31/10/2011

Du ciel, nul danger

 

Sur le vif - Lundi 31.10.11 - 10.20h

 

Bonne nouvelle pour les habitants de Genève: si certains parquets risquent de s'avérer glissants, ces jours, il n'y a en revanche aucune crainte, dans les 30 ans qui viennent, de recevoir sur la tête un gratte-ciel. En effet, pour qu'un édifice s'écroule, encore faut-il qu'on ait préalablement procédé à son érection. Les dernières nouvelles du PAV (Praille-Acacias-Vernets) nous amènent à penser que l'impuissance immobile a encore de très beaux jours devant elle.

 

Pascal Décaillet

 

 

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29/10/2011

Une Feuille d'Avis bien subjective...

 

Sur le vif - Samedi 29.10.11 - 17.11h

 

Dans son édition d'hier, vendredi 28 octobre 2011, la Feuille d'Avis Officielle de la République et Canton de Genève publie les résultats des élections fédérales. Voici ce que la Chancellerie nous dit du nouvel élu Mauro Poggia, sorti premier avec 23'432 voix :

 

« Avant-dernier du scrutin majoritaire pour le Conseil des Etats, Mauro Poggia réalise en revanche le meilleur score dans la course au Conseil national (élu au système proportionnel). Notons cependant que parmi les partis ayant obtenu des sièges, seul le MCG proposait deux fois le nom de chacun-e de ses candidat-e-s sur son bulletin pré-imprimé, ce qui est autorisé pour l'élection de la Chambre du peuple. »

 


Un texte de la Chancellerie dans la Feuille d'Avis Officielle est censé présenter objectivement les choses, avec neutralité. Ca n'est guère le cas en l'espèce. Pourquoi juger bon de rappeler l'avant-dernière place de Mauro Poggia aux Etats, alors que le paragraphe précédent nous donnait déjà les résultats des six candidats à cette Chambre, et que nous sommes là dans le chapitre réservé au National ? Pourquoi, si ce n'est dans la maligne intention de diminuer le mérite général du candidat MCG ?

 

Quant à l'affaire des deux mêmes noms cumulables, on peut en effet se quereller (ce fut le cas ici même, dans mon blog, et j'ai lu avec intérêt les interprétations des uns et des autres) pour savoir si cela (que tous les autres partis pouvaient faire aussi) explique ou non la première place de Poggia. Que s'entrechoquent les opinions, aucun problème. Mais je ne sache pas qu'il appartienne à la Chancellerie de venir amoindrir ainsi, dans un texte officiel, la première place du nouvel élu.

 

On aimerait beaucoup savoir qui a rédigé ce texte. Qui en assume la responsabilité éditoriale. Juste cela, c'est tout.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

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28/10/2011

Peut-on rénover le vent ?

 

Sur le vif - Vendredi 28.10.11 - 09.53h

 

Je me suis toujours méfié comme de la peste, en politique, de ceux qui prétendaient, à l'évidente lueur d'une opportunité, "refonder", rajeunir", "recentrer", "faire de la politique autrement". Ce ne sont pas des combattants, mais des cosméticiens. À cet égard, au-delà des idéologies, la fronde contre Ueli le Climatique m'apparaît avant tout comme un immense exercice d'opportunisme et de jeunisme. Les lames de fond des fronts politiques résisteront à ces vaguelettes.

 

Pascal Décaillet

 

09:53 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Imprimer |  Facebook | |

27/10/2011

Charles-Albert, Jean-Pascal, Maurice

 

Jeudi 27.10.11 - 12.47h

 

J'ai sous les yeux le hors-série « Le Romand du Siècle », que l'Illustré a bien voulu m'envoyer : les 90 Romands qui ont fait l'Histoire, choisis par un jury. Une belle brochette, dans laquelle je suis heureux de retrouver les trois les plus chers à mon cœur, pour lesquels j'avais voté, informellement, il y a quelques semaines : Charles-Albert Cingria, Maurice Chappaz, Jean-Pascal Delamuraz.

 

En parcourant ces 90 portraits, on se dit que ce coin de terre, décidément, est d'une richesse exceptionnelle. Donnez-moi n'importe quelle portion de territoire français, d'une superficie égale, ou du même nombre d'habitants (1,5 million) qui puisse se targuer  d'une aussi riche palette de personnalités. Je le dis, non par chauvinisme (nous ne sommes ni meilleurs, ni pires que nos voisins), mais par fierté d'appartenance. Valaisan de Genève, immense admirateur de l'Histoire politique vaudoise, de la chaleur d'images fribourgeoise, de la fierté jurassienne, je me sens profondément de ce pays. Ses écrivains. Ses figures politiques. L'Histoire de ses idées, de sa presse. Ses artistes. Ses chercheurs. Le pays de mes parents, de mes ancêtres (en Valais) à perte de vue. Mon pays.

 

Pascal Décaillet

 

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26/10/2011

Pierre-Yves Maillard : la sainte folie de la passion

 

Sur le vif - Mercredi 26.10.11 - 16.47h

 

Ce 26 octobre, milieu de journée. Candidature de Pierre-Yves Maillard. Impression de passer à une vitesse supérieure. Cette fois, c'est un caïd. Un dur à cuire. Sale tronche. Combattant. Frontal. L'un des regards les plus impressionnants de la classe politique suisse. Et puis, le verbe ! La phrase est courte, les indépendantes se succèdent : PYM ne démontre pas, il enchaîne les syllabes comme d'autres, les particules. Il y a tout : le rythme, le souffle, l'image, l'émotion. En voilà un qui ne passe pas sa vie en jérémiades sur la rhétorique de l'UDC. Il a choisi depuis toujours de parler comme eux, et même beaucoup mieux : ça choque, ça fuse, ça percute, ça distille, ça fermente, ça fait mouche. Il ne parle pas pour faire le raisonneur. Mais sa syllabe, à lui, résonne et finit par nous arraisonner. Diable d'homme.

 

Mais tout cela, tout le feu de cette rhétorique, ne serait qu'artifice s'il n'était au service de la cohérence d'une pensée. Maillard est socialiste, un vrai, on aime au non, mais on sait à qui on a affaire. Ses colères seraient si peu si elles n'étaient si puissamment républicaines. Noires, marmoréennes. Service public. Intérêt de tous. Un discours ouvert sur la profondeur de champ d'une cause. On le voit, on n'a plus qu'une envie : se précipiter sur ce qui nous reste de Zola, Jaurès, Jules Vallès. Il n'a pas peur d'incarner la gauche, cette grande tradition de notre politique, cette gauche qui a une Histoire, des cicatrices, le fracas d'un parcours. Pierre-Yves Maillard est l'anti-bobo par excellence. La contre-figure du confort. On partage ou non, mais on respecte.

 

Berset-Maillard : si ça pouvait se jouer entre ces deux-là, c'est le pays qui en sortirait gagnant. Je ne dirai pas ma préférence, les qualités du Fribourgeois, d'un tout ordre certes, étant également remarquables. Jamais, depuis très longtemps, le socialisme suisse n'aura eu à trancher (si c'est entre ces deux-là) à un niveau aussi élevé. Le socialisme suisse, vieux de plus d'un siècle, fait partie intégrante de l'Histoire de notre pays. Au Conseil fédéral depuis 1943, revenu en 1959 après une pause, il a donné à la Suisse de grands hommes, au premier plan desquels  figure le Bâlois Hanspeter Tschudi, que j'ai eu l'honneur d'aller interviewer chez lui, en 1993, pour ses 80 ans. Ce parti a droit à deux conseillers fédéraux. Pour élever le niveau d'un gouvernement qui en a sérieusement besoin, l'Assemblée fédérale, le 14 décembre, ne devra pas se tromper : Berset ou Maillard. La puissance de la raison ou la sainte folie de la passion.

 

Pascal Décaillet

 

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Esquisse d'un cauchemar

 

Sur le vif - Mercredi 26.10.11 - 15.41h

 

Le bruit court que l'actuel Conseil d'Etat genevois, élu pour la législature 2009-2013, pourrait rempiler d'une année! Et pousser jusqu'en 2014. En cas d'acceptation, en octobre 2012, du travail de la Constituante, on appliquerait rétroactivement le principe de législatures de 5 ans. Alors vous, je ne sais pas, vous faites vraiment comme vous voulez. Mais moi, rien que pour ça, je sais pourquoi je dirai non à nos amis consti-tuants.

 

Pascal Décaillet

 

 

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25/10/2011

Passion Cassoulet

 

Sur le vif - Mardi 25.10.11 - 22-21h

 

Chaque fois que je revois mon ami Robert Ducret, remonte à mes narines le fumet de cassoulet du radicalisme populaire, issu des quartiers et des émotions républicaines des gens simples. Hélas, ses successeurs ont remplacé la potée par le caviar, le verbe par l'alambic, la fraternité républicaine par l'arrogance de classe et de caste.

 

Pascal Décaillet

 

22:21 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Imprimer |  Facebook | |

Les chiffres - Les loups - Le grand frère

 

Sur la base des chiffres définitifs, mon analyse du scrutin - Mardi 25.10.11 - 12.49h

 

Ils hurlent tous de joie. Des loups. S'il était encore possible, avant ces élections fédérales, de douter une seconde de l'unanimité monochrome de la presse romande, ses éditorialistes viennent, depuis 48 heures, de se démasquer à tel point que maintenant, au moins, c'est clair.

 

Oui, ils ont arraché le masque. A les lire, à les entendre, on a l'impression que l'UDC mord la poussière. A terre, la chienne, gisante. L'impression, aussi, d'un centre qui serait désormais le grand arbitre de la politique suisse, pour quatre ans. On hurle en fonction de ce qu'on aurait voulu. Ils croient déjà que tout rentre dans l'ordre, leur ordre, l'ordre ancien, celui d'avant la montée de cette bête immonde face à laquelle, tels Thomas Mann et les plus grands écrivains de la République de Weimar, ils ont su, eux, nous mettre en garde.

 

Face à ce tintamarre, les chiffres officiels, qui viennent de tomber : l'UDC perd certes des sièges, amputée qu'elle fut du PBD, qui demeure très clairement un parti de droite, en tout cas pas du centre, il suffit de voir la politique de Mme Widmer-Schlumpf. Mais enfin, si je sais encore lire, et malgré cette amputation d'une partie de ce qu'elle était en 2007, elle demeure, avec 26,6% des voix, de très loin le premier parti du pays. Avec près de huit points d'avance sur le deuxième, le PS (18,7%). Et avec 11,5 points d'avance sur son premier concurrent de droite, le PLR (15.1%). Ce dernier, qui perd 2,6 points par rapport à son résultat de 2007 (17,7%) enregistre la plus lourde perte. Quant au PDC, avec ses 12,3%, il perd 2,2 points par rapport à ses 14,5% de 2007. Dans ces conditions d'érosion générale et linéaire des quatre principaux partis gouvernementaux, j'ai peine à entrevoir la Bérézina qu'on veut nous dessiner.

 

Quant à claironner sur une victoire du centre, je vous propose de laisser passer quelques mois, et d'observer attentivement les votes des Verts libéraux sous la Coupole. On y découvrira avec intérêt un parti bien bourgeois en matières financière et fiscale, par exemple. Ne parlons pas du PBD. Bref, dans les grands équilibres, à part la fragmentation du centre-droit, les masses demeurent étonnamment les mêmes : la Suisse est un pays très majoritairement à droite, au plan fédéral.

 

Reste à voir - et là, ce sera passionnant - comment vont s'organiser entre elles les diverses composantes des droites suisses. Je prends un pari : elles vont finir pas fort bien s'entendre. Avec un « grand frère » (j'emprunte cette belle expression à ma consœur Nicole Lamon, ce matin sur la RSR) en voie d'apaisement, et les vieux partis désormais tellement rétrécis qu'il devront bien discuter un peu avec le grand frère pour obtenir des majorités. Sur toutes les questions fiscales et financières, cela se fera naturellement, sans problème. Sur les bilatérales, contentieux aujourd'hui, on peut s'attendre, dans les années qui viennent, à des concessions de part et d'autre.

 

Et je prends enfin un dernier pari : observons attentivement, sous la Coupole, certains des PLR qui ont tenu, dans cette campagne, le discours le plus surexcité contre l'UDC. Donnons-nous deux ans, si vous êtes d'accord. Comptons les votes. Et peut-être serons-nous étonnés du hiatus entre la rhétorique du candidat et celle de l'élu. Prenez « Jules César », la pièce de Shakespeare, relisez le discours de Marc Antoine. Et vous comprendrez tout.

 

Pascal Décaillet

 

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24/10/2011

L'absent d'Uni Mail

 

Sur le vif - Lundi 24.10.11 - 13.45h

 

Un homme, hier, dans le maelström d'Uni Mail, a cruellement manqué au paysage politique genevois. Un homme avec de la vision, du courage, une force de solitude. Nul, pour l'heure, ne l'a remplacé. Il s'appelle Cyril Aellen.

 

Pascal Décaillet

 

 

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Poggia : l'exploit

 

Sur le vif - Lundi 24.10.11 - 12.51h

 

23'432 voix : Mauro Poggia est premier ! Membre d'un parti qui n'existait pas il y a quelques années, et qui n'a fait que grimper, l'avocat spécialiste de l'assurance maladie réalise un double exploit : faire entrer le MCG dans l'arène fédérale ; sortir premier de tous, sans la moindre alliance, entouré d'un classe politique qui conspue son parti. L'ampleur de l'exploit, étrangement, est peu mise en évidence dans la presse ce matin. Ainsi, pourquoi la Tribune de Genève, en page 2, dans son tableau des élus avec les chiffres, place-t-elle Poggia, graphiquement, en dernier ?

 

Avec ou sans groupe, il y a beaucoup à attendre de cet homme (ainsi que des deux autres nouveaux, Manuel Tornare et Céline Amaudruz) sous la Coupole fédérale. Le sens politique de Poggia, son pragmatisme, sa connaissance des dossiers sur les assurances sociales, sa rapidité de synthèse pourraient assez vite faire de lui un élu signalé. Quel chemin parcouru ! Pour lui, et pour son parti ! Voilà un homme qui était seul contre tous. Constamment rabroué par certains PLR ou PDC, ses collègues du Grand Conseil, aujourd'hui non élus, et loin derrière lui. Il n'a bénéficié d'aucune alliance, il a simplement fait campagne avec une énergie phénoménale, droit dans ses bottes, beaucoup d'habileté aussi.

 

Alors voilà, ce matin, comme la plupart de mes chers confrères oublient de souligner l'exceptionnel mérite de ce résultat, ici par distraction, là par alignement sur tel conseiller d'Etat, moi je lui dis simplement bravo. Et bonne chance à Berne.

 

Pascal Décaillet

 

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23/10/2011

Au milieu des décombres, KKS

 

Sur le vif - Dimanche 23.10.11 - 14.47h

 

On le prévoyait, cela commence à se confirmer dans la lente révélation photographique de la carte électorale suisse issue des urnes aujourd'hui : c'est un dimanche noir pour le PLR. Nous y reviendrons largement, une fois passé le maelström des émissions spéciales. Avec, tout de même, une ou deux percées de soleil, au milieu des décombres : ainsi, l'extraordinaire première place de Karin Keller-Sutter à Saint-Gall, dans la course aux Etats.

 

Extraordinaire, oui, quand on pense à la campagne de dénigrement menée depuis des semaines par la Weltwoche. Parce que la Dame de fer est en concurrence avec le président national de l'UDC, Toni Brunner.

 

Voilà une femme à laquelle le Parlement a jugé bon de préférer l'insipide Johann Schneider-Ammann. Elle brille à Saint-Gall. Elle brillera à Berne. N'est-ce pas à elle de reprendre en mains le destin de son parti ?

 

Mais y a-t-il encore un parti ?

 

Pascal Décaillet

 

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22/10/2011

2011-2015 : le retour du protectionnisme

 

Sur le vif - Samedi 22.10.11 - 17.46h

 

Je reviens sur mon papier d'hier soir, consacré à la vive condamnation, par la commission de gestion du National, l'organe parlementaire chargé de contrôler l'activité du gouvernement et de l'administration, du très mauvais pilotage, par le Conseil fédéral, de ce qu'on appelle les « mesures d'accompagnement », en clair l'indispensable correction des effets néfastes des bilatérales. Le libre échangisme dogmatique entre un petit pays de moins de 8 millions d'habitants et une masse environnante de plusieurs centaines de millions ne pouvant évidemment que fragiliser le petit, à l'avantage du géant.

 

En aucun cas, la commission ne demande la fermeture des frontières. Ni la cessation des échanges. Ni d'ailleurs la dénonciation des bilatérales. Elle constate simplement que le gouvernement sortant (le Conseil fédéral sera réélu complètement le 14 décembre prochain) a gravement fauté par négligence dans l'application des contrôles. Ce Conseil fédéral, lourdement épinglé, n'est pas une nébuleuse anonyme : c'est une équipe précise, avec des ministres de l'Economie bien précis, M. Schneider-Ammann n'arrivant d'ailleurs qu'en bout de course, et ne pouvant être tenu, tout seul, pour responsable de ce mauvais pilotage. Oui, Mme Leuthard est en cause.

 

Au passage, la commission confirme ce que tout observateur un peu averti pouvait pressentir depuis des années : les chiffres et les arguments du Seco (Secrétariat d'Etat à l'Economie) ne sont rien d'autre que propagande gouvernementale. Tous les gouvernements du monde manipulent, dans leurs communiqués. Celui de la Suisse n'échappe pas à la règle. Cela se passe exactement de la même manière dans les cantons, Genève par exemple, lors des communiqués mensuels sur le chômage.

 

Ce rapport de la commission de gestion, tombé à J-2, à qui profitera-t-il ? Pour les élections de demain, à personne ! La plupart des gens, hier, avaient voté par correspondance, et le sujet est bien trop complexe pour influencer les votes à 48 heures du scrutin. Les socialistes et l'UDC, putatifs bénéficiaires de cette nouvelle, n'en tireront pas profit. Le PLR et le PDC, partis des deux ministres égratignés, n'en seront pas prétérités.

 

Reste l'essentiel : dans de nombreux domaines, la législature qui s'annonce pourrait bien être celle, non de l'isolement, mais bel et bien d'indispensables corrections protectionnistes aux mécanismes ultra-libéraux. Cela concerne l'agriculture (domaine, de toute façon, protégé depuis la guerre). Mais aussi la préférence aux résidents pour l'emploi, et surtout pour la réinsertion. Mais encore, une protection accrue pour les zones frontalières.

 

Quant aux bilatérales, aujourd'hui objet de discorde entre les deux grandes composantes des droites suisses (UDC d'un côté, PLR-PDC de l'autre), il y a fort à parier qu'elle pourraient, dans les années qui viennent, faire l'objet d'un rapprochement entre les adversaires d'aujourd'hui. Leur application pure et dure, plus personne n'en veut. En corriger certains effets, en tenant compte de la fragilité de notre petit pays, sera l'enjeu de demain. Reste à savoir comment. Ce sera l'un des questions-clefs de la législature 2011-2015. Autour d'une majorité politique qui sera définie demain par le peuple suisse, où certains se renforceront, d'autres s'affaibliront. L'idée qu'on puisse davantage définir la politique suisse sur les gagnants que sur les perdants ne me semble pas, en démocratie, la plus déraisonnable.

 

Pascal Décaillet

 

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21/10/2011

A J-2 la petite bombe de la Commission de gestion

 

Sur le vif - Vendredi 21.10.11 - 17.45h


A l'avant-veille des élections fédérales, c'est une petite bombe contre le gouvernement que nous sort la Commission de gestion du National. Cette instance parlementaire, chargée de contrôler l'activité du Conseil fédéral, estime que ce dernier a mal piloté, et trop tard, les fameuses mesures d'accompagnement aux bilatérales. Pas de stratégie, pas de choix clairs, pas d'indicateurs objectifs lorsque s'expriment le Conseil fédéral ou son bras armé, le Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco).

 

Une bombe, parce que nous sommes là, précisément, dans la zone de divergence la plus importante au sein des droites suisses : l'UDC ne cesse de dénoncer les effets néfastes des bilatérales ; le PLR ne cesse d'en chanter les bienfaits, admettant tout au plus (et encore, récemment) qu'il faut renforcer les contrôles, et augmenter le nombre d'inspecteurs du travail. Le PLR, au plus haut niveau de responsabilités, dans cette affaire.

 

Quels que soient les résultats de dimanche, une chose est sûre, pour la prochaine législature : il faudra reconsidérer les bilatérales. Les Suisses les plus prétérités par une concurrence sauvage, d'ailleurs à sens unique, notamment ceux qui habitent en zones frontalières, ne peuvent plus se satisfaire de s'appauvrir, ou de perdre leur emploi, à cause d'une application dogmatique (oui, il existe un dogmatisme libéral) de la libre circulation des personnes.

 

Les libéraux purs, libertaires sans frontières, affairistes, plus sensibles à leurs actionnaires qu'à la cohésion sociale d'un peuple, ne pourront plus nous asséner que les bilatérales ont élevé le niveau de vie en Suisse, Punkt, Schluss. Le niveau de vie de qui ? De quelle catégorie sociale ? Ou professionnelle ? L'économie de marché oui, personne (ou presque !) ne songe à réintroduire le Plan, mais une économie nationale, au service du bien commun. Avec l'Etat comme arbitre. Pas acteur : arbitre !

 

Le rapport de la commission de gestion, dévoilé aujourd'hui, confirme l'image d'un gouvernement qui ne s'est pas franchement foulé pour s'attaquer aux effets néfastes des bilatérales. Parce qu'il était dans une idéologie. Oui, le libéralisme pur et dur en est une, comme une autre. Et parce qu'il avait à ses côtés un grand patronat fort heureux de faire des bénéfices sans entraves.

 

Quels que soient les rapports de force issus des urnes après-demain, le temps d'une régulation plus étroite est venu. Réinventer l'intérêt commun, voilà qui n'est pas le plus banal des projets. De gauche ou de droite, se retrousser les manches pour que l'avenir appartienne aux citoyens. Pas aux baillis. Ni à leurs suzerains économiques ou financiers.

 

Pascal Décaillet

 

PS - 18.32h - Maria Roth Bernasconi (PS, GE), présidente de la Commission de gestion, indique en direct sur la RSR que cette prise de position à été prise à l'unanimité des commissaires.

 

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Carouge : décision ahurissante

 

Sur le vif - Vendredi 21.10.11 - 15.04h

 

La décision du Municipal de Carouge d'indemniser les magistrats exécutifs non-réélus est certes légitime, puisqu'elle est issue d'une majorité des élus du peuple (14 oui, 12 non, 2 abstentions). Mais elle n'en est pas moins ahurissante. Elle est une négation de ce qui fait l'essentiel de la politique : la prise de risque. Un mandat est un mandat. S'il est rétribué, il doit l'être exactement pendant le temps où il est exercé. Ni avant, ni après. Si le peuple, un jour, ne veut plus de vous, c'est sûrement très triste, difficile à avaler, un sale coup pour le moral et pour l'ego. Tout cela, oui. Mais enfin, ça n'est pas encore une clause d'indemnisation.

 

Le mandat politique, par essence, est à durée déterminée. Il ne doit faire l'objet d'aucune garantie, ne pas être assimilé à un emploi, même si son traitement est déterminé dans une échelle de salaire. Il s'agit d'un pacte, pour une législature, d'un homme ou d'une femme avec le peuple. Ça n'est pas un contrat de travail.

 

Indécentes d'ailleurs, plus souvent qu'on n'imagine, les vraies raisons pour lesquelles tel magistrat se cramponne à son poste. Des histoires de retraite ou de deuxième pilier, parce qu'il faut payer telle pension alimentaire ou telle maison, bref des raisons qui n'ont rien à voir avec l'intérêt supérieur de l'Etat. Ce genre de considérations, légitimes dans les questions d'emploi et de carrière professionnelle, ne devrait pas avoir sa place dans les affaires de la République.

 

Pascal Décaillet

 

 

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La roue qui tourne

 

Sur le vif - Vendredi 21.10.11 - 12.07h

 

Il y a de quoi s'estourbir: voir le président 2010 du Conseil d'Etat genevois traiter de "dictateur" et de "terroriste", en page 3 de la Tribune de Genève, un "chef d'Etat étranger" décédé hier. Il y a un an, ce même personnage faisait intenter des procès à ceux qui, par rapport à ce même "chef d'Etat", utilisaient ces mots-là. C'est fou, comme la roue peut tourner, non?

 

Pascal Décaillet

 

 

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Un Alceste nommé Cyril

 

Sur le vif - Vendredi 21.10.11 - 10.28h

 

Je n'ai jamais, ni dans ce blog ni ailleurs, caché mon admiration pour le travail et la personnalité politiques de Cyril Aellen. Une adhésion sur le fond : je pense que son projet de droite élargie, tout honni soit-il aujourd'hui, voit juste et loin. Mais aussi sur la forme : l'homme est franc et direct, fiable, loyal. Il dit ce qu'il a sur le coeur. N'a pas peur de déplaire. Une sorte d'Alceste, dans un univers de Philintes et d'Orontes. Le Misanthrope étant de loin le personnage de Molière que je préfère, on comprendra mon affinité pour ce genre de profil. Alceste, ou encore le Dr Stockmann, le héros de l'Ennemi du peuple, la pièce d'Ibsen. Un homme seul. Ecorché. Qui dit ce qu'il pense. Et qui se bat.

 

D'où mon sourire en découvrant que Cyril Aellen, le dernier président du parti libéral genevois, en qualité l'un des premiers, est désormais interdit de parole par l'actuelle direction du parti : « Il m'a été demandé de ne plus m'exprimer dans les médias. En particulier le soir du 23 octobre ». Aveu de faiblesse, bien sûr, de la part de cette direction : on ne gagne jamais rien à faire taire les gens, on n'y affaiblit que son propre crédit, on n'y entame que sa propre autorité.

 

Pour ma part, en ce moment difficile pour celui qui fut un grand président, et un vrai chef, je veux simplement lui dire mon respect et mon amitié. A lui de choisir s'il veut se taire ou non. Ce qui est sûr, c'est que son avenir politique est devant lui. Pour après-demain, si ce n'est pour demain. C'est l'opposition qui grandit les hommes. La triste horizontalité de l'alignement mondain les avilit.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

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17/10/2011

Les Mousquetaires du Sécateur

 

Sur le vif - Lundi 17.10.11 - 08.53h

 

Nous avons pu - tout à fait par hasard - avoir sous les yeux la liste complète - et nominale - des propositions de coupes budgétaires au sein de la Commission de la Culture du Municipal, en Ville de Genève. Il en ressort clairement trois vaillants Mousquetaires du Sécateur: un illustre représentant de la Pampa, une illustre fille de pasteur amatrice de chœurs (mais seulement les siens), et un illustre lièvre du MCG. Et d'Artagnan? Il est parti dormir?

 

Pascal Décaillet

 

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Le grand commis, le petit peuple

 

Sur le vif - Lundi 17.10.11 - 08.19h

 

Hallucinant d'entendre l'ancien ambassadeur François Nordmann déclarer à la RSR (07.59h) que Micheline Calmy-Rey n'avait aucune compte à rendre devant la Commission des Affaires étrangères (représentante indirecte du peuple) sur l'affaire de la reconversion à l'ambassade de Washington du domestique molesté par Hannibal Kadhafi. Selon l'éminent commis (bien loin, quant à lui, du peuple), il eût été suffisant d'en dire un mot, discrètement, à la Commission de gestion. En langage diplomatique, codé?

 

Pascal Décaillet

 

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16/10/2011

Le voyage de Hollande

 

Dimanche 16.10.11 - 20.30h

 

Immense satisfaction suite à la victoire de François Hollande, ce soir. Victoire d'étape: la route sera longue, rugueuse, semée d'embûches, peut-être fatale. Mais tout de même, quelle étape! Dans six mois, il faudra chasser l'orléaniste de l'Élysée. Je pense que Hollande en a les moyens. Je ne vois personne d'autre que lui pour y parvenir.

 

Pascal Décaillet

 

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Culture : les touristes au pouvoir

 

Sur le vif - Dimanche 16.10.11 - 09.25h

 

Les récentes coupes dans la Culture, à la Commission du Municipal, à Genève, appellent quelques remarques.

 

D'abord, l'essentiel : aujourd'hui, quels que soient les efforts de certains privés, l'apport bienvenu du partenariat mixte, la générosité de certains mécènes, toutes choses sur lesquelles il serait stupide de cracher, il faut reconnaître que sans les fonds publics, donc l'argent du contribuable, la Culture ne parvient pas à survivre. À Genève, il se trouve, historiquement, que cette mission incombe à la Ville. Parlons donc, ici, de la Ville.

 

La Culture est évidemment un poste très lourd dans le budget municipal. À ceux qui ne veulent rien toucher, rien changer, il faut rappeler que nous sommes en République. Il ne saurait, à la base, exister de tabous. Les élus municipaux ont le droit de remettre en cause les acquis, telle subvention à tel improbable festival, par exemple. Ils sont là pour faire des choix, non pour faire plaisir à tout le monde, histoire de se ménager les meilleures relations possibles, mondaines et clientélistes. Gouverner, c'est choisir, a dit le seul homme d'Etat de la Quatrième République, Pierre Mendès France.

 

Reste à bien choisir. Et c'est là que le bât blesse, dans les récentes coupes envisagées en commission. Disons-le, elles suintent la vengeance. Le règlement de comptes. Le signal, pour l'exemple. La volonté de montrer à la gauche qu'on peut construire une majorité sans elle. Bref, on fait de la politicaillerie sur le dos des artistes. C'est-à-dire, sur le dos de l'une des catégories professionnelles (pensons au théâtre) déjà les plus fragilisées par les récentes dispositions fédérales sur le chômage. Et là, ça n'est plus de la politique de droite contre une politique de gauche, c'est le triomphe du sécateur sur la finesse du ciseau. Une décision bien peu adroite, et à vrai dire bien gauche.

 

C'est dommage. Parce que le quarteron de mousquetaires PDC-PLR qui a construit cette majorité-là vient de se comporter, non comme des opposants responsables, mais comme cette catégorie de promeneurs qu'ils semblent eux-mêmes déifier : des touristes.

 

Pascal Décaillet

 

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