25/06/2014

Citoyens, existons par nous-mêmes !

 

Sur le vif - Mercredi 25.06.14 - 14.36h

 

En Suisse, de plus en plus d'élus - dans les Parlements cantonaux ou aux Chambres fédérales - constituent la principale force de nuisance aux droits populaires. Parce qu'étant élus (ce qui est juste une délégation pour qu'ils fassent des lois et contrôlent les gouvernements), ils sont très vite pris par le sentiment de faire partie d'une caste. Ils oublient leurs antagonismes idéologiques, pourtant fondateurs de la dialectique en démocratie, se tiennent entre eux, se tutoient, s'imaginent qu'ils détiennent l'exclusivité du débat politique. Alors que ce dernier appartient à l'ensemble des citoyens.


En Suisse comme ailleurs, la fracture entre le corps des citoyens et les élus augmente. Parce que ceux-ci ne défendent pas suffisamment ceux-là, ce qui est pourtant leur mission première. Trahison des clercs, j'en reviens à ces trois mots, qui titrent l'un de mes derniers papiers.


Face à ce petit monde, le corps des citoyens doit s'organiser. Dans le respect de notre démocratie, donc par les voies parfaitement légales que sont, aujourd'hui, l'initiative et le référendum. Mais il doit aussi prendre son destin en mains, de façon autonome, à l'échelle de sa masse numérique. Les instruments de communication d'aujourd'hui, avec les mises en réseau, rendent une vie démocratique nouvelle, à cette échelle de masse, non seulement possible mais hautement stimulante.

 

Pascal Décaillet

 

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Les droits populaires ? Il faut les renforcer !

 

Sur le vif - Mercredi 25.06.14 - 10.25h

 

L'une des puissances montantes de la politique en Suisse est la conscience progressive des corps électoraux (dans les cantons et au niveau fédéral) de constituer non seulement l'échelon ultime et souverain de notre système, mais aussi un ORGANE de notre démocratie.



En l'appelant "le peuple", mot magnifique, émotionnel, simple, riche en alluvions, on gagne dans l'ordre du mythe, mais on perd en précision. Lorsque je dis "le corps électoral", c'est beaucoup moins beau que "peuple", moins romantique, moins bercé de Goya ou de Delacroix. Mais c'est plus précis, moins polysémique. Cf mon article de la Revue jésuite Choisir, en 2004, sur les multiples champs sémantiques de ce mot.



C'est pourtant bien du corps électoral qu'il s'agit, des 26 suffrages universels cantonaux, et des quatre millions de citoyens au niveau fédéral. Ces grands ensembles méritent une autre étiquette institutionnelle que simplement "le peuple". Et la politique suisse, de plus en plus, va se faire à hauteur directe de ces décideurs. Nous avons déjà l'initiative, le référendum, instruments précieux qui permettent une soupape unique au monde pour corriger, d'en bas, l'impéritie ou la cécité des corps intermédiaires.



Mais il convient d'aller plus loin. D'ici 50 ans, 100 ans, avec les progrès fulgurants des mises en réseau, de nouveaux outils de la démocratie, à hauteur du suffrage universel, peuvent être inventés. Et je pense qu'ils le seront. Encore, bien sûr, convient-il d'en codifier l'usage avec précision, de les inventer de façon démocratique, en prenant le temps, comme nous en avons l'habitude en Suisse. Je parle ici à l'horizon des générations futures, non de demain, ni même d'après-demain.



Cette part accrue du suffrage universel, cette extension des droits populaires, seront d'autant plus voulues par le peuple d'aujourd'hui, que les corps intermédiaires, les mandarins et les clercs des administrations, qui sentent bien décliner un pouvoir venu du dix-neuvième siècle, gesticuleront en essayant de limiter la capacité d'action de ce qui vient d'en bas. On vient de le voir avec la lamentable affaire du groupe de travail de la Chancellerie fédérale.



Montée en puissance des droits populaires et du suffrage universel. Corps intermédiaires arrogants et sur la défensive, tentant de s'accrocher à leurs privilèges. Telles sont les dimensions puissantes de l'évolution politique en Suisse, aujourd'hui et surtout demain.

 

Pascal Décaillet

 

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24/06/2014

Droits populaires : la Trahison des Clercs

 

Sur le vif - Mardi 24.06.14 - 17.33h

 

J’emprunte mon titre au livre inoubliable de Julien Benda qui lui, en 1927, s’en prenait à une autre caste. Pour dire ma colère. L’affaire du groupe de travail mis sur pied en secret par la Chancellerie fédérale, pour plancher sur une révision à la baisse des droits populaires, ne passe pas. Nous les citoyens, oui nous le suffrage universel, devons exiger toute la lumière. Nous, et pas nos élus, surtout pas les parlementaires fédéraux, ceux de ces commissions qui passent leur temps à invalider, corriger, rétrécir tout ce qui vient d’en bas. Pour ma part, ma confiance en eux va diminuant.

 

Il est temps que ce pays élargisse son débat politique à l’ensemble du corps électoral, et que ce dernier (plus de quatre millions de personnes en Suisse) soit de plus en plus défini comme un organe institutionnel, et non simplement appelé « le peuple », ce qui ne veut rien dire, ou plutôt trop de choses en même temps, comme je l’ai souvent montré dans des articles. A Genève, cela s’appelait « le Conseil général », il est fort dommage que l’appellation soit devenue caduque : elle donnait à la masse électorale une entité institutionnelle, reconnue, de même que l’on dit « le Conseil d’Etat » ou « le Grand Conseil ». Eh oui, le peuple électeur, ça n’est pas une masse informe, c'est un organe de notre système.

 

L’affaire du groupe de travail ne passe pas. Le Blick d’aujourd’hui publie la liste des membres, où s’amoncellent les technocrates. Un bureau de fonctionnaires,  à la Pirandello, qui aurait pour mission de démanteler nos droits populaires. Sous prétexte d’unité de matière, de « droit supérieur », où l’empire du juridisme servirait de paravent à des fins politiques : se débarrasser des textes qui gênent le pouvoir en place. C’est cela, exactement cela, qui est déjà maintes fois tenté à chaque passage d’une initiative devant le Parlement. Cela dont on nous prépare le durcissement, l’officialisation.

 

Qui nous le prépare ? La Chancellerie ! L’état-major du Conseil fédéral, dont le rôle est la mise en œuvre coordonnée des décisions de l’exécutif. L’ordre de mission à la Chancellerie, qui l’a donné ? Quel Département ? Quel conseiller fédéral ? Quels feux verts du Parlement ? A ces questions, nous les citoyens devons exiger des réponses. Car faute de réponses crédibles et précises, alors s’installera encore plus le sentiment d’être trahi par les clercs. Comme si une nomenclature, à Berne (et aussi dans les cantons) tournait en vase clos. Oublieuse de sa mission première de représenter le peuple.

 

Au demeurant, ma vision personnelle est qu’il ne faut pas limiter les droits populaires, mais au contraire les étendre. Par exemple, comme je l’ai récemment proposé, faire en sorte que le suffrage universel puisse s’exprimer non seulement en réaction à des décisions parlementaires (référendum), mais, d’ici quelques années, en accord avec les progrès fulgurants des mises en réseaux et des modes de communication, en construction de nouvelles lois. Oui, des lois, élaborées directement, au terme d’un processus qui devrait évidemment être savamment codifié pour que nous demeurions dans l’ordre du démos, et pas celui de la doxa (opinion). Des lois, et plus seulement des changements constitutionnels (initiatives). Oh, ça n’est pas pour demain, il y faudra une ou deux générations, mais je suis persuadé que le temps de la toute-puissance de la représentation parlementaire, hérité de celui des diligences, sera bientôt révolu.

 

Musique d’avenir, j’en conviens. En attendant, il nous faut toute la lumière du côté de ce qui se magouille à la Chancellerie fédérale. Nous sommes des citoyens, pas des sujets. Ensemble, nous sommes le souverain ultime de ce pays.

 

Pascal Décaillet

 

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16/06/2014

Vous m'en mettrez une Caisse, SVP.

 

Sur le vif - Lundi 16.06.14 - 14.02h

 

Le Conseil fédéral ne veut pas d'une Caisse publique unique, tartinent les journaux.



On s'en doute bien, qu'il n'en veut pas. Cet aimable septuor passe son temps à dire non à toutes les initiatives. Le premier Neinsager du pays, c'est lui ! Une fois qu'elles sont acceptées, il passe son temps à nous dire qu'elles sont inapplicables, et que le souverain a mal voté.



Que le Conseil fédéral veuille ou non de la Caisse publique unique, que les Chambres en veuillent ou non, n'a aucune importance. Ils passent leur temps à se boucher le nez, de dégoût, face à tout message venu du peuple. Tout signal tellurique surgi d'en-bas. Et là, avec une initiative ou un référendum, nous sommes bien dans l'ordre du démos, dûment prévu dans notre ordre juridique, et non dans la doxa des sondages d'opinion, ou de café du commerce.



Ce qui compte, c'est ce que décideront le peuple et les cantons, le dimanche 28 septembre.



Une initiative est une affaire du peuple avec le peuple. Elle n'est pas prioritairement l'affaire du petit monde de la molasse bernoise.

 

 

Pascal Décaillet

 

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13/06/2014

Ecopop, "épouvantail pour l'UE" - Et alors ?

 
Sur le vif - Vendredi 13.06.14 - 09.50h
 
 
"Ecopop, épouvantail pour l'Union européenne", titre le Temps.


Avant de nous dire ce qu'Ecopop représente pour l'UE, ce journal pourrait déjà commencer par nous expliquer les enjeux d'Ecopop. En quoi consiste cette initiative. A quelles carences, omissions ou impérities des pouvoirs intermédiaires elle réagit. Donner la parole aux initiants. Tenter de comprendre leurs motivations profondes. S'interroger sur les questions majeures brassées par ce texte, pour l'avenir de notre pays, en matière de démographie, de qualité d'environnement. Poser le problème en termes d'intérêts supérieurs du peuple suisse. Et non d'image donnée à l'UE.


Une initiative s'inscrit dans les intérêts supérieurs du peuple suisse. On l'accepte, ou on la refuse, en fonction des intérêts supérieurs du peuple suisse. Notre horizon d'attente n'est pas celui de l'univers, mais celui, tellurique, de notre appartenance à un destin national commun. Chacun juge, et un beau dimanche on tranche. Une initiative est une affaire du peuple suisse avec le peuple suisse, et non avec la carte de visite que nous souhaitons présenter à Bruxelles.
 

La question de l'image que notre décision souveraine, celle de notre peuple et de nos cantons, délivre à l'institution (au demeurant chancelante) appelée "UE" doit venir loin après la pesée de nos intérêts nationaux. Par rapport à ces derniers, elle est très accessoire.


A force de génuflexions apeurées face à tout ce qui ressemble aux conglomérats multinationaux, lesquels sont d'ailleurs en voie de liquéfaction, le Temps semble considérer comme dépassé, désuet, le stade d'une réflexion nationale. Il a tort, parce que non seulement l'échelon de la souveraineté nationale est encore là, mais il a peut-être un très bel avenir devant lui. En Suisse, comme partout ailleurs.


Titrer sur cette cette affaire d'image est révélateur de l'idéologie de ce journal. Il a le droit de l'avoir. Nous, de la décrypter.
 
 
Pascal Décaillet
 
 

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11/06/2014

Sept personnages en quête de hauteur

 

Sur le vif - Mercredi 11.06.14 - 17.27h

 

Il ne saurait être question que ceux qui se prétendent observateurs attentifs de la vie politique se contentent de rendre compte, porter la parole du pouvoir, lui tendre un miroir. A cet égard, l’exercice de majesté appelé « conférence de presse » doit toujours être lu en décryptage, sinon autant postuler directement comme attaché de presse des puissants. On s’attachera donc à y déceler les rapports internes de pouvoir, en dégager les desseins réels, en interpréter la répartition de la parole et les effets chorégraphiques. Communiquer, c’est porter le geste et la parole. Du côté de ceux qui reçoivent le message, s’inscrire dans la lucidité, et non dans l’obédience, c’est traduire, et traduire encore.

 

Dans la conférence de presse du Conseil d’Etat sur le programme de législature, qu’avons-nous vu ? D’abord, le Prince. Celui qui ouvre la cérémonie, titre les chapitres, donne et reprend la parole, et finalement conclut. La parole, il l’offre d’abord à son vice-président et collègue de parti, puis au fidèle ministre des Finances, puis aux autres, certains demeurant longtemps dans le rôle du mime avant d’accéder au miracle du langage. Ce qu’on donne à VOIR nous en apprend évidemment plus que ce qu’on dit, le contenu de la conférence de presse brillant d’ailleurs par sa maigreur : rien de ce qui fut évoqué cet après-midi, entre 15.15h et 16.15h, par un gouvernement aux affaires depuis six mois, ne l’avait été, parfois mot pour mot, lors des débats que nous avions organisés lors de la campagne électorale de l’automne 2013. Rien. Six mois de surplace ?

 

Rien. Le président, au tout début, nous annonce un programme de rigueur, mais on nous dit sur la fin que le vrai plan d’économies – celui que tous attendent – ne sera dévoilé que cet automne. Donc, rien. Le ministre des Finances, M. Dal Busco, nous confirme le chiffre de 13% pour l’impôt sur les entreprises. Rien de nouveau. Pierre Maudet nous parle de l’aile-est de l’aéroport, sans rien nous dire sur les difficultés de ce chantier. Rien. Mme Emery-Torracinta nous parle jeunes en rupture et manque de places en formation duale, toutes choses que nous avions, pour notre part, exactement pointées lors des débats électoraux de l’automne dernier. Elle énumère les problèmes (nous avions multiplié les débats sur ces sujets), mais nous laisse orphelins de pistes pour les résoudre. Après six mois de stage de mime à l’École Marceau, on en attendait franchement plus.

 

Idem, M. Poggia nous parle réinsertion des chômeurs en fin de droit – là aussi, nous avions consacré d’innombrables débats cet automne – sans nous dessiner vraiment d’issue. MM Barthassat et Hodgers s’expriment sur la fin, sans que leur pensée – sans doute la fatigue du spectateur – puisse être résumée à du concret.

 

Au final, un beau septuor, une distribution parfaite de la parole, du papier à musique. Mais à retenir de nouveau, rien ou presque. Le gouvernement, qu’a-t-il fait ? Il a fait monstration théâtrale et chorégraphique de sa capacité collégiale. Fort bien. Mais pour nous dire QUOI ? A vrai dire, rien de plus que ce que tout observateur un peu averti de la chose politique genevoise pouvait dégager lors de la campagne électorale. Nous avons donc VU le Conseil d’Etat. Nous l’avons ENTENDU PARLER. Mais nul message nouveau n’a émergé. Au fond, le gouvernement a annoncé la couleur, comme dans une ouverture musicale. Mais la symphonie, ce sera pour une autre fois. Une autre législature. Ou une autre vie.

 

Pascal Décaillet

 

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06/06/2014

Thomas Bläsi, émergence d'un homme libre

 

Sur le vif - Vendredi 06.06.14 - 09.55h

 

Au Parlement, ne craignant ni solitude, ni adversité, défendant ses valeurs et ses convictions profondes, émerge Thomas Bläsi. Comme Cyril Aellen (et quelques autres), un homme qui existe par lui-même. Et non par la simple appartenance, oh cette éternelle impasse grégaire, au groupe. Ni la docile obédience à un magistrat. Ces deux-là, et donc quelques autres, par leur fibre et leur indépendance, font vivre le législatif dans sa vocation de contrôle et de premier pouvoir.

 

Hélas, face à eux, combien de tifosi de leurs ministres, combien de pom pom boys, ou girls, de leur écurie, de leur chapelle. Prêts à tout pour éviter la transparence, si par malheur cette dernière devait s'appliquer à leur conseiller d'Etat. Leur vraie loi, à eux, n'est pas la République, mais l'appartenance. Ce sont des claniques. Des féodaux. Des vassaux fantômes.

 

Trop d'hommes aujourd'hui, tous domaines confondus, manquent cruellement d'indépendance et de puissance de solitude. Auraient-ils peur d'eux-mêmes ? A se fondre dans la masse, ils croient trouver la survie. Ils n'y rencontreront que la dissolution. Pour ma part, en littérature comme en politique, en musique comme en poésie, et même dans l'itinérance recommencée, j'aime le profil qui se cisèle. Seul, face à la totalité opaque de la masse.

 

Pascal Décaillet

 

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04/06/2014

Financer des émissions, pas des entreprises

 

Prise de position publiée dans "Edito + Klartext, Le Magazine des Médias", no 03, 2014, dans le cadre d'un grand dossier sur la redéfinition du service public dans l'audiovisuel.

 

Entrepreneur indépendant, employeur, journaliste depuis bientôt trois décennies, ayant travaillé autant pour le privé que pour la SSR, je milite pour une redéfinition complète du champ de ce qu’il est convenu d’appeler le « service public ». Pour abattre immédiatement mes cartes et dévoiler le fond de ma pensée, je peine à entrevoir pourquoi, en 2014, les journaux papiers étant entièrement financés par le privé, il faudrait éternellement s’accrocher à ce que l’audiovisuel relève, quant à lui, dans son écrasante majorité (la SSR), d’une sorte de tâche régalienne d’Etat dont seraient dispensés nos quotidiens et nos hebdomadaires. Mais dans cette perspective, je sais que je suis minoritaire comme citoyen : s’il fallait voter, le peuple suisse demanderait sans doute le maintien d’un service public. Donc acte.

 

Mais alors, lequel ? Ce qui ne va pas, aujourd’hui, c’est la double équation « SSR = service public », et « TV ou radio privées = médias commerciaux », dans l’acception péjorative du mot. Il y aurait d’un côté un Temple national des équilibres, de l’autre l’incontrôlable sauvagerie de l’entreprise privée. Ce préjugé, dûment entretenu par les services de M. de Weck (le patron de la SSR), tous les archanges et séraphins de sa propagande, est non seulement faux, mais profondément injuste. Les méchants privés (Léman Bleu, La Télé, Canal 9, etc.) produisent depuis des années, quotidiennement, des débats politiques, des ouvertures économiques, culturelles et sportives. Inversement, l’immaculée SSR nous offre des séries américaines, des courses de Formule 1, et quantité d’émission qui ont certes parfaitement lieu d’être, mais qui ne relèvent en aucune manière d’un service public.

 

Dès lors, puisque l’opinion semble (encore) attachée à ce concept, il y aurait lieu, pour le moins, de le redéfinir drastiquement. Question majeure : et si, au lieu de financer, par l’essentiel de cet impôt déguisé qu’on appelle redevance, une armada de chaînes entières (les innombrables canaux radio ou TV, en quatre langues, de la SSR), on ciblait les aides sur des émissions ? Peu importerait qu’elles émanent de la SSR ou des privés, pourvu qu’elles soient, par la qualité de leur apport, de nature à aiguiser la citoyenneté, faire connaître les enjeux sociaux et économiques (d’un périmètre donné), refléter la puissance des antagonismes, donner la parole aux gens, mettre en valeur les actions culturelles et sportives de proximité. Cela, aujourd’hui, se fait dans les chaînes privées. Avec un autre enthousiasme, une autre économie de moyens, une autre puissance d’engagement qu’à la SSR.

 

Après tout, s’il faut encourager le « service public », faisons-le là où, DE FACTO, il existe déjà aujourd’hui. Et peu importe que la société qui le produit soit privée, la SSR, ou même une micro-entreprise de deux ou trois journalistes. La seule condition serait de s’inscrire dans un mandat précis de citoyenneté. On financerait des émissions, et non plus des entreprises, avec le risque évident de perte de substance des moyens alloués. Ma proposition, j’en suis conscient, sera de nature à déstructurer le Mammouth, mais serait tellement vivifiante pour ceux qui, sur le terrain, ont fait le pari de l’entreprise et de l’information vivante.

 

Pascal Décaillet

 

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26/05/2014

FN : la captation d'héritage

 

Sur le vif - Lundi 26.05.14 - 10.17h

 

Le Front national arrivé hier soir loin devant la « droite classique », nous sommes là, en politique intérieure française, face à une première depuis la Libération. Pour la première fois, cette mouvance dépasse le conglomérat de ce que furent le gaullisme, le libéralisme, une partie de la démocratie chrétienne des immédiates années d’après-guerre (le MRP), laquelle se disperse aujourd’hui entre UMP et formation centriste autonome. Mais tout cela, tout ce bloc, toute cette congrégation, fédérés pour de pures raisons électorales sous un seul sigle (UMP), oui tout cela réuni, est aujourd’hui dépassé de 5% par le Front national. C’est ce phénomène, ici, qui m’intéresse, à l’intérieur de la seule France. Pour les 27 autres pays, voyez vos journaux préférés.

 

Il n’est, pour l’heure, de politiques que nationales. La dimension européenne n’existe qu’à l’horizon de la technocratie, mais pas à celle de la légitimité tellurique, ni à celle de la reconnaissance et de l’incarnation. On nous dit que M. Juncker sera peut-être président de la Commission. Savez-vous seulement qui est M. Juncker ? Vous remettez-vous son visage ? Avec-vous en mémoire le son de sa voix ? A-t-il provoqué chez vous la moindre émotion dans l’ordre de la politique ?

 

Né au printemps 1958, donc exactement au moment du retour du général de Gaulle, passionné de politique française dès mes plus jeunes années, j’ai grandi dans l’idée que tout se construisait autour du gaullisme, qu’on l’appelât UNR, UDR ou, plus tard, RPR. Parfois, avec Giscard, les Républicains indépendants (plus libéraux) marquaient des points, parfois l’ombrageux souverainisme reprenait le dessus, mais enfin à droite, la partie se jouait entre ces deux camps. L’extrême droite n’existait quasiment pas, on savait bien qu’il y avait, dans l’ombre, des nostalgique de Vichy et de l’OAS qui s’activaient, mais la Cinquième République, avec son système majoritaire et surtout la prestance de son fondateur, reléguait ce petit monde dans les coulisses du théâtre politique. C’est au début des années 80 seulement, fédérés sous la bannière du Front national, que ces milieux entameront, longuement mais inexorablement, l’ascension qui les a conduits à la journée d’hier.

 

Aujourd’hui, pour la première fois depuis la Libération, cette droite-là dépasse la coagulation de toutes les autres droites, issues des réseaux de la Résistance gaulliste, ou de la Résistance chrétienne (MRP), ou d’un courant libéral qui n’a jamais, à part sous Guizot et le Second Empire, été très puissant en France, auxquels s’accrochent des « divers droites » plus ou moins classables. Pour la première fois, la droite qu’on qualifie d’extrême dépasse l’addition des droites classiques. C’est cela, dans l’Histoire politique française, qu’il faut retenir de la journée d’hier.

 

Encore faut-il quelques explications. Les 25% d’hier ne sont pas tous issus de la Contre-Révolution, de la lecture de Joseph de Maistre, du courant anti-dreyfusard des années 1894-1906, de l’Action française, des Camelots du Roi, de Vichy ni de l’OAS. Sans doute même le fond dogmatique, allant dans l’une ou plusieurs de ces références, est-il fort minoritaire à l’intérieur du FN d’aujourd’hui. Et c’est là la grande victoire – par rapport à son père - de Marine Le Pen. Le Front national, aujourd’hui, c’est le grand parti protestataire, drainant toutes les couches de la population, à commencer par les plus défavorisées, prétendant avoir avec lui « le peuple français », « le peuple profond ». C’est, aussi, le parti ayant fait clairement le choix du souverainisme national contre la machine européenne.

 

Avoir avec soi « le peuple », contre les corps intermédiaires. Défendre la souveraineté de la nation. Ça ne vous rappelle rien ? Moi, si. Cela me rappelle le général de Gaulle. Autrement dit, le pire ennemi de cette mouvance historique. Le pire ennemi de Vichy. Le pire ennemi de l’OAS. Celui que cette dernière, au Petit-Clamart, a tenté d’abattre. L’homme qui a rétabli la République en 1944, sauvé le pays de ses ferments de dispersion, créé la Cinquième République, donné à la France sa plus belle décennie. Toute l’Histoire de Marine Le Pen, contrairement à son père, personnellement impliqué dans la férocité et l'extrême violence de l'antigaullisme, c’est d’avoir réussi une captation d’héritage sur certains des thèmes fondamentaux du gaullisme historique : souveraineté, appel au peuple, méfiance par rapport au supranational. Oui, cela s'appelle une captation d'héritage. Sur le legs d'un père qui n'est pas le sien, et que son père physique a combattu avec l'ultime énergie. Nous ne sommes pas loin de Shakespeare.

 

Et le plus fou, c’est que ça a marché. Parce que les héritiers organiques du Général, qui ne sont en fait héritiers de rien du tout tellement ils n’ont rien à voir avec lui, les orléanistes Sarkozy et Copé, ont laissé filer ces fondamentaux dans les mains de gens trop heureux de s’en emparer. De Gaulle n’était pas un homme d’argent. Il était un moine entré dans l’Histoire, vivant dans la seule ascèse de la France et de la République. Le dévoiement de ceux qui, aujourd’hui, osent se réclamer de lui, leur intrication dans les puissances financières, la permanence et la récurrence des « affaires », tout cela, au fil des ans, a organisé l’émigration massive d’une bonne partie de l’électorat vers le Front national. Ce dernier, historiquement, se renforce lorsque la gauche ou la droite de l’argent sont au pouvoir. Avec l’austère majesté, l’assise populaire, la mission historique d’un Charles de Gaulle, ces gens-là étaient laminés. Et rongeaient leur frein dans le caniveau. Oui, la faiblesse morale de la droite classique est un facteur majeur de la montée de « cette droite-là ».

 

Je n’ai parlé, ici, que d’un pays sur vingt-huit. Et, dans ce pays, que de la famille de droite. Disons que j’ai parlé de ce que je connais, ce qui nourrit mes lectures depuis quatre décennies. Pour les vingt-sept autres pays, merci de vous reporter à vos journaux préférés.

 

 

Pascal Décaillet

 

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21/05/2014

Le bon Docteur et la République

 

Sur le vif - Mercredi 21.05.14 - 17.21h

 

J’entends ce matin, à la RSR, que le bon Docteur Buchs, chef du groupe PDC, envisage un « Front républicain » contre les vainqueurs du scrutin du 18 mai sur les P+R en France voisine. Entendez, contre l’UDC et le MCG. Au passage, égrenant les partis qui constitueraient ce Front, il recense le PDC, le PLR, le PS et les Verts. Que fait-il d’Ensemble à Gauche ? A la vérité, par ce lapsus, le Docteur nous révèle qu’il songe avant tout à la bonne vieille coagulation des pouvoirs qui tient Genève depuis si longtemps. Tiens, l’alliance d’intérêts du CEVA, par exemple. En réalité, le bon Docteur nous fait une belle démonstration d'exclusion des Marges. Sur la gauche, comme sur la droite.

 

Mais passons. Et revenons sur ce terme, qui fleure les Brigades internationales et la Bataille de l’Ebre : « Front républicain ». L’adjectif doit-il nous laisser entendre que le Docteur exclut sémantiquement du champ de la République deux partis, l’UDC et le MCG, qui réunissent ensemble 31 des 100 députés du Grand Conseil ? Deux partis qui, à ma connaissance, ont toujours joué le jeu des urnes, de la démocratie, qu’elle soit directe ou parlementaire. Je ne sache pas (mais peut-être suis-je mal informé) qu’aucun des deux ait tenté jusqu’ici la moindre faction contre la République. Au contraire ! Sollicitant régulièrement le peuple par des voies parfaitement prévues dans notre Constitution (initiative et référendum), ces deux partis donnent à la démocratie et à la République une vitalité qui les réveille, les stimule, et finalement aiguise la responsabilité citoyenne.

 

Que l’excellent Docteur envisage de créer un Front contre qui il veut, c’est totalement son droit. Mais le qualifier de « républicain » lorsqu’il est dirigé contre deux partis qui s’activent – comme les autres – à la vie de la République, il y a quelque chose, dans l’ordre de la terminologie, qui doit m’échapper.

 

Pascal Décaillet

 

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20/05/2014

Le cadeau empoisonné à M. Dal Busco

 

Sur le vif - Mardi 20.05.14 - 10.21h


Nous avons été les premiers, il y a quelques semaines, à pointer les problèmes de l'Office des Bâtiments, à Genève. Il y a deux semaines, nous dévoilions le chiffre de 750 millions, avancé devant la Commission des Finances par le chef de cet Office, dont on apprenait par hasard le départ quelques jours après. 750 millions, nécessaires selon lui à la rénovation du parc immobilier de l'Etat.

 

Comment fut opérée, ces deux dernières années, la direction politique de cet Office ? Comment furent décidés les arbitrages financiers ? Toutes ces questions, nous les poserons lundi 26 mai, à GAC, à Serge Dal Busco, qui écope là, en reprenant cet Office, d'un cadeau empoisonné.



Les citoyens de ce canton veulent savoir pourquoi on n'arrive pas à débloquer les sommes nécessaires à la rénovation d'écoles qui tombent en lambeaux, sujet que nous avons traité la semaine dernière dans GHI. Tant qu'ils n'auront pas la réponse à ces questions, et qu'on répondra par la rigidité de lignes budgétaires figées, ou l'application métronomique de plans quinquennaux, il sera vain - et déplacé - de venir leur parler de Grand Genève ou d'investissements en France voisine.



Pour l'heure, la responsabilité politique d'éventuelles errances à l'Office des bâtiments doit être établie. Il n'est pas question que M. Dal Busco, qui hérite d'une situation, soit tenu pour responsable de fautes qui lui seraient antérieures. Idem M. Barthassat, pour le CEVA. Mais alors, Messieurs les Conseillers d'Etat PDC, montrez-nous que vous savez faire le ménage. Et vous affranchir de quelques lourdes tutelles, internes à votre collège.

 

Pascal Décaillet

 

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19/05/2014

"Grand Genève" : le peuple doit se prononcer

 

Sur le vif - Lundi 19.05.14 - 09.21h

 

Le Conseil d'Etat genevois va-t-il continuer, comme si de rien n'était, comme si rien ne s'était passé hier, de nous propager son idéologie du "Grand Genève", abstraite, hors sol, géométrique, théorique, et surtout dépourvue de toute onction démocratique ?



On nous dit que le "Grand Genève" existe. C'est vrai, sur le plan économique. Mais il ne s'agit pas de cela. Il n'a jamais été question de ne pas collaborer avec nos voisins. Je n'ai, pour ma part, jamais accepté de les stigmatiser. Non, la question, c'est celle de donner de l'argent, ou même (entend-on) une armature institutionnelle à un projet qui n'a jamais été avalisé par le peuple.



Ce qui manque au "Grand Genève", c'est une légitimité démocratique. Il importe donc, sans attendre, de lancer dans ce canton un vaste débat politique, où tous pourront s'exprimer, sur un projet précis, lisible, identifiable, qui soit perçu par les citoyens autrement que comme un club d'élites transfrontalières, ou une usine à gaz. Et puis, un beau dimanche, le peuple votera. Et sa décision, quelle qu'elle soit, je serai ce jour-là le premier à l'accepter.



Mais, Messieurs du Conseil d'Etat, on ne fonde nulle politique durable, en Suisse, en bâtissant sur du sable. Autrement dit, en sautant l'étape d'un vaste débat démocratique, aboutissant à une décision du peuple. C'est lui, le véritable souverain. Et non le parfum d'arrogance de quelques locataires du pouvoir.

 

Pascal Décaillet

 

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18/05/2014

"Grand Genève" : la fin du mirage

 

Sur le vif - Dimanche 18.05.14 - 16.36h

 

Au Grand Conseil, le MCG et l’UDC totalisent 31% des sièges, un petit tiers. Devant le peuple, aujourd’hui, sur un sujet de forte importance symbolique, ils emportent la majorité (51,1%) des voix. Ils sont donc suivis, pour refuser le financement genevois des parkings P+R en France voisine, par 20% d’un électorat qui n’est pas le leur, mais qu’ils réussissent à aller ravir aux autres partis. Pour la Nouvelle Force (que l’arrogant président du Conseil d’Etat, François Longchamp, croit bon sur la RTS d’appeler « Nouvelle Farce »), la victoire est considérable. Non seulement parce qu’elle montre la marge de progression qu’a devant lui ce Tiers Etats encore méprisé par les notables. Mais aussi, parce que c’est une victoire acquise dans le cœur de cible de leur combat : le rejet d’une idéologie transfrontalière qu’ils jugent abstraite, théorique, hors sol. Le corps électoral genevois, dans une majorité certes serrée mais bien réelle, leur a donné raison.

 

Il n’est pas dénué de sel, ni de saveur, que cette victoire populaire intervienne au lendemain d’une défaite parlementaire, disons plutôt une pantalonnade, où, pour protéger le président du Conseil d’Etat et les siens, l’éternelle coalition d’intérêts du CEVA (elle tient depuis le 29 novembre 2009) a préféré la coagulation à la transparence. Puisse le peuple en garder quelque mémoire lors des échéances municipales, dans moins d’un an. Hier, au Parlement, se comportant comme s’il était chez lui, et parlant aux élus du peuple comme s’il était leur chef, le président du Conseil d’Etat a traité de menteurs une partie de la députation. Le même homme, il y a quelques mois, avait exigé du Grand Conseil un vote nominal, bafouant le principe de séparation des pouvoirs. On eût aimé, ce jour-là, entendre le président du Grand Conseil, toujours si aimable avec les ministres. Le même homme encore, au procès de la Banque cantonale, au mépris de la séparation des pouvoirs entre le judiciaire et l’exécutif, avait joué les Zorros, chargeant des accusés que la justice allait, plus tard, acquitter.

 

Les partisans du « Grand Genève » tireront-t-ils la moindre leçon de leur défaite d’aujourd’hui ? Continueront-ils de nous concocter en laboratoire des recettes mathématiques dont la population ne veut pas ? Vont-ils encore longtemps passer accords et contrats avec la France voisine, sans que ces derniers ne reçoivent l’onction de la moindre légitimité démocratique ? Sur un plan de politique intérieure, les partis de l’Entente (PLR + PDC) vont-ils, sous prétexte de grands mirages transfrontaliers ou d’idéologie patronale ne voyant que le profit à court terme (au détriment du corps social local), prendre de haut les partis de la Nouvelle Force avec lesquels ils auraient pourtant beaucoup à entreprendre ? Vont-ils jusqu’au bout, aveuglément, soutenir un président du Conseil d’Etat dont l’arrogance, de plus en plus, le dispute à la personnalisation du pouvoir ?

 

Telles sont les questions posées cet après-midi, en filigrane de cette votation. La défaite des conceptions de cabinet, abstraites et filiformes. Et surtout, comme un éveil au réel, la fin d’un mirage.

 

Pascal Décaillet

 

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17/05/2014

CEVA : le Parlement enfariné, mais heureux

 

Sur le vif - Samedi 17.05.14 - 11.18h

 

Grand Conseil, séance spéciale CEVA + SIG.

 

En définissant, juste avant 11h, un providentiel "comité d'experts" mandaté par le Conseil d'Etat comme plus crédible qu'une émanation des représentants du peuple, Luc Barthassat montre en quelle estime il tient le Parlement. Et nous brandit l'ultime ficelle. On s'adapte vite, quand on passe du côté du pouvoir.



Triste jeu de masques. A l'image de cette l'intervention d'une rare arrogance - une de plus - du président du Conseil d'Etat. Le Petit Prince se croit chez lui, fait la leçon aux élus du peuple, comme s'il était leur chef. Et finit même, dans une chute longuement mûrie, par traiter de menteurs une partie d'entre eux. Il nous rejoue la scène de sa déposition au procès de la Banque cantonale. Les députés qui ont applaudi à cette galéjade ont-ils bien intégré la mission de contrôle qui est la leur ? Rappelons que le degré de connaissance du retard du CEVA qu'avait François Longchamp l'automne dernier - et son éventuelle volonté de reporter l'annonce de ce retard après les élections - sont au coeur du sujet. Qui est éminemment politique, et pas technique, comme on veut le faire croire.



Le vrai problème, ce ne sont pas les retards du CEVA. Mais la gestion politique de l'information par le Conseil d'Etat, en période électorale. A-t-on, en haut lieu, l'automne dernier, imposé le silence sur une information majeure, qui eût été de nature à péjorer le résultat électoral des apôtres du CEVA ? Si oui, d'où vient la consigne de silence ?


Dans ces conditions, on s'abstient au moins d'applaudir le Monsieur Dimanche du samedi, tant que la lumière n'est pas faite. Pour l'heure, elle ne l'est assurément pas.


Singulier Parlement, qui abdique si vite de sa tâche de contrôle, pour se presser d'ovationner (est-ce là son rôle ?) le ministre exécutif sur lequel il devrait justement enquêter.


Le vrai problème du CEVA, depuis des années, c'est cela. Cette coagulation des intérêts de ceux qui détiennent les manettes du pouvoir. Et les cordons de la bourse. En lieu et place d'un débat, ce matin, les attaquants n'étant au reste pas partis au combat en ordre de bataille, et d'étranges défections s'étant produites en leur sein, nous n'eûmes que limonade sans limon. Et pantalonnade sans pantalon.



La CEP, d'ici une heure, sera donc refusée, et l'ordre règnera sur Genève.

 


Comme toujours.

 

 

Pascal Décaillet

 

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08/05/2014

MCG : la maternité silencieuse de la pieuvre

 

Sur le vif - Jeudi 08.05.14 - 10.06h

 

A l'exception notable de leur président, M. Golay, qui m'apparaît de plus en plus comme un homme très solide, la plupart des caciques du MCG, naguère violents admirables, mauvais garçons, lorsqu'ils se battaient dans l'opposition, sont tout doucement et tout gentiment en train de se faire phagocyter par les mirages des honneurs et du pouvoir partagé.



Doucement, le système dominé par les libéraux les intègre. Avec la maternité silencieuse d'une pieuvre. Ces Messieurs, en instance d'alignement, il faut d'urgence les emmener voir Bunuel : le Charme discret de la bourgeoisie.



Déjà, ils s'achètent costumes et cravates. Fréquentent les cocktails. Se mettent à dire du bien des caciques PLR - ou prétendument apolitiques - que l'horizontalité du système de copinage généralisé envoie présider les grandes régies.



Déjà, ils se croient adoubés par les patriciens. Alors que ces derniers, riches de la seule tranquillité de leur immuable position depuis des siècles, les endorment pour mieux leur asséner, lorsque sonnera l'heure du repas, le coup fatal.

 

Pascal Décaillet

 

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29/04/2014

Séance spéciale : à quoi joue M. Droin ?

 

Sur le vif - Mardi 29.04.14 - 09.31h

 

Une séance spéciale sur le CEVA et les SIG, le 17 mai, ridiculement ramenée à deux heures, un sec rappel (dans la TG de ce matin) du champ très étroit auquel devront se limiter les débats, tout se passe comme si Antoine Droin, le président du Grand Conseil, entreprenait toutes choses pour réduire la portée de cette séance. Juste se limiter au minimum syndical du règlement. Pour une session que lui et les siens n'ont pas voulue. Normal : elle fut demandée, et obtenue, par les bancs adverses.



Cela n'est pas son rôle. La mission du Grand Conseil est précisément de contrôler l'activité du gouvernement, de l'administration et des régies publiques. Le premier d'entre eux, l'homme du perchoir, devrait justement être celui qui, par son autorité rayonnante et sa pugnacité, favoriserait au maximum la capacité du Parlement à établir cette tâche. Faut-il rappeler qu'en démocratie, les pouvoirs sont séparés ? Les intérêts supérieurs du Parlement, sa mission de représentation populaire, son devoir de contrôle, l'amènent parfois à se trouver en litige avec le gouvernement.



Loin d'être grave, cette dialectique de confrontation est au coeur de la démocratie. Rien de plus méprisable qu'une Chambre d’enregistrement, un Parlement croupion, des député(e)s groupies, ne jurant que par leurs ministres. Rien de plus admirable, au contraire, qu'un groupe parlementaire, ou des individus, osant s'attaquer à leurs propres magistrats exécutifs, parce qu'ils le jugeraient nécessaire à l'établissement d'une transparence démocratique.



Le président du Grand Conseil a-t-il lu Montesquieu ? S'est-il pétri d'Histoire en prenant connaissance des différentes réalités parlementaires à travers les âges, Chambre bleu horizon de 1919, Chambre de la peur en juin 1968, Parlements de cohabitation (souvent les meilleurs), etc ? M. Droin est-il là pour défendre au maximum la capacité d'action de l'institution dont il a la charge, ou juste pour savourer le bonheur, ouaté de consensus et de bonne entente avec tous, de vivre sa fonction ?



M. Droin a-t-il intégré qu'il n'était pas spécialement à ce poste pour "bien s'entendre" avec le Conseil d'Etat, mais parfois pour lui résister ?. Dans les cas, comme justement le CEVA ou les SIG, où il y aurait, de la part de l'exécutif, volonté d'obturation. Ramener au minimum syndical de deux heures une séance qui aurait dû avoir la durée nécessaire à une catharsis de vérité, c'est accepter la session spéciale en se bouchant le nez. Juste parce qu'elle a été demandée, et obtenue, par des partis (MCG et UDC) que M. Droin n'aime pas.



Déjà lorsque le président du Conseil d'Etat, François Longchamp, avait eu l'incroyable arrogance de demander un vote nominal, la présidence du Grand Conseil aurait dû immédiatement, en public et à voix très haute, lui rappeler que le mode de scrutin du Parlement était du ressort des députés, et non d'un ministre. Cela s'appelle la séparation des pouvoirs. L'actuel président du Grand Conseil, si gentil avec tout le monde, à commencer par les gentils ministres, connaît-il seulement ce concept ?

 

Pascal Décaillet

 

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28/04/2014

CEVA et SIG : séance du Grand Conseil justifiée

 

Sur le vif - Lundi 28.04.14 - 12.54h

 

Annoncée ce matin par la RTS et décidée par le Bureau du Grand Conseil (MCG et UDC ont réuni les 30 signatures nécessaires), la séance spéciale du Parlement cantonal, le samedi 17 mai prochain, sur le CEVA et les SIG, est parfaitement justifiée.


Il est totalement normal que le peuple, à travers ses élus législatifs, demande au Conseil d'Etat toute la lumière sur le retard dans le chantier du CEVA, et surtout la manière dont a été, l'automne dernier, reportée la communication sur ce retard. Pour des raisons politiques et électorales, à l'évidence. Raisons qui sont d'ailleurs libellées comme telles dans le PV du Comité de pilotage CEVA du 18 octobre 2013, 14.15h, que bon nombre de journalistes (dont votre serviteur) possèdent.


De même, les investissements hasardeux des SIG dans l'éolien, mais aussi (on l'a appris ce week-end) dans la fibre optique, doivent faire l'objet d'investigations de responsabilités en profondeur et en précision. C'est précisément la tâche du Grand Conseil de contrôler l'activité du gouvernement, de l'administration et des régies.

 
Les MCG et l'UDC étaient pleinement habilités à exiger cette séance spéciale. Qu'ils aient été les seuls à la demander est plutôt inquiétant, et en dit long sur la seule vraie fonction du CEVA: permettre la survie des réseaux politiques qui se sont partagés postes et prébendes, à Genève, depuis des décennies.

 

Pascal Décaillet

 

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27/04/2014

Jean-Paul II et le travail : un texte lumineux

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Sur le vif - Dimanche 27.04.14 - 17.26h

 

Je fais partie de ceux qui, du vivant de Jean-Paul II, au moment où ce pape était loin d’être aussi populaire que la sainte mémoire d’aujourd’hui, avaient pris parti pour lui. Je l’ai fait à la RSR, dans des commentaires. Dans l’Hebdo. Sur le plateau d’Infrarouge. Dans la Revue jésuite Choisir, dont j’étais chroniqueur. Dans mon livre « Coups de Griffe » (Editions Saint-Augustin, 2006), où je recense, avec François-Xavier Putallaz et Nicolas Buttet, une décennie de chroniques au Nouvelliste. Défendre ce pape, dans l’horizon éditorial de la Suisse romande, n’a pas toujours été simple. Il fut un temps où nous étions très minoritaires. Même si je dois reconnaître que les dernières années de Jean-Paul II, disons de 2000 à 2005, cela fut plus facile : le pape était malade, combattait avec un incroyable courage, avait eu des mots très forts sur la dignité des travailleurs, si bien que le cercle de ses partisans avait augmenté.

 

En préparation de l’importante journée d’aujourd’hui, j’ai relu mes éditos de l’époque, et me suis rendu compte que, sur plus d’une décennie (1995-2005), l’immense majorité d’entre eux portaient sur le monde du travail. Je n’ai jamais été un spécialiste des questions morales, ni des sujets de société, mais le rapport de l’Eglise catholique au travail m’a toujours passionné. Je crois bien avoir tout lu ce qui était possible de lire sur Léon XIII (1878-1903), et son Encyclique Rerum Novarum (1891), qui définit, en pleine Révolution industrielle, la Doctrine sociale de l’Eglise. Un texte majeur, qui tente une réponse chrétienne, non marxiste, aux questions cruciales posées par l’émergence du prolétariat ouvrier. Faut-il rappeler qu’à cette époque, qui est aussi celle de Jaurès, les enfants travaillent dans les mines, et les adultes y meurent avant la cinquantaine ? Nulle protection sociale, nulle retraite (si ce n’est, balbutiantes, dans l’Allemagne bismarckienne). Immense fut l’influence de Rerum Novarum. En Italie, bien sûr. Mais aussi en France, avec une aventure éditoriale comme le Sillon, de Marc Sangnier. Ou la Revue Esprit, d’Emmanuel Mounier. Mais encore au Portugal, au Brésil, en Belgique, et en Suisse.

 

Laborem exercens : un texte majeur

 

Or, il est peu relevé – trop peu aujourd’hui, y compris à l’intérieur de l’Eglise – que Jean-Paul II a produit, en 1981, 90 ans après Rerum Novarum, un document aussi important pour notre époque que l’Encyclique de Léon XIII, pour la sienne. Ce document, l’Encyclique Laborem exercens, le penseur catholique et excellent connaisseur du pape polonais Yves Semen a eu l’heureuse idée de nous inviter à sa lecture, en le parsemant de citations dans son petit livre « Une année avec Jean-Paul II », que viennent de publier les Presses de la Renaissance. Du coup, hier, ayant ce livre dans les mains, et une lecture en appelant une autre, je me suis replongé dans Laborem exercens.

 

Je connais peu d’Encycliques (à part justement Rerum Novarum) où je puisse me reconnaître dans chaque ligne. En sa troisième année de pontificat, le pape Wojtyla nous y parle, d’une façon simple et bouleversante, du monde du travail. Le travail, dans la vie de l’être humain. Le travail, comme réalisation. Le travail, dans sa primauté nécessaire face au Capital et aux puissances de l’argent. Le travailleur, quel qu’il soit, et si modeste soit sa tâche, comme personne, « sujet efficient, véritable artisan, créateur » (Laborem exercens, no 7). « L’erreur de l’économisme, poursuit l’Encyclique au chapitre 13, consiste à considérer le travail humain exclusivement sous le rapport de sa finalité économique ».

 

Appel au respect absolu des travailleurs

 

Bref, dans ce texte, en forme de prélude, une annonce de tous les thèmes qui seront ceux des dernières années de Jean-Paul II : défense et illustration de « l’économie réelle », au service de l’humain et de son accomplissement, condamnation de l’enrichissement facile par les jeux de la finance virtuelle, appel au respect absolu des travailleurs, notamment des migrants, naturellement moins protégés. Faut-il rappeler que c’est sous ce pontificat, autour de l’an 2000, que s’exercèrent avec le plus de violence inégalitaire les ravages de l’économie de casino ? Nous en sommes un peu revenus. Il y a encore tant à faire.

 

Je peine à comprendre que l’Eglise catholique, si prompte à s’autocélébrer et s’autocanoniser, ne mette pas davantage en avant ces mots si forts de Jean-Paul II sur le monde du travail. Ils sont pourtant, sur les femmes et les hommes d’aujourd’hui, oui avril 2014, d’une incroyable puissance de résonance. Ils nous parlent de nous, de notre humanité, notre dimension de personne, au milieu des activités rémunérées que nous accomplissons. Ils proclament l’égalité de tous. Ils revalorisent les métiers méprisés. Ils appellent le patronat à exercer sa responsabilité sociale. Ils valorisent la production, l’invention, l’enthousiasme, l’amour de la belle ouvrage, et condamnent sans appel l’exploitation de l’homme par l’homme. Ils exigent des rémunérations « justes ». Il n’y est pas question de salaire minimum, mais je ne suis pas sûr qu’on en soit très loin. Surtout, dans la droite ligne de Léon XIII, ils proposent une réponse non marxiste, non matérialiste, aux injustices et aux inégalités. Personnellement, depuis mon plus jeune âge, cela me parle. En profondeur.

 

 

Puisse la journée de commémoration d’aujourd’hui, puissante dans sa fonction de symbole et d’évocation, nous amener à relire ce texte. Parmi d’autres, bien sûr. Je n’ai nulle vocation à me prononcer sur la sainteté des uns et des autres. Ni sur la métaphysique. Mais la mise au point, l’aggiornamento 1981, sur ce que doit être le travail dans une société humaine, cela rejoint, avec force, le cœur de mes préoccupations.

 

 

Pascal Décaillet

 

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24/04/2014

Darbellay, l'éclat de vie du pays

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Sur le vif - Jeudi 24.04.14 - 09.54h

 

Dans le Temps de ce matin, énième cogitation sur le putatif isolement de Christophe Darbellay au sommet de son parti. Tout cela, parce qu'à deux reprises, il a été désavoué en Assemblée des délégués. Il y a, dans la presse, une envie de tourner la page Darbellay. Pour quelle autre figure ? Je me le demande bien.



De tous les partis suisses, le PDC est le plus difficile à diriger. Complexe. Passionnant. Marqué par les Histoires cantonales, leur diversité, leurs 26 singularités. Habité par plusieurs courants, les mêmes depuis plus d'un siècle, jaunes ou noirs, chrétiens sociaux ou conservateurs, urbains ou campagnards, voire montagnards. Paralysé par les hésitations d'alliances, l'obsession de demeurer dans les majorités de pouvoir. Accroché à des thèmes, comme la famille, que d'autres lui ravissent, comme on a dérobé aux Verts l'environnement.



Et puis, Dieu sait si je suis attaché à la famille, mais désolé, on ne construit pas une politique nationale sur ce seul thème. La famille, même moderne, recomposée, homoparentale, homosexuelle, tout ce qu'on voudra, est certes un passionnant sujet de société, un témoin des mouvements lents de son évolution. Mais elle ne saurait tenir lieu de réflexion nationale prioritaire.



Il manque au PDC - il lui a toujours manqué - une armature républicaine. Une dimension régalienne, celle des radicaux et des socialistes. Il est trop habité par les sujets de société. Or, si la politique ne doit pas évacuer ces derniers (il faut bien légiférer sur les évolutions), elle ne saurait en aucun cas s'y réduire. Et justement, sur les autres sujets, comme la sécurité, les finances, la fiscalité, la clarté de ligne du PDC, sous la Coupole comme dans les cantons, fait défaut. Il manque à ce parti une dimension d'Etat.



J'en reviens à Darbellay. Face aux carences structurelles de sa famille politique, son incroyable diversité en fonction des Histoires cantonales, son défaut d'unité, ce diable d'homme a justement été, depuis huit ans, l'homme de la situation. Pour fédérer. Incarner. Représenter. Porter la parole. A part Doris Leuthard, qui l'avait immédiatement précédé, et l'excellent Carlo Schmid, cet Appenzellois intrépide et indivisible, vous seriez capable de m'en citer beaucoup, des présidents du PDC suisse depuis 1971 ?



Bien sûr, Darbellay n'est pas éternel. Et n'a pas prétention à l'être. Bien sûr, il lorgne sur le Valais et n'en fait nul secret. Bien sûr, les deux désaveux en Assemblée n'ont pas facilité sa tâche. Mais l'homme est là, debout. Il le sera jusqu'à l'ultime minute de sa fonction. Et lorsqu'il l'aura quittée et qu'il sera temps de dresser un bilan, ce parti pourra être très fier de ce président qui aura existé si fort, porté si haut les couleurs, comme on brandit la bannière dans un festival de fanfares, endimanché par le soleil. Dans le commun bonheur d'être ensemble. Quelque part, dans l'éclat de vie du pays.

 

Pascal Décaillet

 

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17/04/2014

Couchepin, la Weltwoche, la lumière d'un journal

 

Sur le vif - Jeudi 17.04.14 - 14.44h

 

"Was die Schweiz ist" - Papier de Pascal Couchepin, en pages 13 et 14 de la Weltwoche d'aujourd'hui.

Le contenu: une réflexion sur les langues en Suisse, leur coexistence.

Mais l'important n'est pas l'objet du papier. L'essentiel, c'est que la Weltwoche ouvre ses colonnes à Pascal Couchepin, qui ne cesse de démolir au vitriol toute la philosophie politique qui sous-tend la ligne éditoriale de cet hebdomadaire.

Déjà, la Weltwoche confie depuis longtemps une chronique à Peter Bodenmann, l'ancien président du parti socialiste suisse.

La grandeur d'un journal, sa puissance, son rayonnement, c'est, en plus d'avoir une ligne éditoriale claire et assumée (de gauche, de droite, d'où il voudra), de s'ouvrir, en les invitant, à d'autres courants de pensée.

La Weltwoche fait cela.

La Frankfurter Allgemeine fait cela.

La Neue Zürcher Zeitung (dans une moindre mesure) fait cela.

Le Figaro fait cela.

Je ne suis pas sûr, hélas, de trouver l'équivalent dans la presse de gauche.

 

Ni même dans nos ineffables quotidiens consensuels de centre droit, en Suisse romande, attirés par le seul parfum du pouvoir en place. Quel qu'il soit, au fond.

 

 

Pascal Décaillet

 

 

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