Liberté - Page 5

  • Liberté d'expression, pour tous !

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    Sur le vif - Mardi 19.03.19 - 13.51h

     

    La liberté de la presse, à laquelle je suis évidemment très attaché, n'est à mes yeux qu'un cas particulier d'une liberté beaucoup plus globale, valable pour l'ensemble des humains : la liberté d'expression.

     

    Je suis favorable à la liberté universelle d'expression.

     

    Je suis favorable à cette liberté universelle, dont la liberté de la presse n'est qu'un cas particulier.

     

    Il ne saurait, pour moi, exister de liberté d'expression particulière pour les journalistes, sous le seul prétexte qu'ils sont journalistes. Ni, au contraire, de réduction à l'expression, parce qu'on serait journaliste.

     

    Notre liberté d'expression à tous est une liberté citoyenne. Tous y ont droit. Les journalistes, les commentateurs, les éditorialistes, les blogueurs. Et puis, tous les autres.

     

    A la vérité, je crois de moins en moins à ce statut spécial, à part, des journalistes, comme s'ils constituaient une corporation à protéger, à l'image d'une espèce en voie d'extinction.

     

    Quant à s'auto-proclamer "indispensables à la démocratie", je conteste cet argument : ce qui est indispensable à la démocratie, c'est la liberté d'expression universelle. Pas seulement pour la presse. Mais pour tout humain, sans la moindre exception.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • L'intérêt supérieur du pays, Mme Amherd !

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    Sur le vif - Lundi 18.03.19 - 13.22h

     

    Si la Suisse doit avoir une industrie d'armement, cela doit être sous le contrôle et l'autorité de l'Etat. On ne privatise pas un secteur aussi lié aux fonctions les plus régaliennes. Surtout lorsqu'il est le fournisseur de notre armée, garante ultime de notre souveraineté nationale.

     

    On nous dit que la part réservée à l'armée ne sera pas privatisée. Mais quelles garanties de sa survie, si le gros de l'entreprise est privatisé, livré à la jungle boursière ? On ne joue pas avec ces incertitudes-là, lorsque l'intérêt suprême du pays peut y être lié.

     

    Que le vent insupportable de la libéralisation ait pu atteindre une conseillère fédérale PDC, de surcroît haut-valaisanne (région où la notion de service public a encore un sens), a de quoi étonner.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Macron : le problème, c'est lui !

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    Sur le vif - Dimanche 17.03.19 - 13.44h

     

    Hier soir, place Beauvau, siège du Ministère de l'Intérieur, Macron affichait de grands airs graves, tout en prenant soin de mettre en scène, en direct à la TV, son statut de chef de la cellule de crise. Le chef, au milieu de son état-major. Le chef, qui parle et qui ordonne. Le chef, en majesté.

     

    Macron prend de grands airs, il ne sait faire à peu près que cela, à part condamner l'Italie, condamner la Hongrie, condamner la Pologne. Prendre de grands airs, se présenter comme le chef de la résistance morale à la montée des "populismes", celui qui entrera dans l'Histoire pour avoir dit non. Avec Macron, c'est tous les jours le 18 juin, tous les jours l'arrestation de Jean Moulin, tous les jours le sacrifice suprême, face à la Bête immonde.

     

    Cet homme-là n'a aucune culture politique, aucune culture historique surtout. On le dit brillant philosophe, je veux le croire, mais son exemple à lui ne plaide guère pour l'éloge de la philosophie comme formation matricielle pour la pratique de la politique.

     

    Cet homme-là est issu du monde de la grande finance, qu'il a servi qui l'a servi. L'univers du profit cosmopolite, il connaît, il a frayé, il a donné. On lui prête une vision économique, là aussi je veux le croire, car l'homme est intelligent, mais quelle économie ? Au service de qui, en priorité ?

     

    Au mouvement des Gilets jaunes - je ne parle évidemment pas ici des casseurs - Macron n'a jamais rien compris, ni voulu comprendre. La double revendication, dès l'automne, pouvoir d'achat et RIC (référendum d'initiative citoyenne) était pourtant parfaitement claire, lisible, décodable par tous.

     

    C'était clair, audible. A dessein, Macron n'a pas voulu entendre. Pour une raison simple: le RIC, la démocratie directe, la vraie, celle qui vient d'en bas, comme nos initiatives en Suisse, il n'en veut pas. Alors, il jette un immense trouble, celui du capharnaüm et de la confusion, avec son "grand débat". Comme si le débat, en amont du mouvement des Gilets jaunes, ne s'était pas déjà déroulé mille fois.

     

    Macron voit sans doute très loin dans les questions de la philosophie, je veux le croire. Mais l'essentiel, il ne le voit pas. L'essentiel, c'est que le problème c'est lui. Lui, Macron, ses options d'Ancien Régime, ses servilités pour l'Ancien Monde, son mépris pour tout ce qui vient d'en bas. Son inaptitude, lui Président, à saisir ce que représentent l'Histoire et la mémoire de la France.

     

    Le problème, c'est lui. Il ne veut pas le voir. Il préfère se montrer en majesté, au milieu de sa Cour, prenant des airs de grand philosophe. Encore trois ans de répit pour l'Ancien Monde.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Tyrannie à l'EPFZ : nos révélations

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    Sur le vif - Jeudi 14.03.19 - 15.57h

     

    Une professeure d'astronomie de l'EPFZ a été licenciée pour tyrannie envers ses doctorants, nous annonce le Temps.

     

    Nous sommes en mesure de vous révéler qu'elle pourchassait ses assistants dans les couloirs, en leur jetant de gros livres sur la tête, s'ils s'étaient trompés dans leurs calculs.

     

    Autre exemple de mobbing : elle les obligeait continuellement à aller lui acheter des caramels mous.

     

    Nous avons appris, enfin, qu'elle disposait des araignées effrayantes - des épeires diadème - sur la lunette du télescope, pour effrayer ses étudiants.

     

    Une enquête est en cours. MM D. & D. ont été mandatés pour en savoir plus, en toute discrétion.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Relax - Détente

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    Commentaire publié dans GHI - 13.03.19

     

    Bains chauds ? Sauna ? Hammam ? Massages relaxants ? Week-ends à Abu-Dhabi ? Derniers tangos, dans les primes floraisons de l’aube ? La fonction de membre de l’exécutif de la Ville de Genève (ils sont cinq, dont un Maire, tournant chaque année) doit comporter de prodigieux avantages, pour qu’une telle foule, tous partis confondus, se presse au portillon de la « candidature à la candidature ».

     

    Prenons les Verts. En ville, il sera bientôt plus simple de dénombrer les membres de ce parti n’étant pas candidats, que les postulants. A Ensemble à Gauche, ils commencent à sortir du bois, chapelle par chapelle, crypte par crypte, cellule par cellule, annonçant pour les semaines qui viennent l’algébrique complexité des comètes, à l’approche de l’équinoxe.

     

    Une myriade de candidats, pourquoi pas ? Le bon peuple, simplement, s’il considère les équipes sortantes, notamment celle-ci (2015-2020), cherche avec pas mal de désespoir les mirifiques réalisations qui auraient été offertes, en compensation des avantages. Il cherche, et peine à trouver.

     

    Dès lors, le risque est énorme de se dire : « Beaucoup de candidats, peu d’élus. Un tonnerre de promesses, et puis le calme plat. Tant de miroirs brandis, tant d’alouettes prises au piège, si peu de progrès réels pour la Ville ». Ramené au monde de Shakespeare, on pourrait résumer les choses en affirmant que tout commence avec « La Tempête », et que tout, dans ce Finistère du Lac si cher à nos cœurs, se termine avec « Beaucoup de bruit pour rien ».

     

    Pascal Décaillet

     

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  • PLR : sauvé des eaux !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 13.03.19

     

    Après des mois de turbulences, le PLR genevois a enfin trouvé son nouveau président : c’est l’avocat Bertrand Reich que l’Assemblée du parti a porté à cette charge, jeudi 7 mars à Troinex, avec 257 voix, contre 136 à sa rivale Natacha Buffet-Desfayes. Le résultat est clair, sans appel. Il ne désavoue nullement les qualités, bien réelles, de la perdante, que l’on retrouvera assurément dans l’avenir, mais préfère donner sa chance à un homme libre et indépendant, dépourvu de tout soupçon de mise sous tutelle par le clan Maudet. En cela, l’Assemblée du 7 mars marque une étape signifiante dans la vie du parti : bien souligner, en pleine période de crise (qui n’est ni résolue, ni révolue), l’absolue liberté de manœuvre du PLR face aux éternelles tentations de pressions du ministre en déliquescence, par cabinets noirs interposés.

     

    Cet acte d’affranchissement était salutaire. Depuis des années, certains ministres, notamment radicaux, avaient mis un tel grappin sur le parti, par leur jeu d’influences, leurs commis à des œuvres plus ou moins basses, leurs estafettes plus ou moins douteuses, qu’il fallait couper le cordon. Le comité directeur, juste avant Noël, était allé dans ce sens, désavouant clairement Pierre Maudet. Ce dernier, avec une habileté digne du retour de l’île d’Elbe, avait contre-attaqué en demandant une Assemblée générale, qui lui avait renouvelé sa confiance. Chacun, comme au ping-pong, avait gagné une manche. L’Assemblée de Troinex, ce fut la belle. Les partisans de Pierre Maudet l’ont clairement perdue. Sauront-ils entendre le message, sans s’engager dans un irrédentisme désespéré ?

     

    Le parti a sauvé sa peau, et les conditions de son indépendance, mais sur l’affaire Maudet, rien n’est réglé. Quelles relations le nouveau président entretiendra-t-il avec le conseiller d’Etat ? Le parti exigera-t-il toute la lumière, vraiment, sur les officines chargées de veiller sur la cagnotte radicale, au moment de la fusion ? Certains partisans extrémistes du ministre, ayant révélé depuis des mois, sur les réseaux sociaux, la nature clanique de leur obédience au chef, parfois jusqu’à la violence sectaire, auront-ils l’intelligence de se calmer, ou s’engageront-ils dans les combats de trop, ultimes et dévoyés ? Ces questions-là sont fondamentales. Elles ne pourront être esquivées, sous prétexte de pacification, nécessaire à reconstruire l’unité.

     

    Reste l’essentiel : le fond. Un parti, pour faire quoi ? Défendre quelles valeurs ? Tant le programme de Natacha Buffet-Desfayes (qui devra continuer de nourrir les réflexions à Genève, notamment sur l’apprentissage et la formation) que celui de Bertrand Reich affichaient une salutaire ouverture après les années obsessionnelles autour de la réforme de l’imposition des entreprises. Ces deux programmes nous disaient que l’économie, thème certes central dans l’ADN du parti, ne pouvait s’ériger en sujet unique, et qu’une vision plus générale et plus humaniste était salutaire. Reste à transformer cette vision en réalités, bien palpables. Vaste défi, à coup sûr le plus passionnant, pour le premier parti du canton.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Eh oui, le PS est à gauche !

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    Sur le vif - Mercredi 13.03.19 - 09.10h

     

    La droite économique et financière, à Genève, celle qui veut nous faire voter RFFA pistolet sur la tempe, celle qui sert de portevoix aux multinationales, écume de rage face à une réalité : le PS est un parti de gauche.

     

    Eh bien oui, il faudra s'y faire : les socialistes sont à gauche. De même, les libéraux défendent la droite de l'Argent, l'UDC se bat pour la souveraineté, le MCG pour la préférence cantonale, les Verts pour l'environnement.

     

    Eh oui, la politique est conflictuelle. Elle oppose, dans son champ magnétique, des conceptions radicalement différentes. Cela porte un très beau nom, cela s'appelle la dialectique.

     

    On peut certes comprendre la légitime déception de l'excellent député Romain de Sainte Marie, qui avait tenté, à la vaudoise, de jeter des passerelles avec la droite. Il a eu raison d'essayer, mais la réalité des antagonismes l'a emporté.

     

    RFFA, on a le droit d'être pour. Et, n'en déplaise à la ridicule campagne unanimiste de la droite financière (accepter le projet ou le chaos, pas de plan B, exode des multinationales, etc.), on a immensément le droit d'être contre. Cela s'appelle la politique. Les citoyennes et citoyens ne sont pas aux ordres du grand patronat, ni des puissances financières.

     

    Le PS a changé d'avis : et alors ! Il a simplement retrouvé ses fondamentaux. Au lieu de cracher leur venin sur cette formation politique, les partisans de RFFA feraient mieux de prendre leur bâton de pèlerin, et de nous expliquer poliment, sans asséner, sans grands airs doctes, pourquoi il faudrait tant, selon eux, voter ce projet.

     

    Cette démarche républicaine, patiente, tranquille, on la trouve chez une ministre de qualité : Nathalie Fontanet, qui va faire le tour du canton d'ici au 19 mai. Et aussi, chez le député Cyril Aellen. D'autres, dans leur camp, feraient bien de s'inspirer de ces tonalités intelligentes, axées sur la puissance de persuasion intrinsèque de l'argument, et respectueuses des citoyens.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Pour l'Algérie, donc pour nous

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    Sur le vif - Mardi 12.03.19 - 09.27h

     

    Avant de dire n'importe quoi sur l'Algérie, et de se réjouir benoîtement du départ d'un vieil homme, merci de lire, lire, et lire encore l'Histoire politique de ce pays passionnant, qui nous est si proche.

     

    Bien sûr que Bouteflika, dans l'état où il se trouve, devait partir. Cela n'est pas contestable. Mais de là à traiter cet homme, le dernier grand destin encore vivant de la génération du FLN, comme le dernier des dictateurs, c'est aller un peu vite en besogne.

     

    Il avait verrouillé le pouvoir, bien sûr. Mais merci de considérer son action dans la durée. Avant 1962, et après 1962. Merci de constater de quoi Bouteflika, certes dans la douleur et en établissant son pouvoir personnel, a sauvé l'Algérie après les terribles épreuves des années 90.

     

    Avant de se réjouir en rond, juste parce qu'il s'agit d'un vieil homme malade, en fin de vie, merci de l'étudier, cette vie précisément, dans le contexte d'éternelle incandescence de l'Histoire politique algérienne depuis l'Indépendance. Toutes les racines entremêlées étant d'ailleurs déjà ancrées avant juillet 1962, dans les luttes de clans internes aux partisans de cette dernière.

     

    Il fallait que Bouteflika s'en aille, c'est sûr. Mais la naïveté des commentaires, leur manichéisme, leur refus de voir à quelles errances fatales, pour l'Algérie donc pour nous, ce départ peut laisser le champ libre, tout cela dévoile l'absence cruelle, chez nous, de connaissance en profondeur des contradictions algériennes.

     

    Derrière la candeur des réjouissances, juste parce que l'homme est vieux et impotent, il y a la même ignorance crasse que lorsque nos beaux esprits, il y a quelques années, s'ébahissaient de pâmoison face aux "printemps arabes". On a vu le résultat.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Humanisme, ou corporatisme ?

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    Sur le vif - Lundi 11.03.19 - 15.53h

     

    Si on s'émeut de la stigmatisation d'une catégorie d'humains, alors on doit s'émouvoir de toute stigmatisation de catégories humaines.

     

    Parce que, si on s'émeut toujours de la stigmatisation de la même catégorie, et jamais des autres, on roulera pour le seul corporatisme de cette dernière. Et non pour l'universalité de la cause.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Populiste : c'est toujours l'autre !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 06.03.19

     

    Je vais vous dire pourquoi je ne fréquente plus le monde. Pour une raison simple : ne plus jamais me retrouver dans ces situations ubuesques où tout le monde se met à parler des populistes, évidemment en mal, sans que personne ne se demande, une seule seconde, s’il n’y a pas, peut-être, un populiste dans la salle.

     

    Imaginez une tablée de quinze personnes, maîtresse de maison délicieuse, convives charmants, nectars de rêve, ambiance détendue. Soudain, l’un des quinze lance la conversation sur le populisme. Ces mouvements recueillant près d’un tiers des voix dans nos pays, il devrait, statistiquement, se trouver cinq populistes à table. Las, il n’y en a aucun ! Evaporé, le Tiers-Etat ! A moins d’un solitaire courageux, qui n’ait pas peur de casser l’ambiance et de foutre en l’air l’unisson bourgeois de la tendre chère, nul n’osera s’avouer. Et les quinze, d’une même voix, continueront de casser du sucre sur le populiste. Vitupérer l’éternel absent. Ou plutôt, l’éternel muet.

     

    Le populiste, c’est celui dont tout le monde parle, mais qui n’est jamais là. Ou alors, il se tait, parce qu’il sait la catastrophe que serait la discordance de son intervention. Alors, s’en voulant de ne pas jouer le Misanthrope, il préférera le rôle de Philinte, l’ami arrangeant, qui tente de sauver l’ultime espoir social de l’homme sauvage. Car nos codes, hérités des bonnes manières patriciennes, exigent que la petite musique de la mondanité, badine et taquine, s’emploie à toujours bannir le choc d’idées frontal. Ces gens-là vivent dans la terreur de l’éruption d’un Alceste ou d’un Cyrano, un incongru qui, soudain, viendrait mugir les choses telles qu’elles sont, un empêcheur de câliner en rond, dans la tiédeur du consensus.

     

    Alors voilà, le populiste n’est jamais dans la salle. Le populiste, c’est toujours l’autre. On casse du sucre sur son dos, sans qu’il élève la moindre protestation. Et l’auguste tablée, au moment de prendre congé, se félicite de cette merveilleuse soirée, de l’humanisme de cette compagnie : entre soi, on a célébré le convenable, on a défini la nature du diable, on peut aller se coucher.

     

    Le populiste n’est jamais dans la chambre. Il est l’autre, l’étranger au monde, le casseur de codes. Il est la fausse note. Il est l’invisible emmerdeur, celui dont il sied de dire du mal, mais qui, chez ces gens-là, n’a droit ni à surgir, ni à se dévoiler, ni même à être. Nul droit à la parole, non plus, ni même à la mention : « Voyons, Oscar, vous vous rendez compte qu’avec des propos pareils, sur la démocratie directe, les corps intermédiaires, vous faites le jeu des populistes ? ». Car chez ces gens-là, on peut sans problème « faire le jeu » du libéralisme le plus sauvage, ou de la gentille démocratie chrétienne, ou de la Sainte-Alliance des Verts avec le climat. Mais pas des populistes. « Vous nous décevez Oscar, je ne n’aurais pas cru cela de vous ». Alors, Oscar se tait. Gorgé de repentance, il attend le dessert. Comme d’autres attendent la fin du monde.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Dignes et libres

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 06.03.19

     

    On peut rejeter le libéralisme, comme modèle économique, tout en admirant le comportement de certaines personnalités libérales. C’est mon cas. Je suis trop profondément attaché à l’État, à sa mission d’arbitrage et de régulation, à la solidarité sociale aussi, pour me sentir de quelconques affinités avec un projet libéral qui insiste trop sur l’individu, pas assez sur le collectif.

     

    Seulement voilà. Il y a les idéologies, et il y a les êtres humains. Dans l’affaire Maudet, au cœur même du PLR, parti meurtri, ont émergé quelques comportements individuels qui, malgré mon éloignement idéologique, ont forcé mon admiration. Des hommes et des femmes que j’ai perçus comme libres et responsables, face à un clan organisé comme une armée, ou une chapelle en ordre de croisade.

     

    Dans ces gens, il y a Nathalie Fontanet. La conseillère d’État a su, tout au long de la crise, se montrer digne, respectueuse des gens. Elle a trouvé la tonalité d’Etat qui sied à sa fonction. Tout autant, il y a Cyril Aellen. Le brillant chef du groupe PLR au Grand Conseil, d’un bout à l’autre de la tourmente Maudet, est demeuré fidèle à son sens de l’éthique et de l’intérêt supérieur.

     

    On mentionnera aussi le président sortant. Je l’ai dit, je le répète : Alexandre de Senarclens a montré une grande tenue morale, et une attitude de gentleman, dans la gestion d’un parti lacéré par les divisions. Au fond, au PLR, la richesse première est celle des hommes et des femmes. Puissent-ils s’affranchir d’un clan qui veut tout dévorer.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Une grève ? Non, une procession !

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    Sur le vif - Mardi 05.03.19 - 15.11h

     

    La "grève pour le climat" étant adoubée, voire encouragée, par l'autorité même qu'elle est censée interpeller, je ne parlerai plus, pour ma part, de "grève pour le climat", mais de "procession pour le climat".

     

    La grève transgresse. La procession sublime l'unisson. Et l'élève vers le ciel.

     

    Une sorte de Fête-Dieu consensuelle, telle que la pratiquent encore les cantons catholiques, non-soumis à un régime de Séparation.

     

    Avec tout ce que la féodalité locale peut contenir d'autorités : politiques, militaires, ecclésiastiques. Comme sur les photos noir et blanc de nos albums de famille.

     

    Bienvenue à la procession pour le climat. Dans la religion du climat. Avec tout le Clergé du climat.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Genève mérite mieux

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    Sur le vif - Mardi 05.03.19

     

    Il est très clair que l'élection d'après-demain, à la présidence du PLR, va être l'occasion, pour le clan Maudet, de reprendre la main, par personnes interposées, pour plusieurs années, sur le parti.

     

    Dire cela, c'est dire la vérité. C'est dire les choses, telles qu'elles sont. Le clan Maudet existe. Souterrain, il est diablement efficace par ses réseaux. Il fédère en son sein tout ce que Genève peut compter de chapelles et d'amicales, sociétés militaires, patriotiques, cryptes de pensée, sanctuaires du terroir. De braves gens, d'ailleurs, qui ont parfaitement le droit d'agir comme ils veulent. Le nôtre, c'est de les repérer, les situer dans le terrain, en évaluer le potentiel de mouvement et d'action.

     

    Après-demain, jeudi 7 mars 2019, le clan Maudet tentera le Reconquista. Une étape, dûment prévue depuis des mois. J'ignore absolument s'ils réussiront. Mais une chose est sûre : quoi que prétendent les deux candidats à la succession de l'excellent Alexandre de Senarclens, le vote de jeudi aura les allures d'un énième scrutin pro ou anti Maudet.

     

    C'est dommage. Ce grand parti, riche de belles personnes, a un autre destin, face à l'avenir de Genève, que de se prononcer éternellement sur le plébiscite d'un seul homme. Ce dernier aurait voulu prendre en otage sa formation politique, pour assurer sa survie, il ne s'y serait pas pris autrement. Genève mérite mieux.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • La soute à charbon de nos âmes

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    Sur le vif - Lundi 04.03.19 - 09.20h

     

    Lorsqu'une loi interdit l'expression d'une opinion, elle ne fait qu'en augmenter la puissance retenue. Justement parce que la pensée prohibée est tue, contenue, elle gagne en violence tellurique, jusqu'à se transformer en charge explosive. Un jour ou l'autre, elle éclatera. Avec d'autant plus de fracas que, bannie de l'espace public, elle avait été reléguée dans la part silencieuse et intime de chaque âme.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • La seule question

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    Sur le vif - Dimanche 03.03.19 - 11.29h

     

    Tel candidat, qui brigue un poste, est-il indépendant ? Ou lié à un clan, une confrérie d'intérêts ? Est-il libre ? Ou s'avère-il l'homme - ou la femme - d'un plus puissant, qui (même aux abois) manipule ? Telle est la question, derrière le théâtre des apparences, la seule qui vaille.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Malheur aux déviants !

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    Sur le vif - Samedi 02.03.19 - 15.58h

     

    Décision du DIP, à l'instant : tout élève ne manifestant pas pour le climat, et ne participant pas le 14 juin prochain à la Grève des femmes, devra rédiger une dissertation en langage épicène - et inclusif - pour justifier sa position.

     

    Il sera également astreint à des tests psychologiques, dont les critères auront été définis en amont par la présidence des Verts genevois, les structures de direction du GIEC, le Bureau pour l'égalité, la faîtière des organisations féministes, l'IUFE, les doctorants en sciences sociales et en sciences de l'éducation. Ainsi que les 33 secrétaires généraux - ou adjoints - du DIP.

     

    Toute allusion, dans ces dissertations, à la culture littéraire, aux fondements des textes, à l'Histoire, à l'humanisme, à la littérature comparée, à la grammaire, aux étymologies, à la prosodie, à la versification, à la métrique, à la musique de la langue, à la puissance d'évocation des syllabes, et autres saloperies de la culture bourgeoise, sera sévèrement réprimée.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Macron, ou Polignac ?

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    Sur le vif - Vendredi 01.03.19 - 10.15h

     

    Libéral, Macron ? Il ne l'est qu'en économie, et dans le pire sens : ultra !

     

    Libéral, multilatéraliste, européiste. Libéral, tendance casino : il fut à bonne école, et sait à quels milieux il doit sa campagne.

     

    Libéral pour plaire aux financiers. Libéral pour la façade.

     

    Dans l'autre acception de ce terme, celle qui postule la libre expression des opinions, Macron est l'antithèse même du libéralisme.

     

    Il déteste profondément toute pensée pouvant nuire à la conception immaculée qu'il se fait d'une majesté dont il n'a ni la vertu, ni le format.

     

    Ses méthodes rappellent les pires heures de la Restauration : celle des lois sur la presse, sous Charles X.

     

    Pour être exact, sous le ministère Polignac, entre août 1829 et août 1830.

     

    J'ai appris ces choses-là très tôt dans mon enfance, et ne les ai jamais oubliées.

     

    Le président-philosophe aurait mille fois mieux fait d'étudier l'Histoire. Moins abstrait, moins conceptuel. Mais tellement plus ancré dans les racines, les récits et les mythes fondateurs des nations. Avec le sang de la terre. La communion entre les vivants et les morts. Et l'immuable permanence du tragique.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Cyril Aellen : courage et vérité

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    Sur le vif - Mercredi 27.02.19 - 09.46h

     

    Aujourd'hui comme hier, Cyril Aellen se révèle un politicien d'un rare courage, ne craignant ni la solitude contre la furie d'un clan, ni l'intensité du combat. Savoir se mettre dans l'opposition, plutôt que toujours se ranger sous la bannière où souffle le vent, est la marque des meilleurs. Il en fait partie, je l'ai toujours dit.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Fatras et lumière

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 27.02.19

     

    J’ai sous les yeux la liste des votations soumises au suffrage populaire le dimanche 19 mai prochain, telle que publiée par le Conseil d’Etat, le 1er février dernier. Mon premier sentiment, à la lecture de ce fatras, est celui d’une profonde révolte. Par métier, je fais partie de ceux qui se font un point d’honneur à toujours traduire en langage simple et clair, pour le public le plus large possible, les enjeux politiques. Plus le dossier est complexe, plus la mission est belle : avoir l’esprit de synthèse, dégager les grandes lignes, mettre en contexte, donner du sens. Et surtout, penser à ce qui concerne les gens, mettre en valeur ces points-là, éviter l’abstraction. Remplacer le fatras par la lumière.

     

    Si le Conseil d’Etat publie tel quel le menu du 19 mai, c’est l’échec assuré. Non l’échec de tel ou tel camp, mais celui de la clarté dans le contrat politique. Il est vrai que le Grand Conseil, notamment dans le dossier de la CPEG (Caisse de prévoyance de l’Etat de Genève) n’a pas simplifié la tâche sur le fond, avec son feu vert donné à deux projets de loi contradictoires. Les partis, qui chacun ont lancé référendum contre la majorité qui leur avait déplu, ajoutent à l’opacité. Le Conseil d’Etat, en nous balançant un menu illisible pour le grand public, parachève la nuit citoyenne.

     

    Le menu du 19 mai 2019, quant à la forme en tout cas, constitue une absolue négation de la politique. Une victoire de l’obscur sur la nécessaire clarification des enjeux, en démocratie.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Madame Bovary, c'est pas moi !

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    Sur le vif - Lundi 25.02.19 - 10.08h

     

    À propos des grands romans bourgeois du dix-neuvième siècle, tellement encensés par les profs de français (littéralement obnubilés par les humeurs d'Emma), deux catégories de personnes m'inquiètent au plus haut point :

     

    1) Ceux qui ne les lisent pas.

    2) Ceux qui les lisent.

     

    Pascal Décaillet

     

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