Sur le vif - Page 4

  • Adieu, les partis !

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    Sur le vif - Jeudi 14.02.19 - 15.11h

     

    Les partis politiques seront de moins en moins, dans les années qui viennent, les relais d'idées et les fédérateurs de pensée qu'ils ont été, depuis la Révolution française. Ce rôle, ils l'ont tenu, je suis le premier à le reconnaître.

     

    Le premier, aussi, à m'être passionné, dès l'adolescence, pour l'Histoire et la philosophie politique des partis. Fulgurant radicalisme (Freisinn), né des grandes valeurs républicaines de la Révolution, puis du Printemps des peuples, en 1848. Idem pour le libéralisme, avec lequel je ne partage pas grand-chose, mais dont je reconnais les grands penseurs, à l'image d'un Benjamin Constant, ou d'un Tocqueville. Émergence de ce qu'on appellera plus tard la démocratie chrétienne, avec l'éblouissante Encyclique Rerum Novarum, de Léon XIII (1891). Sans oublier, bien sûr, les socialismes, la social-démocratie, le communisme. Tous ces partis ont charrié l'Histoire, ils ont écrit les grandes pages politiques des 19ème et 20ème siècles.

     

    Mais aujourd'hui, tout cela touche à sa fin. Non les idées, mais leur regroupement sous des bannières, dans ces espèces de paroisses auxquelles il faudrait adhérer dès sa jeunesse, demeurer sans jamais les quitter, siéger assidument dans des comités, des assemblées, des commissions, rouler pour des champions, comme la groupie de Michel Berger, derrière son pianiste.

     

    Il n'y a plus aucune raison, pour les années et les décennies qui viennent, de passer par ces chapelles d'obédience, où on se paye en services rendus et en prébendes partagées, pour faire de la politique. La mise en réseau des connaissances, la numérisation, l'accès planétaire au savoir, tout cela va contribuer à rendre progressivement caduques ces affiliations à vie, sous une même couleur.

     

    Le système des partis est intimement lié à celui des Parlements, à la démocratie élective, où l'on passe plus de temps à parler des personnes que des idées. Le clan X contre le clan Y, les querelles de clocher à l'intérieur des paroisses, tout cela sécrète, peu à peu, le venin du suicide des partis.

     

    En lieu et place de ce petit monde, l'avenir est à la démocratie directe. L'avenir est aux citoyennes et citoyens. L'initiative populaire permet de faire de la politique, non pour défendre infiniment une bannière, mais pour atteindre des objectifs stratégiques précis. On se bat pour une idée, non pour servir d'écuyer à un champion.

     

    Les partis ne sont pas morts. Pour quelques décennies, voire un siècle ou deux, ils seront encore là. Mais ils ne joueront plus le rôle qui fut le leur aux 19ème et 20ème siècle. Nous avons mieux à faire qu'entretenir des paroisses : servir l'intérêt supérieur du pays. Par exemple, en activant au maximum les prodigieux ressorts de la démocratie directe.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Le peuple, face aux guêtres !

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    Sur le vif - Jeudi 14.02.19 - 09.53h

     

    Nous devons changer la Constitution, au niveau fédéral et dans chaque Canton, pour que les exécutifs n'aient plus ce scandaleux pouvoir d'invalidation d'une initiative. Ni les exécutifs, ni les législatifs !

     

    Si une initiative obtient les signatures, elle doit être soumise au suffrage des citoyennes et citoyens. Ces derniers sont bien assez mûrs pour la sanctionner, si elle s'avère ahurissante, en la refusant.

     

    On ne sanctionne pas une initiative en l'invalidant. On la sanctionne en la refusant.

     

    L'épisode d'hier, à Genève, avec cette scélérate invalidation de l'IN 171, sur la BCGE, est une étape de plus dans la colère montante des citoyens contre la confiscation de leurs droits populaires.

     

    À Genève, dès qu'une initiative ne plaît pas politiquement au Conseil d’État, il se couvre d'arguments juridiques totalement bidon pour l'invalider.

     

    Ainsi, cette IN 171. Plus j'y pense, plus je me dis que je la refuserais. Mais c'est à moi d'en décider ! À moi, et aux dizaines de milliers de citoyennes et citoyens qui forment le corps électoral genevois. Nous sommes bien assez grands, si l'initiative va trop loin, pour en juger collectivement, à l'issue d'un vaste débat populaire.

     

    Les gouvernements, les Parlements, ne doivent plus pouvoir invalider les initiatives. Il faut leur retirer ce pouvoir. Pour cela, il faut changer la Constitution, par voie... d'initiative !

     

    Ce chantier prendra des années, des décennies, plusieurs générations peut-être. Mais nous devons l'entamer dès maintenant. L'avenir n'est pas à la consanguinité de la démocratie représentative. Mais à la clarté, à la loyauté, à la transparence de la démocratie directe.

     

    Hier à Genève, la bonne vieille démocratie élective, qui traîne ses guêtres et ses privilèges depuis un peu plus de deux siècles, a cru marquer un point. En réalité, elle a scellé le début de sa perte.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Initiative BCGE : suprême arrogance du Conseil d'Etat !

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    Sur le vif - Mercredi 13.02.19 - 15.17h

     

    Invalider des initiatives, pourtant dûment munies de toutes les signatures nécessaires : ce procédé détestable de l'exécutif face à l'exercice régulier des droits populaires, on le croyait réservé au parfum d'arrogance de la législature précédente.

     

    Eh bien non ! Le Conseil d'Etat, alléguant des motifs ahurissants, se permet de jeter aux orties l'initiative 171, lancée l'an dernier par Ensemble à Gauche, "La BCGE doit rembourser les 3,2 milliards prêtés par l'Etat".

     

    Je n'entends pas ici prendre position sur l'initiative. Mais ce texte a fait l'objet, dans les formes, d'une récolte de signatures. Il les a obtenues. Il doit être soumis au peuple. Cette forme de censure d'un pouvoir exécutif sur un texte qui lui déplaît, censure purement politique sous couvert du blabla juridique habituel, "contraire au droit", est totalement inacceptable.

     

    L'argument le plus hallucinant, je vous laisse juger : " L’initiative aurait eu pour conséquence l’inscription d’une dette de 3,2 milliards de francs au bilan de la BCGE, ce qui aurait pour conséquence d’entraîner un surendettement de la BCGE et différentes mesures à prendre par l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA) afin de l’assainir. Or, l’électeur ou l’électrice ne peut se rendre compte de la portée de l’initiative au moment d’exprimer son vote, alors même que l’acceptation de cette dernière aboutirait à un résultat totalement opposé au but exprimé ".

     

    "L'électeur ne peut se rendre compte" ! Comme si les choses, dans la campagne de votation, ne pouvaient pas lui être expliquées ! Comme si cet argument du Conseil d'Etat, pertinent en soi, ne pouvait pas être porté, dans un débat à la loyale, à la connaissance du corps électoral. Comme si les citoyennes et citoyens de ce canton étaient des enfants. Immatures. Inaptes à saisir les enjeux de la politique. Suprême arrogance, qui plaide une fois encore contre les corps intermédiaires. Et pour la prise en charge, de plus en plus, de la politique par l'ensemble des citoyens.

     

    Je n'aurais sans doute pas voté ce texte d'Ensemble à Gauche. Mais je ne supporte pas qu'on empêche le peuple de se prononcer.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Le Prix de la Chute

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    Sur le vif - Mardi 12.02.19 - 12.33h

     

    Le principe même d'une campagne électorale incite les candidats à se valoriser. Au fond, chacun nous dit : "Je suis le meilleur. Je ne suis pas comme les autres. Avec moi, tout va changer. Je vais faire de la politique autrement. Les vieux ressorts du pouvoir n'agiront pas sur moi. Je serai la divine surprise, je serai la révélation, je serai l'Autre, celui que secrètement, vous attendez tous".

     

    Bref, point n'est besoin d'avoir lu Roland Barthes pour saisir que nous sommes là dans l'essence la plus fragmentée (au sens d'un parfum ?) du discours amoureux. Séduire. Séduire par la parole. Séduire par l'ostentation du rêve brandi. Séduire en disant "Je suis un autre", on se contentera d'accorder le verbe avec le pronom, pour tout de même laisser dormir Rimbaud.

     

    Nous sommes là au coeur de l'affaire Maudet. Au coeur de toute affaire, dans toute démocratie du monde, passant par le système électif, où surgit, comme dans tout roman bourgeois du dix-neuvième siècle, chez Flaubert comme chez l'Allemand Theodor Fontane, le moment fatal de la déception. L'Autre ne serait plus cet Autre sublime dont j'ai rêvé, non, il ne serait qu'un autre comme un autre, fragile, pécheur, perclus des flèches du Mal.

     

    Cet Autre qui déçoit devra payer beaucoup plus cher qu'un simple quidam. Parce que lui, l'ex-Autre sublime, s'est joué de nous. Il nous a humiliés. Il nous a trompés. Alors, il faut qu'il paye, il faut la meute, il faut les chiens de l'hallali. Non parce que cet Autre a failli. Mais parce qu'en amont, il nous a fait croire à un autre monde possible.

     

    Le déception politique, dans une démocratie élective, est sœur cadette de la déception amoureuse. Pour les prudents, ou ceux qui, comme dans le Temps des Cerises, pourraient craindre de souffrir un peu, ne resterait qu'une solution : la chasteté politique. En clair, s'attacher au mât, tel Ulysse. Et résister aux chant, pourtant si voluptueux, des sirènes.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Non au droit de vote des étrangers

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    Sur le vif - Lundi 11.02.19 - 09.33h

     

    Genève : la gauche revient avec l'immense errance du droit de vote aux étrangers. Je soutiens, pour ma part, la nécessité d'un lien indéfectible entre droit de vote et nationalité. À tous les échelons. Y compris local.

     

    La citoyenneté exige un périmètre. Une adhésion consentie, et formalisée, à la communauté d'appartenance d'une nation, ce que la langue allemande appelle "Gemeinschaft". Que les démarches pour accéder à la nationalité soient favorisées, on peut en discuter. Mais il faut faire ce pas. Entrer dans le périmètre.

     

    À Genève, les étrangers ont le droit de vote sur le plan municipal. J'étais contre, mais c'est acquis, n'y revenons pas. Mais comme citoyen, comme homme libre exprimant son opinion, je combats toute extension de ce droit.

     

    Je vous prie de n'y voir nulle xénophobie. Je n'éprouve pour l'étranger ni la moindre peur, ni la moindre forme de rejet. Je considère que chaque être humain, sur la Terre, en vaut un autre. Je rejette toute forme d'idéologie fondée sur l'inégalité, celle des races, des religions, des ethnies.

     

    Très calmement pourtant, je combats depuis toujours le droit de vote aux étrangers. Parce que je crois à l'échelon des nations. Je crois à l'intimité sacrée, dans l'ordre de la mémoire et du destin, qui lie entre eux ceux qui adhèrent à une communauté d'appartenance. Une Gemeinschaft.

     

    A chaque membre de la communauté nationale, doit appartenir le droit indivisible, inaliénable, de se prononcer par le vote sur le destin du pays. Ou du Canton ! Car il n'y a rien de pire que cette idéologie fragmentée de la nation qui, sous prétexte de notre fédéralisme suisse, entend séparer les droits de vote sur le plan communal, cantonal ou fédéral.
     
    Pour les partisans du droit de vote aux étrangers, c'est une forme d'entrisme qui ne dupe personne : on commence par la Commune, on continue avec le Canton, et puis un jour on montera bien gentiment à l'échelon fédéral. Ne soyons pas dupes de ce petit jeu.

     

    Je dénonce et combats, depuis toujours, ceux qui veulent exploser l'échelon national, au profit de flasques conglomérats, ou d'un cosmopolitisme errant.

     

    On ne joue pas avec les valeurs de la nationalité. Sauf à vraiment vouloir faire monter les extrêmes. Je doute que la gauche y soit gagnante.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Merci, Jeunes Verts ! Merci, Parti du Travail !

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    Sur le vif - Dimanche 10.02.19 - 15.23h

     

    Mitage du territoire au niveau fédéral, caisse publique ou soins dentaires remboursés à l'échelon genevois, nous avions là, lancés par de courageux comités d'initiatives, des thèmes passionnants. Qui touchent de près la vie des gens, leur rapport au paysage, à la santé, valeurs immatérielles et tellement centrales, dans nos vies. Nous n'étions pas, avec ces sujets-là, dans l'abstraction de quelques horlogers de la pensée, mais dans le concret, le sensible, le vital.

     

    A Genève, ces trois initiatives sont refusées, mais avec des résultats parfaitement honorables pour les initiants : 52,3% seulement de non pour le mitage, 54,8% pour les soins dentaires, 55,6% pour la caisse genevoise d'assurance maladie à but social. Défaites plus qu'honorables ! Les sujets demeurent sur la place publique. Près d'un Genevois sur deux y était favorable.

     

    Dans notre démocratie suisse, nous devons toujours accepter les résultats. Mais nous pouvons, tout autant, féliciter les Jeunes Verts, ainsi que le Parti du Travail : ils ont amené de magnifiques débats, tellement concernants pour les gens. Sur l'ensemble des thèmes qu'ils nous ont proposés, après la défaite d'étape de ce dimanche 10 février 2019, le combat des idées - le seul qui vaille - continue.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Le passant qui se prend pour un roi

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    Sur le vif - Samedi 09.02.19 - 11.00h

     

    Porté dans sa campagne par les puissances de l'usure et de la spéculation, mais aussi par l'idéologie cosmopolite, mondialiste, destructrice de repères et de frontières, Macron perd toute mesure, tout ancrage, tout sens des réalités, dès qu'il s'agit de la nation, de la mémoire et de l'Histoire. Comme si ces questions-là, pourtant premières pour un Président de la République française, lui échappaient totalement.

     

    M. Macron est sûrement un homme intelligent. Il a fait de très bonnes études, fréquenté le philosophe Paul Ricoeur, nagé comme un poisson dans les eaux de la Banque Rothschild, avancé ses pions dans le capitalisme de casino.

     

    Mais cet univers-là, celui des marchands du Temple, se situe à des milliers de lieues marines de la plus haute marche de l’État, dans ce pays qui s'appelle la France.

     

    Les Français n'ont rien contre les banquiers. Mais au plus haut niveau, ils sont en attente d'autres valeurs. La capacité - celle d'un Charles de Gaulle - à incarner la permanence de l’État dans la durée, sa lutte contre les féodalités, sa puissance d'arbitrage au service de tous, à commencer par les plus faibles. Son rapport à la mémoire, aussi, sa capacité à nous faire revivre la grande geste de l'Histoire nationale.

     

    Au lieu de cela, qu'avons-nous ? Un passant, qui se prend pour un roi. Un petit veinard, élu par défaut dans l'écroulement général de 2017, qui confond sa chance avec une prédestination de la Providence. Un moraliste, au service des puissants. Un obligé des financiers. Au mieux, une figure de la Restauration ploutocratique, avec son suffrage censitaire, ses libertés de presse et d'opinion étouffées. Au pire - et il semble que nous soyons partis pour cela - le parfait usurpateur d'une fonction dont il n'a jamais pris la mesure, faute de la moindre culture historique.

     

    Emmanuel Macron, légitime encore pour trois ans, est une erreur de l'Histoire. Un accident de parcours. Les sentiments de révolte et de colère, chez des millions de Français, face à ce non-sens politique, sont parfaitement justifiés.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Vous prendrez bien une ligne de parmesan ?

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    Sur le vif - Vendredi 08.02.19 - 04.31h

     

    Selon nos informations, M. Macron aurait fait installer cette nuit les portraits de Charles VIII, Louis XII et François 1er dans son QG de campagne, au Mont-Cenis. Ainsi qu'un buste de Bonaparte.

     

    Le décret portant sur l'interdiction générale des spaghettis sur l'ensemble du territoire français, DOM-TOM compris, devrait être publié en tout début de matinée.

     

    Le Val d'Aoste devrait être réoccupé dès midi.

     

    Nice et les deux Savoie sont en état d'alerte maximum.

     

    La sauce tomate sera remplacée par du sang.

     

    Les cinémas passant du Fellini ou du Pasolini, les opéras programmant du Verdi ou du Puccini, seront fermés jusqu'à nouvel ordre.

     

    Le boulevard des Italiens sera fermé à la circulation.

     

    Le Prix Médicis, aligné sur le prix de l'essence.

     

    Les Fiat et les Vespa seront saisies par l'armée de terre. Les sacs Gucci, fouillés. Les fiasques de Chianti, confisqués pour l'ordinaire des chasseurs alpins.

     

    La joie de vivre, passible de la peine de mort.

     

    Le riz amer, confisqué des épiceries.

     

    La Porte d'Italie, fermée à clef.

     

    Les Roméo et les Juliette, mis sur écoute.

     

    Les vacances romaines, réservées aux élites méritantes de la République en Marche.

     

    Le parmesan, frappé d'interdiction et vendu au marché noir, ne se consommera plus que par lignes poudrées, dans les soirées de la jet set. On apprendra à l'inhaler avec l'intense jouissance de la parcimonie.

     

    L'alphabet latin sera remplacé par le langage des signes.

     

    Les chiffres romains, réservés aux pierres tombales.

     

    Le vol de bicyclette, considéré comme signe d'intelligence avec l'ennemi.

     

    Les guépards, chassés des zoos.

     

    Le bleu de Sienne, remplacé par du bleu de Bresse.

     

    Les journées particulières, effacées du calendrier.

     

    Mme Mona Lisa, au Louvre, pourrait se voir retirer son permis de séjour, si elle continue à défier la France et le monde, avec son insupportable sourire.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Jojo

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    Sur le vif - Jeudi 07.02.19 - 16.01h

     

    M. Macron a le droit de penser ce qu'il veut.

     

    Chacun d'entre nous a le droit de penser ce qu'il veut.

     

    Pour ma part, du plus profond de ma conscience sociale et politique, née au coeur de l'enfance, plus vive et plus aiguë que jamais, je considère que "Jojo le Gilet jaune" a exactement, comme être humain, comme être social, comme mérite de considération, la même valeur qu'un ministre.

     

    Et je considère, dans la foulée, que tout humain en vaut un autre.

     

    Tout humain, oui. Sans exception.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Alors, gagnons du temps !

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    Sur le vif - Jeudi 07.02.19 - 12.41h

     

    Et maintenant, le Pré-du-Stand ! Nous sommes partis pour une législature où chaque loi votée par le Parlement sera systématiquement attaquée en référendum par le camp d'en face.

     

    La démocratie directe, en Suisse, est la chose du peuple. Elle ne devrait pas être celle des partis. Les partis, pour arranger leurs affaires, ont déjà les enceintes parlementaires. Si, à chaque vote législatif muni d'un peu d'enjeu, les partis perdants au Parlement lancent eux-mêmes, directement, un référendum contre la loi votée par les partis gagnants, on n'est pas sortis de l'auberge.

     

    Dans l'affaire de la CPEG comme dans beaucoup d'autres, nous assistons à Genève à une prise en otage de l'institution référendaire par les partis. Alors que cette arme devrait être en priorité celle du peuple, celle de comités de citoyens ne disposant justement pas des réseaux des partis pour faire entendre leurs voix.

     

    Et puis, quoi ? Si, systématiquement, une loi votée par le Parlement est attaquée en référendum par les partis perdants, à quoi sert l'échelon législatif ? A quoi, sinon à officier comme tour de chauffe, entre cent personnes, à un débat populaire, exactement le même, quelques mois plus tard, entre plusieurs dizaines de milliers de citoyens.

     

    Dans ces conditions, supprimons l'échelon parlementaire. Ou consignons-le à la seule orfèvrerie de la fabrication des lois. Et instituons le suffrage universel comme autorité politique systématique d'approbation des lois.

     

    De toute façon, d'ici un siècle ou deux, avec le prodigieux essor du partage des connaissances, nous y viendrons.

     

    Alors, gagnons du temps !

     

    Pascal Décaillet

     

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  • PMF, je pense à vous !

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    Sur le vif - Mercredi 06.02.19 - 14.48h

     

    Malgré son style austère et ses défauts de caractère, Pierre Mendès France (1907-1982) est, avec Charles de Gaulle et Willy Brandt, l'un des hommes d'Etat du vingtième siècle que j'admire le plus. J'ai absolument tout lu sur lui. J'ai mené aussi un colloque sur PMF en 2009, Salle des Abeilles, à l'Athénée, organisé par Manuel Tornare, en présence de Pascal Couchepin, et d'une belle brochette de personnalités, dont Eric Roussel, l'un des meilleurs biographes de Mendès.

     

    Ce qui m'impressionne chez PMF, c'est la parfaite clarté, la totale cohérence de ses engagements. Il s'est donné un mois, dans son discours d'investiture, le 18 juin 1954, pour trouver une issue à la Guerre d'Indochine : en un mois, il l'a trouvée. Il n'est resté, en tout, que sept mois au pouvoir, du 18 juin 1954 au 5 février 1955.

     

    Intransigeant. Solitaire. Insupportable. Mais homme d'Etat, au moment où c'était son tour d'assumer le destin de la France. Sept mois, seulement ! L'antithèse incarnée de ceux qui s'accrochent au pouvoir.

     

    Je pense à lui tous les jours. Comme je pense tous les jours à Frédéric II de Prusse, à Bismarck, à Willy Brandt, à de Gaulle, à Gamal Abdel Nasser. Mais là, je pense plus particulièrement à Pierre Mendès France, parce que la politique a, comme exigence première, la clarté des engagements. Et je ne suis pas totalement certain que ce chemin soit celui que prend Genève. A en juger, en tout cas, par le traitement infligé par les parlementaires aux dossiers les plus lourds et les plus concernants pour les gens. Par exemple, celui de la retraite des fonctionnaires.

     

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Au coeur du chaos, une femme émerge

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 06.02.19

     

    Genève est en état de déliquescence. A peine élu pour cinq ans, le nouveau gouvernement a été touché de plein fouet par une série d’affaires touchant celui qui devait être, pour toute la période, son président. La suite, on la connaît : le président a cessé de l’être, puis ses pairs l’ont progressivement démis d’une impressionnante quantité de dossiers. On l’a littéralement dépouillé de la plupart de ses prérogatives. Il ne lui reste que vingt à trente personnes, pour accomplir une mission « d’accompagnement », du côté de la promotion économique. Bref, la Roche tarpéienne. Abandonné de tous, à l’exception d’une garde prétorienne de fidèles, l’homme s’accroche. C’est son droit. Rien ni personne, en l’état, ne peut démettre un magistrat en exercice, c’est ainsi.

     

    Mais il faut bien que la vie continue. Si l’affaire avait éclaté en fin de législature, on aurait tranquillement laissé le ministre indésiré blanchir, quelques ultimes semaines, sous le harnais, en attendant les élections. Mais là, contrairement à la Bible, l’Apocalypse survient au tout début ! Imaginez une histoire commençant par une catastrophe, un peu comme le « Tremblement de terre au Chili », l’éblouissante nouvelle signée Heinrich von Kleist (1777-1811). Une fois le séisme survenu, que faire ? C’est toute la difficulté, pour les plus de quatre ans qui restent, de l’actuel gouvernement genevois. La bonne volonté des hommes et des femmes qui le composent n’est pas en cause, mais la donne de départ est sacrément pourrie. L’enjeu est simple : depuis des mois, toutes les attentions sont focalisées sur un seul homme. Il faut désormais cesser de parler de lui, réhabiliter les thèmes, se remettre à faire de la politique.

     

    Dans ces circonstances, on souhaitera sincèrement bonne chance à chacun des six magistrats restants. Mais un constat s’impose : au cœur du chaos, une femme émerge. Elle s’appelle Nathalie Fontanet. Ministre des Finances, collègue de parti du magistrat en difficulté, voilà une conseillère d’Etat qui garde son calme, ne se laisse en aucun cas démonter. Surtout, elle défie le risque de paralysie générale en débloquant, avec l’appui du Parlement, le dossier si épineux de la réforme de l’imposition des entreprises. On pensera ce qu’on voudra du compromis entre la droite et les socialistes (186 millions pour aider les gens à payer leurs primes maladie), on le combattra même le cas échéant, mais comment ne pas saluer la présence – enfin – d’une percée, au milieu d’un champ politique tétanisé !

     

    Peut-être assistons-nous à l’émergence d’une femme d’Etat. Libérée des tutelles. Affranchie des influences trop pesantes, au sein même de sa formation. Voici désormais Nathalie Fontanet en première ligne de son camp politique. Ses premiers signaux montrent un sens du mouvement, une capacité de compromis, en un mot la mise en application d’une intelligence politique. Qu’on partage ou non ses idées, réjouissons-nous de cette étincelle de survie, au milieu des ténèbres.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Laissons l'écume vivre sa vie d'écume

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    Sur le vif - Mardi 05.02.19 - 14.40h

     

    De même que le propos prime sur l'apparence, l'énergie du verbe sur l'artifice de l'adjectif, l'analyse politique doit considérer en priorité les mouvements lourds, les tendances de fond. Elle ne doit s'attarder ni sur les personnes, ni sur l'anecdote, ni sur le futile.

     

    Ainsi, les mois perdus à pérorer sur un seul conseiller d'Etat, pour l'attaquer ou pour le défendre, apparaissent comme particulièrement vains face à des dossiers comme l'avenir de la retraite des fonctionnaires (CPEG) ou la réforme de l'imposition des entreprises (RFFA).

     

    Les médiateurs survivront, pour peu qu'ils soient capables de faire survivre le sens. Et non de provoquer l'évaporation de ce dernier par l'omniprésence de l'anecdote.

     

    Privilégions à fond les thèmes sur les personnes. Traitons les sujets qui concernent en profondeur les gens. Laissons l'écume vivre sa vie d'écume. Quelque part, dans les horizons perdus de la surface.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Laissons les obscurs obscurcir les ténèbres !

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    Sur le vif - Mardi 05.02.19 - 10.13h

     

    Un référendum contre une initiative, c'était, jusqu'ici, impossible dans le système suisse. Maintenant, c'est possible, lorsqu'il s'agit d'une initiative législative, devenant loi si le Grand Conseil l'accepte. On peut attaquer toute loi par référendum.

     

    Voilà donc, à Genève, la droite qui attaque par référendum l'initiative législative de la gauche "Sauvegarder les rentes en créant des logements", acceptée la semaine dernière par le Grand Conseil. Donc devenue loi. Donc, attaquable par référendum.

     

    Tout cela, alors que nous votons déjà le 19 mai sur deux projets contradictoires concernant l'avenir de la retraite des fonctionnaires (CPEG), avec petite croix subsidiaire pour les départager ! Avec, en plus, une votation complexe sur la réforme de l'imposition des entreprises (RFFA), volet cantonal et volet fédéral.

     

    La classe politique genevoise, à commencer par le Grand Conseil, est devenue une machine à sécréter de la complexité. Ce qu'elle n'arrive pas à trouver comme issue dans l'enceinte du Parlement, elle le reporte sur le peuple. Tel quel, comme une patate chaude.

     

    L'une de mes passions professionnelles est d'expliquer et de simplifier, infatigablement, pour le grand public, la complexité souvent fumeuse de la mécanique parlementaire. Mais là, avec cette utilisation du référendum à seules fins de compensation vengeresse par les partis, l'usine à gaz devient honteuse.

     

    La politique, ça doit être la clarté. Dieu sait si je suis un partisan acharné de la démocratie directe, mais là, avec le petit jeu pervers des partis, nous sommes dans le dévoiement le plus total du système.

     

    Si vraiment tous les sujets du Parlement doivent revenir, tels quels, au peuple, parce que les partis jouent à la démocratie directe comme au ping pong, alors laissons tomber l'échelon parlementaire. Et laissons le peuple faire la politique, d'un bout à l'autre, comme dans les initiatives. Et laissons les obscurs obscurcir les ténèbres.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Le wagon de Rethondes, avec le son !

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    Sur le vif - Dimanche 03.02.19 - 15.01h

     

    Exceptionnel, pour ceux qui se passionnent pour la guerre franco-allemande de mai-juin 40 : des extraits sonores (totalement inédits) des conversations entre plénipotentiaires français et allemands lors de la signature de l'Armistice, le 22 juin 1940 (après six semaines de guerre-éclair, et la plus grande défaite de l'Histoire de France), seront diffusés ce soir, 22.40h, sur France 5.

     

    Le wagon de Rethondes : tout le monde connaît les images. Mais personne, jusqu'ici, n'a entendu le moindre enregistrement sonore des paroles échangées entre Allemands vainqueurs et Français vaincus.

     

    Les événements militaires entre le 10 mai et le 22 juin 1940, appelés "Blitzkrieg", sont l'une des périodes de l'Histoire qui m'ont le plus passionné. J'ai eu l'occasion, au fil des décennies, de les étudier jour après jour, pour certains moments (le passage de la Meuse par Rommel) heure par heure.

     

    Une chose est certaine : la France, après s'être (contrairement aux idées répandues) battue courageusement, a perdu cette guerre. Elle avait face à elle une intention stratégique de génie, une mise en application exceptionnelle, que pouvait-elle faire face à cette armée-là ? La France ne s'est jamais remise de cette défaite. Ni la Libération, en 1944, ni la participation à la victoire contre l'Allemagne, les derniers mois (septembre 1944 à mai 1945) ne pourront effacer l'ampleur apocalyptique, parce que morale avant d'être militaire, de la défaite de juin 40.

     

    Sur les dizaines de livres que j'ai lus sur le sujet, s'il ne devait en rester qu'un à vous recommander, ce serait "L'étrange défaite", de l'historien Marc Bloch, lui-même commandant pendant ces six semaines. Résistant, il sera fusillé le 16 juin 1944. Un homme d'exception. Une conscience, au milieu des ténèbres.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Chacun d'entre nous est un Vaisseau fantôme

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    Sur le vif - Samedi 02.02.19 - 17.00h

     

    Pour comprendre ce qui se passe aujourd'hui, en France, mais au fond un peu partout en Europe, il faut savoir qu'il existe, depuis en tout cas un siècle et demi, un anticapitalisme de droite.

     

    Il existe, bien sûr, un anticapitalisme de gauche, cela nous le savons. Mais il existe - et cela est moins connu - un anticapitalisme de droite.

     

    Des gens qui se sentent profondément de droite, dans leur rapport à la nation, à la souveraineté (encore que ces valeurs aient aussi été, naguère, de gauche), dans leur rapport à l'école, à la langue, à la culture. Et, peut-être, jusque dans le désespoir solaire de leur solitude. Quelque chose de noir, infiniment. Mais d'un noir indicible, d'ébène et de goudron : il faut voir les magnifiques tableaux de Soulages (j'ai eu cet honneur l'été dernier, à la Fondation Gianadda), pour saisir toute l'intensité plurielle de ce qu'on appelle, d'un mot beaucoup trop générique, le "noir". Il faut voir ces tableaux, de toute la puissance de ses yeux, prendre le temps, capter le grain, les nuances de bleu, les mille soleils cachés sous l'apparence nocturne.

     

    Je sais, depuis toujours, que le noir est ma couleur politique. N'allez pas, je vous prie, tenter de lui coller une quelconque étiquette qui serait, de ma part, celle d'une adhésion inconditionnelle, vous perdriez votre temps. Le noir fut à la mode dans l'Italie des années 1922 à 1943, je n'ose dire 1943-1945. Mais il fut, tout autant, la couleur des conservateurs catholiques. Il fut celle des anarchistes. Allez chercher la cohérence. Pourtant, je sais, dans toute l'intimité d'une vie de réflexion politique, que ma couleur est le noir. J'admire le rouge, et ceux qui le défendent. Mais ma couleur, à moi, est le noir.

     

    Il existe, depuis le dix-neuvième siècle, un anticapitalisme noir. Et aussi un jaune, si on veut bien se référer à l'un des textes politiques qui m'ont le plus touché dans ma vie, l'Encyclique Rerum Novarum, publiée en 1891 par Léon XIII. Il s'agissait d'une réponse, d'un souffle et d'une puissance hallucinants, au cataclysmiques injustices sociales créées par la Révolution industrielle. Une réponse fondée sur la cohésion sociale, la solidarité humaine, le sens du collectif, la primauté de l'humain sur le profit, en matière d'économie. Bref, une lumineuse tentative de réponse non-marxiste au capitalisme spéculatif de la fin du dix-neuvième siècle, juste après l'Affaire de Panama, juste avant l'Affaire Dreyfus.

     

    L'anticapitalisme noir - ou noir et jaune - constitue, avec le Sillon de Marc Sangnier, mais aussi plus tard la Revue Esprit, d'Emmanuel Mounier, et au milieu de tout cela des dizaines de penseurs que je ne citerai pas, l'une des sources d'inspiration de mon rapport à la politique. Dans ma relation à la nation, à la souveraineté, à la langue, je suis peut-être bien un homme de droite. Dans mon désir de justice sociale, d'égalité entre tous les humains, de répartition des richesses, je suis un homme de gauche. Cette dualité n'a rien d'anormal, elle a nourri des générations. Et voyez-vous, il se pourrait bien - par exemple, à travers les gilets jaunes - qu'elle revienne au galop.

     

    Le courant qui monte en Europe est celui d'un anticapitalisme non-marxiste. Les gens ne veulent plus entendre parler de la spéculation bancaire, ni du règne de l'usure, ni du profit de casino. Ils veulent un retour de l'Etat, de la régulation, des arbitrages. Et beaucoup d'entre eux, dont je suis, veulent un retour de la nation. Non pour opprimer, mais pour organiser, à l'interne, les flux de solidarité nécessaires à l'épanouissement d'une communauté humaine. L'anticapitalisme noir, dont je me réclame, se situe quelque part dans cette mouvance.

     

    Je reviendrai, dans des textes ultérieurs, sur l'anticapitalisme de droite. Ne pas vouloir le percevoir, au nom d'une conception périmée de l'antagonisme droite-gauche, ne pas vouloir y inclure la dimension nationale, c'est courir le double risque d'errance et de dérive. Chacun d'entre nous est un Vaisseau fantôme, ignorant tout autant les rivages d'où il provient que ceux auxquels il est promis. Errons donc, puisque telle est notre nature. Mais sans jamais, une seule seconde, perdre le souci de la boussole. Ni celui de se situer, quelque part au milieu de l'azur.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Le RIC : tout le monde comprend, sauf... Macron !

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    Sur le vif - Vendredi 01.02.19 - 16.30h

     

    Avec une parfaite clarté, les dizaines de milliers de personnes qui manifestent depuis deux mois, en France, sous le nom de "gilets jaunes", réclament l'introduction, dans le système politique de leur pays, d'une nouveauté extraordinairement facile à comprendre : le RIC.

     

    Ils réclament le référendum d'initiative citoyenne. Ils ne réclament (à part le pouvoir d'achat) que cela. Et en tout cas, seulement cela, de façon visible, émergente, sur le plan institutionnel.

     

    C'est l'une des revendications les plus simples, les plus faciles à comprendre, depuis 1789, 1830, 1848, 1871, ou 1936. Un enfant de sept ans saisit très bien, si on lui explique.

     

    Tout le monde comprend, sauf une personne : Emmanuel Macron. En guise de contre-attaque aux mouvements de foule, le locataire de l'Elysée fait semblant de ne pas entendre. Et organise un "grand débat". En réalité, un super-show Macron, pour se montrer, en vue des européennes de mai.

     

    Il n'y a, en France, strictement nul besoin de "débat". Il y a un immense mouvement, inédit et passionnant, qui réclame une chose très claire : la possibilité, comme en Suisse avec l'initiative, pour les citoyens, d'inventer eux-mêmes, d'en-bas, les thèmes de la politique. Et de pouvoir légiférer, ou intervenir sur la Constitution, directement.

     

    Macron peut dire non à cela, ou oui à cela. Mais faire semblant de ne pas comprendre la revendication la plus simple, la plus claire, depuis deux siècles, lui qui comprenait si bien les produits dérivés et la savante alchimie du profit spéculatif à la Banque Rothschild, c'est se foutre impérialement du monde, avec une morgue jamais vue, même sous le plus orléaniste des libéraux. Prendre les gens pour des cons. Prendre le peuple de France pour des sujets, ignares.

     

    M. Macron, les gilets jaunes veulent le RIC. Alors, donnez-leur le RIC, ou refusez-leur le RIC (vous en assumerez les conséquences), mais de grâce ne prenez pas les Français pour de sombres abrutis. Ils risqueraient d'en prendre, à votre seigneurial égard, un définitif ombrage.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • RFFA : les dindons du 19 mai

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    Sur le vif - Vendredi 01.02.19 - 11.56h

     

    Les citoyennes et citoyens qui n'en peuvent plus d'être étouffés par les charges sociales, fiscales, et surtout par les primes maladie, mais qui n'ont pas l'heur de se trouver dans la tranche des futurs bénéficiaires des 186 millions d'aide aux primes maladie, bref les gens qui perdront encore plus, et ne gagneront rien, mais qui, petits entrepreneurs, indépendants, bossent 60 heures par semaine, et ne sont là que pour payer, payer, toujours payer, réfléchiront peut-être, avant de voter oui le 19 mai au compromis parlementaire sur RFFA.

     

    Un compromis juste destiné à calmer l'arrogance des multinationales, redorer le blason du PLR (ça tombe à point nommé, non ?), lustrer trois partis gouvernementaux, dont un qui s'est fait clairement acheter par la droite libérale. Tout pour plaire.

     

    PaD

     

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  • So komm, dass wir das Offene schauen !

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    Sur le vif - Lundi 28.01.19 - 15.08h

     

    Je rumine et réfléchis, depuis quelques jours, autour de Bernhard Böschenstein (1931-2019), dont la figure me poursuit depuis ma première rencontre avec lui (octobre 1976).

     

    Et je me dis qu'au fond, ce fulgurant critique de la poésie allemande, éblouissant connaisseur de la musique aussi, a sans doute plus fait pour la transmission que toute la pédagogie théorique, dans ses cent mille traités.

     

    Justement parce que son incroyable exigence nous larguait.

     

    Nous ne captions de lui que des fragments.

     

    Et ces fragments-là, poudre disséminée, me sont aujourd'hui plus essentiels que la totalité démontrée du monde.

     

    Ainsi, ces deux vers de Friedrich Hölderlin, extraits de Brod und Wein, parus il y a trois jours, dans l'annonce de décès de la Frankfurter Allgemeine Zeitung :

     

    "So komm ! daß wir das Offene schauen,
    Daß ein Eigenes wir suchen, so weit es auch ist.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Gilets jaunes : surtout pas de leader !

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    Sur le vif - Lundi 28.01.19 - 12.13h

     

    Non, non, et non ! Il ne faut pas de leader aux gilets jaunes. L'absence de leader, c'est justement ce qui fait leur puissance.

     

    Chez les gilets jaunes, les thèmes priment sur les personnes. On voit une masse humaine, juste reconnaissable à une couleur, qui se bat pour des idées, notamment pour un prodigieux renouveau de la démocratie française, le référendum d'initiative citoyenne.

     

    Alors, de grâce, qu'on ne vienne pas nous bassiner avec un leader ! Ni surtout avec une liste électorale pour les européennes. Que ce magnifique mouvement, surgi des entrailles de la France, demeure dans la magie et la fraternité de son anonymat. Surtout pas de chef ! Surtout pas de porte-parole, pour faire la tournée des plateaux TV du pouvoir.

     

    Non. Juste la masse humaine. Calme, respectueuse. Débarrassée des casseurs. Cela, dans la campagne de François Mitterrand, en avril-mai 1981, portait un très beau non : cela s'appelait la Force tranquille.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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