04/11/2017

L'Empire des Gentils

 

Sur le vif - Samedi 04.11.17 - 18.30h

 

Magnifique mise en oeuvre, hégélienne, de la pensée dialectique, à Forum, qui vient d'organiser un débat (dont je vous laisse imaginer toute la charge de dynamite contradictoire), entre :

 

* Une féministe femme.

* Un féministe homme.

 

Le féministe homme, encore plus féministe que la féministe femme, a été très gentil avec la féministe femme.

 

La féministe femme a été, également, très gentille avec le gentil féministe homme.

 

Je gage qu'en régie, l'ingénieur du son et le réalisateur, l'un et l'autre très gentils, étaient... féministes.

 

 

Pascal Décaillet

 

19:00 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Imprimer |  Facebook | |

Eh oui, l'avocat défend l'accusé !

 

Sur le vif - Samedi 04.11.17 - 11.39h

 

Dans tout procès, il y a un accusé. Sinon, il n'y aurait pas de procès. Et tout accusé a droit à un avocat. Et le rôle de l'avocat est de défendre l'accusé. Pour défendre les plaignants, il y a la partie civile. Pour défendre la société, il y a le procureur général. Pour statuer, il y a les juges.

 

Tout accusé, quel que soit son crime, a droit à un avocat. Et la parole de la défense, toujours et partout, doit être entendue à égalité avec celle de l'accusation. Ensuite, les juges tranchent. C'est cela, un État de droit.

 

Tout accusé a droit à un avocat. Et il est parfaitement normal que l'avocat, quel que soit le grief à l'encontre de son client, mette toute sa fougue, tout son talent, toute sa rhétorique au service de la défense. Côté partie civile, côté procureur, on ne se gêne pas de le faire, non plus.

 

Dans ces conditions, les actes de meute d'une certaine opinion publique contre un avocat, sous le seul prétexte qu'il a accepté de défendre un client, ou parce qu'il assume à fond les devoirs de cette défense, constituent des violations flagrantes de l’État de droit. Ils ne méritent ni complicité, ni indulgence.

 

Pour être parfaitement clair, Me Dupond-Moretti est totalement dans son rôle lorsqu'il défend son client. On peut haïr ce client, lui souhaiter le pire. Mais en aucun cas, on ne peut reprocher à l'avocat d'assumer la mission qui est la sienne.

 

Pascal Décaillet

 

 

11:59 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Imprimer |  Facebook | |

03/11/2017

L'agriculture, mère nourricière

 

Sur le vif - Vendredi 03.11.17 - 18.26h

 

18.26h - J'apprécie Philippe Nantermod, mais ses théories ultra-libérales sur l'agriculture ne tiennent pas la route.

 

Par exemple, oser affirmer (en reprenant bien sagement la vieille antienne des mondialistes dérégulateurs) que l'ouverture des marchés aurait fait avancer certains pays du Tiers-Monde.

 

En enrichissant qui ? Les producteurs, sur place ? Ou plutôt, les intermédiaires ? Ou encore, les spéculateurs sur le cours des denrées alimentaires ?

 

Les paysans du Sahel, les planteurs de cacao en Afrique tropicale ou équatoriale, les agriculteurs de montagne colombiens apprécieront.

 

Non, Philippe. L'agriculture n'est pas une activité économique comme une autre. Elle respire avec la Terre. Elle exige un respect profond de l'environnement, domaine dans lequel la Suisse a d'ailleurs accompli d'immenses progrès. Elle est maternelle et nourricière.

 

C'est un secteur d'intérêt public. Chaque nation a le droit - et même le devoir - d'élaborer une politique agricole au service de tous, avec rôle régulateur de l'Etat.

 

L'agriculture ne sera jamais libérale.

 

Pascal Décaillet

 

18:43 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Imprimer |  Facebook | |

Quand la meute s'adresse à la proie

 

Sur le vif - Vendredi 03.11.17 - 14.16h

 

"Lettre ouverte à Tariq Ramadan". Signée par l'un de mes confrères. Pour bien l'enfoncer, encore un peu plus.

 

Quel courage ! Bien achever de taper sur un homme déjà à terre, conspué de partout.

 

On aurait pu imaginer une "lettre ouverte" à la meute. C'est juste un peu plus inconfortable, parce qu'on prend les coups de la meute, dans la foulée. Et, dans le climat d'exécution qui règne ces temps, ils sont violents.

 

Mais non, voilà une bien sage, bien convenable "lettre ouverte", de l'un de la meute, aimablement envoyée à... la proie de la meute. Tandis que retentit la Marche de Saint Hubert, et que hurlent les chiens, on a la délicate attention de se fendre d'une missive. A destination du gibier.

 

Le type a la fureur du monde contre lui, à tort ou à raison (je ne me prononce pas sur le fond). Et, en plus de cette unanime réprobation, au moment où il gît dans la glaise, on trouve en soi la suprême témérité de lui adresser une "lettre ouverte".

 

Quel courage, oui !

 

Pascal Décaillet

 

14:53 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer |  Facebook | |

02/11/2017

La Palestine, ça existe, M. Garaï !

 

Sur le vif - Jeudi 02.11.17 - 07.37h

 

RSR - Je comprends mal qu'un homme de l'intelligence et de la spiritualité de Francois Garaï, Rabbin de la Communauté juive libérale de Genève, se laisse entraîner à ce point dans une discussion politique sur Israël, la Palestine, la Déclaration Balfour (100 ans aujourd'hui), le statut de Jérusalem, bref le frottement temporel et géostratégique du Proche-Orient.

 

D'autant que M. Garaï va très loin dans l'implication politique : ses déclarations sur l'attitude "victimaire" du monde arabe, palestinien notamment, pourraient laisser pantois plus d'un auditeur. Bref, cette interview provoque un sentiment de gêne. Et le mot est mesuré.

 

Faut-il rappeler à M. Garaï le demi-siècle d'occupation, ou d'autonomie de façade, qu'ont vécu, depuis 1967, les Palestiniens, la situation à Gaza, en Cisjordanie, à Jérusalem-Est ? D'un homme de son rayonnement spirituel, on était en droit d'attendre davantage d'ouverture vers l'Autre. Et un peu moins d'alignement sur l'Israël politique.

 

Pascal Décaillet

 

16:25 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Imprimer |  Facebook | |

01/11/2017

Destin commun

 

Sur le vif - Mercredi 01-11-17 - 04.11h

 

Le socialisme, un dogme ? Je veux bien. Mais pas plus, au fond, que le libéralisme, avec sa sanctification du marché, son rejet de l'État, son indifférence aux solidarités, son obsession de la réussite individuelle.

 

Le socialisme a échoué ? Je veux bien.

 

Le libéralisme aussi.

 

Toute ma vie, j'ai été partisan d'une troisième voie. Conservatrice, sociale, humaniste. Dans l'ordre politique, elle passe par un État fort. Régulateur, solidaire, imaginatif, redistributeur.

 

Un État, non comme Providence. Mais comme construction commune, jamais acquise, toujours recommencée, dans des territoires délimités par des frontières. Avec des lois, une puissante participation du peuple pour les créer, une mémoire partagée, mais aussi des émotions, des valeurs communes.

 

Cela ne passe pas par une universalité planétaire, abstraite. Mais par l'horizon délimité d'un destin commun.

 

En allemand, cela s'appelle Gemeinschaft. En traduction libre, je parlerais d'un trésor et d'une émotion partagés.

 

Les universalistes ne peuvent rien entendre à cela. Je les laisse à leurs Lumières blafardes. À la glaciale surdité de leurs géométries.

 

Pascal Décaillet

 

08:41 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Imprimer |  Facebook | |

31/10/2017

Présomption d'innocence

 

Sur le vif - Mardi 31.10.17 - 12.36h

 

Bon, je ne vais pas me faire des amis, tant pis, j'ai l'habitude.

 

J'affirme ici que la curée contre Tariq Ramadan me donne la nausée. Une fois de plus, un climat de meute, qui n'a rien à voir avec la justice.

 

On attaque un homme sur ses idées. Dans ce domaine, face à Tariq Ramadan, il y a du grain à moudre, j'en conviens.

 

Mais profiter de possibles ennuis judiciaires (je ne me prononce pas sur les affaires, évidemment) pour lui tomber dessus avec une telle vioence, c'est franchement dégueulasse. C'est petit. C'est lâche.

 

Des plaintes ont été déposées ? Eh bien, il y a une catégorie de gens pour s'en occuper. Ça s'appelle des juges. Les affaires doivent être instruites en bonne et due forme, et le cas échéant passer un justice. Cela appartient au monde judiciaire.

 

En attendant, il y a présomption d'innocence. Cela a toujours été ma règle absolue. Cela vaut pour Tariq Ramadan, comme pour n'importe qui.

 

Plus que jamais je hais la meute, l'esprit d'épuration et d'exécution. La dignité de notre débat public mérite mieux.

 

Pascal Décaillet

 

12:48 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (19) | |  Imprimer |  Facebook | |

30/10/2017

La Lumière, les damnés

 

Sur le vif - Lundi 30.10.17 - 09.25h

 

Apocalyptique édito de la RSR, ce matin, qui nous présente les Jeux Olympiques 2026 comme la voie du progrès et de la Lumière (on se serait cru dans la Flûte enchantée), et les sceptiques ou opposants comme d'obscurs ronchons du repli. Des croûteux, noircis d'archaïsmes. D'un côté, la Suisse d'Ogi, de l'autre celle de Blocher. La Suisse de l'Ange, celle de la Bête. Le pays des cimes, celui de l'abîme.

 

Le moment d'acmé de cette Eschatologie : celui où l'éditorialiste, toute sonore encore, sans doute, de sa transcendante conversation d'hier soir (Forum) avec Pierre Maudet, compare la bataille autour de ces Jeux avec celle... du 9 février 2014 ! Avec le traditionnel antagonisme entre la céleste géométrie de l'ouverture et le chaotique fracas de ceux qui, terrés dans leurs racines, oseraient le non. "Ich bin der Geist, der stets verneint" !

 

L'auteur de l'édito doit, toutes affaires cessantes, postuler comme cheffe des éclairages de l'Internationale PLR. Un job planétaire. Avec vue sur la Lune.

 

Les damnés de la terre voteront pour elle.

 

Pascal Décaillet

 

12:05 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Imprimer |  Facebook | |

29/10/2017

Inquisition 2017

le-pilori-coutumes-de-toulouse-1296-bnf-temple-de-paris.jpg 

Sur le vif - Dimanche 29.10.17 - 15.47h

 

Les allumés du caniveau, les délateurs en tous genres, les excités du pilori, les hallucinés de la capture d'écran, les hygiénistes, les Savonarole de la morale, tout ce petit monde, qui jouit à arpenter l'espace public à la recherche du moindre dérapage, me donne la nausée.

 

Dénoncer. Capturer. Offrir au public, sur l'estrade. Autodafé. Mise à l'index. L'Inquisition ? Non, Monsieur : la société suisse de fin 2017.

 

Si nous suivons ces surexcités de la chasse aux sorcières, si nous les laissons faire, nous nous acheminons vers un monde de délation généralisée.

 

Vous pouvez prendre tous mes textes, depuis toujours. Nulle trace de racisme. Pas la moindre, jamais.

 

Mais désolé, l'appel à la curée, le marquage au fer rouge d'un nom par la honte, "Name and Shame", ce climat de dénonciations et d'épuration, je ne veux pas être le dernier à le nommer, pour ce qu'il est.

 

Je l'affirme donc très clairement : la dernière trouvaille de la LICRA ne résoudra rien dans le combat que mène cette Ligue contre le racisme. Au contraire, elle l'envenimera. Elle radicalisera les positions. Elle murera la parole dans un silence dangereux.

 

Elle ira, très exactement, à fins contraires des buts recherchés.

 

Pascal Décaillet

 

15:47 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Imprimer |  Facebook | |

27/10/2017

La meute de la 25ème heure

 

Sur le vif - Vendredi 27.10.17 - 12.09h

 

Les gens qui abusent de leur pouvoir - je parle ici dans l'ordre politique - c'est du temps de leur pouvoir qu'il faut les dénoncer. Du temps de leurs abus. Du temps de leur toute puissance, de leur arrogance, avec leurs réseaux, leurs séides, leurs affidés, leurs lieutenants, leurs commis de basses œuvres.

 

Oui, c'est pendant qu'ils commettent leurs abus, pendant qu'ils incarnent le pouvoir en majesté, dans le parfum d'excrément de leur superbe, qu'il faut les dénoncer.

 

Mais tomber sur eux, avec la meute, alors qu'ils déclinent, et que déjà se parsèment les rangs de leurs partisans, non merci. Par pour moi.

 

Pour la meute, oui. L'odieuse meute de la 25ème heure. Mais désolé, pas pour moi.

 

Pascal Décaillet

 

14:38 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Imprimer |  Facebook | |

18/10/2017

Rémy, François, les crises en thème


teaserbreit.jpg

Sur le vif - Mercredi 18.10.17 - 14.56h

 

Au risque de froisser une partie de mon lectorat, notamment la délicieuse DRG (droite revancharde en Ville de Genève), j'affirme ici que la "procédure disciplinaire" annoncée tout à l'heure par le Conseil d’État, à l'encontre de Rémy Pagani, frise le ridicule.

 

D'abord, le système ne va pas. Il faut le changer. Au nom de son "autorité de tutelle", qui en passant nie le statut premier de la Commune dans l'Histoire suisse et fleure le jacobinisme importé entre 1798 et 1813, le Conseil d’État jouit, de toutes ses fibres, lorsqu'il peut taper sur les doigts d'un Conseiller administratif, de surcroît un Maire. Les membres du Conseil d'Etat sont tous issus d'un parti politique. Le Président provient du parti qui, en Ville, veut le plus la peau de M. Pagani. On a beau dire qu'il s'efforcera d'être neutre. On a des doutes.

 

De Veyrier à la Ville de Genève, rien de plus détestable, dans le système actuel, que ces leçons de politique du gouvernement cantonal à celui d'une Commune. Vous me direz que c'est le système, justement, il est en vigueur, on ne change pas les règles du jeu en cours. C'est vrai. Mais il faut voir comme on l'applique. Sous les apparences de neutralité, quels règlements de comptes politiques ? Car il s'agit bien d'élus, tous teintés d'une certaine couleur, qui statuent sur un autre élu, également teinté. Ça n'est, tout simplement, pas sérieux.

 

Seul avantage de ce système : occuper un peu le Président du gouvernement cantonal, entre deux inaugurations de crises en thème et deux cocktails avec la Genève internationâââle.

 

Voilà. J'ai dit. J'ai sans doute déplu. Je ne retrancherai pas une virgule.

 

Pascal Décaillet

 

15:11 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Imprimer |  Facebook | |

17/10/2017

Et si Gavroche était notaire...

 

Sur le pouce - Mardi 17.10.17 - 12.00h

 

Les socialistes déposent une motion pour faire baisser les tarifs des notaires.

 

Selon nos informations, d'autres textes du PS sont en préparation, concernant :

 

1) La baisse du cours de l'esturgeon.

2) La baisse des primes RC pour véhicules 4/4 neufs.

3) La baisse du prix des places de voiliers dans le Petit-Lac.

4) La baisse des taxes sur l'envol de jets privés en dehors des heures d'ouverture de l'aéroport.

5) La baisse du taux de mercure dans les vernis de luxe utilisés chez les manucures de la Vieille Ville.

6) Une réduction sur l'achat de l'oeuvre complète d’Émile Zola, reliée or.

7) La carte d'adhésion au PS.

 

Je vous laisse. J'ai ma partie de chasse.

 

Pascal Décaillet

 

12:25 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Imprimer |  Facebook | |

16/10/2017

Autriche : merci Angela !

 

Sur le vif - Lundi 16.10.17 - 08.20h

 

Ce qui se passe en Autriche n'est rien d'autre que la conséquence de la politique migratoire insensée menée, il y a deux ans, par le grand voisin du Nord, l'Allemagne de Mme Merkel.

 

En créant une politique d'incroyable aspiration des flux migratoires, la Chancelière a multiplié les dizaines de milliers de migrants transitant par l'Autriche : il n'y a pas 36 lieux de passage pour pénétrer sur sol allemand, quand on provient des couloirs balkaniques !

 

Mme Merkel est la cause directe de la montée du Parti de la Liberté en Autriche, qui sera sans doute dans la coalition de gouvernement avec le jeune vainqueur conservateur. Tout comme elle est la cause directe, nous l'avons déjà souligné ici, de l'ascension de l'AfD, dans son propre pays.

 

Sa politique hallucinante d'ouverture des frontières en 2015 constitue, nous ne cessons de le répéter depuis deux ans, l'une des grandes fautes politiques de l’Histoire allemande, depuis 1945.

 

Pascal Décaillet

 

11:41 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Imprimer |  Facebook | |

15/10/2017

Trump et l'Iran : une faute majeure

donald-trump-iran-deal-c.jpg 
 
 
Sur le vif - Dimanche 15.10.17 - 14.38h
 
 
Il est très clair que Donald Trump, en traitant l'Accord sur le nucléaire iranien comme il le fait, commet une erreur politique majeure, sans doute même une faute.
 
 
En huit ans d'une Présidence d'une rare inactivité sur le plan de la politique étrangère, et assurément inexistante sur le terrain du Proche et du Moyen-Orient, son prédécesseur, M. Obama, avait tout de même obtenu deux succès diplomatiques de taille : Cuba et, justement, l'Iran. On pouvait se prendre à espérer que, plus de 35 ans après la Révolution islamique, cet incontournable acteur de la scène politique du Moyen-Orient reprît la place qui doit être la sienne sur la scène des nations.
 
 
En dénonçant l'Accord nucléaire, vraie percée, porteuse d'espoir, à quels champs d'influence internes à la politique américaine, à quels lobbys de son propre pays Donald Trump cherche-t-il à donner des gages ?
 
 
Veut-il la guerre avec l'Iran ? Après deux décennies d'échecs totaux de ses prédécesseurs dans leurs tentatives de s'ingérer dans l'Orient compliqué, en l'espèce dans le monde arabe, veut-il retourner maintenant les armes contre la vieille civilisation perse, arbitre séculaire, millénaire, des équilibres de la région ?
 
 
A ce monde, que peuvent comprendre les États-Unis d'Amérique ? Qu'ont apporté ses prédécesseurs, MM Obama, Bush Junior, Clinton, Bush Senior, si ce n'est au mieux de l'impuissance, au pire des torrents de sang et de larmes ? Ne faut-il pas remonter à Richard Nixon, et son Secrétaire d’État Kissinger, pour trouver un peu de cohérence et de compétence dans l'ambition politique sur la scène du Proche et du Moyen-Orient ? Et si, justement, certains lobbys américains l'avaient fait payer très cher à Nixon, cette politique-là, en suragitant en 1974 l'aubaine du Watergate ?
 
 
En élisant Donald Trump plutôt que Mme Clinton, les Américains ont au moins évité de sombrer dans le bellicisme et le tout-aux-marchands d'armes. Cela, tout au moins, était porteur d'espoir. Mais là, avec ce comportement de va-t-en-guerre face à Téhéran, là où il faudrait justement laisser donner les subtilités de la diplomatie, Trump se fourvoie.
 
 
Reste à établir à quelles sirènes, dans son propre pays, il a cédé.
 
 
Pascal Décaillet
 
 

14:38 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer |  Facebook | |

13/10/2017

Les translucides de la 25ème heure

 

Sur le vif - Vendredi 13.10.17 - 10.34h

 

Les puissants éditorialistes qui, enfin cet automne, commencent à appréhender la vraie personnalité - profondément autocratique, orléaniste, arrogante - d'Emmanuel Macron, que faisaient-ils ce printemps, au moment de l'élection ? Ils n'étaient que louanges et pâmoison face à la jeunesse, la beauté, la capacité de séduction de l'homme providentiel.

 

Ces translucides de la 25ème heure ont toujours trois guerres de retard. Macron, avec un peu de jugement politique, avec les outils de l'analyse du discours, du scepticisme et de l'Histoire, il était parfaitement possible de discerner son être réel en pleine Blitzkrieg de sa candidature. Encore fallait-il le vouloir. Accepter le contre-courant. Décrypter au-delà des apparences.

 

Ce qui perd le métier, c'est le métier lui-même.

 

Pascal Décaillet

 

15:13 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer |  Facebook | |

09/10/2017

Tous copains ? - Non, merci !

 

Sur le vif - Lundi 09.10.17 - 11.29h

 

Après avoir profondément méprisé les radios et TV privées, se rendant du coup aveugle au remarquable travail de proximité de ces dernières, voilà que la SSR ne jure plus que par la collaboration, la synergie. Tous copains !

 

Face au danger suprême, tous seraient, tout à coup, dans le même bateau. Face à No Billag, il faudrait impérativement, sous peine de mort pour tous, faire front commun. Ne surtout rien laisser perler qui puisse indiquer une divergence, une concurrence (dans l'ancrage sur un terrain, par exemple, la proximité avec les gens). Désormais, tous copains !

 

Pendant ses longues décennies de vaches grasses, où l'argent coulait comme le lait et le miel, la SSR prenait d'incroyablement haut les radios et TV privées de notre pays. Que Léman Bleu à Genève, Canal 9 en Valais, la Télé pour Vaud-Fribourg, etc. pour les autres cantons, au prix d'efforts inimaginables en comparaison des moyens, aient réussi à se hisser à un niveau local d'information estimable, et d'animation citoyenne vivante, la SSR, toute à soi, omettait d'en prendre acte. Et aujourd'hui, alors qu'elle est en danger, elle va quémander des alliés que, hier encore, elle piétinait d'indifférence.

 

Face à l'incroyable vulgarité de ces appels du pied, face à cette fraternité de la 25ème heure, chaque entreprise de médias, chaque chaîne, est parfaitement libre de réagir comme elle l'entend. Je ne juge personne, surtout pas un entrepreneur qui doit prendre des responsabilités de survie. Je puis comprendre qu'on dise oui, et espérer que certains disent non.

 

Quant à moi, petit entrepreneur totalement indépendant depuis bientôt douze ans, entretenant les meilleures relations, de respect et d'amitié, avec les entreprises qui veulent bien me confier des mandats, j'ai simplement l'habitude, en homme libre, de dire ce que je pense.

 

C'est, ici, chose faite.

 

Pascal Décaillet

 

11:51 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Imprimer |  Facebook | |

08/10/2017

Ministre de la propagande

 

Sur le vif - Dimanche 08.10.17 - 09.50h

 

Entré en fonction il y a juste une semaine, le nouveau directeur de la SSR frappe par son omniprésence dans les médias. On ne voit et n'entend que lui. Le discours, comme un rouleau compresseur, est et sera toujours le même : il faut refuser "No Billag", il n'y a pas de plan B.

 

Le récepteur du message est prié de prendre acte, sèchement et sans s'attarder à la disputatio, de cette obligation morale. La citoyenne, le citoyen, est appelé à voter juste, l'option contraire nous précipitant dans un "désert médiatique". La SSR, ou le chaos. Le tout, ou le rien. Le cosmos, ou le néant.

 

Rendons tout de même hommage à Gilles Marchand : cette Blitzkrieg médiatique permet au Mammouth de réaliser une petite économie. En fondant deux postes en un seul : celui de directeur général de la SSR et celui de ministre de la propagande de la SSR.

 

Pascal Décaillet

 

14:28 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Imprimer |  Facebook | |

02/10/2017

Extase biblique

 

Sur le vif - Lundi 02.10.17 - 16.02h

 

Pour résumer d'un mot, tiré du Livre de Josué, le bilan des autorités sur les trois journées que nous venons de vivre, notamment celle de vendredi, nous dirons que Genève, où tout n'est qu'ordre et beauté, et où coulent le lait et le miel, c'est le Pays de Kanaan.

 

Pascal Décaillet

 

16:51 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer |  Facebook | |

01/10/2017

Robert Ducret : chaleur et lumière

624 

Sur le vif - Dimanche 01.10.17 - 16.48h

 

Robert Ducret : pour moi, quarante ans de souvenirs politiques à Genève. La mémoire d’un homme magnifique, simple, convivial. L’éternité d’un sourire. Le regard combattant et malicieux, sous la paupière complexe. La saveur d’un humain, chez qui le contact personnel précédait toute chose : les idéologies, les formats de pensée préconçus. Un instinct politique rare. Je n’ai jamais caché qu’il m’a toujours fait penser à l’autre grand homme suisse dont j’ai la nostalgie : Jean-Pascal Delamuraz, son ami, mais aussi son rival vainqueur dans la course au Conseil fédéral, le 7 décembre 1983. Le jour de la non-élection de Lilian Uchtenhagen.

 

« Il y en a qui sont de la gauche caviar, pour ma part je suis plutôt radical cassoulet », m’avait lancé Pascal Couchepin, un jour de 1991, alors qu’il présidait le groupe radical des Chambres fédérales. Cassoulet ! Quelque part, oui, entre Berne et Toulouse, au-delà de Denges et Denezy, dans les ultimes sursauts de l’Arve avant ses noces avec le Rhône, il y a une cité, de magie et d’Histoire mêlées, qu’on appelle Carouge. Les rois de Sardaigne y sont chez eux, les maisons y sont basses et belles, on se croirait ailleurs. Pour comprendre Robert Ducret, il faut avoir passé un peu de temps à Carouge : il y a fait toute sa vie, neuf décennies (1927-2017) d’action, d’engagement, de passion citoyenne. A tous les échelons de notre pays : conseiller municipal dès 1955, député dès 1965, conseiller d’État dès 1977, conseiller aux États dès 1983. Contre Delamuraz, qui avait construit sa candidature depuis des années, il n’avait aucune chance. Mais, je le dis sans hésiter : s’il avait été élu, il aurait été, tout comme le Vaudois, un grand conseiller fédéral.

 

Ces vingt dernières années, autant à Forum (RSR) qu’à Genève à chaud (lancée en septembre 2006), il m’a fait si souvent l’amitié d’accepter mes invitations. Je lui téléphonais, il répondait immédiatement (après deux sonneries !), et disait toujours oui, sans vaciller : « Écoute, je viens, mais alors là, je vais les astiquer ! ». Il venait, comme un vieux matou débonnaire, attendait sagement son tour, sur une chaise, « astiquait », murmurait quelques mots bien sentis sur les usages qui se perdent, n’attaquait jamais les personnes, laissait poindre l’intensité de son désir politique, « demeuré désir ».

 

Ministre des Finances, il a servi Genève avec rigueur et dévouement. Conseiller aux États, il a défendu avec passion la place du Canton dans la Confédération. Ami fidèle, il a toujours été là lorsqu’on le sollicitait pour témoigner à Genève à chaud : expertise sur la flambée du prix du baril de pétrole le 21 mai 2008 ; spécial succession Couchepin le 15 juin 2009, au soir de l’annonce de la démission ; débat sur l’acceptation, par le peuple et les cantons, de l’initiative sur le renvoi des criminels étrangers, le lundi 29 octobre 2010 ; octroi (à lui-même, à l’âge de 87 ans), du Mérite carougeois, le 14 janvier 2014 ; présence chaleureuse à la Brasserie des Tours, lors de notre émission électorale dans le cadre des municipales, le 5 mars 2015. Pour ne prendre que quelques exemples.

 

Dans tous ces cas, jamais je n’avais l’impression de recevoir un octogénaire fatigué. Comme avec mon ami Duchosal, ce qui passait, sur le plateau, c’étaient la flamme, la passion, la paisible et fervente fureur de vivre.

 

A sa famille, ses proches, j’adresse toute ma sympathie. Genève perd un homme de chaleur et de lumière. Un très grand serviteur de sa ville, de son canton, et de notre pays.

 

 

Pascal Décaillet

 

16:48 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Imprimer |  Facebook | |

29/09/2017

Prise d'otages

 

Sur le vif - Vendredi 29.09.17 - 12.40h

 

Bon. Le scootériste rusé que je suis, connaissant sa ville par coeur depuis bientôt six décennies, a pu, à peu près, s'en sortir. Je ne parle donc pas ici pour mon cas personnel.

 

Mais, désolé, aussi sublime soit la manifestation dite des "Géants" (je ne mets pas ici en cause sa qualité), il faut dire les choses comme elles sont : on prend l'ensemble d'une communauté urbaine en otage.

 

Il n'y a pas, en Ville de Genève, que des bobos urbains, circulant à pied ou à vélo. Il y a, tous les jours, des dizaines de milliers de personnes, peu importe leur origine, qui viennent au travail avec un véhicule privé, à moteur, qui en ont parfaitement le droit, n'ont absolument aucune leçon de morale à recevoir. Et qui, au moment où j'écris ces lignes, sont captifs de l'enfer d'immobilité créé par la circonstance.

 

Cela n'est pas acceptable. D'avance, je dispense les commentateurs de venir nous faire la leçon sur le génie de la manifestation dite des "Géants", face auquel toute volonté de rouspétance, vertu genevoise, devrait se dissoudre.

 

Non. Il y a déjà beaucoup trop, à longueur d'année, de blocages totaux de la circulation pour toutes sortes de manifestations, sportives, caritatives, festives, dont je ne suis pas sûr qu'elles soient vraiment agréées par une majorité de la population qui les subissent.

 

Les autorités, municipales ou cantonales, qui nous auront mis, ce week-end, dans ce pétrin, dans cette pétrification de tout espoir de mobilité, auront, le jour venu, à en répondre.

 

Ma proposition, simple et claire, pour l'avenir : plus aucune plaisanterie de ce genre sans consultation préalable des populations concernées.

 

Pascal Décaillet

 

12:52 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (15) | |  Imprimer |  Facebook | |