10/11/2018

Juges étrangers : la vraie question

 

Sur le vif - Samedi 10.11.18 - 10.12h

 

L'idée même de nation, dans sa racine qui est la France révolutionnaire de 1792 (celle qui, seule en Europe contre tous, lève en masse le peuple pour défendre le sol et les valeurs), implique la primauté du droit par elle-même édicté. Et la défense, à tout prix, contre vents et marées, de ce choix fondamental.

 

Si la France de 1792, celle de Valmy et des Soldats de l'An II, avait choisi l'ordre international, c'était le retour immédiat, imposé par tous ses voisins, à l'Ancien Régime, avec rétablissement des privilèges.

 

La question n'est donc pas "Voulons-nous la primauté du droit national ?". Mais, beaucoup plus en amont : "Voulons-nous constituer une nation souveraine ?". Ou voulons-nous, au contraire, devenir la partie d'un Empire ? Et, à terme, dans l'innocence d'une anesthésie, nous dissoudre dans ce dernier.

 

À cette question, la seule qui vaille, chacun est libre de répondre comme il l'entend. Ma réponse, à la fois personnelle, républicaine et nationale, vous la connaissez.

 

Pascal Décaillet

 

 

11:36 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Imprimer |  Facebook | |

08/11/2018

Manuel Tornare : un homme honnête et brillant

 

Sur le vif - Jeudi 08.11.18 - 09.47h

 

Manuel Tornare est un homme honnête. Il n'est pas un profiteur du système. Il a été, pendant de longues années, un remarquable Conseiller administratif, soucieux du bien public, plusieurs fois Maire, avec panache, réseau international, et volonté farouche de servir la Ville de Genève.

 

Fréquentant les puissants et les mécènes, il a souvent obtenu d'eux des dons très importants pour la collectivité genevoise. Il eût été exceptionnel, s'il avait hérité du dicastère de la Culture.

 

En aucun cas, ce serviteur de la Ville (l'échelon où il fut le meilleur) ne saurait, par contre-feux et amalgames concoctés dans les officines politiques, être mis à la même enseigne que certains autres, qui ont véritablement vacillé, peut-être même chaviré, face aux mirages de l'Argent.

 

Pascal Décaillet

 

 

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07/11/2018

Et l'Oméga ?

 

Sur le vif - Mercredi 07.11.18 - 13.10h

 

Dans un titre de tête de page, la TG qualifie de "mâle alpha" l'un des candidats PLR au Conseil fédéral. Quelle eût été la vocifération d'aucunes, si une métaphore similaire avait été utilisée dans le sens inverse ?

 

Pascal Décaillet

 

15:18 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer |  Facebook | |

On parle trop des élus !

 

Commentaire publié dans GHI - Mercredi 07.11.18

 

Voyages à Abu-Dhabi, notes de frais en Ville de Genève, voyage à Grenade d’une conseillère aux Etats vaudoise : on a l’impression, depuis quelques semaines, que l’horizon de l’analyse politique se réduit à donner son avis sur les faits et gestes, plus ou moins légaux, plus ou moins douteux, de nos élus. Tel magistrat a-t-il payé son voyage, qui le lui a offert, sa virée aux Emirats était-elle privée, ou au service du Canton, etc. Narrativement, c’est du pain bénit : ces historiettes se racontent merveilleusement, leurs rebondissements sont savoureux, un paradis pour les Revues, les dessins de presse, les caricatures. D’ailleurs qui d’entre nous, dès qu’il apprend un nouvel épisode, ne salive-t-il pas à l’idée d’immédiatement en informer ses amis et contacts de prédilection ?

 

Fort bien. Nous passons tous un bon moment. Dans ces traditionnels automnes genevois, où on attend Noël dans l’ivresse mesurée du stratus matinal, ce charivari fait du bien. Mais les passionnés de politique sont en droit, tout de même, d’attendre autre chose que cette réduction, digne des Jivaros, de la chose publique aux petites virées orientales, ou andalouses, de nos élus. A noter, juste en passant, que de Grenade aux Emirats, c’est toute une sensualité orientaliste, avec son lot de fantasmes, qui s’en vient squatter nos imaginaires : aurions-nous fait le même foin si nos édiles s’étaient rendus en week-end à Trondheim, ou à Düsseldorf ?

 

Donc, nous nous sommes fait plaisir. Avec des ingrédients que les principaux intéressés nous aurons livrés sur un plateau d’argent. Mais tout de même, et au risque de casser l’ambiance, rappelons que l’analyse politique, ça n’est pas cela. Une foi que tel éditorialiste, ou commentateur, aura signé son quinzième papier pour s’étrangler d’indignation, donner sa leçon de morale, ou nous remettre sur le tapis le sacro-saint « devoir d’exemplarité » des élus, il n’aura en vérité rien commencé, dans l’ordre de son métier. Ce dernier exige que les personnalités politiques soient jugées, non sur leurs petites déviances, mais sur leur efficacité dans les domaines où elles agissent. Tel ministre a-t-il réussi à faire avancer la République, par des réformes, ou a-t-il échoué ? Cette question est la seule, l’unique, celle qui doit prévaloir sur toutes les autres. C’est dans ce champ-là, et non dans l’improbable bosquet des péripéties, que les commentateurs de la vie politique doivent exercer leur esprit critique.

 

Pour ma part, j’attends d’un élu qu’il obtienne des résultats. Qu’il passe ses nuits dans d’odorants estaminets, à déguster du brut ou du demi-sec, ne m’intéresse pas. Le bien ou le mal que j’en dirai sera fonction de sa capacité à tenir la barre dans la République, s’imposer face à l’administration, faire avancer les choses. Pour le reste, parlons un peu moins des hommes et des femmes, et davantage des thèmes. Privilégions les votations sur les élections. Et surtout, utilisons à fond la démocratie directe : thématique et ciblée, elle est le fleuron de notre système politique suisse.

 

Pascal Décaillet

 

10:00 Publié dans Commentaires GHI | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Imprimer |  Facebook | |

06/11/2018

Il n'y a pas d'affaire Salerno

 

Sur le vif - Mardi 06.11.18 - 14.19h

 

D'abord Simon Brandt, puis d'autres : la ligne de contre-attaque de l'Entente municipale, en Ville de Genève, consiste à tomber sur Sandrine Salerno, sous prétexte qu'elle aurait mal géré le contrôle financier des notes de frais de l'exécutif.

 

Il s'agit, clairement, d'un dérivatif. On allume des contre-feux, pour faire oublier l'ampleur de l'ardoise Barazzone. L'opinion publique n'en sera pas dupe.

 

D'abord, Mme Salerno est une excellente gestionnaire des Finances municipales, des audits externes l'ont montré. Ensuite, sur l'affaire des notes de frais, elle est celle des cinq qui a le moins à se reprocher.

 

Surtout, prétendre le vide juridique responsable des errances dispendieuses de nos édiles, c'est présupposer que ces derniers auraient absolument besoin de codifications écrites, là où le minimum de rectitude devrait s'imposer naturellement.

 

Désolé, M. Brandt et consorts, il n'y a pas d'affaire Salerno.

 

Mais il y a, pour le moins, une affaire Barazzone.

 

Pascal Décaillet

 

 

14:29 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Imprimer |  Facebook | |

Il ira son destin

 

Sur le vif - Mardi 06.11.18 - 10.54h

 

Ce qui monte, un peu partout en Europe, ça n'est pas un nouveau système intellectuel. Non. C'est une part d'instinct et d'émotion, dans l'ordre de l'appartenance nationale.

 

Le sentiment, très fort, d'une communauté de destin, non à l'échelle mondiale, mais dans un périmètre géographique et une continuité historique bien précis. Ce que les mondialistes ont voulu abolir.

 

Ce retour de l'idée nationale, telle que les Français l'ont découverte au moment des guerres de la Révolution (1792), ou les Prussiens sous l'Occupation napoléonienne (1806-1813), ou les peuples d'Europe en 1848, est un courant puissant. Il ira son destin, quoi qu'il advienne.

 

Pascal Décaillet

 

 

14:11 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Imprimer |  Facebook | |

Instinct et survie

 

Sur le vif - Mardi 06.11.18 - 08.51h

 

L'enjeu de la votation du 25 novembre est celui de la souveraineté de la nation. Nos lois doivent-elles être ultimes, ou non ?

 

C'est à ce niveau-là, à cette hauteur de vue, à la dimension de cette querelle, qu'il convient d'appréhender la question. Cette dernière interpelle à la fois le temps et l'Histoire, la nature même, depuis la Révolution française, de l'idée nationale.

 

Elle n'est pas sectorielle (les patrons, les syndicats, les "milieux académiques"), ni corporatiste. Elle est totale, indivisible, immédiate.

 

Elle met en jeu le sentiment profond, avec sa part d'instinct et de survie, que chacun d'entre nous, dans l'intimité de son for, entretient avec le pays.

 

Face au vote, chacun d'entre nous, jeté là comme fragment et poussière, assume la totalité de sa solitude, face au destin commun. Il est libre. Il n'a de comptes à rendre à personne. Surtout pas aux partis politiques, ces paroisses d'éternité confisquée.

 

Au regard de cette solitude vertigineuse et sacrée, les "mots d'ordre" des centaines de féodalités d'intérêts, associations, corporations, sont vaines comètes, depuis des millénaires éteintes.

 

Le reste, ce sont des mots, des dérivatifs, des récupérations, des gesticulations, du remplissage.

 

Pascal Décaillet

 

 

09:40 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Imprimer |  Facebook | |

05/11/2018

Aux Jurassiens, mon amitié confédérale

 

Sur le vif - Lundi 05.11.18 - 12.05h

 

J'ai eu vingt ans en juin 1978, c'était à l'époque l'âge à partir duquel on pouvait voter. Mon tout premier vote, au niveau fédéral, et j'en suis tellement fier, fut de dire OUI, un OUI du fond du coeur, en septembre 1978, à la création du nouveau Canton du Jura.

 

J'avais suivi l'affaire bien avant, depuis les plébiscites du milieu des années 70, je n'avais pas encore lu les théoriciens de la Question jurassienne, mais je sentais très fort qu'il y avait, pour les gens de ces districts-là, en tout cas ceux d'entre eux qui le souhaiteraient, une anomalie de l'Histoire (elle date de 1815) à réparer. J'avais fait mon armée à 19 ans, en 1977, il y avait des Jurassiens (encore Bernois, à l'époque, mais autonomistes) dans ma compagnie, j'avais senti leur passion d'avoir un Canton à eux.

 

Je n'ai jamais connu Roland Béguelin, mais j'ai eu la chance, à Berne, de fréquenter et d'interviewer maintes fois François Lachat, l'un des Pères du Canton, un homme de chaleur, de culture et d'humour, celui qui, du balcon, avait crié "Citoyens, Victoire !".

 

Bref, j'ai toujours été favorable au Canton du Jura. En même temps, mon respect pour le Canton de Berne est total, y compris pour les districts du Sud, qui avaient choisi d'y demeurer. L'affaire est complexe, passionnante, les découpages de sympathies (PRO ou ANTI) sont ciselés au scalpel, district par district, commune par commune, famille par famille.

 

Aujourd'hui, je veux dire mon amitié confédérale aux gens de Moutier. Il me semblait que, le 18 juin 2017, ils avaient fait un choix politique clair, même s'il était serré. J'avoue comprendre difficilement les décisions de la Préfète. Surtout, je pense à cette ville où je me suis rendu souvent, notamment pour des décentralisés radio. Je pense à l'état d'esprit des gens qui pouvaient légitimement partir de l'idée que, la chose ayant été tranchée politiquement, on allait pouvoir aller de l'avant. La décision de ce matin remet tous les compteurs à zéro. Il y a de quoi avoir la boule au ventre.

 

Il y a, au fond de moi, une double appartenance. Je suis Genevois, né ici, profondément attaché à la Ville et au Canton de Genève. J'y ai passé toute ma vie, à part mes années à Berne, comme correspondant parlementaire, et de longues périodes en Allemagne, aussi. Et puis, je suis Valaisan. Par mes origines, mes deux parents, et toute l'ancestralité remontante, sur des siècles. Valaisan par le tempérament, le caractère, par toute l'intensité de mes liens familiaux.

 

Étant ces deux choses à la fois, je suis profondément Suisse. Attaché à la pluralité, la diversité, l'impérieuse nécessité des équilibres, tellement fragiles. En cela, je pense que nul Suisse, nulle Suissesse, ne peut demeurer indifférent à la Question jurassienne.

 

Aux gens du Jura, qu'ils soient de Berne ou du nouveau Canton, de Moutier ou d'ailleurs, je veux dire aujourd'hui la profondeur de mon amitié confédérale. Dans la déception d'un débat relancé, comme dans l'ivresse festive des jours de victoire, le citoyen suisse que je suis adresse sa sympathie à ses concitoyens de là-haut, dans ce Nord-Ouest où s'embrassent les cultures. La Suisse et la France. La langue de Verlaine et celle de Hölderlin.

 

Vive le Jura !

 

Pascal Décaillet

 

 

12:31 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Imprimer |  Facebook | |

04/11/2018

Une affaire de la nation avec la nation

 

Sur le vif - Dimanche 04.11.18 - 14.03h

 

Juges étrangers : revoilà, comme dans la campagne du 9 février 2014, les "milieux académiques" qui nous promettent l'Apocalypse.

 

Soyons sérieux. L'enjeu de la votation du 25 novembre ne concerne au premier chef ni les "milieux académiques", ni le patronat, ni les syndicats.

 

L'enjeu est identitaire. Il concerne la relation profonde que chacune, chacun d'entre nous entretient avec son pays. Voulons-nous que nos lois soient ultimes, ou considérons-nous qu'en certains cas, des instances externes à l'appareil législatif suisse puissent intervenir ?

 

A cette question, chacun répondra selon son coeur. Selon son âme. Selon l'intimité du rapport qu'il aura noué, dans sa vie, avec l'idée nationale, l'idée de souveraineté, l'idée d'indépendance.

 

Cela n'est en rien une affaire des "milieux académiques". Ni du patronat. Ni des syndicats.

 

C'est une affaire du peuple avec le peuple. Une affaire de la nation avec la nation.

 

Pascal Décaillet

 

 

14:15 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Imprimer |  Facebook | |

Contrôle politique, SVP !

 

Sur le vif - Dimanche 04.11.18 - 10.45h

 

Le fait que la justice enquête sur un magistrat n'exonère en rien le Parlement de sa mission de contrôle à lui, à travers la Commission de contrôle de gestion, ou toute autre commission ad hoc qu'il déciderait de créer. C'est cela, la séparation des pouvoirs.

 

Le Parlement n'a pas à calquer ses décisions sur le calendrier judiciaire. Ni l'inverse.

 

Son récent dessaisissement, par lui-même décidé (sous quelles pressions ?), est tout simplement inexplicable, en logique républicaine. À quoi servent les Commissions de contrôle si, au premier orage venu, elles renoncent à leur mission ?

 

À l'inverse, le délibératif de la Ville a su montrer, par son Bureau, une saine volonté d'indépendance et de mise en lumière des dysfonctionnements de l'exécutif municipal. Cela, sous l'impulsion d'un Président non-gouvernemental, réputé pour son intégrité, ne cherchant ni à faire carrière ni à plaire au pouvoir.

 

Pascal Décaillet

 

 

11:16 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer |  Facebook | |

03/11/2018

Démocratie totale

 

Sur le vif - Samedi 03.11.18 - 04.36h

 

La démocratie de mes vœux est une démocratie totale, dont la pierre angulaire est le corps des citoyens.

 

Dûment formés, informés, éduqués, par un système scolaire performant, notamment en Histoire, les citoyennes et citoyens prennent en charge le destin du pays. Ils en ont conscience. Ils se sentent profondément investis de cette mission.

 

Le Parlement demeure. Il fait les lois. Certaines sont corrigées par référendum, mais c'est rare. L'immense majorité des lois parlementaires entrent en vigueur.

 

Le parlementaire fait les lois, mais c'est tout. La politique ne lui appartient pas. Le débat politique appartient à l'ensemble des citoyens. Tous peuvent s'exprimer : les nouveaux outils de communication, la mise en réseau des connaissances, le permettent.

 

J'invite mes concitoyens à cesser de pleurnicher face à des élus qui les déçoivent. Qu'en attendaient-ils ? Qu'ils fussent parfaits ?

 

Nous avons beaucoup mieux à faire que nous plaindre constamment des élus : faisons la politique nous-mêmes. En utilisant à fond la démocratie directe. En inventant, ensemble, dans les décennies qui viennent, de nouvelles formes de démocratie directe, plus puissante, plus étendue qu'aujourd'hui.

 

Le plus compliqué, dans cette invention, sera de demeurer dans l'ordre du démos, et non de sombrer dans celui de la doxa. En clair, nulle extension de la démocratie directe ne pourra s'opérer sans un approfondissement, en parallèle, du niveau de connaissances des citoyens. LES NOUVEAUX OUTILS LE PERMETTENT, et le permettront davantage encore dans les temps qui viennent. Si le réseau social, par exemple, pouvait être utilisé un peu moins pour le bavardage, et davantage pour le partage de connaissances et d'arguments, la Cité serait gagnante. Le démos, c'est le vote comme institution, la doxa c'est le clic d'opinion.

 

Parlons moins des partis politiques, aussi. Il ne sont en aucun cas l'alpha et l'oméga. On peut parfaitement être une excellente citoyenne, un excellent citoyen, sans adhérer à ces paroisses où il faudrait rester à vie.

 

Privilégions les thèmes sur les personnes. Parlons moins des élections, et beaucoup plus des votations. Partageons nos connaissances, les nouveaux outils le permettent. Informons-nous mutuellement. Misons sur l'intelligence collective, au service du bien commun. Construisons ensemble le pays. C'est infiniment plus intéressant que de geindre et gémir, comportement infantile et aveu de dépendance, à la moindre incartade des élus.

 

Pascal Décaillet

 

 

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02/11/2018

Le personnage principal

 

Sur le vif - Vendredi 02.11.18 - 18.47h

 

On parle beaucoup trop des élus. Le personnage principal, en démocratie, ça n'est pas l'élu. C'est le citoyen.

 

Pascal Décaillet

 

18:55 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Imprimer |  Facebook | |

Deux millions, c'est mieux que 246 !

 

Sur le vif - Vendredi 02.11.18 - 13.09h

 

Le Parlement joue un rôle important dans notre vie politique suisse. Il fait des lois, ce qui n'est pas rien. Mais il ne constitue en aucun cas l'alpha et l’oméga de notre démocratie.

 

Non, la pierre angulaire, c'est le corps des citoyens, le suffrage universel. Par le référendum, il peut défaire les lois votées par le Parlement. Beaucoup mieux : par l'initiative populaire, il peut exhumer les sujets que la classe politique a volontairement laissé gésir dans les entrailles de la terre.

 

Ces sujets, par la voie de l'initiative, les citoyens peuvent en faire des thèmes majeurs de notre vie politique, d'envergure nationale, sur lesquels les cinq millions d'électeurs de notre pays prennent parti. Jusque dans les repas familiaux, on s'engueule, comme dans le fameux dessin de Caran d'Ache, sur l'Affaire Dreyfus.

 

Le Parlement chuchote et passe des compromis tactiques et soupesés, la peuple vit et s'exprime. Si 40% des cinq millions votent (c'est la moyenne), cela fait deux millions de personnes qui, quatre fois par an, dessinent ensemble le destin de la nation.

 

Deux millions, c'est tout de même un peu mieux, un peu plus ancré en légitimité tellurique, que 246 à Berne, non ?

 

Pascal Décaillet

 

13:24 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Imprimer |  Facebook | |

Le patron, c'est le citoyen

 

Sur le vif - Vendredi 02.11.18 - 09.03h

 

Je l'ai déjà dit : les citoyennes et citoyens suisses doivent entreprendre quelque chose, peut-être une initiative, pour un encadrement et un contrôle démocratique systématiques de ces fameux "Accords de libre-échange" que Berne signe à tour de bras, loin du regard du peuple.

 

Ces Accords, qui pullulent depuis les années soixante, sont beaucoup trop nombreux, ils embarquent la Suisse dans une forêt contractuelle d'une complexité inouïe, ils ont été préparés par l'administration, aux ordres d'une idéologie libérale, voire ultra, pour faciliter la vie des exportateurs. Le Commerce extérieur est considéré, à Berne, comme une Arche Sainte, inattaquable.

 

La possibilité de se retourner contre ces Accords par la voie démocratique, pas seulement le Parlement mais le suffrage universel, est au mieux théorique, au pire inexistante.

 

Un exemple : Berne se targue, en gonflant les pectoraux, d'avoir arraché un Accord avec l'Indonésie. La question de l'huile de palme, concurrente mortifère de notre colza suisse, n'est pas résolue, aucune garantie solide pour les paysans suisses n'ayant été obtenue.

 

Les Accords signés par la Suisse doivent être ratifiés par le suffrage universel. En tout cas, ceux d'entre eux qui posent problème, aux yeux du corps des citoyens. Il faut inventer, dans les années qui viennent, une possibilité simple et rapide de contrôle démocratique des Traités potentiellement dangereux pour la cohésion sociale, l'indépendance et la souveraineté de notre pays.

 

Cette possibilité doit être autre que le référendum. Ce dernier, qui conteste une loi votée par le Parlement, intervient beaucoup trop tard, une fois que la loi est achevée, tricotée. Du coup, on doit accepter ou refuser un paquet, dans son ensemble. Dans ce modèle, le Parlement demeure la référence centrale, celle qu'on approuve ou non. Or, la pierre angulaire, ça ne doit pas être le Parlement, mais le corps souverain des citoyens. C'est lui, dans les années qui viennent, qui doit enfin pouvoir en Suisse assumer toutes ses responsabilités politiques.

 

En démocratie, le patron c'est le citoyen.

 

Pascal Décaillet

 

 

09:53 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer |  Facebook | |

01/11/2018

Un monde sans notes de frais

 

Sur le vif - Jeudi 01.11.18 - 22.35h

 

Au lieu de constamment s'étrangler de déception face aux élus, demandons-nous plutôt si nous allons encore avoir éternellement besoin d'élus.

 

Née de la Révolution française (un peu avant, déjà, en Angleterre), la bonne vieille démocratie représentative date du temps des lampes à huile et des diligences. On envoyait, pour des "sessions", des notables siéger dans la capitale du pays.

 

Fort bien. Mais les temps ont changé. La Révolution numérique, le partage des connaissances, la mise en réseau du savoir, tout cela rend de moins en moins nécessaire la présence simultanée, pendant trois semaines, quatre fois par an (je prends le cas de la Suisse) d'élus pour pondre des lois.

 

Petit à petit, dans les décennies qui viennent, le processus de maturation des lois va changer. La démocratie directe, de plus en plus, va pouvoir agir directement, et peut-être plus seulement sur le plan constitutionnel.

 

Les nouvelles formes de citoyenneté sont à inventer. Les outils existent déjà, existeront de plus en plus, pour que le suffrage universel, dûment formé et informé, supplée progressivement ces assemblées de notables où le tutoiement consanguin remplace le glaive de la lutte des idées.

 

Un monde sans notes de frais. Un monde sans Nomenklatura. Un monde délivré des oligarques et des corps intermédiaires. Un monde où chaque citoyenne, chaque citoyen, à la fois fragment et totalité de la nation, participerait activement à dessiner le destin du pays.

 

Pascal Décaillet

 

 

22:59 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Imprimer |  Facebook | |

Personne n'est anti-suisse !

 

Sur le vif - Jeudi 01.11.18 - 15.36h

 

Juges étrangers : il n'y a nullement lieu de qualifier "d'anti-suisse" l'initiative. Pas plus que de qualifier "d'anti-suisses" les opposants au texte.

 

Ce langage, trop souvent utilisé de part et d'autre, n'a pas lieu d'être.

 

Nous, les quelque cinq millions de citoyennes et citoyens composant, au niveau fédéral, le corps électoral de notre pays, sommes tous des Suisses. Certains sont pour l'initiative, d'autres sont contre.

 

Nous sommes tous suisses. Nous sommes tous des démocrates. Tous, nous acceptons le jeu. Un texte nous est soumis. Une vaste campagne bat le pays pendant quelques semaines. Fraternellement, entre citoyens unis dans une communauté de destin, entre PRO et ANTI, nous nous engueulons.

 

Fort bien. C'est cela, la démocratie. Il n'est écrit nulle part qu'elle doive être discrète, encore moins silencieuse. Lorsque le peuple est appelé à se prononcer, il s'exprime, il discute, et certains, ma foi, le font avec le langage du peuple. Tous ne sont pas docteurs en droit, chuchoteurs de bibliothèques.

 

Mais de grâce, ne nous traitons pas mutuellement d'anti-Suisses. Notre magnifique démocratie directe mérite mieux.

 

Pascal Décaillet

 

 

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31/10/2018

Le VRAI coup de fatigue d'Emmanuel Macron

 

Sur le vif - Mercredi 31.10.18 - 14.46h

 

La fatigue personnelle et physique d'Emmanuel Macron n'appelle pas de commentaire politique. On lui souhaitera même un prompt rétablissement.

 

En revanche, la FATIGUE POLITIQUE de la Grande Illusion Macron, après seulement 18 mois, est un véritable thème. Ce système trompeur, et tellement démagogique, visant à prétendre qu'on va "faire de la politique autrement", faire fi de l'Histoire, des ancrages profonds du pays, en "rénovant le paysage", bref les mêmes balivernes que Giscard en 1974, tout cela est déjà à bout de souffle.

 

La Macronie s'épuise. Les vieux clivages vont resurgir, les personnes aussi. On ne change pas si facilement, d'un coup de baguette magique, juste avec un peu de jeunisme et d'arrogance, les fondamentaux politiques d'un pays. Ceux de la France remontent au moins à la Révolution. En y regardant de près, les forces antagonistes, les grandes plaques tectoniques, ont peu bougé depuis la Convention, juste les étiquettes.

 

Les usurpateurs ne durent jamais très longtemps.

 

Pascal Décaillet

 

 

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Respectons les décisions des peuples !

 

Commentaire publié dans GHI - Mercredi 31.10.18

 

La démocratie, c’est le pouvoir au peuple. Non à toute la population, mais à un corps électoral, qui constitue, dans les grands moments, le suffrage universel. Dans ces rendez-vous, le destin d’un pays n’est pas confié à un seul Parlement (quelques centaines de personnes, en fonction des nations), mais à des millions d’hommes et de femmes. C’est le cas pour les élections. C’est le cas, aussi, pour la démocratie directe, parfaitement ancrée dans nos traditions politiques suisses, beaucoup moins ailleurs. Ce sont des moments politiques très forts : ils engagent de vastes débats nationaux, les citoyens se sentent concernés, s’engueulent, jusque dans les repas familiaux, ils font de la politique « leur chose », c’est quelque chose de puissant.

 

Seulement voilà. Quand le pouvoir est au peuple, il s’agit de respecter les décisions du suffrage universel. Sinon, le grand exercice démocratique ne sert à rien, et ne constitue qu’une parodie. Respecter, cela ne signifie pas que le peuple ait « toujours raison », comme l’affirme un adage fallacieux. Bien sûr que le peuple peut se tromper, et prendre, face à l’Histoire, de malencontreuses décisions ! Mais il est le peuple, il est le souverain, il est l’ultime voix, et ses décisions doivent être respectées. Même si nous sommes fâchés (combien de dimanches l’ai-je été, en quarante ans de votes !), même si nous enrageons, même si un résultat nous fait désespérer de la vie politique. En politique, comme en sport, il faut savoir accepter un résultat.

 

Apprendre à respecter la voix du peuple, c’est par exemple se passer d’insulter, ou de faire tenir pour malade, pathologiquement atteint, un corps électoral dont la décision nous déplaît. Hélas, c’est exactement cela, lors de l’élection de Trump il y a deux ans, ou celle de Bolsonaro, au Brésil, ce dimanche 28 octobre, que nous pûmes trop souvent lire, ou entendre, chez les commentateurs de la presse romande. Idem, face aux Hongrois votant pour Orban. Face aux Italiens soutenant Salvini. Face aux Autrichiens, et leur nouveau Chancelier. Face aux Bavarois, ou aux électeurs du Land de Hesse (région de Francfort), faisant plonger les partis traditionnels, pour en laisser d’autres émerger. Chaque fois, on peut lire que ces électeurs étaient sous influence, manipulés, qu’ils n’avaient pas compris les enjeux. Mais de quel droit, nous, à des milliers de kilomètres de ces gens, de leurs préoccupations, aurions-nous une meilleure vision de leurs intérêts supérieurs ?

 

Surtout, quelle arrogance ! Le commentateur de la presse romande, investi d’une vérité théologique, aurait dogmatiquement compris ce qui serait bon, ou mauvais, pour les autres peuples de la planète. Si ces derniers décident dans le bon sens (celui du commentateur !), c’est magnifique, et vive la démocratie. S’ils ont le mauvais goût de prendre la décision qui déplaît, alors on dira que leur vote aura « prospéré sur le fumier » des insatisfactions. Et que les électeurs, qui sont de grands enfants, auront été, dans leur immaturité, pris au piège de la bête immonde. Détestable paternalisme : jusqu’à quand ?

 

Pascal Décaillet

 

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30/10/2018

Mme Merkel, marraine de l'AfD

 

Sur le vif - Mardi 30.10.18 - 09.13h

 

La véritable marraine de l'AfD n'est autre qu'Angela Merkel. Par son ouverture inconsidérée des frontières à l'automne 2015, déstabilisant totalement les équilibres sociaux dans les régions les plus fragiles et les plus précaires du pays, elle a donné à ce parti des ailes de géant.

 

Voulant plaire au grand patronat de son pays, aux bonnes consciences internationales, elle a perdu la confiance de ceux qu'elle avait fait serment de servir et défendre : le peuple allemand. Et, au sein de ce peuple, les personnes les plus vulnérables sur le marché du travail. Notamment dans les Länder de l'ex-DDR. Devant l'Histoire, elle devra assumer cette responsabilité.

 

Pascal Décaillet

 

 

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29/10/2018

Démocratie du Bien, démocratie du Mal

 

Sur le vif - Lundi 29.10.18 - 12.26h

 

Nos beaux esprits nous annoncent, au Brésil, "la fin de la démocratie". Rien de moins.

 

Singulière vision. La démocratie brésilienne, par son suffrage universel, vient de fonctionner parfaitement. Il y a eu compétition entre deux candidats. 56% du corps électoral, au terme d'un processus régulier, a choisi l'un des deux. Une nette majorité a donc rejeté l'autre.

 

C'est cela, justement, la démocratie, un arbitrage chiffré, objectif, mesurable. Au final, une majorité, une minorité. Elle a parfaitement joué, la démocratie brésilienne, il y a eu un vainqueur, un vaincu. Le peuple brésilien a fait son choix.

 

D'ailleurs, si l'autre candidat l'avait emporté, nos beaux esprits auraient trouvé que la démocratie brésilienne étaient magnifiquement vivante ! Puisque, dans sa théologique sagesse, elle aurait rejeté la bête immonde.

 

La bonne santé de la démocratie brésilienne dépend donc, chez nos beaux esprits, du succès ou du revers du candidat de leur choix. Et non d'une solidité institutionnelle, capable de transcender les partis.

 

En clair : si vous votez pour le candidat du Bien, vous êtes un démocrate ; si vous votez pour le candidat du Mal, vous ne l'êtes pas. Cela porte un nom : cela s'appelle confondre la démocratie avec son propre camp.

 

Pascal Décaillet

 

 

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