03/01/2012

Christian Levrat et la mathématique d'ombre des bilatérales

 

Sur le vif - Mardi 03.01.12 - 00.40h

 

Christian Levrat. Président du deuxième parti de Suisse, derrière l'UDC. Patron du PS. Il vient d'affirmer que les mesures d'accompagnement pour la libre circulation des personnes étaient insuffisantes dans les régions frontalières, comme Genève, le Tessin, l'Arc jurassien, et Bâle. Le Fribourgeois reconnaît enfin ce qui n'aura été jusqu'ici que l'infatigable combat local de certaines Marges. La parade des Gueux face à l'establishment. Lequel, aujourd'hui encore, alors qu'il se rallie enfin à leurs thèses, leur en nie, avec une glaciale arrogance, toute paternité.

 

La Suisse, au plus haut niveau, commence à comprendre que l'application dogmatique de la libre circulation, entre un petit pays de sept millions d'habitants et un univers environnant qui en compte plusieurs centaines, ne peut guère laisser la moindre chance au premier, contre l'empire et l'emprise du second. Ce qui se meurt doucement, ce ne sont pas les Accords bilatéraux entre la Suisse et l'UE. Mais l'idée qu'il faille les appliquer de façon cérébrale, cristalline, sans clauses de sauvegarde, au nom d'un internationalisme éthéré, coupé de la solidarité nationale. Mathématique d'ombre. Version libérale du Grand Soir, au nom d'aveuglantes Lumières. Oui, 2012 sera l'année du retour à une certaine forme de protectionnisme. Il n'y a nul lieu de s'en plaindre. Bien au contraire.

 

Il ne s'agit en aucun cas de fermer nos frontières. Ni d'abandonner les échanges. Mais de tenir compte des immenses frustrations, sur place, d'une partie de la population qui se sent comme abandonnée par ces Accords, trahie par ses élites, exilée en son propre pays. Au nom d'une mécanique internationaliste à laquelle elle n'entend rien. Et dont elle n'a rien à faire. C'est aussi simple que cela. De gauche comme de droite, les plus avertis de nos politiques commencent à en prendre la mesure. Le mouvement, dans l'année 2012, pendra de l'ampleur. Bonjour les conversions. Sur le chemin ce Damas, il y aura du beau linge. Avec costumes et cravates, avec leurs Lions et leurs Rotarys, vous allez les voir se retourner, dans les mois qui viennent. Pour demander l'assouplissement d'un dogme dont ils étaient, hier encore, les grands prêtres.

 

Le diapason tendu par Levrat ira-t-il tinter jusqu'aux oreilles du Conseil fédéral? Incitera-t-il certains ministres de cantons frontaliers à un peu moins d'arrogance et un peu plus d'écoute de la population ? Une chose est sûre : le ton est donné. Le retour à certaines préférences locales n'est plus tabou. Le thème est à l'ordre du jour. Au calendrier politique de l'année 2012.

 

Pascal Décaillet

 

 

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30/12/2011

Vos gueules, les Mouettes !

 

Sur le vif - Vendredi 30.12.11 - 20.04h

 

"Vos gueules, les Mouettes!". C'est à peu près la seule chose que j'aie retenue d'un débat, sur une histoire d'hôpital à Neuchâtel, tout à l'heure à la RSR. Je serais incapable de vous résumer l'enjeu. Mais j'entends encore "Vos gueules, les Mouettes", dans la voix incomparable de Gil Baillod. Sanguin, gueulard, détestant la langue de bois, ce journaliste d'exception, dans le paysage romand, manque cruellement, aujourd'hui. Et pas seulement dans l'horizon neuchâtelois.

 

Pascal Décaillet

 

 

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Le Président qui aimait Saint Hubert

 

Sur le vif - Vendredi 30.12.11 - 16.50h

 

D'une très belle plume, alerte comme brise du large, salée comme pré de Vendée, le Président du Grand Conseil genevois vole au secours de deux conseillères d'Etat, « Isabel » et Michèle » (je cite son blog), malmenées selon lui par de méchants chasseurs. Il leur conseille, dans une conclusion churchillienne, de « tenir bon ». Laissons la sueur, aux Gueux de la Marge. Ne rêvons que du sang et des larmes. Le sel, encore le sel. Trop beau.

 

S'exprime-t-il comme premier personnage de notre ordre législatif ? Si oui, est-ce bien son rôle de prodiguer des conseils à l'exécutif ? Le régime de séparation ne lui impose-t-il pas, face aux membres du gouvernement, la seule posture de l'indifférence ? Ou alors, comme député, ne devrait-il pas, justement, prêter une oreille attentive aux critiques sur des ministres que sa Chambre a charge de contrôler ? Via, par exemple, la Commission de gestion. Mais bon, ne pinaillons pas. Laissons Montesquieu. L'essentiel n'est pas là.

 

Alors, il est où ? Dans le singulier soupçon que laisse planer  Monsieur le Président du Grand Conseil : les venimeux disciples de Saint Hubert sonneraient le cor en persécution de ces deux femmes, parce qu'elles seraient femmes. Chasseurs, et en plus machistes. Rustauds des sous-bois. Ongles noirs. Haleines de vagabonds. Ils seraient à la Cynégétique ce que le charognard est à l'art de la dégustation. Ah, les salauds, pour paraphraser le grand Bruant, un gars de la Marge.

 

La position présidentielle pose problème. Je ne connais pas le cas de « Michèle », hormis un certain désordre orangé, dans les transports, qu'on espère passager. Je ne me suis quasiment jamais exprimé sur cette ministre. Il est vrai, en revanche, que j'exerce, avec une vivacité que j'admets et que j'assume, un certain esprit critique sur « Isabel » (je cite le blog présidentiel), Madame Rochat, ministre genevoise de la Police. Notre Fouché. Dans ces critiques, jamais, je dis bien jamais, je n'ai mis en avant sa condition de femme. Le sexe des ministres ne m'intéresse pas.

 

Mais leur équation républicaine, oui. Madame Rochat, au demeurant la plus aimable des personnes, a-t-elle imposé son autorité à l'administration ? Aux corps constitués ? A la police ? A l'opinion publique ? Je n'en suis, hélas, pas sûr. Dans mes éditos, je le dis. Et quelques confrères, avec moi. Il n y a là nulle chasse à courre. Nulle marche de Saint Hubert. Nul hallali. Juste, l'expression démocratique d'une opinion. Si la presse a un rôle, c'est celui-là. Ensuite, on aime ou non, je comprends très bien qu'on déteste, la presse qui cherche à se faire aimer, ou à tutoyer dans des cocktails, est déjà morte, avant que d'être.

 

Ces choses-là, le Président du Grand Conseil, homme de culture et de tolérance, devrait, me semble-t-il, y être sensible. Dans son texte, dont je souligne encore une fois la qualité, il invoque la liberté de la presse. Nul besoin d'article constitutionnel pour la garantir. Non. Juste l'exercer, jour après jour. Elle ne s'use, c'est bien connu, que lorsqu'on ne s'en sert pas.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

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Oui à un minimum de protectionnisme

 

Sur le vif - Vendredi 30.12.11 - 10.52h

 

« Préférer des chômeurs genevois, est-ce légal ? », demande, dans la Tribune de Genève, mon excellent confrère Olivier Francey. Si c'est légal, nous le verrons bien. Ce qui est sûr, c'est que c'est une excellente décision du Conseil d'Etat, l'une des meilleures prises cette année. Nous l'avions d'ailleurs saluée comme telle, ici même, quelques minutes après son annonce.

 

Peu importe, au fond, la querelle en paternité. De toute façon, le jour venu, l'électeur sait toujours préférer l'original à la copie. Peu importe la querelle en dénomination : « préférence cantonale, préférence aux chômeurs ». Peu importe, même, le peu d'effet que l'application de cette directive risque d'avoir sur les chiffres du chômage : il ne faut, évidemment, pas trop se faire d'illusions.

 

Peu importe tout cela. Ce qui compte, c'est le signal donné par le Conseil d'Etat. La reconnaissance, enfin, d'une certaine nécessité protectionniste en matière d'emploi. Il ne s'agit ni de fermer les frontières, ni de stigmatiser nos amis français, encore moins de s'interdire de recourir à leurs services. Il s'agit juste d'admettre qu'une politique, et notamment en matière sociale, doit s'appliquer en priorité dans un périmètre donné, qui est celui d'une citoyenneté.

 

Si cela contrarie le dogme, exercé dans l'absolu, de la libre circulation, eh bien c'est peut-être sur ce dogme qu'il faudra un jour revenir. Mais cela se fera au niveau national. En attendant, le gouvernement genevois a donné un signal. Il était temps. Il s'agit, pour l'heure, de lui en être reconnaissant.

 

Pascal Décaillet

 

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L'abdication orangée du destin

 

Sur le vif - Vendredi 30.12.11 - 10.16h

 

Stupidissime billet du Matin, en page 2, à propos de François Bayrou: "Sa schizophrénie ne s'arrange pas". L'insupportable légèreté de ce journal non plus, qui se range toujours derrière les puissants, les pouvoirs déjà en place, ne laisse jamais nulle place aux Marges. Le journal du pouvoir, des possédants. Le journal qui s'incline devant le fait accompli. L'abdication orangée du destin.

 

Pascal Décaillet

 

 

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29/12/2011

Isabel Rochat n'est pas Louis XVI

 

Sur le vif - Jeudi 29.12.11 - 18.37h

 

Si on essaye, à chaud, de décoder, décrypter, dévider le fil de la pensée d'Isabel Rochat, dans l'intervention qu'elle vient de faire à la RSR, on se heurte à quatre éléments :

 

1)  Une perle : « Les moments de tension engendrent des moments de tension ». C'est beau, récurrent, digne du Credo, « engendré, non pas créé ». Paternel, comme un nuage.

 

2) Ce qu'elle devait absolument dire : « Je ne nie pas les souffrances des policiers ». Elle l'a dit, c'est bien.

 

3) Contrairement à Louis XVI, la ministre ne pratique pas, même à ses heures perdues, la serrurerie : « Je n'ai rien verrouillé ».

 

4) Très clairement, elle charge Monica Bonfanti, voire la flingue : « Ca n'est pas au Conseil d'Etat de régler les problèmes d'horaires de la police. C'est à la hiérarchie de la police ».

 

Voilà. C'étaient les très riches heures d'Isabel la Cathodique.

 

Pascal Décaillet

 

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Flibuste, 3

 

Sur le vif - Jeudi 29.12.11 - 10.40h

 

«Le président du syndicat crée des querelles stériles pour dynamiter les efforts des partenaires. Il n'est pas content car le département règle les problèmes. Or, dans sa conception des choses, les problèmes lui donnent une légitimité ». Ces mots très durs, dans la Tribune de Genève, face à Christian Antonietti, le président de l'Union du Personnel du Corps de Police (UPCP), viennent de qui ? Du président du Conseil d'Etat ? De la magistrate en charge du Département ? Non. De Laurent Paoliello, porte-parole de Madame Rochat. Laquelle étant, paraît-il, en vacances.

 

De deux choses, l'une. Ou bien, c'est bel et bien la parole ministérielle qu'a portée M. Paoliello, et là on admettra qu'il n'est qu'un vecteur, et c'est à sa patronne d'endosser ce jugement fort méprisant sur l'essence (par nature nuisible, lit-on) d'une activité syndicale. Dans ce cas-là, Madame Rochat aura à assumer ces mots, devra en répondre.

 

Ou bien, comme dans certains cas de « flibuste », il y a juste un an, le porte-parole, prenant ses aises en période de vacances, serait allé, de lui-même, un peu trop loin. Dans ce deuxième cas, il importe à la ministre de faire savoir publiquement que ses mots à elle n'auraient pas été ceux-là.

 

C'est aussi simple que cela. Aussi parfaitement repérable qu'une embarcation de flibustiers, par beau temps, depuis le mât d'artimon.

 

Pascal Décaillet

 

10:40 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Imprimer |  Facebook | |

23/12/2011

La question qui tue

 

Sur le vif - Vendredi 23.12.11 - 11.06h

 

"Un travailleur français domicilié en France qui perd son emploi et qui s'annonce à l'Office Cantonal de l'Emploi est-il considéré comme chômeur et bénéficie-t-il dès lors de la priorité qui doit être contrôlée par la commission ad hoc au même titre qu'un résident? Oui ou non." - Question posée, il y a une heure, par Mauro Poggia, député MCG et conseiller national, à la Garde Noire du ministre genevois des Affaires sociales. La réponse ne vous intéresse pas? Moi, si.

 

On se donne combien de minutes avant d'avoir la première morsure, ici même, de leur habituel cerbère?

 

Pascal Décaillet

 

 

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22/12/2011

Avez-vous déjà gavé un Mammouth ?

 

Sur le vif - Jeudi 22.12.11 - 12.28h

 

Les conseillers aux États, qui ont tellement besoin de la visibilité que leur offre le Mammouth, viennent de refuser sèchement, sans débat, l'idée de réduire à 200 francs (contre les 463 actuels) l'impôt déguisé de Ferme générale qu'on appelle pudiquement "redevance". Ils osent invoquer la pluralité des programmes!

Comme si cette diversité, précisément, ne pouvait s'exercer qu'en gavant le service dit "public", et en asphyxiant toute tentative privée. La Chambre des Cantons dévoile une cruelle méconnaissance du terrain des médias: beaucoup de TV privées offrent davantage de débats politiques et citoyens que la SSR. Mais cela, nos douillets sénateurs refusent de l'entrevoir.

 

Pascal Décaillet

 

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L'âne qui miaulait - Conte du solstice


Une décision du Conseil d'Etat, datant d'hier, nous amène à re-publier notre Conte d'Automne du 18.11.11. Animalement vôtre.

 

Bon allez, supposons. Un âne, au milieu d'un pré. A quelques mètres de l'animal, Eric Stauffer et le ministre genevois des Affaires sociales.

Stauffer : « Ceci est un âne ».

 

Le ministre : « Mais non. Ceci est un chat. Vous êtes un âne, mon ami ».

 

Stauffer : « Ceci est un âne, je maintiens ».

 

Le ministre : « Vous vous enfoncez. Vous voyez des ânes partout ».

 

Stauffer : « Dans le cas présent, j'affirme et répète qu'il s'agit d'un âne ».

 

Un quotidien bleu : « Epatant, le délicieux petit chaton que vient de repérer notre ministre, dont il convient de rappeler ici toute l'excellence en nomenclature systématique du règne animal. Il a certes de grandes oreilles, mais c'est un chat, soyons-en sûrs ! ».

 

Stauffer : « Je dis et maintiens que c'est un âne ».

 

L'âne (car c'en est un) : « Mais qu'ont-ils tous à me contempler ? ».

 

Le ministre, deux ans plus tard : « A la réflexion, le chaton pourrait, vu sous un certain angle, être perçu comme ressemblant en effet à un âne ».

 

Stauffer : « A la bonne heure ! ».

 

Le quotidien bleu : « Honneur à notre ministre, qui a, le tout premier, su reconnaître l'âne, sous de fallacieuses allures félines ! »

 

L'âne : « Miaou ! ».

 

Le cabinet du ministre : « Hi Han ! Hi Han ! ».

 

Medeiros : « Ouarf, Ouarf ! ».

 

Les mémés des Eaux-Vives : « Hosannah ! In excelsis ! ».

 

Rideau.

 

 

 

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L'âne qui miaulait: faut-il une suite?

 

Sur le vif - Jeudi 22.12.11 - 09.22h

 

Le ministre des Affaires sociales, à Genève, refuse obstinément de parler de "préférence cantonale", pour commenter sa décision d'étendre au "Grand État" (SIG, HUG, TPG, etc.) la directive enjoignant de recourir d'abord aux chômeurs, avant de demander un permis de travail (par exemple pour une personne frontalière). Montrez un âne au ministre. Il continuera de vous dire: "Ceci est un chat".

 

Pascal Décaillet

 

09:22 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Imprimer |  Facebook | |

21/12/2011

Une excellente décision du Conseil d'Etat

 

Sur le vif - Mercredi 21.12.11 - 16.48h

 

Accorder la priorité aux chômeurs, avant de solliciter un permis de travail : c'est ce que devra faire, désormais, le « Grand Etat », entendez les régies, comme TPG, Aéroport, Services industriels, HUG, ou encore l'Hospice général. En clair, le Conseil d'Etat étend sa directive du 1er juillet 2011, qui concernait les employés directs de l'Etat.

 

C'est une décision importante, qui va vraiment dans le bon sens. Elle ne mettra évidemment pas fin à la sous-enchère salariale, pratiquée notamment avec des travailleurs frontaliers, mais donne un signal très positif. Que ce signal intervienne bien tard, par rapport aux appels d'un parti de la Marge, n'a pas d'importance. Ce qui compte, c'est le résultat. Ainsi, pour critiquer souvent ce gouvernement, nous nous devons, lorsqu'une décision est bonne, de la saluer. Dont acte.

 

Pascal Décaillet

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Kim Jong Gilles, suite

 

Sur le vif - Mercredi 21.12.11 - 10.19h

 

Nous avons déjà évoqué ici la place démesurée qu'offrait cette semaine l'émission Médialogues, sur la RSR, à son propre grand timonier, Gilles Marchand: le phare de la RTS s'y produit tous les jours, de lundi à vendredi! Et il a le champ libre, à peine relancé par un Thierry Fischer qu'on a connu plus critique, pour défendre et illustrer l'absolue nécessité du "service public", défini comme une part intime, inaltérable, du lien national. Bref, cinq matinées de propagande pure, sans contre-avis, sans opposant, juste l'Evan-Gilles.

 

Mais ce matin, le Psautier a fait mieux: après le quart d'heure de l'Oncle Gilles, et un disque bienvenu, la brute redevancière lambda eut droit à qui? A Bernard Rappaz! Un garçon sympathique et intelligent. Qui n'est autre que le rédacteur en chef, ou quelque chose comme ça, de la RTS. S'interviewer entre soi, n'est-ce pas le meilleur moyen, à l'approche de Noël, de vivifier l'esprit de famille?

 

Pascal Décaillet

 

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20/12/2011

Les libéraux ont de la relève!

 

Sur le vif - Mardi 20.12.11 - 17.33h

 

Oui, je continue de dire "les libéraux". Ou "les radicaux". Un peu comme ces Français qui, pendant toute mon enfance, continuaient de parler en anciens francs. Concernant les premiers, nous avions déjà souligné ici l'excellence du remplacement d'Olivier Jornot, au Grand Conseil, par le délicieusement cultivé, et humaniste, Pierre Ronget, actuel membre de l'exécutif de Vernier, mais avant toute chose Archonte Protopsalte. Eh bien une autre succession de qualité, d'un libéral l'autre, va se dérouler au Municipal de la Ville de Genève: pour prendre la place du mythique Jean-Marc Froidevaux, c'est une passionnée des questions scolaires, Michelle Roulet, qui est première des viennent ensuite. Et qui va donc siéger. Un esprit remarquable, aussi vif que toujours aimable. Une présence dont on se réjout d'avance.

 

Bref, on aime ou non les libéraux, on en pense ce qu'on en veut. Mais une chose est sûre: cette famille politique-là ne manque pas de relève.

 

Pascal Décaillet

 

 

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L'Ange, le Cygne, la Mort

 

Sur le vif - Mardi 20.12.11 - 14.10h

 

Je viens de lire, sur conseil d'un habitant de la Croix-de-Rozon, l'article que signe (je n'ai pas dit: "qu'a écrit") Isabel Rochat dans la Tribune de Genève de ce matin. Il est intitulé: "Sécurité: la fin de l'angélisme". C'étaient déjà, au mot près, les termes utilisés lors de la campagne électorale de l'automne 2009. La mort de l'angélisme, comme celle du Cygne, est décidément interminable.

 

Pascal Décaillet

 

 

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Kim Jong Gilles

 

Sur le vif - Mardi 20.12.11 - 09.43h

 

L'émission Médialogues, sur la RSR, est habituellement excellente. Mais là, cinq épisodes consécutifs avec Gilles Marchand, ça relègue la Pravda, en comparaison, au rang de vilain petit canard. Satyrique, grinçant, poil à gratter, vitriolé. N'oubliez pas de payer votre redevance!

 

Pascal Décaillet

 

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19/12/2011

Marchands du Temple

 

Sur le vif - Lundi 19.12.11 - 09.31h

 

Interrogé par le Temps sur ses premières impressions bernoises, Manuel Tornare estime que les lobbyistes n'ont rien à faire dans la Salle des Pas perdus. Et devraient se trouver hors de l'enceinte du parlement. Il a totalement raison. Il y a, dans l'omniprésence de ces gens, quelque chose qui rappelle les marchands du Temple.

 

Pascal Décaillet

 

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18/12/2011

PYM et le lobby des assureurs - GRAND ORAL

 

Dimanche 18.12.11 - 20h

 

Dans le GRAND ORAL de ce soir (sur la Télé et Léman Bleu), Géraldine Savary donne des pistes très précises sur l'éviction de Pierre-Yves Maillard, plutôt sèche comme on l'a constaté (59 voix seulement, dès le premier tour), face à Alain Berset. Lobbying d'enfer des assureurs maladie contre PYM, notamment de deux anciens conseillers d'État alémaniques, devenus parlementaires fédéraux. Très actifs, au sein du PLR, dans les 48 heures qui ont précédé l'élection! Pour ces gens-là, il ne fallait pas que l'homme qui avait à ce point dénoncé les réserves excessives des caisses vînt mettre un nez ministériel dans leurs affaires. On sait maintenant qui dirige la Suisse.

 

Pascal Décaillet

 

 

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17/12/2011

Créon, l'anarchiste

 

Samedi 17.12.11 - 19.23h

 

"Non, l'image courante d'Antigone est à réviser. C'est elle qui incarne les lois très concordantes de l'Homme, des dieux, de la Cité. Qui les viole et les défie toutes? Créon. L'anarchiste, c'est lui. Ce n'est que lui."

 

Charles Maurras - Antigone - Cahiers de l'Herne - Octobre 2011 - Page 220.

 

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La vareuse - Le vent

 

Sur le vif - Samedi 17.12.11 - 18.09h

 

Les Verts me font penser aux radicaux vaudois des années soixante. Sympathiques. Plutôt cultivés. Débonnaires. Consensuels. Pragmatiques. Agréables compagnons. Pas vermoulus, pour un sou, par l'idéologie. Souples dans les alliances. Ductiles dans les choix. Il leur manque juste un peu de dureté républicaine, un peu de tragique de l'Histoire. Un peu de désespoir. La raideur d'une vareuse, battue par le vent glacé.

 

Pascal Décaillet

 

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