Ah, le magnifique préavis !

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Sur le vif - Mercredi 11.12.19 - 15.28h

 

Déposé par les principaux syndicats français, le préavis de grève pour le jour même de l'entrée en fonction du CEVA est extraordinairement révélateur. Il est plus éloquent que tous les discours.

Ce qu'il démontre avec éclat, c'est la pertinence de la frontière entre la Suisse et la France. Nos deux pays sont amis, certes, mais tellement différents dans leurs cultures politiques et sociales !

Jamais, en Suisse, tout au moins depuis novembre 1918, un syndicat ne se serait permis une telle déclaration de guerre : faire la grève le jour même où un projet annoncé comme majeur, historique, par les deux nations concernées, voit le jour.

En France, ce sont les confédérations syndicales qui décident, comme à l'époque héroïque de MM Maire et Séguy. Elles balancent leurs mots d'ordre, il faut suivre.

En Suisse, la Paix du Travail de 1937, ainsi que 171 de fédéralisme, font que chaque rapport syndicat-patronat, y compris dans ses aspects conflictuels, est réglé sur place, en parfaite proximité avec les acteurs.

En Suisse, on s'engage à payer. Et on paye AVANT la fin du chantier. On mise sur la confiance, aussi, le respect des contrats et celui des délais. Pour la France, je vous laisse juger.

Au fond, ce préavis de grève est une excellente chose. Il ouvrira les yeux des gens sur l'extraordinaire différence culturelle entre nos deux pays, dans le monde du travail, du contrat, du partenariat social, et du respect des engagements donnés.

A cet égard, oui, il existe une frontière. Elle est profonde, historiquement ancrée. Les apôtres du Grand Genève, et du transfrontalier, subissent avec ce préavis une défaite cinglante. On fonde une politique sur des réalités, la frontière en est une. Et non sur des chimères.

 

Pascal Décaillet

 

 

Lien permanent Catégories : Sur le vif 7 commentaires

Commentaires

  • Vous écrivez : En Suisse on s'engage à payer, etc. Je constate qu'on paie même pour des travaux réalisés dans la 6ème puissance mondiale puisque la RTS a annoncé que Berne alloue 120 millions pour remettre en état les gares desservies par le Léman-Omnibus et notamment celles de Thonon et La Roche s/Foron !! La Suisse a également payé en totalité la ligne Belfort-Bienne et celle de Delle-Delémont ! Je ne parle même pas du TGV Paris-Genève financé à 80% par notre pays ! Maintenant le département de l'Ain réclame la remise en état de la ligne Bellegarde-Divonne pour amener les frontaliers dans la région de Nyon et uniquement aux frais de la Suisse ! Pourquoi se gêner puisque nous avons des andouilles au pouvoir !

  • Vous avez dit "frontière" ... qu'elle frontière ?

  • Observation très juste!

    Seulement voilà, la Suisse est un pays démocratique ce que n'est pas la France!

    Un projet de loi de cette importance passerait en Suisse devant le peuple d'une manière ou d'une autre. La Fance a un régime bonapartiste qui impose sa volonté contre le peuple. En France le peuple n'est souverain que sur le papier.

  • Le déni de Réel qui tient lieu de conscience à nos (in)décideurs depuis plus de vingt ans est responsable - entre autres choix navrants - de la suppression des frontières, cette absurdité. Franco-suisse de Genève, comme vous je crois à la singularité socio-culturelle et historique de mes deux patries. Aucune décision supra-nationale imprégnée d'européanisme frustré ne parviendra à l'effacer et je m'en réjouis.

  • Dans cinq ans il y aura 150'000 frontaliers (merci au Ceva)
    Les jours de grève SNCF, Genève actionnera son nouveau dispositif d'urgence en cas de pics de pollution atmosphérique. Tout est sous contrôle.

  • Une solution: n'engager que des cheminots domiciliés en Suisse !
    Deuxième solution : aménager une boucle de rebroussement à Chêne-Bourg et garder le CEV chez nous (eh, oui.... il faudra bien ôter le A !)
    3ème solution: des trains automatisés.... on détruit des emplois mais en s'évite des emmerdes et on gagne en efficacité, tout en faisant des économies !

    J'ai un peu de peine pour ceux qui ont certainement organisé des festivités à Annemasse, avec fanfare et discours du Maire, qui risque d'être bien emprunté s'il parle devant une foule clairsemée ou, pire, des manifestants qui brandissent les pancartes.

    Continuez comme ça et la racaille d'Annemasse sera définitivement privée d'accès à Genève ! lol

  • D'une respectable commentatrice, à propos de l'article de Dreuz.info : "La France, otage des communistes" :
    – J’ai pu voir certaines choses de l’intérieur: la méchanceté de ces syndicalistes (surtout CGT) dépasse l’imagination. J’en ai vu jubiler de faire courir des vieillards ou des mamans avec bébés et enfants en bas âge d’un bout à l’autre de la gare, car ils n’affichaient le N° de quai des rares trains qu’à la dernière minute, et de préférence à l’autre bout de la gare parisienne. Et j’ai vu cela dans toutes les gares (je voyageais beaucoup).
    Ce sont des malfaisants, qui se foutent de mettre la France en l’air pour garder des privilèges hallucinants et que personne n’ose mentionner, même pas le Gouvernement. –

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