20/08/2018

PYM : un peu trop pressé !

 

Sur le vif - Lundi 20.08.18 - 11.40h

 

J'éprouve, depuis vingt ans, la plus vive admiration pour Pierre-Yves Maillard, que j'ai nommé "Le meilleur de tous", dans un commentaire, il y a une quinzaine d'années. C'est un homme d'Etat et de conviction.

 

Mais je ne suis pas sûr que dévoiler son aspiration à devenir le premier syndicaliste de Suisse, alors qu'on est encore en poste dans un gouvernement cantonal, soit stratégiquement habile. L'intérêt avoué pour la fonction future sera de nature, qu'on le veuille ou non, à jeter une ombre sur l'action exécutive présente.

 

Être ministre cantonal est une chose. Être le patron de la première centrale syndicale du pays en est une autre. On peut exercer les deux fonctions successivement. Mais évoquer la seconde, alors qu'on est encore en plein dans la première, donne l'impression qu'on regarde déjà ailleurs, ce qui n'est jamais bon.

 

Pascal Décaillet

 

11:51 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (10) | |  Imprimer |  Facebook | |

La parole au peuple !

 

Sur le vif - Lundi 20.08.18 - 05.52h

 

La force du système politique suisse, avec la démocratie directe, c'est le primat des idées sur les personnes.

 

Une initiative, que nous amène-t-elle ? Un thème ! Elle l'exhume de l'indifférence de la classe politique, l'impose au public, charrie pendant des mois un vaste débat national. Chaque citoyenne, chaque citoyen se sent concerné, donne son opinion, argumente. La Suisse, communément, de Chancy à Romanshorn, fédère ses énergies en débattant d'un même sujet. En cela, l'initiative populaire écrit, chaque fois, une page de l'Histoire politique de notre pays. Une page originale, qui appartient au corps électoral entier, et pas seulement aux élus.

 

Dans les élections, nous parlons des personnes. Le centre du débat, ce sont des hommes et des femmes. Pouvons-nous, ou non, leur faire confiance ? On montre leurs visages, sur des affiches. On les choisit, ou non.

 

La politique, ce sont ces deux dimensions-là, les idées et les personnes. Comme des abscisses et des ordonnées.

 

Devant l'Histoire, lorsque l'on considère, avec recul, les mouvements de fond, ce sont les idées qui demeurent, même si les biographies des grands acteurs sont souvent captivantes.

 

La démocratie directe place les idées au centre de tout. Alors que certains de nos grands voisins, comme hélas la France, ne convoquent le peuple aux urnes que pour choisir des personnes. Quand, exceptionnellement, on donne au suffrage universel l'occasion de s'exprimer par référendum, comme en mai 2005 sur le Traité européen, on s'arrange pour ne pas l'écouter.

 

Ce qui, trois fois hélas, fut aussi commis en Suisse, dans l'application du 9 février 2014.

 

La démocratie directe suisse est le fleuron le plus noble de notre système politique. On ne doit la toucher que pour augmenter sa marge d'action. Plus le corps électoral empoigne les vastes sujets qui déterminent le destin national, plus solide et ancrée sera la légitimité des décisions.

 

Pascal Décaillet

 

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19/08/2018

Le grec et l'allemand, soeurs souveraines

 

Sur le vif - Dimanche 19.08.18 - 18.43h

 

La puissance du Romantisme allemand, époustouflante, indéracinable, est de surgir, non d'une lumière céleste, mais des entrailles de la terre.

 

Un bosquet. Une source. Le Neckar ou le Rhin, perçus chez Hölderlin comme des divinités. La force d'aimantation du micro-local, comme dans l'infinie variété des cultes de la Grèce ancienne. Ou chez les Étrusques.

 

Dans ce polythéisme, nulle aspiration à l'universel. À chaque lieu, son culte. Le contraire même des Lumières, cette Aufklärung trop démonstrative et rationnelle, trop géométrique, à laquelle le Sturm und Drang, puis le Romantisme, réagissent si vivement.

 

Cette fascination pour le particulier, les racines, le feu, la terre et l'eau, vous la retrouverez aussi dans l'immense aventure intellectuelle des Frères Grimm, notamment leur extraordinaire Dictionnaire de la langue allemande, qui réhabilite l'infinie variété dialectologique du monde germanophone. Autre point commun avec la langue grecque, à l'époque antique.

 

Celui qui aspire à saisir le fil invisible (le Ring ?) de l'Histoire allemande, doit passer par l'étude de l'évolution de la langue allemande elle-même, de la traduction de la Bible par Martin Luther, en 1522, cet acte exceptionnel d'intelligence et d'affranchissement, jusqu'aux chansons de Brecht et Kurt Weill, aux monologues de Christa Wolf et Heiner Müller.

 

Chez tous ces auteurs, la même fascination pour une matrice : la langue grecque. La grande sœur, sans doute, de la langue allemande.

 

Le grec et l'allemand, sœurs souveraines, indissociables, liées l'une à l'autre. Comme créées, engendrées même, l'une pour l'autre.

 

Pascal Décaillet

 

 

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Mme Merkel et le paravent européen

 

Sur le vif - Dimanche 19.08.18 - 10.03h

 

Dans l'affaire ukrainienne, depuis le début, Angela Merkel ne mène absolument pas une "politique européenne", comme elle le revendique, mais elle défend les intérêts supérieurs de l'Allemagne.

 

Extension de l'influence (économique, notamment) sur les Marches de l'Est, dans un corridor de pénétration parfaitement traçable, en exploitant (comme toujours) les inimitiés naturelles à la Russie. Cela, il y a trois quarts de siècle, se fit, "par d'autres moyens", pour reprendre l'expression si juste de Bismarck.

 

Que la Chancelière allemande défende les intérêts stratégiques de l'Allemagne, à première vue, on pourrait dire : "Après tout, elle est là pour ça". Le problème, c'est qu'elle avance masquée, exactement comme Helmut Kohl, dans les années 90, dans les guerres balkaniques. Elle ne dit pas : "Je mène à l'Est une politique allemande" (je me refuse à utiliser le concept d'Ostpolitik, autrement plus subtil, celui de l'immense Chancelier Willy Brandt). Non, elle ose dire "Je fais tout cela au nom de l'Europe". Et c'est là, oui dans cette duperie intellectuelle et sophistique, l'autre grand scandale (avec l'affaire des migrants en 2015) de l'ère Merkel.

 

Depuis Helmut Kohl et les Balkans (1991-1999), l'Allemagne, sur la scène de l'Europe centrale et orientale, utilise éhontément le paravent européen, le prétexte multilatéral, pour camoufler la réalité de la reconquête d'influences économiques et stratégiques dans des zones parfaitement identifiables dans la continuité de sa politique d'expansion, lancée sous le grand Roi de Prusse Frédéric II (1740-1786), dont la vie et l’œuvre devraient être enseignées obligatoirement dans nos écoles, tellement elles sont fondatrices pour comprendre la suite.

 

L'Allemagne joue sa carte nationale, et nul ne semble s'en émouvoir. Parce que le paravent européen est là pour nous aveugler. Associé à celui de l'OTAN. Bref, le camp du Bien, les gentils. Face aux méchants Russes. Mme Merkel devrait pourtant se méfier de cette politique sournoise. Parce que les Américains ne sont peut-être plus pour longtemps sur un continent européen où ils ont pris pied en 1943 (Italie) et 1944 (Normandie). Et aussi, parce que son paravent européen, criblé de trous, menace de s'effondrer de toutes parts. Le jour où cette construction du mensonge se pulvérisera, la réalité, bien tangible, des intérêts nationaux, laissera, face à face, deux présences stratégiques réelles en Europe. Celle de l'Allemagne. Et celle de la Russie.

 

Pascal Décaillet

 

 

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18/08/2018

Nation, mémoire

 

Sur le vif - Samedi 18.08.18 - 14.33h

 

La nation ne saurait, à mes yeux, constituer un âge d'or, le retour au passé, la nostalgie de ce qui fut et qui n'est plus. Je n'invoque ici ni Valmy, ni Jemappes, même si l'épopée de ces soldats en haillons, seuls contre les têtes couronnées de 1792, m'a toujours infiniment touché.

 

Pour la Suisse, je ne rêve en aucun cas d'un Paradis perdu. Pour la bonne raison que cet Éden n'a jamais existé : mon père (1920-2007) m'a raconté maintes fois l'état économique du Valais dans sa jeunesse, et ses parents à lui, comme ceux de ma mère, nés les quatre aux 19ème siècle (entre 1887 et 1895), avaient encore connu l'ingratitude marécageuse d'un paysage mondialement admiré, aujourd'hui, pour ses murets de vignes.

 

Non, la Suisse n'est en aucun cas "l'Histoire d'un peuple heureux" (titre de l'un des ouvrages de Denis de Rougemont), c'est celle d'un peuple comme un autre, avec la misère économique et agricole, le lent chemin vers l'industrie, l'exode rural, l'exil aux quatre coins du monde. La prospérité de notre pays, bien réelle (mais pas définitive !) aujourd'hui, ne date, au fond, que des années d'après-guerre. Nous n'avons ni à renier notre passé, ni à l'idéaliser.

 

Alors, quoi ? Alors, je crois à l'échelon national, et à sa primauté, à cause de l'immensité symbolique des repères inscrits dans le souvenir collectif, ce que l'historien Pierre Nora appelle "les lieux de mémoire".

 

La mémoire, ça n'est pas la nostalgie. C'est considérer l'état d'un pays dans la profondeur diachronique, celle du champ historique. C'est tenter, à l'exemple de Thucydide, dans sa Guerre du Péloponnèse, d'expliquer le présent par des enchaînements de causes et d'effets. C'est avoir étudié ce qui s'est passé avant nous, pour mieux éclairer le présent.

 

La mémoire, dans un champ plus affectif, mais tellement fondamental, c'est aussi le culte des morts, le souvenir de leur présence terrestre, le lien demeuré intact avec certains d'entre eux.

 

La mémoire, lorsqu'elle est collective, c'est encore la culture partagée au sein d'une communauté humaine, avec des systèmes de valeurs.

 

La mémoire n'est assurément pas là pour paralyser l'action, mais pour la stimuler. Lui donner du sens. L'inscrire dans une continuité. Non par traditionalisme, mais pour exister dans une perspective qui puisse nous dépasser.

 

A mes yeux, à ce jour (rien n'est définitif, je sais), nul échelon, depuis la Révolution française, n'a mieux incarné ces valeurs, ce rapport au périmètre communautaire, que celui de la nation.

 

Une chose est sûre : les conglomérats d'impuissance impersonnelle qu'on a, en Europe, tenté de substituer à la nation, n'ont en rien réussi à fédérer les énergies, capter les cœurs, galvaniser les enthousiasmes, réunir dans une mémoire commune. Pour l'heure, on n'y trouve qu'une armada de fonctionnaires avec tâches de baillis, des forêts de règlements et de directives, et au sommet, une totale inexistence politique.

 

La citoyenneté, la démocratie, c'est à l'intérieur de chaque nation qu'elles existent et s'expriment le mieux. Vous voyez, nulle mystique : juste le cheminement naturel d'une idée. Profondément ancrée, dans ma vision politique, depuis des décennies.

 

Pascal Décaillet

 

 

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17/08/2018

La souveraineté n'est pas une option !

 

Sur le vif - Vendredi 17.08.18 - 17.49h

 

L'indépendance, la souveraineté, ne sont pas des OPTIONS dans la stratégie de survie d'un pays, comme il existe des options à l'achat d'un nouveau véhicule.

 

Vouloir sauvegarder l'indépendance, affirmer la souveraineté d'une communauté humaine définie par un périmètre géographique, mais surtout par le partage ému de la mémoire et des valeurs, n'a rien d'une option ! Rien, non plus, d'un dada pour souverainistes ou conservateurs, que les partisans des conglomérats supranationaux veulent absolument, par les artifices les plus retors du langage, faire passer pour des archaïques.

 

La souveraineté, l'indépendance, loin d'être des options nostalgiques, ne sont rien d'autres que des CONDITIONS SINE QUA NON à l'existence des nations. Si on accepte un suzerain, on s'intègre à un système de dépendance. C'est un choix, celui de l'appartenance à un Empire. Mais ce choix, qui reconnaît des autorités supérieures, ou des figures de tutelle, est très précisément antinomique du choix national. Ce choix de l'intégration à un vaste ensemble n'est pas le mien.

 

Pour ma part, je crois que l'échelon de la nation, apparu avec la Révolution française, n'est pas mort. Il n'est certes pas éternel, rien ne l'est, mais pour un bout de temps, nous y sommes encore. Je crois à la nation souveraine, associée à un système très puissant d'expression du peuple dans les grands choix de destin, associée aussi à des valeurs de fraternité et de partage, et puis d'ambition culturelle. Parce que les communautés humaines ont besoin de lieux de mémoire, de repères, d'institutions choisies par elles, pour exercer avec proximité leur citoyenneté. Dans l'Empire, le citoyen se dilue, il devient sujet de la machine ou de ses fonctionnaires. La nation, pour moi, est indissociable de l'exercice le plus vif et le plus vigilant de la démocratie, directe notamment.

 

De la nation, je ne fais aucune mystique. Je déteste l'idée que l'une d'entre elles, quelconque, se proclame supérieure aux autres. Je milite pour l'égalité de TOUS les humains de la planète, celle du paysan oublié du Sahel, comme celle du décideur de Paris, Londres ou Berlin. Simplement, nous devons respecter, comme des fleurs fragiles, le lien de chaque communauté humaine, dans l'ordre de la mémoire, de l'Histoire et des valeurs. Je ne crois absolument pas à la nation universelle, ni à une quelconque recette cosmopolite, imposée d'en haut, par des Kouchner ou des BHL. Nos pays se sont construits par le bas, chacun selon son chemin, son Histoire, sa spécificité. Il faut se pencher, patiemment, sur chacun de ces cas : la Suisse n'est pas la France, qui n'est pas l'Allemagne, ni la Grande-Bretagne.

 

La perversité sophistique des partisans de l'Empire, ou des géants multilatéraux, consiste à mettre dans le même panier la nation et le nationalisme, et nous faire croire qu'au bout, il y a la guerre. Comme si les Empires n'avaient pas conduit le plus de guerres ! Comme si l'éternelle référence aux années trente devait tenir lieu de toute réflexion, toute imagination, toute appréciation nuancée, différenciée. Nous sommes là dans le champ exact du combat idéologique d'aujourd'hui. La vielle césure droite-gauche n'y tient plus grand place. D'autres paramètres, passionnants, occupent le front, quelque part entre le petit et le grand, la citoyenneté et la sujétion, la volonté de se battre et la résignation.

 

Pascal Décaillet

 

 

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16/08/2018

La Suisse, l'Europe, et la légende du Cid

 

Sur le vif - Jeudi 16.08.18 - 09.58h

 

L'Accord institutionnel : non seulement personne n'y croit, mais personne en vérité n'y a jamais cru !

 

C'est une vaste supercherie, digne d'Orson Welles et de son émission de radio sur l'arrivée des martiens. On se refile l'Accord institutionnel, comme un savon glissant ou une patate chaude.

 

Je me suis longtemps demandé si les mots "Accord institutionnel", qui ont bien dû être prononcés quelque cent mille fois ces cinq dernières années à la RSR, ne font pas l'objet de l'un de ces paris potaches, entre gens de radio, surtout débutants, allez tu me balances le mot "zygomatiques", ou "rhinocéros", dans ton flash, et je te paye une bière.

 

L'Accord institutionnel, personne n'y croit, personne n'y a jamais cru. Même ceux qui nous le brandissent n'y croient pas. Alors, quelle est, sémantiquement, la véritable fonction de ces deux mots ? Réponse : c'est une fonction incantatoire. Il s'agit, pour les partis ayant milité à fond pour la libre circulation, et voyant aujourd'hui que le château de cartes de l'Union européenne s'effondre, de simuler un minimum de fidélité à leurs croisades pro-européennes, tout en sachant très bien que c'est pour la galerie. Parce que ces partis, notamment le premier d'entre eux, fondateur de la Suisse moderne, que je continuerai toujours d'appeler le parti radical, préparent le plan B.

 

Le plan B ? Je vais vous expliquer. Le génie absolu du parti radical, depuis 1848, c'est son œcuménisme idéologique. De nouvelles idées apparaissent ? Il commence par les combattre. Ces idées résistent ? Alors, tout doucement, le parti radical les intègre. Oui, il les pique à leurs parents, comme le coucou dans le nid des autres oiseaux. Il a intégré la protection sociale, la prévoyance vieillesse, il a commencé à se soucier d'environnement, eh bien maintenant je puis vous annoncer que l'idée de souveraineté, d'indépendance, est un concept montant dans cet univers politique.

 

Oh, ils n'en parlent pas encore, il faut laisser mûrir. Mais l'idée d'une Suisse intégrée à la charpente européenne, le grand combat de Jean-Pascal Delamuraz, ce séducteur d'exception, est en chute libre dans la famille politique même de l'ancien conseiller fédéral, que tant d'entre nous ont aimé. Alors, ça commence à sortir, à poindre. Disons que la tyrannie du Commerce extérieur, qui dictait tout de même beaucoup les actes du conseiller fédéral vaudois, n'est peut-être plus aussi prioritaire, dans les consciences, qu'en ce début des années 90, où il fallait bien décartelliser, ce qui fut la grande œuvre de JPD.

 

Les radicaux d'aujourd'hui, ceux avec qui je discute, sont évidemment attachés à l'entreprise et au libre marché. Mais ils commencent à se méfier des mots d'ordre nationaux du grand patronat dans les votations sur la libre circulation, de la toute puissance des multinationales dans certaines économies cantonales. Bref, nombre d'entre eux aspirent à retrouver, dans leur engagement politique, quelque chose de plus fort, de plus instinctif, de plus tellurique, dans leur rapport au pays profond. Ils ne décolèrent pas, en voyant qu'un autre parti, depuis trente ans, s'occupe de ces valeurs-là. L'amour du pays n'appartient ni à la gauche, ni à la droite, ni à aucun parti, mais à l'ensemble des hommes et des femmes saisis, dans le tréfonds de leur intimité, par l'émotion d'appartenance à une communauté humaine, définie par la mémoire et par l'Histoire.

 

Alors voilà, face à ces enjeux-là, qui sont d'instinct et non de la Raison pure des géomètres, vous pensez bien que la vaste supercherie nommée "Accord institutionnel", ce mensonge organisé pour faire, encore une fois, bonne figure européenne aux élections fédérales d'octobre 2019, ne vaut pas un seul kopeck. Tout le monde en est conscient, sans doute même les deux conseillers fédéraux qui se refilent la patate chaude, MM Cassis et Schneider-Ammann. Tout le monde sait la vanité de ce mot. Mais on continue d'en faire usage. Comme dans la légende du Cid, où l'on brandit encore le cadavre du héros, au milieu de la bataille.

 

Pascal Décaillet

 

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15/08/2018

Foutez la paix à Philippe Morel !

 

Commentaire publié dans GHI - Mercredi 15.08.18

 

Il ne s’agit pas ici de nous prononcer sur le litige juridique entre Philippe Morel, l’un de nos plus grands chirurgiens, et l’un de ses patients, c’est une affaire qui les concerne l’un et l’autre. Il arrive souvent que des patients attaquent leur médecin, la justice tranche.

 

Mais il y a, il faut le dire haut et fort, un problème entre Philippe Morel, cet homme brillant, généreux, infatigable, et une armada de gros jaloux sur la place genevoise. Ils passent leur vie couchés, comme au sommet d’une tranchée, en position de tir. Et, dès que l’éminent professeur de médecine, spécialiste des transplantations, et admirable militant pour cette cause en Suisse, pointe un millimètre du haut de sa tête, ils tirent à vue. Ça dure depuis des années. Et franchement, ça commence à bien faire.

 

Qui veut la peau de Philippe Morel ? Pourquoi tant d’animosité envers un tel homme de bien, de dévouement ? D’où viennent les salves ? Perfides rancœurs dans son monde professionnel ? Inimitiés à l’intérieur de son propre camp politique ? En tout cas, une chose est sûre : cet homme mérite mieux que la lie des amertumes humaines. Il mérite notre respect et notre admiration. Laissons-le travailler. Et foutons la paix à Philippe Morel.

 

Pascal Décaillet

 

10:46 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Imprimer |  Facebook | |

14/08/2018

Toucher le fonds

 

Sur le vif - Mardi 14.08.18 - 17.14h

 

C'est amusant, tous ces médias qui ne cessent de nous parler du "fonds de commerce de l'UDC".

 

Pourquoi ne parlent-ils jamais du "fonds de commerce des socialistes" ? Ou des Verts ? Ou du PDC ? Ou du PLR ?

 

Le PLR est pourtant à fond dans le commerce, non ?

 

Pascal Décaillet

 

 

17:57 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Imprimer |  Facebook | |

Horreur du vide

 

Sur le vif - Mardi 14.08.18 - 12.16h

 

Vous n'imaginez pas le nombre de radicaux - je dis bien de radicaux - qui commencent à en avoir plus qu'assez de la quête effrénée d'un "Accord institutionnel" par le Conseil fédéral.

 

Et vous n'imaginez pas, non plus, le nombre de radicaux - oui, de radicaux - qui commencent sérieusement à se poser des questions sur la libre circulation des personnes.

 

Si le Parti radical, cette grande chose, qui a façonné la Suisse moderne, depuis 1848, était resté fidèle à ses valeurs de parti populaire, représentatif de tous, fier et joyeux de ses mille souches, attentif aux paysans, et surtout patriote, défenseur des petits entrepreneurs, de la souveraineté et de l'indépendance du pays, il serait encore, aujourd'hui, le premier parti du pays.

 

Hélas, il a préféré voguer vers d'autres horizons. Quelque part, entre culte du Veau d'or, cosmopolitisme et fatigues patriciennes. Alors, tout naturellement, d'autres ont pris sa place.

 

Pascal Décaillet

 

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Zigomar 1, zigomar 2

 

Sur le vif - Mardi 14.08.18 - 09.20h

 

Les hallucinés du bulbe qui remplacent les mots "père" et "mère" par "parent 1" et "parent 2", font plus pour la Révolution conservatrice que tous les discours, et toutes les plaidoiries.

 

Continuez, mes zigomars, et bonjour le retour de manivelle, d'ici quelques années.

 

Pascal Décaillet

 

14:54 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Imprimer |  Facebook | |

13/08/2018

Les peuples réclameront les nations

 

Sur le vif - Lundi 13.08.18 - 23.08h

 

La dimension multilatérale du monde n'existe tout simplement pas. Elle est juste une vision abstraite, intellectuelle. Une fiction. Il n'y a pas d'Organisation des Nations Unies, pour la bonne raison que les nations de notre planète ne sont pas unies, et que nulle véritable organisation ne les relie entre elles.

 

Ce qu'on nous donne, depuis 1945, 1946, la sortie de la guerre, comme une réalité, à laquelle on a donné le nom "ONU", pour succéder à la catastrophique SDN de l’Entre-deux-guerres, n'existe simplement pas. Tout au plus, comme en Corée au début des années 50, ou au Koweït en 1991, pour servir de paravent planétaire à l'impérialisme américain. Ou alors, comme caisse de résonance, à New York ou Genève, pour d'interminables palabres. Inutiles. Jamais l'ONU n'a contrarié l'ordre de fer des puissants de l'Après-guerre. Ces derniers, au Conseil de sécurité, y ont d'ailleurs leurs pantoufles. Et leur droit de veto.

 

Le multilatéral politique (nous ne parlons pas ici de l'humanitaire) n'existe pas, en tant que tel. Il n'est là que comme couverture, sous un autre nom, pour cautionner l'ordre du monde des grands, à commencer par celui des États-Unis d'Amérique. Promenez-vous dans la Genève internationale : la contiguïté entre la Mission américaine et l'ONU vous saisira.

 

Au contraire de cela, la nation existe. La nation française. La nation allemande. La nation italienne. Etc. Elle a des qualités et défauts, mais elle existe. Elle est palpable, concrète, inscrite dans le temps, gravée dans les strates de la mémoire.

 

La nation existe. Elle est vérifiable. Elle a versé le sang, érigé le marbre et le bronze du souvenir, signé des traités, façonné les frontières, elle a remporté des victoires, subi des défaites. Elle a ses moments d'ombres et de lumières. On les connaît, c'est écrit, on peut toucher.

 

La nation existe. Entre les humains qui la composent, elle a créé, au fil des générations, des heurs et des malheurs, une communauté invisible d'une puissance inouïe, dans l'ordre de la mémoire. Elle a partagé le monde sensible, elle a créé un espace dans lequel tous puissent se reconnaître.

 

Face à la puissance narrative de la nation, celle de Michelet en France, celle de Fichte ou des Frères Grimm en Allemagne, celle de Manzoni et Verdi en Italie, le gentil château de cartes multilatéral des années post-1945 ne régate pas. Il n'a aucune chance. Parce qu'il ne raconte rien, que l'ennui et l'inutile. Il ne produit que le déracinement. Il ne parvient pas à masquer sa totale inféodation aux grandes puissances, principalement les USA.

 

Cette conception désincarnée, celle des BHL et des Kouchner, a fait suffisamment de mal. Nous allons vers des temps où les peuples, fatigués de la grande illusion cosmopolite, exigeront spontanément le retour des patries, celui des frontières, celui des périmètres nationaux. C'est cela, l'un des éléments, parmi d'autres, de la Révolution conservatrice, fraternelle et sociale qui nous attend.

 

Pascal Décaillet

 

 

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On a le droit de critiquer Israël !

 

Sur le vif - Lundi 13.08.18 - 17.33h

 

Si, en traitant Carlo Sommaruga, d'antisémite, le président du PDC suisse fait allusion aux positions du conseiller national genevois sur Gaza, ou sur la politique israélienne de colonisations depuis plus d'un demi-siècle, disons depuis juin 1967, alors Gehrard Pfister est totalement à côté de la plaque.

 

Critiquer la politique israélienne dans les territoires occupés (ou encerclés, et soumis à blocus), ça n'est en rien être antisémite. C'est juste exercer son acuité critique sur les aspects coloniaux de l'un des pays de la planète.

 

Israël est une nation respectable, qui a plein droit à l'existence. Mais ce pays n'a pas à échapper à la critique POLITIQUE sur ses actes.

 

A ma connaissance, jamais le conseiller national Sommaruga n'est allé au-delà de cette dimension critique. Jamais il n'a attaqué le judaïsme en tant que tel.

 

Le raccourci, de la part du chef de l'un des quatre partis gouvernementaux suisses, n'est tout simplement pas acceptable.

 

Pascal Décaillet

 

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Les torturés du sérail

 

Sur le vif - Dimanche 12.08.18 - 22.15h

 

Les partis gouvernementaux, qui appellent le Conseil fédéral à une rupture des négociations avec l'UE, ont parfaitement raison.

 

Notre gouvernement est parti dans la galaxie européenne comme un vaisseau fantôme, dans l'espace, dans un délire sans retour. Le génie de Stanley Kubrick en moins.

 

"L'Accord institutionnel", dada PLR/SSR, fruit des cogitations de quelques torturés du sérail, n'intéresse personne dans les strates profondes de la population suisse.

 

Il faut mettre un terme à ce délire. Et repartir sur les seules bases qui vaillent : souveraineté, indépendance, respect des échelons nationaux, droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Contrôle démocratique systématique des Accords internationaux. Par le suffrage universel.

 

Le pouvoir aux citoyennes et citoyens, pas aux fonctionnaires !

 

"L'Accord institutionnel" avec un conglomérat en liquéfaction, tout le monde s'en fout.

 

Pascal Décaillet

 

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12/08/2018

Combat des idées : le vrai front

 
Sur le vif - Dimanche 12.08.18 - 14.05h
 
A gauche, les journalistes, comme ne cessent de s'en plaindre les anti-gauche professionnels ?
 
Pas du tout !
 
Si seulement nous avions encore une bonne vieille presse de gauche, convaincue et fraternelle. A part quelques louables exceptions, qui tentent de survivre, cette presse est en voie de disparition.
 
La tendance dominante, écrasante même, dans nos médias, ça n'est pas la gauche. Et ça n'est évidemment pas non plus la droite conservatrice, ou anti-libérale, ou nationale.
 
Non, le rouleau compresseur majoritaire, c'est l'idéologie du libre échange, de l'ouverture des frontières, de la libre circulation des personnes, du libéralisme économique sans entraves, et surtout de la vision multilatérale des rapports entre États.
 
Tout, sauf la priorité aux nôtres. Tout, sauf le sentiment de communauté nationale. Surtout ne jamais parler de nation, mot tabou, honni, conspué, vilipendé, immédiatement associé (par un raccourci immonde autant qu'ignare) au nationalisme, en effet condamnable, celui des deux guerres mondiales de la première partie du vingtième siècle.
 
La vraie ligne de front, aujourd'hui, n'est pas vraiment entre la droite et la gauche. Elle se situe quelque part entre protectionnisme et libre échange, relations bilatérales et pieuvres multilatérales, adhésion à des conglomérats supranationaux, purement abstraits, et sentiment d'appartenance communautaire à une aventure commune, celle que depuis un peu plus de deux siècles, autour de la Révolution française, on appelle "nation".
 
Ma position, dans cette dualité antagoniste, vous la connaissez. Tout en souhaitant que mon pays entretienne les meilleures relations, oui les plus fraternelles et ouvertes, avec les peuples du monde, à commencer par ses voisins directs, je prétends qu'il ne pourra rien entreprendre vers l'Autre sans d'abord s'être occupé en profondeur de lui-même. A cet égard, la priorité nationale, loin d'être une coupure, ou une césure, ou un isolement, m'apparaît au contraire comme CONDITION SINE QUA NON de la possibilité d'un chemin vers l'Autre.
 
Chemin que je souhaite. Mais d'abord, il fait se connaître-soi même. Et respecter le périmètre de communauté de destin que l'Histoire nous a défini. Sinon, c'est l'errance, la construction intellectuelle abstraite, l'échafaudage en dehors des réalités.
 
 
Pascal Décaillet
 
 

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11/08/2018

Pas de mégalomanie pour la Suisse !

 

Sur le vif - Samedi 11.08.18 - 05.55h

 

La Suisse n'a rien à faire au Conseil de sécurité de l'ONU. Une telle présence, rêvée par quelques mégalomanes, serait de nature à dévoyer le charme secret de notre petit pays : demeurer l'ami de tous, le lieu de résolution des conflits, influent par sa réserve et sa retenue, et surtout pas un gros gueulard dans la cacophonie multilatérale du monde.

 

Pascal Décaillet

 

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10/08/2018

Soleil noir

 

Sur le vif - Vendredi 10.08.18 - 07.22h

 

Il faudrait, dans la langue, inventer d'autres mots que seulement le mot "noir", qui d'ailleurs est déjà fort beau. Il faudrait pénétrer les nuances de la nuit.

 

Dans le noir, toute sa vie, Pierre Soulages a intensément cherché la lumière. C'est difficile à dire aux gens qui n'ont pas physiquement vu ses tableaux. Nulle reproduction photographique ne restitue l'immédiateté de ce contact, nulle ne la remplace.

 

Face aux noirs de Soulages, l'œil errant du passant est saisi de lumière. Il est pris par la matière. Le goudron, impressionnant. La noix. L'acrylique. Plus le spectateur évolue au milieu des œuvres, plus il regrette la pauvreté de la langue française : le noir, le noir, le noir.

 

Et puis, le corridor des photographies. Pierre Soulages (99 ans le 24 décembre prochain) dans son atelier. L'homme en noir, au milieu de ses outils, de son matériau. Le petit coquillage posé à l'entrée, juste pour dire qu'il travaille.

 

Ici et là, de magnifiques citations du peintre, sur la solitude du spectateur, la quête incessante de la lumière.

 

Bref, allez voir Soulages. C'est à la Fondation Pierre Gianadda, à Martigny. Après le choc du noir, si riche et si nourrissant pour l'œil et pour l'âme, il y a les mille nuances de verts du jardin, où le feuillu de plaine est roi, sous la maternelle présence des montagnes.

 

Sur le chemin du retour, vous branchez Forum. Quelques minutes passionnantes sur la tragédie du glacier de Giétroz, 16 juin 1818, 16.30h, dans ce Val de Bagnes qui m'est si cher. La mort blanche, subite. Déjà, les noirs de Soulages, solaires, éblouissants, commencent à vous manquer.

 

Pascal Décaillet

 

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09/08/2018

Accords de libre échange : quelle légitimité ?

 

Sur le vif - Jeudi 09.08.18 - 12.37h

 

Il convient de lancer en Suisse un vaste débat national sur cette sourde et malicieuse usurpation de pouvoir, dépourvue de toute légitimité populaire, que sont les "Accords de libre échange".

 

Négociés par une diplomatie du Commerce extérieur peu rouée au contrôle politique, composée de fonctionnaires nullement neutres, mais dûment formatés par les matrices du libéralisme économique, ces contrats ne sont pas la chose du peuple, mais l'élaboration d'une machine. Ils sont au service d'une idéologie très précise, plus exactement d'un dogme : le Salut, par le grand bazar du maximum de marchandises circulant à travers la planète.

 

Où est l'éthique ? Où est le respect du Tiers-Monde, je pense par exemple aux producteurs africains de denrées qui leur sont littéralement pillées, au mépris des intérêts locaux ? Où est la protection des travailleurs suisses ? Le Commerce extérieur est-il, dans notre pays, une Arche Sainte, inattaquable ? Le seul rôle de la Confédération doit-il être celui, à tout prix, de "facilitateur" ?

 

Pendant ce temps, nos paysans vivent des heures extraordinairement difficiles. Dans l'indifférence de Berne, à commencer par celle du ministre de tutelle, tétanisé pas l'exportation de machines-outils !

 

Les "Accords de libre échange" devraient systématiquement passer devant le peuple. Ils ne sont en rien techniques, comme on tente de nous le faire croire. Non, ils sont le fruit d'une idéologie, le produit de la petite cuisine d'une batterie de fonctionnaires au service du catéchisme libéral.

 

La politique, la démocratie directe, le corps des citoyennes et citoyens, hommes et femmes libres et vaccinés de notre pays, doivent se réapproprier un univers qui leur a été dérobé, pour être concocté et malaxé en catimini, dans les officines du Commerce extérieur, à Berne.

 

Pascal Décaillet

 

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Syndicats suisses : l'amorce d'un réveil ?

 

Sur le vif - Jeudi 09.08.18 - 06.33h

 

Les syndicats suisses ont parfaitement raison de se montrer intransigeants face à M. Schneider-Ammann sur les mesures d'accompagnement à la libre circulation des personnes.

 

La question fondamentale ne tient pas autour des quatre ou huit jours d'annonce. Non, elle est une stratégie de principe, donc une affaire politique : depuis quand le partenaire d'une négociation annonce-t-il la possibilité d'une concession, avant même d'entrer en discussion ? Nos deux conseillers fédéraux PLR, MM Cassis et Schneider-Ammann, ont-ils perdu la raison ?

 

Sur le fond, ces "mesures d'accompagnement", vaste plaisanterie du début des années 2000 pour faire passer auprès de la gauche le principe ultra-libéral de libre circulation, sont déjà le minimum du minimum - à vrai dire, sous le minimum - pour donner de frêles signaux de protection des travailleurs suisses contre la férocité de l'ouverture des frontières.

 

La réaction des syndicats suisses, bien tardive, constitue peut-être l'amorce du réveil d'une gauche suisse en béatitude internationaliste face au dérèglement systématique de notre cohésion sociale, entrepris par la pensée ultra-libérale, spéculatrice, négatrice d’État et de nation, vassale du profit.

 

Puisse la gauche suisse quitter cette alliance malsaine et insensée avec un courant politique contraire à ses valeurs. Faute de cette rupture de front, elle perdra son âme.

 

Puisse-t-elle retrouver le sens du périmètre national, de la protection des travailleurs suisses, des plus faibles et des plus délaissés à l'intérieur de notre pays. Comme nous l'avons déjà dit ici, si elle renonce à ce combat, d'autres le mèneront pour elle.

 

Pascal Décaillet

 

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06/08/2018

Gauche suisse : le Grand Sommeil

 

Sur le vif - Lundi 06.08.18 - 05.42h

 

Dans notre commentaire "Le sédentaire admirable", nous avons plaidé ici, vendredi dernier, pour un effort de solidarité nationale envers les paysans suisses victimes de sécheresse.

 

Dans cette affaire, nous n'avons pas entendu la gauche.

 

La solidarité, c'est pourtant sa marque de fabrique. La réserve-t-elle exclusivement à l'Autre, au point d'oublier les nôtres ? N'a-t-elle d'yeux que pour le nomade, jusqu'à délaisser le sédentaire ? Ne vit-elle plus que dans le jeu de miroirs de l'univers urbain ?

 

Cette même gauche, qui au début des années 2000 s'est laissé enfiler la libre circulation, en croyant avec tant de candide piété aux "mesures d'accompagnement".

 

Avec une telle gauche, riche d'un sommeil si tranquille, l'ultra-libéralisme, casseur de cohésion sociale, a de belles heures devant lui.

 

Si la gauche suisse ne défend plus le travailleur suisse, le paysan suisse, la famille suisse, les délaissés de notre pays, ceux que la vie a oubliés, alors d'autres s'en occuperont. Dans une radicalité plus affirmée. À gauche. Ou à droite.

 

Pascal Décaillet

 

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