29/12/2011

Isabel Rochat n'est pas Louis XVI

 

Sur le vif - Jeudi 29.12.11 - 18.37h

 

Si on essaye, à chaud, de décoder, décrypter, dévider le fil de la pensée d'Isabel Rochat, dans l'intervention qu'elle vient de faire à la RSR, on se heurte à quatre éléments :

 

1)  Une perle : « Les moments de tension engendrent des moments de tension ». C'est beau, récurrent, digne du Credo, « engendré, non pas créé ». Paternel, comme un nuage.

 

2) Ce qu'elle devait absolument dire : « Je ne nie pas les souffrances des policiers ». Elle l'a dit, c'est bien.

 

3) Contrairement à Louis XVI, la ministre ne pratique pas, même à ses heures perdues, la serrurerie : « Je n'ai rien verrouillé ».

 

4) Très clairement, elle charge Monica Bonfanti, voire la flingue : « Ca n'est pas au Conseil d'Etat de régler les problèmes d'horaires de la police. C'est à la hiérarchie de la police ».

 

Voilà. C'étaient les très riches heures d'Isabel la Cathodique.

 

Pascal Décaillet

 

18:37 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Imprimer |  Facebook | |

Flibuste, 3

 

Sur le vif - Jeudi 29.12.11 - 10.40h

 

«Le président du syndicat crée des querelles stériles pour dynamiter les efforts des partenaires. Il n'est pas content car le département règle les problèmes. Or, dans sa conception des choses, les problèmes lui donnent une légitimité ». Ces mots très durs, dans la Tribune de Genève, face à Christian Antonietti, le président de l'Union du Personnel du Corps de Police (UPCP), viennent de qui ? Du président du Conseil d'Etat ? De la magistrate en charge du Département ? Non. De Laurent Paoliello, porte-parole de Madame Rochat. Laquelle étant, paraît-il, en vacances.

 

De deux choses, l'une. Ou bien, c'est bel et bien la parole ministérielle qu'a portée M. Paoliello, et là on admettra qu'il n'est qu'un vecteur, et c'est à sa patronne d'endosser ce jugement fort méprisant sur l'essence (par nature nuisible, lit-on) d'une activité syndicale. Dans ce cas-là, Madame Rochat aura à assumer ces mots, devra en répondre.

 

Ou bien, comme dans certains cas de « flibuste », il y a juste un an, le porte-parole, prenant ses aises en période de vacances, serait allé, de lui-même, un peu trop loin. Dans ce deuxième cas, il importe à la ministre de faire savoir publiquement que ses mots à elle n'auraient pas été ceux-là.

 

C'est aussi simple que cela. Aussi parfaitement repérable qu'une embarcation de flibustiers, par beau temps, depuis le mât d'artimon.

 

Pascal Décaillet

 

10:40 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Imprimer |  Facebook | |

23/12/2011

La question qui tue

 

Sur le vif - Vendredi 23.12.11 - 11.06h

 

"Un travailleur français domicilié en France qui perd son emploi et qui s'annonce à l'Office Cantonal de l'Emploi est-il considéré comme chômeur et bénéficie-t-il dès lors de la priorité qui doit être contrôlée par la commission ad hoc au même titre qu'un résident? Oui ou non." - Question posée, il y a une heure, par Mauro Poggia, député MCG et conseiller national, à la Garde Noire du ministre genevois des Affaires sociales. La réponse ne vous intéresse pas? Moi, si.

 

On se donne combien de minutes avant d'avoir la première morsure, ici même, de leur habituel cerbère?

 

Pascal Décaillet

 

 

11:06 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Imprimer |  Facebook | |

22/12/2011

Avez-vous déjà gavé un Mammouth ?

 

Sur le vif - Jeudi 22.12.11 - 12.28h

 

Les conseillers aux États, qui ont tellement besoin de la visibilité que leur offre le Mammouth, viennent de refuser sèchement, sans débat, l'idée de réduire à 200 francs (contre les 463 actuels) l'impôt déguisé de Ferme générale qu'on appelle pudiquement "redevance". Ils osent invoquer la pluralité des programmes!

Comme si cette diversité, précisément, ne pouvait s'exercer qu'en gavant le service dit "public", et en asphyxiant toute tentative privée. La Chambre des Cantons dévoile une cruelle méconnaissance du terrain des médias: beaucoup de TV privées offrent davantage de débats politiques et citoyens que la SSR. Mais cela, nos douillets sénateurs refusent de l'entrevoir.

 

Pascal Décaillet

 

12:28 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (13) | |  Imprimer |  Facebook | |

L'âne qui miaulait - Conte du solstice


Une décision du Conseil d'Etat, datant d'hier, nous amène à re-publier notre Conte d'Automne du 18.11.11. Animalement vôtre.

 

Bon allez, supposons. Un âne, au milieu d'un pré. A quelques mètres de l'animal, Eric Stauffer et le ministre genevois des Affaires sociales.

Stauffer : « Ceci est un âne ».

 

Le ministre : « Mais non. Ceci est un chat. Vous êtes un âne, mon ami ».

 

Stauffer : « Ceci est un âne, je maintiens ».

 

Le ministre : « Vous vous enfoncez. Vous voyez des ânes partout ».

 

Stauffer : « Dans le cas présent, j'affirme et répète qu'il s'agit d'un âne ».

 

Un quotidien bleu : « Epatant, le délicieux petit chaton que vient de repérer notre ministre, dont il convient de rappeler ici toute l'excellence en nomenclature systématique du règne animal. Il a certes de grandes oreilles, mais c'est un chat, soyons-en sûrs ! ».

 

Stauffer : « Je dis et maintiens que c'est un âne ».

 

L'âne (car c'en est un) : « Mais qu'ont-ils tous à me contempler ? ».

 

Le ministre, deux ans plus tard : « A la réflexion, le chaton pourrait, vu sous un certain angle, être perçu comme ressemblant en effet à un âne ».

 

Stauffer : « A la bonne heure ! ».

 

Le quotidien bleu : « Honneur à notre ministre, qui a, le tout premier, su reconnaître l'âne, sous de fallacieuses allures félines ! »

 

L'âne : « Miaou ! ».

 

Le cabinet du ministre : « Hi Han ! Hi Han ! ».

 

Medeiros : « Ouarf, Ouarf ! ».

 

Les mémés des Eaux-Vives : « Hosannah ! In excelsis ! ».

 

Rideau.

 

 

 

11:53 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Imprimer |  Facebook | |

L'âne qui miaulait: faut-il une suite?

 

Sur le vif - Jeudi 22.12.11 - 09.22h

 

Le ministre des Affaires sociales, à Genève, refuse obstinément de parler de "préférence cantonale", pour commenter sa décision d'étendre au "Grand État" (SIG, HUG, TPG, etc.) la directive enjoignant de recourir d'abord aux chômeurs, avant de demander un permis de travail (par exemple pour une personne frontalière). Montrez un âne au ministre. Il continuera de vous dire: "Ceci est un chat".

 

Pascal Décaillet

 

09:22 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Imprimer |  Facebook | |

21/12/2011

Une excellente décision du Conseil d'Etat

 

Sur le vif - Mercredi 21.12.11 - 16.48h

 

Accorder la priorité aux chômeurs, avant de solliciter un permis de travail : c'est ce que devra faire, désormais, le « Grand Etat », entendez les régies, comme TPG, Aéroport, Services industriels, HUG, ou encore l'Hospice général. En clair, le Conseil d'Etat étend sa directive du 1er juillet 2011, qui concernait les employés directs de l'Etat.

 

C'est une décision importante, qui va vraiment dans le bon sens. Elle ne mettra évidemment pas fin à la sous-enchère salariale, pratiquée notamment avec des travailleurs frontaliers, mais donne un signal très positif. Que ce signal intervienne bien tard, par rapport aux appels d'un parti de la Marge, n'a pas d'importance. Ce qui compte, c'est le résultat. Ainsi, pour critiquer souvent ce gouvernement, nous nous devons, lorsqu'une décision est bonne, de la saluer. Dont acte.

 

Pascal Décaillet

16:48 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (13) | |  Imprimer |  Facebook | |

Kim Jong Gilles, suite

 

Sur le vif - Mercredi 21.12.11 - 10.19h

 

Nous avons déjà évoqué ici la place démesurée qu'offrait cette semaine l'émission Médialogues, sur la RSR, à son propre grand timonier, Gilles Marchand: le phare de la RTS s'y produit tous les jours, de lundi à vendredi! Et il a le champ libre, à peine relancé par un Thierry Fischer qu'on a connu plus critique, pour défendre et illustrer l'absolue nécessité du "service public", défini comme une part intime, inaltérable, du lien national. Bref, cinq matinées de propagande pure, sans contre-avis, sans opposant, juste l'Evan-Gilles.

 

Mais ce matin, le Psautier a fait mieux: après le quart d'heure de l'Oncle Gilles, et un disque bienvenu, la brute redevancière lambda eut droit à qui? A Bernard Rappaz! Un garçon sympathique et intelligent. Qui n'est autre que le rédacteur en chef, ou quelque chose comme ça, de la RTS. S'interviewer entre soi, n'est-ce pas le meilleur moyen, à l'approche de Noël, de vivifier l'esprit de famille?

 

Pascal Décaillet

 

10:19 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Imprimer |  Facebook | |

20/12/2011

Les libéraux ont de la relève!

 

Sur le vif - Mardi 20.12.11 - 17.33h

 

Oui, je continue de dire "les libéraux". Ou "les radicaux". Un peu comme ces Français qui, pendant toute mon enfance, continuaient de parler en anciens francs. Concernant les premiers, nous avions déjà souligné ici l'excellence du remplacement d'Olivier Jornot, au Grand Conseil, par le délicieusement cultivé, et humaniste, Pierre Ronget, actuel membre de l'exécutif de Vernier, mais avant toute chose Archonte Protopsalte. Eh bien une autre succession de qualité, d'un libéral l'autre, va se dérouler au Municipal de la Ville de Genève: pour prendre la place du mythique Jean-Marc Froidevaux, c'est une passionnée des questions scolaires, Michelle Roulet, qui est première des viennent ensuite. Et qui va donc siéger. Un esprit remarquable, aussi vif que toujours aimable. Une présence dont on se réjout d'avance.

 

Bref, on aime ou non les libéraux, on en pense ce qu'on en veut. Mais une chose est sûre: cette famille politique-là ne manque pas de relève.

 

Pascal Décaillet

 

 

17:33 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Imprimer |  Facebook | |

L'Ange, le Cygne, la Mort

 

Sur le vif - Mardi 20.12.11 - 14.10h

 

Je viens de lire, sur conseil d'un habitant de la Croix-de-Rozon, l'article que signe (je n'ai pas dit: "qu'a écrit") Isabel Rochat dans la Tribune de Genève de ce matin. Il est intitulé: "Sécurité: la fin de l'angélisme". C'étaient déjà, au mot près, les termes utilisés lors de la campagne électorale de l'automne 2009. La mort de l'angélisme, comme celle du Cygne, est décidément interminable.

 

Pascal Décaillet

 

 

14:10 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Imprimer |  Facebook | |

Kim Jong Gilles

 

Sur le vif - Mardi 20.12.11 - 09.43h

 

L'émission Médialogues, sur la RSR, est habituellement excellente. Mais là, cinq épisodes consécutifs avec Gilles Marchand, ça relègue la Pravda, en comparaison, au rang de vilain petit canard. Satyrique, grinçant, poil à gratter, vitriolé. N'oubliez pas de payer votre redevance!

 

Pascal Décaillet

 

09:43 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Imprimer |  Facebook | |

19/12/2011

Marchands du Temple

 

Sur le vif - Lundi 19.12.11 - 09.31h

 

Interrogé par le Temps sur ses premières impressions bernoises, Manuel Tornare estime que les lobbyistes n'ont rien à faire dans la Salle des Pas perdus. Et devraient se trouver hors de l'enceinte du parlement. Il a totalement raison. Il y a, dans l'omniprésence de ces gens, quelque chose qui rappelle les marchands du Temple.

 

Pascal Décaillet

 

09:31 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Imprimer |  Facebook | |

18/12/2011

PYM et le lobby des assureurs - GRAND ORAL

 

Dimanche 18.12.11 - 20h

 

Dans le GRAND ORAL de ce soir (sur la Télé et Léman Bleu), Géraldine Savary donne des pistes très précises sur l'éviction de Pierre-Yves Maillard, plutôt sèche comme on l'a constaté (59 voix seulement, dès le premier tour), face à Alain Berset. Lobbying d'enfer des assureurs maladie contre PYM, notamment de deux anciens conseillers d'État alémaniques, devenus parlementaires fédéraux. Très actifs, au sein du PLR, dans les 48 heures qui ont précédé l'élection! Pour ces gens-là, il ne fallait pas que l'homme qui avait à ce point dénoncé les réserves excessives des caisses vînt mettre un nez ministériel dans leurs affaires. On sait maintenant qui dirige la Suisse.

 

Pascal Décaillet

 

 

20:00 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (13) | |  Imprimer |  Facebook | |

17/12/2011

Créon, l'anarchiste

 

Samedi 17.12.11 - 19.23h

 

"Non, l'image courante d'Antigone est à réviser. C'est elle qui incarne les lois très concordantes de l'Homme, des dieux, de la Cité. Qui les viole et les défie toutes? Créon. L'anarchiste, c'est lui. Ce n'est que lui."

 

Charles Maurras - Antigone - Cahiers de l'Herne - Octobre 2011 - Page 220.

 

19:23 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (10) | |  Imprimer |  Facebook | |

La vareuse - Le vent

 

Sur le vif - Samedi 17.12.11 - 18.09h

 

Les Verts me font penser aux radicaux vaudois des années soixante. Sympathiques. Plutôt cultivés. Débonnaires. Consensuels. Pragmatiques. Agréables compagnons. Pas vermoulus, pour un sou, par l'idéologie. Souples dans les alliances. Ductiles dans les choix. Il leur manque juste un peu de dureté républicaine, un peu de tragique de l'Histoire. Un peu de désespoir. La raideur d'une vareuse, battue par le vent glacé.

 

Pascal Décaillet

 

18:09 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Imprimer |  Facebook | |

Le Rayon Vert

 

Sur le vif - Samedi 17.12.11 - 14.57h


Le problème no 1 de la politique parlementaire à Genève n'est pas qu'on s'engueule à la buvette du Grand Conseil. Mais qu'on s'y tape sur l'épaule. Depuis plusieurs années, les partis antagonistes (c'est très bien, l'antagonisme, en démocratie) ont privilégié de singulières combinaisons horizontales à la lisibilité des fronts.

 

Le champion toutes catégories de cette politique des pactes est un parti fondé il y a une trentaine d'années, ayant comme (louable!) but de protéger la nature. Je préfère mille fois, pour ma part, la sincérité militante, ancrée dans un siècle et demi d'Histoire, des socialistes.

 

Pascal Décaillet

 

14:57 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer |  Facebook | |

Le "consensus", ou la permanence des privilèges

 

Sur le vif - Samedi 17.12.11 - 11.39h

 

A Genève, la fin de législature verra se cristalliser ce qui a commencé il y a deux ans: une majorité de pouvoir (PLR, PDC, Verts), qui saura faire front, pour sauvegarder ses prébendes, sur tous les enjeux stratégiques, comme les questions budgétaires. Une opposition des Marges (UDC, MCG, PS, sans compter l'extrême gauche qui, forte de 14%, n'est pas représentée au parlement pour causes de divisions internes).

 

Il y a donc bel et bien un pouvoir, avec ses séides, ses complices, ses courtisans, ses laquais, ses réseaux de copains. Et une opposition. Ou des oppositions. Et si, sur certains points stratégiques précis, elles se coalisaient? Leur capacité à se mettre en commun pour attaquer sera l'un des enjeux de fin 2013.

 

Reste un petit exercice de traduction: lorsque les tenants du pouvoir vous disent "culture du consensus", il faut entendre "On se tient par la barbichette, aussi éloignées soient nos idéologies (cf libéraux et Verts!), pour rester le plus longtemps possible dans les arcanes de la puissance. Celle qui détient le pouvoit de nommer, copiner, dominer".

 

C'est valable à Genève. Ca l'est, encore plus, à Berne. Nous y reviendrons.

 

Pascal Décaillet

 

11:39 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Imprimer |  Facebook | |

16/12/2011

Et un gentil Neuchâtelois au DFAE, un !

 

Sur le vif - Vendredi 16.12.11 - 14.11h

 

C'est fait. Didier Burkhalter quitte le Département fédéral de l'Intérieur, où il faudra se chausser de lunettes remboursées pour dénicher un début de bilan après deux ans, et passe aux Affaires étrangères. Alain Berset, le nouveau venu, hérite, immédiatement en arrivant, de l'un des ministères les plus lourds, mais aussi les plus concernants pour la population, le Département fédéral de l'Intérieur. Personne, depuis vingt ans, n'y a vraiment réussi : ni Flavio Cotti, ni Ruth Dreifuss, ni Pascal Couchepin, ni justement M. Burkhalter.

 

C'est un sacré défi pour le Fribourgeois : ça passe, ou ça casse. A son avantage, on dira que l'opinion publique suisse en a plus que marre de la sacro-sainte concurrence entre les caisses, qui s'est avérée une catastrophe, et réclame un retour de l'Etat. Ce sera justement l'enjeu de l'initiative sur la caisse publique, qu'Alain Berset, de son poste ministériel, devra gérer.

 

Pour le reste, espérons que les Affaires étrangères, qui furent menées de façon active et dynamique (qu'on partage ou non ses choix) par Micheline Calmy-Rey, ne deviennent pas, en Suisse, le Département où l'on roupille. Il ne suffit pas d'être impeccablement habillé, convenable avec tous, soucieux de ne rien déranger, ni personne, pour s'imposer. A cet égard, espérons que nous n'aurons pas à regretter l'ombrageux courage de la dame de Chermignon.

 

On notera enfin, sans vouloir ethniciser l'affaire, un singulier hasard depuis la guerre : c'est le cinquième Neuchâtelois appelé à diriger la diplomatie suisse. Certains d'entre eux, comme Max Petitpierre, furent parmi nos grands conseillers fédéraux. Il y eut aussi Pierre Graber, Pierre Aubert et René Felber. D'une manière générale, pour réussir en Suisse, mieux vaut être un Neuchâtelois consensuel qu'un Vaudois rougeaud, colérique et impétueux. Fût-il génial. Mais le génie, chez nous, c'est juste bon pour les alpages.

 

Pascal Décaillet

 

14:11 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (20) | |  Imprimer |  Facebook | |

14/12/2011

L'ordre règne à Berne

 

Sur le vif - Mercredi 14.12.11 - 17.22h

 

Ce commentaire va peut-être un peu détonner dans le concert de louanges face à l'élection de ce matin, et d'avance je prie les âmes sensibles de bien vouloir me le pardonner.

 

Depuis plus de vingt ans, déjà lorsque j'étais correspondant parlementaire à Berne, je plaide pour l'élection du Conseil fédéral au suffrage universel. Quatre millions d'électeurs potentiels, évidemment bien informés, et même deux millions pour une participation à 50%, ou même un million six cent mille pour une participation à 40%, me semblent ancrer davantage de légitimité que la combinazione de 246 parlementaires. Cette position qui est mienne, la pantalonnade de ce matin n'a fait que la renforcer.

 

L'ordre règne à Berne. Vous pouvez circuler, il n'y a plus rien à voir. L'emmerdeur, le dérangeur, le vilain petit canard, on la enfoui, bien profond, sous le tas de fumier. On fait comme s'il était mort. Comme si le cauchemar était fini. Comme si on allait enfin pouvoir revivre l'âge d'or des vertes années, les années d'avant le 6 décembre 1992, avant le phénomène de l'UDC blocherienne. Enfin, entre gens convenables ! Comme avant. Comme à l'époque, follement excitante, des Cotti et des Koller, des coteries sans colère. Entre soi !

 

Un certain parti, le 23 octobre dernier, a obtenu 26% des voix. C'est loin devant le deuxième (20%), très loin devant le troisième (14%), à quelques années-lumière du quatrième (12%). On parle de concordance. On prétend, mensongèrement, qu'on lui reconnaît son droit à deux sièges. Par derrière, de façon programmée, préméditée, construite, on ourdit pour qu'il n'en soit rien. Et la coalition des perdants du 23 octobre, PLR et PDC, s'arrange pour que les siens soient reconduits, la seule chose qui compte pour eux, le tout sous couvert de morale, comme le 12 décembre 2007. Et les naïfs y croient ! Et le résultat, c'est que le premier parti du pays (26%) n'a plus qu'un conseiller fédéral, alors que le troisième (14%) continue d'en avoir deux, au demeurant deux ministres sans puissance, ni vision, ni format.

 

Une fois de plus, c'est son propre crédit de grand électeur que le parlement affaiblit. L'opinion publique n'est pas dupe. Et le jour où elle devra se prononcer sur l'élection du Conseil fédéral par le peuple, elle saura se souvenir de ce mercredi 14 décembre 2011.

 

Pascal Décaillet

 

 

17:22 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (48) | |  Imprimer |  Facebook | |

12/12/2011

Bravo, Romain Clivaz !

 

Sur le vif - Lundi 12.12.11 - 07.55h

 

Ah, mais c'est Roger, tout là-haut, qui va être fâché! EXCELLENT édito, ce matin 07.38h à la RSR, de Romain Clivaz sur Eveline Widmer-Schlumpf: "Les partis contre le peuple". Une dame dont le seul génie politique est de parvenir à survivre au Conseil fédéral. Et qui ne représente qu'elle-même.

 

Des conciliabules parlementaires qui n'auront qu'un résultat: faire monter, dans l'opinion publique, l'idée de l'élection du Conseil fédéral par le peuple. Bravo, Romain! Le bon sens du Haut-Plateau l'emporte sur les moutonnières litanies, au sein du Mammouth, pour nous chanter les louanges de la Grisonne.

 

Pascal Décaillet

 

07:55 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (33) | |  Imprimer |  Facebook | |