Sur le vif - Page 6

  • L'Europe ? Non, l'Allemagne !

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    Sur le vif - Dimanche 06.01.19 - 12.16h

     

    Le drapeau européen qui flotte dans les pays d'Europe centrale et orientale, c'est en fait le drapeau allemand, camouflé sous le paravent de la bannière aux douze étoiles.

     

    Réunifiée dans des conditions d'une vulgarité inouïe (la DDR, purement et simplement rachetée à coups de milliards par l'Ogre Kohl), l'Allemagne accomplit aujourd'hui pacifiquement le grand dessein où elle a, naguère, échoué par d'autres voies.

     

    L'accomplissement de ce dessein a été mis en route, entre 1740 et 1786, par un souverain de génie, le Roi Frédéric II de Prusse. Il se réalise d'aujourd'hui, sans bruit ni fureur, et même avec la bénédiction des bonnes consciences, sous prétexte qu'il fallait à tout prix abattre le communisme, faire reculer l'influence russe en Europe.

     

    Commercialement, économiquement, l'Allemagne de 2019 est omniprésente sur les marchés de l'Est. Elle y est revenue silencieusement, par les mêmes couloirs de pénétration que ceux du 22 juin 1941. Et tout le monde applaudit !

     

    Et les grands naïfs, incapables de percevoir les mouvements tectoniques de l'Histoire, encore moins la permanence du tragique, s'émerveillent face aux douze étoiles européennes en Europe centrale et orientale. Inaptes à lire, en palimpseste de cette bannière, la réalité de l'influence allemande retrouvée, sur les Marches de l'Est.

     

    Un jour, le château de cartes européen s'effondrera. Mais les innombrables points d'appui allemands, installés sous prétexte européen en Europe centrale et orientale, demeureront. L'illusion multilatérale partie en fumée, demeurera la permanence des intérêts nationaux. 

     

    Adolescent, en Allemagne, j'étais fasciné par le Chancelier au pouvoir. Il s'appelait Willy Brandt (1969-1974). C'était un social-démocrate. Il avait passé les douze années de Troisième Reich en exil. Il était devenu Maire de Berlin. Chancelier, il s'était agenouillé à Varsovie, devant le Mémorial du Ghetto. Il avait inauguré une politique, géniale à mes yeux, d'ouverture à l'Est, l'Ostpolitik.

     

    C'était un homme d'exception. Et son rapport, à lui, avec les voisins immédiats de la République fédérale, à l'Est (à commencer par la DDR), avait une autre tenue, une autre ambition, d'autres horizons intellectuels et culturels, nourris notamment par son ami, l'immense romancier Günter Grass (un Allemand de Dantzig !), que la gloutonnerie vulgaire de Kohl, lorsqu'il a purement et simplement racheté l'Allemagne de l'Est.

     

    La dignité de la Prusse méritait mieux. Un jour, elle se rappellera à notre bon souvenir.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Les Fermiers généraux de l'Ancien Monde

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    Sur le vif - Samedi 05.01.19 - 18.45h

     

    Le mouvement des gilets jaunes ne fait que commencer. A peine s'est-il atténué pour les Fêtes, et encore ! Méfions-nous des images du pouvoir, véhiculées par les TV du pouvoir, au premier plan desquelles l'ineffable chaîne continue BFMTV. En vérité, en bien des endroits, notamment en Province, le mouvement n'a strictement connu aucun ralentissement, juste une trêve de Noël.

     

    Nous sommes en 2019, les gilets jaunes sont là, plus que jamais. Et plus que jamais, les médias du pouvoir, ou des coteries parisiennes, continuent de s'inviter les uns les autres, entre eux, en intestine connivence, pour condamner, vouer aux gémonies, traiter de fascistes, des hommes et des femmes qui, simplement, infatigablement, nous clament leurs deux revendications principales : de la dignité, de la démocratie.

     

    Las ! Entre consanguins, on continue de ne frayer qu'entre soi. Quérir la mille-et-unième interprétation d'éditorialistes parisiens ayant fait, depuis Mai 1968, dont ils sont directement issus, mille-et-une fois le tour des mille-et-un salons de la Ville-Lumière.

     

    Comme des guetteurs mélancoliques, ils pourchassent de leurs rêves le moindre "essoufflement" du mouvement. Ah, être le premier à proclamer le début de la fin, la reprise en mains par Macron, la normalisation. Ah, que tout puisse rentrer dans l'ordre !

     

    Quel ordre ? Mais le leur, pardi ! Celui qui préside à leurs colloques, dans les allées du pouvoir. L'ordre libéral, de Macron. L'ordre de l'Euro. L'ordre de Bruxelles. L'ordre des médiateurs, qui expliquent au peuple ce qui est bon, juste, moral. L'ordre des élus. L'ordre des clercs, et des cléricatures. L'ordre de la haute finance, qui a soutenu, avec tant d'ardeur, l'actuel Président, lors de sa campagne en 2017. L'ordre multilatéral. Surtout, ne rien changer. Surtout, que les Gueux fassent moins de bruit. Surtout, qu'ils se calment, on ira jusqu'à Grenelle, s'il le faut !

     

    Surtout, maintenir l'équilibre cosmique entre les médiateurs et le pouvoir. Surtout, ne pas renier Macron,aussi chancelant soit-il. Car, si Macron s'en va, c'est l'irruption du Nouveau Monde.

     

    Et le Nouveau Monde, c'est la peur de leur vie. Accrochés, désespérément, à l'Ancien Régime, dont ils aimeraient, pour l'éternité, demeurer les Fermiers généraux.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Mitage du territoire : bravo les Jeunes Verts !

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    Sur le vif - Vendredi 04.01.19 - 15.45h

     

    L'initiative des Jeunes Verts contre le mitage du territoire : voilà un passionnant sujet de votation (10 février 2019).

     

    Il touche à l'aménagement de nos espaces, au maintien de surfaces agricoles, à la construction d'un paysage où la nature a encore sa place. Il invite à repenser l'urbain, plus concentré, moins étalé, un peu plus de verticalité, de densité, un peu moins de semi-urbain, dans une semi-campagne.

     

    Après la Lex Weber, après Ecopop, revoilà un thème qui invite les Suisses à penser le futur de leur territoire, à donner de la cohérence à l'espace urbain. Revoilà une votation concrète, liée à la terre et au pays. N'oublions jamais : le paysage, c'est l'humain qui le crée. Puisse-t-il y instiller le maximum d'harmonie, éviter le grand n'importe quoi de l'axe Genève-Lausanne depuis les années 60, définir ce qu'est la ville, et ce qu'est la campagne.

     

    Oui, dans nos contrées habitées, c'est l'humain qui façonne le paysage : prenez le Valais, les sublimes murettes de vignes, ces étagements de pierres sèches, sur la rive droite du Rhône : elles ne sont pas là par miracle, mais par le travail des hommes et des femmes. N'oublions jamais qu'au 19ème siècle, la Vallée du Rhône n'était encore, en bien des endroits, qu'un marécage insalubre. Il a fallu un grand dessein : celui de la correction du Rhône. Il a fallu de grands hommes, comme Maurice Troillet, conseiller d'Etat de 1913 à 1953.

     

    Le paysage est un miracle humain, épousant le miracle de la nature. En la respectant, plutôt qu'en la bétonnant dans la seule vision du profit, il la sublime. Le grand Chappaz, dans ses "Maquereaux des Cimes blanches" (1976), que nous dit-il d'autre, au fond ?

     

    Pour ma part, je félicite les Jeunes Verts de lancer le débat. Je vais me passionner pour ce sujet, multiplier les invités et les joutes contradictoires, sur mes plateaux TV. C'est un sujet qui touche au pays profond, à la qualité de vie, au rapport intime entretenu, par chacun de nous, avec les miracles de nos paysages. Un véritable sujet citoyen. Vive la politique !

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Réseaux sociaux : parions sur l'intelligence !

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    Publié sur mon site FB - Vendredi 04.01.19 - 05.13h

     

    Dans la revendication des Gilets jaunes comme dans la construction de la connaissance partagée sur un réseau social, il y a un refus du mandarinat.

     

    Il ne s'agit en aucun cas d'un rejet de la compétence, ni de l'excellence. D'ailleurs, nombre d'entre nous, ici même, ont plaisir à partager telle interprétation inoubliable d'un trio de Brahms, tel poème, telle pensée, telle œuvre picturale capable de nous arracher l'âme. Preuve que le réseau, au milieu d'autres formes d'échanges, sait reconnaître et promouvoir l'exception qualitative offerte par d'autres humains.

     

    Mais il s'agit d'un refus du mandarinat des corps intermédiaires. Dans ce qu'ils ont, depuis toujours, de plus odieux : la confiscation.

     

    Confiscation du débat politique au corps des citoyennes et citoyens. Confiscation de l'œuvre d'art aux non-initiés. Confiscation de la langue et du langage par une caste accédant seule à un sabir.

     

    Je l'ai dit, je le répète : il faudra du temps, mais une fois expurgé de son bavardage originel, le réseau social deviendra un instrument redoutable de partage des connaissances, de construction horizontale de l'intelligence collective. Un outil d'émancipation, contre les clercs, par les hommes et les femmes de bonne volonté, désireux de s'instruire.

     

    Jouons le jeu : parions sur l'intelligence des humains !

     

    Pascal Décaillet

     

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  • L'Europe, "avec choeurs" !

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    Sur le vif - Jeudi 03.01.19 - 06.05h

     

    Vous voulez faire l'Europe ? Commencez par apprendre les langues continentales européennes !

     

    L'allemand. L'italien. Le grec. Le russe. Imprégnons-nous de nos millénaires d'Histoire et de culture. Enthousiasmons-nous pour notre continent ! Visitons-le. Laissons venir à nous ses langues, ses musiques.

     

    Valorisons l'allemand, l'italien, dans nos écoles suisses. Valorisons le romanche, aux sonorités si belles, oui le romanche, langue nationale, partie intégrante de notre pays.

     

    N'ayons pas peur d'être Européens. Pas la machinerie technocratique de Bruxelles. Non : l'Europe des peuples ! L'Europe des langues. L'Europe des cultures. L'Europe de Bela Bartok, de Dvorak, de Grieg, de Sibelius. L'Europe des cœurs. L'Europe de Schiller et celle de Beethoven, réunies dans un Hymne, qui touche au sublime.

     

    Après 35 premières années plutôt réussies (1957-1992), l'Europe de Bruxelles nous a donné un dernier quart de siècle catastrophique : idéologie ultra-libérale, mépris des peuples et des nations, incapacité de régler la question balkanique, prédominance excessive de l'Allemagne, inexistence politique totale, inefficacité, primat de la technocratie.

     

    Cette Europe-là est un échec. Elle ne survivra pas au réveil des peuples. Il faudra, dans les générations qui viennent, construire autre chose. En partant de la souveraineté reconnue de chaque nation, et surtout pas en la gommant. En plaçant, au centre de tout, les valeurs humanistes de l'éducation et de la connaissance partagée.

     

    Cette Europe-là ne viendra pas du sommet, mais de la base. Elle ne procédera pas d'un modèle unique, mais d'une reconnaissance des pluralités. Elle sera une Europe des cœurs, plutôt qu'une construction cérébrale. Une Europe des langues continentales, plutôt que de l'uniformisation par l'anglais. Une Europe de l'exigence culturelle, qui placera la connaissance et l'intelligence collective au plus haut niveau.

     

    L'Europe de Beethoven et de Schiller est devant nous. Elle est notre accomplissement, notre destin. Quand j'entends M. Juncker, je n'ai envie de rien. Quand j'écoute, pour la dix-millième fois, le final de la Neuvième Symphonie, "avec chœurs", alors mon âme bouleversée dit oui à l'Europe. À cette Europe-là.

     

    PaD

     

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  • L'ONU, Moloch Technicolor de l'après-guerre

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    Sur le vif - Mercredi 02.01.19 - 15.32h

     

    L'édifice multilatéral, tel qu'il a sécrété sa toile depuis les premiers mois de l'après-guerre (1945-1946), qu'a-t-il apporté de concret ? Les grandes organisations, comme l'ONU, furent-elles jamais capables d'empêcher la moindre guerre ? Ont-elles jamais réussi à limiter le pouvoir des puissants (au premier plan desquels, les États-Unis d'Amérique), à améliorer le sort des plus faibles ?

     

    Je ne parle pas ici de l'international humanitaire, comme le CICR, ni de l'international médical (OMS), ni de ce qui touche à la nature, à la météorologie (OMM), au monde du travail (BIT). Non, je parle bien de l'international politique : l'ONU, qui émerge juste après la Seconde Guerre mondiale, reprend la rengaine de la SDN, née au lendemain de la Première. Elle en cumule tous les défauts, l'arrogance planétaire, l'universalisme artificiel, et surtout l'implacable inefficacité. Combien de fois, sous couvert de l'ONU, des expéditions militaires furent, en réalité, des croisades des États-Unis ?

     

    Je ne parle pas ici, non plus, de l'international économique (OMC), ni financier (FMI), face auxquels des mot encore plus sévères - j'y reviendrai - s'imposent. Non, je me cantonne aux prétentions monstrueuses de l'international politique.

     

    La vérité, c'est que ces puissantes aspirations de gouvernance mondiale, nées des décombres de 1945, imprégnées d'un internationalisme béat, céleste, déraciné, se heurtent aux réalités : celles des nations, fruits de l'Histoire ; celles des peuples, qui aspirent à disposer d'eux-mêmes, chacun dans un périmètre proche et accessible, délimité par des horizons précis, protégé par des frontières, garantes des cohésions sociales à l'interne.

     

    Oui, le Moloch mondialiste de l'immédiat après-guerre, à vrai dire tellement américain, tellement Technicolor, tellement hollywoodien, tellement Pentecôtiste dans sa quête de l'avènement du dernier jour, bref cette immense toile onusienne, avec ses dépendances et sous-dépendances, tout cela se fracasse sur la vérité des hommes et des femmes qui, sur cette terre, veulent être citoyens et citoyennes. Ce qui passe par le stade de la nation. Celui de la proximité. Celui de la reconnaissance dans une mémoire collective, un fil narratif historique, une relation avec les morts, les ancêtres. Une projection commune sur l'avenir. De tout cela, le monstre multilatéral de l'après-guerre, ONU en tête, s'est montré parfaitement incapable.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • 2019, l'Année des peuples !

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    Sur le vif - Mardi 01.01.19 - 12.14h

     

    Les vœux d'Angela Merkel et d'Emmanuel Macron sont des vœux de répit pour l'Ancien Monde. Pitoyables de cécité face aux aspirations montantes des peuples. On dirait les vœux condescendants de la Noblesse et du Clergé au Tiers État, avec un amical tapotement sur l'épaule des Gueux.

     

    La Chancelière prône le multilatéralisme, le Président encense l'Europe. Aucun des deux ne parle de la souveraineté du peuple, ni de la cohésion sociale de sa propre nation. Aucun des deux, d'ailleurs, ne parle de nation. Comme si la nation allemande, génialement préfigurée par les Discours de Fichte en 1807 à Berlin, n'existait pas. Comme si la nation française, celle de la Révolution, des Soldats de l'An II, de tant de batailles et de tant de sacrifices, n'était qu'un leurre.

     

    Angela Merkel, Emmanuel Macron, sont les phares en extinction d'un monde qui s'en va. Partout en Europe, les peuples se réveillent, comme en 1848. Partout, ils veulent prendre en mains les destinées de leurs nations respectives. Par des procédés de démocratie directe qu'il appartiendra à chaque pays d'inventer, selon son génie propre, celui de son Histoire, de son parcours, en puisant dans ses racines, et surtout pas dans un universalisme abstrait.

     

    Cela, c'est l'Europe qui advient. Nous le verrons dès les élections européennes de mai 2019. Face à la puissance tellurique de cette naissance, Angela Merkel et Emmanuel Macron se cramponnent désespérément à l'Ancien Monde, à l'Ancien Régime. Ils en sont encore aux vieilles matrices de pensée de l'après-guerre, avec la bonne vieille démocratie représentative, les bons vieux corps intermédiaires, les bons vieux médiateurs.

     

    Tout cela va exploser. Un autre monde surgit. Partout en Europe, dans les décennies qui viennent, progressivement, nation par nation, le poids de la démocratie directe va l'emporter sur la combinazione de la démocratie représentative. Des instruments nouveaux seront peu à peu inventés, permettant au suffrage universel d'influer davantage sur le destin des nations. Les thèmes, petit à petit, l'emporteront sur les personnes, les votations l'emporteront sur les élections.

     

    Pour la Suisse, même si 2019 est une année d'élections fédérales (20 octobre), je souhaite que nous parlions mille fois plus des thèmes que des personnes. Tenez, commençons par l'excellente initiative des Jeunes Verts sur le mitage du territoire : voilà un sujet de votation (10 février) qui promet de passionnants débats sur notre rapport au sol, à l'agriculture, aux espaces verts, au paysage : c'est autrement intéressant que de savoir si on va élire Monsieur X ou Madame Y !

     

    Avec les candidats aux Chambres fédérales, soyons durs et exigeants : demandons-leur, à chacun, ce qu'ils ont de si génial à apporter au pays, et au fond de quel droit, en vertu de quelles qualités magiques ou supérieures, ils prétendent nous "représenter". Discernons s'ils roulent vraiment pour l'intérêt supérieur de la Suisse, ou plutôt pour eux-mêmes, dans le jeu de pouvoirs des ambitions.

     

    Dans tous les cas, rappelons-leur qu'en cas d'élection, ils seront au service du peuple, et non à Berne pour constituer une caste consanguine, copains entre eux, tutoyeurs, partageurs d'intérêts, tout ce qui ruine et dévaste le crédit de la démocratie représentative. Rappelons-leur aussi, avec la dernière énergie, qu'une initiative acceptée par le peuple et les cantons doit être mise en application avec diligence, fidélité à la volonté du souverain, et non dans un esprit de dévoiement et de contorsions.

     

    2019 sera une année difficile, mais politiquement passionnante. N'écoutons ni Mme Merkel, ni M. Macron, hérauts de l'Ancien Monde. Écoutons la voix des peuples d'Europe, en plein réveil. Oui, comme en 1848. Excellente Année à tous !

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Meilleurs voeux aux internautes !

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    Publié sur mon site FB - Dimanche 30.12.18 - 17.56h

     

    Vous le savez déjà : je suis un partisan fervent des réseaux sociaux. J'estime qu'avec un peu moins de bavardage et de vie privée, et un peu plus de souci de l'espace public (tous domaines confondus), ils deviendront, dans les années et les décennies qui viennent, les principaux vecteurs de transmission des connaissances. Je l'ai déjà dit, maintes fois.

     

    Sur un réseau social, nul n'est intelligent tout seul, dans son coin. Nul n'est exact tout seul, non plus : je peux vous parler du sujet le plus pointu de l'Histoire allemande (l'une des mes grandes passions), sur la Révolution de Novembre 1918 ou la bataille de Leipzig (octobre 1813), si je commets la moindre erreur factuelle, elle me sera tôt au tard signalée par un contact FB, je corrigerai, mon texte initial en sera renforcé dans son crédit, et c'est très bien ainsi.

     

    Le réseau social ne fonctionne pas sur la verticalité, avec un mandarin tout en haut, et la piétaille en bas. Non, il mise sur l'intelligence collective d'hommes et femmes de bonne volonté. Ensemble, horizontalement, dans l'adjonction, la juxtaposition, ou la contradiction, ou la mise au point permanente, on construit, patiemment, un savoir. Franchement, c'est plutôt génial, comme principe.

     

    Ainsi conçu, le réseau social va devenir, j'en suis persuadé, un instrument de fabrication, et de mise en commun, des connaissances. L'Encyclopédie du 21ème siècle ! Pour cela, il devra s'expurger de ses péchés originels, et tendre à l'amélioration de la condition humaine par l'extension du savoir. S'il y parvient, il sera libérateur. Comme l'a été l'imprimerie, à l'époque de Gutenberg. Comme l'a été la prodigieuse traduction de la Bible en allemand par Luther, autour de 1522. Comme l'a été le Dictionnaire des Frères Grimm.

     

    Pour ma part, sur ce réseau social, oui celui-ci, où je m'exprime à l'instant, je me sens très à l'aise. Et je découvre une foule d'informations et de commentaires intéressants. Et je supporte de moins en moins les critiques des gens d'en haut, qui diabolisent le réseau sous prétexte des excès ou dérapages qui, certes bien réels, nuisent pour l'heure à son crédit. Nous tous, ici, sommes des hommes et des femmes de bonne volonté, désireux de s'instruire et d'étendre le champ de leurs connaissances. A tous ceux-là, qui me lisent ici, ou sur mon blog, j'adresse mes meilleurs voeux pour 2019 !

     

    Pascal Décaillet

     

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  • La bonne question - La bonne réponse

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    Sur le vif - Dimanche 23.12.18 - 15.24h

     

    "Les populistes posent les bonnes questions. Mais donnent les mauvaises réponses". Depuis un quart de siècle, on nous sert cette phrase, qu'il faudrait accepter comme formule de grimoire.

     

    Sur les flux migratoires, en Suisse, il y a eu deux phases. Celle où les libéraux, associés à la gauche immigrationniste, traitaient de xénophobes, voire de racistes, ceux qui se permettaient de prôner une régulation. Alors que ces derniers, en tout cas l'écrasante majorité d'entre eux, n'étaient ni xénophobes, ni racistes.

     

    Deuxième phase : après le 9 février 2014, les libéraux, libre-échangistes, toujours associés à une gauche internationaliste, ont à peu près compris que traiter les partisans de la régulation, à longueur de journées, de noms d'oiseaux, liés au rejet de l'Autre, ne servait pas à grand chose. Alors, ils nous ont déterré ce vieux slogan : "Ils posent les bonnes questions, mais donnent les mauvaises réponses". Comme si eux, dans leur coin, détenaient la clef de la bonne réponse, à donner à la bonne question. Ils en ont profité pour ne strictement rien faire, et laisser Berne, Conseil fédéral et Parlement, dévoyer la volonté de contingents, clairement exprimée le 9 février 2014.

     

    Je vous propose, pour changer un peu, d'entrer joyeusement dans la troisième phase : établir, par l'argument, en toute fraternité citoyenne, sans la moindre haine ni le moindre rejet, que ces gens, qui sur l'immigration posent de bonnes questions, eh bien donnent AUSSI parfois de bonnes réponses.

     

    Pas toujours. Nul, en politique, n'a toujours raison. Mais souvent, oui, ayant posé la bonne question, ils donnent AUSSI la bonne réponse. A vrai dire, beaucoup souvent qu'on ne l'imagine.

     

    Pour être un peu plus clair, je propose d'entrer dans une phase (la troisième, oui !) où on ne lâche plus rien. On ne se laisse pas impressionner par les courbes de croissance de la droite libre-échangiste, ni par les leçons de morale de la gauche internationaliste. On formule une pensée, en fonction de notre vision historique, de la présence vivante de nos lectures, et de notre conception de l'intérêt supérieur de la nation. On assume ses choix. Et, dans le champ éditorial, on fait la seule chose digne d'un homme d'honneur, qui croit en ses idées : on se bat.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Duhamel Brothers

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    Sur le vif - Dimanche 23.12.18 - 11.11h

     

    Vous ne les compterez plus, dans les semaines et les mois qui viennent, les interventions, dans vos journaux, du ban et de l'arrière-ban des puissants penseurs français - ceux qui se succèdent depuis plus de quarante ans sur les plateaux TV - pour vous affirmer que l'aspiration des gilets jaunes à une forme de démocratie directe est une "fausse bonne idée".

     

    Elle pourrait être bonne pour la Suisse, allez reconnaissons qu'elle l'est. Mais en tout cas pas pour la France : vous pensez, le référendum s'associe immédiatement à un plébiscite, l'image de Louis-Napoléon, alias "Le Petit", surgit dans les mémoires. On nous parle même, ce matin, dans la presse dominicale orangée, avec une nuance à toute épreuve, des fantômes d'Hitler et Mussolini.

     

    Eh bien, ma foi, voilà des plumes et des voix qui semblent avoir une profonde estime pour le peuple de France ! A les lire, à les entendre, ce peuple ne constituerait rien d'autre qu'une masse manipulable : vous lui confiez un référendum, c'est en fait un sénatus-consulte du Prince, un plébiscite pour lui dire, par thème interposé, qu'on l'aime ou qu'on le déteste. Le peuple, étant par nature aveugle et stupide, sera dupe de la supercherie, se laissera embarquer, la démocratie thématique passera à la poubelle, on aura juste activé la démarche plébiscitaire, celle qui légitime des régimes forts, confirme le caractère allemand de la Sarre, par exemple.

     

    On peut en discuter, sur le fond. Et en effet, la France devra se montrer très inventive pour mettre au point des mécanismes de démocratie directe qui répondent à son génie propre, à son Histoire, radicalement différente du fédéralisme suisse. Mais la manière dont ces têtes pensantes, Frères Duhamel et Compagnie, éradiquent d'emblée toute chance de réussite pour un essai de démocratie directe thématique en France (voter sur des sujets, et pas seulement pour élire des personnes), en dit infiniment long sur la mentalité d'élite de ces stars de plateaux TV, profondément acoquinées avec tout ce que la vie parisienne compte de pouvoirs, de gauche comme de droite.

     

    La vérité, c'est eux. La connaissance, c'est eux. La vision sur les nécessités du peuple, c'est eux. Le peuple, à leurs yeux, n'est qu'une bête à cornes, une brute pompière, tout juste bonne à payer ses taxes et ses impôts, s'abrutir le soir devant des émissions faciles, mettre deux heures pour aller au travail et en revenir, en voulant bien payer sans rechigner la surtaxe pour faire bien, à Paris, dans l'image mondiale qu'on donne dans la lutte pour le climat.

     

    Eh bien, les Frères Duhamel & Co se trompent lourdement. Le peuple de France n'est en rien constitué d'imbéciles. C'est un grand peuple, patriote, attaché à une nation deux fois séculaire, celle-là même qui, proclamée République en 1792 au moment de Valmy, a osé défier, avec ses Soldats de l'An II, l'Europe entière des têtes couronnées. Le peuple des combats, dans toutes les guerres. Le peuple des souffrances. Mais muni d'une conscience nationale qui, aujourd'hui, a immensément faim et soif d'une démocratie nouvelle, élargie. Pouvoir voter directement sur des sujets ! Qui seront, je suis prêt à le parier, principalement des sujets régionaux et locaux. Mais aussi, sur la continuation de l'appartenance à l'Union européenne. Mais encore, sur l'Euro. Ou encore, sur la régulation des flux migratoires.

     

    C'est précisément cela que nos chères élites cosmopolites, les BHL et les Cohn-Bendit, et tous les penseurs mondialistes des salons parisiens, et les Duhamel Brothers, ne veulent à aucun prix. Parce que la vérité, c'est eux qui la détiennent, dans leur Temple. Pourquoi, mais pourquoi diable, iraient-ils la partager avec les Gueux ?

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Non, Sire, c'est une naissance !

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    Sur le vif - Samedi 22.12.18 - 18.16h

     

    Ce qui se passe en France, avec les gilets jaunes, en Italie, en Autriche, en Hongrie, en Pologne, n'a rien d'une parenthèse. Les équipes au pouvoir dans les autres pays, à commencer par Macron, adoreraient que tout cela ne soit qu'un interlude, fugace. Une percée lumineuse du cauchemar, juste avant le réveil.

     

    Non. Ce qui se produit en France, en Italie, dans beaucoup de Länder allemands, est un commencement. Il se passe, en Europe, quelque chose de l'ordre d'une naissance. Celle, comparable au printemps des peuples en 1848, d'un nouveau rapport à la démocratie.

     

    Nous ne sommes pas dans des révolutions fascistes, comme voudraient tant nous le faire croire les tenants de l'Ancien Régime, doucement en train de s'effondrer. Nous sommes dans des révolutions démocratiques.

     

    Nous avons affaire à des peuples qui aspirent à prendre davantage en mains le destin de leurs pays. Davantage de démocratie directe, à inventer nation par nation, selon le génie de chacune. N'ayons pas, nous Suisses, l'arrogance ni la prétention d'exporter notre système : il est idiomatique à notre Histoire, et d'ailleurs rien ne s'exporte, c'est justement cela, croire en l'âme de chaque nation. Et croire au droit de chaque peuple à disposer de lui-même.

     

    Davantage de démocratie directe, non pour écraser la démocratie représentative, mais pour entrer avec elle dans l'étincelante dialectique de la concurrence. En Suisse, nous connaissons cela. En quoi faudrait-il craindre la force des idées ?

     

    Les citoyennes, les citoyens d'Europe, aspirent à aller davantage aux urnes sur des thèmes, un peu moins pour élire des "représentants", qu'ils ne voient que tous les quatre ou cinq ans, et qui, entre-temps, vivent dans la consanguinité parlementaire.

     

    Le peuples d'Europe veulent en découdre directement avec les thèmes. En Suisse, nous connaissons cela. Eh bien, que chacun de ces peuples, s'il le veut, invente le chemin qui lui permettra de conquérir ce pouvoir extraordinaire.

     

    Nous avons, autour de nous, à commencer par notre grand voisin la France, des peuples qui rêvent d'une démocratie plus vivante, plus juste, plus efficace qu'aujourd'hui. Nous n'avons, me semble-t-il, qu'à nous en féliciter !

     

    Quant aux petits marquis de l'Ancien Régime finissant, les BHL et les Cohn-Bendit, laissons-les vomir sur ce printemps des peuples. Vomir : ils ne savent faire que cela, dès que le bruissement des consciences vient déranger la parfaite ordonnance cosmopolite de leurs géométries mentales.

     

    Nous avons, nous tous, beaucoup mieux à faire : passionnons-nous pour ce réveil démocratique. En respectant chaque nation, dans sa nature et sa différence. Et en offrant notre amitié à tout ce qui peut augmenter le pouvoir des peuples sur la destinée des pays.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Non à la libre-circulation

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    Sur le vif - Samedi 22.12.18 - 10.40h

     

    Il y a quinze ans, vingt ans, nous étions quelques-uns à prôner le protectionnisme, la préférence locale et nationale, on nous répondait en sanctifiant la libre-circulation.

     

    Aujourd'hui, après quinze ans, vingt ans, d'un combat acharné, la préférence locale, nationale, s'est imposée dans les esprits.

     

    Reste la libre-circulation. Elle dévaste la cohésion sociale des nations européennes. En Suisse, elle n'a profité qu'à quelques-uns. Ce profit n'a absolument pas été redistribué à l'ensemble de la population.

     

    Les plus précaires d'entre nous ont été touchés par la férocité de cette concurrence importée. La gauche, les syndicats, à qui on promettait des "mesures d'accompagnement", comme on jette des miettes à des oiseaux, se sont laissés avoir, comme jamais.

     

    Le peuple et les cantons, le 9 février 2014, ont accepté le principe de contingents, pour réguler les flux migratoires. Les corps intermédiaires en ont dévoyé la mise en application. Il faudrait encore leur faire confiance ?

     

    Dans les années qui viennent, nous devons nous attaquer à la racine. Tout en entretenant les meilleures relations, de respect et d'amitié, avec les peuples d'Europe, nous devons renoncer à cette idéologie ultra-libérale de la libre-circulation. Elle n'enrichit qu'une minorité, qui spécule sur elle avec la dernière des usures, et elle lacère l'essentiel pour le destin de notre pays : la cohésion sociale entre les Suisses.

     

    Nous voulons une Europe des peuples. Pas une Europe des spéculateurs.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Pourquoi Macron a peur de la proportionnelle

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    Sur le vif - Vendredi 21.12.18 - 10.56h

     

    Pourquoi Macron a-t-il si peur de la proportionnelle ? Pour une raison simple : au second tour de la présidentielle de 2017, il a certes gagné. Mais il n'était tout de même pas aveugle au point de ne pas voir l'explosion du nombre de voix - EN VALEUR ABSOLUE - de sa rivale.

     

    Les législatives, depuis l'erreur majeure qui s'appelle le quinquennat, n'ont plus aucun intérêt. Em associant le temps parlementaire au temps présidentiel (donc en supprimant le génial décalage 5 ans, 7 ans, qui précédait), on élit un Président, puis dans la foulée, on lui donne logiquement, six semaines plus tard, les moyens de son action. Le législatif n'est donc plus qu'une annexe de l’Élysée, une écurie du Château.

     

    Si vous ajoutez cela à la liquéfaction totale des partis traditionnels en ce printemps 2017, vous aboutissez à une situation unique. Elle a permis à Macron de créer, à son effigie, et même en reprenant ses initiales, un mouvement totalement artificiel, jouant sur les ambitions nationales de notables locaux, des Homais jaillis de leurs officines, des Rastignac aux dents étincelantes, en un mot l'actuelle bande de godillots, Maréchal Ferrand en tête, servant à l'Assemblée de vicaires législatifs à l’Élysée.

     

    Mais si Macron devait dissoudre... Alors là, même dans le système actuel, adieu les godillots ! Et si en plus, une nouvelle élection devait se produire à la proportionnelle, alors là, bonjour la France profonde, la France des colères, la France des jacqueries, la France des gilets jaunes.

     

    Dans cette hypothèse, une Assemblée enfin représentative permettrait assurément aux millions de voix ayant voté, au second tour de la présidentielle 2017, pour la rivale d'Emmanuel Macron, de faire leur grande entrée au Palais-Bourbon. Ou tout au moins leur grand retour, depuis 1956, l'année de la percée poujadiste.

     

    Tout cela, Macron le sait. On peut donc imaginer qu'il préférera créer un dérivatif du côté de la démocratie directe (quitte à le faire fort mal, précipitamment), plutôt que de réformer en profondeur un mode de scrutin qui lui a permis, en 2017, le parfait artifice de son avènement.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Un enfant capricieux de la modernité

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    Sur le vif - Mercredi 19.12.18 - 07.05h

     

    En mars 1986, Mitterrand a dû cohabiter avec Chirac. En 1993, avec Balladur. En 1997, Chirac a dû cohabiter avec Jospin.

     

    Si Macron dissout l'Assemblée, la bande de godillots qui y siège, sous son label, depuis juin 2017, sera chassée. Il y aura une nouvelle majorité, dans laquelle Macron devra choisir le Premier ministre. Cohabitation, donc.

     

    S'il ne dissout pas, alors il ouvre, pour une période indéterminée, une page totalement nouvelle sous la Cinquième : un Président qui doit cohabiter avec... le peuple !

     

    Dans ce second cas, les corps intermédiaires volent en éclats. À commencer par l'Assemblée : les godillots de juin 2017 demeurent au Palais-Bourbon, mais n'ont définitivement plus aucun pouvoir. Ils regardent passer les missiles entre le peuple et le Prince. Pendant trois ans et demi !

     

    À titre personnel, cette situation très plébiscitaire ne me déplaira pas. Mais alors, à quoi bon Mirabeau, à quoi bon juin 1789, à quoi bon le Jeu de Paume, à quoi bon la volonté du peuple et la force des baïonnettes ?

     

    En mai 2017, les Français ont choisi Macron. Ils ont choisi d'envoyer au pouvoir suprême un ancien associé de la Banque Rothschild, un arrogant ultra-libéral, soutenu par la finance internationale et cosmopolite, totalement dépourvu de culture historique et politique. Un enfant capricieux de la modernité. Un Président à contresens, aveugle et sourd aux mouvements de libération des peuples en Europe, méprisant envers l'expérience italienne, accroché à la déclinante Mme Merkel, et aux douze étoiles en extinction de l'Union européenne.

     

    Ils ont aujourd'hui la rançon de leur erreur. "Cinq ans de répit pour l'Ancien Monde", écrivais-je, ici même, à la minute de l'élection, donc au second tour à 20h. Je n'imaginais pas que ce répit ne durerait que 18 mois.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Que l'esprit, Monsieur le Président, vous accompagne !

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    Sur le vif - Mardi 18.12.18 - 15.56h

     

    Monsieur le Président de l'Assemblée nationale,

     

    Le 16 juillet dernier, vous avez eu des mots, envers la Suisse, qui ont choqué une bonne partie de mes concitoyens. Vous n'étiez pas encore le quatrième personnage de l'Etat (vous l'êtes devenu le 12 septembre), mais enfin vous étiez député français, à la tribune de la Chambre, ce qui n'est pas rien.

     

    Vous vous en prenez au système suisse de démocratie directe, estimant que les thèmes de votations "sont souvent le fait de quelques cliques affairistes et de quelques lobbyistes".

     

    Ce que vous dites n'est pas entièrement faux : il peut exister un risque de dévoiement de nos droits populaires par les forces de l'Argent. Nous, les Suisses, viscéralement attachés à ces droits, sommes parfaitement conscients de cette possibilité de dérive : il n'est pas normal, par exemple, qu'un milliardaire puisse "s'acheter des voix", par clientélisme, dans les récoltes de signatures.

     

    Ce qui est dévastateur, Monsieur le Président, n'est pas la réserve que vous avez émise sur notre démocratie directe, mais c'est que vous la réduisiez à cela. Connaissez-vous le système suisse ? Avez-vous entendu parler de l'immense aventure de notre État fédéral, depuis 1848 ? Savez-vous comment a pu naître notre démocratie directe, le droit de référendum, mais aussi les initiatives depuis 1891, le triple échelon Commune, Canton, Confédération, la dialectique étincelante entre la voix du suffrage universel et notre démocratie représentative ? Tout cela crée, dans notre pays, une vitalité de l'expression politique, souvent par l'antagonisme, que beaucoup nous envient.

     

    Vous ne trouverez pas en moi, Monsieur le Président, un ennemi de la France. J'aime ce pays, j'en suis passionnément les joutes politiques depuis décembre 1965, un certain second tour dont les adversaires s'appelaient Charles de Gaulle et François Mitterrand. Vous reconnaîtrez qu'il y a pire, comme duo de finalistes, pour se mettre en appétit dans une carrière de commentateur politique. J'aime la France, j'en étudie l'Histoire depuis des décennies, et, si je suis un Suisse fondamentalement attaché à la démocratie directe de son pays, je me garderai bien de l'exporter vers la France : ce serait faire preuve du même paternalisme dont nous détestons les effets, en sens inverse.

     

    Sans doute pourtant, Monsieur le Président, avec une forme de démocratie directe (à inventer par la France, selon son génie propre), votre pays n'eût pas connu la crise des gilets jaunes. Car ce qui, chez vous, s'exprime, faute de mieux, par la vocifération de rue, se canalise en Suisse dans les voies du démos : nos droits populaires sont parfaitement constitutionnels, ils ne relèvent pas de l'anomalie, mais de la norme de notre fonctionnement. Maintes fois, ils servent de soupapes pour éviter l'explosion sociale. Il sont, à bien des égards, les garants de notre cohésion sociale.

     

    J'aime la France, j'aime la Suisse. Et puis, incidemment, j'aime aussi l'Allemagne. Je respecte vos institutions, votre Histoire m'habite, j'en connais tous les contours, notamment depuis ce jour de juin 1789 où un certain Mirabeau, évoquant à la fois la volonté du peuple et la force des baïonnettes, a posé la première pierre de l'institution remarquable que vous présidez aujourd'hui. Entre la France et la Suisse, entre vous et nous, il n'y pas de place pour l'insulte, ni dans un sens, ni dans l'autre. Il n'y a de place que pour le respect mutuel, la connaissance partagée, la curiosité sans cesse renouvelée.

     

    Je vous adresse, Monsieur le Président, ainsi qu'à vous 576 collègues, mes meilleurs voeux pour les Fêtes de fin d'année. Que l'esprit, avec ou sans capitale, vous accompagne.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Bien l'bonjour du soupirail !

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    Sur le vif - Mardi 18.12.18

     

    Il y a des gens qui croient que les réseaux sociaux ne sont qu'une parenthèse, qu'ils s'écrouleront, et qu'on en reviendra à la bonne vieille époque où le père de famille, rentrant chez lui au soir d'une belle et méritante journée de travail, retrouvera son fauteuil, sa pipe et ses pantoufles, pour lire son édition papier du journal, imprimé la veille au soir.

     

    Il y a des gens qui croient que la démocratie directe, ce truc de gueux surgis du soupirail, s'estompera, et rendra ses lettres de noblesse à la bonne vieille démocratie représentative, où des "élus", investis de la "confiance", partiront en calèche siéger en des Diètes lointaines. Où ils seront intelligents, à la place des citoyens. Et la nuit, dans des palaces avec vue sur la Vierge, le Moine et l'Ogre, feront entre eux de beaux enfants.

     

    Il y a des gens qui croient que les mouvements "populistes" ne sont qu'un cauchemar de passage. Au réveil, tout rentrera dans l'ordre : les bons vieux partis issus du dix-neuvième, la politique transversale des compromis, la combinazione parlementaire, tout cela reprendra ses droits à l'éternité.

     

    Il y a, aussi, des gens qui croient au Père Noël. C'est de saison. Je leur adresse mon salut. Et poursuis mon chemin.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Marre du chantage de Bruxelles !

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    Sur le vif - Lundi 17.12.18 - 18.04h

     

    Pas question de laisser l'Union européenne, château de cartes en voie d'écroulement, mettre le couteau sous la gorge de la Suisse avec cette histoire "d'équivalences boursières". Il faudrait que la Suisse, le doigt sur la couture du pantalon, accepte "l'Accord cadre institutionnel" dans les six mois, sinon c'en serait fini de ces équivalences.

     

    Eh bien, finissons-en, s'il le faut, avec les équivalences ! Le destin de la Suisse appartient au peuple suisse. L'avenir de ses relations avec Bruxelles, aussi. L'agenda, par rapport à cet Accord, soumis à consultation par le Conseil fédéral, prendra le temps qu'il faudra. Nul n'a à imposer au peuple suisse, ni à ses représentants, son calendrier politique, ni son rythme de réflexion.

     

    Pour ma part, j'en ai assez d'entendre les ondes publiques nous présenter ce véritable chantage de l'Union européenne comme une chose parfaitement normale, qu'il faudrait au fond se presser d'accepter.

     

    Notre pays, nos médiateurs aussi, manquent d'esprit de résistance par rapport aux ennemis de notre souveraineté. S'ils ne l'ont pas, eh bien on nous permettra, pour le moins, de l'avoir à leur place.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Eloge des réseaux sociaux

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    Publié sur mon site FB - Dimanche 16.12.18 - 15.19h

     

    Je suis un partisan acharné du réseau social. Je l'ai découvert il y a sept ou huit ans, alors que j'avais déjà plus de vingt-cinq ans de journalisme, dont vingt de radio. J'ai fait comme nous tous : je me suis ouvert un compte sur le réseau social où nous sommes ici, j'ai observé, testé, humé. Très vite, j'ai compris qu'il y avait là, par l'horizontalité du partage, sans chefs ni hiérarchies, chacun étant responsable de son espace, un langage nouveau. Et la promesse d'une révolution.

     

    Cette révolution est celle de l'intelligence collective. Vous pouvez écrire sur n'importe quel sujet, si vous commettez la moindre erreur factuelle, vous pouvez être sûr que très vite, un autre internaute ne manquera pas de la signaler. Eh bien ma foi, vous corrigerez ! Et vous aurez ainsi amélioré la qualité de votre texte.

     

    Cette révolution est celle de la mise en circulation immédiate, certes au milieu d'un fatras, de ce qui compte dans la construction de l'actualité. Si un confrère, une consœur, ou d'ailleurs n'importe quelle personne, sort quelque chose d'important, dans l'ordre de la nouveauté ou de la valeur ajoutée, ou dans celui du style, cela, inévitablement, circulera. Et vous tombera sous les yeux. Cette mise en partage des connaissances, qui s'en plaindra ? Il faudrait la réserver à une élite ?

     

    Cette révolution est celle de la rencontre. Je suis un solitaire, je n'ai jamais aimé travailler en groupe, surtout pas pour l'écriture. Mais l'homme seul, ou la femme seule, trouve sur le réseau social des frères et des soeurs dans la construction collective de la connaissance.

     

    Pour ma part, je n'utilise le réseau que dans l'ordre de ce qui m'a toujours passionné : étendre le champ de mes connaissances, dans les domaines qui me passionnent, transmettre ce qui me semble important, commenter l'actualité en fonction de mes idées, avec une subjectivité que j'ai toujours totalement assumée. Je propose ma vision du monde : eh bien, que chacun propose la sienne ! Chacun d'entre nous est libre. Libre de parler ou de se taire. Libre d'écrire ou non. Libre de ses idées. Libre de les publier, ou de les garder pour lui.

     

    Nous sommes entrés, sans retour, dans une nouvelle ère. Une fois que les réseaux sociaux seront expurgés de leur tendance au bavardage et au commérage, le meilleur de ce qu'ils sont, comme révolution de communication, constituera demain le vecteur principal de la connaissance construite. Non plus parachutée par des mandarins. Non plus verticale. Mais partagée, horizontalement, entre des hommes et des femmes de bonne volonté. Désireux de s'instruire. Persuadés que l'amélioration de la condition humaine passe pas une élévation du degré de connaissance.

     

    A cela s'ajoute, dans l'ordre de l'écriture, la possibilité de tomber sur un style. C'est rare, mais ça nous illumine et nous surprend. Surtout quand la plume découverte, loin du champ convenu des éditeurs, surgit d'un anonyme. Un inconnu, oui, qui jamais ne serait parvenu à nos yeux sans la mise en partage, parfois chaotique mais parfois miraculeuse, du réseau social.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Le social, ça passe par la connaissance !

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    Sur le vif - Samedi 15.12.18 - 17.31h

     

    Le Département de l'Instruction publique n'a pas à se préoccuper directement de la question sociale. Il existe pour cela un Département de la Cohésion sociale.

     

    Non. Le DIP a pour mission de transmettre et partager des connaissances (et non des "compétences" !), d'assumer cette transmission avec ferveur et passion, comme le font certains profs, évidemment les meilleurs. Rien de plus magique, au monde, que ce passage de témoin, d'humain à humain, de génération à génération.

     

    Si le DIP accomplit cette mission, transmettre et partager les connaissances, alors il aura infiniment plus fait pour la question sociale que tous les assistants sociaux de la planète.

     

    Ca n'est pas en reniant sa mission première qu'on réussit. Mais en plaçant en elle toutes ses énergies.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Démocratie directe : un combat pour l'humain

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    Sur le vif - Samedi 15.04.18 - 10.08h

     

    On parle beaucoup trop des élus, en bien comme en mal. Et pas assez de l'essentiel : les thèmes.

     

    Le citoyen ne sera vraiment affranchi que lorsque, débarrassé de son obsession, positive ou négative, pour les gens qu'il envoie siéger dans des Chambres "représentatives", il assumera, par le suffrage universel, lui-même les grandes décisions.

     

    Plutôt que de déléguer sa confiance à des élus, le citoyen ferait bien de prendre confiance en lui-même.

     

    Pour parvenir à cela, il nous faut inventer, dans les générations qui viennent, des mécanismes d'extension et d'approfondissement de la démocratie directe.

     

    Ils passent, comme je l'ai mille fois dit, par une éducation, dès le début de l'école primaire, à l'Histoire politique, et aux mécanismes de la Cité. Sans cette élévation considérable du niveau de CONNAISSANCES du plus grand nombre, rien ne sera possible.

     

    Vouloir partager avec le maximum de gens des connaissances qu'on a soi-même accumulées en amont, c'est un humanisme. C'est une manière d'aimer et de respecter ses contemporains. C'est, en tout cas, la mienne.

     

    Mon combat passionné pour la démocratie directe n'est pas un combat pour un modèle théorique. C'est un combat pour la connaissance partagée. Et c'est un combat pour l'humain.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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