27/03/2012

Eric et Céline

 

Sur le vif - Mardi 27.03.12 - 12.31h

 

Eric et Céline s'aimaient d'amour tendre. C'était un temps déraisonnable, le printemps fêtait ses six jours, on attendait les eaux de pluie, et gais rossignols, et merles moqueurs, ceux de la chanson, tous en fête.

 

Pour queues de cerises, trop longtemps, Eric et Céline s'étaient chamaillés, tripatouillés. A trop chercher noise, on perd le sens du vent, on se méfie du fil des jours, et les grands milans noirs, compagnons du printemps, on omet de les contempler.

 

Alors, Eric et Céline, sur plateau d'or, nous ont offert leurs noces. Raison, passion ? Cela n'importe pas, on s'unit pour un bout de chemin, le temps d'un printemps, et gais rossignols, et merles moqueurs, tous en fête.

 

Au soir du 17 juin, Eric et Céline, quel air siffloteront-ils ? De quel grand prédateur auront-ils fait le nid ? Les jours, alors, seront si longs, les nuits si ténues, de la Saint Pierre à la Sainte Anne, le fil d'une saison. Et les oiseaux qui passent. Et gais rossignols, et merles moqueurs, toujours en fête.

 

 

Pascal Décaillet

 

 

 

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26/03/2012

Passé ou passif ?

 

Sur le vif - Lundi 26.03.12 - 14.25h

 

« Pierre Maudet, c'est un peu l'homme du passé » (Le Temps, lundi 26 mars 2012). Comment une femme de l'intelligence et de la culture historique d'Anne Emery-Torracinta, elle qui a sans doute, étant ma contemporaine, assisté en direct, comme moi, aux débats Giscard-Mitterrand de 1974 et 1981, a-t-elle pu tomber dans le piège de cette expression ?

 

Elle devrait pourtant savoir que, grâce au génie des mots de l'homme de Jarnac, l'éternel écho, désormais, « d'homme du passé », sera « homme du passif ». Savoir, aussi, que l'usage de cette expression, comme un boomerang, se retourne contre son auteur. Passé, passif : au grief du temps, Mitterrand renvoie celui du mode, et,jouant sur les homophonies, balance dans les gencives de son attaquant, sept ans (presque jour pour jour) plus tard, la maigreur de son bilan. Oh, il l'avait préparée ! Mais l'effet, dévastateur.

 

Au surplus, il n'est pas nécessairement d'une habileté à toute épreuve d'envoyer ces trois mots à un homme de vingt ans de moins que soi. Ni de lui brandir le miroir de l'affaire Mark Muller. Pierre Maudet n'a rien à voir avec le monde libéral, il est un radical canal historique, et cela aussi, l'historienne AET le sait. Les moyens du Maire de Genève pour parvenir à ses fins, à l'intérieur du parti, y compris peut-être contre l'ancien ministre libéral, sont certes sans quartier, et on a bien le droit d'en disserter. Mais sa finalité politique (la seule chose qui compte) est bien de l'ordre d'une rénovation, dans un univers où les fatigues patriciennes n'ont conduit qu'à l'arrogance et à l'immobilisme.

 

« Pierre Maudet, me lançait un ancien conseiller d'Etat dont je partageais, fin 2002, le compartiment de train pour revenir de l'élection de Micheline Calmy-Rey, à Berne ? - C'est un jeune qui est déjà vieux ». Ce gros jaloux, dont je tairai le nom ainsi que le double prénom, n'avait peut-être pas tort. Mais il avait, comme Mme AET, juste omis une chose : la mode étant ce qui se démode, méfions-nous, pour toujours, des vieux de vingt ans. Ils sont là pour durer. Et pour nous dépasser.

 

Pascal Décaillet

 

 

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Mme Emery-Torracinta vote-t-elle Maudet ?

 

Sur le vif - Lundi 26.03.12 - 00.04h

 

La candidature d'Anne Emery-Torracinta commence déjà à déployer ses effets : elle polarise la tension entre la gauche et la droite. C'est exactement sa mission : la députée socialiste a pour tâche de faire le plein à gauche, dès le premier (et si possible unique) tour. Au contraire, la mission d'un Tornare, tout en perdant un peu à gauche, eût été de ramasser des voix sur le centre et la droite, ce que l'ancien Maire de Genève a toujours fait.

 

Avec Mme AET, donc, plein cap sur la gauche ! Il faut dès lors s'attendre à une campagne haineuse. Et cela, déjà, a commencé ! À en juger par certaines réactions à mon dernier blog, où j'osais émettre des doutes sur cette candidate, et décoder l'usage de la mythologie paritaire comme instrument de conquête du pouvoir par une clique, nous voilà repartis dans le Grand Soir des camarades, avec le roulis si doux des têtes sous la lame, qu'on brandit au sommet d'une pique.

 

Ces braves gens oeuvrent contre leur camp. Ceux d'entre nous qui, par l'intelligence mendésiste d'un Tornare, auraient pu nourrir, un temps, l'idée de voter socialiste, contre l'Etat des Frères radicaux, ou contre l'aventure des Gueux, n'en ont plus du tout envie face à la rigidité dogmatique incarnée par Mme AET et surtout les cris de haine de ses suppôts. Résultat : les chances de Maudet montent. Sic transit. Installons-nous dans l'heure d'été. En attendant le 17 juin.

 

Pascal Décaillet

 

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25/03/2012

Grognards d'Empire et naphtaline

 

Sur le vif - Dimanche 25.03.12 - 10.22h

 

Fort bien désignée, hier, candidate socialiste au Conseil d'Etat, Anne Emery-Torracinta sera-t-elle élue ? C'est fort possible, même si le potentiel électoral d'un Manuel Tornare était supérieur. C'est possible, mais est-ce bon pour Genève ?

 

Ses partisans, en tout cas, s'y entendent dans l'art de quadriller un congrès. Sous l'éternel masque du féminisme, qui n'est ici qu'un paravent des ambitions (pour l'automne 2013), ils ont admirablement noyauté, ourdi, tramé. Avec comme résultat l'élimination, une fois de plus, d'un homme de grande valeur, qui eût donné un conseiller d'Etat immédiatement opérationnel, avec vue d'ensemble, savoir-faire politique, ductilité, réseaux.

 

C'est leur problème ? Non ! C'est aussi le nôtre, citoyens de Genève ! Nous sommes responsables, le 17 juin, d'élire la meilleure personne possible pour redonner vie, élan, dynamisme à un collège en bout de souffle, l'un des moins bons depuis très longtemps. À ce niveau, on a besoin de rêver, de s'enthousiasmer un peu, une complémentaire doit avoir ce petit quelque chose de magique qui, bien plus que l'élection normale, isole et cisèle la personne du candidat, dessine sa silhouette, donne envie. Ce qui est le cas avec MM Maudet, Stauffer, et même Seydoux d'ailleurs.

 

Au risque de casser l'enthousiasme d'hier, et m'attirer les foudres des sorcières et sorciers du féminisme (allez, soyons épicènes !), j'ai moins ce sentiment avec la première de classe désignée hier par les socialistes. Je l'aurais eu avec les trois autres (Mme Kast, MM Apothéloz et Tornare). Pas avec elle.

 

Mme Emery-Torracinta est une vraie militante socialiste. Pure et dure. Parfaitement dans le dogme, et même la doxa. En matières sociale, fiscale, financière, elle défend à la lettre la Bible du parti. Avec elle et Charles Beer, les camarades auront deux bons soldats au gouvernement de la République. C'est peut-être bien pour le socialisme. Est-ce bon pour Genève ?

 

Après avoir frôlé le néant, le parti socialiste genevois, depuis deux ou trois ans, donne des signes de renaissance. Le quatuor proposé au congrès de Carouge alignait des personnalités de valeur. Et la nouvelle présidence de Romain de Sainte Marie s'annonce prometteuse d'un nouveau militantisme qui fait plaisir à voir. Hélas, cette renaissance n'a pas mis fin aux clans, aux factions, à l'hypocrite utilisation de la parité pour voiler la fureur des ambitions. C'est le péché originel de cette candidature.

 

Alors, quoi ? Alors, tournons-nous vers les grognards d'Empire passés par le fazysme. Ou vers les Gueux. Le 17 juin, osons autre chose. Un peu d'air frais. Et, pour l'orthodoxie rigide des premiers de classe, une cure de naphtaline.

 

Allez, pour ma part, malgré ma légendaire mansuétude pour les Gueux, je sens que les grognards d'Empire, en cette veille du 18 juin (qui est aussi la date de Waterloo), sauront à nouveau me séduire. Leur aventure, salée, a des parfums de République. Pour ma part, ça me parle - et m'inspire - un peu plus que les combinaisons d'arrière-boutique des camarades.

 

 

Pascal Décaillet

 

PS - 15.15h - Ce blog n'étant pas dans la doxa majoritaire des camarades, ou alliés, ou affidés, nul doute qu'il attirera leur ire. Peuve, déjà, que cette candidature frontalisera la droite contre la gauche, là où celle d'un Tornare, plus ductile, plus pragmatique dans le sens mendésiste, aurait pu rassembler hors de son parti. Sans être de gauche, j'ai toujours voté Tornare, à cause de son intelligence, sa culture, sa capacité de rassemblement. Là, le choix tactique des socialiste est de faire le plein à gauche pour le premier (et sans doute unique) tour. Ils ont sans doute raison, et les chances d'élection de Mme AET sont grandes. Mais je ne pense pas que ce soit une bonne chose pour Genève. L'intérêt de la famille socialiste est une chose, fort respectable au demeurant. L'intérêt supérieur du canton en est une autre.


 

 

 

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24/03/2012

En neuf mots

 

Aujourd'hui à Carouge, le congrès socialiste a voté Maudet.

 

PaD

 

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20/03/2012

Affaire Gruson : le Conseil d'Etat doit préciser sa position

 

Sur le vif - Mardi 20.03.12 - 16.35h

 

Pierre-François Unger, qui avait soutenu Bernard Gruson dans l'affaire de l'engagement de cadres frontaliers, a-t-il été désavoué par une majorité du collège qu'il préside ? Si oui, qu'il le dise. Si non, qu'il s'impose. Mais une chose est sûre : Genève ne peut avoir un gouvernement dont le président dit blanc, et (en tout cas) un autre ministre (David Hiler) dit noir. Et la clarification qui se fait attendre. Aura-t-elle lieu demain ?

 

Président du Conseil d'Etat, habituellement excellent pour le liant, l'amabilité, la rotondité avec lesquels il habite la fonction, PFU doit se garder de donner des impressions de flottement. Comme s'il émettait parfois des signaux, sans l'assurance d'une majorité avec lui, et qu'il était ensuite, après « explication », obligé de rebrousser chemin. On a cru percevoir ce symptôme dans l'affaire Mark Muller (soutien, puis lâchage). Il ne faudrait pas que ce genre de vacillements se répète trop souvent. D'autant qu'un très grand commis, directeur hors pair, Bernard Gruson, est ces temps l'objet d'attaques aussi indignes que récurrentes. D'où viennent-elles?

 

Pierre-François Unger est le président du Conseil d'Etat genevois. C'est par lui que la parole du gouvernement doit passer. Il ne saurait y avoir de gouvernance de l'ombre. D'où la nécessité de clarté. Sur cette affaire, comme sur toutes les autres.

 

Pascal Décaillet

 

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17/03/2012

Le goudron et les plumes

 

Sur le vif - Samedi 17.03.12 - 10.08h

 

Prêt à parier que, comme par miracle, l'Aéroport et Palexpo se verront rattachés au DCTI (enfin, au vaste empire élargi qui portera ce nom-là ou un autre) à partir de cet été.



Prêt à parier, aussi, qu'on est en train, au sein même du collège, de déplumer PFU de tout pouvoir réel sur "la région".



Prêt à parier que les mêmes, au sein du Conseil d'Etat, qui déplument, sont ceux qui se goudronnent la voie royale. Les mêmes qui, faisant tirer à répétition (par spadassins interposés) sur M. Gruson, en profitent pour affaiblir son ministre de tutelle. L'aubaine.



Ces gens si compétents, au costume si bien coupé, qui nous préparent une concentration de pouvoirs, dans les mêmes mains, sans égale depuis la Seconde Guerre mondiale. Douceurs de l'intérim. On arrache les bornes, on les déplace à sa guise. On se taille des terres sur mesure.

 

Et, pour anesthésier l'esprit critique du bon peuple, on laisse les spadassins, déguisés en séraphins, entonner - ici même - à longueur de journées, l'air de "la région".

 

Ce gentil mot. Tellement inoffensif. Fleurant Giono, les santons, Denis de Rougemont, l'humanisme doux. Tellement éloigné des raideurs de la nation, avec ses oblgations de servir, ses devoirs. Alors, comme on a tellement échoué à l'intérieur du canton, on endort les consciences avec la seule magie de ce mot-là, "région".

 

Paravent! Un de plus. Qui osera le dénoncer?

 

 

Pascal Décaillet

 

 

 

 

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16/03/2012

Merci, Stéphane Valente !

 

Vendredi 16.03.12 - 12.33h

 

Stéphane Valente vient de m'annoncer qu'il mettait un terme à sa grève de la faim. C'est une excellente nouvelle, car nous étions quelques-uns, à Genève, à commencer à nous inquiéter: 30 jours sans manger! Vous avez pris, Stéphane, la bonne décision: cette affaire de citernes est assurément à mettre à l'ordre du jour politique. Mais en aucun cas, elle n'aurait justifié le sacrifice d'une vie. Votre vie.

 

Vous êtes un homme d'honneur et d'engagement. Au fil de ces semaines, je vous ai vu maigrir, votre visage s'émacier, vos traits se tirer. Je crois que la classe politique genevoise, et au fond toute la population, grâce à vous, a maintenant compris qu'il fallait faire quelque chose avec ces citernes.

 

Je vous souhaite de reprendre quelques kilos, quelques couleurs. La Cité a besoin de vous. Dans cette affaire, comme dans d'autres. Nous avons besoin de citoyens bien vivants pour porter le débat.

 

Pascal Décaillet

 

 

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15/03/2012

Mascarade

 

Sur le vif - Jeudi 15.03.12 - 22.50h

 

Prenant ses airs les plus célestes, le Président du Grand Conseil nous fait savoir que sa Chambre a rejeté le recours de M. Stauffer contre ses cinq mois d'exclusion des commissions. Triste scénario, exactement prévisible. Triste vengeance du conglomérat au pouvoir contre la Marge. Bonjour Tristesse! Le groupe MCG, juste avant ce jeu de masques et bergamasques, a parfaitement eu raison de quitter la salle. L'avenir du canton se jouera hors de cette enceinte, sur soi-même refermée. Naphtaline!

 

Pascal Décaillet

 

 

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La Mémoire et l'Amer

 

Sur le vif - Jeudi 15.03.12 - 15.24h

 

Depuis l'aube de mon âge, avant même que je ne lusse Tocqueville, il me semblait avoir appris que les libéraux aimaient la concurrence. Ce goût pour la compétition, je le partage. Eh quoi, battons-nous, soyons les meilleurs, lisons Darwin, imposons-nous, dispensons tout de même quelque aumône, puisque nous ne sommes pas des brutes. Et survivons !

 

D'où mon étonnement en découvrant, à 14.52h, un communiqué signé des huiles les plus vinaigrées du PLR, pour pleurer comme peleurs d'oignons, toute moutarde bue et grimpant jusques au nez, face à l'immonde décision de l'ignoble Laurent Seydoux d'oser se présenter au Conseil d'Etat. « Il va nous faire de l'ombre ! ».

 

Peu averti dans l'observation de la chose politique, à vrai dire éternel novice, il me semblait que le principe même d'une élection était d'opposer des candidats les uns aux autres. Et que le corps électoral, au suffrage universel, un beau dimanche, tranchait.

 

Les Verts libéraux ayant décidé de vivre leur propre aventure, reste au PLR une solution : aller frapper, tel la cigale, à la porte de ce parti que Pierre Maudet, il y a un an encore, pour passer en Ville et plaire à une partie de la gauche, n'évoquait que botté et casqué, brunâtre, nauséabond, en route vers Nuremberg en chantant la Chevauchée de la Walkyrie. Ce parti s'appelle l'UDC. A-t-il de la mémoire ?

 

Pascal Décaillet

 

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13/03/2012

Murat, Philippe, Romain

 

Sur le vif - Mardi 13.03.12 - 12.26h

 

Ils s'appellent Romain de Sainte Marie (26 ans) ou Murat Julian Alder (30 ans). L'un est socialiste, l'autre radical (non, je ne dis pas PLR, c'est un grand et noble mot, dans notre Histoire politique suisse, que « radical »). Les deux ont le sens de l'Histoire, le sens de l'Etat. Sur le plan politique, économique, ils se combattent. Mais avec un remarquable respect. Ils ont appris l'art du dialogue, celui de l'argument. Ils ne saisissent les verres d'eau que pour les boire. Ils ne passent pas leur temps, comme d'autres, à insulter tout le monde, toute la journée et toute la nuit, sur les réseaux sociaux. Non. Ils font de la politique. Adorent ça. Bossent comme des fous. Ces deux-là, parmi d'autres (Olga Baranova, Philippe Nantermod, Emmanuel Kilchenmann), seront les personnalités politiques de demain.

 

Je rends hommage à ces jeunes. Parce qu'ils contrastent tellement avec la tristesse de huis clos de certains caciques du Grand Conseil. Faire de la politique entre soi. En cercle fermé. Se soutenir, par d'étranges transversalités, ménager les carrières mutuelles : cette année je suis président, l'an prochain ce sera toi, dans deux ans ce sera lui. En attendant ce jour, on se cajole, on se mitonne, on défend la caste, contre toute irruption de l'extérieur. Tristesse !

 

Murat, Philippe, Romain, quoiqu'élus déjà dans des Conseils, font la politique dehors. Sur le terrain. C'est cette passion du militantisme qui a conduit le Jeune Socialiste, contre vents et marées il y a trois ans encore, à devenir, le 24 mars prochain, le nouveau président du parti socialiste genevois. C'est son talent, sa culture juridique et politique, sa connaissance des langues, sa passion du débat qui feront du radical de trente ans, sans trop tarder on l'espère, une figure de proue de la vie politique genevoise, ou suisse. C'est son courage, en acceptant d'affronter, seul contre tous, les partisans du prix unique, de se faire traiter d'inculte ou de plouc des montagnes, qui a permis à Nantermod, dimanche soir, de se trouver, au niveau suisse, dans le camp des vainqueurs.

 

Hommage à ces Mousquetaires. Et à tous les autres. L'avenir leur appartient.

 

Pascal Décaillet

 

 

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12/03/2012

L'Enfer dans un verre d'eau

 

Sur le vif - Lundi 12.03.12 - 17.36h

 

On vient de l'apprendre: c'est à huis clos que le Grand Conseil, ce jeudi 15 mars à 22h, traitera l'opposition d'Eric Stauffer contre sa sanction de cinq mois d'exclusion des commissions.

 

Il y a une pièce de Sartre, plutôt géniale, qui s'appelle "Huis Clos". Et qui se termine par cette phrase: "L'Enfer, c'est les autres". Mais là, qui est le Diable? Qui sont les juges? Et qui sont les damnés? Et si l'Enfer, comme la soif du mal, n'était rien d'autre qu'une histoire d'eau?

 

Pascal Décaillet

 

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La dérive, en fonction du rivage

 

Sur le vif - Lundi 12.03.12 - 12.08h

 

Singulier (et un peu tardif) communiqué des Verts genevois, à l'instant: "La démocratie en dérive". A propos de la loi sur les manifestations. Il y avait une votation populaire. Il y a eu débat. Tous on pu s'exprimer. En toute connaissance de cause, le souverain a pris sa décision. En quoi la démocratie est-elle à la dérive?

 

Pascal Décaillet

 

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11/03/2012

Prix du livre : vous prendrez bien un petit ouzo ?

 

Sur le vif - Dimanche 11.03.12 - 18.55h

 

Refusé par 56, 1% du corps électoral, le prix unique du livre n'est accepté que par les Romands. La coupure est nette, entre une partie centrale et orientale du pays (incluant le Tessin) et son aimable Finistère occidental, où paraît-il l'ouzo le dispute aux olives, qu'on appelle « Suisse romande ». Pourquoi ?

 

L'argument le plus détestable serait de faire de nous des humanistes attachés aux petites librairies, là où nos compatriotes alémaniques, se foutant des bouquins comme de l'an quarante, n'auraient comme souci premier que la fréquentation du Salon de l'Auto. Hélas pour les tenants de cette vision, il y a Frisch et Durrenmatt, Gottfried Keller et Carl Spitteler, l'éblouissant cahier littéraire de la NZZ le samedi : non, pour la dimension culturelle, les Alémaniques n'ont strictement rien à nous envier.

 

Dans mes années bernoises, j'ai fréquenté de magnifiques librairies, dans la Vieille Ville, il y en a tout autant à Zurich. Et cette manière, de la part de partisans, de mépriser les opposants est l'une des raisons, ce soir, de leur défaite. Bravo, au passage, au courage d'un Philippe Nantermod qui, seul contre tous, et sans beaucoup d'alliés dans son camp politique, a bien voulu endosser le rôle de la brute inculte, débarquée des montagnes, dans les débats. Décidément, ce jeune homme est un tempérament politique de premier plan.

 

La vraie raison, c'est la différence de rapport au protectionnisme - pour le livre comme pour tout - entre Romands et Alémaniques. La Révolution française est passée par chez nous, ou plutôt l'Helvétique de 1798, beaucoup de nos cantons sont imprégnés de ce modèle où l'Etat n'est pas rien, doit protéger la culture, quitte à sortir certains secteurs de la logique de concurrence. Les Alémaniques, eux, sont beaucoup moins porteurs de cette vision. En un mot comme en mille, ils sont plus libéraux.

 

Dans cette votation, se posait la question d'un cartel. Pourquoi épargner celui-ci, lorsqu'on combat les autres ? On peut être un immense amoureux des livres, je crois faire partie de cette catégorie, et demeurer sceptique sur les raisons, et surtout l'efficacité, de cette exception.

 

Mon dernier mot sera pour Françoise Berclaz-Zermatten, la magnifique libraire de « La Liseuse », à Sion. Sachant que je ne voterais pas ce prix unique, elle m'a envoyé une remarquable lettre, pleine de respect et d'intelligence. Elle se trouve ce soir dans le camp des perdants. Je lui envoie toute mon amitié.

 

Pascal Décaillet

 

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Résidences: les opposants ont sécrété eux-mêmes le venin de la défaite

 

Sur le vif - Dimanche 11.03.12 - 17.03h

 

Il est rare, en Suisse, qu'une initiative passe: la double majorité, peuple et cantons, rend les chances de victoire très ténues. D'autres, demain, analyseront le succès de celle de Franz Weber. Mais une chose est sûre: quelque chose est venu d'en bas, de l'ordre de l'attachement profond des Suisses à leurs paysages. Fût-il - et je comprends la colère de mes amis valaisans - l'attachement fantasmé, depuis la ville, à la pureté de l'arrière-pays. On aime tellement les belles montagnes qu'on voudrait faire, contre leur gré, le bonheur de ceux qui y vivent toute l'année, âpres à la tâche, ceux qui n'ont pas voulu quitter leurs vallées pour un destin plus confortable. A cause de cela, j'ai fini par voter non à cette initiative. Mais j'avais hésité.

 

Hésité, pourquoi? Mais parce que Franz Weber fait résonner dans le coeur des Suisses quelque chose de fort. Sans être Vert (c'est bien le dernier parti que je choisirais), j'aime profondément la nature, la respecte, et dois reconnaître que l'aventure des constructions immobilières en montagne, depuis un demi-siècle, a parfois conjugué la rapacité du gain avec (ce qui est pire) le manque le plus élémentaire de goût. Nul n'en a mieux parlé que Maurice Chappaz, l'un de nos plus grands auteurs, dans son pamphlet "Les Maquereaux des cimes blanches", paru dans la collection Jaune Soufre de Bertil Galland, au milieu de ces années septante qui étaient celles du bétonnage éhonté.

 

Et puis, côté opposants, on a trop fait campagne avec des panzers. Ou des orgues de Staline. On a mis des sommes astronomiques dans la bataille, les Suisses ne sont pas dupes, voient bien tout cela, n'aiment pas trop se laisser faire.

 

J'ai voté non, je suis dans le camp des perdants. Et je suis en pensée avec toutes les personnes qui, par exemple en Valais, travaillent dans le tourisme et veulent faire vivre leur région. Mais il y a eu, dans l'armée d'opposition, une campagne trop violente, trop haineuese, pour ne charrier que la vérité. Le citoyen suisse, lorsqu'il se rend aux urnes, est doté d'un sixième sens pour détecter ce genre de choses. Comme si les opposants, dans leur excès, avaient sécrété eux-mêmes le venin de la défaite.

 

Pascal Décaillet

 

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Ces cochons de Genevois qui votent si mal

 

Sur le vif - Dimanche 11.03.12 - 15.21h

 

Suite à une campagne parfaitement démocratique, où tous ont pu s'exprimer, le corps électoral genevois a dit oui, à près de 55%, à la nouvelle loi sur les manifestations. Le souverain a tranché.

 

Il est, dès lors, particulièrement insupportable d'entendre immédiatement les perdants annoncer un recours au Tribunal fédéral. C'est chaque fois la même chose. Chaque fois les mêmes milieux ! Ils font campagne, et lorsqu'ils perdent, viennent en appeler à l'ordre juridique pour se substituer à la souveraineté populaire. Comme si les gens avaient « mal voté ». J'ai même entendu qu'ils n'avaient « pas compris l'enjeu » !

 

Comprenez : si vous votez juste, donc comme moi, c'est bien ; si vous votez faux, c'est que vous n'avez pas saisi. Alors, on va demander à un cénacle de juges, à Lausanne, de rétablir le vrai, le juste, le bien. Des juges, comme des grands prêtres de l'Ordre moral.

 

On pourrait, Messieurs les perdants, pousser encore un peu plus loin le raisonnement. Et proposer des stages de rééducation pour ceux qui ont mal voté. De façon à ce que tout le monde, à l'avenir, vote la même chose. Dans le sens du bien. Votre bien. Et vous, les mêmes qui prétendez vous battre pour la liberté d'expression, vous commencez par jeter aux orties la seule expression qui vaille en démocratie : le choix souverain d'un peuple qui se rend aux urnes.

 

 

Pascal Décaillet

 

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07/03/2012

L'Iliade, à haute voix, c'est jeudi et vendredi !

iliade.jpg

Mercredi 07.03.12 - 14.27h

 

C'est l'un des plus beaux textes du monde. Et il faut le lire à haute voix. Comme aux origines, où les vers étaient chantés, dans une civilisation qui n'était pas encore celle de l'écriture. Lire les 15'693 vers de l'Iliade en deux demi-journées, c'est l'éclatant défi d'AGLAE, l'Association des étudiants de grec et de latin de l'Université de Genève. Les lire dans une salle à l'acoustique remarquable, celle de la Bourse, au Conservatoire de musique, 8 rue Petitot. Demain, jeudi 8 mars, de 12.15h à minuit. Puis après-demain, vendredi 9 mars, de 12.00h aux environs de 23.00h. J'aurai le plaisir d'en être. C'est une habitude dont je ne me défais point.

 

L'entrée est libre. Chacun vient quand « ça le chante », reste autant qu'il veut. Souvent, saisis par le texte, les passants se surprennent à demeurer beaucoup plus longtemps qu'ils ne l'auraient voulu : et si c'était cela, le miracle homérique ? L'Iliade, l'Odyssée, comme la Tétralogie de Wagner, plus on y entre, moins c'est long, plus le temps s'évanouit, pour laisser place à l'œuvre.

 

Heureuse, la langue allemande, qui dissocie « lesen » et « vorlesen », qui en cinq syllabes sonores, « mit lauter Stimme », par la grâce d'une diphtongue, laisse entrevoir la jouissance de mettre en voix un texte poétique. En l'espèce, la très belle traduction de Frédéric Mugler (1995, Actes Sud, Collection Babel). La lecture épouse le découpage en 24 Chants, avec chaque fois une voix pour le narrateur, et une voix par personnage : Achille, Agamemnon, Athéna, Nestor, Thétis, Ménélas, Ajax, Priam, Hélène, Pâris, Idoménée, Diomède, Patrocle, Poséidon, Hécube, Zeus, Cassandre... Et la polyphonie de ces voix d'hommes et de femmes, l'alternance de ces rythmes, le croisement de ces timbres, sous le plafond de la Bourse, nous transforment l'alignement d'hexamètres en jeux de rôles. Et le miracle, tout naturellement, porté par les syllabes, se produit.

 

Je ne dirai pas ici à quel point, depuis l'adolescence, ce texte me bouleverse. Le destin d'Achille n'est-il pas, face à la mort, le nôtre à tous ? Je dirai simplement mes souvenirs de lecture, déjà à haute voix et dans le texte grec, avec André Hurst et Olivier Reverdin, il y a de cela plusieurs décennies. André Hurst, l'initiateur de ces lectures homériques, qui a tant fait pour transmettre la passion de la littérature grecque.

 

Alors voilà, si vous êtes amateurs d'émotions, venez à la Bourse. Venez écouter la colère d'Achille. Joignez-vous à nous. Nous vous attendons.

 

 

Pascal Décaillet

 

 

 

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04/03/2012

Soli Pardo : tristesse et respect

 

Dimanche 04.03.12 - 15.48h

 

Il y a plusieurs mois, Soli Pardo m'avait mis au courant de sa maladie. Il allait suivre, me disait-il, ce qu'il est convenu d'appeler un traitement lourd, ceux qui sont plus ou moins passés par là connaissent un peu. Homme debout, courageux, il a mené bataille.

 

Aujourd'hui, comme pas mal de monde à Genève, c'est avec une grande tristesse que j'apprends la nouvelle. Peu importent les partis, les fonctions, il y avait là l'essence, ciselée dans le noir, d'une très belle solitude. Nourrie de lectures, de textes, de poésie. Une réelle - et si rare, y compris chez ceux qui dévorent des livres ou se piquent d'en écrire - sensibilité au miracle de la langue.

 

Un homme d'humour. Le trait, fulgurant. L'étincelle de l'allusion. L'avoir sur un plateau, de radio ou de TV, échanger encore un peu après, était un authentique plaisir. Soli Pardo, c'était le contraste le plus saisissant, dans la classe politique, entre l'apparence d'une raideur, celle des choix publics, et la réalité d'une écoute, tellement plus souple qu'il n'y pût paraître.

 

Un esthète. Je ne dirai pas ici les auteurs dont nous parlions. Simplement, que certains d'entre eux étaient italiens. Jamais d'essai politique, encore moins d'économie. Non, juste la musique des mots. En passant.

 

A ses proches, sa famille, j'aimerais dire ici toute ma sympathie. Et mon respect.

 

Pascal Décaillet

 

 

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Complémentaire: souris grises, s'abstenir !

 

Sur le vif - Dimanche 04.03.12 - 10.22h

 

L'élection complémentaire du 17 juin prochain présente un grand avantage, mais aussi hélas un énorme danger, dans la vie politique genevoise.

 

L'avantage, c'est la qualité des personnes en lice. Pierre Maudet est l'un de nos meilleurs politiciens, non seulement à Genève mais en Suisse. Eric Stauffer aura une occasion de tester, grandeur nature, l'évolution de l'adhésion de la population à ses thèses. Quant aux socialistes, s'ils ne se trompent pas de candidat, ils ont de très grandes chances de récupérer leur deuxième siège. D'autres, dans les jours qui viennent, pourraient s'annoncer.

 

Nous sommes exactement dans le cas de figure idéal d'une complémentaire : place à des personnalités fortes. Souris grises, s'abstenir. La République ne peut qu'en sortir gagnante, et ce nouveau conseiller d'Etat, même pour seulement seize mois, sera de nature à revitaliser un gouvernement en bout de course.

 

J'en viens au danger. Après avoir vécu un hiver de mort politique, tellement sont tombés bas les arguments, tellement fut douloureuse, et pitoyable, la lente et inexorable exécution d'un magistrat qui n'avait en aucun cas mérité cette issue, nous allons, c'est sûr, vers un très beau printemps : présidentielles françaises, puis législatives, complémentaire à Genève. L'occasion d'aimer la politique, le combat d'idées. Mais imaginer une seule seconde que le remplacement, cet été, d'un seul septième du gouvernement actuel, en abolira les carences structurelles, c'est se voiler la face. Genève n'a pas de Conseil d'Etat, elle a juste sept (enfin six, maintenant) personnes, dont certaines de qualité, jetées là, sans épine dorsale, sans cohérence, sans réels objectifs communs.

 

C'est cela qu'il faut changer. Et je ne suis pas sûr du tout que la Constituante prenne la mesure des réformes nécessaires, au-delà du cosmétique. Il ne s'agit pas de gouvernements monocolores. Non. Il s'agit d'opposer, non plus des personnes disparates, mais des listes les unes contre les autres. Des projets politiques ! Pour chaque liste, un objectif de législature (et non dix-huit), la ligne claire, la lisibilité d'une dominante. Et lorsque tout part en quenouilles, ça n'est pas un septième qui saute, comme un fusible. Mais les sept. Et le souverain redistribue les cartes. Alors qu'aujourd'hui, nous avons six survivants, tout heureux d'être encore de ce monde, et un sacrifié. Une manœuvre dont personne n'est dupe. Et le crédit du politique, chaque fois, qui s'effondre un peu plus.

 

Pascal Décaillet

 

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02/03/2012

Pierre Maudet : l'appétit sucré du destin

 

Sur le vif - Vendredi 02.03.12 - 14.41h

 

C'est hier soir 23h, à son domicile, que Pierre Maudet a pris sa décision : le Maire de Genève, à quatre jours de ses 34 ans, se lance dans la course au Conseil d'Etat. Hier après-midi encore, il pesait le pour et le contre. Dans la soirée, il rendait visite, en forme de veillée d'armes, à quelques grognards canal historique, dont le mythique radical des champs John Dupraz, dans son fief de Soral. Les bouteilles de Vieilles Vignes, où le silex le dispute parfois à l'abricot, ont-elles aiguisé l'appétit sucré du destin ?

 

Pierre Maudet est l'un de nos meilleurs politiciens, non seulement à Genève mais sur l'ensemble de la Suisse. Tombé dans la marmite, il donne sa vie à la politique. Avec lui, des heures, on peut parler d'Histoire suisse ou française, mais aussi de livres. Il a, comme Manuel Tornare, comme Pascal Couchepin, une véritable culture, un arrière-pays. Tous les politiques, aujourd'hui, ne donnent pas cette impression.

 

Sa candidature est courageuse. Il a plus à perdre qu'à gagner. En cas de non-élection, le retour en Ville, pour trois ans, ne sera pas facile. Il y a donc un très grand risque, il choisit de le courir, chapeau ! A partir de là, quid ? Franchement, je n'en sais rien ! Je rêverais, pour l'isocèle perfection du triangle, de le voir aux prises avec Manuel Tornare (qui se prononcera le jeudi 8 mars à 19h) et Eric Stauffer. Trois visions pour Genève. Et je dois dire, aujourd'hui 2 mars, que le camp socialiste a pas mal de chances de l'emporter. A condition qu'il choisisse le meilleur, et sache faire, pour un temps, l'économie de l'idéologie des quotas.

 

Si Maudet était élu, il y aurait, pour seize mois en tout cas, deux radicaux. Et alors ? Il pourrait bien y en avoir sept, comme dans les temps fédéraux bénis de 1848-1891, ou sept socialistes, si c'étaient les sept meilleurs ! Notre gouvernement actuel va si mal, et Genève avec lui, que les pesée d'apothicaires sont hors-sujet. Genève a besoin des meilleurs. Et ce Conseil d'Etat-là, pour éviter que la fin de législature se fasse sous perfusion, a besoin de combler le septième manquant par une très forte personnalité. Du nouveau conseiller d'Etat, on attend qu'aussitôt arrivé sur le terrain, il se mette, tel un remplaçant du banc de touche en football, à se mêler de tout, fasse bénéficier de sa fraîcheur l'équipe fatiguée.

 

Si les socialistes écartent le meilleur d'entre eux, alors oui, Pierre Maudet aura ses chances. Si au contraire, faisant la révolution copernicienne de jeter aux orties une idéologie paritaire qui leur a sans doute coûté le deuxième siège en 2009, ils envoient Tornare dans la bataille, la machine à faire des voix pourrait bien renvoyer le brillant radical en Ville. Pour l'heure, tout est ouvert. La campagne du printemps 2012 ne fait que commencer.

 

Pascal Décaillet

 

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