Le parti de l'étranger

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Sur le vif - 19.12.19 - 08.50h

 

Hallucinant communiqué du PLR suisse qui, face à la montée de l'idée protectionniste en Suisse, parle - c'est même son titre - de "peur irrationnelle de l'étranger".

Il n'y a ni peur, ni absence de raison. Il y a, au sein du peuple suisse, la prise de conscience, parfaitement argumentée et rationnelle, de l'impérieuse nécessité de protéger d'abord les siens. Protections douanières pour éviter l'invasion de produits concurrentiels pour notre agriculture et notre viticulture. Rééquilibrage du marché intérieur par rapport aux exportations. Priorité aux PME de notre pays. Contrôle des flux migratoires, ce qui ne signifie pas fermeture des frontières.

À cela s'ajoute le souci de cohésion sociale et de solidarité. Notre petit pays doit s'occuper de lui-même, quitte à se pavaner un peu moins à l'international. Il doit penser aux siens, à son peuple, en priorité. Il doit réinventer ses assurances sociales, baisser les coûts de son système de santé, à commencer par les primes d'assurance maladie. Il doit redéfinir l'impôt, cesser de ponctionner à ce point le travail. Il doit faire baisser la pression sur les classes moyennes.

Le communiqué du PLR, en parlant de "peur", tente de médicaliser l'adversaire, comme si ce dernier était atteint dans son équilibre mental. J'invite le PLR, parti responsable, à ne pas devenir le parti de l'étranger.

À ne pas devenir le parti étranger aux souffrances et préoccupations du peuple suisse.

 

Pascal Décaillet

 

 

Lien permanent Catégories : Sur le vif 8 commentaires

Commentaires

  • "peur irrationnelle de l'étranger"
    Cela rappelle curieusement (en moins grave, je l'admets, mais la démarche reste la même) l'enfermement des opposants politiques dans des asiles psychiatriques (pour le même genre de raisons bidons) dans l'ancienne URSS.

  • J'ajoute que le même argument (mutatis mutandis) est employé par les islamistes, les employeurs genevois de Français qui font dumping salarial, et ainsi de suite.
    C'est censé tenir lieu d'argument.

  • Le PLR a toujours penser avec son porte-monnaie. Pour lui tout ce qui rentre fait ventre même si cela doit provoquer une gastro au peuple, l'important pour ce parti c'est que les PLR puissent toujours s'approvisionner dans leurs boutiques de bourges. La Suisse souffre de plus en plus d'indigestion de la libre circulations des gens et des biens, mais tant que ça remplis les bourses des PLR , pas de souci !

  • Qu'y a t-il de plus anthropologiquement bas que la droite bourgeoise ?
    Pour cette "droite", les liens collectifs ne relèvent que de la production, nos pays ne sont pour ces gens que des hôtels ou des usines, rien de plus; nous sommes donc pour eux parfaitement interchangeables. Et quant à ce qui relève de l'individu, la droite bourgeoise ne vise jamais plus haut que la bonne gestion des flux intestinaux et des désirs les plus médiocres.


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    Là où elle est arrivée au pouvoir, la bourgeoisie a détruit tous les rapports féodaux, patriarcaux, idylliques. Elle a impitoyablement déchiré la variété bariolée des liens féodaux qui unissaient l'homme à ses supérieurs naturels et n'a laissé subsister d'autre lien entre l'homme et l'homme que l'intérêt tout nu, le dur « paiement comptant ». Elle a noyé dans les eaux glacées du calcul égoïste les frissons sacrés de l'exaltation religieuse, de l'enthousiasme chevaleresque, de la mélancolie sentimentale des petits-bourgeois. Elle a dissous la dignité personnelle dans la valeur d'échange et substitué aux innombrables libertés reconnues par lettres patentes et chèrement acquises la seule liberté sans scrupule du commerce. En un mot, elle a substitué à l'exploitation que voilaient les illusions religieuses et politiques l'exploitation ouverte, cynique, directe et toute crue.
    La bourgeoisie a dépouillé de leur auréole toutes les activités tenues jusqu'ici pour vénérables et considérées avec une piété mêlée de crainte. Elle a transformé le médecin, le juriste, le prêtre, le poète, l'homme de science, en salariés à ses gages.
    Par l’exploitation du marché mondial, la bourgeoisie donne un caractère cosmopolite à la production et à la consommation de tous les pays. Au grand désespoir des réactionnaires, elle a ôté à l’industrie sa base nationale. Les anciennes industries nationales ont été détruites, et le sont encore tous les jours »

    Dans sa répugnante apatridité le libéralisme a attribué à la richesse qui se communique la vertu qu’elle a refusée au sang qui se transmet : sa seule préoccupation est désormais de sauvegarder sa richesse par la libre circulation des capitaux et des êtres humains en détruisant le droit du sang pour le remplacer par le droit du sol, avant l’anéantissement programmé de toute frontière géographique après celle des frontières douanières.
    Karl Marx
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  • Ah et pendant que nos pays gouvernés par des gens "qui n'ont pas peur de l'étranger" vendent à l'encan nos industries et remplissent nos pays de tout ce qui déborde du tiers-monde, un pays "qui a peur de l'étranger" prépare l'énergie de demain:

    https://trustmyscience.com/chine-sur-le-point-allumer-reacteur-fusion-nucleaire-soleil-artificiel/

  • Pour toutes les raisons que vous mentionnez, j'ai arrêté de voter libéral il y a bien longtemps. A voir les résultats des votations, je ne semble pas être le seul à l'avoir fait.

  • Excellenet texte merci Pascal. En peu de mots, tout a été dit.
    Bonnes et belles Fêtes de Noël à vous et à vos lecteurs !
    A. Piller

  • Par définition, un libéral de droite n'est pas "de droite". Par exemple, aux USA, les sénateurs républicains luttent pied à pied contre la politique migratoire du président Trump...

    https://apnews.com/c0240c335a7056c0939ab59a6abdb11d

    ... because le "cheap labor".

    Toujours plus s'engraisser, même programme que nos propres libéraux de droite. Le pays et ses habitants ? Rien à foutre.

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