04/12/2018

Macron, l'erreur de casting

 

Sur le vif - Mardi 04.12.18 - 05.58h

 

En portant Macron au pouvoir, en mai 2017, la France a élu un président à contresens. Un défenseur de l'Europe, alors que le château de cartes de Bruxelles est en voie d'écroulement. Un ultra-libéral orléaniste, valet des financiers, quand les peuples d'Europe redécouvrent un impérieux besoin d'Etat, de protectionnisme et de solidarité sociale. Un affidé à Mme Merkel, au moment où l'Europe aurait justement besoin d'une France forte, pour équilibrer le retour de la puissance allemande, y compris en matière stratégique et militaire.

 

Du coup, nous voilà avec un président en total décalage. Jeune, intelligent, dynamique, il ne comprend tout simplement pas le monde qui l'entoure. À quoi lui sert sa formation philosophique, si c'est pour raisonner dans le vide, sans le moindre ancrage dans la connaissance de l'Histoire, domaine dans lequel il accumule les énormités chaque fois qu'il y tente une immixtion verbale ? On dirait que cet homme ne sait pas que l'Histoire est tragique. Autre parallèle avec le jeune Giscard, dont il n'a hélas pas la dimension d'arbitrage.

 

Les BHL et les Cohn-Bendit soutiennent Macron, c'est dire si l'affaire est mal emmanchée. L'image, face à la France profonde, est dévastatrice : l'appui des mondialistes cosmopolites, un ploutocrate et un opportuniste, n'est sans doute pas le blason le plus reluisant pour celui qui, par sa fonction, incarne l'exceptionnelle continuité française.

 

Augmenter le prix de l'essence, touchant ainsi les plus faibles et les plus oubliés des provinces sous-équipées, alors qu'on a commencé son quinquennat par des largesses envers les plus nantis, dénote un sens politique relativement limité. Si l'homme eut de l'instinct pour se hisser au pouvoir, avec l'appui sonnant et trébuchant de la haute finance mondiale, il en est hélas totalement dépourvu dans son rapport au pays profond. Il serait peut-être temps qu'il en tire les conséquences.

 

Pascal Décaillet

 

 

06:37 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Imprimer |  Facebook | |

03/12/2018

Carla Del Ponte : non, non et non !

 

Sur le vif - Lundi 03.12.18 - 14.27h

 

L'incroyable condescendance des médias de Suisse romande, depuis plus de vingt ans, envers Carla del Ponte, laisse pantois.

 

Voilà une dame qui, au moment des guerres balkaniques, dans les années 1990, a passé son temps (jusqu'en 2007) à instruire des procès, toujours dans le même sens. Toujours contre les Serbes, d'où qu'ils fussent, ceux de Bosnie comme ceux d'ailleurs.

 

Dans un deuxième temps seulement, comprenant que le grief d'unilatéralité pouvait lui être adressé, elle a commencé, PAR COMPENSATION, à s'intéresser à d'autres, comme par exemple les criminels de guerre croates, liés aux événements de la Krajina.

 

Pendant toute cette période, Mme Del Ponte n'a absolument pas été un Procureur au seul service de la justice. Non. Elle a été le bras exécutant des quelques pays (États-Unis, Grande-Bretagne, Allemagne fédérale, hélas rejoints en cours par la France de Mitterrand) visant à diaboliser à tout prix la seule Serbie, en sanctifiant par là ses adversaires.

 

Prendre le contrôle économique et stratégique des Balkans, c'était le plan initial de l'OTAN. Il fut appliqué à la lettre, avec le concours des services secrets allemands. Avec ses poursuites orientées et sélectives contre les seuls Serbes, Mme Del Ponte n'a été que l'auxiliaire de justice de ces puissances politiques.

 

Vous comprendrez dès lors que cette personne n'ait jamais recueilli de ma part la moindre admiration. Encore faut-il lire la politique sous le prisme de l'Histoire et des rapports de forces. Et non sous celui, si facile, de la morale et des chevaliers blancs.

 

Pascal Décaillet

 

 

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Fête cantonale de l'étirement

 

Sur le vif - Lundi 03.12.18 - 09.35h

 

Présidence ? Comité directeur ? Assemblée générale ? Le sympathique exercice de catharsis que nous offre le PLR permet au manant moyen, pas nécessairement natif de la rue des Granges, ni adepte des causeries du jeudi soir, de se faire une lumineuse idée de la savante horlogerie de ce parti.

 

Pour la pédagogie des mécanismes, comme il existe (paraît-il) une gymnastique de l'érotisme, l'exercice est sans doute un succès.

 

Certes, un esprit chagrin serait enclin - le ladre - à n'y percevoir qu'épuisantes gesticulations.

 

L'esprit républicain, lui, appellerait à ignorer souverainement cette Fête cantonale de l'étirement matinal. Et renvoyer la question de confiance à la seule instance qui vaille : le suffrage universel.

 

Pascal Décaillet

 

 

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02/12/2018

La France brûle-t-elle ?

 

Analyse politique de la crise française - 02.12.18 - 16.19h

 

Profiter des graves événements qui traversent la France pour réclamer le retour d'un régime parlementaire, style Quatrième République, au motif que l'actuel exécutif a démérité, c'est méconnaître les fondamentaux de l'Histoire des pouvoirs en France.

 

Bien sûr, Macron est un mauvais Président. Edouard Philippe, le Premier ministre, n'est que son chef d'état-major. Le gouvernement n'a pas d'existence propre, c'est l'Elysée qui décide de tout. L'Assemblée n'est qu'une Chambre d'enregistrement. Le Président, prétendument "homme nouveau" lors de sa campagne de 2017, s'est très vite révélé un orléaniste de la pire espèce, porté par la haute finance cosmopolite, plus soucieux de plaire à l'extérieur que d'écouter les souffrances de son peuple. Bref, ça va mal.

 

Pour autant, la Cinquième République n'est pas en cause. Ca n'est pas elle qui porte la responsabilité de la crise, c'est l'actuel locataire de l'Elysée ! Merci de ne ne pas confondre la faiblesse d'un homme avec celle de l'institution.

 

Ce régime, né de la crise algérienne, et du retour de Charles de Gaulle au printemps 1958, a sauvé la France de la catastrophe. En rétablissant, d'abord pour six mois (pleins pouvoirs), puis par la nouvelle Constitution, plébiscitée le 4 septembre 1958, l'autorité de l'exécutif, la Cinquième République, appliquant à la lettre le génial et fulgurant discours prononcé douze ans plus tôt (juin 1946) à Bayeux, a donné au pays les moyens de sortir du bourbier algérien.

 

Le discours de Bayeux, puis la Constitution de 1958, placent au centre de tout le chef de l'Etat. C'est lui, la "pierre angulaire" de la vie politique nationale. C'est cela, ce rétablissement de l'autorité exécutive, après douze ans d'incapacité du régime parlementaire à résoudre la question coloniale (Indochine de 1946 à 1954, Algérie de 1954 à 1962), qui a permis de mettre un terme à des conflits qui finissaient par déshonorer la France du vingtième siècle. Pour l'Algérie, dans l'issue comme dans la douleur, ce fut le fait d'un homme, un seul : Charles de Gaulle.

 

Le France a besoin d'un pouvoir fort. Pour unir le pays, et lutter férocement contre les ferments de dispersion qui menacent cette unité. Mais plus le pouvoir exécutif est fort, plus l'Assemblée, en face, doit l'être aussi. De façon à constituer une véritable dialectique, parfois jusqu'à l'extrême tension, avec l'exécutif. Une Assemblée de valets, ou de perroquets de l'Elysée, comme c'est le cas aujourd'hui, ne rend pas service aux intérêts supérieurs de la nation. Pas plus, d'ailleurs, qu'une presse aux ordres, ou courtisane, celle-là même qui méprise les gilets jaunes, et sanctifie Macron. Oui, plus le pouvoir est fort, plus il a besoin de contre-pouvoirs. Sinon, c'est Badinguet à l'Elysée, et Hugo à Guernesey.

 

La France doit garder son exécutif fort. Mais elle doit impérativement amender sa Constitution, en conférant au peuple des droits de démocratie directe du style de ceux que nous avons en Suisse. C'est cela qui manque cruellement à nos chers voisins, et qui les incite si souvent à descendre dans la rue, alors qu'une forme (à inventer par eux, selon leur génie propre) d'initiative populaire rendrait au démos ce qui hélas, trop souvent, s'exprime par la violence et la déprédation.

 

La France doit garder son exécutif fort, mais bien sûr, elle n'a pas la chance d'avoir toutes les décennies, ni même tous les siècles, un homme de la stature de Charles de Gaulle, pour qui l'habit du monarque républicain fut taillé. Dans le cas d'espèce, depuis mai 2017, disons simplement que la disproportion entre l'actuel locataire de l'Elysée et la taille du costume initialement cousu en 1958, est effarante.

 

Macron passera, et sans doute assez vite. La ridicule appellation "En Marche", cette espèce de chevalière faisant blason avec les initiales du chef d'écurie, sera bientôt aux poubelles de l'Histoire. Peu à peu, les bonnes vieilles lignes de fracture des partis politiques français, à peu près les mêmes depuis la Convention, réapparaîtront. Mais la crise sociale, elle, demeurera. L'infinie douleur de la condition paysanne. Le sous-équipement des périphéries. L'inaptitude croissante de l'Ecole (qui fut pourtant celle de Jules Ferry, modèle et remarquable) à assumer sa tâche. La liquéfaction des valeurs nationales dans une supra-continentalité européenne totalement illisible, en tant que projet politique.

 

Ca fait beaucoup. Il y a lieu d'être inquiet, pour ce pays voisin que nous aimons, et dont l'Histoire et la culture nous fascinent. "Oscillant sans cesse de la grandeur au déclin", écrit Charles de Gaulle à la fin des Mémoires de Guerre.

 

Aujourd'hui, c'est le déclin. Puisse ce magnifique voisin retrouver sa grandeur. Nous y avons tous intérêt. Sans la lumière de la France, l'Europe paraît bien sombre.

 

Pascal Décaillet

 

 

16:19 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Imprimer |  Facebook | |

Le quinquennat, erreur fatale

 

Sur le vif - Dimanche 02.12.18 - 06.03h

 

L'immense erreur, en France, est celle du quinquennat.

 

Jusqu'au début des années 2000, le génie de la politique française était la non-concordance du temps parlementaire avec le temps présidentiel. Le premier, cinq ans. Le second, sept ans.

 

Dans ce système, l'Assemblée vivait sa vie, l'Elysée vivait la sienne. En 1958 et 1962, les gaullistes triomphent au Palais-Bourbon. En 1967, de Gaulle a failli perdre la majorité, il s'en est fallu d'un rien, on a recompté toute la nuit. Fin mai 1968, il dissout l'Assemblée, et triomphe en juin.

 

Et puis, nous avons tous vécu ce 16 mars 1986 : Mitterrand président, c'est la droite qui gagne les élections, avec Chirac à Matignon : ce sera la première cohabitation. Période passionnante. Avec, pour la première fois sous la Cinquième République, une Assemblée qui a un autre rôle que celui de Chambre d'enregistrement de l'exécutif.

 

L'immense erreur du quinquennat est de faire coïncider le temps présidentiel avec le temps parlementaire. Depuis 2002, on élit le président en mai, et dans l'immédiate foulée, en juin, on lui donne bien évidemment, en plein état de grâce, la confirmation parlementaire de son pouvoir.

 

C'est un très mauvais système, mortifère pour l'indépendance du Parlement. On n'élit plus ce dernier qu'en fonction du Prince que le pays vient de se choisir. Le sommet indépassable de cette caricature aura bien sûr été la vague de députés "En Marche" de juin 2017, une bande de godillots sans expérience, juste là pour avoir affiché, jusqu'à en reprendre les initiales, le blason présidentiel. L'écurie Macron au Palais-Bourbon.

 

Remontons à Mirabeau, et sa célèbre phrase lors du Serment du Jeu de Paume (1789). L'Assemblée Nationale, en France, ça n'est pas rien. Constitutive, sous différents noms successifs, des plus grandes heures de la Révolution, mais aussi de la Troisième République, elle incarne la légitimité du pays divers et profond. Elle a, devant l'Histoire, une autre vocation que de servir d'antichambre au Prince, par petits marquis interposés.

 

Pascal Décaillet

 

 

10:57 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Imprimer |  Facebook | |

01/12/2018

Macron, un monarque à contresens

 

Sur le vif - Samedi 01.12.18 - 18.09h

 

L'élection d'Emmanuel Macron, homme sans culture politique, sans aucune espèce de références historiques, multipliant même dans ce domaine les énormités, a évidemment constitué, au printemps 2017, une erreur majeure.

 

La France s'est laissée avoir par un bonimenteur de passage. Un pur produit marketing, dûment soutenu par la finance internationale, a profité du vide sidéral laissé par le reste de la classe politique. Il s'est juste engouffré.

 

Du coup, pendant cinq ans, sous prétexte de "résistance au populisme", la France a droit à une politique à contresens. Partout en Europe, reviennent les peuples et les nations. Les frontières. Les volontés de contrôler les flux migratoires. Les besoins criants de souverainetés nationales. A l'inverse de tout cela, pour plaire à l'international, au petit monde du multilatéral, comme d'autres tentaient de plaire aux émigrés de Coblence, Macron s'accroche désespérément à son credo européiste, à ses illusions mondialistes. Voilà un homme qui n'a strictement rien compris aux besoins profonds des peuples d'Europe d'aujourd'hui, à commencer hélas par le sien.

 

Face aux gilets jaunes, tiendra-t-il ? Dissoudra-t-il l'Assemblée ? Devra-t-il passer trois ans et demi en cohabitation avec une députation enfin représentative, en lieu et place de la joyeuse bande de valets de l'exécutif, issus des urnes dans la foulée de son élection, en 2017 ? Devra-t-il cohabiter avec un Premier ministre hostile, ou en tout cas moins servile que l'actuel, qui n'est qu'un chef d'état-major de la volonté élyséenne ?

 

Dans tous les cas, y compris celui de son maintien jusqu'au terme du mandat, en mai 2022, Macron n'est que la perpétuation d'une erreur. Le répit de l'Ancien Monde. Un jour ou l'autre, la nouvelle donne politique s'imposera en France : retour à souveraineté et à la nation, protectionnisme, rupture avec les grands empires financiers cosmopolites, droit de frapper monnaie et de déployer ses forces armées, riches d'une Histoire plus que millénaire, en fonction d'impératifs nationaux, et non d'une agrégation dans un ensemble supérieur.

 

Cette affirmation de la souveraineté face aux Empires, qu'ils fussent ceux des Habsbourg ou tant d'autres, est, de Philippe le Bel à Charles de Gaulle, une absolue constante de l'Histoire de France. Un jour ou l'autre, elle s'imposera de nouveau. Nous ne sommes pas hors de l'Histoire. Non, nous sommes dans l'Histoire ! Parties prenantes, tous, de destins que nous contribuons à forger.

 

Pascal Décaillet

 

 

18:35 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Imprimer |  Facebook | |

Le pays réel

 

Sur le vif - Samedi 01.12.18 - 08.45h

 

Si Macron dissout, la nouvelle Assemblée nationale ressemblera enfin à la France réelle, avec les vrais rapports de force qui traversent le pays. Contrairement à la vague totalement artificielle de députés élus sur mesure, dans la foulée de la présidentielle de 2017, pour servir de Chambre d'enregistrement aux décisions du Prince.

 

Dans ce pays réel (j'utilise à dessein cette expression, en sachant parfaitement d'où elle vient), il y a un courant qui, déjà à la présidentielle de 2017, avait montré, EN NOMBRE DE VOIX, son exceptionnelle marge de progression.

 

Vous me direz que, dans la dynamique d'un scrutin majoritaire, le nombre de voix n'a pas d'importance, puisqu'il se trouve écrasé par les regroupements du second tour.

 

Je vous répondrai ceci : lorsque le pays est au bord de l'éclatement, les forces sociales imposent un changement de système. Ce dernier porte un nom, bien précis : il s'appelle la proportionnelle.

 

Si ce rééquilibrage (pour user d'un euphémisme) n'a pas lieu maintenant, il se produira de toute manière en fin de législature, en 2022. Et l'épisode Macron n'aura été, comme je l'annonçais ici même à la minute même de son élection, qu'un répit de cinq ans pour l'Ancien Monde.

 

Pascal Décaillet

 

 

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30/11/2018

La vie qui va

 

Publié sur mon site FB - Vendredi 30.11.18 - 16.35h

 

Que vaut un "manifeste d'intellectuels" ?

 

Dans une démocratie, il n'y a que des citoyens. Chacun, au même titre qu'un autre, a le droit d'exprimer son point de vue.

 

En quoi le fait d'être "un intellectuel", ou un artiste, ou une vedette de cinéma, ou même un Prix Nobel, constitue-t-il, a priori, une quelconque valeur ajoutée pour émettre un avis signalé sur la bonne marche de la Cité ?

 

Et l'aide-soignante, dans un hôpital public ? Et le nettoyeur ? Et l'ouvrier ? Et le chômeur ? Et l'oublié de tous ? Ils n'auraient pas droit, eux, à donner leur opinion ?

 

Comme ils n'ont pas droit de cité dans les "manifestes d'intellectuels", à côté de la chemise immaculée d'un BHL, ils s'expriment ici. Oui, ici ! Là où nous sommes. Là où j'écris, à l'instant. Cela s'appelle un réseau social.

 

Ces même réseaux sociaux que les "intellectuels", du plus profond de leur arrogance, méprisent souverainement.

 

Pour ma part, il m'est arrivé, parfois, de lire l'un ou l'autre livre. Eh bien voyez-vous, les réseaux sociaux, je n'en ai jamais dit le moindre mal. J'y suis moi-même, depuis quelques années, je n'oblige personne à me lire, encore moins à aimer ce que j'écris. Chacun est libre.

 

Les réseaux sociaux, les "intellectuels" en parlent exactement comme ils parlaient de la télévision, au début des années soixante. Ou de la radio, au début des années vingt. Ils en parlent avec mépris. Ils vitupèrent l'instrument - qui apparemment leur échappe - sans le moindre discernement entre le bon grain et l'ivraie.

 

Et leurs livres ? Combien d'entre eux survivront au temps qui passe ? Combien de millions de tonnes de papier, de forêts dévastées, pour des constructions intellectuelles, des foires aux vanités, dépourvues de tout intérêt vital pour l'humain, sur la terre !

 

Je suis très heureux d'être ici, loin des "intellectuels", au milieu des gens, dans la vie. Oui, la vie simplement. La vie qui va.

 

Pascal Décaillet

 

 

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L'Allemagne au bal masqué de l'Europe

 

Sur le vif - Vendredi 30.11.18 - 10.17h

 

Il n'existe pas d'Europe politique. L'Europe, ça ne veut rien dire.

 

L'Europe, c'est notre continent, celui que nous aimons. J'en ai, pour ma part, quasiment visité tous les pays. Avec une immense proximité pour nos trois voisins immédiats : l'Allemagne, la France, l'Italie. L'Histoire des deux premiers, ainsi que celle de la Suisse, constituent chez moi une passion totale, viscérale.

 

Il n'existe pas d'Europe politique, c'est un leurre. Il y a eu une collaboration économique, dès les années d'après-guerre, surtout pour permettre à la France d'obtenir à bon prix du charbon et de l'acier allemands. C'est ça, l'origine de la Communauté. Ça n'est en aucun cas cette structure qui a "évité une nouvelle guerre", mais l'équilibre des forces entre Russes et Américains.

 

Depuis 1992, avec Maastricht, c'est l'Europe de la spéculation. On a lancé l'Euro, qui est juste le nouveau nom du Deutschmark, on a créé un espace économique, commercial et financier permettant à la Grande Allemagne, ou tout au moins à un Saint Empire de l'Argent, de déployer ses ailes, comme un Aigle a besoin de voler, pour exister.

 

On a cousu cette nouvelle "Europe", depuis 25 ans, sur mesure pour la nouvelle Allemagne. Depuis la chute du Mur, la DDR a été phagocytée par l'Ogre Kohl, avec une vulgarité inouïe. L'Allemagne a cessé d'être le nain politique de l'après-guerre, elle est redevenue un acteur majeur, elle a joué un rôle capital dans le démantèlement de la Yougoslavie, sanctifiant les uns, diabolisant les autres, recréant ses zones d'influence. En Pologne, dans les Pays Baltes, et maintenant jusqu'en Ukraine, elle mène la même politique.

 

Tout cela, elle ne le fait pas sous le nom de "l'Allemagne". Mais sous le paravent de "l'Europe". Avec la bénédiction générale ! Tout ce que l'Allemagne entreprend, depuis des années, dans l'ordre du réarmement, y compris celui de sa Marine en Baltique et en mer du Nord, personne n'en parle, jamais.

 

Et c'est ainsi, tout naturellement, dans l'indifférence générale, que l'Allemagne vient, très gentiment, de demander à la France de bien vouloir quitter son siège permanent au Conseil de sécurité de l'ONU. En lieu et place, il y aurait un siège "européen". Entendez le siège d'une Europe qui n'existe ni sur le plan politique, ni sur le plan stratégique et militaire ! Le siège d'une fiction !

 

Ce que veut, de facto, l'Allemagne, ça n'est pas un "siège européen". Mais un siège allemand. Le siège d'une "Europe" cousue sur mesure, depuis un quart de siècle, autour de la stature allemande. Du coup, peu importerait la nationalité du titulaire du siège "européen", pourvu qu'il applique la politique décidée, à l'interne du Saint Empire "européen", par l'Allemagne.

 

Il n'existe pas d'Europe. Il n'existe que des intérêts nationaux. Il existe une Allemagne, au sommet de sa forme, qui, sous le paravent européen, avance masquée. Prétendant faire avancer "l'Europe", ce concept flasque et imprécis, elle roule en fait, consciemment ou non, pour l'accomplissement d'un destin national allemand. Celui-là même qu'avait lancé l'immense Frédéric II de Prusse (1740-1786), un siècle seulement après l'anéantissement des Allemagnes, en 1648, suite à la Guerre de Trente Ans.

 

Pascal Décaillet

 

 

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29/11/2018

Ils se croient tout permis !

 

Sur le vif - Jeudi 29.11.18 - 13.41h

 

En quelques jours, dans la foulée de la votation de dimanche, nous aurons eu droit aux ukases des internationalistes pour signer quand même le "Pacte de l'ONU sur les migrations" ; au "milliard de cohésion" pour l'Union européenne, institution dont la Suisse n'est même pas membre ; demain, à "l'Accord-cadre institutionnel" avec l'UE.

 

La voilà, en plein dans la figure, la conséquence du vote de dimanche : dans le camp des multilatéralistes et des européistes, elle libère adrénaline et testostérone. Depuis quatre jours, ILS SE CROIENT TOUT PERMIS !

 

Quel que fût votre vote de dimanche (je peux comprendre que, sur l'affaire des recours individuels de justiciables suisses à la CEDH, on ait pu voter non), j'appelle les citoyennes et citoyens de ce pays qui veulent croire à l'idée de nation, à ne pas se laisser faire. La votation de dimanche ne constitue en aucun cas un blanc-seing pour une politique pro-UE débridée, et déconnectée de la volonté du peuple suisse.

 

Ces gens, à Berne et dans les partis, qui foncent vers Bruxelles en se disant que désormais, rien ne les arrêtera, doivent avoir une réponse cinglante de ceux des Suisses qui ne veulent pas de cette politique.

 

La votation de dimanche, pour les partisans de la souveraineté nationale, est une défaite d'étape. Entre souverainistes et internationalistes, en Suisse, les fronts vont singulièrement se durcir, dans les mois et les années qui viennent. L'incroyable arrogance des vainqueurs de dimanche en aura été la cause première.

 

Le combat sera long et difficile. Il y aura d'autres défaites. Et puis, un jour, une victoire. Le combat ne fait que commencer.

 

Pascal Décaillet

 

 

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28/11/2018

Résister

 

Sur le vif - Mercredi 28.11.18 - 07.28h

 

Et voilà que l'éditorialiste RSR exige que le Conseil fédéral signe le Pacte de l'ONU sur les migrations. Dans la foulée, il se réjouit déjà du départ d'Ignazio Cassis du DFAE et de l'arrivée d'Alain Berset à la tête des Affaires étrangères. Tout cela, au nom de la défaite de l'UDC, dimanche, qui produit chez notre prédicateur une miraculeuse saillie de jouissance matinale.

 

Vous commencez à comprendre ?

 

Je le disais dès dimanche après-midi : les fronts, en Suisse, entre souverainistes et internationalistes, vont singulièrement se durcir. L'arrogance des vainqueurs de dimanche, comme ce héraut sulpicien de la génuflexion, y sera pour beaucoup.

 

Face à la prosternation, soyons simplement debout. J'appelle tous ceux qui croient en la nation comme unité de référence de la vie politique, avec sa capacité de rassemblement dans l'ordre de la mémoire, de l'émotion, du souvenir des morts, de l'invention commune d'un destin, de cohésion sociale à l'interne, à RÉSISTER, oui simplement RÉSISTER, à cette idéologie visant à la dilution de notre indépendance et de notre souveraineté.

 

Pascal Décaillet

 

 

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27/11/2018

Voyons, M. Levrat !

 

Sur le vif - Mardi 27.11.18 - 13.38h

 

"Notre politique extérieure est dictée par la droite conservatrice".

 

Mais si seulement, M. Levrat ! Si seulement !

 

Vous prenez mes désirs pour des réalités. C'est aimable, je vous en remercie. Mais vous faites fausse route.

 

Notre politique extérieure est hélas dictée par la droite ultra-libérale. Celle des marchands, du libre-échange, de la libre-circulation, et de la primauté du Capital sur la cohésion sociale et sur l'humain.

 

Ces deux droites, M. Levrat, ne sont pas exactement les mêmes. Eh oui : de même que la gauche est plurielle, il existe plusieurs droites.

 

Pascal Décaillet

 

 

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L'ordre de marche au Capitaine Maudet

 

Sur le vif - Mardi 27.11.18 - 12.52h

 

A la place de Pierre Maudet (où, Dieu merci, je ne suis pas !), j'aurais également décliné sèchement la "convocation" de Petra Gössi.

 

Quoi qu'on pense de l'affaire Maudet, qu'on souhaite ou non sa démission, je suis désolé, mais une présidente nationale de parti n'a absolument pas à envoyer publiquement, à la face de toute la Suisse, comme l'a fait Mme Gössi, un ordre de marche à un conseiller d'Etat en place, fût-il en déliquescence généralisée. Qu'elle le fasse, de surcroît, un mercredi, jour de séance du Conseil d'Etat, ajoute à l'incongruité.

 

D'une manière générale, nous accordons tous (je m'inclus dans le paquet) beaucoup trop d'importance aux relations de Pierre Maudet avec son parti. Nous accordons d'ailleurs beaucoup trop d'importance aux partis, en général. Ils seront de moins en moins, dans les décennies qui viennent, les moteurs de notre vie politique.

 

Je ne dis pas que Pierre Maudet doive rester. Je dis que la seule question de confiance, de nature à trancher le Noeud Gordien, est à poser au suffrage universel des citoyennes et citoyens de Genève.

 

En clair, je pense que Pierre Maudet doit choisir de partir. Et, s'il le souhaite, se représenter immédiatement derrière.

 

Pascal Décaillet

 

 

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26/11/2018

Souverainistes du 21ème, pas du 13ème !

 

Sur le vif - Lundi 26.11.18 - 13.52h

 

On peut parfaitement être un intransigeant de la souveraineté nationale, sans puiser ses références dans la Suisse de 1291. C'est mon cas.

 

Vous pouvez reprendre tous mes écrits, depuis des décennies. Je ne fais JAMAIS allusion à la Suisse du treizième siècle. Non que j'en nie l'importance. Mais le champ historique que j'ai vraiment creusé, c'est la période de 1798 à nos jours, en passant bien sûr par 1848, la Suisse fédérale.

 

C'est ce qui m'a chiffonné dès le début, dans l'intitulé de cette initiative : "Juges étrangers", c'est une référence au Pacte fédéral. Je respecte, bien sûr, mais c'est très lointain pour mon horizon d'analyse. Et puis surtout, je sais à quel point la Suisse du 19ème siècle a joué sur les mythes fondateurs de celle du 13ème, en les instrumentalisant. A la même époque, les Frères Grimm révolutionnaient les consciences allemandes avec leur Dictionnaire. Et Michelet, en France, écrivait sur Jeanne d'Arc.

 

Je respecte les mythes. Mais mon attachement aux valeurs nationales date de la Révolution française, et à la conception que cette dernière, seule face aux têtes couronnées d'Europe, a eue de la Nation (1792).

 

Mon univers de références personnel est donc très éloigné de celui, remueur de mythes, d'un Christoph Blocher, même si nous en arrivons aux mêmes conclusions sur l'absolue nécessité d'indépendance nationale, face aux conglomérats cosmopolites et aux Empires.

 

Pour ma part, mon seul combat est celui de la souveraineté nationale. Je n'ai nul besoin de le faire remonter à un Pacte du 13ème siècle, pour asseoir mon argumentation. Je plaide pour une relation à la nation qui soit d'aujourd'hui, totalement moderne, inventive, à la fois fraternelle et sociale, hors des puissances de l'Argent, du libéralisme et des pièges du libre-échange. Cela aussi m'éloigne d'une certaine idéologie zurichoise en la matière.

 

Peut-être les Romands qui partagent mon point de vue (il doit bien y en avoir deux ou trois, allez disons cinq), à la fois national, solidaire et social, pourraient-ils remuer leurs réflexions dans un sens que je pourrais être amené à partager.

 

En clair et en bref, il serait peut-être temps que les souverainistes suisses, en Suisse romande, articulent leurs réflexions sur d'autres références que l'omniprésence de l'UDC zurichoise.

 

Pascal Décaillet

 

 

14:15 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Imprimer |  Facebook | |

Courage !

 

Sur le vif - Lundi 26.11.18 - 08.02h

 

À ceux qui parsèment l'espace public de pierres tombales "Démocratie directe suisse, 1848-2018", je dis : "Ne perdez pas courage. En politique suisse, rien n'est jamais perdu définitivement. Notre démocratie directe n'est pas morte. Si nous l'aimons, nous devons décupler nos énergies et nous battre pour elle, et pour la souveraineté nationale, avec plus de force, encore, que par le passé. Ceux qui ont dit non hier peuvent dire oui demain : le contexte européen, avec la résurgence de l'idée nationale, va dans votre sens, pas du tout dans le leur. Tenez bon. Ne faites aucun cas des quolibets triomphalistes des vainqueurs d'hier. Le combat pour la démocratie directe et la souveraineté suisses ne fait que commencer. Il exige du caractère et, en chacun, une puissance intérieure de solitude. Ne reniez rien de vos convictions. Courage !"

 

Pascal Décaillet

 

09:54 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (15) | |  Imprimer |  Facebook | |

25/11/2018

Oublions les juges !

 

Sur le vif - Dimanche 25.11.18 - 16.25h

 

Faire porter la question sur les juges a été une erreur. J'ai moi-même longtemps hésité, à cause de la CEDH (qui ne me pose aucun problème sur les recours individuels de justiciables suisses déboutés par le TF). Cette histoire de juges a semé le trouble, et a permis aux adversaires de l'initiative de faire porter le débat sur les droits de l'homme.

 

Fort bien.

 

Pour la prochaine fois, il faudra oublier les juges. Oublier les cas individuels. Et faire un peu de politique, entendez porter la querelle au niveau de la souveraineté législative nationale. Et à celui de la crédibilité de notre démocratie directe, qui doit être ultime dans ses décisions, ou n'être pas.

 

Avoir faire porter tout le débat sur une question de juges, au nom d'une référence au treizième siècle, constitue une faute stratégique majeure. Beaucoup plus que les erreurs de tonalité dans la campagne, certes réelles, mais pas à ce point décisives sur le résultat.

 

Pascal Décaillet

 

 

16:34 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Imprimer |  Facebook | |

Défaite d'étape

 

Sur le vif - Dimanche 25.11.18 - 13.35h

 

Pour les partisans de la souveraineté suisse, ce dimanche est assurément une défaite. Dans une démocratie directe, aussi fréquente et vivace que la nôtre, il y a des moments où l'on perd. Il faut savoir les accepter.

 

Mais c'est une défaite d'étape. La question de la souveraineté nationale, celle de la Suisse comme de n'importe quel autre pays, demeure cruciale dans notre dialectique politique. Le château de cartes de l'Union européenne, autour de nous, est en voie d'effondrement. Partout sur notre continent, la question nationale resurgit. En France. En Allemagne. Au Royaume-Uni. En Italie. En Autriche. En Hongrie. En Pologne. C'est cela, le contexte d'aujourd'hui.

 

Un jour ou l'autre, et au fond déjà en 2020, la question de la primauté nationale sera reposée au peuple et aux cantons de notre pays. Il y aura d'autres échecs, et puis un jour, il y aura une victoire. Notre démocratie directe n'avance pas d'un coup, linéairement, on l'a vu avec des assurances sociales qui ont mis plusieurs votations, depuis la guerre, avant de s'imposer. Non, sa démarche est celle du crabe, pragmatique, hésitante, un pas contredisant le précédent.

 

Pour ma part, tout en respectant bien sûr la décision d'aujourd'hui, je ne renoncerai à strictement aucune de mes options en matière de lien, intime et profond, à l'idée nationale, et de primauté de cette dernière face aux constructions cosmopolites. Perdre est une chose. Renoncer à ses valeurs, ancrées dans toute une vie d'étude de l'Histoire et de la philosophie politiques, en est une autre, que je n'accepterai jamais. Je dis bien jamais.

 

Pascal Décaillet

 

 

13:58 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (45) | |  Imprimer |  Facebook | |

24/11/2018

Le pays oublié

 

Sur le vif - Samedi 24.11.18 - 22.56h

 

Gilets jaunes : première colère populaire contre une "taxe écologique", plus soucieuse de l'image de la France dans le jeu de miroirs cosmopolite, étymologiquement spéculatif, que de la baisse vertigineuse du pouvoir d'achat dans les provinces et les périphéries. Comme si les Français grillaient de l'essence par plaisir, ou par vice.

 

Il y en aura d'autres, de ces fureurs et jacqueries, face à un système où le libéral et le libertaire ne font qu'un, et où les privilégiés des métropoles méprisent le pays oublié.

 

M. Macron, MM Cohn-Bendit et BHL, vous pouvez compter les jours, les semaines ou les mois. Vous êtes le répit de l'Ancien Monde. Votre temps touche à sa fin.

 

Pascal Décaillet

 

 

23:12 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Imprimer |  Facebook | |

Jouir avec entraves

 
 
Sur le vif - Samedi 24.11.18 - 15.41h
 

"Oh, shocking !", murmura le soixante-huitard vieillissant, remuant sa tisane face aux images du Paris des gilets jaunes, assis dans son salon, entre son portrait de Cohn-Bendit, ses livres de BHL, son pavé arraché au Quartier latin, son atlas des Balkans dédicacé par Kouchner, et les ultimes reliques, lacérées, de ses rêves libertaires.

 

Pascal Décaillet

 

 

16:05 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Imprimer |  Facebook | |

Pierre Maudet : Retour de l'île d'Elbe

 

Sur le vif - Samedi 24.11.18 - 07.04h

 

Le coup de poker de Pierre Maudet, bonapartiste dans l'âme, a des accents de Retour de l'île d'Elbe : une prise de risque inouïe, couronnée de succès, mais sans lendemain possible.

 

Lorsque l'Empereur débarque à Golfe-Juan, le 1er mars 1815, avec une poignée de fidèles, il n'est rien face à la masse des forces royalistes. Mais il sait une chose : Louis XVIII n'est rien, lui, face à l'Histoire, et rien non plus dans le cœur des Français.

 

Alors, il tente la folle aventure. Avec ses quelques grognards, ses Simon Brandt à lui, il s'enfonce dans les montagnes, direction Grenoble, et remonte vers Paris. Et là, le miracle se produit : les populations l'acclament, "l'Aigle vole, de clocher en clocher".

 

En moins de trois semaines, il est à Paris. Il reprend sa couronne. Mais hélas pour lui, plus rien n'est comme avant. Les Français voulaient bien voir surgir une dernière fois l'Aigle noir, mais les rêves d'Empire et de gloire sont déjà dévorés par les mites de la Restauration. À l'extérieur, la Coalition, très vite, se reforme. Et cette fois, l'Aigle aura face à lui le Duc de Wellington. Ce sera Waterloo. Ce sera la vraie fin.

 

Avec son coup de maître (que nous annoncions lundi soir), en appeler à la base pour tétaniser le Comité directeur, Pierre Maudet réussit un retour qui rappelle à la fois celui de l'île d'Elbe ou, pour prendre une comparaison plus récente, la contre-attaque allemande dans les Ardennes, fulgurante mais brève, en décembre 1944.

 

Voilà qui lui accorde un répit. Mais c'est sans lendemain. La confiance est entamée. Le réseau, déchiré. La remontée des renseignements, tronquée. Et, si la base de son parti a plus de légitimité que les 31 membres d'un Comité directeur, ce que nous croyons volontiers, alors l'Aigle devrait poursuivre sa logique jusqu'au bout : solliciter sans tarder la seule onction qui vaille pour lui, celle du suffrage universel.

 

Pascal Décaillet

 

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