20/11/2018

Les Gueux, le Prince

 

Sur le vif - Mardi 20.11.18 - 22.27h

 

Dans l'affaire des gilets jaunes, il y a le chœur, comme dans la tragédie grecque, face au Prince. Le choeur d'Antigone, face à Créon. La masse des Gueux, face au Maire du Palais.

 

Il n'y a même pas de coryphée. Pas de porte-parole.

 

Préfiguration de la politique nouvelle ! Liquéfaction des corps intermédiaires, Parlement ou syndicats.

 

Juste la masse, face au pouvoir.

 

Cette jacquerie n'a rien de médiéval, rien d'archaïque. Elle préfigure l'ultra-moderne.

 

Je ne m'en plains pas.

 

Pascal Décaillet

 

 

22:36 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Imprimer |  Facebook | |

Les barbelés du langage

 

Sur le vif - Mardi 20.11.18 - 18.17h

 

L'argument le plus détestable des opposants à une initiative est de prétendre qu'elle n'est pas claire.

 

C'est un mensonge éhonté.

 

L'écrasante majorité des initiatives populaires, en Suisse, sont parfaitement claires. Le peuple, qui est adulte et vacciné, en comprend fort bien les enjeux. Il décrypte d'instinct les intentions politiques réelles des uns et des autres.

 

L'argument du "manque de clarté" est une invention de juristes, de profs de droit, de juges au Tribunal fédéral.

 

Le peuple suisse, lui, comprend mille fois plus vite les enjeux d'une initiative que les méandres d'un débat parlementaire.

 

Dans cette affaire, il y a surtout des clercs et des pharisiens qui veulent conserver leur pouvoir, par les barbelés du langage.

 

Pascal Décaillet

 

 

22:25 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Imprimer |  Facebook | |

Invalidons les juges !

 

Sur le vif - Mardi 20.11.18 - 14.21h

 

Je ne supporte pas quand le Tribunal fédéral invalide une initiative populaire, dûment munie de toutes les signatures requises.

 

Peu m'importe que je sois d'accord ou non avec l'initiative en question. C'est, pour le citoyen actif que je suis, une question de principe.

 

Une initiative ayant recueilli les signatures, ce qui est le fruit d'un long et patient travail citoyen, doit être soumise au peuple. Dans une démocratie, c'est lui qui doit décider pour les choses politiques, pas les juges.

 

Que les juges s'occupent des cas individuels. Qu'ils laissent l'ordre démocratique des citoyens statuer sur l'avenir politique du pays.

 

Les juges, chez nous, interviennent beaucoup trop souvent sur la politique. Nous ne voulons pas d'une République des juges.

 

Pascal Décaillet

 

 

14:39 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Imprimer |  Facebook | |

Ostpolitik

 

Sur le vif - Mardi 20.11.18 - 03.20h

 

La partie essentielle du destin allemand se joue à l'Est. Frédéric II de Prusse (1740-1786) l'avait compris, avant tout le monde. Ainsi que le plus grand Chancelier du vingtième siècle, Willy Brandt (1969-1974).

 

L'Ostpolitik, c'est simplement l'acceptation de ce tropisme. Il ne concerne pas que la Prusse, mais l'ensemble des Allemagnes, dans leurs liens profonds, historiques, économiques, culturels, linguistiques avec les Marches orientales de l'Europe.

 

La Guerre froide a voulu nous faire croire, dans les années 1949-1989, que la question Est-Ouest se réduisait à une simple fracture idéologique : d'un côté les communistes, de l'autre les capitalistes. En Occident, donc en Suisse comme ailleurs, on parlait de la DDR en la caricaturant, on la dénigrait systématiquement. J'ai fait partie, à l'époque, de ceux qui refusaient cette conception manichéenne. J'avais mes raisons.

 

On oubliait juste que la première clef de lecture n'était pas idéologique, mais nationale. La DDR, c'était la Prusse, sous un autre nom. Sous occupation russe (comme l'Ouest était sous occupation américaine, principalement).

 

La DDR, c'étaient des Allemands. Un système politique qui devait beaucoup à Hegel, dans son rapport à l'Etat, à l'individu face au collectif. Une culture allemande. Des auteurs allemands, à commencer par le plus grand dramaturge du vingtième siècle. Des musiciens allemands. Des scientifiques allemands. Des pasteurs allemands.

 

En tournant son regard vers l'Est, dès 1969 (il avait préparé le terrain déjà entre 66 et 69, comme ministre des Affaires étrangères de la Grande Coalition), Willy Brandt ne fait absolument pas de l'idéologie.

 

Non, il fait infiniment plus que cela : il accomplit le destin allemand, en reconnaissant son tropisme naturel vers l'Est. Dans ce trajet intérieur et spirituel, la génuflexion de Varsovie, en décembre 1970, apparaît comme l'acte sanctificateur d'une démarche politique et historique de premier ordre. Ce geste, 25 ans après la guerre, est sans doute capital dans les relations germano-polonaises. Mais il ne faut pas s'y tromper : c'est avant tout rite germano-allemand. Un signe de l'Allemagne profonde, donné à l'Allemagne de l'écume.

 

Dans une Histoire nationale qui avait commencé par la traduction en langue allemande, en 1522, de la Bible, s'était accomplie par les Passions de Bach et la redécouverte de ce musicien par Mendelssohn, les oratorios de Haendel, la Révolution musicale de Beethoven, les recherches des Frères Grimm sur la langue allemande, l'aventure narrative wagnérienne, puis celle de Richard Strauss, le travail de Hölderlin puis de Brecht sur la métrique grecque, dans leurs variantes d'Antigone, il fallait, un quart de siècle après l'Apocalypse, un geste de réconciliation de l'Allemagne avec elle-même : ce fut celui de Willy Brandt, sur la Vistule.

 

L'Ostpolitik est un pèlerinage - au sens de Liszt - de l'Allemagne vers l'Allemagne.

 

Pascal Décaillet

 

 

09:40 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer |  Facebook | |

18/11/2018

Genève : le gâchis des radicaux

 

Sur le vif - Dimanche 18.11.18 - 14.15h

 

Il faut un peu s'imaginer ce qu'était la politique à Genève il y a 18 ans, au tout début des années 2000. Une idéologie libérale omniprésente : même les socialistes suisses, blairiens pour nombre d'entre eux, prônaient, tout au mieux, la domestication du capitalisme. Un Conseil d'Etat mou. Une instruction publique donnant des gages au pédagogisme. Les bilatérales, exaltées. La question de la concurrence transfrontalière sur le marché du travail, totalement sous-estimée, ce qui donnera naissance au MCG, et lui permettra sa première percée en 2005.

 

C'est dans ce contexte qu'est apparu un tout jeune conseiller municipal en Ville de Genève, 22 ans en l'an 2000, Pierre Maudet. C'est à cette époque, alors que je lançais l'émission Forum, que j'ai fait sa connaissance. Soudain, un homme. Jeune, élancé, dynamique, cultivé, incroyablement rapide dans son cerveau, malicieux, croqueur d'aventure et de destin. Dire qu'il tranchait avec le reste de la classe politique genevoise, c'est encore ne rien dire. En voilà au moins un avec qui on n'allait pas s'ennuyer.

 

Dans les cinq premières années de Forum, j'ai sans doute pas mal fait pour lui conférer une notoriété romande. Je l'assume absolument. Lorsqu'il y a talent, qu'importent pour moi les titres, qu'importait qu'il ne fût que conseiller municipal, et provoquât les jalousies de tel conseiller national. Maudet, Darbellay, Pierre-Yves Maillard, il fallait à mes yeux que ces hommes fussent du débat public.

 

Et puis, Pierre Maudet était radical. Et son avènement a coïncidé avec le vertige de ce parti, son risque de disparition de la scène politique, après plus d'un siècle et demi de présence en continu. En 2001, Guy-Olivier Segond quitte le Conseil d'Etat, après 12 ans, et Gérard Ramseyer n'est pas réélu. Pour la première fois depuis le Paléolithique supérieur, pas de radical au gouvernement ! Pierre Maudet et François Longchamp seront, devant l'Histoire, les hommes de la Reconquista, il faut leur laisser cela. Dans la médiocrité ambiante de la Genève de ces années-là, entre fatigues patriciennes, arrogantes comme jamais, et gauche mondialiste, ces deux hommes, d'une culture politique supérieure à la moyenne, avec sens de l'Etat et de la République, ont tranché. Ils ont constitué une alternative. Ils ont travaillé comme des fous. Et ils ont gagné.

 

Élection de François Longchamp en novembre 2005 au Conseil d'Etat, retour du Grand Vieux Parti, puis élection de Pierre Maudet au printemps 2007 à l'exécutif de la Ville. Chez les grognards, le moral, enfin, remontait. Quelque chose, en politique, était possible, si on en avait la volonté et la vision. De mon point de vue, deux hommes intelligents arrivaient aux affaires, comment s'en plaindre ?

 

Hélas, ces deux hommes n'ont pas exactement utilisé le pouvoir comme ils auraient dû. Une fois aux affaires, ils ont gardé les vieux réflexes des radicaux assiégés, cultivant dans l'officine l'art de monter des coups. Au mieux, on rendra hommage à leur esprit de corps. Au pire, on regrettera que ce dernier ne fût tourné que vers la promotion de leurs intérêts de caste et de corporation, et je ne parle même pas encore de cette affaire de cagnotte, écume face à l'essentiel.

 

Au fil des années, cet esprit de garde prétorienne s'est renforcé, on a gouverné dans le silence des coups montés à quelques-uns, avec çà et là de petits Peyrolles comme commis de basses besognes. Dans ces années-là, de pouvoir sans partage, combien de sourds combats en d'obscurs Fossés de Caylus, combien de comptes réglés avec des adversaires dérangeants : ça n'était plus la République, c'était juste le petit théâtre des ambitions personnelles.

 

C'est cela, le vrai problème du pouvoir radical retrouvé, de 2005 à 2018. Ce qui aurait dû servir l'ensemble de l'Etat, hélas, ne fut mis qu'au service personnel de deux hommes. C'est dommage. C'est du gâchis. C'est du temps perdu. Parce que ces deux hommes sont intelligents, cultivés, ils ont de la vision et du sens politique. Mais ils se sont noyés, sans même en jouir vraiment, dans l'immanente noirceur du pouvoir.

 

Le reste, ce sont des péripéties. Ou des mirages d'Orient.

 

Pascal Décaillet

 

14:48 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Imprimer |  Facebook | |

16/11/2018

Armée européenne : l'inculture de Macron

 

Sur le vif - Vendredi 16.11.18 - 17.37h

 

Il ne saurait exister d'armée européenne, pour la simple raison qu'il n'existe pas d'Europe.

 

Une armée, c'est l'épée d'une nation. Pour qu'il y ait armée, il faut qu'existe farouchement, derrière, une communauté d'hommes et de femmes suffisamment soudés, dans l'ordre des valeurs, de la mémoire, du projet commun, pour crier au monde leur volonté de vivre ensemble.

 

Exemple : la France révolutionnaire de 1792, celle qui lève en masse le peuple pour défendre les frontières et les valeurs nouvelles, alors que les têtes couronnées d'Europe, coalisées (elles le seront jusqu'en 1815), préparent l'invasion pour rétablir l'Ancien Régime, avec ses privilèges. Là, dans ce moment d'exception de l'Histoire de France, ceux qu'on a appelés les Soldats de l'An II, patriotes comme jamais, ont donné à l'Europe une incroyable leçon.

 

Pour qu'il y ait armée, il faut qu'il y ait nation politique. Il faut que ceux qui tiennent l'épée soient soutenus par le peuple. Ils l'ont été, dans la France en guerre, entre le 2 août 1914 et le 11 novembre 1918.

 

Pour qu'existe donc, un jour, cette fameuse "armée européenne", qu'un Président sans mémoire et sans culture politiques a cru bon, juste en passant, de lancer dans l'opinion, comme un feu de Bengale, sans le moindre arrière-pays mental dans l'ordre de l'Histoire, il faudrait qu'existe un jour une véritable Europe politique.

 

Existera-t-elle un jour ? Je n'en sais rien. Mais j'ai la certitude qu'aujourd'hui, elle n'existe pas. Au contraire, le château de cartes, construit sur de mauvaises bases, s'effondre.

 

Stratégiquement, qu'avons-nous en Europe ? Réponse : deux armées crédibles. L'armée française. Et, la rattrapant à grandes enjambées, dans l'indifférence générale, l'armée allemande. Eh oui, l'Allemagne est en plein réarmement, depuis Helmut Kohl, cela semble n'intéresser personne, elle réarme même sa marine, au point que cette dernière pourrait rattraper la Royal Navy dans un combat acharné, entamé à la fin de l'ère bismarckienne, sous l'impulsion du Grand Amiral Alfred von Tirpitz (1849-1930), véritable fondateur de la Kriegsmarine, pour la suprématie en mer du Nord et en Baltique.

 

Une armée française, qui n'est pas rien. Un armée allemande, en constante solidification. Cela, ce ne sont pas des rêves. C'est la réalité stratégique d'aujourd'hui.

 

Un jour, les Américains, arrivés le 6 juin 1944 (et même un peu plus tôt, en Italie), quitteront le sol européen. Ce jour-là, pas si lointain, il y aura, sur le continent, et jusqu'à la Russie, une armée française, et une armée allemande. Cette dernière sera devenue la plus puissante en Europe. A partir de ces fondamentaux, chacun d'entre nous peut fantasmer les scénarios qu'il veut, mais cela restera précisément des scénarios.

 

Pour l'heure, il n'existe aucune espèce d'Europe politique, nous en sommes infiniment loin. Il ne saurait donc exister d'armée européenne.

 

Pour l'heure, il existe en Europe des nations. Avec des armées nationales. Principalement, une armée française, une armée allemande. Le reste, ce sont des rêves et des paravents. Autant dire, rien : nulle politique ne saurait se fonder sur d'autres ancrages que ceux des réalités.

 

Pascal Décaillet

 

18:15 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (9) | |  Imprimer |  Facebook | |

Alexandre de Senarclens

 

Sur le vif - Vendredi 16.11.18 - 08.27h

 

Alexandre de Senarclens est un homme dont je ne partage pas les idées politiques. Le libéralisme économique, l'Union européenne, le multilatéralisme, ne sont pas mes choix. J'aime l’État, j'aime la nation, j'aime la frontière, je suis protectionniste, attaché à la solidarité et à la cohésion sociales, à l'interne. Dimanche 25 novembre, il gagnera, je perdrai. J'aurai tout au moins voté en conscience.

 

Bref, tout semblerait me séparer de ce patricien qui semble, à tout moment, surgir de la rue des Granges. Seulement voilà : il est devenu président du PLR genevois, j'ai commencé à l'inviter à GAC, j'ai appris à le connaître. Au fil des mois, j'ai découvert que l'élégance de cet homme n'était pas seulement vestimentaire : elle vient de l'intérieur, de son éthique, de son sens exceptionnel de la responsabilité individuelle. Il m'arrive parfois, en le côtoyant, de penser à mon professeur de grec, Olivier Reverdin.

 

Et puis, il y a eu l'affaire Maudet. Comme une pluie de poix sur la blancheur des convictions. Jour après jour, à ma demande, Alexandre de Senarclens, qui n'est strictement pour rien dans ces mirages orientalistes, ces cagnottes de grognards démobilisés et ces salamalecs, a toujours accepté de venir sur mon plateau, essuyer les plâtres. Payer pour les autres.

 

Il l'a fait, parce qu'il est président, et qu'il assume la fonction. Il n'a jamais attaqué personne. Il s'est montré, et se montre encore, dans toute cette crise majeure, un parfait gentleman, soucieux de l'unité d'un parti qui vole en éclats.

 

Au moment où ce parti n'a même pas le minimum de gratitude de le retenir pour la liste au National (Chambre où il aurait parfaitement sa place), je veux lui dire ici, publiquement, mon estime et mon respect pour la très grande classe de son comportement, et sa verticale rectitude dans le champ dévasté des trahisons.

 

Pascal Décaillet

 

11:17 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Imprimer |  Facebook | |

15/11/2018

Démocratie directe : les thèmes au pouvoir !

 

Sur le vif - Jeudi 15.11.18 - 15.27h

 

Politique : parlons moins des gens ! Parlons des thèmes !

 

La supériorité de la démocratie directe est qu'elle permet au corps des citoyens d'empoigner lui-même, sans intermédiaires, les grands thèmes dont peut dépendre le destin du pays.

 

Ainsi, les juges étrangers : qu'on soit pour l'initiative, qu'on soit contre, le peuple entier de la Suisse aura pu brasser un thème majeur, touchant à la notion de la souveraineté législative.

 

C'est tout de même autrement fondamental, dans la dimension même de la querelle, que l'anecdote ou la péripétie personnelle des uns ou des autres !

 

Pascal Décaillet

 

 

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Le corps de la nation

 

Sur le vif - Mercredi 14.11.18 - 23.50h

 

Il n'y a pas d'un côté les politiques, comme s'ils devaient constituer une caste à part, et de l'autre les gens.

 

Non. Il y a des citoyens.

 

Nous sommes tous citoyens ! Tous ensemble, nous faisons, grâce à la démocratie directe, la politique du pays. Ensemble, nous constituons le corps de la nation. Chacun de nous est fragment de cette totalité.

 

Il y a des citoyens élus, dans des Parlements, pour faire des lois. Fort bien. Qu'ils fassent des lois. Mais la politique ne leur appartient pas. Pas plus qu'elle n'appartient aux partis.

 

Se faire élire ne constitue en aucune manière un élément de supériorité dans l'appartenance citoyenne. Au contraire : cela crée un devoir, une forme profane de ministère, envers la masse des citoyens électeurs. Un élu est là pour servir.

 

La politique est l'affaire de tous. Aventure collective et totale, à l'intérieur d'un périmètre donné, qui constitue à la fois une communauté de mémoire et de destin.

 

Cet horizon commun, où l'avenir puise son énergie dans les profondeurs de l'Histoire, le foisonnement des récits, l'invention des langues, la communauté des valeurs, je lui donne, pour ma part, le nom de nation.

 

Pas le nationalisme. Juste la nation.

 

Pascal Décaillet

 

 

09:25 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Imprimer |  Facebook | |

14/11/2018

Macron face aux Serbes : innommable !

 

Sur le vif - Mercredi 14.11.18 - 13.51h

 

Le comportement de Macron face au Président serbe, le 11 novembre dernier, donne la nausée à tous ceux qui connaissent l'Histoire. Écarter un frère d'armes de la Grande Guerre, écarter un peuple qui s'est battu avec héroïsme contre l'occupation nazie de la Yougoslavie (là où d'autres collaboraient), entre 1941 et 1945, l'écarter le jour du centième de l'Armistice, est un acte innommable.

 

Mais ouvrez les livres d'Histoire, Monsieur le Président ! Relisez la prodigieuse épopée de l'Armée d'Orient, commandée par le Maréchal Franchet d’Esperey ! Et puis, renseignez-vous un peu, voulez-vous, sur la terrible Histoire des Balkans entre 1941 et 1945. Il y eut des gens, dans des pays aujourd'hui très bien vus de la mode internationale, pour trouver beaucoup d'avantages à l'occupation allemande. Et puis, il y eut des peuples qui résistèrent. Ce fut le cas des Serbes.

 

Ce qui manque à Emmanuel Macron, c'est un minimum de connaissances historiques. Il est le Président de la France ! Le Président d'une grande nation, qui s'est construite, au fil des siècles, par le sacrifice et par les armes. Une nation qui a refusé les Empires, pour s'affirmer elle-même, parfois seule contre tous, comme en 1792, lors de la levée en masse pour défendre la Révolution.

 

Cette nation, en Europe, a quelques amis fidèles. Pas beaucoup. La Serbie en fait partie.

 

Vous venez de commettre, Monsieur le Président, après celle de François Mitterrand au début des années 1990, la deuxième trahison de la France à l'égard de la Serbie.

 

Pascal Décaillet

 

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Les partis ne sont pas l'Alpha et l'Oméga

 

Commentaire publié dans GHI - Mercredi 14.11.18

 

Nous accordons tous beaucoup trop d’importance aux partis politiques. De gauche ou de droite, nous avons tendance à les traiter comme s’ils étaient l’Alpha et l’Oméga de notre vie démocratique. Ils ne le sont pas ! Le personnage principal, dans notre système suisse, ça n’est pas le membre d’un parti, ni son président, ni même son élu. Non, le héros de la politique suisse, c’est le citoyen. Ce corps électoral, invisible, de quelque cinq millions d’hommes et de femmes qui, quatre fois par an, sont appelés à se prononcer sur le destin de la nation. Ce sont eux, les patrons. Pas les élus, ni législatifs ni exécutifs ! D’un parlementaire, on attend qu’il fasse des lois, c’est déjà très important. Mais la politique ne lui appartient pas. Encore moins, à son parti !

 

L’émergence des partis politiques est une conquête de la Révolution française. Après les siècles d’Ancien Régime, l’impérieux besoin d’user de la liberté d’association et de réunion fut une revendication capitale, les partis en sont nés. Après deux siècles, les étiquettes ont changé, Jacobins et Girondins ont laissé la place aux radicaux, socialistes, libéraux, puis plus tard démocrates-chrétiens, etc., mais au fond les fronts sont toujours les mêmes, et les masses tectoniques de nos paysages politiques, en Suisse, en France, en Allemagne, n’ont pas beaucoup bougé, pendant toutes ces décennies.

 

C’est bien, les partis ont joué leur rôle dans l’Histoire. Mais leur temps n’est pas infini. La prodigieuse évolution des techniques, la mise en réseau des connaissances, le partage immédiat de l’information, tout cela va faire évoluer la citoyenneté. La démocratie directe, ce bien si précieux de notre système suisse, doit trouver le moyen de se réinventer pour faire participer massivement le plus grand nombre, encore plus qu’aujourd’hui, aux grandes décisions touchant le pays. De plus en plus, des groupes de citoyens, ciblés sur un objectif précis, pourront mettre en marche une démocratie d’efficacité et de résultats, sans passer par les appareils lourdingues des partis, avec leur pesanteur de comités, d’assemblées générales, d’élections internes, de petit services rendus entre bons paroissiens.

 

Et puis, quoi ! Le but, face au destin du pays, n’est pas de se dire toute sa vie « Je suis radical, je suis PDC, je suis socialiste, c’est merveilleux », mais il est de servir l’intérêt général. La démocratie directe, qui met en avant les thèmes plutôt que les personnes, déterre les tabous, provoque dialogues et débats, met en œuvre le langage et l’esprit, sert autrement le pays que ces pronunciamientos d’apparatchiks et de comitards, avec leurs partages de prébendes dans les conseils d’administration des grandes régies, leurs barbichettes mutuellement tenues, en un mot leurs systèmes de copinages. La politique n’appartient pas aux partis, mais à l’ensemble des citoyennes et citoyens de ce pays. Et, s’il faut la faire un jour sans les partis, eh bien nous la ferons sans eux.

 

Pascal Décaillet

 

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12/11/2018

La démocratie passe par la connaissance

 

Sur le vif - Lundi 12.11.18 - 09.36h

 

Hérités du 19ème siècle, des structures de pensée du 19ème, des moyens de communication du 19ème, les partis politiques ne sont absolument pas l'Alpha et l'Oméga de notre vie démocratique. Ils n'ont d'ailleurs pas à l'être : dans notre système suisse, le personnage principal est le citoyen ; l'instance cardinale, c'est le corps des citoyens, constituant le suffrage universel.

 

Les partis sont des groupements d'intérêts. Des corporations. Officiellement, pour fédérer sous une même bannière ceux qui voient le monde avec des valeurs communes. En vérité, parce que l'être humain a besoin - beaucoup trop, je l'affirme ! - de s'agglutiner dans la chaleur des chapelles et des paroisses, pour se sentir plus sûr. Elles n'ont pas toutes la sainte géométrie de la phalange. Mais toutes dispensent l'encens, bénissent et maudissent, incorporent, proclament la bonne parole.

 

On parle beaucoup trop des partis politiques. On leur attache beaucoup trop d'importance. Le héros, en démocratie, c'est le citoyen, pas le membre d'un parti. La prodigieuse modification des modes de communication, l'avènement des réseaux et de la connaissance partagée, tout cela, petit à petit, va rendre caducs ces conglomérats d'intérêts, et de services rendus, qu'on appelle les partis. De plus en plus, au fil des décennies, les énergies citoyennes, regroupées autour d'objectifs thématiques ponctuels, comme aujourd'hui les initiatives populaires, feront à la place des partis, et cette fois de façon directe, la politique du pays.

 

C'est pourquoi notre démocratie directe est si précieuse. Non pour constituer une "dictature de la majorité", comme l'affirme fallacieusement un ancien conseiller fédéral, mais comme outil moderne, pertinent, adapté aux consciences d'aujourd'hui et de demain, pour faire vivre notre pays.

 

Non seulement il ne faut pas affaiblir notre démocratie directe. Mais il nous faut inventer ensemble, dans les décennies qui viennent, les moyens de la renforcer. Pas pour en faire une démocratie d'opinion, ni de clic, surtout pas ! Mais pour associer le plus grand nombre aux décisions, conférant ainsi à ces dernières ancrage et légitimité.

 

Cela passe, combien de fois l'ai-je répété, par une élévation du niveau de connaissances de l'ensemble de la population. En Histoire, principalement. En information citoyenne. En linguistique, et décorticage des actes de langage. Cela passe donc par l’École, sans laquelle rien n'est possible. L’École, au service de tous. La connaissance, acquise, discutée, partagée, pour améliorer la vie des hommes et des femmes, tout simplement.

 

Pascal Décaillet

 

 

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10/11/2018

Macron : la révélation photographique se précise

 

Sur le vif - Samedi 10.11.18 - 18.13h

 

En relançant l'idée d'une "armée européenne", Emmanuel Macron permet de préciser la révélation photographique, lente mais certaine, de sa vraie personnalité politique.

 

Plus le quinquennat avance, plus s'estompe la grande tromperie de "l'homme nouveau", celle de la campagne présidentielle 2017, et plus se précise la véritable silhouette du Président français. Économiquement, un libéral, voire ultra. Politiquement, un MRP, entendez un démocrate-chrétien de la Quatrième République, fou d'Europe, peu sensible à l'identité profonde de la nation française, ancrée dans le tragique de l'Histoire.

 

Il a parfaitement le droit d'être tout cela, il est juste dommage qu'il ne l'ait pas annoncé franco de port, dans ses meetings du printemps 2017. Cette comédie de l'homme nouveau, tellement archaïque, était insupportable. Alors que libéral et européen, c'est identifiable dans la continuité historique, ça prolonge l'Histoire au lieu de prétendre l'abolir.

 

La dernière fois qu'il fut, de façon farouche et furieuse, question d'une armée européenne, ce fut le débat passionnel de 1954 sur la CED, la Communauté européenne de défense, neuf ans seulement après la guerre. Les MRP et les libéraux étaient pour. Les gaullistes et les communistes étaient contre. Aujourd'hui, 64 ans après, les fronts demeurent, au millimètre, juste parfois sous d'autres étiquettes, les mêmes qu'en 1954. Je dis souvent que depuis la Convention, donc depuis la Révolution, les masses tectoniques composant la politique française n'ont pas beaucoup changé.

 

Pour ma part, je ne reproche pas à M. Macron d'être pro-Europe ni libéral, même si je suis moi-même, comme on sait, anti-Europe, partisan des nations souveraines, mais aussi d'un État fort, et d'un système de redistribution solidaire des richesses. Mais je lui reproche de nous avoir joué, en 2017, une comédie comparable à celle de Giscard en 1974 : celle de la jeunesse et du jeunisme, de l'Histoire abolie, de la table rase. Le vrai visage de Giscard, qui se prétendait "centriste", on l'a vite vu : un homme de la droite libérale. Celui de Macron, comme un cliché en lente révélation chimique, se précise de jour en jour. En 2022, les Français sauront exactement à qui ils auront eu affaire. Au moment de prendre congé de lui. Après cinq ans de répit pour l'Ancien Monde.

 

Pascal Décaillet

 

 

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Erreurs en escadrilles

 

Sur le vif - Samedi 10.11.18 - 13.08h

 

D'où vient, mais de quelle étrange erreur de dépêche, ou de source première, cette hallucinante répétition en boucle, ce matin sur les radios francophones, de la phrase : "C'est la première fois depuis 1945 que les chefs d’État allemand et français se retrouvent en Forêt de Compiègne, dans le wagon de Rethondes" ?

 

Les plénipotentiaires français et allemands se sont retrouvés deux fois, face à face, dans le wagon de Rethondes :

 

1) Le 11 novembre 1918, pour la signature de l'Armistice, mettant fin à la Grande Guerre. Il n'y avait ni chef d’État allemand (le Kaiser avait été déposé l'avant-veille par la Révolution du 9 novembre), ni français (M. Poincaré), dans le wagon.

 

2) Le 22 juin 1940, pour la signature de l'Armistice, suite aux six semaines de Blitzkrieg de l'Allemagne contre la France. Le chef d’État français n'était pas là. Ni Lebrun, sortant. Ni Pétain, entrant. Le chef d’État allemand, lui, était bien là. Il s'appelait Adolf Hitler. Et il a esquissé, devant le wagon, une danse de victoire.

 

J'en viens au fait : en 1945, date avancée par toutes les radios ce matin, il ne s'est RIEN PASSE à Rethondes !

 

Comment une telle erreur factuelle peut-elle se reproduire en boucle, sans que personne ne réagisse ?

 

Pascal Décaillet

 

18:11 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Imprimer |  Facebook | |

Juges étrangers : la vraie question

 

Sur le vif - Samedi 10.11.18 - 10.12h

 

L'idée même de nation, dans sa racine qui est la France révolutionnaire de 1792 (celle qui, seule en Europe contre tous, lève en masse le peuple pour défendre le sol et les valeurs), implique la primauté du droit par elle-même édicté. Et la défense, à tout prix, contre vents et marées, de ce choix fondamental.

 

Si la France de 1792, celle de Valmy et des Soldats de l'An II, avait choisi l'ordre international, c'était le retour immédiat, imposé par tous ses voisins, à l'Ancien Régime, avec rétablissement des privilèges.

 

La question n'est donc pas "Voulons-nous la primauté du droit national ?". Mais, beaucoup plus en amont : "Voulons-nous constituer une nation souveraine ?". Ou voulons-nous, au contraire, devenir la partie d'un Empire ? Et, à terme, dans l'innocence d'une anesthésie, nous dissoudre dans ce dernier.

 

À cette question, la seule qui vaille, chacun est libre de répondre comme il l'entend. Ma réponse, à la fois personnelle, républicaine et nationale, vous la connaissez.

 

Pascal Décaillet

 

 

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08/11/2018

Manuel Tornare : un homme honnête et brillant

 

Sur le vif - Jeudi 08.11.18 - 09.47h

 

Manuel Tornare est un homme honnête. Il n'est pas un profiteur du système. Il a été, pendant de longues années, un remarquable Conseiller administratif, soucieux du bien public, plusieurs fois Maire, avec panache, réseau international, et volonté farouche de servir la Ville de Genève.

 

Fréquentant les puissants et les mécènes, il a souvent obtenu d'eux des dons très importants pour la collectivité genevoise. Il eût été exceptionnel, s'il avait hérité du dicastère de la Culture.

 

En aucun cas, ce serviteur de la Ville (l'échelon où il fut le meilleur) ne saurait, par contre-feux et amalgames concoctés dans les officines politiques, être mis à la même enseigne que certains autres, qui ont véritablement vacillé, peut-être même chaviré, face aux mirages de l'Argent.

 

Pascal Décaillet

 

 

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07/11/2018

Et l'Oméga ?

 

Sur le vif - Mercredi 07.11.18 - 13.10h

 

Dans un titre de tête de page, la TG qualifie de "mâle alpha" l'un des candidats PLR au Conseil fédéral. Quelle eût été la vocifération d'aucunes, si une métaphore similaire avait été utilisée dans le sens inverse ?

 

Pascal Décaillet

 

15:18 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer |  Facebook | |

On parle trop des élus !

 

Commentaire publié dans GHI - Mercredi 07.11.18

 

Voyages à Abu-Dhabi, notes de frais en Ville de Genève, voyage à Grenade d’une conseillère aux Etats vaudoise : on a l’impression, depuis quelques semaines, que l’horizon de l’analyse politique se réduit à donner son avis sur les faits et gestes, plus ou moins légaux, plus ou moins douteux, de nos élus. Tel magistrat a-t-il payé son voyage, qui le lui a offert, sa virée aux Emirats était-elle privée, ou au service du Canton, etc. Narrativement, c’est du pain bénit : ces historiettes se racontent merveilleusement, leurs rebondissements sont savoureux, un paradis pour les Revues, les dessins de presse, les caricatures. D’ailleurs qui d’entre nous, dès qu’il apprend un nouvel épisode, ne salive-t-il pas à l’idée d’immédiatement en informer ses amis et contacts de prédilection ?

 

Fort bien. Nous passons tous un bon moment. Dans ces traditionnels automnes genevois, où on attend Noël dans l’ivresse mesurée du stratus matinal, ce charivari fait du bien. Mais les passionnés de politique sont en droit, tout de même, d’attendre autre chose que cette réduction, digne des Jivaros, de la chose publique aux petites virées orientales, ou andalouses, de nos élus. A noter, juste en passant, que de Grenade aux Emirats, c’est toute une sensualité orientaliste, avec son lot de fantasmes, qui s’en vient squatter nos imaginaires : aurions-nous fait le même foin si nos édiles s’étaient rendus en week-end à Trondheim, ou à Düsseldorf ?

 

Donc, nous nous sommes fait plaisir. Avec des ingrédients que les principaux intéressés nous aurons livrés sur un plateau d’argent. Mais tout de même, et au risque de casser l’ambiance, rappelons que l’analyse politique, ça n’est pas cela. Une foi que tel éditorialiste, ou commentateur, aura signé son quinzième papier pour s’étrangler d’indignation, donner sa leçon de morale, ou nous remettre sur le tapis le sacro-saint « devoir d’exemplarité » des élus, il n’aura en vérité rien commencé, dans l’ordre de son métier. Ce dernier exige que les personnalités politiques soient jugées, non sur leurs petites déviances, mais sur leur efficacité dans les domaines où elles agissent. Tel ministre a-t-il réussi à faire avancer la République, par des réformes, ou a-t-il échoué ? Cette question est la seule, l’unique, celle qui doit prévaloir sur toutes les autres. C’est dans ce champ-là, et non dans l’improbable bosquet des péripéties, que les commentateurs de la vie politique doivent exercer leur esprit critique.

 

Pour ma part, j’attends d’un élu qu’il obtienne des résultats. Qu’il passe ses nuits dans d’odorants estaminets, à déguster du brut ou du demi-sec, ne m’intéresse pas. Le bien ou le mal que j’en dirai sera fonction de sa capacité à tenir la barre dans la République, s’imposer face à l’administration, faire avancer les choses. Pour le reste, parlons un peu moins des hommes et des femmes, et davantage des thèmes. Privilégions les votations sur les élections. Et surtout, utilisons à fond la démocratie directe : thématique et ciblée, elle est le fleuron de notre système politique suisse.

 

Pascal Décaillet

 

10:00 Publié dans Commentaires GHI | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Imprimer |  Facebook | |

06/11/2018

Il n'y a pas d'affaire Salerno

 

Sur le vif - Mardi 06.11.18 - 14.19h

 

D'abord Simon Brandt, puis d'autres : la ligne de contre-attaque de l'Entente municipale, en Ville de Genève, consiste à tomber sur Sandrine Salerno, sous prétexte qu'elle aurait mal géré le contrôle financier des notes de frais de l'exécutif.

 

Il s'agit, clairement, d'un dérivatif. On allume des contre-feux, pour faire oublier l'ampleur de l'ardoise Barazzone. L'opinion publique n'en sera pas dupe.

 

D'abord, Mme Salerno est une excellente gestionnaire des Finances municipales, des audits externes l'ont montré. Ensuite, sur l'affaire des notes de frais, elle est celle des cinq qui a le moins à se reprocher.

 

Surtout, prétendre le vide juridique responsable des errances dispendieuses de nos édiles, c'est présupposer que ces derniers auraient absolument besoin de codifications écrites, là où le minimum de rectitude devrait s'imposer naturellement.

 

Désolé, M. Brandt et consorts, il n'y a pas d'affaire Salerno.

 

Mais il y a, pour le moins, une affaire Barazzone.

 

Pascal Décaillet

 

 

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Il ira son destin

 

Sur le vif - Mardi 06.11.18 - 10.54h

 

Ce qui monte, un peu partout en Europe, ça n'est pas un nouveau système intellectuel. Non. C'est une part d'instinct et d'émotion, dans l'ordre de l'appartenance nationale.

 

Le sentiment, très fort, d'une communauté de destin, non à l'échelle mondiale, mais dans un périmètre géographique et une continuité historique bien précis. Ce que les mondialistes ont voulu abolir.

 

Ce retour de l'idée nationale, telle que les Français l'ont découverte au moment des guerres de la Révolution (1792), ou les Prussiens sous l'Occupation napoléonienne (1806-1813), ou les peuples d'Europe en 1848, est un courant puissant. Il ira son destin, quoi qu'il advienne.

 

Pascal Décaillet

 

 

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