même, avec une sacrée férocité, pour être et demeurer un petit entrepreneur. C'est beaucoup plus dur, mais c'est sacrément gratifiant.

    D'ici une ou deux générations, la sacralisation, depuis 1937, du contrat, donc des rapports contractuels, donc des conventions collectives, aura sans doute fait son temps. Il y aura toujours des gens qui travailleront. Et il faut, dès aujourd'hui, leur faciliter la tâche pour qu'ils apprennent à prendre en charge, eux-mêmes (et non sous la paternité, ou le paternalisme, d'un employeur), leurs assurances sociales, leur gestion personnelle à long terme. Comme le fait n'importe quel indépendant, n'importe quel entrepreneur.

    Le but, dans la vie, c'est de réaliser ses rêves, y compris professionnels. Pour cela, il faut beaucoup s'investir, prendre des risques, se battre comme un lion, laisser peut-être une partie de sa santé. Mais il n'est écrit nulle part qu'il faille entrer dans l'obédience d'une relation contractuelle.

    Le contrat de 1937, en Suisse, comme ailleurs, était calqué sur la société patriarcale et autoritaire de l'époque, avec des hiérarchies puissantes, au mieux un paternalisme amical de l'employeur, au pire une saloperie de petit tyran d'entreprise.

    Je peux comprendre que le rêve d'un jeune soit d'avoir du travail, et nous devons tout faire pour cela. Je conçois moins qu'il puisse rêver d'entrer dans une relation contractuelle. Il y a, pour les esprits et les caractères indépendants, impétueux, beaucoup mieux à faire : être son propre patron.

    J'ai fait ce choix il y a quatorze ans. Je ne le regrette pas une seule seconde. Mais je vous préviens: c'est très dur. Mollachus, s'abstenir.

     

    Pascal Décaillet

     

     

    Lien permanent Catégories : Sur le vif 0 commentaire
  • La Cour, mes Frères !

    Imprimer

     

    Sur le vif - Mardi 26.11.19 - 10.25h

     

    Un élu législatif ne représente pas l'Etat, mais la société, dans toute sa diversité. Merci à la Cour de justice de l'avoir rappelé.

    Quant à la petite Fraternité qui, à Genève, n'en peut plus de se prendre pour le petit Père Combes en 1905, et de nous imposer l'abstraction glacée de ses géométries, parce qu'elle aurait tout compris mieux que les autres, il va lui falloir modérer quelque peu ses ardeurs.

     

    Pascal Décaillet

     

    Lien permanent Catégories : Sur le vif 1 commentaire
  • Fonction publique : un minimum de décence !

    Imprimer

     

    Sur le vif - Lundi 25.11.19 - 16.25h

     

    Les gens qui, à Genève, travaillent dans le secteur privé, notamment les petits entrepreneurs indépendants, qui n'ont aucune garantie sur rien, paient seuls la totalité de leur AVS, ainsi que de leur prévoyance professionnelle (s'ils en ont contacté une), et d'ailleurs l'ensemble de leurs assurances sociales (pertes de gain, etc.) apprécieront vivement d'apprendre que la fonction publique s'apprête à manifester, le 5 décembre prochain.

    Cet appel, dans les circonstances économiques que nous vivons, avec le chômage des jeunes et celui des seniors, voire la dépendance de l'assistance sociale, confine à l'indécence.

    Faut-il rappeler que la fonction publique genevoise a bénéficié ce printemps, suite à une enchaînement complexe de votes, de l'incroyable cadeau de pouvoir continuer à ne cotiser qu'à hauteur d'un tiers pour sa prévoyance professionnelle ?

    Un tiers pour l'employé, cela signifie deux tiers pour l'employeur. L'employeur, c'est l'Etat. Donc l'employeur, c'est nous ! Les classes moyennes à Genève, déjà pressées de toutes parts, comme des citrons, doivent financer comme contribuables ces fameux deux tiers de l'employeur !

    Ainsi, un petit indépendant, qui rame pour s'assurer une retraite correcte, doit non seulement la financer tout seul, premier et deuxième pilier, mais en plus il passe à la caisse pour les deux tiers "employeur" des fonctionnaires. Et lui n'a aucune garantie d'emploi, puisque par définition, il n'a pas d'emploi, mais des mandats, donnés par des clients.

    Dans ces conditions, un minimum de retenue, dans l'occupation la rue, devrait être observé par une fonction publique particulièrement nantie à Genève. Tous n'ont pas leurs chances. Tous n'ont pas leurs privilèges !

     

    Pascal Décaillet

     

     

    Lien permanent Catégories : Sur le vif 2 commentaires
  • CCIG : au service des PME, SVP !

    Imprimer

     

    Sur le vif - Dimanche 24.11.19 - 14.34h

     

    Membre, depuis des années, comme petit entrepreneur, de la CCIG, fier d'appartenir à cette Chambre qui défend la vitalité économique de Genève, je l'encourage vivement à revoir ses priorités en direction des PME, de toutes celles et ceux qui, même au niveau modeste, ont pris à Genève le risque d'entreprendre, avec tout l'inconfort que cela signifie.

    Désolé, mais les signaux de ces dernières années ne sont pas allés dans ce sens. Prise dans des réseaux, voulant copier d'autres associations, faîtières du grand patronat et de la finance, la CCIG s'est embarquée dans tous les combats donnant l'impression d'une allégeance aux multinationales, à la finance cosmopolite, et à l'idéologie d'une croissance démesurée.

    Cette idéologie pour l'aéroport, véhiculée par le Président du Conseil d'Etat 2013-2018, qui avait pour cette plateforme des regards d'enfant rêveur, puis colportée par l'autre conseiller d'Etat radical, puis par ce qui reste de la droite économique au gouvernement, est désormais aussi caduque que décalée. Le succès de l'initiative 163 le démontre avec éclat. La population genevoise veut une économie dynamique et inventive, mais au service de l'humain et de l'environnement.

    Membre de la CCIG, instance que je respecte et apprécie, je demande une nouvelle politique économique, moins servile envers les puissants, les spéculateurs et les internationaux, et vraiment tournée vers les petites et moyennes entreprises, humaines, laborieuses et honnêtes, qui font la valeur ajoutée de notre canton.

     

    Pascal Décaillet

     

     

    Lien permanent Catégories : Sur le vif 1 commentaire
  • Aéroport : une page se tourne

    Imprimer

     

    Sur le vif - Dimanche 24.11.19 - 12.03h

     

    Aéroport : victoire de ceux qui se battent pour un développement raisonnable, contrôlé par la démocratie, et respectueux de l'environnement. Lourde défaite pour les réseaux oligarchiques qui se croient propriétaires de Genève. La voix du peuple aura été plus forte que la machine de propagande - éhontée, et dénoncée ici même - des opposants à l'initiative. Dans l'Histoire économique du Canton, une page se tourne. La droite de la spéculation commence à ne plus faire la loi.

     

    Pascal Décaillet

     

     

     

    Lien permanent Catégories : Sur le vif 0 commentaire
  • Petits et grands soucis

    Imprimer

     

    Sur le vif - Samedi 23.11.19 - 15.52h

     

    Les gens, dans la rue, me parlent des primes d'assurance maladie. Ils me parlent du prix des médicaments. Ils me parlent du niveau beaucoup trop bas des retraites, de l'injustice pour les couples mariés, de la détresse de certains divorcés. Ils me parlent énormément protection des mineurs, ou tutelles pour adultes. Ils me parlent du temps d'attente aux urgences. Ils me parlent du prix de l'essence. Ils me parlent des impôts : les classes moyennes à Genève ploient sous la charge fiscale.

    Les gens me parlent de tout cela. Et d'autres choses encore. Ils savent bien que je ne suis pas un politique, mais que je peux, au besoin, relayer les souffrances, par des prises de position éditoriales, des interviews, des débats.

    Les gens me parlent de ces choses-là, oui. Mais je n'ai, à ce jour, encore été harponné par personne, le samedi en ville lorsque je fais mes courses, au sujet de la Présidence unique (ou non) du Conseil d'Etat.

     

    Pascal Décaillet

     

     

    Lien permanent Catégories : Sur le vif 0 commentaire
  • Un peu de tripes et de courage !

    Imprimer

     

    Sur le vif - Vendredi 22.11.19 - 14.44h

     

    Le ralliement de M. Dal Busco aux thèses les plus dogmatiques des Verts, en matière de circulation urbaine, est in-com-pré-hen-sible !

    Vous n'avez pas été élu pour cela !

    Qu'on commence par accorder la préférence, pour la circulation en ville, aux résidents de la Ville. Puis, à ceux du Canton. En troisième lieu, aux autres. Cercles concentriques : d'abord les nôtres !

    Là oui, macarons, et tout ce que vous voudrez. Plutôt que vos conneries de circulation alternée, "en cas de pics de pollution". Catéchisme Vert, juste recraché, copié collé, pour moutonner dans le flux du temps. Peur panique du bûcher d'hérésie !

    De grâce, qu'on arrête d'emmerder systématiquement, en les culpabilisant, les citoyens-contribuables de la Ville qui ont un véhicule motorisé, payent dûment leurs taxes, émoluments et assurances, respectent toutes les règles de la route, font régulièrement leurs contrôles anti-pollution, et usent de leur libre choix constitutionnel du mode de transport pour aller bosser.

    Nous sommes au sommet de la mode Verte. Elle ne manquera pas de décliner. De grâce, sachons résister ! Un peu de tripes et de courage ! Protéger l'environnement oui, nous laisser terroriser par des idéologies imposées par des minorités, non.

     

    Pascal Décaillet

     

     

    Lien permanent Catégories : Sur le vif 4 commentaires
  • Satellites et démons

    Imprimer

     

    Sur le vif - Jeudi 21.11.19 - 14.52h

     

    Le culot de Regula Rytz, présidente des Verts suisses : "tentée" par le Conseil fédéral, alors qu'elle vient d'échouer aux Etats, dans le Canton de Berne !

    De grâce, qu'on cesse de nous rabâcher que les Verts "font de la politique autrement".

    Ils font de la politique exactement comme les autres. Ni meilleurs, ni pires. Ils ont exactement le même rapport au pouvoir, à l'ambition.

    Homme, femmes, jeunes, vieux, de gauche ou de droite : tout humain qui transite dans les allées du pouvoir devient le satellite des mêmes démons. Le pouvoir corrode et corrompt, d'où qu'il vienne.

    Seule la richesse ciselée d'une solitude, nourrie d'interactions, intellectuelles ou spirituelles, avec ce que le monde produit de meilleur, sera de nature à nous élever. La quête du pouvoir, jamais.

     

    Pascal Décaillet

     

     

    Lien permanent Catégories : Sur le vif 4 commentaires
  • Cyril Aellen, vigile de la saine gestion

    Imprimer

     

    Sur le vif - Jeudi 21.11.19 - 13.47h

     

    Suite au départ de Cyril Aellen, ne restent bientôt plus que des dépensiers, à une ou deux exceptions près, en Commission des Finances. Il y a lieu, pour l'Etat et surtout pour les contribuables, déjà pressés comme des citrons à Genève, de s'en inquiéter. Le député PLR quitte cette Commission, mais Dieu merci demeure au Grand Conseil.

    Partisan absolu de la rigueur, opposé à tout déficit et à toute dette, dans tout budget, quel qu'il soit (personnel, familial, d'entreprise ou d'Etat), détestant l'idée d'être redevable aux usuriers et aux spéculateurs, je tiens, comme citoyen, à remercier vivement Cyril Aellen de son travail au sein de cette Commission.

    Il y fut un vigile de la saine gestion. Puissent ses collègues s'inspirer de son exemple. Et toujours se souvenir que l'argent dépensé est celui des contribuables, donc principalement généré par le travail des gens honnêtes et laborieux, ceux qui constituent la majorité - hélas trop souvent silencieuse - de Genève et surtout de la Suisse.

    Ces gens-là, qui se lèvent le matin pour aller bosser, entretiennent leurs familles, donnent des mois de salaire ou de revenu à l'Etat, n'ont de leçon, dans notre République, à recevoir de personne. Ni de la gauche, ni de la droite de casino.

     

    Pascal Décaillet

     

     

    Lien permanent Catégories : Sur le vif 0 commentaire
  • Trump, trois ans après : amorce d'un bilan

    Imprimer

     

    Sur le vif - Mercredi 20.11.19 - 12.56h

     

    J'avais été l'un des rares, en 2016, à déclarer publiquement que l'élection de Trump me semblait préférable à celle de Mme Clinton. Non que je fusse un fan de l'homme, mais son programme me semblait nettement meilleur, pour son pays et pour le monde, que celui de sa rivale.

    Défendant Trump, je ne roulais pas pour un style, mais pour une philosophie politique : protectionnisme, souci de la cohésion sociale intérieure, contrôle des flux migratoires, volontarisme d'Etat pour relancer l'économie et moderniser les infrastructures. Face à l'extérieur, isolationnisme, retour aux relations bilatérales entre Etats, rejet d'une toile multilatérale qui m'apparaît, depuis toujours, comme totalement vaine.

    Je n'éprouve pour Trump, l'homme Trump, ni sympathie, ni antipathie. On l'avait accusé, pendant la campagne, d'être vulgaire, c'est peut-être vrai, je dis juste que cela m'est indifférent : chez moi, les thèmes priment sur les hommes et les femmes, c'est son programme qui m'intéressait.

    A l'inverse, tout ce que représentait Mme Clinton m'inspirait le rejet. Appartenance à un clan démocrate, proche des faucons et des milieux bellicistes, interventionniste à souhait, toujours prêt à faire rouler la machine guerrière en brandissant au monde le Livre de la Morale. Je n'ai cessé de dire, en 2016, qu'avec Mme Clinton, ce serait la guerre. Avais-je raison ? Impossible de le savoir, puisqu'elle ne fut pas élue : on ne refait pas l'Histoire.

    Mais en parlant de guerre, une chose est sûre : Trump, tout matamore soit-il dans ses postures, ne l'a, aux trois quarts de son (premier ?) mandat, pas faite. Des opérations-marketing, comme envoyer un commando tuer le chef de l'Etat islamique, à l'instar d'Obama / Ben Laden. Des menaces, face à la Corée du Nord. Des prises de position catastrophiques (je n'ai cessé, en trois ans, de les souligner) concernant le Proche-Orient : reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël, aval donné aux colonies installées depuis 1967, isolement de l'Iran, etc.

    Des coups de gueule, des phrases malencontreuses, tout ce qu'on voudra. Mais une vraie guerre frontale, pour l'heure, non. Comparez cela, je vous prie, aux interminables bombardements menés, un peu partout, pendant les huit années de l'ère Obama. Ma crainte, en 2016, était que Mme Clinton, si elle venait à être élue, ne parvînt qu'à empirer, à cause de ses liens avec l'oligarchie militaro-industrielle américaine, ce bellicisme permanent dont les démocrates ont la spécialité.

    Je ne dis évidemment pas que Trump est parfait, et suis le premier à condamner ses déclarations sur la politique étrangère, lorsque je les juge intempestives. Je ne doute pas qu'il soit vulgaire, mal élevé, peu compatible avec les salons dorés de la Côte Est. Mais j'estime, aux trois quarts de son (premier ?) mandat, que bien des aspects de sa politique, notamment en économie intérieure et en protectionnisme, sont dignes d'intérêt, et seront retenus comme tels par l'Histoire.

    J'ignore absolument s'il sera réélu en novembre 2020. Je doute fort qu'il soit destitué. J'invite tout observateur politique à le juger sur les effets de sa politique, en tenant compte de l'économie à l'interne du pays, et non sur son côté Tartarin. Encore moins, comme cela fut fait juste avant son élection par la chroniqueuse d'un journal de révérence, sur la couleur de ses cheveux.

     

    Pascal Décaillet

     

    Lien permanent Catégories : Sur le vif 5 commentaires
  • La Suisse, entre fragilité et rage de survie

    Imprimer

     

    Commentaire publié dans GHI - 20.11.19

     

    C’est un petit miracle que la Suisse. Notre pays n’est pas, comme l’affirme le titre d’un ouvrage de Denis de Rougemont, « L’Histoire d’un peuple heureux ». Non, notre Histoire fut complexe, tortueuse, difficile, nous eûmes encore, par exemple, un conflit sur fond religieux en 1847, le Sonderbund. Et puis, nous eûmes les Guerres de Religion, les grands combats du dix-neuvième siècle, la lutte des classes, la Grève générale de novembre 1918. Les déchirements de l’Europe furent les nôtres. Notre prospérité n’advint vraiment qu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, avec les grandes lois sociales, principalement l’arrivée de l’AVS, en 1948. Notre pays, comme les autres, a souffert. Comme les autres, il a vécu des divisions. S’il est, aujourd’hui, un peuple à peu près « heureux », c’est qu’il a, parfois dans la douleur, réussi à conjurer ses divisions. L’une des clefs de sa réussite, c’est la prise en compte de la fragilité, le respect des uns et des autres, à commencer par celui des équilibres.

     

    La Suisse de 1848, qui émerge au milieu d’une Europe en pleine crise, et se met en place quelques mois après la guerre civile du Sonderbund, construit sa modernité sur le pari des équilibres. Entre cantons protestants, vainqueurs, et cantons catholiques, vaincus (même si les conservateurs devront attendre 1891 pour parvenir au Conseil fédéral). Entre les villes et les campagnes. Entre la plaine et la montagne. 171 ans plus tard, nous Suisses devons constamment avoir à l’esprit cette nécessité de laisser vivre toutes les parties du pays, sans jamais en humilier aucune. Equilibres, aussi, aujourd’hui, entre les générations, entre riches et pauvres, entre consommateurs du numérique et grands oubliés des techniques modernes. Vous me direz que toute société humaine ne survivra qu’au prix d’un souci constant de sa cohésion sociale. Oui, mais en Suisse, pays où les ferments de dispersion sont d’autant plus nocifs qu’ils sont tus, parce que tabous, nous devons y veiller plus que tous les autres.

     

    La première votation à laquelle j’eus l’honneur de participer fut pour dire oui, du fond du cœur, à la création d’un nouveau Canton du Jura. J’avais même, moi qui déteste la rue, distribué des tracts pro-Jura, au Molard ! C’était en septembre 1978, j’avais juste vingt ans, je ressentais l’injustice, le décalage, qu’avaient dû vivre mes compatriotes de cette région de Suisse, à cause de décisions prises en 1815. Je n’éprouvais nulle animosité envers le Canton de Berne, mais il y avait quelque chose à corriger, une justice à restituer, un geste d’amitié confédérale à faire. Le nouveau Canton fut créé, j’en fus infiniment heureux, je n’entrevoyais là ni la victoire des catholiques, ni celle des francophones, mais simplement celle des équilibres fédéraux. Jamais je n’oublierai ce premier vote de ma vie. Je voudrais, au fond de moi, que chaque scrutin ressemble à celui-là. Où chaque fois, en glissant un bulletin dans l’urne, se jouerait non seulement l’enjeu posé, mais en éternel filigrane, le destin même du pays, entre fragilité et rage de survie.

     

    Pascal Décaillet

     

     

     

     

     

     

    Lien permanent Catégories : Commentaires GHI 0 commentaire
  • Colonialisme israélien : la Suisse doit parler

    Imprimer

     

    Sur le vif - Mardi 19.11.19 - 15.17h

     

    C'est un nouveau pas historique franchi par les États-Unis, qui désormais ne reconnaissent plus les colonies israéliennes, issues de l'occupation de 1967, comme contraires au droit international. Position du Département d'Etat qui datait de 1978, sous Carter. En clair, la première puissance du monde, également premier protecteur de l'Etat d'Israël, avalise le fait accompli, à savoir le fait colonial.

    Si l'on ajoute cette décision à d'autres, ces derniers mois, comme la reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d'Israël, véritable gifle aux Palestiniens et à tout processus de paix au Proche-Orient, on voit que Trump pense déjà, très fort, à l'objectif unique, pour lui, d'ici exactement un an : sa réélection.

    A cet effet, il aura besoin non seulement, comme tout candidat à la Maison Blanche, des voix traditionnellement favorables à Israël. Mais il devra bien consolider celles des évangéliques les plus extrêmes, ceux qui puisent dans leur lecture fondamentaliste de la Bible leur soutien à l'Etat hébreu. Cela, en Europe, peut nous sembler surréaliste. Mais ce courant de pensée, aux États-Unis, existe, et il est puissant.

    Nous Européens, membres ou non de l'UE, nous les citoyennes et citoyens de ce vieux continent que nous aimons, exigeons de nos autorités qu'elles tiennent, face à la politique coloniale de l'actuel gouvernement israélien, le langage de fermeté qui s'impose. Reconnaissance d'Israël, oui. Mais, avec une exacte symétrie, reconnaissance du droit des Palestiniens à disposer d'un Etat souverain. Voilà 71ans que dure le calvaire de leur peuple, aggravé depuis 52 ans.

    Tant que les États-Unis, quel que soit le Président, démocrate ou républicain, soutiendront inconditionnellement Israël, y compris dans sa politique coloniale, nul processus de paix ne sera possible. Mais le jour où les pays d'Europe, y compris notre petite Suisse, amie d'Israël et aussi des Palestiniens, clarifieront et unifieront leur message, les fronts pourront bouger.

    En attendant ce jour, il n'est pas interdit à notre Conseil fédéral, sans rien entamer à la neutralité, de dire à Israël les choses avec clarté. Condamner le colonialisme, reconnaître les droits d'un peuple bafoué à disposer de lui-même, c'est honorer sa parole, et semer l'espoir, pour l'avenir.

     

    Pascal Décaillet

     

     

    Lien permanent Catégories : Sur le vif 2 commentaires