Le virus et Beethoven

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Commentaire publié dans GHI - 18.03.20

 

Le danger, lorsque nous sommes confrontés à une crise majeure, du type de celle que nous traversons, c’est de la transformer en thème unique, voire obsessionnel, de conversation. Rien ne nous y oblige ! Il faut certes en parler, avec tout le sérieux requis, informer au mieux la population, répondre aux questions des gens, transmettre les consignes. Mais par pitié, rien ne nous interdit de parler d’autre chose !

 

Dimanche soir, après avoir couvert avec mes collègues les élections municipales, j’ai écouté la Missa solemnis, de Beethoven, sur Mezzo. Puis, une extraordinaire interview du chef d’orchestre, René Jacobs, sur les circonstances de l’écriture de cette Messe par l’un des deux ou trois plus grands compositeurs de l’Histoire humaine. C’était d’une précision, d’une érudition musicologique, à couper le souffle. Et ça nous prouvait qu’un grand chef, ça n’est pas seulement des choix de tempo, mais une vie entière de culture musicale.

 

Pourquoi je vous raconte cela ? Parce que Beethoven et René Jacobs, après une journée passée dans le cambouis du concret, m’ont incroyablement lavé l’esprit. Parce qu’il y a le virus, c’est vrai, et qu’il faut en parler, et appliquer les directives. Mais aussi, parce qu’il existe, à côté du virus, avant et après le virus, un homme qui s’appelle Beethoven, cet esprit constamment en mouvement, qui a fait progresser le génie humain à des galaxies de la force de frappe du virus. Alors, s’il faut parler de l’un, parlons aussi de l’autre ! Et nous verrons bien qui gagnera. Bon courage à tous !

 

Pascal Décaillet

 

 

 

 

 

Lien permanent Catégories : Commentaires GHI 7 commentaires

Commentaires

  • Comme tous les vieux, séquestré par un virus immonde dans un appartement mesquin, j'en appelle comme vous à Beethoven pour m'échapper.
    La délivrance arrive à la sixième minute du 2e mouvement du 5e concerto pour piano, où vous avez cette suite magique d’arpèges en demi-tons, qui vous amène à un point culminant où la tension est à son comble, alors que tout semblait avoir été déjà accompli pour vous emmener très haut dès la moitié du premier mouvement.
    Il y a aussi le Largo du Triple Concerto, mais celui-là je le garde pour l'extrême onction.

  • On peut ne pas apprécier ces noms proches Beethoven et virus d'autant plus que Beethoven souffrait d'une très grave et contagieuse maladie appelée "honteuse" car atteignant des personnes dites de mauvaise vie: la syphilis.


    Notre époque se singularise par un manque de respect de la terre, de l'eau, de l'air
    du bien-être d'autrui comme de soi-même

    sans oublier la pensée de Krisnamurti qui affirmait que nous avons fait des mots amour et sexualité ce qu'ils ne sont pas: des synonymes.

  • Je ne partage pas du tout l'enthousiasme de ceux qui pensent que nos autorités ont bien agi

    Des pays comme Singapour et la Corée du Sud sont parvenus à circonscrire la propagation du virus en prenant des mesures INTELLIGENTES et efficaces en proposant en suffisance des moyens de protection et notamment du dépistage à large échelle.

    Ici en Suisse et en Occident, nous sommes pourris par des idéaux qui nous amènent à ne plus pouvoir appeler un chat un chat... ce qui nous enfonce dans le mensonge, la dissimulation, la désinformation.

    L'apparition de ce virus est un implacable révélateur de nos défaillances systémiques. Nous ne sommes même plus capables de mettre en place les moindres petites mesures élémentaires de protection.

    On ne trouve pas de liquides de désinfection (alcool à 70° et autres atomiseurs) pour traiter les surfaces diverses, mobilier, poignées de portes, barrières, boutons, etc...

    Encore moins de gels hydro-alcooliques pour les mains, de gants de protection...

    Plus grave, peu ou pas de kits de dépistage du virus... parce qu'un cartel pharmaceutique les vend à un prix prohibitif, alors qu'en Asie, ça ne coûte que quelques dizaines de dollars.

    Si l'on nous dit que les masques de protection ne sont pas utiles au citoyen lambda et qu'ils doivent uniquement être réservés aux praticiens, c'est parce qu'on en a pas, ou pas assez... Et pourquoi on en a pas ou pas assez ???

    On a pas assez de ces choses élémentaires, parce qu'on ne sait pas quels sont les dangers prioritaires qui nous guettent.

    C'est quand-même fou de devoir buter sur un simple truc en papier avec deux élastiques... De ne pas avoir eu le budget dans la "protection civile" ou "défense nationale" pour stocker quelques centaines de millions de trucs aussi simples que ça.

    Evidemment, pour des chars d'assaut qu'on a emballé sous vide, le pognon était là ! «Ah, ces Russes, depuis trois-quart de siècles qu'ils nous emmerdent...» C'est la seule chose qui fait bander la «colonaille» helvétique...

    NON, Messieurs du Pouvoir, le confinement généralisé (tout le peuple au trou), que vous projetez va engendrer des violences domestiques, des dépressions et des suicides. C'est peut-être ce que vous souhaitez, liquider du monde sans mettre à contribution les infrastructures médicales.

    Je ne suis pas médium, et je ne veux pas foutre la poisse, mais je crains que l'été qui se pointe à l'horizon, risque bien de mettre le feu à quelques-unes de nos forêts les plus sèches, les plus négligées, (les moins nettoyées avec le bénédiction de Pro Natura).

    Lorsque les choses se seront plus ou moins atténuées sur le front de la pandémie, espérons qu'il y aura quelques remises de pendules à l'heure, pour ces carences INADMISSIBLES.

    Le vrai ennemi, c'est l'inaptitude de nos autorités à bien penser et bien agir !

  • Beethoven terrassé, jeune, par la maladie, survit à la maladie. C'est la victoire d'Athènes sur Rome (constatée par Horace - "Graecia capta ferum victorem cepit"), la victoire de l'esprit sur la matière.

    Un beau livre à lire, ou relire, ces temps, pour parler du virus, mais pas seulement: Die Seuche (paru en 1992), de Lukas Hartmann, qui se trouve être l'époux de Simonetta Sommaruga.

  • J'aime votre article, et aussi le commentaire de M. Rabbit. Je me passerais par contre bien de certains autres délires anxiogènes qui n'ont rien à faire ici.

  • Selon Nietzsche, deux grandes forces opposées sont à l’origine de l'art : le Dionysiaque et l'Apollinien. Chez les anciens Grecs, l'esprit tragique permettait d’accepter le monde tel qu’il est, sans espoir d'un au-delà meilleur, par la création de situations terribles et la description de scènes horribles. Une réponse au stress ressenti devant les mystères du monde et les maux qui les accompagnent, et que la jouissance des plaisirs terrestres permettait d’accepter.
    Cette dualité métaphysique présente chez les premiers auteurs classiques Eschyle et Sophocle, disparaît avec Euripide qui fait naître l'optimisme en offrant un idéal au monde, puis plus tard avec Socrate et le triomphe de la rationalité.
    Une tranquillité qui s'installera pour longtemps dans l'esprit des peuples, avant que Sigmund Freud ne vienne à nouveau tout remuer.

  • A choisir... la cinquième symphonie de Beethoven avec ses quatre coups du destin répétés nous invite à nous interroger, comme toujours en cas de grande tragédie

    en l'occurrence ce coronavirus avec la molécule mal connue.

    Les scouts se dirigent parfois par des signes, des flèches, qui leur indiquent le chemin à suivre.

    S'il arrive qu'il n'y ait plus aucun signe ils ont commis une erreur et le plus simples pour ne pas perdre de temps est de retourner jusqu'à l'endroit où se trouvait la dernière flèche repérer le signe ignoré repartir dans le "bon sens" la "bonne direction"!


    La pagaille de ces derniers temps en France invite les Français à retourner au temps du Conseil de la Résistance

    en ne négligeant pas deux points importants

    De Gaulle n'était pas un home de gauche.

    Il était un catholique fervent, certes, mais en aucun cas un "bigot".

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