Quelques mots à propos du PS genevois

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Sur le vif - Mardi 10.12.19 - 10.20h

 

Le socialisme est une grande philosophie politique, je l'ai étudiée à fond, notamment dans son Histoire allemande, suisse et française. De l'Allemand Willy Brandt au Bâlois Hanspeter Tschudi, certains sociaux-démocrates font partie de mon panthéon personnel.

A Genève, le parti socialiste nous a donné deux hommes d’État, André Chavanne (1961-1985) et Christian Grobet (1981-1993). Que l'on partageât ou non leurs options, ces deux-là avaient le format ; le premier, par l'envergure intellectuelle ; le second, par le courage, la puissance de travail, l'intégrité, l'intransigeance.

Le socialisme genevois fait partie, totalement, de notre paysage politique. Il est dans notre Histoire, dans notre présent, sans doute dans notre avenir. Avec les socialistes, je diverge totalement sur certains points (nombre de postes à l’État, fiscalité, etc.), et converge sur d'autres (Caisse unique, Caisse publique, réforme des retraites vers plus de mutualité). Je ne suis assurément pas socialiste, loin de là, mais je les respecte.

A Genève, le socialisme vaut infiniment mieux que ses querelles internes. Comme tout appareil trempant dans le pouvoir, il a ses églises et ses paroisses, ses fidèles et ses infidèles, ses dogmatiques et ses hérétiques, son système de prébendes et de clientélisme, ses hobereaux, ses féodaux, ses fermiers généraux.

Ce qui, de l'intérieur, l'a corrodé, ce ne sont pas les divergences idéologiques, par exemple entre sociaux-démocrates et gauche plus radicale. Non, c'est tout simplement le pouvoir. Oui, cette saloperie de pouvoir qui, toujours et partout, quels que soient les hommes et les femmes, dissout les liens, corrompt les âmes.

Paradoxe : deux personnages de la crise actuelle sont justement des hommes d'une rare qualité. D'abord, le partant, Jean-Charles Rielle, infatigable militant, homme de coeur et d'enthousiasme, doté d'une vivifiante chaleur humaine, et d'un sourire qui dit oui à la vie. Et puis, l'actuel président, Gérard Deshusses. Un homme de sagesse et de culture, un conciliateur. Une envergure intellectuelle et spirituelle dont Genève a besoin.

Je ne suis pas socialiste, mais ne suis pas insensible, non plus, à l'âme des gens. Une idéologie ne sera pas sauvée par la sainte géométrie de ses angles. Mais par la richesse humaine, imparfaite et périssable, mais sublimant la vie, de ceux qui la portent.

 

Pascal Décaillet

 

 

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Commentaires

  • Les socialistes et les verts c'est la même chose ! Egalité pour tout et tous. Rêves impossibles et tyraniques. Un couple uni pour l'instant. Comme leurs élus Carlo S. et Lisa M. La suite va être plus compliquée ...

  • N'ayez crainte, Monsieur Décaillet, ce n'est pas contagieux.

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