04/09/2018

"Migrant", avec guillemets !

 

Sur le vif - Mardi 04.09.18 - 14.54h

 

Je n'accepte absolument pas la manière dont le mot "migrant", quasiment absent du langage politique jusqu'à une période récente, a été massivement imposé ces dernières années dans le vocabulaire.

 

J'aurais énormément à dire sur ces éléments de langage, tout sauf gratuits, donc tous porteurs d'un sens politique très précis, qui viennent comme par hasard s'engouffrer dans nos lexiques.

 

C'est pourquoi, la plupart du temps, pour montrer ma distance, non face aux "migrants" (toute personne humaine, à mes yeux, mérite le respect), mais face à l'automaticité imposée de ce vocable, je le place entre guillemets.

 

Je déteste ce participe présent substantivé, laissant entendre qu'il existerait comme une condition professionnelle de "migrant", constituant (c'est justement ce qu'on essaye de nous faire croire) une sorte d'inéluctable, que nous serions contraints d'accepter.

 

Le mot "réfugié", lui, plus clair et plus ciblé, fait expressément référence à la voie de l'asile, choisie par des personnes qui doivent fuir leur pays, où elles sont victimes de persécutions.

 

Mais le mot "migrant", ce participe présent continu, laisse poindre quelque nomadisme éternel, comme un mouvement perpétuel, cosmique, auquel nous n'aurions pas le choix de nous opposer.

 

Or, la politique, c'est choisir. Dire oui. Ou dire non. Et non nous plier face une contrainte, fût-elle soutenue par les voix les plus suaves de la doxa morale.

 

Pascal Décaillet

 

 

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Chemnitz : la responsable s'appelle Angela Merkel

 

Sur le vif - Mardi 04.09.18 - 11.57h

 

La principale responsable de la colère des Allemands de Chemnitz s'appelle Angela Merkel.

 

C'est elle, par son ouverture inconsidérée des frontières à l'automne 2015, qui est la cause de ce qui se passe maintenant, notamment dans les Laender de l'ex-DDR, où le niveau de vie est peu élevé, la cohésion sociale précaire. Eh oui, le miracle économique allemand n'a pas produit ses effets de façon égale dans toutes les parties du pays, c'est le moins qu'on puisse dire.

 

Sous la pression d'un grand patronat qui voyait avec délectation arriver massivement en Allemagne une main d’œuvre peu regardante sur les conditions salariales, Mme Merkel a fait en 2015 un choix catastrophique. Au lieu d'ouvrir les frontières de façon contrôlée, elle a laissé se produire un afflux massif dont les Allemands les plus précarisés, aujourd'hui, payent le prix.

 

Les gens qui manifestent à Chemnitz sont dans leur immense majorité des gens simples, des ouvriers ou des chômeurs, qui estiment qu'on n'en fait pas assez pour eux, et trop pour les "migrants". On peut, d'ici, de notre douillet confort de société prospère, les prendre de haut, ou ne voir en eux que des "nazis" (manifestement hyper-minoritaires), mais ce jugement hautain et méprisant ne réglera rien. Les Allemands ont un problème avec l'immigration de masse engendrée par la décision Merkel de 2015, c'est un fait, il faut l'accepter.

 

L'accepter, ça n'est évidemment pas cautionner les chasses à l'homme. En aucun cas, ni en Allemagne, ni ailleurs ! Mais c'est prendre en compte, avant toute chose, la légitime souffrance des populations allemandes directement confrontées à cette altérité non désirée. Il n'est pas certain que le chômeur saxon moyen, oublié par la Réunification, oublié par la prospérité du reste du pays, oublié par Mme Merkel, soit extatiquement sensible à ce concept miraculeux de "métissage", dont on nous parle tant.

 

La principale responsable des événements de Chemnitz s'appelle Angela Merkel. Elle devra, un jour, tôt ou tard, prendre ses responsabilités politiques. Face au peuple allemand. Et face à l'Histoire.

 

Pascal Décaillet

 

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03/09/2018

Chemnitz

 

Sur le vif - Lundi 03.09.18 - 09.54h

 

Chemnitz : surtout ne pas s'interroger en profondeur sur les raisons, pour une partie du peuple allemand, de dire sa colère dans la rue.

 

Chemnitz : surtout s'empresser de sortir le mot "haine", ce passe-partout de la doxa morale, qui tient lieu désormais d'analyse politique. Même Macron l'utilise !

 

Chemnitz : surtout traiter immédiatement le peuple allemand en colère de néonazis. Vous pensez bien, c'est dans leur bagage génétique, la bête immonde revient.

 

Chemnitz : surtout ne se poser aucune question sur la totale déstabilisation de la (fragile) cohésion sociale allemande, par l’irruption massive, l'automne 2015, de plus d'un million de "migrants".

 

Chemnitz : surtout fermer les yeux lorsque la cohabitation entre certains de ces "migrants" et la population allemande se passe mal. Pour mille raisons possibles, les unes liées au choc culturel, les autres, plus prosaïquement, à des crimes ou délits de droit commun.

 

Chemnitz : surtout jeter toute la faute, non sur Mme Merkel, non sur l'arrivée massive de "migrants", mais sur le peuple allemand lui-même. Ces gens qui osent manifester, parce qu'apparemment, le miracle de la "mixité" ne produit pas exactement sur eux les effets désirés par Mme Merkel, en 2015.

 

Chemnitz : surtout se boucher les yeux et les oreilles. Traiter les manifestants de brutes épaisses, de crânes rasés, de chemises brunes. En appeler aux vieux démons de l'Allemagne. Nous faire croire que nous sommes en janvier 1933.

 

Chemnitz : surtout, continuer comme ça, Chers Confrères. Culpabiliser le manifestant allemand. Exonérer Mme Merkel de son écrasante responsabilité politique lors de sa décision insensée de 2015. Sanctifier le "migrant", sous le seul prétexte qu'il est "migrant". Vecteur providentiel du métissage salvateur que vous attendez tous.

 

Chemnitz : votre traitement de ces événements sonne le début de votre fin.

 

Pascal Décaillet

 

 

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02/09/2018

Macron, l'élégance solaire au milieu de rien

 

Sur le vif - Dimanche 02.09.18 - 16.45h

 

A la minute même de l'élection de Macron, en mai 2017, j'ai écrit ici même : "Cinq ans de répit pour l'Ancien Monde".

 

Je persiste et signe.

 

Macron s'accroche à une Union européenne qui s'évapore. Il refuse de prendre acte de la souffrance des populations d'Italie, d'Autriche, de Hongrie, d'une partie de l'Allemagne, face à la violence des flux migratoires.

 

Il n'est pas un homme du Nouveau Monde, mais de l'Ancien. Il fait tout pour contenir une Révolution conservatrice que, pour ma part, je sens monter depuis des années. Et je ne pense pas être le seul !

 

Il a parfaitement le droit d'avoir ses idées à lui. Mais il n'est pas l'homme de la situation. Dans son Palais des Glaces, il vit dans le déni du réel. Il croit opportun d'insulter MM Salvini et Orban, d'utiliser un vocabulaire comme "discours de haine", ce qui 'est que reprendre une vieille antienne immigrationniste. Monsieur le Philosophe, qui travailla naguère avec Paul Ricoeur, croit bon de nous sortir les mots de la morale, là il faut être analytique, historique et politique.

 

Emmanuel Macron est parti pour devenir un très mauvais Président. A rebours des besoins profonds de son époque, ceux des populations qui souffrent.

 

Alors, un jour ou l'autre, dans les années qui viennent, la France devra se tourner vers une autre politique. Intégrant des paramètres que, jusqu'ici, seules des franges radicales de la classe politique, à droite comme à gauche, ont le courage de mettre en avant.

 

Le centrisme européiste et MRP de Macron, cette posture d'élégance solaire au milieu de rien, ne répond en aucune manière aux besoins profonds de la France d'aujourd'hui et de demain.

 

Pascal Décaillet

 

 

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Radio Bobo, Radio Macron

 

Sur le vif - Dimanche 02.09.18 - 13.10h

 

France Inter, journal de 13h : un leader immigrationniste, interviewé en direct, ose nous sortir que les Français sceptiques sur l'arrivée massive de migrants sont "enfermés dans des territoires imaginaires".

 

Des "territoires imaginaires" ! L'exemple le plus parfait du charabia issu de ces âmes altières qui, de leurs salons, méprisent jusqu'à la lie le sentiment que peut légitimement éprouver une partie du peuple français, face à des flux trop massifs pour être supportables, mettant en danger la cohésion sociale de la nation.

 

Des "territoires imaginaires" : tant qu'il y est, il pourrait les traiter de fous, ces Français qui pensent faux. Proposer pour eux des traitements. Cela se fit, naguère, du côté de l'URSS.

 

Aux "territoires imaginaires" sortis par des bobos sur des ondes publiques qui n'en peuvent plus de caresser la Macronie dans le sens du poil, le peuple de France ne tardera pas, dans les années qui viennent, à rappeler la réalité de marbre et d'airain de sa colère. Et ce mouvement-là, surgi d'en-bas, puissant, irrévocable, n'aura strictement rien "d'imaginaire".

 

Pascal Décaillet

 

 

14:29 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer |  Facebook | |

01/09/2018

L'argument, simple et puissant

 

Sur le vif - Samedi 01.09.18 - 10.35h

 

Il n'y a pas, d'un côté, les partisans de la libre circulation, et de l'autre, des brutes épaisses qui voudraient fermer les frontières. Cela, c'est le prodigieux sophisme que veulent imposer les libre-échangistes. Leur posture rhétorique doit être dénoncée. Et démontée.

 

S'opposer à la libre circulation, ça n'est évidemment pas militer pour une circulation zéro. Bien sûr qu'il faut des échanges, entre les nations ! Bien sûr que nous devons, de toute la force de nos antennes, demeurer ouverts aux cultures, aux langues, aux civilisations qui nous entourent.

 

Simplement, chaque nation a le droit - et même le devoir, pour sauvegarder sa cohésion sociale interne - de RÉ-GU-LER les flux migratoires sur ses frontières.

 

Réguler, ça n'est pas arrêter. C'est fixer des quotas, en fonction de ce que chaque nation, selon ses mécanismes internes de décision, estime pouvoir absorber, pour que l'immigration ne tourne pas en invasion. En Suisse, l'instance suprême de décision, ce sont le peuple et les cantons, lorsqu'ils se prononcent sur une initiative. Ce fut le cas, par exemple, le 9 février 2014.

 

Les ennemis de la libre circulation ne sont donc en aucun cas des fermeurs de frontières, qui voudraient transformer la Suisse en bunker. Ce sont, simplement, des citoyennes et citoyens qui entendent maîtriser les flux migratoires. Non en les stoppant, mais en les RÉ-GU-LANT.

 

Si c'est votre position, ne vous laissez plus jamais traiter de retardés isolationnistes par les immigrationnistes. Répondez-leur calmement, sans vous démonter. Le meilleur allié d'un bon argument, c'est l'argument lui-même, dans toute la puissance de sa simplicité.

 

Pascal Décaillet

 

 

11:06 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Imprimer |  Facebook | |

31/08/2018

Tout, sauf Cohn-Bendit !

 

Sur le vif - Vendredi 31.08.18 - 19.09h

 

Appeler Daniel Cohn-Bendit pour devenir ministre de la République et de la nation françaises, constituerait l'ultime discrédit d'un Président en quête d'effets de mode, de cliquetis et de clinquant.

 

Je ne parle ici - et m'en tiens rigoureusement à cela - que du profil politique arboré depuis exactement un demi-siècle par ce personnage, son mépris pour les nations et pour les frontières, son aspiration à une Europe omnipotente, sa haine de tout ce qui s'apparente à un État organisé, régalien, avec des structures, des serviteurs, un rapport à l'Histoire et à la mémoire.

 

Pas de place pour cet asticot tutoyeur dans l'appareil d'Etat. Pas de place pour ce libertaire halluciné, égaré dans les choses de la politique. Qu'il rêve, et rêve encore, d'occuper la Sorbonne. Mais de grâce, qu'il laisse dormir la République.

 

Pascal Décaillet

 

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Clarté ? - Quelle clarté ?

 

Sur le vif - Vendredi 31.08.18 - 17.02h

 

Insupportable question de la RSR à Albert Rösti, le président de l'UDC suisse, dans le flash de 17h ! Alors que ce parti présente aujourd'hui, avec l'ASIN, sa nouvelle initiative sur la régulation de l'immigration, on lui demande si les conditions d'application de ce texte seront "plus claires" que celles concernant l'immigration massive, acceptée par le peuple et les cantons le 9 février 2014 !

 

Mais, bon sang de bon sang, ce texte-là était PARFAITEMENT CLAIR ! Il réclamait, noir sur blanc, des quotas ! C'est le Parlement qui, pendant des années, a joué au plus fin, a temporisé, a joué la montre, a multiplié les arguties les plus sophistiquées pour surtout ne pas appliquer la volonté populaire !

 

Le texte du 9 février 2014 était PARFAITEMENT CLAIR ! L'obscurité est venue, dans les années qui ont suivi, de la part d'un Parlement qui a tout fait pour ne pas jouer le jeu !

 

Pascal Décaillet

 

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Le monde, vu de la fiole

 

Sur le vif - Vendredi 31.08.18 - 07.27h

 

L'AIEA, Agence internationale de l'énergie atomique, qu'on peut difficilement suspecter de passion cachée pour la Perse, annonce que l'Iran respecte en tous points l'Accord nucléaire de 2015.

 

Mais la doxa mondiale continue de s'aligner benoîtement sur la propagande américaine, digne de la petite fiole de Colin Powell, nourrie à coups de centaines de millions de dollars de publicité planétaire. L'argent de qui, d'ailleurs ?

 

La réalité, c'est que les États-Unis et leurs chers alliés du Proche-Orient entreprennent toute chose pour convaincre l'opinion publique mondiale du bien-fondé de leur future guerre contre l'Iran.

 

Pendant ce temps, Washington ferme les yeux sur ce qui se passe à Gaza. On ne va pas chipoter avec un allié si précieux.

 

Pascal Décaillet

 

16:45 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer |  Facebook | |

Province, au milieu des provinces

 

Sur le vif - Vendredi 31.08.18 - 08.44h

 

Lorsqu'il est porté par Charles de Gaulle, celui du Discours de Brazzaville par exemple (1944), sur le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, l'universalisme français passe. Parce qu'il respire la grandeur et le dépassement de soi.

 

Lorsqu'il émane d'un orléaniste opportuniste sans culture historique, sans le moindre respect de la souveraineté d'autres peuples européens (l'Italie, l'Autriche, la Hongrie), il se met à suinter les pires divagations des Kouchner et des BHL. Pauvre France, dans ces moments de rabaissement, devenue province, au milieu des provinces.

 

Pascal Décaillet

 

 

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30/08/2018

Migrations : la posture tellement facile de Macron

 

Sur le vif - Jeudi 30.08.18 - 14.47h

 

En attaquant directement MM Orban et Salvini, qui sont, tout autant que lui, des élus légitimes de leurs nations, Emmanuel Macron confirme - au moins, ce sera clair - la vivacité du nouveau front politique qui s'ouvre en Europe. Césure cruelle, qui n'oppose pas la droite à la gauche, mais les souverainistes aux européistes. Macron a choisi son camp. Il en parfaitement le droit. Il en portera la responsabilité devant le peuple français. Et devant l'Histoire.

 

De quoi s'agit-il ? De l'incroyable violence des pressions migratoires sur des pays comme l'Italie ou la Hongrie. De la totale incurie dont a fait preuve, jusqu'ici, l'Union européenne pour tenter de trouver une solution. Comment voulez-vous, dans ces conditions d'inexistence politique de Bruxelles, que les premiers pays concernés, ceux du front, ne prennent pas des décisions nationales pour s'en sortir ? Il en va de leur sécurité, et aussi de leur cohésion sociale, menacée à terme par des flux trop puissants d'une immigration non contrôlée.

 

Face à ces urgences, Emmanuel Macron a-t-il la moindre légitimité pour venir faire la leçon aux autorités élues, dans des conditions parfaitement démocratiques, d'Italie ou de Hongrie ? Comment ose-t-il, à l'instant au Danemark, qualifier de "Discours de haine" (cette vieille antienne moralisante des immigrationnistes) les positions de MM Salvini et Orban ?

 

Que fait M. Macron, dans cette affaire ? Il s'invente un personnage, une posture. Il nous fait, dans le sillage des Kouchner et des BHL, le grand coup du message universaliste de la France, comme si nous en étions encore aux Soldats de l'An II et à leurs "clairons d'airain" (Victor Hugo). Cette mise en scène du Président français, donneur de leçons par dessus les frontières des peuples, et au mépris des mécanismes d'élections dans des nations souveraines d'Europe, respire l'arrogance la plus hautaine, celle du Prince dans son Palais des glaces.

 

Pascal Décaillet

 

 

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Nations libres et papier glacé

 

Sur le vif - Jeudi 30.08.18 - 07.29h

 

L'Italie, l'Autriche, la Hongrie sont des nations souveraines. Elles élisent qui elles veulent pour les diriger. Elles sont totalement libres de leurs choix politiques, notamment dans la gestion de flux migratoires auxquels elles sont confrontées avec une violence inouïe. Elles n'ont de leçon à recevoir de personne. Et surtout pas de l'arrogance hautaine de M. Macron.

 

Qu'il s'occupe déjà de la France, de la souffrance de son peuple, avec ses millions de délaissés, qu'il s'occupe des paysans français, des ouvriers français, des travailleurs pauvres français, des chômeurs français, cet orléaniste sur papier glacé, avant de faire la leçon au monde !

 

Pascal Décaillet

 

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29/08/2018

Entre le réel et l'illusoire : l'Allemagne et l'Europe

 

Sur le vif - Mercredi 29.08.18 - 16.55h

 

Quand on me dit "Union européenne", je ne vois rien, et n'entends rien. Tout au plus, une machine technocratique, n'ayant jamais réussi à s'imposer politiquement.

 

Une machine qui, à mes yeux, a commencé à dériver au moment de la chute du Mur. Parce que, très vite, dès le début des années 90, sous l'impulsion d'Helmut Kohl et avec (hélas) la complicité de François Mitterrand, ce qui devait être un réseau de concordances entre les nations est devenu, sous le paravent européen, un outil du renouveau politique de la puissance allemande. Ce fut le cas, de façon flagrante, dans les guerres balkaniques, entre 1990 et 1999. Dira-t-on jamais ce qui s'est VRAIMENT passé au Kosovo, en 1999, le rôle des services secrets allemands, leur aide à l'UCK, tout cela pour affaiblir la puissance slave sur son flanc Sud ?

 

Quand on me dit "Europe", je ne vois rien de précis, rien de palpable, juste des intentions, des mots jetés, mais le concret ne suit pas. Pas de défense européenne. Pas de politique étrangère européenne. Pas d'Europe politique, tout simplement.

 

En revanche, quand on me dit "Allemagne", alors là ça me parle. Parce que j'ai, comme vous savez, étudié à fond l'Histoire de ce pays depuis Martin Luther, et que je suis encore en plein dans cette étude. Parce que, à partir du grand Frédéric II de Prusse (1740-1786) et son Ostpolitik, jusqu'à aujourd'hui, en passant les guerres mondiales et par Willy Brandt, en passant par le Rhénan Kohl, jusqu'à la politique ukrainienne de Mme Merkel, je perçois, avec une incroyable précision, un fil continu. Je saisis le destin allemand, alors que je n'entends rien au fatras et au fracas de la machinerie bruxelloise.

 

En Histoire politique, entre le réel et l'illusoire, je conseille de toujours choisir le réel.

 

Pascal Décaillet

 

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Soutenons à fond les paysans suisses !

 

Commentaire publié dans GHI - 29.08.18

 

Il y a des votations, plus que d’autres, où la Suisse a rendez-vous avec son destin. Les deux initiatives agricoles sur lesquelles le peuple et les cantons sont appelés à se prononcer, le 23 septembre, en font partie. L’une, lancée par les Verts, nous propose des « denrées alimentaires saines et produites dans des conditions équitables et écologiques ». L’autre, qui nous vient d’Uniterre, se proclame « pour la souveraineté alimentaire ». Deux textes majeurs, à la fois pour l’avenir de notre paysannerie, mais aussi pour celui de notre alimentation, pour notre rapport à ce qui se trouve dans notre assiette. Capitaux, aussi, en termes de respect et de considération dus par le peuple suisse à un monde agricole de plus en malmené par le vent glacé de la concurrence mondiale.

 

Face à une votation, chacun est libre, et chaque vote doit être respecté. Pour ma part, j’annonce la couleur : je voterai oui à chacun de ces deux textes. Non qu’ils soient parfaits, ni exempts de complexité dans leur mise en application (ce sera le rôle du législateur, si c’est oui). Mais parce qu’ils sont habités, l’un et l’autre et en profondeur, par un esprit qui rejoint mes préoccupations de citoyen suisse, qui aime son pays : connaître les provenances de ce que nous mangeons, encourager les modes de production respectueux du monde animal et de l’environnement, lutter contre le gaspillage, tout cela pour la première initiative. Pour la seconde, affirmer le rôle de l’Etat dans un secteur véritablement jeté en pâture, ces dernières décennies, à la sauvagerie du libre-échange ; rétablir au besoin des droits de douane sur les importations ; maintenir en Suisse un nombre suffisant de paysans.

 

Que vous soyez pour ou contre, je vous prie de croire que nous ne sommes en rien dans des initiatives « techniques », même si les mots peuvent paraître compliqués. Le 23 septembre, c’est bel et bien à un choix politique de premier ordre que le peuple et les cantons sont conviés. Voulons-nous encore d’une agriculture suisse digne de ce nom ? Voulons-nous des producteurs respectueux de l’environnement, et des normes sociales en cours sous nos latitudes ? Voulons-nous continuer le petit jeu du libre-échange mondialisé, tout simplement mortifère en matière d’agriculture ? N’est-il pas temps, sans revenir au plan Wahlen (la souveraineté alimentaire pendant la Seconde Guerre mondiale), de réaffirmer haut et fort de rôle de l’Etat, de la solidarité nationale, face à un monde paysan en désarroi ? Vastes questions ! Chacun d’être nous est libre de répondre comme il veut, tous les choix sont respectables. Mais pour ma part, vous connaissez ma position.

 

Je terminerai par une pensée émue pour Jean-Pascal Delamuraz. Correspondant à Berne lorsqu’il avait présenté le Septième Rapport sur l’Agriculture, début 1992, je lui avais demandé s’il pensait le monde paysan capable de fournir les efforts écologiques attendus en contrepartie des paiements directs. Il m’avait répondu, en substance, qu’il fallait croire en l’avenir. Et qu’il fallait croire en la Suisse. Au-delà des divergences, au-delà de ce qui peut nous séparer, sans cet acte de foi, rien n’est possible.

 

Pascal Décaillet

 

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La nation existe, l'Europe feint d'exister

 

Sur le vif - Mercredi 29.08.18 - 09.11h

 

En Europe, voici que l'Italie, pays fondateur de la Communauté européenne en 1957, mais aussi l'Autriche, la Hongrie et le puissant Land de Bavière, n'en pouvant plus de la pression migratoire, entendent s'y attaquer par les moyens qui sont à leur disposition, des moyens nationaux.

 

Nationaux, bien sûr. En matière migratoire comme ailleurs, l'Union européenne n'existe pas. Elle n'est qu'un château de cartes, une fiction. L'UE n'a pas de politique migratoire, elle n'a pas de politique de défense, elle n'a pas de politique étrangère, elle n'a pas de politique économique cohérente. Et c'est parfaitement normal. Pour avoir, dans un quelconque domaine, une politique crédible, il faut d'abord EXISTER, de façon crédible, comme entité organisée. Les nations, avec leurs défauts, existent. L'Europe n'est qu'un paravent, une illusion.

 

Dès lors, comment oserions-nous reprocher à l'Italie, nation souveraine, directement exposée à l'incroyable pression des flux migratoires, facteur de mise en danger de sa propre cohésion sociale, de prendre les moyens là où ils sont : au niveau de la nation ? Comment oserions-nous adresser un reproche similaire à l’Autriche, à la Hongrie, au Land de Bavière, dirigé par l'excellent Horst Seehofer ?

 

Comment voulez-vous qu'ils fassent, ces pays ? Quels moyens, autres que nationaux, peuvent-ils utiliser ? Les moyens européens N'EXISTENT PAS ! Le "Commissaire européen aux Migrations", qui s'est permis ce week-end de faire la leçon aux autorités légitimes de l'Italie, n'est qu'une fiction. Jamais ce fantôme n'a fait avancer le moindre pion, sur le front migratoire. Alors, évidemment, les peuples souverains directement exposés, Italie, Autriche, Hongrie, Land de Bavière, se débrouillent comme ils peuvent. Avec les moyens du bord.

 

Il n'existe pas de politique migratoire européenne, pour la simple question qu'il n'existe pas d'Union européenne. C'est aussi simple que cela : n'en déplaise aux partisans des grands conglomérats, le seul échelon crédible d'action politique demeure, en 2018, celui de la nation.

 

Pascal Décaillet

 

 

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28/08/2018

Macron : le sillage tranquille de la bourgeoisie

 

Sur le vif - Mardi 28.08.18 - 16.59h

 

En aucun cas, Emmanuel Macron ne vient de nulle part. En aucun cas, il n'incarne l'homme nouveau, comme il a tenté de le faire croire lors de la présidentielle 2017.

 

En politique, personne ne vient de nulle part. Et l'homme nouveau n'existe pas. Depuis la Révolution française, et à certains égards antérieurement déjà, l'ensemble de l'espace politique existant aujourd'hui a été occupé, de façon repérable et millimétrée, par des forces qui, sous divers noms, sont bien là en continu.

 

D'Emmanuel Macron, on peut dire par exemple, avec certitude, deux choses. Son engagement européen le rattache à une tradition française précise : celle du MRP, qui était sous la Quatrième République la démocratie chrétienne à la française. Parti issu de la Résistance, mais intellectuellement rattaché à des courants antérieurs, comme le Sillon d'Emmanuel Mounier ou la Doctrine sociale de Léon XIII, ce courant de pensée a joué un rôle capital dans les premières décennies de l'après-guerre.

 

Autre exemple : le rapport d'Emmanuel Macron au libéralisme économique. Là, c'est moins ancré dans la tradition française, mais c'est présent, depuis le 18ème siècle, de façon parfaitement traçable. Avec, notamment, une période très prospère, sous le Second Empire.

 

Emmanuel Macron est un européen, et un libéral. C'est son droit le plus strict (on peut juste se demander ce qu'il fabriquait au gouvernement sous François Hollande). Mais ces positions ne relèvent en rien d'une nouveauté, encore moins d'une Révolution. Elles s'inscrivent dans le sillage tranquille d'une partie de la bourgeoisie française, provinciale notamment. C'est passionnant. C'est parfaitement respectable. Mais ça ne vient pas de nulle part. En politique, tout a toujours déjà existé avant, sous d'autres noms. Il suffit de se pencher sur les livres d'Histoire.

 

Pascal Décaillet

 

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Ministre, c'est un métier

 

Sur le vif - Mardi 28.08.18 - 12.24h

 

De l'éminent cancérologue Léon Schwartzenberg à Nicolas Hulot, en passant par le vulcanologue Haroun Tazieff, je n'ai jamais cru, une seule seconde, au mythe providentiel des personnes issues de la "société civile" pour occuper des ministères. Non que ces personnes ne soient pas compétentes, chacune dans son domaine, mais parce que ministre, c'est un métier. Politicien, c'est un métier. Il a des règles internes. Il exige une connaissance, en profondeur, du terrain politique lui-même, avec ses failles, ses pièges. Cela ne s'improvise pas. Il faut connaître la politique, comme un musicien doit maîtriser le solfège, l'harmonie, le contrepoint.

 

Et puis, ne soyons pas dupes ! Lorsqu'un Président choisit l'une de ces stars, c'est évidemment pour dorer son propre blason. Cela donnera l'impression d'un gouvernement ouvert, humaniste, inventif, centré sur les compétences. Bref, avoir un Schwartzenberg dans un ministère, ça fait bien.

 

Le problème, c'est que la politique est un métier. Celui qui ne connaît pas, à fond, le champ de bataille, avance en terrain miné. Un jour ou l'autre, il explosera. On peut le regretter, rêver d'un personnel politique moins roublard et plus compétent, mais c'est ainsi. C'est la règle du jeu, la configuration du terrain. Un Maudet, un Darbellay, un Couchepin, connaissent admirablement, croyez-moi, la carte d'emplacement des mines. La connaître, ça fait partie du jeu, tout simplement.

 

Un homme, d'ailleurs, ne s'y était jamais trompé : député (ou sénateur) pendant 35 ans, de 1946 à 1981, également onze fois ministre sous la Quatrième (1946-1958), avant de traverser longuement le désert, puis enfin d'arriver au pouvoir (10 mai 1981), il connaissait sur le bout des doigts la carte des circonscriptions françaises. Il connaissait les hommes, leurs faiblesses, leurs limites, leurs qualités aussi. Il était un professionnel de la politique. Il s'appelait François Mitterrand.

 

Pascal Décaillet

 

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Danse autour d'un cadavre

 

Sur le vif - Mardi 28.08.18 - 07.25h

 

La RSR continue de se torturer l'esprit avec les "négociations d'un Accord cadre avec l'Union européenne". Pas un jour, pas un journal, sans que les ondes publiques ne remuent ciel et terre autour de ce cadavre thématique.

 

À part le PLR (et encore !) et la SSR, "l'Accord cadre institutionnel" n'intéresse personne en Suisse. Fruit de l'esprit tortueux de Didier Burkhalter, laissé en héritage comme un cadeau empoisonné, ne captant ni l'intérêt du peuple suisse, ni celui de Bruxelles, c'est un thème politique mort. Mais ce mort a ceci de singulier de n'être jamais né, n'avoir jamais vécu, ailleurs que dans les imaginations d'une clique d'europhiles.

 

Il y a pire : le cadavre divise et ridiculise le Conseil fédéral. Cassis dit blanc, Schneider-Ammann dit noir, Cassis dit qu'il est en Inde et qu'il laisse Schneider-Ammann s'en occuper, Berset regarde le match et compte les points, les quatre autres font l'autruche. Gouvernement lacéré, à l'interne, par un non-sujet, un cadavre sémantique, un oripeau de sens.

 

Il est temps de tirer la prise. Le débat sur l'Europe appartient à l'ensemble du peuple suisse. Vaste débat national, oui, entre les cinq millions de citoyennes ou citoyens de ce pays. Ce débat n'appartient ni aux partis, ni aux élus. Il doit être la chose du peuple. C'est de lui, de sa légitimité par le nombre et par les profondeurs, que surgira naturellement, un jour, la clarté qui, aujourd'hui, fait tant défaut.

 

Pascal Décaillet

 

 

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26/08/2018

Les votations sont supérieures aux élections

 

Sur le vif - Dimanche 26.08.18 - 13.39h

 

Citoyen, je milite pour une politique suisse centrée davantage sur les thèmes que sur les personnes. Davantage sur les votations que sur les élections. Davantage autour des idées, qu'autour de visages, sur des affiches.

 

Les thèmes, c'est par l'initiative populaire que le corps des citoyens, depuis 1891, peut les empoigner. Je tiens l'initiative pour supérieure au référendum. Ce dernier, tout nécessaire soit-il, se définit au fond négativement. Il est toujours là en réaction à une décision parlementaire qui déplaît. L'initiative, au contraire, appartient corps et âme au peuple : c'est de lui qu'elle surgit, oui d'un petit comité de citoyennes et citoyens, c'est au sein du peuple qu'elle est discutée, lors d'un grand débat national, c'est enfin par le peuple (et les cantons) qu'un beau dimanche, elle est tranchée.

 

Oui, l'initiative est la chose du peuple, qui est son alpha et son oméga. La chose du peuple, et pas celle du Conseil fédéral, ni même des Chambres fédérales. C'est une affaire du peuple avec le peuple, et c'est précisément cela qui exaspère tant les élus : ils voient se jouer, autour d'eux, une dramaturgie qu'ils n'ont ni écrite, ni voulue.

 

Le 23 septembre, nous voterons sur l'avenir de notre paysannerie suisse. Ca n'est pas rien ! Nous donnerons aussi un signal en faveur du vélo, et de la mobilité douce. Voilà, personnellement, qui m'intéresse beaucoup plus (comme d'ailleurs la votation de novembre sur la primauté du droit suisse) que de savoir si je vais voter pour Monsieur X, Madame Y, membre du parti A ou B, à telles élections.

 

Les votations sont d'un intérêt nettement supérieur aux élections !

 

Notre démocratie directe place chacun d'entre nous en lien de responsabilité directe avec l'avenir du pays. C'est un système absolument génial, que tant de voisins nous envient. Ne le modifions que pour en augmenter le périmètre. En aucun cas, pour le rétrécir !

 

Pascal Décaillet

 

 

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Nos paysans disent oui à l'environnement !

 

Sur le vif - Dimanche 26.08.18 - 09.51h

 

Correspondant à Berne, j'avais couvert à fond, début 1992, le Septième Rapport sur l'Agriculture. A Jean-Pascal Delamuraz, j'avais demandé si les paysans suisses étaient vraiment prêts à prendre le virage environnemental qui était attendu d'eux, en contrepartie des paiements directs. La question, à l'époque, se posait. La réponse, c'est le moins qu'on puisse dire, n'allait pas de soi.

 

En bien ce jeu, nos agriculteurs et éleveurs, je puis le dire 27 ans après, l'ont admirablement joué ! Perçus comme peu sensibles à l'écologie dans les années 70 ou 80, les paysans suisses ont orienté leur production vers un modèle résolument respectueux de l'environnement, soucieux de qualité. Ils ont joué la carte du terroir, ils se sont battus pour de beaux produits.

 

Cela, pourtant, relevait d'une contrainte intérieure, à laquelle on sait l'âme paysanne, par nature, plutôt rétive. Une condition-cadre fixée par la Confédération. Nos paysans ont joué le jeu. Sans doute perçoivent-ils les orientations venues de Berne comme plus naturelles, puisqu'elles fixent le cap d'une politique nationale, que l'ouverture au vent glacé de la concurrence mondiale, voulue par une clique de néo-libéraux furieux qui ont pris en otage, depuis un quart de siècle, la politique économique et commerciale de la Suisse.

 

Pascal Décaillet

 

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