18/09/2018

Chemnitz, la DDR, la Gemeinschaft

 

Sur le vif - Mardi 18.09.18 - 08.25h

 

J'ai connu l'Allemagne au temps de la DDR, j'ai fréquenté des Allemands de l'Est, j'avais même demandé, il y a 40 ans, à passer un semestre à l'Université d’Iéna, ce qui ne fut pas possible.

 

J'ai parcouru la Prusse (Mecklembourg, notamment), la Saxe et la Thuringue. Je me souviens du temps où Chemnitz s'appelait Karl-Marx-Stadt. Et ma mère avait vécu en Allemagne à l'époque où Chemnitz... s'appelait déjà Chemnitz, et pas encore Karl-Marx-Stadt !

 

J'ai étudié les grands auteurs de l'Allemagne de l'Est. Je n'ai, de ma vie, jamais émis un seul mot négatif sur la DDR. J'aurais dû, bien sûr, puisqu'il y avait la Stasi. Mais des éléments intimes, que personne ne peut comprendre, m'ont amené à toujours considérer les quarante années de DDR avec une bienveillance qui, je le sais, étonne ici et aujourd'hui. C'est ainsi.

 

Concernant les récents événements de Chemnitz, il faut évidemment les considérer sous l'angle de la colère noire des gens de l'ex-DDR (notamment les Saxons) suite à l'incroyable brutalité de l'annexion par l'Ouest, sous Helmut Kohl. Oui, je dis "annexion" de l'Est par la gloutonnerie du système capitaliste, parce que "réunification" n'est pas le bon mot. Kohl, qui était un Rhénan et n'a jamais aimé les Marches orientales de l'Allemagne, s'est comporté comme un ogre. Les gens de l'Est en ont payé le prix.

 

La Saxe fut annexée, comme les autres Länder de l'ex-DDR, mais la prospérité n'a pas suivi. Dans les populations ouvrières (oui, il existe encore une classe ouvrière en Allemagne !), ou parmi les chômeurs, les délaissés, beaucoup regrettent le cocon protecteur de la DDR. Le phagocytage, par Kohl, s'est fait beaucoup trop vite, trop brutalement, sans le moindre égard pour l'identité saxonne, millénaire, qui avait bien évidemment survécu à la DDR : les identités nationales ont la vie beaucoup plus longue que les idéologies.

 

A cela, l'ogre Kohl n'a rien voulu voir : il se disait que l'implantation forcée du capitalisme emporterait la mise. Il a eu tort : les mécanismes profonds de relation à l'économie n'ont jamais été les mêmes, en Prusse ou en Saxe, que chez les adeptes du capitalisme rhénan, à l'Ouest. Faut-il rappeler ce paradoxe : Karl Marx lui-même était un Rhénan, un homme de l'Ouest. Et pas du tout un Allemand des parties orientales.

 

Pour expliquer Chemnitz 2018, il convient aussi - ce sera l'objet d'un texte ultérieur de ma part - de se référer en profondeur à la notion allemande de "Gemeinschaft". Ce mot, qu'on pourrait traduire par "communauté d'appartenance", s'oppose à celui de "Gesellschaft", la société normée, organisée. La montée, dès les Discours à la Nation allemande, de Fichte (prononcés en pleine occupation française, au nez et à la barbe des soldats napoléoniens, en décembre 1807, à l'Université Humboldt de Berlin) du sentiment profond de "Gemeinschaft", nourri par le Sturm und Drang, le Romantisme, puis l'exceptionnel travail des Frères Grimm sur l'identité germanique, constitue un paramètre fondamental de compréhension du rapport des Allemands avec l'altérité.

 

Les Allemands ne sont pas opposés au Refuge. Ils l'ont prouvé avec éclat, en accueillant et en intégrant, en 1945, 1946, des millions d'Allemands de l'Est (Pologne, Russie, Roumanie, etc.) fuyant la poussée soviétique. Ils les ont accueillis, alors que l'Allemagne, "bleiche Mutter" (Mère blafarde, Brecht), était en ruines ! Mais il se trouve que les demandeurs de Refuge étaient... des Allemands ! Dans le concept de "Gemeinschaft", on considère comme tel tout porteur de la langue germanique, même établi depuis des siècles sur les Marches orientales de l'Europe.

 

A l'automne 2015, Angela Merkel ne pouvait pas ne pas avoir en tête ce précédent de 1945. Mais, outre qu'elle a cédé beaucoup trop vite aux sirènes d'un patronat avide, elle a refusé de prendre en compte la difficulté viscérale, pour un chômeur, un délaissé, un oublié de l'ex-DDR, de voir affluer autour de lui une population extérieure au cercle d'appartenance de la "Gemeinschaft".

 

Pour saisir les événements d'aujourd'hui, dans la complexité des Allemagnes, il faut impérativement en appeler à l'Histoire politique et philosophique du monde germanique, dans sa diversité, son absence de centralisation, son rapport au passé, à ses morts, la très grande difficulté (quoi qu'on ait pu nous faire croire, dans l'Ouest prospère des années 1949-1989) de son rapport à l'altérité.

 

Nier cela, c'est faire preuve de candeur. Et de manque de rigueur dans la recherche de la vérité historique.

 

Pascal Décaillet

 

 

09:15 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Imprimer |  Facebook | |

16/09/2018

La langue arabe et le champ du possible

 

Sur le vif - Dimanche 16.09.18 - 14.22h

 

En quoi l'apprentissage de l'arabe à l'école constituerait-il un problème ? En quoi le chemin vers une langue, qui est (avec le chemin vers la musique) la plus belle itinérance du monde, serait-il à éviter ?

 

L'arabe est une langue magnifique, porteuse de milliers de textes qui ont, au fil des siècles, constitué des civilisations.

 

Pouvoir, dans un choix volontaire parmi d'autres langues, étudier la langue et la civilisation arabes, constitue une possibilité d'enrichissement de son champ linguistique, intellectuel et culturel. Comme l'apprentissage de l'allemand, ou du grec, ou de l'hébreu, ou du turc, ou du persan, ou de n'importe quelle autre langue.

 

Cheminer vers une langue étrangère, c'est ouvrir le champ de son propre possible.

 

Pascal Décaillet

 

 

14:31 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (17) | |  Imprimer |  Facebook | |

Juges, moralistes, hypocrites

 

Sur le vif - Dimanche 16.09.18 - 11.43h

 

Dans l'Affaire Maudet, l'aspect judiciaire des choses n'a, à mes yeux, aucune espèce d'intérêt.

 

Sera-t-il, dans des mois, à l'issue de maintes et tortueuses procédures, et d'une valse de recours, condamné pour "acceptation d'un avantage" ? En sera-t-il acquitté ? Ça n'est pas sur ces choses-là que se dénouera le scénario dramaturgique actuellement en cours.

 

La justice est un univers. La politique en est un autre. Avec d'autres codes, d'autres langages, d'autres enjeux.

 

Pour l'heure, la seule question qui vaille : a-t-il POLITIQUEMENT la marge de manœuvre de se maintenir ? Donc, la capacité d'action à mettre en œuvre des projets pour le Canton.

 

J'invite le corps des citoyens, dont je fais partie depuis plus de 40 ans à Genève, à appréhender POLITIQUEMENT cette affaire.

 

Laissons les juges dire la justice. Les moralistes, faire la morale. Et les hypocrites, se cacher derrière le paravent de la morale pour conquérir un siège.

 

Pascal Décaillet

 

 

13:04 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Imprimer |  Facebook | |

15/09/2018

Affaire Maudet : le vent noir de l'hypocrisie

 

Sur le vif - Samedi 15.09.18 - 18.13h

 

"Il a menti, il a menti, il a menti !". La gauche genevoise n'en peut plus, dans l'Affaire Maudet, de s'étrangler, en feignant de découvrir que le monde politique ne dit pas toujours la vérité.

 

Pierre Maudet a commis une faute POLITIQUE. Majeure, et peut-être fatale, nous verrons. S'il doit partir, c'est parce qu'il n'aura plus la marge de manœuvre POLITIQUE pour demeurer au gouvernement. Parce qu'il aurait ruiné son crédit, par exemple justement en mentant.

 

Le mensonge en politique, en cela, est une faute. Parce qu'il est de nature dévastatrice pour la crédibilité. En cela, et en cela seulement. Il appartient à un gouvernant d'assurer sa réputation, non parce qu'elle est une réputation, mais parce qu'elle est un outil nécessaire à l'exercice du pouvoir. Cette considération-là n'est pas d'essence morale, mais POLITIQUE.

 

Or, la gauche genevoise, avec ses cris d'orfraies, que fait-elle ? Elle insiste, à n'en plus finir, sur une prétendue faute morale. Parce que mentir, ça n'est pas bien. Comme si nous étions, dans notre République, entre pasteurs, ou entre prêtres, ou entre moralistes.

 

Non. Nous sommes entre citoyens. Nous confions des missions à des élus pour qu'ils mettent en application une POLITIQUE, au service de la Cité. Nous attendons d'eux qu'il soient compétents, anticipateurs, lucides, combatifs.

 

Nous n'attendons pas d'eux qu'ils soient des saints.

 

Pour ma part, je n'ai jamais attendu d'un élu qu'il soit exemplaire sur le plan moral, je dirais même que cela m'indiffère totalement. Bien plus graves m'apparaissent l'incompétence, la cécité face aux enjeux.

 

Mais notre gauche genevoise, que veut-elle ? Réponse : une démission, donc une élection complémentaire, gagner un siège au Conseil d'Etat, y obtenir ainsi, pour quatre ans et demi (l'enjeu est de taille), une majorité. Ainsi, pouvoir, à son tour, placer les siens un peu partout, par exemple dans les Conseils de fondation, les régies publiques, etc.

 

La gauche veut cela. Elle ne veut que cela. Le reste, derrière le paravent de la morale, vieux comme le monde, c'est le vent noir de l'hypocrisie.

 

Pascal Décaillet

 

 

18:34 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (9) | |  Imprimer |  Facebook | |

La Suisse et le printemps des peuples

 

Sur le vif - Samedi 15.09.18 - 09.29h

 

Une fois pour toutes, il faut jeter aux oubliettes ce leurre technocratique intitulé "Accord cadre institutionnel avec l'Union européenne". Le pression mise par Jean-Claude Juncker, sentinelle vacillante d'une Europe en dérive, ne doit avoir comme réponse de la Suisse que le silence et l'indifférence.

 

Né de l'esprit tortueux de M. Burkhalter, repris pour des raisons de stratégie politique interne par M. Cassis, cet "Accord" n'est rien d'autre qu'un bricolage juridique, sur du néant politique. Écrit sur du vent !

 

Grand admirateur - plus que cela, même - de Jean-Pascal Delamuraz, que j'ai très bien connu et maintes fois interviewé, je lui reprochais déjà, du temps de son pouvoir, la véritable armada bureaucratique mise en place à Berne, aux frais des contribuables suisses, pour plancher sur le dossier Suisse-Europe.

 

Du Bureau de l'Intégration, dont il faudra bien, un jour, établir la véritable Histoire, jusqu'à la mobilisation des fonctionnaires du Commerce extérieur, que de juristes, d'économistes, de gratte-papier engagés, sur nos impôts fédéraux directs, pour imaginer les mille et un scénarios, après le rejet de l'EEE le 6 décembre 1992, des relations entre Berne et Bruxelles ! J'ai vécu tout cela de près, j'ai la mémoire des hommes et des dates, je n'oublie rien, jamais.

 

"L'Accord cadre institutionnel", hormis déjà la laideur des mots, ce lourdingue de gothique verbal dégoulinant, c'est, repris par M. Burkhalter, l'héritier de tout ce petit monde dûment entretenu à Berne, depuis la campagne EEE, pour que la Suisse puisse à tout prix demeurer en phase avec cet Empire tentaculaire qui s'est tissé autour d'elle.

 

Le petit hic, le très léger accident de l'Histoire, que personne à Berne ne semblait avoir prévu, c'est que l'Union européenne s'effondre. En Italie, pays fondateur en 1957, en Autriche, en Hongrie, en Pologne, et dans le Land très puissant de Bavière, des forces politiques, voulues par les peuples de ces pays, exigent maintenant une autre structure entre les pays d'Europe. Une structure qui commence par prendre acte de la nation, plutôt que la gommer. Et qui refuse absolument l'idée d'une Europe technocratique, gouvernée par des fonctionnaires, légiférant par-dessus les nations. C'est cela qui est en train d'advenir, cela qui monte en Europe, aujourd'hui l'Italie, demain peut-être la France, voire l'Allemagne, rien n'est exclu.

 

Ce printemps des peuples, 170 ans après celui qui a donné naissance aux nations d'aujourd'hui, et notamment à la nôtre, vaut infiniment plus, en termes de considération historique, que les virgules soupesées de MM Burkhalter et Cassis sur "l'Accord cadre institutionnel" avec l'Union européenne. Ce printemps des peuples aura raison des technocrates, il est semeur d'avenir, là où l'actuel conglomérat de Bruxelles ne représente plus ni dessein, ni cohérence, ni espoir.

 

Pascal Décaillet

 

 

09:57 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Imprimer |  Facebook | |

14/09/2018

Une géométrie, en somme

 

Sur le vif - Vendredi 14.09.18 - 14.24h

 

A Genève, au-delà de la personne d'un magistrat en difficulté (pour user d'un euphémisme), c'est à un système de pouvoir qu'on s'apprête à tourner le dos.

 

Ce système, mis en place dès novembre 2005, aura régenté le canton, sous son implacable férule, pendant treize ans. Jamais aussi puissant qu'entre juin 2012 et mai 2018.

 

Ce système, c'est celui de la République radicale. Il n'implique en aucun cas le seul Pierre Maudet, mais évidemment aussi son prédécesseur à la Présidence du Conseil d'Etat.

 

Ce système, parfaitement légal, peut-être même parfois efficace pour l'intérêt de la République, consiste en une cooptation systématique, presque mathématique, au sein d'un groupe humain assez restreint.

 

Ce groupe évolue en cercles concentriques, garde rapprochée, liens de confiance, loi du silence là où c'est nécessaire. Octroi des postes à responsabilités (dans le Grand État, par exemple) à des proches. Certains, parmi ces grands commis, au reste fort compétents, parfaitement interchangeables, passent d'une régie à l'autre. Au final, le groupe demeure restreint, soudé.

 

La République radicale ne se contente pas de donner des postes à des radicaux, mais à leurs alliés, parfois même à leurs adversaires, pour peu que ces derniers aient avec le noyau dur une communauté de valeurs.

 

N'y voyez nul complot, ainsi fonctionne la vie politique. Il y a eu, puissamment, une République radicale en France, dans les années 1879-1914, j'en connais par coeur l'Histoire et les hommes. Il y a eu une République socialiste, sous François Mitterrand, entre 1981 et 1984. Il y a eu, peut-être y a-t-il encore, une République démocrate-chrétienne en Valais, depuis quelque 170 ans. Rien de grave !

 

Tout pouvoir, partout, vise à s'étendre, et engendre lui-même les risques d'abus. La République radicale à Genève (2012-2018) n'est évidemment pas à condamner parce qu'elle est radicale, loin de là ! Mais parce que, les circonstances aidant, un tout petit groupe d'hommes, complices comme des grognards, se sont crus trop puissants.

 

Ils ont cessé d'entrevoir les limites. Le monde politique est un espace fini, il convient d'en appréhender avec ductilité les aires et les périmètres. Une géométrie, en somme. Ce mot devrait leur plaire, non ?

 

Pascal Décaillet

 

 

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Des hypocrites, ou des naïfs ?

 

Sur le vif -  Vendredi 14.09.18 - 09.26h

 

L'analyse de la chose politique doit se faire avec un esprit parfaitement froid, limite glacial. Connaissance de l'Histoire, des enchaînements de causes et d'effets. Prise en compte de toutes les sensibilités, toutes les versions. Appréciation clinique de la nature humaine, hors de toute considération morale.

 

La morale est sans doute une discipline importante, je veux le croire. Il se trouve qu'elle n'entre pas, en matière politique, dans le champ de mes considérations. J'admire immensément des figures historiques parfaitement répréhensibles sur le plan de la morale. Je les admire parce qu'elles ont, à mes yeux, servi avec génie les intérêts supérieurs de leur pays.

 

A l'inverse, que m'importe un pur, en politique, si c'est pour échouer dans son dessein ?

 

Si un politique trébuche, je ne lui adresserai jamais de grief moral. Mais je tenterai de comprendre quelles erreurs POLITIQUES il a pu commettre pour en arriver là. Par exemple (au hasard), ne s'entourer que de courtisans. Méconnaître sa propre nature : si, dans le tréfonds de l'âme, tu es (au hasard, toujours) un régalien, un Fouché ou un Louvois, ne t'avise pas d'aller mettre tes mains dans le cambouis des choses de l'Argent, c'est un autre monde, d'autres entrées, d'autres codes. Laisse à d'autres, dans la branche cousine de ton parti, le soin de ces choses-là. La NZZ, sur eux, fermera les yeux, comme elle sait si bien le faire.

 

Ce qui m'intéresse, en politique, c'est la politique elle-même. Avec ses règles, ses usages propres. Ceux qui, à longueur de journées, nous assènent à son sujet le langage de la morale, sont soit des hypocrites, soit des naïfs. Deux catégories assez bien représentées, numériquement. Par exemple (toujours au hasard), au bout du lac.

 

Pascal Décaillet

 

 

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Maudet et les candélabres du Pardon

 

Sur le vif - Jeudi 13.09.18 - 22.07h

 

Tirer à boulets rouges sur MM Maudet et Broulis : l'occasion, pour la NZZ, était trop belle, elle n'allait tout de même pas se gêner !

 

Flinguer le radicalisme romand, passionné d'Histoire, d'institutions, de cohésion sociale. Le flinguer, pour mieux imposer les visions ultra-libérales d'un radicalisme zurichois qui a toujours détesté la conception latine de l'État.

 

Il est vrai que Pierre Maudet, en frayant avec des milieux affairistes dont il aurait toujours dû demeurer rigoureusement distant, a offert à la vieille dame zurichoise une occasion en or. Ce régalien dans l'âme, ce Fouché, n'aurait jamais dû se mêler du monde de l'Argent.

 

C'est cela, l'enjeu politique, au sein du PLR suisse, pour qui veut bien lire la politique au-delà des candeurs morales et des candélabres bleuâtres du Pardon.

 

Pascal Décaillet

 

 

07:24 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Imprimer |  Facebook | |

13/09/2018

Saint-Simon sur Rhône

 

Commentaire publié dans GHI - 12.09.18

 

S’il est, parmi des milliers d’autres, un livre révélateur sur la nature du pouvoir, c’est bien les Mémoires de Saint-Simon. Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon (1675-1755), nous raconte Versailles et ses coulisses, les complots, les clans, les courtisans, avec une distance de plume qui force l’admiration.

 

Par exemple, sur de longues pages, il nous décrit les dernières années, les derniers mois, les dernières semaines de Louis XIV, qui meurt à Versailles le 1er septembre 1715, après un règne de 72 ans ! Tant qu’il est vivant, même rongé par la maladie, amputé, le Roi demeure le Roi, jusqu’à son dernier souffle. Le Dauphin légitime est un enfant de cinq ans, le futur Louis XV, son arrière-petit-fils. Et c’est bien lui qui montera sur le trône, même si, dans les derniers mois de Louis XIV, d’autres plans s’échafaudent, jusque dans le Testament du vieux Roi.

 

Le génie de Saint-Simon, c’est de nous dépeindre la sublime, l’incomparable hypocrisie de ces courtisans qui, tout en faisant semblant de demeurer fidèles au Roi qui se meurt, n’en omettent pas moins de considérer toutes les hypothèses de recomposition du pouvoir, une fois sonné le glas du souverain.

 

Certaines pages sont saisissantes. La nature humaine, dans son état le plus réel, ses ambitions les plus noires, son absence de scrupules la plus terrifiante. Le tout, sous une plume dans la musique de laquelle sonne le Grand Siècle. On aimerait entendre ces Mémoires, avec en intermèdes la musique du plus grand musicien français, Jean-Philippe Rameau. C’est d’actualité, non ?

 

Pascal Décaillet

 

08:56 Publié dans Commentaires GHI | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Imprimer |  Facebook | |

12/09/2018

Pierre et les vautours

 

Commentaire publié dans GHI - Mercredi 12.09.18

 

Genève vit des heures difficiles. Pierre Maudet est dans la tourmente, va-t-il démissionner ? Entre le moment où j’écris ces lignes et celui où vous les lirez dans le journal, tout est possible. C’est une affaire majeure, parce qu’elle ne touche pas un médiocre, ni un oiseau de passage dans le ciel politique, mais sans doute – même ses pires ennemis le reconnaissent – l’un des plus grands talents politiques de notre canton. On peut lui reprocher mille choses, je ne m’en suis jamais privé ici du temps de son pouvoir, mais pas son aptitude à se mouvoir dans le monde de la politique. Il l’a voulu très tôt dans sa vie, il a tout fait pour y parvenir, il a brillé, brûlé les étapes, calciné ses adversaires. Et le voilà, tel Icare, fils de Dédale, avec les ailes qui fondent dans la proximité du soleil. Oui, il y a quelque chose, dans toute cette affaire, qui respire l’essence des mythes grecs, celle du tragique.

 

Qu’a fait Icare ? Il a voulu voler trop haut. Il se disait qu’il allait impunément se confondre dans l’empire du soleil, on connaît la suite. Ce que paye Pierre Maudet, dans toute cette affaire, ça n’est pas son étrange virée familiale sous les dunes, avec tous les fantasmes narratifs de cet orientalisme. C’est, évidemment, d’avoir caché la vérité. Voire, pire (si cela est avéré par la justice), d’avoir procédé, avec sa garde rapprochée, au montage d’une contre-vérité. Cela, c’est le premier reproche, accablant parce qu’il est de nature à rompre la confiance. Mais au fond, le vrai grief, dans les strates plus ou moins conscientes des âmes, pourrait bien être d’une autre nature. Ses ennemis en veulent à Maudet d’être Maudet. Vingt ans que l’hyper-voracité de ce cannibale politique les exaspère. Vingt ans qu’il leur fait de l’ombre. Vingt ans qu’il leur file de l’urticaire. Alors, vous pensez bien, si l’homme est à terre, quelle aubaine pour les vautours !

 

Les vautours, parlons-en. En aucun cas je ne reprocherais à un adversaire politique de Pierre Maudet, par exemple un homme de gauche, qui l’aurait toujours combattu sur ses choix, de profiter de l’hallali, en guettant l’occasion d’une élection complémentaire. Non. Mais le problème, voyez-vous, c’est qu’au plus fort de la meute, et avec les plus sonores des hurlements, il y a des gens qui, il n’y a pas si longtemps, attrapaient des lumbagos à force de prosternations devant le Prince. Pendant qu’ici, dans ce journal, tout en respectant parfaitement la personne, nous mettions en cause le système de gouvernement, notamment dans notre article « Bienvenue en Maudétie ! » (GHI du 18 avril 2018), les petits courtisans nous tombaient dessus, parce que nous n’avions rien compris à la modernité, « l’innovation », la réorganisation de la police, l’avenir radieux de la Suisse dans l’Europe. Eh bien, parmi ces mêmes marquis du Grand Coucher du Roi, il en est aujourd’hui qui exigent pour lui la corde et la potence. Toute cette histoire, sur qui nous en apprend-elle le plus ? Sur le Prince déchu ? Ou sur l’infinie noirceur de l’âme humaine ? A tous, excellente semaine.

 

Pascal Décaillet

 

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11/09/2018

Fatigues patriciennes, déboussolées

 

Sur le vif - Mardi 11.09.18 - 09.17h

 

J'entends encore la folle complainte des fatigues patriciennes contre ces Gueux, qui se permettaient, depuis 2005, de se mêler de politique à Genève.

 

L'institution, nous glissaient les fatigues patriciennes, et leurs acolytes bien Logés, c'est nous. Nous, et pas la racaille suburbaine !

 

Aujourd'hui, je note une légère inversion. Le parti réunifié, celui des fatigues patriciennes et des bien Logés, a un magistrat qui provoque à Genève un bordel apocalyptique. Et le parti des Gueux, lui, a un magistrat qui tient la barre en pleine tourmente. Chargé d'attributions nouvelles, il gère l’État, au milieu de la tempête. Avec discrétion, efficacité, rigueur.

 

La vie n'est pas toujours ce que l'on croit. C'est là son charme et sa saveur.

 

Pascal Décaillet

 

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GAC d'hier soir : Jean Romain sur Pierre Maudet

 

Sur le vif - Mardi 11.09.18 - 05.37h

 

Hier soir à GAC, une bonne dizaine de minutes d'interview de Jean Romain, Président du Grand Conseil, sur l'affaire Maudet.

 

Plus je repense à ce qu'il a dit, plus je me dis que cette intervention a constitué une étape dans la prise de distance du Président du Conseil d'Etat par ses propres troupes.

 

Pourquoi ? Parce qu'entre Jean Romain et Pierre Maudet, on est dans le même monde. Les deux sont radicaux. Les deux, d'un canal historique du radicalisme romand, passionné d'institutions, de service de l'Etat, d'inscription de l'acte politique dans une continuité historique. James Fazy pour l'un, Joseph Barman pour l'autre. Pierre Mendès France, pour l'un et l'autre.

 

Chez Pierre Maudet comme chez Jean Romain, il y a une très grande proximité avec le radicalisme d'un Pascal Couchepin, ou plus exactement avec la personne de l'homme de Martigny. Il y a comme un souffle d'Etat, avec aussi ses raideurs régaliennes.

 

La prise de distance, hier à GAC, de Jean Romain face à Pierre Maudet, parce qu'il a dissimulé la vérité au Parlement, est véritablement d'ordre institutionnel, et pas d'ordre personnel. Parce que chez ces gens-là, Monsieur, l'institution précède la personne. Comme chez d'autres, paraît-il, l'existence précède l'essence.

 

Pascal Décaillet

 

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09/09/2018

Les résistants de la 25ème heure

 

Sur le vif - Dimanche 09.09.18 - 21.55h

 

Les puissants de la terre, c'est lorsqu'ils sont puissants, justement, qu'il faut les attaquer. Lorsque cette attaque s'accompagne d'un risque, parce que le Prince égratigné, d'un coup de patte, pourrait te lacérer.

 

L'attaquer, lorsqu'il trône au sommet de sa superbe et de sa majesté. Cerné de courtisans, qui se pourlèchent les babines à saliver sur ses bottes.

 

Là, oui, tu prends un risque.

 

Mais hurler avec la meute, lorsque le même homme est à terre, ou sur le point de gésir, désolé mais je ne vois pas exactement le courage.

 

Le pire : ceux qui naguère le courtisaient, et aujourd'hui le conspuent, sont parfois EXACTEMENT LES MÊMES.

 

A ces résistants de la 25ème heure, je ne voue pas une considération illimitée.

 

Non, pas illimitée.

 

Pascal Décaillet

 

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Les étrennes du jardinier

 

Sur le vif - Dimanche 09.09.18 - 16.20h

 

Quand le Temps s'exprime sur l'avenir de la paysannerie suisse, j'ai l'impression d'un banquier privé genevois songeant, à la sortie du Culte, à ne pas oublier les étrennes de son jardinier.

 

Pascal Décaillet

 

16:31 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (12) | |  Imprimer |  Facebook | |

La jeunesse vieillissante d'Emmanuel Macron

 

Sur le vif - Dimanche 09.09.18 - 09.32h

 

Emmanuel Macron n'est moderne qu'en apparence. Comme Giscard, en 1974, moderne pendant la campagne, puis très vite rattrapé par sa nature, celle d'un prédateur de la plus archaïque des espèces.

 

Kennedy 1960, Giscard 1974, Macron 2017 : jouer sur sa jeunesse, son image, son élégance. Bien marquer le contraste avec son prédécesseur : Kennedy succède à Eisenhower, grand général en 1944 mais président passif et vieillissant entre 1953 et 1960 ; Giscard arrive après Pompidou, président malade, visage bouffi par la cortisone ; Macron doit marquer la différence avec François Hollande, surgi de la Province balzacienne.

 

Alors, Macron 2017 a joué la carte de la "France à réformer" (vieille rengaine, déjà Giscard 74), de la jeunesse et de la rénovation. Il n'a pas donné de contenu, il s'est juste arrangé pour être présent au second tour : face à une telle adversaire, X était gagnant, il fallait juste qu'il fût Monsieur X. Alors, dûment financé par des fonds qu'il est allé chercher jusque sur la Côte Est des États-Unis, il a tout mis en œuvre pour pouvoir jouer son rôle de gendre idéal, contre la bête immonde.

 

Tactiquement, c'est admirablement joué. Mais pour quel contenu ? Quelle politique ? D'un bout à l'autre de la campagne, personne ne l'a su. Le discours de Macron, en termes de sens, était parfaitement inaudible. Il fallait juste qu'il se montrât, affichât son élégance et sa jeunesse, et le tour était joué. Ce fut la victoire du néant sémantique, en costume parfaitement coupé.

 

Depuis bientôt 18 mois, le néant sémantique est au pouvoir. Il n'a, pour l'heure, strictement rien réformé, il n'a fait que continuer à produire des effets d'annonce. A ce qui s'est passé de fondamental en Italie, en Autriche, en Bavière, en Hongrie, il n'a rien voulu voir. Il s'est cantonné dans ses certitudes de MRP pro-européen de la Quatrième République, doublé d'un ultra-libéral orléaniste, détestant le peuple. Il se comporte en monarque, mais juste pour la cuiller d'argent. A la colère noire des peuples, ceux qui veulent contrôler les flux migratoires et ne supportent plus l'arrogance impuissante de Bruxelles, il ne veut rien voir, rien entendre. Lui, naguère si jeune, le voilà paralysé, sourd, muet.

 

A tout jouer sur la jeunesse et le "changement", on court au vieillissement et à l'immobilisme. C'est ce qui était arrivé au réformateur Giscard de 1974. C'est ce qui advient à Macron. Cinq ans de répit pour l'Ancien Monde. Cinq ans de perdus pour la France.

 

Pascal Décaillet

 

 

09:58 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Imprimer |  Facebook | |

08/09/2018

Les vautours, je les emmerde

 

Sur le vif - Samedi 08.09.18 - 21.08h

 

En voyant apparaître, dans la fulgurance d'un instant de grâce, en fin d'après-midi, une miraculeuse escadrille d'oiseaux, j'ai pensé à la définition des emmerdes par Jacques Chirac.

 

Du coup, je dédie cette pensée à un homme dont j'ai souvent - bien seul - attaqué la politique alors qu'il était au sommet de sa superbe et de son pouvoir, et que je n'attaquerai pas alors qu'il est à terre.

 

Cela, pour deux raisons. D'abord, je n'attaque jamais un homme à terre. Ensuite, je crois qu'au fond, depuis vingt ans que je le connais, malgré tous les "malgré" que la vie peut jeter sur le chemin, je l'apprécie beaucoup.

 

Quant aux vautours, je les emmerde.

 

Pascal Décaillet

 

21:47 | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Imprimer |  Facebook | |

Tous fascistes, tous populistes !

 

Sur le vif - Samedi 08.09.18 - 11.01h

 

La gauche moralisante (qui, Dieu merci, ne constitue pas toute la gauche), commet depuis des décennies une erreur monumentale : au lieu de combattre ses adversaires sur le seul terrain qui vaille, celui des actes, elle perd son temps à les QUALIFIER. Elle leur jette des mots au visage, là où elle devrait contre-agir, par des faits.

 

Lorsque j'étais étudiant, certaines Facultés de l'Université de Genève, seconde partie des années 70, étaient complètement à gauche. Du coup, si vous n'étiez pas de ce bord dominant, on vous traitait de "fasciste".

 

On ne traitait pas seulement de fascistes les vrais fascistes (hyper-minoritaires), mais les jeunes libéraux, les jeunes radicaux, et même les gentilles jeunesses démocrates-chrétiennes ! Chez les colleurs d'étiquettes de gauche, aucune nuance, aucune connaissance historique, ni philosophique, de la passionnante diversité des droites, depuis la Révolution française. Non : tous fascistes !

 

Aujourd'hui, c'est la même chose avec le mot "populiste" (qui n'a rien d'insultant, d'ailleurs). Dès que vous plaidez pour une politique de contrôle des flux migratoires, pour la démocratie directe, pour le protectionnisme agricole, on vous traite immédiatement de populiste.

 

Alors, va pour "populiste", ma foi. Mais la gauche moralisante, une fois qu'elle aura, à cent mille reprises, bien salivé en traitant ses adversaires de "populistes", ce qui ne fait en rien avancer sa cause, elle pourra peut-être se mettre au travail. Et attaquer les problèmes à la racine.

 

On peut toujours rêver, non ?

 

Pascal Décaillet

 

 

11:21 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (11) | |  Imprimer |  Facebook | |

Europe, Acte V

 

Sur le vif - Samedi 08.09.18 - 08.33h

 

De Gaulle - Adenauer, Schmidt-Giscard, Mitterrand-Kohl : il fut un temps où le couple franco-allemand, pilier de la construction européenne, donnait le ton sur le continent.

 

S'il y a eu, dans l'après-guerre, une grande chose en Europe, c'est bien la réconciliation entre la France et l'Allemagne, scellée en la Cathédrale de Reims, le 8 juillet 1962, par un homme d'exception, côté français, et un Sage rhénan, armé de valeurs spirituelles. À cette Europe-là, celle des cœurs et des âmes, j'étais dans ma jeunesse favorable.

 

Aujourd'hui, à Marseille, que voit-on ? Une Chancelière et un Président qui se rencontrent presque en catimini. L'Union européenne, qui a complètement dérivé depuis le début des années 1990, suite à la chute du Mur, et à un élargissement inconsidéré vers ses marches orientales, est devenue un monstre d'impuissance bureaucratique, et s'effondre. Les masques sont tombés, nous sommes à l'Acte V. Celui du dénouement, dans la tragédie classique.

 

À Marseille, la pire des cécités, celle de deux dirigeants qui ne veulent pas voir. Ils continuent d'agir comme si le monstre bruxellois était encore pourvu de la moindre capacité d'existence et d'action. Le fut-il jamais ?

 

À Marseille, Mme Merkel et M. Macron font semblant. Ils font comme si rien de puissamment démocratique ne s'était passé en Italie, en Autriche, en Hongrie. Comme si ce nouvel éperon nord-sud ne venait pas briser le ronronnement aveugle d'une Union en perdition.

 

La Chancelière et le Président simulent. Ils font comme si le retour des peuples et des nations, la volonté farouche, venue d'en bas, de contrôler les flux migratoires, n'existaient pas.

 

Ces deux-là, de Marseille, vivent dans le déni. Ils constituent, l'un comme l'autre, l'ultime répit de l'Ancien Monde. Jusqu'à quand ?

 

Pascal Décaillet

 

 

09:20 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Imprimer |  Facebook | |

07/09/2018

Zombies ultra-libéraux

 

Sur le vif - Vendredi 07.09.18 - 08.32h

 

Le sympathique coup de poignard planté, deux semaines et deux jours avant une décision majeure du peuple et des cantons, dans le dos des paysans par les zombies ultra-libéraux d'Avenir Suisse, ne changera rien à la relation profonde, affective, mystique du peuple suisse avec son agriculture.

 

Non comme Arche sainte ! S'il y a des subventions déplacées, elles doivent être supprimées. Dans ce domaine, comme partout.

 

Mais l'essentiel n'est pas là, et la petite bande d'extralucides de cocktails de ce "réservoir de pensée" auto-proclamé (à laquelle la SSR, depuis toujours, accorde une audience démesurée, insensée) ne sera jamais capable de le voir.

 

L'essentiel, c'est le lien de respect et de confiance matriciel entre la population d'un petit pays montagneux et ceux qui, toute l'année, toute la vie, la nourrissent. Ceux qui subliment le terroir et dessinent nos paysages. Ceux qui, parce qu'ils n'arrivent pas à tourner, doivent fermer leurs exploitations.

 

Face à la puissance de ce lien, qui sera confirmée le 23 septembre, que valent les cogitations de salons, fugaces comme une comète, déjà passée ?

 

Pascal Décaillet

 

09:14 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Imprimer |  Facebook | |

06/09/2018

Foutez-nous la paix avec la morale !

 

Sur le vif - Jeudi 06.09.18 - 17.22h

 

Tant que la gauche moralisante - la pire - n'aura d'autre recours, face aux enjeux d'aujourd'hui, que l'invocation des années trente, elle se discréditera, ne fera rien avancer, perdra des points.

 

Que la gauche socialiste nous fasse un peu moins de morale, et qu'elle se remette à faire du social ! Qu'elle parte à la reconquête d'un terrain laissé à d'autres. Qu'elle s'occupe du pouvoir d'achat, de l'emploi, de la santé, des primes maladie. Qu'elle protège les travailleurs suisses, face aux flux migratoires ! Qu'elle cesse de nous faire, à longueur de journées, la leçon sur des sujets de "société" ne touchant qu'une faible partie de la population. La gauche socialiste urbaine, bien pensante, bobo, aurait-elle oublié le prolétariat, les démunis, les vrais, au profit des seuls lobbys communautaristes ?

 

Quant aux années trente, je les connais à fond. En Allemagne, en France, en Italie. L'obsession qu'elles viennent à se reproduire constitue une faiblesse dans l'analyse historique. S'il existe des points communs, à plus de huit décennies d'intervalle, il existe surtout d'immenses différences entre les sociétés de ces années-là, et celles d'aujourd'hui.

 

Que les socialistes cessent de nous faire la morale. D'utiliser, à n'en plus finir, les mots "haine" et "honte", qui n'ont rien à voir avec le vocabulaire de l'analyse politique. Qu'ils s'occupent du social ! Qu'ils s'occupent des plus faibles, des plus défavorisé !

 

Et après cela, nous verrons.

 

Pascal Décaillet

 

 

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