Sur le vif - Page 2

  • Torpeur, jamais !

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    Sur le vif - Lundi 23.03.20 - 14.19h

     

    Qu'un bonhomme de mon style, prétorien dans l'âme, bonapartiste, exécutif jusqu'au fond de la moelle, entrepreneur depuis 14 ans, aimant décider et décider seul, puisse éventuellement se réjouir de la mise en congé des Parlements, il y aurait là une certaine logique. La "divine surprise" (je sais parfaitement à qui j'emprunte l'expression, et n'ai nul besoin qu'on me le rappelle) face à un système parlementaire dont il a, toute sa vie, dénoncé les lenteurs, la consanguinité, l'entre-soi.

    Eh bien justement, le bonhomme en question, votre serviteur, ne le fait pas. Au contraire, depuis quelques jours, il dénonce cette mise en veilleuse, appelle les parlementaires à se ressaisir, s'arranger pour siéger avec des moyens modernes, à distance. Rien ne justifie l'auto-dissolution soudaine d'un premier pouvoir qui fait la fierté de notre pays. On ne sauve pas une nation en gouvernant par arrêtés, directives, ordonnances. Même le Clemenceau de 1917/1918, au sommet de son énergie, affrontait la Chambre, ne serait-ce que pour lui dire : "Je fais la guerre !".

    Mais le plus fou, c'est qu'il se trouve, parmi les gens qui trouvent normale cette auto-castration du législatif, des parlementaires, et... des journalistes ! Les premiers sont membres d'un corps qu'il s'agirait de placer en léthargie. Les seconds, critiques du pouvoir par beau temps, se métamorphosent, à la vitesse de la lumière, en suppôts des exécutifs, à la première tempête.

    Pour ma part, je suis un citoyen et un petit entrepreneur. Je n'ai aucune intention d'abdiquer la moindre parcelle de ma faculté de décision dans ces deux domaines. Et l'énergie que j'y mettrai sera, au final, utile à tous, par un système de redistribution et de solidarité dont nous avons, plus que jamais, besoin.

    Respect des directives, oui. Torpeur, jamais !

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Régime de crise, crise du régime

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    Sur le vif - Lundi 23.03.20 - 07.49h

     

    Le Parlement fédéral veut siéger. Et il a raison ! En aucun cas, sous prétexte de crise, nos législatifs, aux trois niveaux de notre Confédération, ne doivent disparaître des radars.

    En leur absence, les exécutifs prennent très vite leurs aises, à force d'ordonnances, directives et arrêtés. Ils bénéficient du soutien d'une partie de l'opinion publique, et même de celui - autrement plus surprenant - d'une partie de la presse, comme cet éditorial ahurissant du Nouvelliste, qui appelait samedi les gens à se la coincer, purement et simplement. Elle doit s'évaporer à la première tempête venue, la fonction critique des citoyens ?

    La Suisse a besoin, en ces temps très difficiles, de ses trois pouvoirs institutionnels : l'exécutif, le législatif, le judiciaire. On peut comprendre que ces deux derniers fonctionnent au ralenti, privilégiant l'essentiel et remettant à plus tard l'accessoire. Mais pas qu'ils disparaissent !

    Nous devons assurément respecter les consignes de nos autorités. Mais nul d'entre nous n'est tenu de renoncer à son esprit critique. Toute citoyenne, tout citoyen de ce pays a le droit de faire connaître son point de vue. Il peut désapprouver les mesures, s'il les juge par exemple excessives, mais doit les appliquer. C'est cela, l'essence même de la République, cela au millimètre près, cette tension dialectique entre discipline collective et liberté de pensée. Aucune crise, sous aucun prétexte, n'a à remettre en question le second élément.

    Rappelez-vous le sticker : j'avais condamné comme inutile (à mes yeux) cette vignette, mais m'étais précipité pour l'acheter. On respecte les lois, mais on s'exprime.

    Quant aux Parlements de notre pays, ils disposent largement des moyens de faire leur travail sans que les députés ne s'agglutinent physiquement les uns aux autres ! Ils en disposaient déjà depuis des années, comme nous l'avons maintes fois souligné ici, bien avant cette crise. Le temps des diligences et des antiques Diètes est révolu, il faut révolutionner les modalités mêmes du travail parlementaire.

    Il n'est pas question que la Suisse, sous prétexte de crise sanitaire majeure, ne fonctionne plus qu'avec des exécutifs. Déjà, ces derniers s'accommodent fort bien de la vacance parlementaire. Déjà, ils prennent goût aux arrêtés, aux ordonnances, aux directives. Nous, Suisses, devons nous montrer très attentifs à ce que le régime de crise ne tourne pas gentiment en une crise du régime.

     

    Pascal Décaillet

     

     
     
     
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  • Cela s'appelle la présence

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    Sur le vif - Dimanche 22.03.20 - 10.38h

     

    Une Cathédrale plus nue et plus sobre que jamais. Juste quelques humains, distants les uns des autres. Seuls, au milieu du vide.

    Des mots remarquables, du Pasteur, sur les activités de guérisseur de Jésus, l'ambiguïté des miracles, les aveugles et ceux qui voient.

    Un organiste habité, qui chante en jouant. Quelques chanteurs (dont la remarquable Géraldine Cloux), au fond de l'autel. Le violon de Bianca Favez.

    Un Culte, sans les fidèles. Quelques fleurs, pas trop. Le bleu du vitrail, dans l'ocre pâle de la pierre.

    L'immensité du vide.

    Et pourtant, par le verbe et par la musique, par la distance et par le chant, par l'austère majesté des lieux, une incroyable puissance de l'invisible.

    Cela porte un nom. Cela s'appelle la présence.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Le sel du tragique et le sucre de canne

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    Sur le vif - Samedi 21.03.20 - 17.06h

     

    Dans la crise que nous traversons, une seule entité politique survit : la nation. Chacune d'entre elles, la Suisse, la France, l'Italie, etc., fait ce qu'elle peut, prend les décisions qu'elle croit justes, mobilise les énergies, tente au mieux d'affronter la tempête. Chacune de ces nations, dans le monde, mérite le respect, pour les efforts immenses qu'elle entreprend.

    La nation se bat, le multinational a totalement disparu des radars. Un exemple : l'impuissance totale de l'Union européenne à exister dans cette affaire. On ne l'entend plus, ou alors par de sourds borborygmes. Elle ne signifie plus, elle gesticule. Elle ne se singularise plus, elle tente tout au plus de mimer les différentes autorités nationales.

    Cette liquéfaction d'instances multilatérales dont on nous promettait le salut, et qui ont littéralement disparu des écrans radar, était prévisible. Mais la célérité avec laquelle elles se sont effondrées dépasse les prévisions des plus pessimistes sur l'opportunité même de leur existence. Face à cette crise sanitaire majeure, l'Union européenne n'existe plus, ne parlons pas de l'ONU, tout ce petit monde a volé en éclats, comme la SDN à la fin des années trente. Ne reste plus que chaque nation, souveraine et combative, pour faire au mieux.

    Pour notre part, depuis des décennies, nous n'avons jamais dit autre chose. La seule unité de référence, aujourd'hui, dans laquelle puissent avec efficacité s'organiser la solidarité, la cohésion sociale, la réinvention d'un destin, se situe à l'intérieur des frontières nationales. Le reste, c'est du vent. Du rêve de beau temps. Des discours d'entre-deux-guerres. Du sucre de canne, dans les cocktails de la "Genève internationale".

    Il faudra, très vite, en tirer les conséquences. Sur notre politique de sécurité, qui a plus que jamais sa raison d'être. Sur notre souveraineté alimentaire. Sur la relance, puissante, solidaire et patriotique, d'une économie nationale. Pour l'heure, respect des directives, solidarité avec tous, communion avec ceux qui souffrent. Sur ce dernier point, c'est bien l'un des seuls, soyons universels : un humain est un humain, chacun en vaut un autre. C'est du moins là, depuis l'aube de mon enfance, et les valeurs que j'ai reçues, ma vision du monde, et mon credo.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Alors, nous renaîtrons

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    Sur le vif - Samedi 21.03.20

     

    Il est temps que la SSR mette en ligne, en accès total, aisé et gratuit, la totalité de ses archives, radio et TV. Il y a là des trésors inestimables.

    C'est l'Histoire, vivante et palpitante, que chaque citoyenne, chaque citoyen de ce pays doit pouvoir exhumer à tout moment, par un système de recherches universellement accessible, simple, clair, à la portée de tous. Pourquoi ces trésors devraient-ils dormir dans des caves ? Nous payons la redevance. Nous avons le droit d'accéder, chacun de nous, à cette partie de nos vies, celle de nos parents, nos grands-parents. C'est la mémoire de notre pays !

    De même, il est urgent que la bibliothèque universelle soit accessible sur internet. Le livre doit quitter l'Université, il doit être lisible par tous, sans formalités, et à tout moment !

    Et par pitié, épargnez-nous les commentaires sur l'aspect sensuel et olfactif du papier. Je suis le premier d'accord : j'ai passé une partie de ma jeunesse à humer avec jouissance de vieux livres, de littérature grecque ou allemande, sur de vieux rayons. On est trop sérieux, quand on a dix-huit ans.

    Mais nous sommes en mars 2020 ! Nous sommes confinés. Nous sommes des millions de solitudes éclatées, juxtaposées. Nous avons besoin des forces de l'esprit, besoin de l'écriture et de la parole vivante. Besoin, plus que jamais, de la puissance de feu du verbe. Alors, incendiés par la musique et par la danse des mots, nous renaîtrons.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Les rêveurs du clavier solitaire

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    Sur le vif - Vendredi 20.03.20 - 17.50h

     

    N'en déplaise à l'armada des petits délateurs, des épurateurs en herbe, des auxiliaires autoproclamés de justice et de police, et des surexcités du clavier solitaire, le Conseil fédéral a pris aujourd'hui les bonnes décisions. Il s'est montré ferme, solidaire, confiant dans le peuple suisse. Il a agi à la hauteur qui doit être sienne : celle de l'Etat .

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Le Printemps des exécutifs

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    Sur le vif - Mercredi 18.03.20 - 16.08h

     

    Vous avez remarqué ? A quelle vitesse, depuis le début de la crise sanitaire - assurément majeure - que nous traversons, tous les Parlements de notre pays se sont mis en congé ! Chambres fédérales, Grands Conseils cantonaux, délibératifs municipaux, plénums et commissions. On se croirait le 10 juillet 40, dans une célèbre station thermale de l'Allier.

    C'est absolument saisissant : le système parlementaire suisse, premier pouvoir de ce pays, fleuron et fierté des lecteurs de Montesquieu, des partisans des Lumières, des professeurs de droit, des donneurs de leçons contre la démocratie directe, tout cela liquidé, jusqu'à nouvel ordre.

    Provisoire ? Oui, bien sûr. Mais tout de même ! Voilà des décennies qu'on nous fait la morale sur l'équilibre des trois pouvoirs, l'impérieuse nécessité de contrôle des Parlements, on nous fait l'éloge de leur lenteur, de leur indépendance, on nous les décrit comme des "antidotes au populisme". Et voilà qu'un virus arrive, nécessitant des décisions claires et fermes des gouvernements, et le pouvoir législatif, comme neige au soleil, s'en vient fondre et disparaître.

    Les exécutifs ? Ils font bien leur boulot, jusqu'à maintenant. MM Berset (au niveau fédéral) et Hodgers (au niveau cantonal genevois) inspirent confiance, prennent des décisions de Salut public, et c'est très bien ainsi.

    Mais quand on observe la politique, il faut toujours prendre un temps d'avance. Cette manière de travailler, sans s'encombrer des parlementaires, nos gouvernants pourraient bien y prendre goût. Messages diffusés directement à la population, sans médiateurs, postures d'Union sacrée digne de Clemenceau en 1917, ou Churchill 40, ou de Gaulle 58 (les précédents se pressent au portillon), absence totale de critique, petits délateurs zélés pour en rajouter, plus royalistes que le roi, sur les réseaux sociaux, tout cela pourrait bien, après la crise, laisser des traces.

    Fallait-il que le pouvoir législatif, d'un coup d'un seul, prît aussi abruptement congé de notre ordre politique ? A cette question, la réponse est non. Que les Parlements en plénum, et même en commissions, ne se réunissent plus physiquement, nous en sommes parfaitement d'accord. Mais enfin, nous sommes en mars 2020 ! D'extraordinaires moyens techniques, comme celui sur lequel je m'exprime ici, rendent parfaitement possibles, à distance, les débats, les votes, les décisions. Dès lors, d'où vient cette précipitation du monde parlementaire à s'auto-dissoudre, pour une période indéterminée ?

    Car enfin, nous ne sommes pas dans un système jacobin. Ni bonapartiste. Ni plébiscitaire, au sens du Second Empire, ou des sénatus-consultes de l'Italie des années vingt et trente. Nous sommes en Suisse ! Le pays des pouvoirs équilibrés ! Exécutifs, législatifs, judiciaires. Sans compter le plus important : celui du peuple souverain.

    A entendre nombre de politiciens eux-mêmes, il faudrait tout mettre au congélateur : Parlements, démocratie directe, justice. Tout, sauf... le pouvoir total donné aux exécutifs !

    Cette posture, je la conteste. Il faut assurément appliquer toutes les consignes des autorités dans la crise que nous traversons. Il faut serrer les coudes, être solidaires. Mais les autres pouvoirs, même au ralenti, et assurément en respectant à fond les consignes sanitaires, ne doivent pas mentalement se sentir en congé. La survie des humains est évidemment primordiale. Mais celle de notre démocratie complexe, inventive, contradictoire, ne relève pas du luxe. Elle est la condition première d'une autre survie : celle de notre pays.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Bien sûr qu'il faut maintenir le deuxième tour !

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    Sur le vif - Mardi 17.03.20 - 15.01h

     

    Non, non et non, il ne faut pas reporter le deuxième tour des élections municipales, à Genève ! Les autorités ont maintenu cet acte final de notre processus électoral, et elles ont eu raison. Le premier tour s'est parfaitement déroulé, les débats ont été innombrables (principalement sur les ondes de Léman Bleu, mais aussi ailleurs). De nouveaux visages, de nouvelles voix, ont pu émerger. Les thèmes ont été traités à fond. Le peuple s'est prononcé. Il faut maintenant aller jusqu'au bout.

    Je déteste le discours du style "Quelle importance, ces votations, face au coronavirus ?". Bien sûr que la lutte contre l'épidémie est absolument prioritaire, nous sommes tous d'accord. Mais cette dévalorisation, sous prétexte d'impératif sanitaire suprême, de notre vie citoyenne, de nos institutions, d'une démarche électorale en cours, n'est pas acceptable.

    Les Maires, ça n'est pas rien ! Les Conseils administratifs, ça n'est pas rien ! Ce deuxième tour a un sens ! Il s'agit d'élire les exécutifs des Communes pour cinq ans ! Alors désolé, les éternels ennemis de la politique, ceux qui haussent les épaules quand on leur parle de vie citoyenne, ceux qui n'ont jamais cru aux valeurs de la République, ceux qui prônent le "tous pourris", je vous crie ici mon désaccord total. Pour ma part, je préfère être gouverné par des élus du peuple, aux trois échelons de notre Confédération, que par la ploutocratie financière, par les faîtières du patronat ou celles des syndicats, par les multinationales, ou par un ordre cosmopolite mondial.

    Les Communes constituent une force vivante de notre corps citoyen. Nous devons, malgré les circonstances très difficiles que nous traversons, et que je ne sous-estime en rien, aller jusqu'au bout d'un processus électoral engagé. Notre démocratie ne doit pas baisser les bras. Elle n'est pas dérisoire. Elle n'est pas juste un jouet de beau temps. Nous l'aimons. Elle aussi, nous voulons qu'elle vive.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • A tous, courage !

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    Sur le vif - Dimanche 15.03.20 - 15.08h

     

    A toutes celles et ceux qui ont fait vivre la Commune, dans le sens le plus noble de ce mot, en se portant candidats dans l'une des 45 élections de notre Canton, j'adresse mes remerciements. Certains sont élus, d'autres non, c'est la vie. Mais tous ont animé la citoyenneté, c'est cela l'essentiel.

    Pour ma part, avec mes confrères et consœurs, je me suis plongé comme jamais dans ces élections. J'ai découvert des visages, des voix, des idées, des enthousiasmes. La politique, ce sont des hommes et des femmes, des énergies vitales, des forces de projection dans l'avenir. Les jeunes, notamment, tous partis confondus, m'ont impressionné par leur maturité, leurs tonalités.

    Toutes ces femmes, tous ces hommes, élus ou non aujourd'hui, ne méritaient pas que l'attention du public pour la vie citoyenne fût à ce point pulvérisée par un élément totalement externe, imprévisible, le coronavirus. Je mentirais si je cachais qu'en ce dimanche, ma tête est ailleurs. Toutes nos têtes le sont !

    Contre ce sentiment, légitime aujourd'hui, sous le choc de la situation que nous vivons, je veux lutter de toutes mes forces. En 34 ans de journalisme professionnel, j'ai toujours placé la politique, la Cité, les affaires publiques, au premier rang de mes préoccupations. Cela ne changera pas.

    Et puis, tout de même, un temps viendra où ce virus prendra le large. Ce jour-là, riches des leçons que nous aurons tirées de la crise, nous aurons, pour nous administrer dans les Communes, les gens qui sortent des urnes aujourd'hui.

    En attendant, c'est vrai, la vie citoyenne, cela doit être, en absolue priorité, notre combat contre la pandémie. Appelés à être solitaires, nous devrons nous montrer solidaires. C'est le thème de mon commentaire, à paraître mercredi dans GHI.

    A tous, courage !

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Conseil d'Etat et coronavirus : clair et précis !

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    Sur le vif - Mercredi 11.03.20 - 15.14h

     

    Face à la crise que nous traversons, le Conseil d'Etat est venu in corpore pour informer la population. Il a délivré des informations claires, bien ventilées d'un membre à l'autre du collège, le tout bien orchestré par le Président.

    Chacun de nous aura son avis sur ces mesures. Il les trouvera suffisantes ou excessives. Mais l'essentiel est là : le gouvernement de la République et Canton de Genève fait face. Il prend des décisions, les communique, demeure calme, mais déterminé. C'est exactement ce dont la population a besoin.

    Il aura ainsi fallu une crise pour que l'exécutif cantonal, comme aimanté par la nécessité supérieure, retrouve cohérence et cohésion.

    La suite, nul ne la connaît. Mais à ce stade, hélas peut-être initial, l'exemple est donné. Il était important qu'il le fût. A partir de là, chacun d'entre nous est libre d'être d'accord ou non, de le dire. Les consciences s'expriment, les responsables agissent, ainsi fonctionne la République.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Coronavirus : sortons Pierre Maudet de sa quarantaine !

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    Sur le vif - Mardi 10.03.20 - 15.27h

     

    On pense ce qu'on veut de Pierre Maudet. Mais il est là. Il a décidé, à tort ou à raison, de se maintenir. Il est là, il est ministre du gouvernement genevois, il s'occupe d'économie, il est jeune, dynamique, très intelligent, et quelque chose me dit que l'idée de se racheter est peut-être de nature à le poursuivre.

    Alors, quoi ? Alors, nous sommes en crise, celle du coronavirus. Nul d'entre nous ne l'avait prévue, mais elle est là, c'est un fait. Un autre élément factuel, c'est que nous avons, au Conseil d'Etat, un homme en pleine force de l'âge, placé par ses six collègues en quarantaine politique, et que face à la crise, c'est un véritable gâchis.

    De grâce, ne venez pas refaire ici le procès Maudet. Nous sommes le 10 mars 2020, notre économie genevoise court un risque de paralysie, ou tout au moins de puissante récession, le politique doit se mobiliser pour trouver des solutions. Peu importe qu'elles soient de gauche ou de droite, pourvu qu'elles soient salvatrices.

    Je lance ici une idée. Pourquoi le magistrat en quarantaine ne serait-il pas appelé à tenir, sur mandat de son collège, voire du Grand Conseil, un rôle signalé face à cette crise, au service de la République, dans l'intérêt supérieur du Canton ? Il a, par exemple, le sens de la logistique, la faculté de fédérer des énergies, pourquoi ne pas s'en servir ?

    Depuis qu'il est en quarantaine, Pierre Maudet s'occupe vaguement de promotion économique, sans que personne ne sache exactement à quoi il passe ses journées. Pour un tel tempérament, doté d'une telle lucidité intellectuelle, c'est peut-être un peu dommage pour Genève, non ?

    Et si Genève confiait à Maudet un mandat, cadré et précis, où il ne s'agirait pas de brasser de l'air, mais de coordonner l'aide aux entreprises meurtries ? Et, plus généralement, d'amener l'économie genevoise à se repenser, moins de mondialisation, moins de multinationales, plus de proximité, plus de solidarité, plus d'échanges circulaires.

    Voilà. L'idée est lancée. Nous avons, à Genève, un ministre qui tourne en rond et perd son temps. Il se trouve doté d'une énergie et de qualités intellectuelles au-dessus de la moyenne. Il serait dommage de ne pas en profiter.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Le réseau social, notre grande chance !

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    Publié sur mon site FB - Mardi 10.03.20 - 10.17h

     

    Je suis, depuis des années, un défenseur des réseaux sociaux. En cela, je suis en phase avec mes actes : je suis actif ici même, j'utilise ce réseau comme outil professionnel, j'y publie des commentaires, des éditos, j'y tiens depuis longtemps mon journal politique et culturel, je prends à témoin le lecteur de mes longues recherches, complexes, sur l'Histoire allemande. Bref, je serais sacrément ingrat et hypocrite, si je reniais ce prodigieux vecteur, pour en dire du mal.

    Bien sûr, il y a des choses que je déteste. La vie privée, la délation, les meutes de moralisateurs. Ces petites saloperies de l'âme humaine n'ont en rien été inventées par le réseau social, elles existaient avant, portées par d'autres organes. Je donne souvent l'exemple des premiers postes à galène : les conversations privées qui s'y tenaient ne devaient sans doute pas toujours être transcendantes, et puis tout cela est devenu la radio, le plus exceptionnel lien entre les humains jamais inventé, celui qui passe par la voix, révélatrice de l'âme.

    En ces temps difficiles que nous commençons à traverser, le réseau social sera appelé à nous rendre de fiers services. Pour une certaine durée (que nul ne peut jauger), nous voilà appelés à éviter les rassemblements, privilégier la solitude aux grandes foules. Soit. Dans ce contexte, il se pourrait bien que la juxtaposition de millions d'humains, chacun seul devant son écran d'ordinateur, soit un peu moins vilipendée par les beaux esprits et les jaloux (ceux qui veulent encore sauver les anciens modèles), et soit enfin reconnue comme le mode de communication présent et futur, pour un sacré bout de temps.

    Car enfin, la toile nous permet le contact. Elle nous relie à l'autre. Mais aussi, avec un peu de métier dans son usage, à l'ensemble des connaissances du monde. Il y a pire, comme invention.

    Sur ce réseau, où nous sommes, j'ai vu éclore des plumes insoupçonnées, venant de parfaits inconnus. J'ai découvert des âmes belles et ouvertes, des énergies, des forces de vie. Il y a bien sûr, aussi, l'exact contraire de tout cela : rien ne nous oblige à le fréquenter.

    Alors oui, une fois de plus, moi l'enfant de milliers de livres et de dizaines de milliers de journaux papiers, moi surgi de l'ancienne civilisation, je clame ici les qualités extraordinaires du réseau social. C'est un outil, rien de plus. On peut s'en servir pour bavarder, ou pour dénoncer son voisin, c'est là le pire usage. Et on peut, tout autant, accéder au meilleur : se soucier les uns des autres, se lire, s'écrire, tenir chacun son journal, proposer son univers, personnel, subjectif. Je ne sache pas que toutes ces merveilles eussent été possibles il y a encore vingt ans. Elles étaient réservées aux clercs. Ces mêmes élites qui, aujourd'hui, n'en revenant pas que le monopole de la parole leur ait échappé, déversent à longueur de journées, de séminaires, de colloques sur l'étude du journalisme, leur haine contre une révolution de communication qui, enfin, met un terme à leurs privilèges.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Soleil noir

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    Sur le vif - 07.03.20 - 11.01h

     

    Bien plus que notre résistance au virus, c'est notre capacité à nous comporter en humains, dans toute la dimension individuelle, sociale et spirituelle du mot, qui est testée ces jours.

    A ce défi majeur, ne répondons pas avec la froideur de laboratoire de l'hygiéniste. Mais avec le clair-obscur assumé de nos doutes et de nos adhésions, la conscience révoltée de nos finitudes, l'affirmation du sens.

    En affichant la fierté de nos liens, la fidélité à nos compagnons de route, l'intransigeance de notre verbe. Comme un soleil noir, au milieu du chaos.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Gérontophobie : saloperies de directives !

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    Sur le vif - Vendredi 06.03.20 - 15.51h

     

    Fantastique ! On demande expressément aux personnes de plus de 65 ans de "réduire au minimum leurs visites dans les EMS et les hôpitaux" !

    Ca signifie quoi, cette gérontophobie ? Si tu as plus de 65 ans, tu évites "au maximum" de fréquenter un hôpital ! Alors tu fais quoi, si tu es malade ? Tu restes chez toi, seul, à pourrir ? Tu te drapes de silence ? Tu attends la mort, dans ton superbe isolement ? Tu évites de contacter ton médecin, de peur de déranger, d'être de trop ? Mais tes primes, bien sûr, tu continues à les payer, en bonne poire, bien mûre, prête à la chute finale !

    Et puis, quoi, "éviter au maximum" les EMS ? Mais bordel, les pensionnaires, ce sont avant tout des gens de leur génération qui viennent leur rendre visite. Leurs vieux amis. Ceux de leur âge, qui ont grandi avec eux, fréquenté les mêmes écoles, ceux qui se sont naguère aimés, qui furent amants, jaloux, réconciliés, ceux qui avec eux ont vu le monde changer, contemporains, comme le décrit si bien Annie Ernaux, dans "Les Années".

    Alors non, il faudrait que les vieux aient la délicatesse d'éviter de fréquenter d'autres vieux. Il faudrait qu'ils aient la sagesse de demeurer chez eux, raser les murs en faisant leurs courses, en dehors des heures de pointe, surtout n'approcher personne, ne saluer personne.

    Saloperies de directives. L'hygiène, oui. La discipline collective, oui. Les précautions d'usage, oui. Mais pousser le bouchon, dans un communiqué qui eût faire rougir le Camus de la Peste, jusqu'à ostraciser de la Cité la personne âgée, déjà scandaleusement mise à l'écart par notre société de profit, là il faut réagir ! Et les courageux, qui ont édicté ces directives, ils n'ont pas, eux, la plus élémentaire des hygiènes : celle de signer.

    La précaution, oui. La mise à l'écart, froide et sans âme, de toute une catégorie de population, c'est NON, NON, et NON !

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Entre cosmos et chaos

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    Sur le vif - Vendredi 06.03.20 - 10.02h

     

    Il y aura toujours un pouvoir. Si ce n'est pas celui des frontières, ce sera celui de l'argent. Si ce n'est pas celui des peuples, ce sera celui des élites. Si ce n'est pas celui de la loi, ce sera celui de la jungle. Si ce n'est pas celui de la solidarité, ce sera celui des égoïsmes. Si ce n'est pas celui de la République, ce sera celui des communautés, des tribus, des factions. Si ce n'est pas celui de la nation, ce sera celui des multinationales, apatrides. Si ça n'est pas celui du verbe, ce sera celui du verbiage. Si ça n'est pas celui du style, ce sera celui de la fange. À nous de choisir, entre cosmos et chaos.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • PYM : le coup de poignard

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    Sur le vif - Mardi 03.03.20 - 08.37h

     

    Le 17 mai, chaque citoyenne, chaque citoyen de notre pays répondra individuellement, du plus profond de sa conscience, au coup de poignard de Pierre-Yves Maillard contre les travailleurs suisses. Nous verrons bien le résultat.

    Pour moi, cet homme naguère brillant, et même "le meilleur de tous" (j'avais titré dans ce sens un édito, il y a une vingtaine d'années), a cessé d'exister, en se posant comme l'allié des ultra-libéraux, libre-échangistes et internationalistes, dans le combat de ce printemps.

    La Suisse doit réguler son immigration. J'ai voté dans ce sens le 9 février 2014. Je le ferai le 17 mai 2020. Parce que mon souci premier est celui de la justice et de la cohésion sociales dans mon pays. Le travail, en priorité, doit être donné aux résidents. C'est aussi simple que cela. Et nous devons penser en priorité aux plus vulnérables d'entre nous, personnes âgées démunies, jeunes sans emploi.

    Les frontières sont là pour protéger, à l'intérieur du pays, les plus faibles, ceux que la mondialisation anéantit. Depuis toujours, et j'ai été bien seul dans ce sens en pleine folie ultra-libérale, il y a vingt ans, je milite pour des économies solidaires et nationales, centrées sur l'épanouissement de l'être humain, non sur le profit de casino.

    Économie nationale : à l'intérieur d'un périmètre donné, où s'exercent et s'articulent des réseaux de solidarité, d'entraide, d'intérêt public, le tout arbitré par des lois démocratiquement votées, l'activité humaine se déploie, au service de tous. Cela s'appelle une nation. Souveraine, solidaire, responsable.

    Ce modèle, auquel je crois de toutes mes forces, réhabilite le local, l'horizon du visible et du palpable, la connaissance et la fréquentation quotidienne des hommes et des femmes pour qui on travaille. Il est à des années-lumière de la spéculation mondialisée, anonyme, glaciale, meurtrière.

    Qu'un homme comme Pierre-Yves Maillard en soit encore à la sanctification conceptuelle de l'internationale des travailleurs, au nom du dogme, et au détriment de la cohésion sociale de son propre pays, me déçoit immensément.

    Les grandes faîtières syndicales, mammouths d'un autre âge, débitent leurs mots d'ordre pour aménager leur propre survie, en se gorgeant d'adhérents sans frontières. Le sort des travailleurs suisses, des chômeurs suisses, des délaissés suisses, serait-il, à leurs yeux d'apparatchiks, à ce point secondaire ?

     

    Pascal Décaillet

     

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  • 45 fiertés, une République

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    Sur le vif - Lundi 02.03.20 - 14.55h

     

    Ce qui doit sortir vainqueur du 15 mars prochain, ça n'est pas la droite, ni la gauche, ni les improbables coagulations centristes dans l'eau trouble du bénitier.

    Non. Ce qui doit gagner, c'est la Commune. Échelon premier, en proximité, en présence, en affection.

    La Commune, à Genève, est largement antérieure au Canton (1815). 45 Histoires passionnantes, où se mêlent l'époque romaine, les sites paléochrétiens, la ferme médiévale, les familles, les découpages, les échanges. La Commune est complexe, peu lisible au premier abord, elle nécessite patience et amour, passion pour la micro-Histoire, qui n'épouse pas toujours les succès et les revers des nations.

    45 Communes, 45 fiertés. Des hommes et des femmes qui s'organisent, à l'horizon du visible. C'est concret, c'est vérifiable, ça touche le voisin, il faut du doigté.

    En couvrant à fond ces municipales 2020, j'ai maintes fois pensé à la Constitution d'Athènes, d'Aristote, et ce passage sur lequel j'étais tombé, il y a si longtemps, en langue grecque, en examen. Il y était question de bornes qu'on arrachait, c'était vif et poignant, réel, c'était une forme de Commune.

    En 1871 aussi, la Commune. Celle de Paris. La guerre, les Prussiens aux portes, la misère, la révolte. Et finalement, les Versaillais, sur ordre de Monsieur Thiers, pour écraser dans le sang ce rêve d'humains.

    A Genève, 45 Communes, non comme des fiefs. Mais comme 45 organes vitaux de notre République. Elles font corps. Ensemble, elles constituent un corps supérieur, qui sans elles n'est rien.

    La Commune figure dans l'identitaire genevois l'ancestralité du passé. Elle pourrait bien, face au jacobinisme et à l'arrogance d'un Etat transformé en surintendant vorace et supérieur, préfigurer un avenir. Plus libre, plus fraternel, réconcilié avec les racines.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Juste avant la mort, le déclin

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    Sur le vif - Dimanche 01.03.20 - 14.06h

     

    La démocratie chrétienne jurassienne est historiquement, philosophiquement, culturellement, l'un des piliers de la démocratie chrétienne suisse. Autant qu'en Valais, autant qu'à Fribourg. Elle a joué, dans le dernier siècle, un rôle fondamental dans la genèse du futur canton, sa construction identitaire, son affirmation dans l'ordre de l'existence, de l'indépendance. Lisez les grands penseurs de l'entre-deux-guerres, lisez les Helvétistes, lisez Gonzague. Imprégnez-vous des racines intellectuelles et morales du mouvement jurassien d'affranchissement.

    Le revers qu'elle subit aujourd'hui marque une étape, dans la politique en Suisse romande. Non que les héritiers suisses du Zentrum bismarckien, ou de la Doctrine sociale de 1891, soient en voie de disparition. Mais de régression, oui. Car perdre, n'est rien. Ni même mourir, si c'est pour renaître, en quelque Pâque de folie et d'espérance. Mais ne plus être, là où l'on fut beaucoup... Subir le désaveu, sur la scène même où l'on porta naguère le sens. Voir s'éclipser la bannière, là où jadis elle fut imprégnée de la plus brûlante des lumières.

    Dans d'autres cantons de Suisse romande, pour ne porter son regard que sur l'aile latine des épigones de Léon XIII, un frisson, ce dimanche 1er mars 2020, peut électriser les épidermes. Non celui de la mort. Mais celui du déclin.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Bravo, Simon Brandt !

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    Sur le vif - Mardi 25.02.20 - 17.09h

     

    Annoncé ce mardi 17.01h par le Ministère public, le classement partiel de la procédure contre Simon Brandt appelle un commentaire à chaud.

    "Aucun indice, après une analyse approfondie, ne vient confirmer la consultation par Simon Brandt d'une inscription au journal de la police ("main courante")", nous dit textuellement le Parquet.

    En clair, Simon Brandt est exonéré de l'essentiel.

    En clair, fallait-il onze policiers, lors de son interpellation, pour en arriver là ?

    En clair, tous les journaux ayant fait état de cette affaire rocambolesque consacreront-ils autant d'espace au classement de l'affaire ?

    En clair, voilà, comme nous l'avions écrit dans notre commentaire de GHI, un homme droit dans ses bottes, un candidat qui a su tenir sous une pression inimaginable, un type qui n'a pas flanché.

    Pour ma part, à ce candidat sérieux, soucieux du bien public, connaissant à fond ses dossiers, imaginatif quant aux réformes à adopter pour la Ville, je dis simplement : BRAVO, SIMON !

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Syndicats : la trahison des clercs

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    Sur le vif - Mardi 25.02.20 - 12.59h

     

    Pourquoi les syndicats se réjouissent-ils de l'immigration massive, générée par la libre circulation, en provenance de l'Union européenne ? Réponse : les travailleurs étrangers se syndiquent, ce qui est évidemment leur droit le plus strict. Du coup, les syndicats recueillent de nombreux nouveaux adhérents. Et la machine se nourrit d'elle-même ! Le souci numéro un des syndicats se polarise ainsi davantage sur leur propre survie que sur leur finalité essentielle : défendre les travailleurs suisses.

    Il faut en finir, en Suisse, avec les grandes faîtières, qu'elles soient syndicales ou patronales. Nous sommes un pays fédéraliste. L'unité de référence, c'est le Canton, pas la Confédération. S'il faut des syndicats, que ce soit en profonde immersion, en totale proximité avec le tissu économique local.

    La trahison des clercs, pour reprendre le titre du livre sublime de Julien Benda (1927), c'est celle de cet ancien syndicaliste de choc, brillant conseiller national il y a vingt ans, hélas transfiguré ensuite par l'exercice vaudois du pouvoir, avec sa part d'éternelle quiétude, et aujourd'hui apparatchik en chef d'une faîtière ayant passé un pacte tacite avec le patronat libre-échangiste. C'est cela, la réalité, cela la vérité, cela la triste métamorphose d'un homme, lorsque les mécanismes de conciliation s'imposent comme conditions de survie de sa propre machine.

    La trahison des clercs, face à la libre circulation, est partout. Comme elle était omniprésente dans les semaines ayant précédé le 9 février 2014. Le souverain, le 17 mai prochain, tranchera, j'ignore dans quel sens. Mais je sais qu'en politique, nul engagement durable ne peut se fonder sur le reniement de ses propres valeurs.

     

    Pascal Décaillet

     

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