Le sel du tragique et le sucre de canne

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Sur le vif - Samedi 21.03.20 - 17.06h

 

Dans la crise que nous traversons, une seule entité politique survit : la nation. Chacune d'entre elles, la Suisse, la France, l'Italie, etc., fait ce qu'elle peut, prend les décisions qu'elle croit justes, mobilise les énergies, tente au mieux d'affronter la tempête. Chacune de ces nations, dans le monde, mérite le respect, pour les efforts immenses qu'elle entreprend.

La nation se bat, le multinational a totalement disparu des radars. Un exemple : l'impuissance totale de l'Union européenne à exister dans cette affaire. On ne l'entend plus, ou alors par de sourds borborygmes. Elle ne signifie plus, elle gesticule. Elle ne se singularise plus, elle tente tout au plus de mimer les différentes autorités nationales.

Cette liquéfaction d'instances multilatérales dont on nous promettait le salut, et qui ont littéralement disparu des écrans radar, était prévisible. Mais la célérité avec laquelle elles se sont effondrées dépasse les prévisions des plus pessimistes sur l'opportunité même de leur existence. Face à cette crise sanitaire majeure, l'Union européenne n'existe plus, ne parlons pas de l'ONU, tout ce petit monde a volé en éclats, comme la SDN à la fin des années trente. Ne reste plus que chaque nation, souveraine et combative, pour faire au mieux.

Pour notre part, depuis des décennies, nous n'avons jamais dit autre chose. La seule unité de référence, aujourd'hui, dans laquelle puissent avec efficacité s'organiser la solidarité, la cohésion sociale, la réinvention d'un destin, se situe à l'intérieur des frontières nationales. Le reste, c'est du vent. Du rêve de beau temps. Des discours d'entre-deux-guerres. Du sucre de canne, dans les cocktails de la "Genève internationale".

Il faudra, très vite, en tirer les conséquences. Sur notre politique de sécurité, qui a plus que jamais sa raison d'être. Sur notre souveraineté alimentaire. Sur la relance, puissante, solidaire et patriotique, d'une économie nationale. Pour l'heure, respect des directives, solidarité avec tous, communion avec ceux qui souffrent. Sur ce dernier point, c'est bien l'un des seuls, soyons universels : un humain est un humain, chacun en vaut un autre. C'est du moins là, depuis l'aube de mon enfance, et les valeurs que j'ai reçues, ma vision du monde, et mon credo.

 

Pascal Décaillet

 

Lien permanent Catégories : Sur le vif 2 commentaires

Commentaires

  • "Dans la crise que nous traversons, une seule entité politique survit : la nation..."

    Cette remarque vaut surtout pour les nations qui ont gardé un peuple et pas seulement une "population". La Suisse n'est malheureusement plus dans ce cas. Et si la crise s'accentue, le nationalisme civique montrera bien vite ses limites et son caractère intrinsèquement utopique (il suffit d'ailleurs de suivre l'actualité française sans conditionnement de pensée "universel").

  • Monsieur Décaillet, si vous avez l'esprit ouvert, écoutez un peu ceci...

    https://www.youtube.com/watch?v=8pKKKPkS0kY

    ... sachant qu'en Suisse, c'est à peu près la même chose (violences allogènes exceptées) au niveau de la gestion de l'état (ah, les plantons qui contrôlaient l'entrée en service des soldats sanitaires, sans la moindre mesure de protection, grandiose et à l'aéroport de Genève, c'est certainement encore la fête du slip, les rapatriés, en quarantaine comme en Hongrie ?). Mentionnons que le Portugal a pour projet de contrôler par test l'entier de sa population. Et nous ? Du Dafalgan comme le préconisait encore il y a trois jours l'inénarrable Philippe Leuba ?

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