Liberté - Page 3

  • Macron n'a de jeune que son âge

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    Sur le vif - Dimanche 08.12.19 - 15.29h

     

    "Cinq ans de répit pour l'Ancien Monde", titrais-je, ici même, à la minute de l'élection d'Emmanuel Macron, en mai 2017. Je qualifiais d'archaïque un homme jeune, dynamique, intelligent, qui venait de mener une campagne d'enfer, bousculant toute la classe politique française.

    Paradoxe ? Non, pas du tout. Macron n'a de jeune que son âge. En réalité, il était, en ce printemps 2017, le candidat d'un ordre libéral, qui, partout en Europe, s'effondre. Soutenu par la haute finance internationale, porté au pouvoir pour la rassurer, il n'a eu de cesse, depuis son élection, de défendre la féodalité cosmopolite contre tout ce qui pouvait lui porter atteinte. Sourd aux cris de justice fiscale des Gilets jaunes, insensible à leur volonté d'établir une forme française de démocratie directe, il a dit non à tout. Moderne dans son apparence, ancestral dans la réalité de son pouvoir.

    Il a dit non à la justice fiscale, continuant de surprotéger les puissants, parachevant l'écrasement de la classe moyenne. Il a dit non à la réforme de la démocratie, s'accrochant à un modèle représentatif, avec des corps intermédiaires, qui partout en Europe s'essouffle et s'effondre. En fait, il défend "son" Parlement, entendez la majorité de godillots de son fan's club, élus dans la foulée de son élection. Oh, de Gaulle, oui le grand de Gaulle, avait fait exactement la même chose en 1958, et Mitterrand en 1981. Le Parlement, en France, est Chambre d'obédience, sauf en cohabitation.

    Alors, quoi ? Alors, Macron a rendez-vous avec 2022. Là, il aura face à lui la grande coalition des colères. Classes moyennes, étouffées. Citoyens, citoyennes, jamais écoutés. Paysans, moribonds. Petits artisans, méprisés. Travailleurs pauvres, sans avenir. Patriotes, attachés à la nation, ennemis de toute délégation à un empire. Souverainistes, pour qui la fierté nationale a encore un sens. Cette France-là, face à lui, il faudra la juger sur son résultat chiffré, en valeur absolue.

    Et lui, face au Commandeur, demeurera-t-il muet ? Tentera-t-il le feu ? Un rendez-vous de destin, où il n'y aura plus ni jeunesse ni vieillesse, ni modernité ni archaïsme. Mais juste la vérité, face à l'Histoire, d'un peuple. Celle, aussi, d'une très grande nation, celle qui, voici 230 ans, donnait à l'Europe une leçon en s'affranchissant de l'Ordre ancien. Puis, l'An II, en versant son sang, sur tous les champs de bataille de l'Europe, face à toutes les coalitions conservatrices, pour affirmer ses valeurs nouvelles.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Impopulaire, inaudible

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    Sur le vif - Vendredi 06.12.19 - 11.27h

     

    Depuis le 19 mai 2019, et pour de longues années, toute manif de la fonction publique, à Geneve, est promise à être aussi impopulaire qu'inaudible. Elle clamera ce qu'elle voudra, on ne l'entendra pas.

    Il y a des choses que les gens du privé, à commencer par les petits entrepreneurs indépendants, qui n'ont aucune autre garantie de revenu que celle de leur ardeur et de leur santé (tant qu'elle leur demeure souriante), et qui financent seuls l'intégralité de leurs assurances sociales et de leurs retraites, ne peuvent tout simplement pas entendre. Tant elles sont indécentes.

    Quant aux contribuables, principalement ceux de la classe moyenne, celle qui n'a droit à aucune subvention et qu'on presse comme un citron, ils sont, à Genève, à deux doigts de la révolte. Pas un seul centime - je dis pas un seul - d'impôt supplémentaire ne doit être prélevé - ni même envisagé un seul instant - à Genève.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Chaud, devant !

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    Sur le vif - Mercredi 04.12.19 - 18.02h

     

    "Pas un jour, déclare à l'instant le présentateur de Forum, sans parler de réchauffement climatique".

    Mais, Cher Confrère, il ne tient qu'à vous, si (par aventure) vous estimez qu'il y a matraquage, de laisser parfois filer de douces et belles journées, sans vous croire obligé de ramener la chose.

    Car enfin, le micro, c'est vous qui le tenez.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Les Verts, la liturgie, la bataille des mots

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    Sur le vif - Mercredi 04.12.19 - 14.28h

     

    Le Conseil d'Etat genevois déclare l'urgence climatique. Il le fait savoir à l'instant, en ces termes, dans son communiqué hebdomadaire. Il s'appuie sur le rapport du GIEC, et sur les récentes manifestations de jeunes, en Suisse.

    Les quelques lignes du gouvernement genevois semblent littéralement reprises d'un service de presse du GIEC, ou des Verts, à commencer par ce titre dramatisant : "urgence climatique".

    La première victoire des Verts, en Suisse, en cette année 2019, n'est pas tellement électorale (ils ont progressé, mais demeurent parfaitement minoritaires dans notre pays), non, c'est dans l'ordre des mots, des choix de terminologie, qu'elle va se nicher. "Transfert modal", "finance durable", "mobilité douce", "urgence climatique".

    Le latin d'église des Verts déteint sur les parvis. Il envahit la place publique, à commencer par le discours des autorités temporelles. Aujourd'hui, mercredi 4 décembre 2019, ça n'est rien moins que le gouvernement de la République et Canton de Genève qui, le plus sérieusement du monde, déclare "l'urgence climatique".

    Le Conseil d'Etat ne nous dit pas : "Nous allons faire ceci, ou cela", ou très peu, juste dans les grandes lignes. En ce jour de gloire, il affiche une posture rhétorique : "l'urgence climatique".

    Sa posture, son blason, les couleurs de son étendard, rien de cela n'émane de lui-même. Non, il se contente de reprendre, mot pour mot, le slogan de campagne de l'un des partis politiques présents dans le jeu d'antagonismes de notre démocratie suisse. Il prend cette formule-là, et nulle autre.

    Les Verts sont très forts. Ils représentent une minorité des forces politiques à Genève et aux Chambres fédérales. Ils n'ont, dans notre Conseil d'Etat, qu'un magistrat sur sept. Mais ils réussissent à faire passer leurs mots à eux, leur langage, leur liturgie, comme désormais officielle, pour la politique de la République.

    Ils ont, pour l'heure, gagné la bataille des mots. Comme il avaient, en 2011, capitalisé sur Fukushima. Quatre ans plus tard, leur château de cartes s'effondrait. Huit ans plus tard, ils trouvaient d'autres mots d'Apocalypse pour construire leur succès électoral, et assouvir leurs ambitions, qui ne sont pas moindres que celles des autres.

    Là, oui, ils remportent un succès. Mais le reflux n'est jamais bien loin. Pour peu que les consciences se réveillent. Et, tout en visant sincèrement à protéger l'environnement, qu'elles commencent à faire la part des choses entre l'intérêt général et le catéchisme de propagande d'un parti.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Pour un Etat sans dette, ni déficits !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 04.12.19

     

    A quelques jours de l’examen du Budget 2020 du Canton de Genève par le Grand Conseil (session des 12 et 13 décembre), il convient de rappeler ici quelques vérités en matière de tenue de toute comptabilité, qu’elle soit individuelle, familiale, pour une petite entreprise, une moyenne, ou même une immense. Je parle ici comme citoyen, comme père de famille, ce que sont des dizaines de milliers d’autres personnes à Genève, tant d’hommes et de femmes faisant ce qu’ils peuvent pour s’en sortir. Mais je parle aussi comme petit entrepreneur, ayant à gérer depuis 14 ans un budget professionnel, et tenir ses propres comptes, là aussi comme des milliers d’autres. Je ne suis pas un élu, et n’ai aucune intention de le devenir. Mais j’ai appris à compter, à me battre, et n’ai aucune leçon à recevoir de la part de certains députés, ceux qui dépensent – et parfois dilapident – les deniers publics, sans avoir conscience qu’il s’agit de l’argent des contribuables, gagné à la sueur de leur front, puis donné à l’Etat pour qu’il en fasse le meilleur usage.

     

    Est-ce vraiment le cas ? Hélas, non ! La plupart de nos budgets publics sont déficitaires. Celui de l’Etat de Genève, pour l’année 2020, qui sera tranché dans quelques jours, l’est aussi. Le déficit, c’est un résultat négatif pour l’exercice d’une année. L’accumulation des déficits, cela s’appelle la dette. L’Etat emprunte de l’argent à des banques. Lorsqu’il est endetté, il doit payer, comme tout débiteur, les intérêts de la dette. Ces intérêts, qui les paye ? Réponse : les contribuables ! En clair, plus l’Etat creuse sa dette, plus nous-mêmes, puis un jour nos enfants, nos petits-enfants, devront passer à la caisse pour rembourser. En plus clair encore, leurs impôts, prélevés sur la sueur de leurs fronts à eux, serviront à dépenser des sommes totalement inutiles pour les tâches de l’Etat, juste régler d’anciens contentieux. Pour ma part, je trouve ce principe dégueulasse. C’est cela, le déficit. C’est cela, la dette !

     

    Je suis partisan d’un Etat fort, avec sa dimension sociale : pas question de laisser des concitoyens sur le bord du chemin. Mais cet Etat doit impérativement être géré avec une extrême rigueur. Un sou est un sou, pour la seule raison que c’est celui des contribuables. La valeur infinie de ce don, prodigué par ceux qui travaillent à la collectivité, les députés, de gauche comme de droite, doivent, à tout instant, l’avoir à l’esprit. Cet argent n’est pas à eux ! Ils n’en sont que les gestionnaires, au service de l’intérêt général. Citoyen parmi les citoyens, je demande aux élus de viser l’équilibre budgétaire. Et d’entreprendre toutes choses pour que la dette soit résorbée. Toute autre politique, dispendieuse et inconsciente face à des contribuables, notamment la classe moyenne, déjà pressés comme des citrons, sera de nature à entraîner la colère populaire. L’injustice fiscale, comme le prix du pain ou celui de l’essence, est l’une des premières causes de révolte. Les corps intermédiaires feraient bien de s’en souvenir.

     

    Pascal Décaillet

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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  • Thomas : voir, pour croire ?

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    Sur le vif - Mardi 03.12.19 - 14.31h

     

    Plus j'observe le jeune Thomas Juch, président des Jeunes libéraux-radicaux genevois, Argovien d'origine, plus je me dis que nous tenons là un tempérament politique d'avenir.

    Voilà un jeune homme dont toutes les apparences laisseraient poindre l'image d'un gendre idéal, un gentil Alémanique, devenu premier-lieutenant pour ne pas déplaire à la convenance, toujours poli, jamais contrariant.

    Oui mais voilà, la vie c'est se méfier du paraître. Il ne suffit pas de voir, pour croire. En maintes circonstances, sur le plateau de GAC, ou des Yeux dans les Yeux, ces dernières semaines, le gendre a montré, sans le moindre énervement, ni même hausser la voix, qu'il avait un jugement sûr et lucide, centré sur l'objet même du débat, en toute indifférence des circonstances, des passions, ou de la personne qu'il avait face à lui.

    Une capacité aiguë de discernement, qui l'amène très souvent à attaquer de front son propre parti "adulte", le PLR. Dernier épisode en date (cf. le Temps) : une proposition de refonte totale des statuts du parti genevois, et quelques jouissifs missiles décochés contre les intouchables, les indécrottables, les apparatchiks.

    Plus j'observe ce garçon, plus je me dis qu'il a en lui la force tranquille, le souffle aussi, de ceux qui n'ont, dans la vie, aucune espèce d'intention de se laisser distraire des objectifs qu'ils se sont donnés à eux-mêmes. Et qu'ils sont seuls à connaître.

    Bravo, Thomas, continuez. Sous votre apparence lisse et facile, il y a des équations cachées, du non-dit, de la pudeur aussi. Et sans doute, une volonté de lumière et de vérité qui pourraient faire pas mal de bien, au sein d'un parti genevois bien trop las de porter ses fatigues patriciennes.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Regula, les Saxons, l'ardeur

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    Sur le vif - 03.12.19 - 10.40h

     

    Le groupe des Verts libéraux aux Chambres fédérales nous fait savoir aimablement qu'il recevra Regula Rytz, candidate des Verts au Conseil fédéral, en milieu d'après-midi, et... qu'il n'y a strictement rien à attendre de cette rencontre au sommet !

    Rien : ni décision du groupe (reportée au 10 décembre, veille de l'élection, une fois que tous les autres se seront prononcés), ni communiqué de presse, ni le moindre frémissement de paupière, rien !

    Galvanisés par cette nouvelle fracassante, révélatrice du courage, du sens de la surprise, de l'offensive, de l'anticipation, de ce parti, adepte de la guerre de mouvement, qui bouscule les normes et bascule les lignes ennemies, nous envoyons toutes nos équipes au Palais fédéral, cet après-midi.

    Quant à Regula, elle peut compter, de la part de ce parti, sur le même soutien que celui porté par les Saxons à Napoléon, lors de la bataille de Leipzig, du 16 au 19 octobre 1813.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Mariss Jansons (1943-2019) : dépossession d'une âme

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    Sur le vif - Dimanche 01.12.19 - 12.36h

     

    Mariss Jansons ! Le monde de la musique perd l'un des plus grands chefs de notre époque. J'apprends à l'instant son décès, ce matin à Saint-Pétersbourg, à l'âge de 76 ans. Coïncidence : hier soir, je regardais encore la Dame de Pique, de Tchaïkovski, texte de Pouchkine, sous sa direction, sur Mezzo.

    Il y a 23 ans, à Oslo, il avait été foudroyé par une attaque cardiaque, alors qu'il dirigeait la Bohème. Il s'en était remis. Il avait repris le chemin des pupitres.

    Incroyable destin que celui de ce petit garçon, né en 1943 en Lettonie, et qui avait été caché pour échapper à la déportation.

    Incomparable, aussi, la tenue et la renommée qu'il avait données au Concertgebouw d'Amsterdam. Puis, à l'Orchestre de la Radio Bavaroise. Sans compter la fougue de ses Concerts du Nouvel-An, à Vienne. Un très grand, oui.

    De ce spécialiste de la musique russe, mais aussi de Mahler, Dvorak, Bartók, et tant d'autres, je retiendrai, outre son génie dans la compréhension des œuvres, la capacité d'expression de son visage, la beauté, vive, pénétrante, immédiate, de son regard.

    Nous nous sentons, en ce dimanche, tout aussi dépossédés d'une âme que lorsque nous quittèrent, ces dernières années, des gens comme Claudio Abbado (2014), ou Nikolaus Harnoncourt (2016).

    Quoi de plus saisissant que la singularité d'un être, dans le fracas du monde ?

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Vital, la simplicité des Justes

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    Sur le vif - Vendredi 29.11.19 - 16.05h

     

    C'était un homme long et mince, jusqu'à flotter parfois dans son complet, avec dans le visage un mélange de nostalgie et de joie d'être au monde. Il avait la parole douce des apartés, la chaleur souriante des conciliabules, il vous prenait par le bras et c'était le Conclave.

    Vital Darbellay, qui nous quitte à 90 ans, c'est une conscience politique et sociale de l'Histoire du Valais. L'un des ultimes descendants de la Doctrine sociale de Léon XIII, cette Encyclique Rerum Novarum de 1891, qu'il connaissait à fond, et qui avait constitué la première grande tentative de réponse non-marxiste aux questions posées par la condition sociale des ouvriers, dans les conditions épouvantables du monde que nous décrit Zola. Le but du travail, nous dit Léon XIII, c'est d'épanouir l'humain, lui permettre d'éclore auprès de ses proches : sa famille, ses amis, ses collègues. C'est cela, et non la recherche du profit pour le profit.

    Nous sommes dans une école de pensée qui fut, depuis l'enfance, matricielle pour votre serviteur, s'éloignant tout autant du capitalisme que du marxisme. D'aucuns, aujourd'hui, peinent à saisir cette troisième voie. Du Sillon, de Marc Sangnier, à la Revue Esprit, d'Emmanuel Mounier, elle est pourtant l'une des voies du salut, pour défendre la dignité des hommes et des femmes, sur cette Terre.

    Conscience politique du christianisme social valaisan, l'aile jaune pour faire court, celle qui porte les couleurs du travail, de la famille, et d'un immense souci de cohésion sociale entre les humains, Vital (quel sublime prénom, qui porte en lui le souffle et l'esprit !) est à mes yeux celui qui, dans le dernier demi-siècle, a le mieux incarné cette philosophie. Chez ces gens-là, sans qu'il soit besoin de défiler le 1er Mai, on considère qu'un être humain en vaut un autre, quel que soit son genre, la couleur de sa peau, son statut social. C'est cela, Léon XIII. Et c'était cela, la secrète douceur de Vital Darbellay.

    Vital fut un très grand Valaisan de l'après-guerre. Au même titre qu'un Maurice Chappaz ou un Pascal Couchepin. Président des Syndicats Chrétiens pendant vingt ans, conseiller national de 1979 à 1995, il était le Président du Groupe PDC de l'Assemblée fédérale lorsque je suis arrivé à Berne, comme correspondant, il y a presque trente ans. Il m'a immédiatement accueilli comme un frère. Il me parlait de ma famille, en Entremont, de mes oncles, d'Orsières, de Liddes, de Martigny, de la région du Saint-Bernard, de la Vallée du Trient. Il me parlait toujours avec cette douceur des chuchotements, comme s'il me confiait un secret de confessionnal. Il eût été, dans quelque monastère perdu de la Jérusalem Céleste, un Prieur incomparable.

    Lorsque j'ai appris son décès, en début d'après-midi, m'est remontée l'émotion de tant de souvenirs. Celle de cette haute silhouette, aperçue encore ces dernières années dans des églises, lors du dernier adieu à des gens de ma famille. Celle, plus lointaine, qui arpentait avec la simplicité des grands, et le sourire des Justes, la Salle des Pas perdus du Palais fédéral. Il cherchait, je crois, quelqu'un à qui parler. Si souvent, Dieu merci, je fus son homme.

    A sa famille, à tous ses proches, à son neveu Christophe, j'adresse mes sentiments et amitiés. Le Valais perd un homme grand. Et un grand homme.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Oser affronter le tabou démographique

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    Sur le vif - Vendredi 29.11.19 - 08.17h

     

    Bien entendu que Genève doit revoir son modèle de croissance ! En commençant par aborder frontalement le tabou de son nombre d'habitants dans trente ans. Ce dernier ne saurait rompre l'équilibre entre territoire et humains qui l'habitent.

    On ne peut, à l'infini, bétonner le canton, sous prétexte d'élévation du nombre de ses habitants. Comme si ce dernier facteur était inéluctable. Comme si le politique devait demeurer inerte face à l'inflation démographique.

    L'initiative Ecopop, que pour ma part j'avais votée, posait exactement cette question-là. En faire l'économie, y compris dans la gestion des flux migratoires, c'est rouler à la catastrophe.

    L'avenir n'appartient ni au libéralisme du libre-échange et du profit immédiat, ni aux rêves de la gauche immigrationniste. Mais à des sociétés humaines soucieuses d'équilibre et de mesure, protégeant en priorité leurs citoyennes et citoyens, à l'intérieur d'un périmètre dont elles ont la responsabilité.

    Les réalités tangibles du local, plutôt que l'abstraction spéculée de l'universel. Partout en Europe, cette aspiration monte.

    Notre canton, notre pays, ne sont pas extensibles à souhait. Nous avons la responsabilité, pour les générations futures, d'en gérer la démographie en fonction de nos choix politiques, et non en laissant faire les seules lois du marché.

    La frontière protège le faible, le sédentaire ! Le nanti, le cosmopolite, se rient des frontières !

    Le combat pour une croissance qualitative passe par un principe incontournable : régulation des flux migratoires.

    Exactement ce que le peuple suisse a voulu le 9 février 2014. Et qui n'a jamais été mis en application.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Tu gèles, ou tu danses ?

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    Sur le vif - Jeudi 28.11.19 - 13.12h

     

    Pour l'immense majorité des gens, ceux qui écoutent distraitement les flashes radio, et dont l'attention doit être captée par des messages parfaitement clairs, dès les premiers mots de l'info : que peut bien signifier "geler la densification de la zone villas" ?

    Si l'auditeur (ou le lecteur d'un titre de journal) a besoin de calculer dix fois, dans sa tête, le champ de doubles négations de mots inaudibles, en les annulant comme en algèbre, pour essayer de dégager un peu de sens, le message ne passe pas.

    D'abord, ça veut dire quoi, "densifier une zone villas" ? Ensuite, que signifie "geler une densification" ? Sans parler du mot "moratoire", que bien des gens ne comprennent tout simplement pas !

    Le rôle des médiateurs est de parler clair. Et non de reproduire le jargon des spécialistes. S'ils empruntent cette seconde solution, c'est qu'ils n'ont pas compris, eux-mêmes, les données du problème.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Toujours plus vite !

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    Sur le vif - Jeudi 28.11.19 - 08.37h
     
     
    Les fous du volant apprécieront la limitation à 30 km/h au Pont d'Arve. Mais la barre est vraiment placée très haut. Jusqu'ici, personne n'a réussi à atteindre cette vitesse grisante, à la queue leu leu entre le feu de la rue de Carouge et celui de la Pointe. Seul un Italien inconscient, au nom interminable, issu de l'aristocratie milanaise, au volant d'une Lamborghini, aurait, dit-on, atteint une fois les 17 km/h. En écoutant Tosca. Et en ripolinant son cockpit doré.
     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Un Vert au Conseil fédéral : légitime !

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    Sur le vif - Mercredi 27.11.19 - 21.55h

     

    On ne me soupçonnera pas d'une sympathie extrême pour l'idéologie des Verts. Mais désolé, là ils ont fait une percée. La question de leur représentation, hic et nunc, au Conseil fédéral se pose avec pertinence et légitimité.

    L'idée qu'il faudrait attendre quatre ans, huit ans, douze ans, pour qu'ils "confirment", est d'une hallucinante mauvaise foi de la part de ceux qui s'accrochent désespérément au pouvoir.

    Le temps démocratique est celui d'une législature. On définit des forces pour quatre ans. Rien n'existe avant. Rien n'existe après. Tous les quatre ans, tout doit être remis à zéro. Pour quatre ans, et pas une seconde de plus.

    Le peuple a donné un signal. C'est maintenant, et pas aux calendes grecques, qu'il doit être écouté. L'idée d'attendre l'élection suivante pour "confirmation" ferait éclater de rire n'importe quel pays voisin. Elle est même l'un des plus vulgaires dénis de démocratie qui se puissent concevoir.

    Quant à ceux qui n'en peuvent plus de roter leur antériorité, qu'ils s'inscrivent dans des clubs d'aînés. Ou comme figurines, dans des musées de cire.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • L'intangible noirceur du pouvoir

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    Sur le vif - Mercredi 27.11.19 - 16.25h

     

    Rien, ni personne, ne "fait de la politique autrement".

    Les femmes ne font pas de la politique autrement.

    La gauche ne fait pas de la politique autrement.

    Les jeunes ne font pas de la politique autrement.

    "Faire de la politique autrement", c'est la promesse électorale de ceux qui veulent le pouvoir.

    Dès qu'ils l'ont obtenu, ils se mettent à faire de la politique exactement comme les autres. Comme eux, ils s'endurcissent. Comme eux, ils s'isolent. Comme eux, ils fonctionnent avec des gardes rapprochées, des commis aux basses oeuvres. Comme eux, ils s'accrochent. Comme eux, ils font tout pour demeurer au pouvoir.

    Rien, ni personne, n'échappe à cela.

    La grande saloperie du monde, c'est le pouvoir. D'où qu'il vienne, il vous corrode, il vous corrompt, il fait de vous un prédateur, il vous salit, il vous marque à jamais.

    Tant que les postes politiques seront des postes de pouvoir, avec capacité de choisir les gens, jouer de leurs ambitions, actionner des sommes d'argent, donner aux uns plutôt qu'aux autres, valoriser Jean pour humilier Paul, il n'y aura aucun changement.

    Adolescent, très tôt, j'ai eu l'immense privilège de lire en grec Thucydide (La Guerre du Péloponnèse) ou le génial biographe Plutarque, parmi beaucoup d'autres. Et puis, les grands tragiques. Et puis, tout le reste, Brecht évidemment. L'impression qui domine, au-delà des sublimes vertus littéraires, est celle de la permanence et de l'immanence d'une infinie noirceur humaine, dès que se trouve en jeu le principe même du pouvoir.

    Je ne crois pas au progrès. Je crois à l'éternité d'ébène des ambitions. Et au fond, bien qu'admirant tant de grands hommes dans l'Histoire, de Charles de Gaulle à Willy Brandt, de Nasser à Mendès France, je crois nourrir en moi une immense détestation du pouvoir.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Putain, trois ans !

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     Commentaire publié dans GHI - Mercredi 27.11.19

     

    Le problème no 1 du Conseil d’Etat genevois, ce ne sont pas les affaires. Même si, bien sûr, ces dernières n’arrangent rien ! Non, le véritable problème, c’est l’incapacité de l’attelage actuel (2018-2023) à constituer une véritable équipe, avec des stratégies d’ensemble, claires et lisibles. On dirait qu’ils s’ennuient, entre eux !

     

    Ne pointer que les affaires, comme celles ayant concerné Pierre Maudet, c’est privilégier un narratif tellement facile : un homme très puissant a gravement fauté, alors il tombe, et on n’en finit plus de raconter l’histoire de sa chute.

     

    La maladie dont souffre l’actuelle équipe gouvernementale est, hélas, beaucoup plus grave que cela. Elle ne se ramène pas à un seul homme, mais à une véritable paralysie des institutions : Conseil d’Etat sourd et aveugle, incapable de sentir la souffrance des gens, coupé du Grand Conseil, fonctionnant en silos plutôt qu’en équipe.

     

    Les qualités personnelles des sept ministres ne sont pas en cause. Ni d’ailleurs leur travail individuel, chacun à la tête de son Département. C’est la sauce qui ne prend pas. Et ça n’est pas une question de présidence pour cinq ans, ou de retour à une présidence tournante. Non. Nous sommes face à une impossibilité mathématique, une impasse humaine. Jeter la pierre sur un seul des membres ne sert strictement à rien.

     

    A une telle équipe, le peuple, les dimanches de votation, dira de plus en plus non. Ou des oui, du bout des lèvres, de ceux qui exigent recomptage. C’est assez désespérant. Et il y en a encore pour plus de trois ans.

     

    Pascal Décaillet

     

     

     

     

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  • Chicago sur Rhône : le peuple a dit non !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 27.11.19

     

    En acceptant clairement (56,3%), ce dimanche 24 novembre, l’initiative 163, « Pour un pilotage démocratique de l’aéroport », le peuple genevois a non seulement pris une décision sur un texte important, mais il a aussi donné un signal sans équivoque sur le modèle de croissance qui doit être celui de notre Canton, pour les décennies qui viennent. Le peuple n’a pas voté contre les avions, ni contre l’existence d’une plateforme aéroportuaire importante pour Genève et la région. Il n’a pas non plus voté la décroissance. Non, il a juste refusé la démesure et la spéculation, la croissance comme but en soi. Il a voulu une économie prospère et dynamique, mais centrée sur l’humain, avec le souci de sa santé, la volonté de combattre les nuisances. Au moment où notre aéroport, né au lendemain de la Grande Guerre, fête ses cent ans, les citoyennes et citoyens de Genève ont dit oui aux avions, mais au service de Genève et de ses habitants. Ils ont dit non à la folie d’un Chicago sur Rhône.

     

    Un vote important, donc. Une étape, dans l’Histoire économique de Genève. Il s’agit d’en prendre la mesure, et de redéfinir les priorités pour les temps futurs. Il faudra d’abord que les organisations qui défendent l’économie genevoise revoient, de fond en comble, leur stratégie. A commencer par la CCIG (Chambre de commerce, d’industrie et des services de Genève). De belles énergies, dans cette instance, à commencer par celles de son directeur général, Vincent Subilia, des compétences réelles, une sincère volonté de se battre pour le tissu genevois. Mais hélas, depuis quelques années, tant de signaux d’obédience aux multinationales, au gigantisme, et pas assez d’actions visibles au service de nos PME genevoises, qui constituent pourtant l’écrasante majorité de nos entreprises. On aimerait les voir davantage valorisées, jusqu’aux toutes petites unités, de quelques personnes, voire une seule, plutôt que tant de courbettes aux puissants.

     

    Car au fond, à quoi sert l’économie ? A quoi, si ce n’est contribuer au bien-être d’une collectivité humaine, permettre à cette dernière de s’épanouir, au milieu d’un cadre naturel aimé et respecté ? Celui de Genève, petit miracle d’équilibre et de géométrie pris entre Salève, Jura et Voirons, constitue un biotope d’exception, avec la richesse et la densité d’une ville marquée par l’Histoire, l’aménagement de périphéries où la qualité de vie doit l’emporter sur toute préoccupation, et puis la campagne, les terres agricoles, la vie dans nos cours d’eau, la faune et la flore. Point n’est besoin d’être inscrit au parti des Verts pour être sensible à tout cela ! Lisez par exemple les remarquables ouvrages de Philippe Roch, ancien Secrétaire d’Etat à l’environnement, ou les études de l’architecte et urbaniste Marcellin Barthassat, vous y trouverez de l’humanisme et de la vision. Tout comme chez le vigneron Willy Cretegny. Aimer Genève, oui. Mais la transformer en un Chicago sur Rhône, c’est définitivement non !

     

    Pascal Décaillet

     

     

     

     

     

     

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  • Mollachus, s'abstenir !

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    Sur le vif - Mardi 26.11.19 - 15.55h

     

    On accorde beaucoup trop d'importance au contrat de travail, depuis 82 ans, en Suisse. Huit décennies pour gonfler les syndicats, les faîtières, les apparatchiks, en en face l'équivalent, côté patronal. Dresser une machine de guerre contre une autre.

    L'important dans la vie, c'est d'avoir du travail. Pas d'avoir un contrat. On peut parfaitement vivre sans contrat, mais pour cela il faut se battre soi-même, avec une sacrée férocité, pour être et demeurer un petit entrepreneur. C'est beaucoup plus dur, mais c'est sacrément gratifiant.

    D'ici une ou deux générations, la sacralisation, depuis 1937, du contrat, donc des rapports contractuels, donc des conventions collectives, aura sans doute fait son temps. Il y aura toujours des gens qui travailleront. Et il faut, dès aujourd'hui, leur faciliter la tâche pour qu'ils apprennent à prendre en charge, eux-mêmes (et non sous la paternité, ou le paternalisme, d'un employeur), leurs assurances sociales, leur gestion personnelle à long terme. Comme le fait n'importe quel indépendant, n'importe quel entrepreneur.

    Le but, dans la vie, c'est de réaliser ses rêves, y compris professionnels. Pour cela, il faut beaucoup s'investir, prendre des risques, se battre comme un lion, laisser peut-être une partie de sa santé. Mais il n'est écrit nulle part qu'il faille entrer dans l'obédience d'une relation contractuelle.

    Le contrat de 1937, en Suisse, comme ailleurs, était calqué sur la société patriarcale et autoritaire de l'époque, avec des hiérarchies puissantes, au mieux un paternalisme amical de l'employeur, au pire une saloperie de petit tyran d'entreprise.

    Je peux comprendre que le rêve d'un jeune soit d'avoir du travail, et nous devons tout faire pour cela. Je conçois moins qu'il puisse rêver d'entrer dans une relation contractuelle. Il y a, pour les esprits et les caractères indépendants, impétueux, beaucoup mieux à faire : être son propre patron.

    J'ai fait ce choix il y a quatorze ans. Je ne le regrette pas une seule seconde. Mais je vous préviens: c'est très dur. Mollachus, s'abstenir.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • La Cour, mes Frères !

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    Sur le vif - Mardi 26.11.19 - 10.25h

     

    Un élu législatif ne représente pas l'Etat, mais la société, dans toute sa diversité. Merci à la Cour de justice de l'avoir rappelé.

    Quant à la petite Fraternité qui, à Genève, n'en peut plus de se prendre pour le petit Père Combes en 1905, et de nous imposer l'abstraction glacée de ses géométries, parce qu'elle aurait tout compris mieux que les autres, il va lui falloir modérer quelque peu ses ardeurs.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Fonction publique : un minimum de décence !

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    Sur le vif - Lundi 25.11.19 - 16.25h

     

    Les gens qui, à Genève, travaillent dans le secteur privé, notamment les petits entrepreneurs indépendants, qui n'ont aucune garantie sur rien, paient seuls la totalité de leur AVS, ainsi que de leur prévoyance professionnelle (s'ils en ont contacté une), et d'ailleurs l'ensemble de leurs assurances sociales (pertes de gain, etc.) apprécieront vivement d'apprendre que la fonction publique s'apprête à manifester, le 5 décembre prochain.

    Cet appel, dans les circonstances économiques que nous vivons, avec le chômage des jeunes et celui des seniors, voire la dépendance de l'assistance sociale, confine à l'indécence.

    Faut-il rappeler que la fonction publique genevoise a bénéficié ce printemps, suite à une enchaînement complexe de votes, de l'incroyable cadeau de pouvoir continuer à ne cotiser qu'à hauteur d'un tiers pour sa prévoyance professionnelle ?

    Un tiers pour l'employé, cela signifie deux tiers pour l'employeur. L'employeur, c'est l'Etat. Donc l'employeur, c'est nous ! Les classes moyennes à Genève, déjà pressées de toutes parts, comme des citrons, doivent financer comme contribuables ces fameux deux tiers de l'employeur !

    Ainsi, un petit indépendant, qui rame pour s'assurer une retraite correcte, doit non seulement la financer tout seul, premier et deuxième pilier, mais en plus il passe à la caisse pour les deux tiers "employeur" des fonctionnaires. Et lui n'a aucune garantie d'emploi, puisque par définition, il n'a pas d'emploi, mais des mandats, donnés par des clients.

    Dans ces conditions, un minimum de retenue, dans l'occupation la rue, devrait être observé par une fonction publique particulièrement nantie à Genève. Tous n'ont pas leurs chances. Tous n'ont pas leurs privilèges !

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • CCIG : au service des PME, SVP !

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    Sur le vif - Dimanche 24.11.19 - 14.34h

     

    Membre, depuis des années, comme petit entrepreneur, de la CCIG, fier d'appartenir à cette Chambre qui défend la vitalité économique de Genève, je l'encourage vivement à revoir ses priorités en direction des PME, de toutes celles et ceux qui, même au niveau modeste, ont pris à Genève le risque d'entreprendre, avec tout l'inconfort que cela signifie.

    Désolé, mais les signaux de ces dernières années ne sont pas allés dans ce sens. Prise dans des réseaux, voulant copier d'autres associations, faîtières du grand patronat et de la finance, la CCIG s'est embarquée dans tous les combats donnant l'impression d'une allégeance aux multinationales, à la finance cosmopolite, et à l'idéologie d'une croissance démesurée.

    Cette idéologie pour l'aéroport, véhiculée par le Président du Conseil d'Etat 2013-2018, qui avait pour cette plateforme des regards d'enfant rêveur, puis colportée par l'autre conseiller d'Etat radical, puis par ce qui reste de la droite économique au gouvernement, est désormais aussi caduque que décalée. Le succès de l'initiative 163 le démontre avec éclat. La population genevoise veut une économie dynamique et inventive, mais au service de l'humain et de l'environnement.

    Membre de la CCIG, instance que je respecte et apprécie, je demande une nouvelle politique économique, moins servile envers les puissants, les spéculateurs et les internationaux, et vraiment tournée vers les petites et moyennes entreprises, humaines, laborieuses et honnêtes, qui font la valeur ajoutée de notre canton.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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