Macron n'a de jeune que son âge

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Sur le vif - Dimanche 08.12.19 - 15.29h

 

"Cinq ans de répit pour l'Ancien Monde", titrais-je, ici même, à la minute de l'élection d'Emmanuel Macron, en mai 2017. Je qualifiais d'archaïque un homme jeune, dynamique, intelligent, qui venait de mener une campagne d'enfer, bousculant toute la classe politique française.

Paradoxe ? Non, pas du tout. Macron n'a de jeune que son âge. En réalité, il était, en ce printemps 2017, le candidat d'un ordre libéral, qui, partout en Europe, s'effondre. Soutenu par la haute finance internationale, porté au pouvoir pour la rassurer, il n'a eu de cesse, depuis son élection, de défendre la féodalité cosmopolite contre tout ce qui pouvait lui porter atteinte. Sourd aux cris de justice fiscale des Gilets jaunes, insensible à leur volonté d'établir une forme française de démocratie directe, il a dit non à tout. Moderne dans son apparence, ancestral dans la réalité de son pouvoir.

Il a dit non à la justice fiscale, continuant de surprotéger les puissants, parachevant l'écrasement de la classe moyenne. Il a dit non à la réforme de la démocratie, s'accrochant à un modèle représentatif, avec des corps intermédiaires, qui partout en Europe s'essouffle et s'effondre. En fait, il défend "son" Parlement, entendez la majorité de godillots de son fan's club, élus dans la foulée de son élection. Oh, de Gaulle, oui le grand de Gaulle, avait fait exactement la même chose en 1958, et Mitterrand en 1981. Le Parlement, en France, est Chambre d'obédience, sauf en cohabitation.

Alors, quoi ? Alors, Macron a rendez-vous avec 2022. Là, il aura face à lui la grande coalition des colères. Classes moyennes, étouffées. Citoyens, citoyennes, jamais écoutés. Paysans, moribonds. Petits artisans, méprisés. Travailleurs pauvres, sans avenir. Patriotes, attachés à la nation, ennemis de toute délégation à un empire. Souverainistes, pour qui la fierté nationale a encore un sens. Cette France-là, face à lui, il faudra la juger sur son résultat chiffré, en valeur absolue.

Et lui, face au Commandeur, demeurera-t-il muet ? Tentera-t-il le feu ? Un rendez-vous de destin, où il n'y aura plus ni jeunesse ni vieillesse, ni modernité ni archaïsme. Mais juste la vérité, face à l'Histoire, d'un peuple. Celle, aussi, d'une très grande nation, celle qui, voici 230 ans, donnait à l'Europe une leçon en s'affranchissant de l'Ordre ancien. Puis, l'An II, en versant son sang, sur tous les champs de bataille de l'Europe, face à toutes les coalitions conservatrices, pour affirmer ses valeurs nouvelles.

 

Pascal Décaillet

 

 

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Commentaires

  • Pourquoi croyez-vous que le système cosmopolite lance actuellement à toute vapeur la machine du Grand Remplacement ?

    Il sait que ses structures globales sont en passe de s'effondrer et pour éviter que les structures organiques locales qui existent encore ne se réactivent, il sait qu'il doit les détruire, ou du moins les abîmer profondément et cela de toute urgence. Si le système réussit cette manœuvre, il n'aura alors plus besoin pour survivre et continuer à régner des structures mondialistes actuelles, qu'il a de plus en plus de peine à maintenir, étant donné que le mondialisme économico-métissé aura rempli tous les espaces ethno-nationaux particuliers.

    Notre survie ou notre effacement définitif de l'histoire se jouera sur les deux ou trois générations qui arrivent.

  • Tant que la France ne connaîtra pas la proportionnelle, elle restera un pays en deuil d'une royauté à laquelle elle a pourtant mis fin. Il est vrai que les révolutionnaires adorent les pouvoirs dictatoriaux, ou même les dictateurs. Cela lui permet de jouer éternellement à la Révolution.

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