13/06/2013

Carouge rétablit la guillotine

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Sur le vif - Jeudi 13.06.13 - 08.27h

 

Ne manquez pas le dernier spectacle du Printemps Carougeois. Une évocation libre, par des amateurs, de "1793, l'Année terrible". Un échafaud a été monté sur la Place du Marché. On guillotinera vraiment des gens, "ça aiguise les sens", nous promet le prospectus.

 

Nous ne sommes pas encore en mesure de révéler toute la distribution, mais pouvons déjà vous annoncer que le bon docteur Buchs, PDC, assumera le rôle de Robespierre, et le MCG Sandro Pistis, celui de Saint-Just. Stéphanie Lammar vient d'être confirmée, sans auditions, pour celui de Marie-Antoinette.

 

Entrée libre. Un chapeau, en forme de bonnet phrygien, sera présenté à la sortie, pour éponger les frais de nettoyage du sang.

 

Pascal Décaillet

 

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12/06/2013

Cocktail de printemps

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Sur le vif - Mercredi 12.06.13 - 17.24h

 

Vous prenez le fan's club personnel d'une conseillère fédérale grisonne. Vous ajoutez le reliquat d'alluvions du pronunciamiento du 12 décembre 2007. Vous saupoudrez d'une fine couche d'appartenance aux conseils d'administrations des banques. Et vous obtenez, dans un cocktail printanier, un vote majoritaire au Conseil des Etats. Turquoise, comme les yeux d'une espionne américaine. Djà vous l'aimez. Déjà, vous succombez.

 

Faute de chips, quelques graines. Pour les pigeons.

 

Pascal Décaillet

 

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09/06/2013

Savoir perdre : l'honneur de la démocratie

 

Sur le vif - Dimanche 09.06.13 - 16.14h

 

La Suisse est une démocratie, l’une des plus accomplies du monde. Régulièrement, le corps des citoyens, qu’on appelle « peuple », est consulté, et c’est lui, non qui a raison, mais qui a le dernier mot : le peuple décide, il est le souverain. La moindre des choses, si on se dit démocrate, est d’accepter cette décision. On peut la regretter, bien sûr, enrager, maudire intérieurement l’univers, se jurer qu’on reviendra à la charge d’ici quelques années, chacun gère comme il peut le flux interne de ses humeurs, les torrents de lave qui le traversent. Tout cela, oui. Mais la décision, il faut l’accepter.

 

Insupportables sont donc les mauvais perdants. Dans une démocratie comme la Suisse, nous votons sur plusieurs objets en même temps, et chacun de nous, chaque citoyen, à moins d’avoir un bol incroyable ou de s’aligner par instinct sur les majorités flairées, se retrouve un peu perdant, un peu gagnant, Jean qui rit, Jean qui pleure. C’est ainsi. Et c’est même sur la distribution de ces mélanges que se construit la richesse de nos équilibres confédéraux. J’étais pour la révision du droit d’asile, et pour l’élection par le peuple : eh bien, me voilà moitié gagnant, moitié perdant. Je n’accuse personne d’avoir mal voté, ni d’avoir mal compris l’enjeu. J’accepte.

 

En Suisse, personne n’humilie personne. Regardez la France : si Giscard passe en 1974, les mitterrandiens en prennent pour sept ans. Que Mitterrand l’emporte en 1981, les giscardiens pleurent pour sept ans. Tout blanc, tout noir. Vainqueur, vaincu. Chez nous, la complexité du pays, avec 26 cantons, une démocratie directe venant régulièrement corriger des décisions des corps intermédiaires, la distribution des succès et des échecs et infiniment plus subtile.

 

J’invite tous ceux, notamment à gauche, qui proclament cet après-midi leur « honte d’être Suisses » à se montrer un peu meilleurs joueurs, s’interroger sur les raisons du raz-de-marée en faveur de la révision du droit d’asile, cesser de parler de débat tronqué, d’enjeux mal posés, lorsque ce se sont pas des références totalement hors de propos aux années trente ou quarante. Savoir perdre est l’un des actes majeurs de la liturgie démocratique.

 

Pascal Décaillet

 

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07/06/2013

Pierre Mauroy, passion française

 

Sur le vif - Vendredi 07.06.13 - 18.26h

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Bien qu’ayant eu l’honneur d’approcher et d’interviewer la plupart des grands leaders historiques de la gauche française, je n’ai, de ma vie, jamais rencontré Pierre Mauroy. Mais la nouvelle de sa mort, ce matin, m’a fait un choc. Parce que c’était un homme d’Etat, mais aussi un militant exceptionnel, un socialiste surgi de la grande famille du Nord, cette Flandre catholique et rugueuse tout à la fois, ouvrière, joviale, festive, fraternelle. Succédant à Augustin Laurent à la Mairie de Lille, en 1973, il commence par parler du beffroi, rappelle les cortèges et les fanfares de son enfance, ancre son destin dans les contours d’un tableau. Entré en socialisme comme en religion, aimait-il à rappeler, c’était en 1945, son adhésion aux Jeunesses, dans le culte de Léo Lagrange, qui avait été un mythique ministre du Front populaire, en 1936.

 

J’ai toujours éprouvé pour Mauroy un total respect. Il y a quelque chose de Jaurès dans cette Fédération socialiste du Nord, comme dans celle des Bouches-du-Rhône, et bien sûr dans les sections du sud-ouest, du côté de Toulouse. Il y a cette gauche du travail, de la très longue conquête des acquis sociaux, cette gauche réaliste, tenace, qui ne se gargarise pas de mots, comme nos bourgeois libertaires urbains, mais construit sa lutte sur le temps des générations. Comme on érige une cathédrale. Mauroy, Flandre de ces flèches en élévation vers le ciel, pays d’images pieuses, quelque folie d’Espagne dans la raideur du quotidien, rêves de fraternité. Je ne puis penser à Mauroy sans songer à Léon XIII et sa Doctrine sociale, qui eut certes d’autres épigones dans l’Histoire politique française, mais traça, véritablement, son Sillon. Son socialisme à lui n’en était au fond pas si éloigné.

 

Mauroy, ma jeunesse. Fervent partisan de l’élection de François Mitterrand le 10 mai 1981, entre autres par rejet viscéral de l’orléanisme giscardien, j’avais poussé un ouf de soulagement en apercevant ce Premier Ministre-là, le jour de l’intronisation, dans la voiture du Président. Mitterrand, prince de l’ambigu, socialiste depuis seulement dix ans (Epinay, juin 1971), avait eu l’intelligence de compenser l’insaisissable de son propre personnage par le choix, à Matignon, d’un roc inébranlable du socialisme. Dire que les deux hommes étaient complémentaires relève de l’euphémisme. Et pourtant, de nombreux traits communs : l’un et l’autre issus d’une famille nombreuse, marqués par le catholicisme (des Charentes ou du Nord), attachement intransigeant à la patrie. Car Mauroy, l’homme de la SFIO, chantait la Marseillaise autant que l’Internationale. Ces deux hommes-là aimaient la France, l’ont servie avec passion.

 

Ne nous attardons pas sur les différences. Entré gamin à la SFIO, Mauroy n’aura été, toute sa vie, que l’homme d’un seul parti. Pendant qu’il arpentait les kermesses socialistes de son enfance, l’autre, le futur président, frayait encore avec la droite de la droite intellectuelle et catholique de l’avant-guerre, laquelle ne manquait d’ailleurs ni d’allure, ni de panache. Ce qui est fou, c’est que les deux destins se sont rencontrés, un jour de la campagne présidentielle de 1965, où Mauroy avait accueilli à Lille celui qui, à 49 ans, avait osé défier le général de Gaulle. Un pacte, là, s’était scellé, qui durera trois décennies. On sait que Mauroy est l’un des hommes d’Epinay, le congrès de la prise de contrôle de l’appareil socialiste, en juin 1971, par un François Mitterrand qui n’était même pas membre du parti en arrivant à l’assemblée !

 

Le reste ? Le reste, c’est l’Histoire. Trois ans Premier ministre, les années des grandes réformes, mais aussi celles qui coûtent cher. 28 ans Maire de Lille. Député sénateur, enfin tout : Mauroy, comme Defferre, Chaban, comme naguère Herriot, fait partie de ces figures qui, à force, finissent par incarner la République à mesure qu’ils la servent. L’engagement de toute une vie. Entré en politique comme en religion. Ajoutant ses pierres à lui à l’édification de la cathédrale. Conscient du temps qui passe et de la fragilité de toute chose. Il faut réécouter sa passation de témoin à Martine Aubry, lorsqu’il lui remet en 2001 les clefs de la Ville de Lille : il cite Apollinaire, et c’est poignant.

 

La France perd un grand serviteur de l’Etat. Les années Mitterrand, c’était lui. Avant qu’elles ne devinssent affairistes, ravalées à la servitude de l’Argent. Pierre Mauroy a servi le socialisme, et il a aussi servi la France. Figure militante. Mais aussi stature du siècle. Dans le pays, dans le tableau, quelque part à l’ombre du beffroi, il a sa place. Celle d’un homme d’honneur et d’engagement. Fidèle. Infatigable.

 

Pascal Décaillet

 

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02/06/2013

Jean Romain, la fureur républicaine

 

Sur le vif - Dimanche 02.06.13 - 16.15h

 

Professeur de philosophie au Collège Rousseau, mais aussi député PLR, penseur de l’école, passionné et même habité par la question scolaire, Jean Romain quitte l’enseignement. Il n’anticipe certes que de quelques années sa retraite, mais il le fait, et c’est un signal. Il s’en explique dans le Matin dimanche d’aujourd’hui, et nous en dira un peu plus à 18.40h, en direct dans le Grand Genève à chaud.

 

Oui, ce départ est un témoignage qu’il faut prendre au sérieux. Le départ d’un humaniste, très apprécié de ses élèves, et qui s’est toujours fait une très haute idée de ce que doit être la transmission. Celle dont parle si bien Péguy, dans un chef-d’œuvre intitulé « L’Argent », Sixième Cahier de la Quinzaine, 1913 :

 

«  Je voudrais dire quelque jour, et je voudrais être capable de le dire dignement, dans quelle amitié, dans quel climat d'honneur et de fidélité vivait alors ce noble enseignement primaire. Je voudrais faire un portrait de tous mes maîtres. Tous m'ont suivi, tous me sont restés obstinément fidèles, dans toutes les pauvretés de ma difficile carrière. Ils n'étaient point comme nos beaux maîtres de Sorbonne. Ils ne croyaient point que, parce qu'un homme a été votre élève, on est tenu de le haïr. Et de le combattre ; et de chercher à l'étrangler. Et de l'envier bassement. Ils ne croyaient pas que le beau nom d'élève fût un titre suffisant pour tant de vilenie. Et pour venir en butte à tant de basse haine. Au contraire, ils croyaient, et si je puis dire ils pratiquaient que d'être maître et élèves, cela constitue une liaison sacrée, fort apparentée à cette liaison qui de la filiale devient la paternelle. Suivant le beau mot de Lapicque ils pensaient que l'on n'a pas seulement des devoirs envers ses maîtres mais que l'on en a aussi et peut-être surtout envers ses élèves. Car enfin ses élèves, on les a faits. Et c'est assez grave. »

 

Oui, le départ de Jean Romain est démonstratif, protestataire. Oui, il veut montrer quelque chose. Confirmer ce qu’il rumine depuis tant d’années, lui qui a réveillé la question scolaire à Genève et obtenu, en septembre 2006, une victoire historique, à savoir sa colère contre ce qu’il appelle « l’école des pédagos » et des armadas de fonctionnaires. L’école qui « n’élève » plus (Dieu qu’est est belle, la métaphore de la verticalité), mais qui se contente, au mieux, d’animer. Ce signal de Jean Romain n’est pas dirigé contre ses confrères et consœurs, mais contre la rigidité d’un système, son aridité, sa prétention à ériger en science ce qui est avant tout un art de la transmission, de la communication.

 

Jean Romain quitte l’école, mais demeure en politique. Dire que c’est heureux est un faible mot : le député est apprécié de tous, même de ses adversaires, il ne cherche à convaincre que par la lumière de l’argument, respecte les gens, n’a de fureur que celle de la République, qu’il veut servir. A cet ami fidèle dont j’ai eu l’honneur de préfacer un livre, je souhaite bon vent et longue vie. Et toujours le retrouver sur la question scolaire. A Genève, ou ailleurs.

 

Pascal Décaillet

 

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01/06/2013

Le napalm ponctue, il n'informe pas

 

Sur le vif - Samedi 01.06.13 - 10.52h

 

Enfant, j'écoutais beaucoup la radio, toutes les chaînes possibles, pour avoir les informations. C'étaient les années soixante, la guerre du Vietnam. On nous décrivait très ponctuellement - je dirais même avec pointillisme - le détail des opérations militaires, évidemment de source américaine ou sud-vietnamienne, ce qui était équivalent, jamais de source nord-vietnamienne.



Mais ça n'était pas l'aspect propagande qui me gênait, j'étais d'ailleurs trop jeune pour en être conscient. Ce qui n'allait pas, c'était le pointillisme, justement. Sous prétexte de ne relater que les derniers faits (le principe d'un flash), on ne faisait que nous annoncer la dernière escarmouche, la dernière action de guérilla, le dernier bombardement au napalm. On nous donnait un nombre de morts et de blessés. Et puis, on passait à la météo, celle d'ici !



Enfant, j'étais déjà furieux. Je disais autour de moi, notamment à mes parents: "On s'en fout un peu du détail des opérations militaires, moi j'aimerais que quelqu'un m'explique cette guerre. Ses origines, ses causes, pourquoi on se bat là-bas, que font diable les Américains à des milliers de kilomètres de chez eux, en quoi le régime du Sud mérite-t-il à ce point d'être défendu contre celui du Nord ?"



Mes parents tentaient de m'éclairer. Ils me disaient, se souvenant de la guerre d'Indochine (mon père avait vu passer Mendès France et Churchill, et sans doute aussi Giap, en 1954, à l'angle de l'avenue de France et de la rue de Lausanne), que "de toute façon, c'était une guerre très compliquée, il y avait déjà eu un épisode avec les Français, etc. etc."



Beaucoup plus tard seulement, en lisant un nombre incroyable de livres sur le sujet, à commencer par ceux de Lacouture, je me suis initié à l'Histoire de la Cochinchine et du Tonkin, aux premières expéditions du temps de Jules Ferry, au passé exceptionnel de cette civilisation, le Vietnam. En lisant la biographie d'Hô Chi Minh, par Lacouture, je suis entré dans la logique de ceux qu'on nous présentait, ici, comme des sauvages. Bref, je me suis instruit. Pour l'Histoire de l'Algérie, une autre de mes grandes passions historiques, j'ai procédé exactement à la même démarche. Et là encore, Lacouture, pour nous présenter la lente maturation, à vrai dire dès 1830 avec Abd el-Kader, de l'idée d'indépendance algérienne.



Et plus je m'instruisais, plus j'en voulais férocement, avec le recul, à ces bulletins d’informations horaires de mon enfance, qui ne nous donnaient que l'écume du parcellaire. Ils faisaient pourtant leur boulot: ils nous donnaient les faits, rien que les faits.



Mais sans arrière-pays, sans perspective historique, sans quelques milliers d'heures de lecture sur les causes et les antécédents, le fait est condamné à la stérilité. Il n'informe pas. Tout au plus, il ponctue.

 

Pascal Décaillet

 

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29/05/2013

Le parfum noir de la trahison

 

Sur le vif - Mercredi 29.05.13 - 16.59h

 

Madame Widmer-Schlumpf, je veux ici vous dire merci. Par l’acte d’aujourd’hui, qui est d’abdication et de renoncement, vous donnez quelques points (oh, je sais, ils ne suffiront pas) aux partisans, dont je suis, de l’élection du Conseil fédéral par le peuple.

 

Parce que justement, vous incarnez le contraire de toute cette part de reconnaissance, et pourquoi pas affective, émotive, que la population peut éprouver pour un magistrat exécutif. Votre présence au Conseil fédéral est le fruit d’un péché originel, le pronunciamiento d’une troïka de fortune pour éjecter l’homme qui, en octobre 2007, venait de gagner les élections. Le coup a porté. Aux affaires, vous vous êtes installée. Mais quelque chose, dans l’origine même de votre présence au pouvoir, porte le parfum noir de la trahison.

 

Bien sûr, vous êtes l’élue du Parlement. Donc, conseillère fédérale légitime, c’est en ordre, je ne vous le disputerai pas. Mais l’eussiez-vous été d’un corps électoral plus large, ces quatre millions d’électeurs qu’on appelle, pour faire court, « le peuple » ? Lesquels de vos six collègues, à part me semble-t-il Mme Leuthard, l’eussent-ils d'ailleurs été ?

 

Justement, pour avoir fréquenté de près nombre de vos prédécesseurs, dont un certain Jean-Pascal Delamuraz, je rêve d’un système où les conseillers fédéraux soient les élus du peuple tout entier. Avec lui, au-dessus de nos différences, de nos barrières cantonales, ils passeraient un contrat de confiance. Et pour une fois, une seule circonscription, la Suisse toute entière pour théâtre d’opérations, pas juste la galerie des glaces du Palais fédéral. Pas juste les 246 à convaincre, mais les quatre millions de citoyens, ceux qui ont le droit de vote. Tous les autres échelons demeureraient, les communes, les cantons, le fédéralisme, mais juste sur ce coup-là, le ciment d'une circonscription unique. L'utopie est-elle si folle ? Indigne d'un pays moderne, démocratique ?

 

Dans ce système-là, peut-être d’ailleurs seriez-vous réélue, je n’en sais rien. Mais on en aurait au moins le cœur net. Et la netteté du cœur n’est pas, Madame la Conseillère fédérale, le trait qui caractérise en première lecture votre rapport au pays profond.

 

Pascal Décaillet

 

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La droite trahie - 13 décembre 2007

 

 

*** Je re-publie ici mon édito publié dans le Nouvelliste du jeudi 13 décembre 2007, lendemain de la non-réélection de Christoph Blocher. Le Parlement, suite à des manoeuvres de coulisses sur lesquelles je ne vais tout de même pas revenir près de six ans plus tard, lui avait préféré Eveline Widmer-Schlumpf.

 

La droite trahie

 

Christophe Darbellay est sans doute l’un des politiciens suisses les plus doués de la jeune relève, mais là, je ne comprends pas. S’acoquiner dans la pénombre avec les socialistes et les Verts, casser l’alliance historique avec les radicaux, pour le goût du mirage et le sel improbable de l’aventure, il y a là un geste qui relève plus du desperado de western que de la construction d’un destin politique.

 

Oh, certes, le coup est magistral. Quatre ans et deux jours plus tard, l’affront subi par Ruth Metzler est vengé. La logique de vendetta a fait son œuvre, les parrains sablent le champagne, avec comme alliés la gauche de la gauche de ce pays. La belle alliance ! Mais pour quels lendemains ? La droite lacérée, le camp bourgeois divisé pour longtemps, et l’UDC, peut-être, dans la rue pour quatre ans.

 

La démocratie chrétienne suisse doit clairement dire à quel camp elle appartient. Et ce camp, historiquement, philosophiquement, économiquement, ne peut être que celui de la grande famille de droite. En fût-elle l’aile sociale, familiale, tout ce qu’on voudra. Mais la droite, de grâce ! Avec un minimum de fidélité, de loyauté, de cohérence.

 

Or, le coup d’hier, aussi prestigieux soit l’agneau sacrificiel, c’est un coup des socialistes et des Verts, avec la complicité du PDC. C’est cela, la nouvelle majorité sous la Coupole ? Si oui, on aurait pu avoir la courtoisie, au moment des élections, d’’en informer les électeurs. Je pourrais comprendre que les partenaires de droite du PDC, à commencer par les radicaux, dans les temps qui viennent, lui demandent quelques comptes.

 

Surtout, même en termes de finalités florentines, dans lesquels Christophe Darbellay excelle, il faut se rendre à une évidence, que Georges Pompidou, magistralement, avait rappelée à Jacques Chaban-Delmas au lendemain de son discours de 1969 sur la « Nouvelle Société » : si la droite, parfois, fait des cadeaux à la gauche, ou croit marquer des points en pactisant, la réciproque, elle, ne se vérifie jamais. C’est une loi de la politique, aussi vrai que le Centre est un mythe, une montre molle, une liquéfaction du courage, un mirage au cœur du désert.

 

Pascal Décaillet

 

 

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25/05/2013

Le corporatisme par le sexe

 

Sur le vif - Samedi 25.05.13 - 18.29h

 

Ca rime à quoi, les "Femmes PLR" ? Les "Femmes socialistes" ? Les "Femmes PDC" ? Depuis quand, en République, l'identité d'un parti doit-elle se fractionner en fonction du sexe ? Que diraient-elles, ces dames, si s'érigeaient des sections d'"Hommes PLR", Hommes socialistes", "Hommes PDC" ? Je vais vous le dire: elles hurleraient.


C'est gênant, ce que j'écris là ? Ca n'est pas dans l'air du temps ? Si vous saviez, amis lecteurs, à quel point je m'en fous.

 

Pascal Décaillet

 

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Gauchebdo : remarquable, une fois de plus

 

Sur le vif  - Samedi 25.05.13 - 15.13h

 

Une fois de plus, il faut lire l'hebdomadaire Gauchebdo pour avoir des pages culturelles du week-end qui soient autre chose que simple captation de mode, miroir du fric, promotion des vogues majoritaires. Dans le numéro 21, du 24 mai 2013, que je viens de lire, on trouvera, en vrac:

* Un hommage à Jean Dutilleux, l'un des plus grands musiciens du vingtième siècle, décédé le jour du 200ème de Wagner.

* "Un Vaudois dans la tourmente révolutionnaire". Papier, signé Pierre Jeanneret, sur la correspondance de Julien Narbel, au temps de Nicolas II. Suite au livre de Claire et Claude Torracinta, que j'avais reçus à ce sujet à Genève à chaud.

* Un rappel sur le Chablais comme lieu de résistance à l'occupation nazie, en lien avec les Glières.

Cela, pour la seule partie culturelle du journal !

Quand on compare cela avec la tiédeur et la mièvrerie de l'immense majorité des journaux d'opinion politique ou de partis, qui ne sont là que pour cirer les pompes à leurs caciques, inscrire leurs tronches au tableau d'honneur, tout le monde il est beau, et ragnagni, et ragnagna, on se dit qu'il est urgent de réintroduire dans la presse romande l'essentiel: le contenu, le choix des angles, la qualité d'écriture, l'audace dans la transgression, la puissance de solitude des auteurs, l'indépendance face aux courants dominants. Tout cela, bien au-delà de la droite et de la gauche. C'est juste une question d'amour du métier.

 

Pascal Décaillet

 

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24/05/2013

Pascal, Joseph et l'Oncle Karl

 

Sur le vif - Vendredi 24.05.13 - 19.17h

 

Très bon débat, à Forum, entre Pascal Couchepin et Joseph Zisyadis sur l'élection du Conseil fédéral par le peuple. Des deux côtés, de bons arguments. Exactement les mêmes, de part et d'autre, depuis 25 ans. Et sans doute les argumentaires des deux premières votations (là, c'était la gauche qui était pour) de 1900 et 1942 étaient-ils à peu près, déjà, ceux de ce soir.



Difficile d'attendre de Pascal Couchepin qu'il puisse intellectuellement adhérer à la réforme d'un système où a baigné l'intégralité de sa carrière politique. La Suisse ne se porte pas si mal, donc ne changeons rien. Ca se défend. Et assurément, le peuple et les cantons, le 9 juin, l'entendront ainsi.



Beaucoup de non-dits, aussi, dans le débat: plus le parti est installé dans les arcanes du pouvoir, moins il veut réformer le système (Couchepin). Plus il en est exclu (Zisyadis), plus il peut se montrer audacieux. Comme les radicaux d'avant 1848, de 1848, et des premières décennies après 1848. Comme les catholiques-conservateurs d'avant 1891. Comme les socialistes d'avant 1943. Le vrai problème, derrière le paravent d'arguments aux senteurs de naphtaline (des deux côtés) est là: celui d'une dialectique entre la Suisse des notables du moment, ou disons d'un carrefour de notables, et celle des marges.



Sous le prétexte d'un débat institutionnel. la réalité des choses est toujours celle d'un rapport de forces et de pouvoir. Oui, je sais, c'est une analyse marxiste. Ca tombe bien: Karl Marx était un exceptionnel observateur des tensions politiques et sociales de son siècle.

 

Pascal Décaillet

 

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23/05/2013

Feue la Régente

 

Sur le vif - Jeudi 23.05.13 - 13.06h

 

Le Parti socialiste en Ville de Genève dresse aujourd'hui son bilan de mi-législature. Disons-le tout de suite: ce bilan est bon. Notamment à l'exécutif, avec deux magistrats de qualité. Tout au plus pourrait-on souhaiter, de la part de Sami Kanaan, une vision (ou une communication) moins administrative, plus visionnaire. Mais cela est compensé par la classe de l'homme, sa tenue, son respect des gens.



Quant à Sandrine Salerno, après avoir été il y a six ans la Dauphine de Manuel Tornare, voire la Régente à l'ombre du soleil, elle s'affirme en cette deuxième législature comme la locomotive du Conseil administratif. Elle est morte, la Régente, la chrysalide a laissé naître quelque chose d'autre, de plus puissant et plus légitime.

 

Mme Salerno est courageuse, ne craint pas de déplaire, déploie une politique servie par une vision. On partage ou non ses options, bien sûr. Mais au moins ces dernières sont claires, on sait à qui on a affaire, c'est franco, sur la table, à des milliers de lieues marines des atermoiements, de la langue de bois ou de l'illisibilité. Assurément, la ministre en Ville de Genève a l'étoffe d'une conseillère d'Etat.



Il m'est parfaitement égal que mes propos déplaisent à une certaine droite, notamment celle de l'Argent roi et de la spéculation. Homme de droite moi-même, mais certainement pas de cette droite-là, je respecte toute personnalité habitée par le souffle républicain, et se battant sincèrement pour ses idées, dans l'intérêt général. Mme Salerno, M. Kanaan en font éminemment partie.

 

Pascal Décaillet

 

 

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22/05/2013

Frère Sylvain et la bête universelle

 

Sur le vif - Mercredi 22.05.13 - 09.14h

 

Le suicide d'hier, en la Cathédrale Notre-Dame, et les propos de M. Menoud au Municipal ne sont clairement, c'est entendu, qu'une seule et même affaire. Au pire, deux faces d'une même réalité qu'il entrevoit, lui, et à laquelle nous, pauvres grégaires, demeurons aveugles. C'est l'analyse, toute en nuances, de Frère Sylvain, le seul ici bas à avoir repéré la bête immonde.

 

Merci, Frère Sylvain, de vos éclairs de lucidité.

 

Pascal Décaillet

 

 

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19/05/2013

Les anathèmes de Frère Sylvain

 

Sur le vif - Dimanche 19.05.13 - 17.38h

 

De retour de 48 heures hors de la toile, je découvre les anathèmes décochés par le socialiste Sylvain Thévoz à l’endroit de quelques hérétiques (dont Pierre Ruetschi et votre serviteur) coupables à ses yeux d’un péché mortel. Celui d’avoir eu l'outrecuidance de relever – chacun à sa manière – qu’un Parlement n’était pas le lieu pour afficher des slogans écrits, ce qui est langage de rue ou de manif, mais celui d’argumenter avec le verbe, en lien avec les sujets à l’ordre du jour.

 

Il eût fallu, plutôt que d’insister sur cette vétille, ne participer qu’à l’exécution générale de M. Menoud, cela et rien d’autre. Il eût fallu, selon M. Thévoz, embrasser exactement le champ, l’objet et l’intensité de son indignation à lui. Bref, faire du Thévoz. Entonner la liturgie de ses colères à lui. Dans la joie partagée de ces Vêpres communes, une même Grâce du Grand Soir nous aurait tout naturellement amenés à laisser tomber nos dérisoires didascalies sur le fonctionnement républicain d’un Parlement. Au profit de la seule condamnation, D'UNE MÊME VOIX, de M. Menoud.

 

Sinon ? Sinon, honte à nous ! Sinon, que pleuvent sur nous les orgues de Staline de la morale. Avec en prime Hannah Arendt pour nous rappeler que nous n’avons, nous, pauvres gens de presse, rien retenu de l’Histoire. M. Thévoz serait Thomas Mann, ou Heinrich, ou Klaus, seuls lucides dans les ultimes années de la République de Weimar, et nous, alias « la presse », serions captifs de « l’effroyable banalité », aveugles au retour de la bête immonde, complices du pire. Dans le rôle du Bien, M. Thévoz; dans le rôle du Mal, ceux qui choisissent un autre angle, un autre éclairage. Elle va être belle, la liberté d’expression, le jour où M. Thévoz sera au pouvoir.

 

Je vous le dis tout de suite, Frère Sylvain, ce genre de pressions sur fond de grandes leçons morales ne marche pas avec moi. J’ai, dès le début, écrit ce que je pensais de l’énormité verbale de M. Menoud. Je n’ai jamais, une seule seconde, pris sa défense. J’ai simplement choisi, EN PLUS DE CETTE AFFAIRE, d’en évoquer une autre, évidemment un peu gênante pour une partie de la gauche municipale, puisqu’elle concerne cette histoire de banderoles, ou d’affichettes. Vous voudriez, au nom de la totalité de l’horreur que représentent à vos yeux les propos de M. Menoud, que cette AUTRE AFFAIRE, nous la passions par pertes et profits, tant elle serait, en comparaison, insignifiante.

 

Je ne le ferai pas. Je n’entrerai pas dans votre jeu. Je n’accepterai pas, moi qui ai toujours défendu la cause homosexuelle (en des périodes où elle était autrement plus minoritaire qu’aujourd’hui dans l’opinion) que vous veniez me qualifier, comme vous l’avez fait dans un commentaire, de « complice de l’homophobie », sous prétexte que je n’adresse pas exactement à M. Menoud, avec vos mots à vous et vos incantations, les anathèmes qui sont vôtres. Et que je ne vous reproche pas, d’ailleurs, de lui adresser. A chacun son équation avec le verbe, à chacun son langage.

 

M. Thévoz, vous êtes homme de plume et d’écriture. L’un des rares de la classe politique à mériter ce nom. Je vous tiens même pour l'homme politique genevois au style littéraire le plus troublant. Mais dans cette affaire, avec l’écrasante artillerie de vos menaces morales, vous voilà hélas d’une intolérance presque théologique. Pour ma part, je condamne, dès le début, les paroles de M. Menoud. Et parallèlement, DANS UNE AUTRE AFFAIRE, je persiste sur ce que doit être le comportement des élus du peuple. Vous n’obtiendrez pas de moi qu’un événement serve d’opportun paravent à un autre. Ni que j'efface ce détail un peu gênant de mon tableau d'ensemble.

 

 

Pascal Décaillet

 

 

 

 

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17/05/2013

Errances libertaires - Suite

 

Sur le vif - Vendredi 17.05.13 - 10.06h

 

100% d'accord avec l'édito de Pierre Ruetschi sur la séance calamiteuse du Municipal, avant-hier. A un détail près: que vient faire ici Mme Salerno, dont je peine à entrevoir la responsabilité dans cette affaire de banderoles ? Les élus législatifs du groupe socialiste sont des citoyens libres et responsables, ils représentent un pouvoir séparé de l'exécutif, dont ils n'ont aucun ordre à recevoir. Responsables, ils doivent donc assumer leurs actes. Par exemple, celui de prendre un Parlement pour un lieu de manifestation. Madame Salerno, élue exécutive lançant une campagne parfaitement justifiée contre l'homophobie, n'a strictement rien à se reprocher dans les errances de certains élus législatifs de son parti: une fois pour toutes, on ne vient pas siéger dans un quelconque législatif en affichant des banderoles.

 

On imagine leurs rugissements, à ces élus socialistes, si de quelconques pancartes, on banderoles, avaient pris place sur les bancs de la droite. Ils en auraient, à juste titre, immédiatement demandé la suppression au président. Et, désolé si je déplais, mais les énormités de M. Menoud (que je n'ai jamais défendu une seule seconde) ne doivent pas servir de paravent à cette autre affaire, chronologiquement antérieure, le comportement libertaire et bien peu républicain de quelques élus socialistes.

 

Parmi eux, des hommes de culture, que je respecte et apprécie beaucoup: où est leur culture politique, historique ? Où est passée leur connaissance de l'un des fondements de la démocratie représentative: la distinction entre le pléthos (le peuple qui bouillonne dans la rue, manifeste, proteste, vocifère), porteur de doxa (l'opinion) et le démos (le peuple - et ses représentants - comme organe de décision, ce qui exige le respect de l'ordre républicain). On eût aimé quelque lecture d'Aristote, ou vingt siècles plus tard de Montesquieu, ou de Tocqueville, pour donner à ce débat l'arrière-pays qu'il mérite.

 

Par les énormités qu'il a proférées, M. Menoud a retourné contre lui-même l'arme de la rhétorique, il a toitalement détruit l'essence de son propos initial sur les banderoles, a ruiné sa crédibilité. C'est son problème. Mais je n'entrerai pas dans le piège qu'essayent, depuis mercredi soir, de nous tendre les camarades socialiste du Municipal: se servir de l'affaire Menoud (qui en est une autre, en soi, assurément condamnable) comme paravent de leurs errances antérieures. Trop facile, Messieurs. Et, pour les Paravents, puisque je crois savoir qu'au moins une très belle plume (allez, disons deux) siège sur les bancs socialistes du Municipal, on me permettra de préférer le texte exceptionnel de Jean Genet.

 

Pascal Décaillet

 

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16/05/2013

Le talent - Le possessif

 

Sur le vif - Jeudi 16.05.13 - 17.43h

 

Je ne suis ni Bâlois, ni Saint-Gallois, ni Vaudois. Mais j'ai toujours considéré Hanspeter Tschudi, génial socialiste des années 1959-1973, Kurt Furgler, immense démocrate-chrétien des années 1971-1986, Jean-Pascal Delamuraz, 1983-1998, incarnation du radicalisme populaire et social, que j'ai eu l'honneur de suivre de près, comme MES conseillers fédéraux. Avec toute la part d'affect, de reconnaissance de ce possessif, "mes". Je me foutais bien que l'un fût Bâlois, l'autre Saint-Gallois, le troisième Vaudois. Nous étions tous Suisses, composantes diverses et multiples de ce pays qui est mien et auquel je veux croire, dans la richesse de sa diversité.

 

Pascal Décaillet

 

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Conseil municipal d'hier: la faute première

 

Sur le vif - 16.05.13 - 08.45h

 

Il n'est pas admissible, dans l'enceinte d'un Parlement municipal, ni de n'importe quel législatif ou délibératif, que des élus arborent des banderoles, aussi respectables soient les causes défendues. La banderole, c'est le langage de la rue. Dans un Parlement, l'outil de l'élu, c'est d'argumenter sur un sujet donné, à l'ordre du jour, en respectant son tour de parole.

 

Quelles qu'aient pu être, en réaction à cela, les errances ou approximations, ou même les énormités d'un conseiller municipal, la faute chronologiquement première hier, au Municipal de la Ville de Genève, c'est de confondre le Parlement avec la rue, le démos avec le pléthos. On ne vient pas siéger pour manifester. Ce comportement, de la part de la gauche municipale, dénote une grave méconnaissance de la nature même de la démocratie parlementaire, l'éternelle primauté du militantisme revendicateur sur la fonction institutionnelle de leur rôle. Cette gauche-là, d'essence libertaire et désordonnée, n'a rien compris à la République.

 

En cela, moi qui ai souvent été sévère avec le Président, là, je comprends parfaitement la position, hier soir, de M. Rielle.

 

Pascal Décaillet

 

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14/05/2013

Gletsch - Les Saintes, à pied, contre le cancer

 

Sur le vif - Mardi 14.05.13 - 14.13h

 

Il s'appelle Serge Buchard, il est Valaisan et habite à Chemin-Dessus. Atteint d'un lymphome de stade 4, incurable, ayant déjà suivi plusieurs chimiothérapies, conscient de n'être qu'en rémission, Serge a décidé, pour donner du courage à tous ceux qui se battent contre le cancer, de rallier, à pied, Gletsch aux Saintes-Maries-de-la-Mer. Plus de mille kilomètres ! Le cours du Rhône, d'un bout à l'autre.



Ce formidable pèlerin, dont j'ai appris l'existence il y a quelques semaines par un papier de ma consœur Christine Savioz, dans le Nouvelliste, sera ce soir en direct sur le plateau de Genève à chaud. Il est, au sens propre, DE PASSAGE à Genève, ayant déjà accompli les premières centaines de kilomètres depuis le Glacier du Rhône.


Pour toutes raisons, à la fois personnelles et publiques, je me réjouis infiniment de le recevoir. Il viendra en compagnie d'un autre pèlerin, infatigable, Jean-François Duchosal.

 

Pascal Décaillet

 

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13/05/2013

Quand le Temps désinforme

 

Sur le vif - Lundi 13.05.13 - 08.54h

 

"La votation qui pourrait déstabiliser les institutions politiques suisses": sur cinq colonnes, à la une du Temps de ce matin, un titre particulièrement scandaleux. On peut être pour ou contre l'élection du Conseil fédéral par le peuple, mais il ne saurait être question de "déstabilisation des institutions".

 

Le 9 juin prochain, le peuple et les cantons se prononceront sur une initiative parfaitement recevable, dans le cadre exact de nos institutions. Ils diront, en toute tranquillité et en toute souveraineté, oui ou non. Si c'est non, nous garderons notre système actuel. Si c'est oui, nous en changerons. Il n'y a vraiment pas à s'énerver. Nous ne sommes ni en Brumaire, ni même à Alger, le 13 mai 1958 (il y a 55 ans, jour pour jour). Nous sommes chez nous, en Suisse, au coeur du fonctionnement totalement normal de notre démocratie.

 

Dans les deux cas, celui du oui ou celui du non, les institutions suisses, dont ce magnifique droit d'initiative qui en est un fleuron envié à la ronde, auront fonctionné. Il faut vraiment arrêter de nous faire le coup de l'atteinte aux institutions. Ils confondent cela avec "atteinte au statu quo".

 

Or, l'atteinte au statu quo ne remet pas en cause le système: au contraire, elle le vivifie de l'intérieur, par un jeu démocratique régénérant, prévu dans les règles, qui permet à une double majorité, peuple et cantons, de faire précisément évoluer ces institutions. Ces dernières sont un tissu vivant, et non une Arche sainte, un fondement théologique, donné une fois pour toutes. Depuis 1848, nos institutions n'ont cessé d'évoluer. Pensons, notamment, à l'instauration de la proportionnelle en 1919.

 

L'argument de "l'atteinte aux institutions" est donc la rengaine, peu cultivée et peu habitée par notre Histoire, de ceux qui ne veulent surtout rien changer. Qu'ils combattent cette réforme est une chose, et sans doute d'ailleurs gagneront-ils le 9 juin. Mais qu'ils peignent le diable sur la muraille institutionnelle, et surtout qu'un quotidien dit de référence (révérence?) répète l'antienne sur cinq colonnes à la une, là il convenait de réagir.

 

Pascal Décaillet

 

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08/05/2013

Rémy brisé ! Rémy martyrisé ! Mais Rémy libéré !

 

Sur le vif - Mercredi 08.05.13 - 17.36h

 

A quoi ça rime, cet acharnement du Conseil d’Etat contre le Maire de la deuxième ville de Suisse ? A quoi ça rime, ces airs de grands inquisiteurs, pénétrés de leur importance, ces froncements de préfets des études, cette « procédure disciplinaire ». Contre qui ? Un fonctionnaire ? Un exécutant ? Non, contre un élu du peuple, le premier magistrat exécutif de la Ville de Genève, parfaitement légitime à ce poste où l’a porté le jeu de nos institutions.

 

Ça rime à quoi, si ce n’est, au cœur de ce printemps pré-électoral, tenter d’affaiblir un adversaire qui commence à leur faire peur. Parce que Rémy Pagani est populaire. Il parle le langage des gens, on le comprend, il est sensible à leurs préoccupations. Populiste ? Populaire !

 

Et puis, il y a ce mot, « révocation », on se croirait en 1685, le vocable serait censé donner la chair de poule, Tu parles ! On parie qu’il en crève d’envie, le Maire victime ? Rémy ! Rémy outragé ! Rémy brisé ! Rémy martyrisé ! Mais Rémy libéré ! Pour faire campagne.

 

 

Pascal Décaillet

 

 

 

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