Sans-culottes

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Commentaire publié dans GHI - 22.01.20

 

On ne me soupçonnera pas d’une sympathie excessive pour Emmanuel Macron : je condamne depuis trois ans tout ce qu’il incarne. Son rapport avec le monde de la grande finance internationale, ce qu’il lui doit. Ses options libérales. Son allégeance à l’Allemagne. Sa foi dans une supranationalité européenne qui fait fi de la souveraineté millénaire de son propre pays. Je suis donc, en profondeur, avec des arguments que je suis prêt à développer pendant des heures, un adversaire de ce Président.

 

Oui, mais voilà. Adversaire de sa politique, pas de l’homme, contre lequel je n’ai rien. Dans le champ public, on combat des idées, pas des personnes. Surtout, on respecte leur vie, leur espace privé, on ne se comporte pas comme des sans-culottes pourchassant l’aristo pour accrocher sa tête au sommet d’une pique. C’est, hélas, ce qu’ont cru bon de faire quelques improbables justiciers de réseaux sociaux, s’en allant traquer le chef de l’Etat français jusque dans un théâtre, où il assistait à la pièce, comme spectateur.

 

Ce comportement de meute, c’est le déni même de la République. C’est le degré zéro de la révolte, celui qui personnalise, stigmatise, voue à la vindicte. Jamais cela, dans un Etat de droit, ne doit être toléré. Non seulement contre le Président, mais contre quiconque ! L’attaque physique, la vindicte, la mise sous pression par une foule constituent des comportements inacceptables. Le combat – légitime – contre les idées de M. Macron mérite mieux que ces attitudes de va-nu-pieds.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

 

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Commentaires

  • "L’attaque physique, la vindicte, la mise sous pression par une foule constituent des comportements inacceptables..."


    De la violence comme ultime moyen d'action...

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Ultima_ratio_regum

    ... moyen qui doit rester ultime, mais qui peut devenir nécessaire.


    Et si l'on considère que le peuple est le véritable souverain:

    "Article 35
    Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs."

    https://www.syti.net/DDH1793.html

  • Cher Monsieur,
    Je suis d’accord avec votre point de vue, toutefois, il faut dire, et cela se doit d’être dit, que ces actions, ces comportements que vous décrivez, ne sont que la conséquence du mépris, et de l’arrogance que leur manifeste ce décidément bien petit Président qui, hélas, joue le pourrissement, dans cette réforme des retraites, tout comme, auparavant, face au mouvement des gilets jaunes.

  • Guy Gilbert, prêtre éducateur des rues, insistait sur le fait qu'il ne faut pas confondre le vol avec la personne qui le commet.

    Ne pas oublier de se demander pourquoi elle a volé.

    On lit non sans stupeur dans la presse qu'Emmanuel Macron n'entend pas ou ne comprend pas la souffrance des classes moyennes et populaires.

    Comment écrire une chose pareille à propos d'un être intelligent…!?

    Sa démarche politique étant ce qu'elle est il va de soi que sa présence dans un théâtre du sixième arrondissement de Paris, populaire, ne peut pas être ressentie autrement que provocatrice.

    La souffrance des "moins que rien", selon Monsieur Macron, n'étant pas imaginaire comment ne pas comprendre, non approuver, mais, par empathie, ressentir la rage, la "haine", selon la presse, qui monte...

    Ensuite il ne s'agirait que d'une "étincelle" pour embraser l'ensemble jusqu'à... une véritable guerre civile.

  • "Dans le champ public, on combat des idées, pas des personnes. Surtout, on respecte leur vie, leur espace privé, on ne se comporte pas comme des sans-culottes pourchassant l’aristo pour accrocher sa tête au sommet d’une pique." Oui, ça c'était une certaine idée de l'Etat de droit, à l'époque où une certaine idée de l'Etat de droit était partagée par une certaine proportion de la population. Mais c'est terminé depuis longtemps. On est depuis longtemps dans le naming and shaming, dans le harcèlement, dans le devoir d'indignation, dans la dénonciation gratuite, la condamnation aveugle, par des gens qui cumulent souvent l'ignorance et la malveillance, d'ailleurs. C'est un processus qui évolue dans la mauvaise direction, depuis un moment déjà, et qui va s'aggraver dans les années à venir. Il n'y a rien en vue pour freiner cette évolution.

  • Il n'a que le juste retour de la manière dont il traite le peuple (et la France) : avec un mépris et une violence inouïs :
    Echantillon 1 :
    https://s14-eu5.startpage.com/cgi-bin/serveimage?url=https%3A%2F%2Fp0.storage.canalblog.com%2F09%2F31%2F1217469%2F125658402.jpeg&sp=b83a771b9c672bf840fef88f277a8254&anticache=669321
    Echantillon 2 :
    https://www.anti-k.org/2019/01/08/certaines-violences-et-les-autres-observatoire-des-violences-policieres/gilets-jaunes-blesses/

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