04/12/2011

La relève

 

Sur le vif - Dimanche 04.12.11 - 12.08h

 

Mathias Reynard, socialiste valaisan de 24 ans, le plus jeune élu du National, que nous avons reçu il a quelques semaines à "Genève à chaud", confirme dans "La Soupe" que la politique suisse a une relève. Compétent, ouvert, et en prime sympathique. Vivement que Nantermod, Kilchenmann, Romain de Sainte Marie, Murat Julian Alder le rejoignent un jour sous la Coupole! On a besoin de types avec des idées et du caractère.

 

Pascal Décaillet

 

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Feuilles mortes

 

Sur le vif - Dimanche 04.12.11 - 10.12h

 

Deux conseillers fédéraux UDC le 14 décembre: tout le monde, ou presque, est d'accord, si on maintient la clef de répartition de deux ministres pour les trois premiers partis (UDC, PSS, puis PLR ou PDC-PBD en fonction de la gonflette qu'on pourrait nous annoncer demain). Fort bien! Mais pourquoi partir de l'idée qu'il faudrait M. Rime OU M. Zuppiger? Pourquoi pas M. Rime ET M. Zuppiger? Ce qui impliquerait un détail, qui exigerait du Parlement une décision non plus sur le dosage culinaire, mais sur un bilan de compétence: virer Maurer.

 

Pascal Décaillet

 

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03/12/2011

Pierre Ronget : un archonte au Grand Conseil

 

Sur le vif - Samedi 03.12.11 - 14.39h

 

C'est un homme profondément aimable et d'une rare culture qui s'apprête à faire son entrée, en remplacement d'Olivier Jornot, au Grand Conseil. Pierre Ronget a 67 ans, et ça n'est sans doute pas à cet âge qu'il s'apprête à « entamer une carrière de dictateur ». Membre de l'exécutif de Vernier, la deuxième ville du canton de Genève, il s'était fait quelques ennemis, ce printemps, à l'intérieur de son parti, pour avoir pactisé avec la gauche, histoire de barrer la route au MCG. On apprécie ou non. Mais une chose est sûre : il serait infiniment dommage de réduire Pierre Ronget à cet épisode où peut-être, en effet, le déterminisme de la finalité l'a emporté sur le noyau dur de l'idéologie.

 

Je connais Pierre Ronget depuis plus de trois décennies, et de très chaleureux souvenirs liés à la langue grecque, la liturgie orthodoxe (l'une de ses passions), la musique, me lient à lui. Il est un ou deux domaines où nul, à Genève, ne me semble pouvoir rivaliser avec ce doux érudit, libéral par la passion de l'humain, en aucun cas par affairisme, mot d'ailleurs injustement étiqueté à Olivier Jornot. Il ne faut vraiment rien connaître à la grande Histoire de la droite, ou plutôt des droites, dans nos pays (France, Suisse romande, Italie), pour confondre celle de l'Argent, qui n'est d'ailleurs pas scélérate à tout prix, avec celle des valeurs esthétiques et morales.

 

Donc, le Grand Conseil genevois va s'enrichir d'un homme aux multiples inflexions culturelles, avec un champ de références ouvert. Cet humaniste, qui dirige un chœur liturgique à l'Eglise orthodoxe, porte le beau titre d'archonte. Ses compétences, ses capacités d'écoute et d'intelligence, il saura très vite, j'en suis sûr, les montrer à ses 99 collègues. Quant à la dimension du savoir et des références, disons que nous passerons de Quinte-Curce à Byzance. Ça n'est pas tous les jours qu'on a ce privilège.

 

Pascal Décaillet

 

 

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Céline et la vulgarité du monde

 

Sur le vif - Samedi 03.12.11 - 09.33h

 

D'un papier de l'Hebdo, particulièrement machiste et détestable, publié il y a neuf jours, traitant Céline Amaudruz de "blonde", aux allusions grivoises de la page 2, à prétention humoristique, de la Feuille d'Avis Officiels bleue et payante, ce matin, certains de mes confrères ne se couvrent pas de gloire. Ces allusions anatomiques, les adresseraient-ils à un homme? Ou à une femme socialiste? Ou Verte? Ou PDC? Donnons-nous rendez-vous dans deux ans, mi-législature: et considérons le chemin qu'aura parcouru à Berne cette politicienne courageuse qui, contre vents, marées et agressions, va son chemin.

 

Pascal Décaillet

 

 

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02/12/2011

Chiennes de la Sonde

 

Sur le vif - Vendredi 02.12.11 - 16.20h

 

Formidable nouvelle: la SSR continuera de publier les sondages GfS ! C'est sympa, parce que ça donne beaucoup de sous (de nos redevances) aux sondeurs. Beaucoup de sondes dans les choux. Beaucoup d'ondes dans l'égout. Beaucoup de coûts pour le monde. Ça sublime l'erreur, ça magnifie l'errance, ça dilate la trop glaciale vérité mathématique. Ça frelate l'opinion. Ça dévie, ça distorsionne. Surtout, ça nous fait tellement rire. Elle est chienne, la vie, mais si belle.

 

Pascal Décaillet

 

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01/12/2011

Christa Wolf, Cassandre allemande

 

Jeudi 01.12.11 - 15.55h

 

J'apprends à l'instant. avec beaucoup de tristesse, le décès de Christa Wolf. Je re-publie ici le texte que j'avais rédigé dans l'Hebdo du 1er juin 2000 sur cet immense auteur, auquel nul germaniste ne peut demeurer indifférent. Je pense à ceux qui m'ont ouvert à la littérature allemande: Bernard Böschenstein, principalement. Bon après-midi à tous.

 

 

C'était au printemps 1987, au Théâtre de Poche de Genève. Qui de nous, même parmi les plus germanophiles, avait seulement entendu parler de Christa Wolf? C'était une première mondiale, sous la direction de Martine Paschoud, la femme qui nous aura ouvert les yeux sur les créateurs de langue allemande les plus contemporains: Heiner Müller, Thomas Bernhard, Matthias Zschokke, Thomas Hürlimann. Des Allemands de l'Est, des Autrichiens, des Suisses... Mais Christa Wolf restait pour nous un mystère, jusqu'à ce soir de 1987 où nous vîmes «Cassandre». Une polyphonie de voix féminines, celles d'Hélène Firla, Heidi Kipfer, Catherine Sumi, Germaine Tournier.

 

Le monologue de Cassandre: l'un des plus beaux récits de l'Antiquité revisité, six ans avant la chute du Mur (1983), en pleine période de SS-20 et de Pershings, par une écrivaine est-allemande de génie. Ce texte est un choc, cette prémonition de la logique de guerre n'est ni de Troie ni de Mycènes, mais de toutes les époques, c'est-à-dire d'aujourd'hui. Il aurait pu, tout autant, se prononcer en janvier 1991, juste avant l'agression du Yankee Bush contre l'Irak (suivie d'une décennie d'embargo où meurent des enfants), ou en avril 1999, avant celle du Yankee Clinton contre la Yougoslavie. Etre dans son époque, viscéralement, tout en feignant d'y échapper par un recours aux mythes grecs, c'est, depuis Goethe et Kleist, l'une des grandes spécialités de la littérature allemande: c'est dans cette filiation, portée à son sommet par l'«Antigone» de Brecht, que s'inscrit Christa Wolf. Une étoile, en cette nuit printanière de 1987, était née à nos coeurs.

 

Avec «Ici même et autre part», revoilà Christa Wolf. Une vingtaine de brefs récits, comme une promenade dans l'histoire allemande de ce siècle dont l'auteur, née en 1929, aura vécu les moments les plus douloureux. On ne peut s'empêcher de penser au dernier livre de Günter Grass («Mon siècle»), mais là, chez Wolf, nulle chronologie, nul fil du temps, seulement le cours du récit. Retours sur «Cassandre» et sur «Médée», hommages à Grass et Böll, et surtout à Heiner Müller, sous la forme d'un superbe texte, d'une page et demie seulement, rédigé au moment où Christa Wolf apprend son décès («Nommer une perte», page 87): «La bataille qu'il déplaçait au dehors, la portant sur la scène en de monstrueux événements, elle faisait rage aussi dans son corps, qui finit par céder.»

 

Professeurs d'allemand, niveau matu, s'il vous plaît, faites lire Christa Wolf et Heiner Müller à vos élèves. Dites-leur que l'Allemagne de l'Est, phagocytée à coups de capitaux par l'euphorie kohlienne, ça n'était pas seulement la Stasi, mais aussi une certaine idée de la culture, encouragée par l'Etat. Avec, sans doute, ce que cela put avoir de pire. Mais aussi, avec le Berliner Ensemble, Brecht, Heiner Müller, Christa Wolf, qui sont parmi les plus grands, non pas de l'Est, mais de la littérature allemande, tout court.

 

Pascal Décaillet

 

*** «Ici même, autre part». De Christa Wolf. Traduit de l'allemand par Alain Lance et Renate Lance-Otterbein. Fayard. 205 pages

 

 

 

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Aube fatale

 

Sur le vif - Jeudi 01.12.11 - 09.07h

 

Je demande ici l'instauration d'un peloton d'exécution, commandé par le capitaine Maudet, pour Sandrine Salerno. L'infâme a eu l'outrecuidance de donner à Hervé Loichemol, directeur de la Comédie, son avis sur Cantat. Aux tambours, pour le roulement final, il y aura toutes les grands âmes cagoulées de la République. Parfumées. Poudrées. Grenadiers d'Empire, vêtus du noir colback. Raides. Tiens disons même roides. Nuques en érection. Sublimes de silence. En attendant l'éclat salvateur: "Sandrine a expié". Rideau.

 

Pascal Décaillet

 

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30/11/2011

Indignés : bravo, Maudet !

 

Sur le vif - Mercredi 30.11.11 - 16.01h

 

C'est une excellente décision, claire et courageuse, que vient de prendre le Maire de Genève, Pierre Maudet, à propos des « Indignés », qui campent aux Bastions. Voilà un mois et demi que ce mouvement a pris possession de ce parc du centre-ville, près de l'Université. Une occupation tout simplement illicite, si on veut bien - pardonnez l'infâme vulgarité de la démarche - se placer dans la perspective du respect des lois.

 

Pierre Maudet ne condamne pas le mouvement, ne se prononce pas sur ses objectifs, il demande simplement le respect de certaines règles. La Course de l'Escalade approche : elle implique d'élémentaires mesures d'hygiène et de sécurité publiques. Par exemple, Maudet demande aux « Indignés » de se redimensionner dans un périmètre limité, et de retirer leurs baraquements et tentes inutilisés.

 

Alignés sur la mode du temps (surtout ne pas se mettre à dos ce mouvement tellement tendance), ses quatre collègues de gauche continuent d'autoriser l'occupation du terrain, « sans restriction de périmètre, ni de durée ». Dans ces conditions, Pierre Maudet se dessaisit du dossier. Il fait prévaloir le respect de l'Etat de droit. Il a mille fois raison. Il renvoie ses chers collègues à leurs responsabilités. Il y a des moments où la collégialité, je ne vous dis pas ce qu'on en fait, mais vous l'aurez aisément deviné. Bravo, Monsieur le Maire. L'immense majorité de l'opinion publique est avec vous.

 

Pascal Décaillet

 

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29/11/2011

Procureur : à quoi joue le MCG ?

 

Sur le vif - Mardi 29.11.11 - 14.36h

 

Après-demain, jeudi 1er décembre, en fin d'après-midi, nous devrions connaître le nom du nouveau Procureur, à Genève. Olivier Jornot ? Christian Coquoz ? Dans les deux cas, c'est sûr, un homme compétent, au service de Genève. Je n'ai, pour ma part, strictement aucune préférence entre ces deux candidats : je les trouve, l'un et l'autre, excellents. Je pars de l'idée que M. Schifferli, pour des raisons de mode de scrutin (majoritaire, deux tours), sera écarté. Voilà pour l'essentiel : l'avenir du Parquet, l'avenir de la justice à Genève.

 

Ce qui, depuis le départ de Daniel Zappelli, aura été moins reluisant, c'est évidemment le colossal maquignonnage politicard qui aura entouré la guerre de succession. La gauche s'étant assez vite retirée du jeu, c'est principalement entre partis qu'on imaginait alliés, le PLR et le PDC, que se plantèrent les banderilles. Scénario rêvé pour le MCG : jouir du rôle d'arbitre, faiseur de roi, jouir sur le dos du Procureur. Jouir sur le Parquet.

 

Au final, le MCG a-t-il trop embrassé, mal étreint ? Une chose est sûre : il en a trop fait. A force de surjouir, il a surjoué. A force de faire l'intéressant dans son rôle d'arbitre, il diminue son crédit politique. Pourquoi ? Parce qu'il apparaît de façon beaucoup trop évidente qu'il cherche à négocier des arrangements, des promesses pour le futur. Un deal a même été tenté, sans succès, avec Christophe Darbellay : nous faisons élire Coquoz, vous accordez l'asile politique à Poggia dans votre groupe aux Chambres. A ce niveau-là, côté maquignonnage, ça frise les Comices agricoles, chez Flaubert. Le génie littéraire en moins.

 

Oui, le MCG a commis une erreur. Il aurait dû dire (bien avant jeudi 16h, une heure avant le Grand Conseil, histoire de jouer les matamores et montrer qu'on fait les rois), clairement, le profil qui devait, selon lui, être celui du futur Procureur. Au lieu de cela, il nous livre un spectacle de ficelles et de rouerie digne de la République des petits copains qu'il est, habituellement, le premier à condamner.

 

Pascal Décaillet

 

 

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28/11/2011

L'homme du strapontin

 

Sur le vif - Lundi 28.11.11 - 10.37h

 

Si ses adversaires politiques, et les jaloux de tout poil, s'imaginent qu'ils vont neutraliser Mauro Poggia, à Berne, sous le prétexte qu'il devra siéger sur le "strapontin maudit", sur l'estrade, ils en seront bien vite pour leurs frais. La connaissance des dossiers de ce nouvel élu, notamment dans la défense des assurés maladie face aux pieuvres des caisses, sa capacité de travail, sa rapidité de synthèse, en feront très vite l'un des hommes avec lesquels on a envie de travailler. C'est valable à Berne aujourd'hui. Ce sera valable à Genève, dans les années qui viennent.

 

Pascal Décaillet

 

 

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27/11/2011

"Recherche de la base et du sommet"

 

Sur le vif -Dimanche 27.11.11 - 22.33h

 

Le conseiller d'État chargé des Affaires sociales, à Genève, considère que le peuple genevois fait preuve de sagesse, par rapport au salaire minimum. Du haut de son salaire maximum, le conseiller d'État fait preuve d'une sagesse maximale.

 

Pascal Décaillet

 

22:33 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Imprimer |  Facebook | |

Non, la gauche genevoise n'est pas à terre

 

Sur le vif - Dimanche 27.11.11 - 14.37h

 

A Genève, le corps électoral rejette, par 54%, le principe d'un salaire minimum. Dont acte. En démocratie, la première chose est d'accepter la décision du peuple. Mais tout de même, ce triomphalisme de Pierre Weiss, « La gauche à terre », laisse songeur.

 

Le salaire minimum n'était défendu, dans les partis représentés au Grand Conseil, que par les socialistes et les Verts. Les quatre autres partis, PLR, PDC, MCG et UDC étaient contre. Dans ces conditions, réunir 46% des votants autour du projet, ça n'est certes pas une majorité, mais c'est quand même un ralliement qui va bien au-delà des forces cumulées des Verts et des socialistes.

 

La gauche, sur ce projet, a certes perdu. Mais elle n'est en aucun cas « à terre » : elle marque des points. Si le MCG n'avait pris l'étrange décision de se rallier à la droite sur cet objet, le salaire minimum, à Genève, passait.

 

Prochaine étape : l'initiative lancée, au plan fédéral, par l'Union syndicale suisse. L'idée, avec une certaine force, fait son chemin. D'ailleurs, je l'apprends à l'instant, Neuchâtel vient de l'accepter.

 

Pascal Décaillet

 

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25/11/2011

Maillard-Berset : ticket de rêve !

 

Sur le vif - Vendredi 25.11.11 - 19.28h

 

Maillard-Berset : c'est véritablement le meilleur choix que viennent d'opérer les socialistes. Pour leur parti. Mais surtout pour la Suisse ! C'est un ticket de rêve de la part de ce parti, sans doute le meilleur ticket - avec, en plus, l'intelligence du choix laissé entre deux personnes - depuis les grands socialistes des années 1960, on pense évidemment à Tschudi.

 

Quel que soit, le 14 décembre, le choix de l'Assemblée fédérale, c'est un homme d'une immense valeur qui entrera au gouvernement de la Suisse. Maillard, le meilleur de tous, la puissance de la conviction. Ou Berset, la grande intelligence du microcosme. J'ai, ici même, énoncé une préférence pour Maillard, je la maintiens. Mais j'affirme que l'option Berset nous laisserait, aussi, dans des standards de très haut niveau.

 

Des standards dont l'Assemblée fédérale, ces dernières années, nous a fait perdre l'habitude. Fini, le temps des souris grises. Au Conseil fédéral, il faut les meilleurs. Eh bien le parti socialiste suisse est, de toute façon, en passe de nous en fournir un, mi-décembre.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

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Isabel, le Dr Mabut et les belles oranges

 

Sur le vif - Vendredi 25.11.11 - 10.52h

 

« Notre sondage sur Isabel Rochat a été manipulé, nous le savons. Il y a eu, à un moment, un apport soudain de mille voix en faveur de la ministre, au moment justement où elle était à la peine. Tout cela, nous le savons. Cette irrégularité, nous en avons connaissance. Mais hélas, nous ne pouvons rien faire ». C'est, en substance, ce que nous apprend Jean-François Mabut, dans son papier d'hier, sur le site online de la Tribune de Genève. Eh bien, cette explication est hautement insuffisante. D'une bien frivole légèreté. Et appelle une ou deux réflexions.

 

Ou bien, la Tribune de Genève a les moyens techniques, voire juridiques, de remonter la piste de l'auteur - ou des auteurs - de ces manipulations. Et là, elle doit aller jusqu'au bout. Et publier les résultats de l'enquête. Ou bien, cela n'est techniquement, juridiquement, hélas pas possible. Dans cette seconde hypothèse, la Tribune de Genève doit immédiatement renoncer à tout sondage de ce genre.

 

Beaucoup, déjà, et depuis longtemps, se gaussent de ces « pseudo-sondages ». Jean-François Mabut reconnaît lui-même qu'ils n'ont pas de valeur scientifique. Mais alors, quelle autre valeur ? Amuser la galerie ? Faire mousser ? Enfoncer le clou, suite à une enquête maison, d'ailleurs intéressante, dans la Tribune papier du jour, sur la déconfiture de la maison Rochat ? Donc, une valeur éminemment marketing. Donc du vent. Parce que le marketing, la « communication », ladies and gentlemen, ça n'a jamais rien été d'autre que du vent.

 

Et c'est précisément cela, le problème de Madame Rochat : certains, autour d'elle, ont cru qu'avec du marketing, on allait faire passer la pilule. On peut, avec la plus belle voix du monde, envoûtante, séduisante, clamer qu'ici, on vend de belles oranges. Sans oranges, juteuses, sonnantes et trébuchantes, ça ne servira strictement à rien.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

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24/11/2011

Jornot n'est pas un Orléans

 

Sur le vif - Jeudi 24.11.11 - 14.04h

 

On aime ou non Olivier Jornot, mais le traiter d'affairiste est une erreur. Traite-t-on Maurras d'orléaniste? Non, Jornot, c'est la droite, toute la droite, rien que la droite. Mais franchement, pas celle de l'Argent. Laquelle se trouve, n'ayons crainte, très largement représentée chez ses amis libéraux.

 

Pascal Décaillet

 

 

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Parfum d'Automne

 

Sur le vif - Jeudi 24.11.11 - 09.27h

 

Un député qui fait son boulot. Le bon docteur Buchs, élu PDC, membre de la Commission de gestion du Grand Conseil, va poser au gouvernement la question que tout le monde murmure: qui finance les Automnales? Aucun denier de l'État, vraiment? Aucune aide indirecte? Aucune facilitation? Aucune impulsion ministérielle, il y a deux ans, lorsqu'il s'est agi de chasser X pour installer Y? Aucune chicanerie envers X, pour lui faire rendre gorge?

 

L'an dernier, le bon docteur avait déjà posé la question: le Conseil d'État lui avait répondu avec un cinglant mélange de brièveté et de sécheresse, le tout parfumé d'une belle arrogance. Merci au bon docteur de ne pas prendre, lui, la Commission de gestion pour un club ouaté de copains du gouvernement, mais pour ce qu'elle est: l'instance démocratique de contrôle de l'exécutif et de son administration.

 

Pascal Décaillet

 

PS - Puisse le bon docteur ne se satisfaire en aucun cas de la future réponse du Conseil d'Etat, qui va évidemment le mener en bateau. Puisse la Commission de gestion entreprendre toutes choses pour éclairer les liens entre un conseiller d'Etat et le petit monde de Palexpo.

 

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23/11/2011

La Coccinelle sur le Macadam

 

Sur le vif - Mercredi 23.11.11 - 14.23h

 

Humilié deux fois ! Il est bien brave, le bon juge Peila: le brave des braves ! Le maréchal Ney ! Humilié, il y a quelques jours, par une "commission judiciaire du PLR" au demeurant dépourvue de toute légitimité. Repêché, par la grâce d'un bailli de retour de chez les Kanaks. Puis ré-humilié, jusqu'à l'os cette fois, hier soir, par l'Assemblée générale du même parti: 117 voix pour le demi-dieu Jornot, 9 pour le juge ! Il s'est comparé à la coccinelle face au rouleau compresseur. Chétive et touchante métaphore, où flamboient le goudron et les plumes. La possibilité d'un macadam sur le sentier de la gloire.

 

Pascal Décaillet

 

 

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22/11/2011

Procureur: la stratégie gagnante du PLR

 

Sur le vif - Mardi 22.11.11 - 11.38h

 

Donc, le PLR a présenté MM Jornot et Peila. Mais la "commission judiciaire" du PLR a choisi M. Jornot seul. Mais le "comité directeur" du PLR a tout de même auditionné MM Jornot et Peila, l'élu et le recalé. Mais ladite commission a finalement choisi M. Jornot seul. Mais l'Assemblée des délégués du PLR, ce soir, tranchera entre MM Jornot et Peila comme duo, M. Jornot seul, M. Peila seul. Ou M. Jornot, suivi de M. Peila. Ou M. Jornot, précédé de M. Peila. Ou l'âme de Jornot dans le corps de Peila. Ou M. Jornot, adoubé par M. Peila. Ou M. Peila, désisté par M. Jornot. Ou Louis Jornot. Ou Olivier Peila. Ou Louis-Olivier Peilot. Dans cette affaire, le PLR est droit ses bottes. Mais ses bottes, il les a juste mises à l'envers.

 

Pascal Décaillet

 

 

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21/11/2011

Eric et les petits copains

 

Sur le vif - Lundi 21.11.11 - 08.56h

 

La bataille qu'a menée Eric Stauffer, vendredi soir au Grand Conseil, il avait parfaitement le droit de la conduire. La démocratie consiste, très exactement, à opposer des idées contradictoires pour - DANS UN DEUXIÈME TEMPS - tenter de trouver des solutions. Quant aux multitudes d'amendements, est-ce illégal?

 

Quant au ton, je préfère mille fois, pour ma part, la rude franchise du patron du MCG aux salamalecs de politiciens de salon ne songeant, au fond, qu'à maintenir au pouvoir leurs coalitions de fortune, donc leurs prébendes, donc leurs mandats, donc leurs multiples jetons de présence dans les réseaux de copinage horizontaux où ils se fourvoient à longueur d'année.

 

Pascal Décaillet

 

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20/11/2011

Peter et les images

 

Sur le vif - Dimanche 20.11.11 - 09.31h

 

Gratuite, bête et méchante, et je pèse mes mots, l'attaque de Peter Rothenbuehler, dans le Matin dimanche d'aujourd'hui, contre le futur nouvel évêque de Lausanne, Genève, Neuchâtel et Fribourg, Mgr Charles Morerod. A lire le king du people et des émois princiers, le prélat ferait dans le bling bling en ayant accepté de répondre à des journaux, qui souhaitaient simplement le présenter, avec photos..., à leurs lecteurs. Se faire traiter de popu par... Rothenbuehler!

 

Manifestement, mon royal confrère n'a pas lu la belle et simple interview du Courrier, dont je parlais hier, ici même. Ou pas voulu la lire. Évidemment, quand on se contente de passer son temps à regarder des images, chasser des images, détourer des images, publier des images, vendre l'image, on a moins le loisir de se consacrer à la lecture du fond. Alors, on juge sur l'image. On loue l'image. On vitupère l'image. On ne vit plus, on ne meurt plus que pour l'image. En couleur. Et sur papier glacé.

 

Bref, mon ami Rothenbuehler ne fonctionne que sur le registre qu'il a lui-même porté au pinacle. Et qui ruine, avec dévastation, la presse romande.

 

Pascal Décaillet

 

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