22/04/2017

Metin Arditi : le père retrouvé

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Notes de lecture - Samedi 22.04.17 - 18.17h

 

168 pages de douceur et d’intelligence, des mots qui sonnent juste, un homme qui écrit sur son père, disparu il y a vingt ans. Un homme qui écrit à son père. Un pont jeté sur un Bosphore, un lien retrouvé, une langue qui revient, le turc, à laquelle un filial hommage est rendu, page 35. Des souvenirs qui remontent, « en écrivant », le fameux effet palimpseste de la mémoire, décrit simplement, à nu, sans recherche d’effets. Ce dernier livre de Metin Arditi est sans doute le premier. Celui dont tout procède, y compris ce qui fut écrit antérieurement : nul travail de révélation, après tout, n’a de compte à rendre à la chronologie, c’est la puissance et le secret de ces 168 pages, le mystère de cette chambre noire.

 

Est-il possible de raconter son père ? Le faut-il, seulement ? Le narrateur a vécu les sept premières années de sa vie à Istanbul, ville dont il raconte la magie dans la première partie du livre. Le style est simple et clair, les paragraphes courts, aérés, l’écriture est « mise en ordre » de tout un fatras dont elle semble se débarrasser. N’est-il pas question, quelque part dans le livre, de définir « l’esbrouffe » comme l’acte de « s’ébrouer » : éclaircir sa mémoire ? L’enfance stambouliote apparaît comme magique, de l’île des Princes à la bourgeoisie juive, en passant par le « Pitralon », la lotion après-rasage du père, envoûtante pour l’enfant, ou « Madamika », la gouvernante, ou encore le premier contact avec un « Notre Père », dans une église catholique, et la très belle réaction de tolérance du père, quand on lui parle de cette prière, qui n’est pas a priori la sienne. Confluences d’Orient.

 

Puis, onze années d’internat en Suisse. Le père se fait rare, revient parfois, ne s’épanche pas. Le fils l’admire, de loin, pour sa culture, son savoir-faire dans le métier, sa puissance de travail, bref ce qu’on appelle un père : admirable mais lointain. Il y a, quelque part, une « Mademoiselle Meyer », il y a Tüllin, une soeur qui a vécu avant, morte à l’âge de deux ans, et là, soudain, comment ne pas penser à « L’Autre fille », bouleversant récit d’Annie Ernaux, publié en 2011, exactement sur ce thème d’une aînée inconnue, tue par les parents, arrachée à la vie avant l’arrivée au monde de celui qui raconte le livre ?

 

Il y a tant d’autres choses, dans ces 168 pages. Le mystère des « balances analytiques », que le père aurait mises au point, des études de physique, des livres allemands en gothique dans une bibliothèque d’Istanbul, des Jeunesses socialistes autrichiennes, un accident de voiture du narrateur à l’âge de dix ans, à l’internat, un acte manqué entre deux hôtels « Waldhaus » dans les Grisons, le fil d’une mémoire pour tout reconstituer, comme la pelote d’une vie, ou des cailloux semés, dans la forêt. Oui, c’est l’histoire d’un garçon qui s’adresse à son père. Sans le sanctifier, comme dans la prière. Mais dans l’émotion de le retrouver. Par la grâce de l’écriture. A lire, sans faute.

 

Pascal Décaillet

 

*** Metin Arditi - Mon père sur mes épaules - Grasset - Avril 2017 - 168 pages.

 

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21/04/2017

Mon échelle, mes valeurs

 

Sur le vif - Vendredi 21.04.17 - 15.58h

 

D'un bout à l'autre de cette campagne où tout aura été entrepris pour avoir sa peau, François Fillon m'a impressionné. Non par son idéologie (j'ai déjà dit maintes fois mon opposition à son libéralisme économique), mais par son caractère. Contre vents et marées, cet homme a tenu. Je ne l'oublierai pas. J'aime tellement cette solitude de ceux qui se battent, vous ne pouvez imaginer à quel point ça me touche, ce que ça va chercher au fond de moi.

 

Il y a quelques mois encore, ma considération pour François Fillon était limitée. Il avait été cinq ans le Premier ministre de Nicolas Sarkozy, ce qui ne constitue pas, à mes yeux, la carte de visite la plus éblouissante.

 

Et puis, il y a eu cette campagne. Toutes ces "affaires", comme par hasard montées contre lui, et lui seul. Autour de lui, toute l’écœurante immensité de la trahison, ce qu'a également dû vivre Benoît Hamon, autre candidat que je respecte pour son cran et sa résistance.

 

Malgré l'extrême violence de ces vents contraires, François Fillon a tenu. Rien que pour cela, je l'admire. Parce que chez moi, l'échelle des valeurs fait de loin primer le caractère sur l'idéologie. Hier encore, au débat, je l'ai trouvé excellent. Ce matin encore, dans sa déclaration.

 

Alors voilà, je ne suis pas Français, je n'aurai donc pas à me prononcer dans cette campagne. Mais je tenais à dire, à deux jours du verdict du premier tour, mon admiration pour la ténacité de François Fillon. Ainsi que pour celle de Benoît Hamon, qui lui est pourtant diamétralement opposé, sur le plan des idées. Hamon, un homme que tous, ou presque, ont lamentablement trahi. Un homme seul. Un homme qui sait qu'il risque, dimanche soir, une cuisante défaite pour son camp, sans doute l'une des pires depuis la prise du parti par Mitterrand à Epinay en juin 1971. Il risque le rejet, le grincement des rires, la noirceur humide des rodomontades. Mais jusqu'au bout, il se sera battu. Je lui dis bravo. Il y a, chez cet homme austère et peu taillé pour les effets tribunitiens, une rigueur mendésiste qui ne m'a pas échappé.

 

Les hommes, les femmes, les événements, les périmètres d'idéologie, sachons les lire et les décrypter à l'aune de l'Histoire, dans la patience de la diachronie, et non dans la seule émotion, la seule émulsion du moment. Bref, lisons Michelet, Tocqueville et Marc Bloch. Et continuons d'aimer la France.

 

 

 

Pascal Décaillet

 

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20/04/2017

L'incroyable machine à fabriquer des rêves

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Commentaire publié dans GHI - 19.04.17

 

Par métier, je suis un spécialiste de la politique suisse, et bien sûr aussi genevoise. Mais comme un sacré nombre d’entre nous, la politique française me passionne. A chaque présidentielle, je me laisse prendre. Les débats, je les regarde, juste après avoir mené les miens, sur Léman Bleu. J’aime la politique française, parce que j’aime la France, tout court. Son Histoire, qui m’occupe depuis plus d’un demi-siècle, oui j’ai commencé très tôt. Sa littérature. Ses paysages, si beaux, si variés. La continuité de cette Histoire, depuis des siècles, me fascine. Tout comme l’Histoire allemande. Ou… l’Histoire suisse !

 

Enfant, j’étais l’un des seuls du quartier dont la famille avait la TV. Nous n’avions, en ce début des années soixante, que deux chaînes : « La France » et « La Suisse » ! Alors, nous regardions de Gaulle, ses numéros exceptionnels, ses jeux de voix, sa gestuelle, c’était impressionnant. Mon premier souvenir électoral est la présidentielle de décembre 1965, première du genre au suffrage universel. De Lecanuet à Tixier-Vignancour, une galerie extraordinaire de personnages. Au second tour, de Gaulle « face » à Mitterrand : les deux plus grandes figures de la Cinquième République ! Hélas, nulle rencontre entre les deux  : nous eussions eu là, entre ces deux hommes qui se connaissaient depuis leur rencontre d’Alger en 1943, le débat du millénaire.

 

C’est le 28 octobre 1962, sur proposition de Charles de Gaulle et contre l’avis d’une bonne partie de la classe politique, que les Français, par 62,25% des votants, ont accepté par référendum le principe de l’élection du Président de la République au suffrage universel. Trois ans et deux mois plus tard, premier test grandeur nature, dont je parle plus haut. C’est une incroyable machine à fabriquer des rois, à sécréter des rêves. Tous les sept ans (et, depuis 2002, tous les cinq ans), nos voisins peuvent s’imaginer qu’ils vont pouvoir, par la grâce d’un homme ou d’une femme, réinventer la vie. Il y a un sacre, un état de grâce, puis assez vite le scepticisme, puis la lassitude, et souvent à la fin le rejet. Celui de Giscard, en 1981, avait été d’une rare cruauté, que je juge aujourd’hui, avec le recul, imméritée.

 

Une machine à propulser des songes. Comme si le choix d’une seule personne pouvait amener à la Révolution des consciences. Il y en eut, des hommes providentiels, dans l’Histoire de France : Bonaparte à son retour d’Egypte (1799), Pétain en 1940, de Gaulle en 1944, puis en 1958, Mitterrand en 1981. Et cette fois, qui ? Franchement je n’en sais rien ! Nous verrons bien. Mais une chose est sûre : même s’il est très à la mode de parler d’une « Sixième République », on pourrait peut-être commencer par rendre hommage à l’extraordinaire solidité de la Cinquième. Née d’un homme d’exception, elle fêtera l’an prochain ses soixante ans. Et se place nettement deuxième, en longévité, derrière la Troisième République (1870-1940). Jusqu’à nouvel ordre, elle fonctionne : après tout, nos amis français ont le choix entre plusieurs candidats, qui s’affrontent. Ils en choisiront un, ou une. Bref, la machine fonctionne. On est encore assez loin de la crise de régime.

 

Pascal Décaillet

 

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13/04/2017

Imprévisible ? J'espère bien !

 

Sur le vif - Jeudi 13.04.17 - 08.52h

 

La présidentielle française est imprévisible ? Mais tant mieux, pardi !

 

Depuis quand une élection devrait-elle être prévisible ? Pour faire plaisir aux sortants ? Aux sondeurs ? Aux médias ? Aux humoristes et dessinateurs au service du pouvoir ? Aux courtisans de l'ordre établi ?

 

Le principe de toute élection est de remettre les compteurs à zéro. Même temps de parole, même considération pour tous. Même attention pour les propos de M. Lassalle (qu'au passage, j'apprécie beaucoup) que pour ceux des "favoris".

 

Sinon, autant reproduire le système, comme on se passait les charges avec la robe, sous l'Ancien Régime.

 

Beaucoup de journalistes, de commentateurs, en sont encore à l'Ancien Régime. Ils continuent de parler "d'extrêmes" pour Mme Le Pen ou M. Mélenchon, ils continuent de nous imposer la géométrie du convenable.

 

Mais au final, le 23 avril et le 7 mai, c'est le peuple français qui tranchera. La nouvelle géométrie, c'est lui qui la dessinera. La nouvelle donne, c'est lui qui la sortira.

 

Sa décision, il la prendra en fonction du tellurisme de l'instinct, l'intimité de chaque conscience citoyenne, et certainement pas en cherchant à faire plaisir aux nostalgiques d'Ancien Régime, qui nous brandissent le "prévisible", ou le convenable, comme d'autres nous imposaient leurs privilèges, la régale et la gabelle.

 

Pascal Décaillet

 

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12/04/2017

France, souviens-toi de tes paysans !

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Sur le vif - Mercredi 12.04.17 - 14.52h
 
 
Quel que soit le futur Président, ou la future Présidente, s'il n'établit pas comme priorité absolue la renaissance de l'agriculture, son mandat sera un échec.
 
 
La paysannerie française vit ses années les plus douloureuses depuis celles, autour de 1787, 1788, qui ont immédiatement précédé la Révolution. Lire Michelet ! L'ouverture des frontières, la mondialisation lui ont été fatales. Il faut tout reprendre à zéro. Il faut un nouveau Sully pour réinventer une ambition agricole. Sully, ministre d'Henri IV, ce souverain d'exception qui avait réussi à réconcilier un pays en lambeaux.
 
 
Aucun d'entre nous n'a la moindre idée de la souffrance du monde paysan, en France, aujourd'hui. Et nous, Suisses, pourrions d'ailleurs commencer par nous pencher sur la nôtre, même si nous n'en sommes, Dieu merci, pas encore au niveau de dévastation morale de certaines campagnes françaises.
 
 
Les candidats dits "principaux" de la présidentielle n'ont que peu parlé d'agriculture. Comme si la compétition suprême n'était qu'une joute urbaine, un derby de villes, confluant vers la finale. Comme si la campagne devait se résoudre à demeurer muette sur l'autre campagne, la vraie, celle des champs et des villages reculés.
 
 
La France est une grande nation agricole, il suffit de la traverser ou de la survoler pour s'en rendre compte. Mais depuis des décennies, en tout cas depuis le début des années 1990, lorsqu'on a signé Maastricht et qu'on n'a plus juré que par l'Europe, la campagne française est délaissée. On se fout des paysans, on les laisse se suicider, c'est indigne du fronton de la République.
 
 
Que le que soit le futur Président, ou la future Présidente, il devra réinventer une grande ambition paysanne pour la France.
 
 
Pascal Décaillet
 

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Six personnages en quête de hauteur

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Portrait-commentaire - Publié dans GHI - 12.04.17

 

A un an des élections cantonales, il y a des partis qui donnent l’impression de se porter mieux que d’autres. C’est peut-être le printemps qui déclenche ce sentiment, l’approche de Pâques, le bourgeonnement des ambitions. Ainsi, le parti socialiste genevois. Qui nous aligne fièrement six candidats – à la candidature – pour le Conseil d’État 2018-2023. Samedi 13 mai, à Lancy, le parti choisira, parmi ces six, son ticket officiel. Et sera, un an avant l’échéance, en ordre de bataille. Tous les partis genevois ne peuvent en dire autant. Une réalité s’impose : ce sextuor est remarquable. Et témoigne de la nouvelle vitalité du parti, après des années austères, grisâtres, moralisantes, ennuyeuses. Allez, on les recense ! Un bref mot pour chacun.

 

D’abord, la sortante. Anne Emery-Torracinta, sans avoir l’éclat de Jules Ferry, a bien géré son Département de l’Instruction publique. Disons, tout au moins, qu’à ce jour, le Mammouth n’a pas connu, sous son règne, de couac irrévocable, de nature à disqualifier la ministre pour un nouveau mandat. Elle est donc légitimée à se représenter, ce qui n’est en rien une garantie de réélection. Elle devra se battre, y compris à l’interne du parti, où les dagues sont affûtées, ainsi va la politique.

 

Présidente en du parti exercice (l’intérim est juste exercé, le temps de cette campagne interne, par l’excellent Gérard Deshusses), Carole-Anne Kast, conseillère administrative d’Onex, frappe par sa compétence, son intelligence, sa culture politique, mais son ton parfois cassant fait peur à un électorat non-socialiste qui voit scintiller un lumineux couteau entre ses dents. Comme un rappel de la Grève générale de 1918, qui avait tant traumatisé la bourgeoisie suisse ?

 

Conseillère administrative de la Ville de Genève depuis dix ans, Sandrine Salerno rayonne. Elle aime à rappeler, en passant, que la gestion financière de la Ville a été qualifiée « d’étincelante » par des experts. Elle aussi connaît les dossiers, sait tricoter des majorités, c’est une politicienne née, elle sait où elle va.

 

Du côté des Messieurs, il faut saluer l’infatigable action militante de Thierry Apothéloz, depuis des années à la Mairie de Vernier, quatrième Ville de Suisse romande. Un spécialiste de l’action sociale, connaisseur des quartiers difficiles, un vrai socialiste, l’anti-Caviar.

 

Conseiller national depuis 2003, Carlo Sommaruga pourra se prévaloir de sa longue expérience bernoise, et de sa connaissance (comme Mme Kast) des dossiers immobiliers, comme président de l’ASLOCA. Revendiquer ses années bernoises peut conduire au succès (Christophe Darbellay), mais ne le garantit en aucune manière (Stéphane Rossini).

 

Enfin, Romain de Sainte Marie, actuel chef de groupe, ancien président du parti, homme compétent et toujours affable, politicien doté d’un flair hors-normes, aura, un jour ou l’autre, un destin politique signalé. Il est imaginatif, tourné vers l’avenir. Et sa bonhommie rappelle celle d’une figure immense et tutélaire du parti socialiste genevois, que j’eus l’honneur de connaître, celle d’André Chavanne. Rendez-vous à Lancy. Ou ailleurs. Ce 13 mai. Ou plus tard.

 

Pascal Décaillet

 

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05/04/2017

Réhabilitons la politique, l'urgence est absolue !

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Commentaire publié dans GHI - Mercredi 05.04.17

 

Ce qui se passe en France, dans cette présidentielle 2017, est tout simplement catastrophique. Nous sommes à un peu plus de deux semaines du premier tour, et on n’a pas encore parlé de l’essentiel : l’avenir de la France. On a parlé de la vie privée des candidats, d’emplois fictifs, de costumes. On a laissé débouler sur le plateau d’une émission politique, face à François Fillon, une écrivaine, spécialiste de l’intime, venue non pour dialoguer, mais pour exécuter en direct le candidat. On a sorti des « affaires » dont la plupart n’en sont pas. On a confondu rectitude morale et capacité à tenir le pays. On a laissé faire des médias irresponsables, juste avides d’audience. Mais des choix fondamentaux qui attendent la France, Europe ou non, euro ou non, protectionnisme ou libre échange, contrôle des flux migratoires, destin des agriculteurs, on n’a pas parlé. On a ruiné la politique. Il est urgent, en France comme ailleurs, de la réhabiliter.

 

Car la politique est une grande chose. Je pense, chez nous, à ces centaines de conseillers municipaux, de députés dans les Grands Conseil cantonaux, à tous ces conseillers généraux en France, ou régionaux, anonymes, bosseurs, dévoués, qui sacrifient leurs soirées à plancher sur le destin commun. Rien que pour eux, ces hommes et ces femmes admirables, notre foi dans l’action publique demeure intacte. Car la politique, ça n’est pas se pavaner chez Ruquier, ou chez les bien-pensants de BFMTV. C’est donner une partie importante de son temps, donc de notre capital humain le plus précieux, à la collectivité. Ces gens, qui s’engagent, méritent mieux que le discrédit. Pour eux, il nous faut œuvrer à la reconquête d’une confiance commune.

 

La politique est quelque chose de sérieux. Certains des hommes que j’admire le plus, dans cet art, de Pierre Mendès France à Willy Brandt, me fascinent par leur puissance de solitude, leur rigueur, leur lucidité, leur vision. Ainsi, Brandt jette les bases de l’Ostpolitik à la fin des années 60, seul contre tous, désavoué par « l’allié américain ». Mais il persiste, tient tête, s’agenouille devant le Ghetto de Varsovie, ouvre une ère nouvelle dans l’Histoire de son pays. Oui, la politique vaut mieux que les quolibets des humoristes de pouvoir, des chroniqueurs salariés par le Réseau dominant, que la traque – sous prétexte « d’investigation » - de paparazzi sur leur vie privée. Nous les journalistes, les médias, les éditorialistes, il nous appartient de replacer l’action politique dans la hauteur qui doit être la sienne, plutôt que de la reléguer dans la fange et le caniveau.

 

Cela passe par des entretiens politiques qui portent sur l’essentiel, le fond. Et non par ce mélange, de plus en plus fréquent, entre vie privée, hobbys, sous prétexte « d’humaniser » la personne politique. Non, non et non ! L’humanisme oui, mais ça passe par la qualité de la parole, dans l’échange. Sans concession, certes, et même durement s’il le faut. Mais dans le respect des personnes. Sinon, c’est la mort de l’âme.

 

Pascal Décaillet

 

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04/04/2017

Argile, silex, passion

 

Sur le vif - Mardi 04.04.17 - 14.12h

 

Ce qui compte, en journalisme, ça n'est pas le support. C'est la qualité de l'acte journalistique, sa pertinence, sa valeur ajoutée.

 

A partir de là, qu'on s'exprime sur papier, par radio, par TV, sur un site internet, un blog, un réseau social, peu importe. Nous devons, nous les journalistes, nous adapter à l'évolution des supports. J'ai rédigé mes premiers articles, au Journal de Genève, des piges, à 18 ans, en automne 1976, première année d'Uni. Je rendais mes papiers pour minuit ou une heure du matin, sur une vieille machine à écrire, dans un local en bois, rue du Général-Dufour, que j'adorais. Bref, le dix-neuvième siècle !

 

Quarante ans après, j'interviens à tout moment, comme vous, ici ou ailleurs, en direct. Lecture immédiate, pour ceux qui sont intéressés par mes point de vue.

 

Et encore ! Nous ne savons rien de ce que l'avenir nous réserve. A chaque nouveauté technique, nous avons l'impression que c'est la dernière, que les choses vont se stabiliser. En fait, pas du tout : nous aurons, demain, d'autres supports, totalement imprévisibles aujourd'hui. Nous ne sommes même pas en mesure de les imaginer.

 

Je suis, vous l'aurez évidemment noté, un fervent adepte du réseau social. Non comme but en soi, mais comme outil, comme ORGANON (c'est le mot utilisé par Aristote pour dire outil), comme vecteur de mon activité journalistique, ou éditoriale. Pour moi, tout est bon à pratiquer le journalisme, je saisis les moyens là où ils sont, les supports ne sont pas essentiels. Je crois que je pourrais faire du journalisme avec de l'argile et des silex, s'il le fallait.

 

Le réseau social est l'avenir du journalisme. Il est même, à bien des égards déjà, son présent. Je suis persuadé que ces réseaux vont, dans les années qui viennent, s'expurger eux-mêmes de l'armada des commentateurs anonymes ou nauséabonds qui, hélas, les discréditent encore aujourd'hui. Il le faut, en tout cas. Une fois ce travail accompli, les réseaux pourront devenir des vecteurs journalistiques parmi d'autres, sans doute en toute première ligne. De cette mise en commun du savoir, de cette interactivité, qui se plaindra ? En tout cas pas moi.

 

Voilà pourquoi j'utilise le réseau social comme l'un de mes outils professionnels. J'y fais d'excellentes rencontres : vous tous qui me lisez ! J'y découvre plein de choses. Je serai bien le dernier, dans ma corporation, à considérer avec mépris ce qui m'apparaît, au contraire, comme une chance de communication réinventée, entre les humains.

 

Pascal Décaillet

 

 

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02/04/2017

A propos de l'entretien politique

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Sur le vif - Dimanche 02.04.17 - 15.43h

 

L'entretien politique doit s'articuler autour des idées et des projets, des réalisations ou des ratés, des engagements tenus ou trahis. Il doit s'appuyer sur des faits. Il exige, de la part de celui qui pose les questions, une connaissance des dossiers aussi vaste, voire davantage, que celle de la personne interrogée. Il doit avoir pour champ la vie publique, la Cité, l'intérêt supérieur de l'Etat, en aucun cas la vie privée du politique interrogé.

 

Le questionneur ne doit pas seulement maîtriser la photographie du présent, mais la chaîne diachronique, entendez le jeu, complexe et puissant, d'antécédents, de causes et d'effets qui ont, au fil de l'Histoire, amené à une situation politique. C'est ce qui a tant manqué lors des guerres balkaniques des années 1990. Alors, faute de comprendre historiquement de quels enjeux on parlait, on a rejoint le camp des moralistes et des indignés, toujours dans le même sens.

 

Au fond, dans l'entretien politique, le questionneur et l'interviewé crapahutent, depuis des décennies, dans le même terrain. L'un comme géomètre, connaisseur, familier du cadastre. L'autre, comme acteur, tout aussi rompu au relief, aux aspérités, à la connaissance des hommes et des réseaux.

 

Leur terrain d'action est le même. Mais leurs fonctions sont radicalement différentes. Le questionneur tente de comprendre, survit grâce à sa lucidité, mûrit dans l'intensité d'une solitude. Le politique, lui, passe son temps dans l'immersion du réseau, ses soirées dans des assemblées ou comités. Il tutoie, trinque, arpente.

 

Et, de temps à autre, ces deux destins se rencontrent. Cela dure quelques minutes, ou dizaines de minutes. Cela s'appelle un entretien politique. Je milite pour le maintien de cet exercice, dans les conditions exactes que j'édicte plus haut, sans concession sur le fond mais avec courtoisie, respect mutuel, échange de la parole.

 

C'est autour de la parole vive, improvisée, inattendue, autour du choc, comme des silex, de deux paroles sincères, au service de deux fonctions différentes, qu'un entretien politique a des chances de devenir une réussite. Non pour le paraître. Mais pour un peu plus de lumière sur le champ commun.

 

Pascal Décaillet

 

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30/03/2017

Plafond de verre, ou Ligne Maginot ?

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Sur le vif - Jeudi 30.03.17 - 16.57h
 
 
Je ne crois pas une seule seconde à la théorie du "plafond de verre" concernant Marine Le Pen à l'élection présidentielle française.
 
 
Cette théorie part d'un principe : Marine Le Pen serait qualifiée pour le second tour, puis, comme en 2002, il y aurait, dans tous les cas, face à elle, un "regroupement de forces républicaines", comme en avril 2002, pour soutenir Chirac II contre Le Pen Père.
 
 
Passons sur le mot "forces républicaines", que je récuse absolument. Le Front National, qu'on l'aime ou non, fait partie du champ républicain. Sinon, qu'on essaye de l'interdire. Bonne chance.
 
 
L'idée du "plafond de verre", c'est qu'en vertu de ce "regroupement républicain", qui avait bien marché en 2002, Mme Le Pen ne pourrait en aucun cas accéder à l’Élysée.
 
 
Je conteste absolument cette thèse. Parce qu'elle ne relève que de la simple arithmétique, et pas des dynamiques telluriques potentielles que le champ politique, parfois, peut libérer.
 
 
La thèse du "plafond de verre" me rappelle une époque que j'ai étudiée de très près : la très grande confiance de l'état-major français, à l'approche de la Guerre de 40, dans la Ligne Maginot.
 
 
J'ai lu les textes : les officiers généraux les plus célèbres expliquaient que le système de défense mis en place, de Bâle à la frontière belge, fortifié comme jamais depuis Vauban, était de nature à empêcher mathématiquement les Allemands de pénétrer sur territoire français. Tout l'effort militaire, depuis la fin des années vingt, avait été investi dans cette colossale stratégie défensive : la Ligne Maginot.
 
 
La suite, on la connaît. Le 10 mai 1940, les Allemands déclenchent l'offensive. Ils se désintéressent totalement de la Ligne Maginot, et réussissent une percée absolument géniale dans les Ardennes, avec franchissement de la Meuse. Ils ont opté pour la guerre de mouvement, la stratégie de l'offensive-éclair, alors que les Français raisonnaient encore avec les critères de guerre de position, de tranchées, de 14-18.
 
 
Le rapport avec la théorie du "plafond de verre" ? C'est que cette dernière s'inscrit dans une trop grande confiance par rapport à un événement passé (le second tour de 2002), comme l'état-major français était incapable de sortir intellectuellement du modèle de la Grande Guerre.
 
 
 
Je ne crois pas au "plafond de verre". Ce qui va se passer, je suis incapable de le prévoir. Ou bien Mme Le Pen bénéficie d'une dynamique puissante en sa faveur, et tout est possible. Ou bien ce n'est pas le cas, et son résultat sera bien plus bas qu'on ne l'imagine. Dans les deux cas, nul modèle mathématique ne fonctionnera. Mais de surgissantes verticalités venues d'en bas, dans les tout derniers jours. Ou non.
 
 
 
Une présidentielle française demeure totalement imprévisible jusqu'au dernier moment. Mme Le Pen peut faire un très bon résultat, ou au contraire très décevant. A ce jour, personne n'en sait rien. Et les critères de ce qui se produira ne sont aucunement à chercher dans des modèles calqués sur le passé. Mais justement dans la puissance démoniaque de l'imprévisible.
 
 
 
 
Pascal Décaillet
 
 

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29/03/2017

Le Coup de Grâce

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Sur le vif - Mercredi 29.03.17 - 15.01h

 

Il y a eu les partisans de Jaurès et ceux de Jules Guesde.

Il y a eu le Congrès de Tours, en décembre 1920.

Il y a eu l'assaut décisif et somptueux de Mitterrand sur une SFIO à bout de souffle, au Congrès d'Epinay, en juin 1971.

Il y a eu la détestation et le mépris de Mitterrand pour "l'autre gauche", celle de Rocard.

Il y a eu la foire d'empoigne du Congrès de Rennes, en mars 1990.

Il y a eu la troisième place de Jospin, le 21 avril 2002.

Il y a eu tant de césures, de fractures, de cicatrices, de trahisons.

Et puis, il y a eu, voici quelques heures, le coup de poignard de Valls contre Hamon, un homme que je considère comme infiniment respectable, pour se rallier au candidat de la Banque centrale européenne et de la Côte Est américaine. Le candidat des dents blanches et de la modernité. Le candidat qui distribuera les maroquins.

Le socialisme français, ce grand mouvement qui a produit des hommes d’État, mettra des décennies à se remettre de cette campagne 2017.

Pour peu qu'il s'en remette jamais.

 

Pascal Décaillet

 

 

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La libre expression, notre bien le plus cher

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Commentaire publié dans GHI - Mercredi 29.03.17

 

Sommes-nous bien conscients de ce privilège ? En Suisse, chacun d’entre nous est libre d’exprimer publiquement son opinion. Vous pouvez être de gauche ou de droite, protectionniste ou libre-échangiste, pour ou contre l’armée, la libéralisation du cannabis, le suicide assisté, l’euthanasie, vous êtes libre de le dire. C’est un trésor de notre démocratie, dûment et lourdement conquis au fil des générations qui nous ont précédés. Tous les pays du monde, de loin, n’ont pas cette chance. Bien sûr, cette liberté n’est pas absolue, aucune ne l’est. Elle doit respecter les lois de notre pays, notamment en matière de racisme. Elle doit aussi s’abstenir d’attenter à l’honneur des gens, par exemple en les diffamant. Mais enfin, ces restrictions posées, la marge de liberté est immense. Utilisons-la ! La liberté de pensée, contrairement à certaines piles, ne s’use que lorsqu’on ne s’en sert pas.

 

La liberté d’expression est souvent invoquée par les seuls journalistes. C’est une aberration. Elle s’applique à tout le monde, entre autres les journalistes. Ces derniers peuvent s’en réclamer, mais ni plus ni moins que n’importe qui. Nous avons tous le droit d’exprimer ce que nous pensons. Mieux : avec l’avènement des réseaux sociaux, chacun peut se ménager un espace, un chez-soi, où il est totalement libre de tenir son journal, commenter l’actualité, partager l’information. Vous vous rendez compte de la révolution que cela est en train d’engendrer ? Chacun peut mettre en forme. Chacun peut éditer. Chacun peut publier. J’ai beau chercher, je n’entrevois pas, depuis la découverte de l’imprimerie par Gutenberg, ou la traduction de la Bible en allemand moderne par Luther (1534), de révolution plus fondamentale dans la diffusion des idées.

 

A nous, dès lors, de nous montrer dignes de cet exceptionnel progrès. Ecrivons, partageons, critiquons. Ne ménageons ni nos joies, ni nos colères. Mais, je vous en supplie, en respectant la sphère privée, en se gardant de toute diffamation, bref en respectant tout simplement la loi. Pour ma part, je n’en demande pas plus : la loi, toute la loi, rien que la loi. La loi, et pas la morale dominante. La loi, et pas le carcan que voudraient nous imposer toutes sortes de pouvoirs. A commencer par le plus insupportable : celui des médias. En clair, on a le droit d’être pour Trump, contre Mme Merkel, pour Fillon, pour Poutine, pour Erdogan. Et on a, tout autant, celui de les combattre. Si on doit s’abstenir de toute diffamation, on ne doit aucunement, en revanche, se sentir lié par des confluences de pensée majoritaires, étouffantes, celles hélas que la majorité des médias tentent de nous imposer.

 

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, moi journaliste, qui ai consacré plus de trente ans de ma vie à ce métier qui me passionne, j’appelle le public à s’affranchir de la terrorisante tutelle de la juste pensée, véhiculée par les médias. J’invite chacun d’entre nous à penser par lui-même, en se nourrissant des mille sources de la vie intellectuelle. A penser, à formuler ses idées, à les exprimer. Mais, de grâce, dans le respect des personnes. Sinon, il en sera vite fini de cette prodigieuse révolution qui s’offre à nous.

 

Pascal Décaillet

 

 

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26/03/2017

Le glas des invités décalés

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Sur le vif - Dimanche 26.03.17 - 16.39h

 

L’intervention ahurissante, jeudi soir, de Christine Angot sur le plateau d’une émission politique, sonne avec une clarté fracassante le glas d’une mode, surgie il y a vingt ou trente ans, celle des "invités décalés", censés représenter la « société civile », au sein de discussions sur l’avenir de la Cité. On rêve de voir poindre Eckermann face à Goethe, Malraux à la Boisserie, Gide à Moscou : la déception, toujours, est la première au rendez-vous.

 

La « société civile » n’a jamais particulièrement demandé à se faire inviter dans les émissions politiques. Non, c’est juste un truc de journalistes, en mal d’inspiration. J’étais là, dans les séances de rédaction, lorsque cette mode est née, j’ai toujours été contre, toujours trouvé cela faux, démagogique, à côté du sujet. De même, j’ai toujours été contre les émissions mélangeant vie privée et mandat politique, où le violon d’Ingres prend l’ascendant sur la discussion autour de la mission citoyenne confiée à un élu.

 

Remarquez que j’ai été le premier à me faire avoir. Un après-midi de préadolescence, trop fiévreux, j’avais été dispensé de l’école. Alors, avec ma mère, j’ai regardé « Aujourd’hui Madame », une émission en milieu d’après-midi. L’invité s’appelait François Mitterrand, chef de l’opposition. Il a parlé littérature, il a séduit ces dames, et tout autant le gamin malade que j’étais. Et les producteurs ont dû se féliciter d’avoir laissé perler la « dimension humaine » de l'illustre politicien.

 

Lorsque François Mitterrand vient nous parler de Chardonne ou Chateaubriand, ç’est assurément jouissif. Lorsque Christine Angot, spécialiste de la vie privée, à commencer par la sienne, est censée en découdre avec un ancien Premier ministre candidat à la Présidence, et qu’elle s’adonne à une exécution programmée (sur commande du clan Macron ?), ça passe un peu moins bien. David Pujadas voulait faire dans le « décalage » ? Il a été servi ! Disons que nous eûmes, avec trois jours d’avance, un avant-goût de l’heure d’été, sauf qu’au lieu d’avancer la montre d’une heure, on nous a propulsés dans les plus éblouissantes années-lumière du hors-sujet. Mme Angot se voulait impertinente ? Elle fut, tout simplement, non-pertinente.

 

Le responsable, ça n’est pas elle. Elle a répondu à une invitation, celle de David Pujadas. C’est lui qui doit répondre de cette incongruité. Soyons clairs : écrivain de l’intime et la vie privée, n’ayant d’horizon que celui-là, spécialiste du clash sur les plateaux pour promouvoir ses derniers ouvrages, Christine Angot n’avait strictement rien à faire dans une émission politique, à quatre semaines de la présidentielle. Résultat : on ne sait toujours rien, faute d’avoir pu l’établir dans un vrai questionnement de journalisme politique, des paradoxes de la candidature Fillon face, par exemple, à l’ultra-libéralisme, la fonction publique, ou l’Europe.

 

Dans cette lamentable affaire, c’est aux médias qu’il faut en vouloir. Dans cette campagne, on n’a toujours pas parlé de l’essentiel : l’avenir de la France, sa souveraineté, son indépendance, ses assurances sociales, ses réseaux de solidarité pour protéger les plus fragiles, le sort de ses paysans, de ses ouvriers, de ses chômeurs, etc.

 

Non. On a juste relayé, misérablement, la campagne orchestrée par un camp pour avoir la peau d’un homme. Et on a juste essayé de « faire le buzz » avec des invités décalés. Je hais cela, de toutes mes forces.

 

Pascal Décaillet

 

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24/03/2017

Bravo, Madame Angot. Continuez.

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Sur le vif - Vendredi 24.03.17 - 17.12h

 

Hier, sur le coup de 22h, Christine Angot a déboulé. Elle a surgi dans un univers qui n’est pas le sien, dans lequel elle n’avait rien à faire, où il était totalement inopportun, voire franchement manipulateur, de la part de David Pujadas, de l’inviter.

 

Une émission politique – je crois savoir de quoi je parle – doit demeurer, dans la Cité, un lieu d’échanges rationnels. On s’affronte, pourquoi pas violemment, le ton monte, aucun problème. Mais tout cela, au nom d’antagonismes dans l’ordre des idées. La gauche contre la droite, le souverainisme contre l’interdépendance, le libre-échange contre le protectionnisme, etc.

 

Si j’avais un jour M. Fillon face à moi, j’aimerais tant comprendre, par exemple, d’où lui vient, lui naguère proche du gaulliste social Philippe Séguin, cette voracité libérale que je rejette depuis toujours. L’explication serait dure, mais franche, correcte, respectueuse. Elle tournerait autour d’un thème, non d’une personne, en tout cas pas sa vie privée.

 

Mais ce monde-là, celui des antagonismes rationnels d’une émission politique, est à des millions d’années-lumière de celui de Mme Angot. Jamais je n’ai entendu cette dame, depuis quelque vingt ans qu’elle sévit sur les plateaux, tenir un discours argumenté, nourri d’Histoire, de culture politique, sur les intérêts supérieurs de la Cité. Non. Toujours la vie privée. J’ai pensé, hier soir, au malaise légitime qui avait été nôtre, il y a plus de trente ans, lorsque la grande Marguerite Duras, au nom de l’instinct, s’était permise une piste autour de l’affaire du Petit Grégory, un meurtre d’enfant, terrible, dans les Vosges. Cette intime conviction, jetée en pâture à l’opinion, était insupportable.

 

Hier soir donc, Mme Angot a surgi. Elle avait préparé son petit numéro, qui n’avait pas à être un dialogue, elle l’a précisé. Elle avait concocté son réquisitoire, autour d’une histoire de bracelet et de costumes, évidemment passionnante dans une émission politique, à quelques semaines de la présidentielle. Elle avait pris soin d’assaisonner sa diatribe de la bonne vieille morale des écrivains de gauche, donneurs de leçons. Quelques semaines plus tôt, elle avait publiquement demandé à François Hollande de revenir sur sa décision, et se présenter tout de même. Son camp, au moins, est clair.

 

Elle avait amoureusement préparé son petit numéro. Hélas pour elle, après huit minutes de honte télévisuelle dont M. Pujadas devrait avoir à répondre, elle est sortie en lambeaux. Elle a trouvé, face à elle, un homme admirablement maître de lui, demeurant courtois alors qu’il était légitimé à l’étriller. A ce moment, face aux Français, ceux qui l’aiment et ceux qui le détestent, François Fillon a montré qu’il avait la distance et la stature présidentielles.

 

Mme Angot, hier, s’est calcinée en direct. Par son exceptionnelle contre-performance, elle a ridiculisé plus d’un siècle de tentatives, rarement heureuses, des écrivains de se frotter aux politiques. Elle a insulté le Zola du 13 janvier 1898, celui de l’Aurore, mais aussi Gide et Malraux, Duras, Sartre, et tant d’autres. Elle a rabaissé le champ d’action de l’écrivain, dont on se demande d’ailleurs à quel titre, sous prétexte de ses qualités de plume (je ne juge pas ici celles de Mme Angot), il aurait plus que d’autres, au fond, le droit à l’expression sur la Cité.

 

Mais enfin, ce droit étrange, une vieille tradition française le lui concède. Hier, toute seule, en huit minutes d’autodafé que personne ne lui demandait, Mme Angot a ruiné, pour longtemps, le crédit des auteurs à venir publiquement se mêler de politique. Son suicide télévisuel entraîne dans les abysses la corporation des siens.

 

Bravo, Madame. Continuez.

 

Pascal Décaillet

 

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23/03/2017

Candidat d'Ancien Régime

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Sur le vif - Jeudi 23.03.17 - 07.13h

 

M. Macron, qui veut faire jeune et rénovateur, ce qui est déjà une posture très traditionnelle, à la Kennedy ou Lecanuet, est en réalité le candidat de la conservation.

 

Conserver l'ordre libéral, voire ultra, qui nous étouffe depuis un quart de siècle. Conserver l'inféodation de la France à l'Union européenne. Conserver la vassalité atlantiste. Conserver le libre-échange, érigé en dogme. Conserver le magistère ascendant de l'Allemagne en Europe. Conserver l'ouverture des frontières, donc la submersion sous les flux migratoires.

 

Ce candidat, venu de nulle part, a été construit de toutes pièces, en France et sur la Côte Est américaine, pour affronter et battre Mme Le Pen au second tour. Et ainsi, conserver l'Ordre ancien. M. Macron est, sous le paravent de la jeunesse et de la rénovation, un candidat d'Ancien Régime.

 

Pour installer M. Macron au second tour, il y avait une indispensable première étape à franchir : éliminer François Fillon, obstacle sur le chemin du triomphe. Alors, on a "transmis" à certains journaux certaines affaires. On a secoué, comme un barman, le cocktail de la morale et de la candeur. Le tour était joué.

 

Et le public, illuminé par la grâce narrative d'un roman de gare, a été tout heureux de n'y voir que du feu. Il est vraiment très fort, Hillary Macron.

 

Pascal Décaillet

 

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Coquille vide

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Commentaire publié dans GHI - 22.03.17

 

Un homme charmant, bien coiffé, bien habillé, gendre idéal. Un regard bleu, allumé, en phase avec l’excitation de vivre. Emmanuel Macron, chouchou des sondages, candidat des milieux bancaires, européens, candidat de l’euro, candidat de l’Allemagne, candidat de la Côte Est américaine, candidat de la mode, des médias, des chaînes TV, de la gauche urbaine branchée, a eu l’occasion, lundi 20 mars, de transpercer l’armure du paraître : lors du grand débat de TF1, il a parlé.

 

Je m’en suis réjoui. Pour la première fois, il nous était donné d’accéder, chez ce produit de luxe de la course à la présidence, non à des apparitions de phénix, mais à un discours articulé. Vous savez, des phrases. Avec des sujets, des verbes, des compléments. Et, pourquoi pas, soyons fous, un contenu. Du sens.

 

Las ! L’homme parle. Il est sympathique, c’est sûr. Le regard bleu attire. Il parle, mais ne dit rien. Les mots s’échappent, s’envolent, la parole est ailée, elle glisse, virevolte, chatouille l’entendement, mais personne ne saisit ce que le locuteur a bien voulu nous signifier. Je crois qu’on appelle cela, en linguistique, un discours sans référent.

 

C’est un peu ennuyeux. Non pour le plaisir de l’oreille, encore moins celui des yeux, car l’homme est affable et fort agréable. Mais par rapport à la fonction briguée. Car enfin, il ne s’agit pas d’élire un bateleur aux Arts ménagers. Mais le Président de la République française. Un successeur à des hommes comme Charles de Gaulle ou François Mitterrand. Oui, c’est un peu ennuyeux. Malgré le regard bleu.

 

Pascal Décaillet

 

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22/03/2017

Jacques Nicolet et l'armada des censeurs

 

Sur le vif - Mercredi 22.03.17 - 17.07h

 

Proprement hallucinante, la police de la pensée qui vient de sévir dans le canton de Vaud, autour du candidat UDC au Conseil d’État, Jacques Nicolet.

 

Lundi soir, M. Nicolet vient dans Forum, affronter la socialiste Cesla Amarelle, dans le cadre de la campagne. A l'issue du débat, le candidat (qui n'était pas venu pour cela) se voit poser une question sur la présidentielle française. Il lâche, en guise de pronostic, l'idée que Mme Le Pen pourrait être élue. C'est tout.

 

A partir de là, tollé. Brouhaha. Levée de boucliers. L'armée des belles consciences vaudoises, toute de rectitude vêtue, somme le candidat de se rétracter. Ses alliés PLR s'étranglent. On se croirait au dernier acte, chez Shakespeare, quand tout le monde trépasse.

 

Je ne connais pas M. Nicolet personnellement. Mais je lui dis ici, très clairement, que non seulement il avait le droit de pronostiquer Mme Le Pen gagnante, mais qu'il aurait aussi, tout autant, celui de SOUHAITER cette victoire. Ce qu'il n'a, répétons-le, pas fait.

 

Car enfin, nous avons affaire à un candidat UDC. L'idée qu'il puisse, peut-être, par aventure, se sentir des affinités avec cette candidate-là, n'apparaît pas comme extraordinairement saugrenue.

 

Et puis, disons-le, une fois pour toutes : M. Nicolet a le droit d'être pour Mme Le Pen. Nous avons tous ce droit, si telle est notre sensibilité. Un Français sur trois, peut-être, exprimera bientôt cette préférence politique. Faut-il l'ostraciser ?

 

Il n'y a donc pas d'affaire Nicolet. Il n'y en a jamais eu. Mais il y a un sacré problème avec cette bande de censeurs qui, partout dans l'espace public, entend régenter ce que nous aurions à dire comme citoyennes ou citoyens, sur notre pays, ou sur un grand voisin qui nous est cher.

 

En clair, si vous n'êtes pas pour Mme Le Pen, dites-le. Si vous êtes pour elle, dites-le aussi. C'est votre droit le plus total. Nul n'a à censurer votre droit à la libre expression de votre opinion politique.

 

Pascal Décaillet

 

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Médias et politique : l'état de guerre est naturel

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Commentaire publié dans GHI - Mercredi 22.03.17

 

D’aucuns s’offusquent que M. Trump s’en prenne directement à des journalistes, moi pas. J’exerce pourtant cette profession depuis plus de trente ans, je la défends de toutes mes forces. Mais je ne m’étonne pas que certains politiques, lorsqu’ils se sentent violemment attaqués, ripostent directement aux médias. Pourquoi ne le feraient-ils pas ? Pourquoi celui qui a porté l’estocade ne devrait-il pas s’attendre à une contre-attaque ? Au nom de quelle immunité ? Pourquoi une corporation, la mienne, aurait-elle le droit de mener l’offensive, et la personne lésée n’aurait-elle pas celui de se défendre ? Surtout, pourquoi cette tension devrait-elle nous étonner ? Depuis que la presse existe, celle d’opinion surtout, dont je me réclame ici, l’état naturel des relations entre éditorialistes de pointe et politiques, ça n’est pas la paix. Mais la guerre.

 

Lorsqu’une chaîne de télévision américaine a passé des mois, sans discontinuer, à attaquer M. Trump, sous tous les angles possibles, et que cette chaîne a le culot d’envoyer un journaliste à la conférence de presse de la Maison Blanche, elle ne va tout de même pas pleurnicher si le Président n’a pas immédiatement envie de parler à son représentant. Ils ont vomi sur le candidat, avec une violence inimaginable, il réplique, c’est la vie. Et pour ma part, ça me convient très bien. La guerre frontale a quelque chose d’infiniment plus sain, plus vrai, que les ronds-de-jambes de cocktails, les tutoiements sous les lambris, le chuchotement de fausses confidences, la gluance du copinage. Homme politique, c’est un boulot, parfaitement respectable. Editorialiste, ou commentateur, c’en est un autre, qui nécessite l’usage de la lucidité, de la critique, et amène tout naturellement à se faire des ennemis.

 

Un journaliste politique qui n’aurait pas d’ennemi, passerait son temps à frayer avec les politiques comme larrons en foire, serait méchamment de nature à m’inquiéter. Son exigence de lucidité, de vision critique, le courage de dire sa vérité, les a-t-il assumés, ou laissés au vestiaire de la réception mondaine ? Soyons francs : si on prend position, de façon claire et tranchée, dans un commentaire ou un édito, ce que j’appelle puissamment de mes vœux, alors on devient, comme les autres, un belligérant. On en a parfaitement le droit, c’est même indispensable dans une société de libre expression, mais il faut en assumer les conséquences. Je ne vous raconte pas à quelle vitesse le même politique, qui disait encore adorer votre « liberté de ton » la veille, deviendra le premier à chercher, par tous les moyens, à avoir votre peau, si vous l’avez écorné. C’est ainsi, c’est la vie.

 

Je suis un passionné de l’Histoire de la presse. Pour ma Série radiophonique de l’été 1994 sur l’Affaire Dreyfus, j’ai lu des milliers de journaux de l’époque, de tous bords. Ils étaient, les uns envers les autres, d’une violence inimaginable aujourd’hui. L’état naturel, entre presse et pouvoir, et même entre journalistes, c’était la guerre. C’était au moins clair. Plus que tout, j’aime la clarté.

 

Pascal Décaillet

 

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19/03/2017

Le Crépuscule des Parlements

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Réflexion politique - Dimanche 19.03.17 - 17.32h

 

Je l’écris depuis des années, le temps des Parlements n’est pas éternel. Ils sont nés – dans leurs fonctions actuelles – autour de la Révolution française, à vrai dire un peu avant, puisque certains Parlements de Province ont joué un rôle majeur dans la fermentation des idées prérévolutionnaires. Ils ont rempli une mission considérable, pendant plus de deux siècles, dans la vie politique de nos pays. En 1848, en France, en Allemagne, en Suisse, ils étaient au cœur du Printemps des Peuples. Pendant toute la Troisième République française (1870-1940), et même encore la Quatrième (1946-1958), la Chambre était au centre du processus politique. En Suisse, depuis 1848, surtout depuis 1919 (proportionnelle), les Chambres fédérales ont fait avancer le pays. On leur doit l’AVS (1948), les grandes lois sociales, et d’innombrables réformes centrales dans l’Histoire du pays.

 

Mais les Parlements ne sont pas éternels. D’abord, parce qu’en politique, rien ne l’est : qui aurait encore imaginé, dix ans avant 1789, que le système hérité de la féodalité allait se fracasser si vite ? Ensuite et surtout, parce que les temps ont changé, les moyens d’accès à l’information. Il y a deux siècles, l’immense majorité du peuple était analphabète. Mais le système révolutionnaire lui a donné le droit de vote. Avant tout, le droit d’envoyer, dans la capitale du pays (Paris, Berne, ou la Diète de Francfort, puis le Reichstag de Berlin), des gens cultivés, connaissant les lois, des avocats ou des notaires, très souvent. On leur faisait confiance pour la défense de ses intérêts. On se sentait « représenté » par ces éminentes personnalités. On a appelé cela « la démocratie représentative », héritée du système britannique, en avance sur tous, déjà avant la Révolution française.

 

Mais aujourd’hui ? Amis Français, vous vous sentez « représentés » par vos députés au Palais-Bourbon ? Compatriotes Suisses, vous avez toujours une totale confiance dans les 200 conseillers nationaux, ou les 46 conseillers aux États ? Concitoyens Genevois, vous les tenez vraiment pour vôtres, nos 11 conseillers nationaux, nos 2 conseillers aux États ? Vous les percevez vraiment comme plus cultivés que vous, mieux instruits dans l’art de la politique, la perception historique et citoyenne des grands enjeux ? Car aujourd’hui, nous savons tous lire. Nous bénéficions de milliers de sources d’informations. Nos connaissances, par les réseaux sociaux, nous les partageons immédiatement. Nous nous nourrissons de celles des autres. Nous donnons à apprécier les nôtres. Nous nous critiquons mutuellement. Nous nous corrigeons. Nous avons mis en réseau notre accès au savoir, notre dimension critique. Nous percutons nos idées, les unes avec les autres. Il n’y a plus de clerc, plus de grand Sage céleste, dont il faudrait boire les paroles. La parole, nous la partageons.

 

Les Parlements ne sont pas éternels. Rien n’est éternel, ni une vie humaine, ni une dynastie de pouvoir, ni même une civilisation. En France, le vote du peuple, pour une fois consulté, au printemps 2005, sur le Traité constitutionnel européen, a été purement et simplement défait par le Parlement. C’est dévastateur. En Suisse, nous avons eu l’affaire du 9 février 2014. C’est de nature à rompre une confiance. Pire : dans les domaines où, jusqu’ici, le Parlement excellait, la fabrication de nos grandes assurances sociales, les Chambres fédérales ne sont plus capables que de produire de l’immobilité, de l’annulation de forces, de la paralysie. C’est valable pour l’assurance maladie. Ou, on vient de le voir, pour l’avenir des retraites.

 

Les Parlements ne sont pas éternels. Oh, ils ont encore de beaux jours, des décennies, peut-être même un ou deux siècles. Mais le temps commence à poindre, avec la mise en réseau des connaissances et une évolution des techniques qui ne fait que commencer, où le suffrage universel, actionné chez nous par la démocratie directe, va progressivement s’approprier davantage la dimension politique. Pas seulement pour corriger des décisions parlementaires qui lui déplaisent (référendums), mais surtout pour INITIER lui-même les thèmes. Car avec le crépuscule des Parlements, viendra celui des partis, ces groupes de pression nés exactement au même moment (Révolution française), auxquels pourraient bien se substituer, de plus en plus, des comités citoyens thématiques, regroupés sur un objectif politique à atteindre, par exemple faire passer une initiative. Moins de pouvoir pour les apparatchiks, les soldats du réseau, davantage pour les citoyennes et citoyens. La politique, beaucoup plus orientée sur les thèmes, beaucoup moins sur les personnes et les affiches électorales.

 

L’avenir dessiné ici, c’est l’évolution des techniques et la mise en réseau des connaissances, par des moyens que nous n’imaginons même pas encore aujourd’hui, qui va progressivement le dessiner. Dans ce processus, passionnant, la démocratie directe, sous toutes ses formes, y compris celles qui restent à inventer, occupera un rôle central, déterminant. Qui s’en plaindra ?

 

Pascal Décaillet

 

 

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18/03/2017

Serge Dal Busco, auf deutsch, über Finanzausgleich !

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Kurz und klar - Samstag, 18.03.17 - 16.12 Uhr

 

Für diejenigen, die deutsch verstehen : Serge Dal Busco, Genfer Finanzminister, spricht vom Finanzausgleich (péréquation financière, auf französich), wo ein Kompromiss in Bern gefunden wurde. Serge Dal Busco drückt sich, klar und fliessend, auf deutsch aus, in der Sendung Echo der Zeit (Radio DRS, Audio hier unten).

 

Welcher, unter seinen sechs Genfer Regierungsratskollegen, wäre auch dazu fähig ? Leider ist Serge Dal Busco nicht zur gleichen Zeit Regierungsrat und Ständerat : er könnte Genf ausgezeichnet in Bern verteidigen ! Freilich besser als andere...

 

Fliessend spricht er deutsch, und mütterlich italienisch und französisch : drei von unseren vier Nationalsprachen !

 

Montag werde ich Serge Dal Busco über dieses Thema, Finanzausgleich, in Genève à Chaud empfangen.

 

Pascal Décaillet

 

http://www.srf.ch/play/radio/popupaudioplayer?id=0a95bcb3-f7c4-424f-8adc-7531f07321ac

 


 

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