23/02/2012

Merci Jacques

 

Sur le vif - Jeudi 23.02.12 - 10.22h

 

Les meilleurs moments, au milieu d'une soporifique chaleur consensuelle, c'est lorsque quelqu'un jette un froid. Ainsi, Jacques Pilet, il y a quelques minutes, dans le panégyrique consacré par Médialogues à Couleur 3. En quelques mots cinglants, ce vieux lion du journalisme et de la réinvention des formes instille le soupçon d'académisme et de normalisation. Et ose la question: Couleur 3, c'est sûrement très bien, mais en quoi cela doit-il être financé par le service public? Propos qui heurteront les vieux louveteaux et feront hurler la Secte. Oui, la Secte.

 

Pascal Décaillet

 

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20/02/2012

Savons de Marseille

 

Sur le vif - Lundi 20.02.12 - 11.05h

 

Le meeting de Marseille n'est tout simplement pas à la hauteur d'un président sortant. La récurrence obsessionnelle des attaques contre François Hollande montre que Nicolas Sarkozy a peur. Stratégiquement, il n'est guère habile, de la part d'un sortant, de se focaliser à tel point sur un compétiteur. Cela inverse le rapport challenger/outsider. M. Sarkozy a sans doute convaincu les militants UMP de la cité phocéenne, c'est bien le moins. Je doute qu'il ait convaincu la France.

 

Pascal Décaillet

 

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17/02/2012

Inforoute - Bouchons vers Damas

 

Sur le vif - Vendredi 17.02.12 - 10.02h

 

Après le glacial et arrogant ministre des Affaires sociales, après le bouillant Bernard Gruson, c'est aujourd'hui le rusé matou Pierre-François Unger qui annonce publiquement sa conversion à la préférence cantonale. Décidément, il est bien encombré, aux abords du poste-frontière, le chemin de Damas.



Pascal Décaillet

 

 

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16/02/2012

La Croix, le Coeur, l'empoignade virile

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Sur le vif - Jeudi 16.02.12 - 18.15h

Dans quelques minutes, à la RSR: Franz Weber contre Jean-Marie Fournier! Comment ne pas se souvenir de "l'empoignade virile", au milieu des années 70, à la Croix-de-Coeur, entre le même Franz Weber et Rodolphe Tissières? C'était au sujet de l'altiport. C'était à peu près l'époque où Chappaz publiait, dans la Collection Jaune Soufre de Bertil Galland, les sublimes "Maquereaux des Cimes blanches". Le débat, plusieurs décennies après, n'a pas changé. Il demeure l'un des champs de tension majeurs du Valais moderne, entre respect de la nature, du patrimoine, et nécessité du développement économique.



Pascal Décaillet

 

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Citoyen Sarkozy, vos papiers !

 

Sur le vif - Jeudi 16.02.12 - 17.02h

 

L'incroyable préférence télévisuelle dont bénéficie, en France, le président sortant, pour annoncer sa candidature, est un déni de démocratie et une insulte aux autres candidats. Lorsqu'il y a élection, les compteurs doivent être remis à zéro. Et si le citoyen Sarkozy désire être à nouveau candidat, il doit être logé exactement à la même enseigne que les autres. Au fait, les 500 signatures, il en a besoin, lui aussi?



Pascal Décaillet

 

 

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La régie Renaud

 

Sur le vif - Jeudi 16.02.12 - 09.58h

 

Il s'appelle Renaud Michiels, il sévit parfois en page 2 du Matin, toujours dans le sens du vent. Aujourd'hui, exceptionnel courage, il assassine, après 972 autres, en un mois et demi, Mark Muller. Il le flingue, bien tranquille, derrière son ordinateur. Et sa rédactrice en chef le félicitera. Et ses pairs aussi. Et encore, la meute de la doxa, cette chienne qu'on appelle aussi "opinion publique".

Ce même courage, on se réjouit de le voir, chez M. Renaud Michiels, lorsqu'il osera s'attaquer à sa propre rédaction, sa propre rédactrice en chef, tiens par exemple sur la ligne du journal. Mais la 973ème salve sur Mark Muller, M. Michiels, quelle prise de risque dans le champ éditorial, quelle intrépidité! Je vous salue, Monsieur.

 

Pascal Décaillet

 

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15/02/2012

Prix du livre : les mandarins face aux Charbovaris

 

Mercredi 15.02.12 - 15.28h

 

Non, non et non ! Il n'y a pas, d'un côté, les partisans du prix unique, qui seraient, eux, des êtres sensibles, aux goûts littéraires puissants, tuant le plus clair de leur temps dans la pénombre des petites librairies. Des olfactifs,  identifiant les yeux fermés, par les seules vertus du finistère nasal, la Collection Blanche, Budé ou Firmin-Didot. Ni de l'autre, cette bande de rustres virtuels, coupés de l'encre et de la sensualité du papier, ne se nourrissant, au mieux, que de romans de gare. Ils seraient des Charbovaris, des Homais, de joyeux connards incultes, rangeant Racine au rayon horticole, Corneille à l'avicole. Non, non et non : les choses sont plus compliquées.

 

De bons arguments, dans cette affaire sur laquelle nous voterons le 11 mars, il y en a des deux côtés. Qu'il faille des niches protectionnistes en régime libéral, je suis le premier à le prôner, par exemple en matière d'agriculture, de viticulture, d'alimentation, et en bien d'autres. Que le livre ne soit pas une denrée comme une autre, ni d'ailleurs la culture en général, nous en sommes tous d'accord. Mais enfin, faute à vouloir le nationaliser (même la DDR, au demeurant un régime qui a beaucoup fait pour la littérature et le théâtre, s'en était abstenue, c'est dire), il s'agit d'un objet qu'on achète. En Suisse, il me semble que la liberté des prix s'applique. L'exception demandée par les partisans se justifie-t-elle vraiment ? On peut en débattre à l'infini. Le peuple tranchera.

 

Mais ce mépris, de la part de certains partisans ! Cette ahurissante chronique de mon estimé confrère Christophe Gallaz, dans le Matin dimanche, estimant que les adversaires du prix unique sont des gens « qui ne lisent jamais profondément », ce qui se déduirait de leur posture ! L'argument du clerc, pour réduire en poussière le profane. Le mandarin, face à l'illettré. Alceste, face au sonnet d'Oronte. Et au fond Cyrano, face à Christian. Tout cela, pourquoi ? Désolé, Françoise Berclaz, que j'admire et que j'ai attentivement suivie à Infrarouge, désolé François Pulazza, admirable libraire, désolé mais il faut lâcher le mot : tout cela, oui, au nom d'un protectionnisme cartellaire. Sympathique, certes. Peut-être nécessaire, et si le peuple le vote, je serai le premier à m'incliner. Mais protectionnisme quand même. Aussi chaleureuses, magiques, que soient les petites échoppes (mais combien de milliers d'heures de ma jeunesse n'y ai-je pas passées, amoureux des livres et même, parfois, de la libraire), il n'est pas sûr du tout que la fixation artificielle d'un prix de référence sauvera ce petit monde.

 

Non, je n'ai pas aimé la manière dont Christophe Gallaz a stigmatisé Philippe Nantermod, dans sa chronique. Non, je n'aime pas l'arrogance de la Cléricature, ces partisans qui seraient les croisés de parcelles sanctifiées d'un monde à sauver. Et qui veulent faire passer les autres pour un mélange d'amnésique barbarie et de crétinisme des montagnes. Une affaire d'iode, sans doute. Oui, je pense voter contre cette loi, après des semaines d'hésitation. Oui, toute ma vie, j'aimerai passionnément les livres. Sans eux, je ne serais rien.

 

Pascal Décaillet

 

 

15:27 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (16) | |  Imprimer |  Facebook | |

Libérez Nicolas et Mark !

 

Sur le vif - Mercredi 15.02.12 - 10.05h

 

"Mark Muller, connais pas!". Tout au plus, le banquier Nicolas Pictet, ce matin 07.59h sur la RSR, avait dû le rencontrer deux fois dans sa vie. Et mon excellent confrère Simon Matthey-Doret obtenait en direct un lâchage de derrière les fagots, comme seuls les patriciens genevois sont capables de nous en concocter. Il est vrai qu'à Genève, les milieux de la banque privée et ceux de l'immobilier n'ont jamais filé le parfait amour. Oui, pour ce conseiller d'Etat, l'ennemi est dans la famille. Le ver, dans le fruit.

 

Pascal Décaillet

 

10:05 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Imprimer |  Facebook | |

14/02/2012

Ueli Maurer: "Banane, Monsieur, bonsoir!"

 

Sur le vif - Mardi 14.02.12 - 18.56h

 

On connaissait beaucoup de qualités à Ueli Maurer, on ignorait pourtant qu'il fût poète. "Il est plus difficile, a-t-il déclaré tout à l'heure à la RSR, d'acheter 22 avions qu'un kilo de bananes". Nul n'en doute. Mais une chose est sûre: pour oser une telle envolée, si soluble dans l'air, il faut un solide point commun avec les bananes. Lorsqu'en groupe, de leur rire jaune, elles défient le ciel. Cela s'appelle un régime.

 

Pascal Décaillet

 

 

18:56 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (29) | |  Imprimer |  Facebook | |

Dieu s'en va, mais reviendra

 

Sur le vif - Mardi 14.02.12 - 16.29h

 

Manuel Tornare, donc, n'aura pas exagérément blanchi sous le harnais du Grand Conseil : deux ans, pas plus ! Elu cet automne au National, l'ancien Maire de Genève, encore identifié à cette fonction par de nombreux partenaires dans le monde, et pas seulement dans l'Internationale des camarades, préfère se concentrer sur la vie fédérale. Il a entièrement raison : à Berne, il a encore beaucoup à apprendre.

 

Quitte-t-il, pour autant, définitivement la vie politique genevoise ? Certainement pas ! Riche, déjà, d'une très longue expérience politique, l'homme est en pleine forme, au sommet de ses moyens. A supposer qu'un jour, une occasion se présente pour le Conseil d'Etat, il sera de la partie. Là encore, il aura raison : le parti socialiste est l'un des éléments constitutifs de la vie politique genevoise, il a donné au canton André Chavanne et Christian Grobet (oui, socialiste, jusqu'en 1993), il se doit de présenter à l'exécutif cantonal les meilleurs. Pas la Ligue B !

 

Le choix de la Ligue B, ce parti l'avait fait la dernière fois, pour le Conseil d'Etat. Résultat : il a perdu un siège qu'avec Tornare, il aurait sans doute gardé. Social-démocrate, préférant le Temps des Cerises à l'Internationale, homme de culture comme il y en a peu dans la classe politique, Manuel Tornare n'a sans doute pas dit son dernier mot. Il faut en tout cas l'espérer, dans l'intérêt de Genève.

 

 

Pascal Décaillet

 

 

 

16:29 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Imprimer |  Facebook | |

Feu libre sur Mark Muller

 

Sur le vif - Mardi 14.02.12 - 12.17h

 

C'est parti. Le feuilleton. Les orgues de Staline, par saccades. Toujours comme ça, exactement, à ce moment d'une affaire. Le moment du feu libre. Chasse ouverte. Ceux qui tirent, savent-ils exactement pourquoi ? Connaissent-ils le donneur d'ordre ? N'envisagent-ils pas qu'il pourrait être de la famille ? On ne tue jamais que les siens. Sinon, pourquoi tuer ?

 

A chaque information qui sort sur Mark Muller, demandons-nous qui est le donneur d'ordre. Je ne parle pas de l'intermédiaire, celui qui se précipite pour une 812ème demande de démission. La famille, je vous dis ! Les mêmes, Tartuffes parmi les Tartuffes, qui au grand jour font la morale. « On ne nous apprend pas, chante Brel, à se méfier de tout ». C'est dommage. On devrait.

 

Il y a toujours, à ce moment d'une affaire, lorsqu'un homme est traqué, de délicieux agneaux de lait pour venir, dans la laineuse moiteur de l'innocence, en rajouter une couche. Oui, vous verrez, Mark Muller aura bientôt cassé le vase de Soissons, rédigé la dépêche d'Ems, composé le Petit Bleu de l'Affaire Dreyfus, vendu la mèche sur l'expédition de Madagascar, le secret de la bombe à la place des Rosenberg.

 

C'est ainsi. La curée. Et il y a ceux qui veulent encore croire au progrès ! La noirceur foncière de l'humain est invariante. La trace du temps, sur elle, n'agit pas. A chaque « révélation » sur Mark Muller, posez-vous la question du vrai commanditaire. Ou alors, dansez avec le vent.

 

 

Pascal Décaillet

 

 

 

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13/02/2012

Vite, une aspirine !

 


"La convergence est centrée sur la bascule d'une logique verticale et cloisonnée de chaînes en une logique plus transversale de rédactions thématiques trimédia".

 


Gilles Marchand - Le Temps - Lundi 13.02.12

 

 

09:55 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (13) | |  Imprimer |  Facebook | |

12/02/2012

Le prix de la conscience est-il unique?

 

Sur le vif - Dimanche 12.02.12 - 10.12h

 

Hallucinant dérapage de Christophe Gallaz, dans sa chronique du Matin dimanche: les adversaires du prix unique du livre (comme Philippe Nantermod) seraient des gens qui "ne lisent jamais profondément". Cela se déduirait de leur posture. Et il faudrait opposer ces rustres poujadistes aux consciences du Livre, avec un immense "L", des gens comme Pierre Weiss, bref les partisans du prix unique. Inutile manichéisme, mon cher Christophe!

 

Pascal Décaillet

 

 

10:12 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (13) | |  Imprimer |  Facebook | |

10/02/2012

La moiteuse communauté des lâcheurs

 

Sur le vif - Vendredi 10.02.12 - 17.41h

 

En politique, il arrive souvent qu'on lâche un homme. Les mots: toujours les mêmes ! Ses réflexes de survie, la moiteuse communauté des lâcheurs les dissimule derrière le paravent de la morale. Elle feint de découvrir, horrifiée, que le misérable a menti. Et cet acte, travestir la réalité, pourtant solfège de l'art politique, se transmue soudain en péché des péchés. Tartufferies ! Il y a juste de bons et de moins bons menteurs. Dans ce jeu de masques et bergamasques, autour de Mark Muller, les plus intelligents, les plus redoutables, ne sont pas ceux qui prennent la parole. Mais ceux qui se taisent. Par exemple, dans le noyau dur, historique, philosophique, du camp radical. En Ville. Et bien sûr aussi au Canton.

 

Car il y a toujours des radicaux, et toujours des libéraux. Toujours les huiles, et toujours les pisse-vinaigre. Toujours de fiers grognards, et toujours, au balcon, le regard fatigué du patricien. Ces cercles-là, qui ne sont pas d'enfer, ne se sont, au fond, jamais mélangés. Tout au juste, on a cohabité pour la forme. La passion, mais chambre à part. La fusion, juste pour l'étiquette.

 

Et puis, il y a les imprudents. Le Saint Apôtre guetteur de stigmates qui, dans l'immédiat aplomb du Salève, a peut-être rugi un peu trop vite. Montré les dents. Alors que les autres, là-bas, les chers cousins, celui de la Ville, qui tient les clefs, et puis ceux du Canton, demeuraient silencieux. Et les moiteux se mâtent, s'observent, genou à terre, l'œil dans la serrure, la glotte jouissant d'en apprendre sur le cher voisin, l'estimé cousin. Car le drame ne se joue pas dans le monde, non, juste dans la famille, sur le ton murmurant de Phèdre à Oenone. Et la douceur des syllabes n'a d'égale que le feu des ambitions. Cela se passe à Genève, en février 2012. Ou à Thèbes. Ou quelque part, derrière une colonne. Fière. Au milieu de la moiteuse communauté des lâcheurs.

 

 

Pascal Décaillet

 

 

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Politique mais illégale, la pression de PFU

 

Sur le vif - Vendredi 10.02.12 - 09.56h

 

En aucun cas, Mark Muller n'a à livrer au Conseil d'Etat le montant de sa transaction avec le barman. S'il finit par le faire, c'est qu'il aura cédé à la pression politique d'une majorité du Conseil d'Etat (ce qui explique l'évolution fulgurante de Pierre-François Unger en 24 heures). Aujourd'hui, tout est affaire de pressions. Même si ces dernières - exiger le montant d'une convention privée en confidentielle entre les deux parties - sont à la limite de la légalité. Voire au-delà.

 

Pascal Décaillet

 

 

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09/02/2012

L'île Mauris : luxe, calme et volupté

 

Sur le vif - Jeudi 09.02.12 - 17.20h

 

Votre pagode prend l'eau, les piranhas se précipitent en votre direction, le rivage est tellement loin, invisible. Vous vous sentez un peu seul. La Faucheuse, vous l'aviez imaginée plus sereine, plus noble, enfin moins grotesque que sur ce maudit rafiot pourri. Même pas l'Amazone. Juste un marécage. Sourire du nénuphar. Appétit du poisson carnivore. Il vous a dans la peau, Alain-Dominique. Les eaux sont douces, presque sucrées. C'est l'heure de vérité.

 

Et les enfants du Marais, justement, ils vous ont lâchés, pour de Vertes amours. Il n'y a plus de centre, il n'y en eut d'ailleurs jamais. Il n'y a plus que vous, Alain-Dominique, médusé sur cette saloperie de radeau. Il faut bien que sonne l'heure, alors il faut dire un mot : le dernier. Vous aviez bien pensé à « Mehr Licht », mais Goethe vous avait fauché la case. « Vive la France », sans bâillons ni poteau, sans la prière aux agonisants, c'est peut-être un peu déplacé. Alors, Alain-Dominique, à l'heure fatale, 15.23h, vous eûtes la phrase salvatrice :

 

« Les Assises du PLR inaugurent une marche vers l'avenir ».

 

Et nul piranha n'y survécut. Et vous eûtes la vie sauve. Pour quel destin ?

 

Pascal Décaillet

 

 

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08/02/2012

« Mais parlons d'autre chose »

 

Sur le vif - Mercredi 08.02.12 - 16.58h

 

Bon, nous sommes le 8 février, l'hiver est certes loin d'être fini, mais enfin il fait un peu moins froid, la bise s'est calmée, alors on pourrait commencer comme Brel finissant La Fanette : « Faut dire - Qu'on ne nous apprend pas - Mais parlons d'autre chose ».

 

Autre chose ! Nous avons, ici même, dès le premier jour, proclamé que l'affaire du Moulin était d'ordre privé. Qu'il y avait sans doute mille noises à aller chercher à Mark Muller, mais de grâce sur le plan politique : chantiers qui n'avancent guère, mirages de la plus haute tour. Oui, à ce mal aimé, c'est cette chanson-là qu'il eût fallu chanter, comme d'ailleurs à la plupart de ses collègues : ce gouvernement-là est, depuis la guerre, l'un des moins convaincants. Ces questions-là sont importantes, non ce qui s'est produit la nuit du Réveillon.

 

Dans ces conditions, l'accord annoncé aujourd'hui, entre les parties, est une bonne nouvelle. Pas nécessairement sur le plan moral. Mais sur le seul plan qui vaille en politique : la PO-LI-TIQUE ! Or, cette dernière, si elle doit certes intégrer une part de morale, ou tout au moins entrer en dialectique avec la morale, ne peut en aucun cas - désolé, âmes sensibles - se réduire aux seules exigences de la morale. Sinon, il n'y aurait eu ni Richelieu, ni Mazarin, ni Talleyrand, ni Metternich, ni Bismarck, ni Mitterrand. Pardonnez-moi, augustes figures, de tremper ici vos noms dans une affaire qui ne relève pas exactement de vos catégories ! Mais de la dernière porte du couloir, au fond à gauche.

 

Alors, quoi ? Alors, les vraies questions ! Ce gouvernement, si faible, va-t-il tenir, autrement qu'en survivant, jusqu'à la fin de la législature ? Sous quelles perfusions ? Celles du Docteur Unger ? Sans doute va-t-il déléguer, rafistoler, écoper, tenter de joindre les soudures. Mais on voit mal, d'ici novembre 2013, un quelconque grand dessein jaillir de cette équipe-là. Cela est le vrai problème. La péripétie du Moulin, qu'elle se dissipe dans l'Histoire. Qu'elle entre dans la danse. Comme des particules de poussière. Attirées par le néant.

 

Pascal Décaillet

 

 

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Le enfants du Marais

 

Mercredi 08.02.12 - 09.46h

 

Les enfants du bénitier ayant opté pour le Marécage, il n'est pas impossible, ce soir à Genève, que de fiers grognards choisissent, quant à eux, des étoiles nouvelles.

 

Pascal Décaillet

 

 

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07/02/2012

Bastions: on ne sait rien

 

Mardi 07.02.12 - 12.45h


Je crois bien, depuis hier 17h, avoir à peu près tout lu, écouté toutes les déclarations, sur le drame des Bastions le 29 janvier. Une chose est sûre: on ne sait strictement rien de ce qui s'est passé. Ni de la personne décédée, dont les proches méritent bien sûr nos pensées. Ni de ses liens, ni de ses absences de liens, avec les Indignés. Pour l'heure, ON NE SAIT RIEN ! Dès lors, toute récupération politique (par un maire de droite), mais aussi toute tentative (par un conseiller administratif de gauche) de se soustraire a priori à une éventuelle responsabilité, oui tout cela apparaît comme de l'intox. Voire de la manipulation.

Quant à l'argument comme quoi le décès de cet être humain serait moins grave parce qu'il était toxicomane, voire suicidaire, il donne la nausée. La mort est la même pour tous. Face à elle, nous sommes égaux. Nulle vie humaine, en soi, n'est supérieure, ni inférieure à une autre. Je le dis comme citoyen. Je le dis comme chrétien. Oui, j'affirme cela dans l'intersection de cette double appartenance.

 

Pascal Décaillet

 

 

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06/02/2012

Mme Peel, on a besoin de nous !

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Lundi 06.02.12 - 11.35h

 

Les années soixante. Nous étions enfants. La télé, noir blanc, mettait une bonne minute à s'allumer, le même temps à s'éteindre. Il n'y avait que deux chaînes: la Suisse, la France. Quelque part dans cet univers, Chapeau Melon et Bottes de Cuir. John Steed et Emma Peel. C'était une série (on disait "feuilleton") d'une qualité infiniment supérieure. La musique, le montage, la classe des acteurs, la complexité très britannique de l'intrigue (la plupart du temps, on n'y comprenait rien), l'humour. Jamais nous n'oublierons ces soirées étranges. C'était un univers.

 

Aujourd'hui, lundi 6 février 2012, quelque part en Californie, Patrick MacNee, l'acteur qui a si magnifiquement incarné Steed, fête ses 90 ans. Nous pensons à lui. Nous aurions tant envie qu'il reprenne son combiné téléphonique, appelle Emma, l'immaculée Diana Rigg: "Madame Peel, on a besoin de nous". Générique. Musique. Excellent Anniversaire, Monsieur MacNee!

 

Pascal Décaillet

 

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