25/08/2018

Initiatives agricoles : l'erreur majeure de l'UDC

 

Sur le vif - Samedi 25.08.18 - 18.07h

 

Le refus des initiatives agricoles du 23 septembre constitue, de la part des délégués UDC, une erreur stratégique majeure.

 

Il y avait là l'occasion de donner un signal fort, sur le thème de la souveraineté. Et un autre signal, encore plus puissant, vers un monde agricole dont l'UDC, de plus en plus, s'éloigne.

 

En cas de victoire de ces initiatives, le 23 septembre, l'UDC sera assimilée au camp libéral, voire ultra, qui croit encore au libre-échange, en matière agricole, et à tous ces accords internationaux qui dévastent notre paysannerie suisse. Alors que ce secteur a tant besoin d'Etat, de protection, de solidarités nationales, en un mot de respect et d'attention, de la part du peuple suisse.

 

Seuls, apparemment, les Vaudois se montraient ouverts à ces deux textes. Nous reconnaissons bien là la vielle, la magnifique tradition agrarienne, PAI ou PAB, bien avant que le parti national ne fût dévoyé par des Zurichois ultra-libéraux.

 

Le thème, maintenant, qu'il s'agit de traiter, et qui me brûle les lèvres et la plume depuis des mois, des années : peut-on se proclamer "conservateur", dans le très beau sens de ce mot, celui qui invoque les valeurs de proximité humaine et de cohésion sociale, en étant, dans les choix économiques, ultra-libéral et libre-échangiste à souhait ?

 

A cette question, pour ma part, passionné d'Etat et de cohésion nationale, j'ai toujours férocement répondu NON.

 

Pascal Décaillet

 

18:20 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Imprimer |  Facebook | |

Le printemps des peuples ne fait que commencer

 

Sur le vif - Samedi 25.08.18 - 09.38h

 

Les peuples d'Europe éprouvent, en profondeur, le besoin d'être écoutés.

 

Non pas "écoutés", comme dans un sondage d'opinion. Mais "écoutés", comme décideurs de leurs destins nationaux. Ecoutés, non comme une doxa (l'opinion majoritaire, le Café du Commerce), mais comme un démos (le peuple institutionnel, le corps des citoyennes et citoyens, celui qui a voix au chapitre, celui qui vote, et tranche).

 

En Suisse, nous avons cette chance extraordinaire. Le peuple n'est pas une masse informe, qu'il s'agit juste de séduire pour se faire élire. Non, il constitue un collège électoral. Non pas de 246 personnes, mais de cinq millions ! Il faut être citoyenne ou citoyen suisse, et avoir 18 ans ou plus.

 

Ce collège n'est pas une fiction, ni un alibi. Quatre fois par an, il est appelé à voter, non pour élire des gens (cela, c'est tous les quatre ans), mais pour se prononcer sur des questions de fond. En Suisse, le suffrage universel décide sur des thèmes. En cela, il tisse et précise, au fil des décennies, le destin de la nation.

 

C'est une chance exceptionnelle que nous avons. Notre démocratie directe ne doit être touchée que pour augmenter son pouvoir, en aucun cas pour le réduire : n'écoutons pas la complainte grisâtre, jalouse, acariâtre, de la petite clique de professeurs de droit qui voudraient remplacer l'arbitrage universel par celui de commissions de Sages, autrement dit des cléricatures, des oligarchies.

 

Citoyen suisse, je ne prétends pas que le modèle de mon pays, fruit d'une Histoire idiomatique à nulle autre comparable, doive être reporté sur les autres. C'est à chaque peuple d'Europe, en fonction du génie propre de chaque nation, de faire le chemin vers davantage de démocratie. Et de se donner les moyens institutionnels d'y parvenir.

 

Mais c'est urgent. Les Français n'en peuvent plus du cirque politique parisien imposé, d'en haut, à l'ensemble du pays. Ils n'ont absolument pas digéré d'avoir, en mai 2005, été interrogés sur le Traité européen, d'avoir dit non, et qu'au final le oui fût imposé. Les Allemands veulent qu'on les écoute sur les flux migratoires. Les Italiens veulent reprendre en mains leur destin national, et notamment contrôler eux-mêmes leur immigration.

 

Oui, les peuples d'Europe se réveillent. C'est inéluctable. C'est un printemps de plusieurs années, voire plusieurs décennies. Cela passera par des hauts et des bas, des avancées, des reculs. Mais dans une vision macro-historique, celle qui tente d'apprécier les choses globalement, les peuples en ont assez que le pouvoir de décision leur soit confisqué. Alors, ils vont le conquérir. Cela ne fait que commencer.

 

Pascal Décaillet

 

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24/08/2018

Le 23 septembre : une page d'Histoire suisse s'écrira !

 

Sur le vif - Vendredi 24.08.18 - 14.39h

 

Ne nous y trompons pas : les deux votations agricoles du 23 septembre ne concernent pas seulement le rapport du peuple suisse à sa paysannerie, même si cet enjeu est évidemment essentiel, et premier.

 

Non, il faut pousser plus loin l'analyse politique. Dans la lettre et l'esprit de ces textes, il y a toute la clarté d'un signal : celui d'une RUPTURE avec une vision libérale, et surtout libre-échangiste, dont le peuple suisse, peut-être (nous le saurons de 23 septembre), ne veut plus.

 

Le peuple suisse n'est pas partisan d'une économie dirigée. Ni même, en matière agricole, d'un retour au Plan Wahlen, qui poussa à fond la souveraineté alimentaire (que pouvait-il faire d'autre, toutes frontières fermées ?) lors de la dernière guerre.

 

Mais le peuple suisse, par son Histoire, son esprit de solidarité nationale, son attention constante à la subsidiarité, la mutualité, au respect des minorités et des plus faibles, n'a rien non plus d'un dragon ultra-libéral, à l'anglo-saxonne ou à l'asiatique. Nous avons une autre Histoire, une autre tradition !

 

Le peuple suisse aime et respecte ses paysans. Il ne s'agit pas de les idéaliser, ni d'en faire une caste à part, mais simplement de leur témoigner de la reconnaissance pour le travail capital qu'ils fournissent au pays. Les paysans travaillent la terre, c'est dur et ingrat. Ils nous nourrissent. Ils mettent l'accent sur la qualité. Ils entretiennent le terroir, vivent avec les animaux, configurent nos paysages.

 

Je suis personnellement fasciné par les paysages, ceux qui suivent mes activités photographiques en sont témoins. Mais savez-vous que ces véritables tableaux, d'harmonie et de beauté, en plaine comme jusqu'au plus profond de nos vallées, doivent au moins autant, sinon plus, au travail des hommes et des femmes, qu'à la beauté intrinsèque de la nature ? Comme l'ont montré de passionnants chercheurs sur notre pays au19ème siècle, début 20ème, le création d'un paysage suisse a été l'une des composantes majeures de notre identité nationale. Il y a 150 ans, la Vallée du Rhône, entre Sierre et Martigny, aujourd'hui si sublime par ses étagements de vignes, avait, en bien des endroits, les allures d'un marécage.

 

Le dimanche 23 septembre pourrait bien être une date importante dans notre Histoire suisse. Si le peuple et les cantons acceptent ces deux initiatives, ils feront un pas en direction du monde agricole. En direction, aussi, d'un modèle économique plus national, plus solidaire, plus souverain, et tout simplement plus humain. A quelques milliers de lieues marines des mirages libre-échangistes, qui n'enrichissent qu'une minorité, et où l'agriculture suisse, notre cohésion nationale aussi, ont tout à perdre.

 

Pascal Décaillet

 

 

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23/08/2018

Les initiatives agricoles devront être appliquées !

 

Sur le vif - Jeudi 23.08.18 - 09.52h

 

Un oui du peuple et des cantons, le 23 septembre, aux initiatives agricoles condamnerait sans appel l'actuelle (absence de) politique du Conseil fédéral face aux enjeux capitaux de la paysannerie suisse.

 

Johann Schneider-Ammann est un homme sympathique. Il vient de l'industrie d'exportation, et consacre beaucoup d'énergie à défendre ce domaine. Mais en matière d'agriculture, c'est la catastrophe. Aucune vision à terme. Aucune conscience des conséquences dramatiques d'une politique de libre-échange à laquelle, par idéologie, il s'accroche désespérément.

 

Le petit monde de M. Schneider-Ammann, c'est la promotion des exportations suisses dans le secteur industriel. Le monde de ces fameux "Accords de libre-échange", concoctés hors de tout contrôle démocratique, fruit d'une idéologie ultra-libérale, avec des rêves échevelés, du côté de Singapour ou Hong-Kong. Cette politique économique ne favorise pas l'ensemble du pays, mais quelques exportateurs malins.

 

Si c'est cela, "l'innovation", ce mot passe-partout, martelé en incantations, oui si c'est juste une prime à de débrouillards signataires de contrats, commis-voyageurs de l'aubaine, eh bien désolé : la politique économique d'un pays comme la Suisse, magnifique démocratie, où les citoyennes et les citoyens constituent le souverain, avec une riche et passionnante Histoire sociale, mérite vraiment mieux, c'est à pleurer de rage.

 

Si les initiatives passent, le 23 septembre, M. Schneider Ammann doit partir. En tout cas, quitter la direction politique de l'agriculture suisse. Son univers à lui, il le reconnaît d'ailleurs, est aux antipodes de l'esprit de ces initiatives. Comment, après un tel désaveu, pourrait-il rester dans ce Département ?

 

Au-delà de la personne du Conseiller fédéral, un oui aux initiatives constituerait, pour nos autorités à Berne, un ordre de virage à 180 degrés. Il s'agirait, sans jouer au plus fin comme dans la lamentable suite donnée au 9 février 2014, de METTRE EN APPLICATION des textes clairement en RUPTURE avec l'idéologie libérale en matière agricole. Sans temporiser ! Sans jouer la montre ! Sans jouer les "Accords internationaux" contre la volonté souveraine du peuple et des cantons.

 

Un deuxième 9 février 2014 provoquerait une rupture effrayante de la confiance des citoyennes et citoyens de ce pays, face à leurs autorités.

 

Pascal Décaillet

 

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21/08/2018

Le Conseil fédéral est contre - Et alors ?

 

Sur le vif - Mardi 21.08.18 - 15.15h

 

Je le redis pour la millième fois : l'avis du Conseil fédéral, lorsqu'une initiative populaire est soumise au peuple, est d'un intérêt parfaitement secondaire. Et ne mérite en tout cas pas les salves d'ouvertures systématiques, comme des orgues de Staline, dans les journaux SSR. Ainsi, aujourd'hui encore, parce que M. Schneider-Ammann a plaidé le non aux deux initiatives agricoles du 23 septembre.

 

Une initiative est une affaire du peuple avec le peuple. C'est justement parce que les élites politiques du pays en ont sous-estimé l'objet, qu'elle a été conçue, imaginée, lancée sur la place publique. Un comité de citoyennes et de citoyens a dû, au prix d'immenses efforts, exhumer un thème que les élus voulaient garder enfoui. Une initiative, c'est un pari civique, qui exige un courage considérable. Beaucoup de solitude, dans les premières semaines. Ces gens, qui sont la levure même de notre vie politique, méritent le respect qu'on doit aux combattants.

 

On se doute bien que le Conseil fédéral est contre ! Il est toujours contre ! Pour la bonne raison qu'une puissante idée, qui ne vient justement pas de lui, occupe pendant des semaines le débat national. Il est contre, parce qu'il se sent désavoué - il l'est - par toute cette sève citoyenne, qui monte des profondeurs du pays. Il est contre, par rancœur. Par jalousie. D'autres, à sa place, viennent dicter l'agenda !

 

Il est contre, parce qu'il assiste, impuissant, à la politique écrite, scénarisée, mise en scène, par d'autres forces que lui, autrement plus telluriques.

 

La démocratie directe suisse, et avant tout l'initiative populaire fédérale, constituent l'un des plus puissants leviers de contre-pouvoir au monde. N'écoutons surtout pas la petite clique de juristes et professeurs de droit qui veulent la limiter. Elle doit, tout au contraire, être encore étendue !

 

Pascal Décaillet

 

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Allemagne : l'autre gauche, celle qui monte

 

Sur le vif - Mardi 21.08.18 - 11.46h

 

En Allemagne, la gauche radicale combat à son tour l'immigration incontrôlée, et exige un contrôle drastique des flux migratoires.

 

Pourquoi le SPD, aujourd'hui totalement à terre suite aux dernières élections, n'a-t-il pas tenu ce discours ? Lui, l'héritier de la grande tradition sociale-démocrate allemande, qui remonte au moins à 1848, pourquoi n'a-t-il pas tiré la sonnette d'alarme, suite à l'ouverture inconsidérée des frontières par Mme Merkel, à l'automne 2015 ? Le sort de la classe ouvrière allemande n'intéresse-t-il plus le parti qui fut celui de Willy Brandt ?

 

La maladie héréditaire de la sociale-démocratie allemande, aujourd'hui comme en 1919, c'est sa prétention à l'internationalisme, et à quelque dimension universelle qui n'intéresse guère les Allemands les plus précaires. A cela s'ajoute une "gentrification" du parti, devenu celui des villes et des classes moyennes, voire supérieures, et plus du tout celui des travailleurs. Or, des usines, oui des bonnes vieilles machines keynésiennes de fabrication à la chaîne, il en existe encore beaucoup en Allemagne, c'est d'ailleurs l'une des raisons - avec la maîtrise de l'acier - de l'incroyable prospérité économique de ce pays.

 

Là où il y a des usines, ou des aciéries, il y a des ouvriers. Oui, cela existe encore ! En Allemagne, depuis Bismarck et ses premiers contrats collectifs, ses premières assurances sociales, le souci a été constant de maintenir un dialogue fructueux entre patronat et syndicats. Dans cette dialectique, le SPD a historiquement tenu un rôle majeur. Ce rôle, aujourd'hui, il l'a perdu.

 

Pendant ce temps, à la gauche du SPD, des formations plus radicales, avec un langage plus clair, plus proche du peuple, mais aussi avec des options plus tranchées, parfaitement identifiables, ont prospéré. Elles sont les héritières de cette autre gauche allemande, qui existait puissamment en 1918, 1919, plus percutante, plus offensive, et dont l'une des branches était franchement plus nationale. Pendant la République de Weimar, pendant les années d'opposition au Troisième Reich, puis dans les deux Allemagnes de 1949 à 1989, la dualité antagoniste de ces gauches a existé.

 

Aujourd'hui, la gauche radicale monte. Et la vielle sociale-démocratie, humaniste, s'effondre. Enlisée dans ses rêves internationalistes, dans ses chimères cosmopolites. Ce qui se passe dans la politique allemande, souvent, se retrouve chez nous quelques années plus tard. Le combat des gauches, entre préférence nationale et béatitude mondialiste, ne fait que commencer.

 

Pascal Décaillet

 

12:11 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Imprimer |  Facebook | |

20/08/2018

PYM : un peu trop pressé !

 

Sur le vif - Lundi 20.08.18 - 11.40h

 

J'éprouve, depuis vingt ans, la plus vive admiration pour Pierre-Yves Maillard, que j'ai nommé "Le meilleur de tous", dans un commentaire, il y a une quinzaine d'années. C'est un homme d'Etat et de conviction.

 

Mais je ne suis pas sûr que dévoiler son aspiration à devenir le premier syndicaliste de Suisse, alors qu'on est encore en poste dans un gouvernement cantonal, soit stratégiquement habile. L'intérêt avoué pour la fonction future sera de nature, qu'on le veuille ou non, à jeter une ombre sur l'action exécutive présente.

 

Être ministre cantonal est une chose. Être le patron de la première centrale syndicale du pays en est une autre. On peut exercer les deux fonctions successivement. Mais évoquer la seconde, alors qu'on est encore en plein dans la première, donne l'impression qu'on regarde déjà ailleurs, ce qui n'est jamais bon.

 

Pascal Décaillet

 

11:51 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (10) | |  Imprimer |  Facebook | |

La parole au peuple !

 

Sur le vif - Lundi 20.08.18 - 05.52h

 

La force du système politique suisse, avec la démocratie directe, c'est le primat des idées sur les personnes.

 

Une initiative, que nous amène-t-elle ? Un thème ! Elle l'exhume de l'indifférence de la classe politique, l'impose au public, charrie pendant des mois un vaste débat national. Chaque citoyenne, chaque citoyen se sent concerné, donne son opinion, argumente. La Suisse, communément, de Chancy à Romanshorn, fédère ses énergies en débattant d'un même sujet. En cela, l'initiative populaire écrit, chaque fois, une page de l'Histoire politique de notre pays. Une page originale, qui appartient au corps électoral entier, et pas seulement aux élus.

 

Dans les élections, nous parlons des personnes. Le centre du débat, ce sont des hommes et des femmes. Pouvons-nous, ou non, leur faire confiance ? On montre leurs visages, sur des affiches. On les choisit, ou non.

 

La politique, ce sont ces deux dimensions-là, les idées et les personnes. Comme des abscisses et des ordonnées.

 

Devant l'Histoire, lorsque l'on considère, avec recul, les mouvements de fond, ce sont les idées qui demeurent, même si les biographies des grands acteurs sont souvent captivantes.

 

La démocratie directe place les idées au centre de tout. Alors que certains de nos grands voisins, comme hélas la France, ne convoquent le peuple aux urnes que pour choisir des personnes. Quand, exceptionnellement, on donne au suffrage universel l'occasion de s'exprimer par référendum, comme en mai 2005 sur le Traité européen, on s'arrange pour ne pas l'écouter.

 

Ce qui, trois fois hélas, fut aussi commis en Suisse, dans l'application du 9 février 2014.

 

La démocratie directe suisse est le fleuron le plus noble de notre système politique. On ne doit la toucher que pour augmenter sa marge d'action. Plus le corps électoral empoigne les vastes sujets qui déterminent le destin national, plus solide et ancrée sera la légitimité des décisions.

 

Pascal Décaillet

 

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19/08/2018

Le grec et l'allemand, soeurs souveraines

 

Sur le vif - Dimanche 19.08.18 - 18.43h

 

La puissance du Romantisme allemand, époustouflante, indéracinable, est de surgir, non d'une lumière céleste, mais des entrailles de la terre.

 

Un bosquet. Une source. Le Neckar ou le Rhin, perçus chez Hölderlin comme des divinités. La force d'aimantation du micro-local, comme dans l'infinie variété des cultes de la Grèce ancienne. Ou chez les Étrusques.

 

Dans ce polythéisme, nulle aspiration à l'universel. À chaque lieu, son culte. Le contraire même des Lumières, cette Aufklärung trop démonstrative et rationnelle, trop géométrique, à laquelle le Sturm und Drang, puis le Romantisme, réagissent si vivement.

 

Cette fascination pour le particulier, les racines, le feu, la terre et l'eau, vous la retrouverez aussi dans l'immense aventure intellectuelle des Frères Grimm, notamment leur extraordinaire Dictionnaire de la langue allemande, qui réhabilite l'infinie variété dialectologique du monde germanophone. Autre point commun avec la langue grecque, à l'époque antique.

 

Celui qui aspire à saisir le fil invisible (le Ring ?) de l'Histoire allemande, doit passer par l'étude de l'évolution de la langue allemande elle-même, de la traduction de la Bible par Martin Luther, en 1522, cet acte exceptionnel d'intelligence et d'affranchissement, jusqu'aux chansons de Brecht et Kurt Weill, aux monologues de Christa Wolf et Heiner Müller.

 

Chez tous ces auteurs, la même fascination pour une matrice : la langue grecque. La grande sœur, sans doute, de la langue allemande.

 

Le grec et l'allemand, sœurs souveraines, indissociables, liées l'une à l'autre. Comme créées, engendrées même, l'une pour l'autre.

 

Pascal Décaillet

 

 

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Mme Merkel et le paravent européen

 

Sur le vif - Dimanche 19.08.18 - 10.03h

 

Dans l'affaire ukrainienne, depuis le début, Angela Merkel ne mène absolument pas une "politique européenne", comme elle le revendique, mais elle défend les intérêts supérieurs de l'Allemagne.

 

Extension de l'influence (économique, notamment) sur les Marches de l'Est, dans un corridor de pénétration parfaitement traçable, en exploitant (comme toujours) les inimitiés naturelles à la Russie. Cela, il y a trois quarts de siècle, se fit, "par d'autres moyens", pour reprendre l'expression si juste de Bismarck.

 

Que la Chancelière allemande défende les intérêts stratégiques de l'Allemagne, à première vue, on pourrait dire : "Après tout, elle est là pour ça". Le problème, c'est qu'elle avance masquée, exactement comme Helmut Kohl, dans les années 90, dans les guerres balkaniques. Elle ne dit pas : "Je mène à l'Est une politique allemande" (je me refuse à utiliser le concept d'Ostpolitik, autrement plus subtil, celui de l'immense Chancelier Willy Brandt). Non, elle ose dire "Je fais tout cela au nom de l'Europe". Et c'est là, oui dans cette duperie intellectuelle et sophistique, l'autre grand scandale (avec l'affaire des migrants en 2015) de l'ère Merkel.

 

Depuis Helmut Kohl et les Balkans (1991-1999), l'Allemagne, sur la scène de l'Europe centrale et orientale, utilise éhontément le paravent européen, le prétexte multilatéral, pour camoufler la réalité de la reconquête d'influences économiques et stratégiques dans des zones parfaitement identifiables dans la continuité de sa politique d'expansion, lancée sous le grand Roi de Prusse Frédéric II (1740-1786), dont la vie et l’œuvre devraient être enseignées obligatoirement dans nos écoles, tellement elles sont fondatrices pour comprendre la suite.

 

L'Allemagne joue sa carte nationale, et nul ne semble s'en émouvoir. Parce que le paravent européen est là pour nous aveugler. Associé à celui de l'OTAN. Bref, le camp du Bien, les gentils. Face aux méchants Russes. Mme Merkel devrait pourtant se méfier de cette politique sournoise. Parce que les Américains ne sont peut-être plus pour longtemps sur un continent européen où ils ont pris pied en 1943 (Italie) et 1944 (Normandie). Et aussi, parce que son paravent européen, criblé de trous, menace de s'effondrer de toutes parts. Le jour où cette construction du mensonge se pulvérisera, la réalité, bien tangible, des intérêts nationaux, laissera, face à face, deux présences stratégiques réelles en Europe. Celle de l'Allemagne. Et celle de la Russie.

 

Pascal Décaillet

 

 

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18/08/2018

Nation, mémoire

 

Sur le vif - Samedi 18.08.18 - 14.33h

 

La nation ne saurait, à mes yeux, constituer un âge d'or, le retour au passé, la nostalgie de ce qui fut et qui n'est plus. Je n'invoque ici ni Valmy, ni Jemappes, même si l'épopée de ces soldats en haillons, seuls contre les têtes couronnées de 1792, m'a toujours infiniment touché.

 

Pour la Suisse, je ne rêve en aucun cas d'un Paradis perdu. Pour la bonne raison que cet Éden n'a jamais existé : mon père (1920-2007) m'a raconté maintes fois l'état économique du Valais dans sa jeunesse, et ses parents à lui, comme ceux de ma mère, nés les quatre aux 19ème siècle (entre 1887 et 1895), avaient encore connu l'ingratitude marécageuse d'un paysage mondialement admiré, aujourd'hui, pour ses murets de vignes.

 

Non, la Suisse n'est en aucun cas "l'Histoire d'un peuple heureux" (titre de l'un des ouvrages de Denis de Rougemont), c'est celle d'un peuple comme un autre, avec la misère économique et agricole, le lent chemin vers l'industrie, l'exode rural, l'exil aux quatre coins du monde. La prospérité de notre pays, bien réelle (mais pas définitive !) aujourd'hui, ne date, au fond, que des années d'après-guerre. Nous n'avons ni à renier notre passé, ni à l'idéaliser.

 

Alors, quoi ? Alors, je crois à l'échelon national, et à sa primauté, à cause de l'immensité symbolique des repères inscrits dans le souvenir collectif, ce que l'historien Pierre Nora appelle "les lieux de mémoire".

 

La mémoire, ça n'est pas la nostalgie. C'est considérer l'état d'un pays dans la profondeur diachronique, celle du champ historique. C'est tenter, à l'exemple de Thucydide, dans sa Guerre du Péloponnèse, d'expliquer le présent par des enchaînements de causes et d'effets. C'est avoir étudié ce qui s'est passé avant nous, pour mieux éclairer le présent.

 

La mémoire, dans un champ plus affectif, mais tellement fondamental, c'est aussi le culte des morts, le souvenir de leur présence terrestre, le lien demeuré intact avec certains d'entre eux.

 

La mémoire, lorsqu'elle est collective, c'est encore la culture partagée au sein d'une communauté humaine, avec des systèmes de valeurs.

 

La mémoire n'est assurément pas là pour paralyser l'action, mais pour la stimuler. Lui donner du sens. L'inscrire dans une continuité. Non par traditionalisme, mais pour exister dans une perspective qui puisse nous dépasser.

 

A mes yeux, à ce jour (rien n'est définitif, je sais), nul échelon, depuis la Révolution française, n'a mieux incarné ces valeurs, ce rapport au périmètre communautaire, que celui de la nation.

 

Une chose est sûre : les conglomérats d'impuissance impersonnelle qu'on a, en Europe, tenté de substituer à la nation, n'ont en rien réussi à fédérer les énergies, capter les cœurs, galvaniser les enthousiasmes, réunir dans une mémoire commune. Pour l'heure, on n'y trouve qu'une armada de fonctionnaires avec tâches de baillis, des forêts de règlements et de directives, et au sommet, une totale inexistence politique.

 

La citoyenneté, la démocratie, c'est à l'intérieur de chaque nation qu'elles existent et s'expriment le mieux. Vous voyez, nulle mystique : juste le cheminement naturel d'une idée. Profondément ancrée, dans ma vision politique, depuis des décennies.

 

Pascal Décaillet

 

 

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17/08/2018

La souveraineté n'est pas une option !

 

Sur le vif - Vendredi 17.08.18 - 17.49h

 

L'indépendance, la souveraineté, ne sont pas des OPTIONS dans la stratégie de survie d'un pays, comme il existe des options à l'achat d'un nouveau véhicule.

 

Vouloir sauvegarder l'indépendance, affirmer la souveraineté d'une communauté humaine définie par un périmètre géographique, mais surtout par le partage ému de la mémoire et des valeurs, n'a rien d'une option ! Rien, non plus, d'un dada pour souverainistes ou conservateurs, que les partisans des conglomérats supranationaux veulent absolument, par les artifices les plus retors du langage, faire passer pour des archaïques.

 

La souveraineté, l'indépendance, loin d'être des options nostalgiques, ne sont rien d'autres que des CONDITIONS SINE QUA NON à l'existence des nations. Si on accepte un suzerain, on s'intègre à un système de dépendance. C'est un choix, celui de l'appartenance à un Empire. Mais ce choix, qui reconnaît des autorités supérieures, ou des figures de tutelle, est très précisément antinomique du choix national. Ce choix de l'intégration à un vaste ensemble n'est pas le mien.

 

Pour ma part, je crois que l'échelon de la nation, apparu avec la Révolution française, n'est pas mort. Il n'est certes pas éternel, rien ne l'est, mais pour un bout de temps, nous y sommes encore. Je crois à la nation souveraine, associée à un système très puissant d'expression du peuple dans les grands choix de destin, associée aussi à des valeurs de fraternité et de partage, et puis d'ambition culturelle. Parce que les communautés humaines ont besoin de lieux de mémoire, de repères, d'institutions choisies par elles, pour exercer avec proximité leur citoyenneté. Dans l'Empire, le citoyen se dilue, il devient sujet de la machine ou de ses fonctionnaires. La nation, pour moi, est indissociable de l'exercice le plus vif et le plus vigilant de la démocratie, directe notamment.

 

De la nation, je ne fais aucune mystique. Je déteste l'idée que l'une d'entre elles, quelconque, se proclame supérieure aux autres. Je milite pour l'égalité de TOUS les humains de la planète, celle du paysan oublié du Sahel, comme celle du décideur de Paris, Londres ou Berlin. Simplement, nous devons respecter, comme des fleurs fragiles, le lien de chaque communauté humaine, dans l'ordre de la mémoire, de l'Histoire et des valeurs. Je ne crois absolument pas à la nation universelle, ni à une quelconque recette cosmopolite, imposée d'en haut, par des Kouchner ou des BHL. Nos pays se sont construits par le bas, chacun selon son chemin, son Histoire, sa spécificité. Il faut se pencher, patiemment, sur chacun de ces cas : la Suisse n'est pas la France, qui n'est pas l'Allemagne, ni la Grande-Bretagne.

 

La perversité sophistique des partisans de l'Empire, ou des géants multilatéraux, consiste à mettre dans le même panier la nation et le nationalisme, et nous faire croire qu'au bout, il y a la guerre. Comme si les Empires n'avaient pas conduit le plus de guerres ! Comme si l'éternelle référence aux années trente devait tenir lieu de toute réflexion, toute imagination, toute appréciation nuancée, différenciée. Nous sommes là dans le champ exact du combat idéologique d'aujourd'hui. La vielle césure droite-gauche n'y tient plus grand place. D'autres paramètres, passionnants, occupent le front, quelque part entre le petit et le grand, la citoyenneté et la sujétion, la volonté de se battre et la résignation.

 

Pascal Décaillet

 

 

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16/08/2018

La Suisse, l'Europe, et la légende du Cid

 

Sur le vif - Jeudi 16.08.18 - 09.58h

 

L'Accord institutionnel : non seulement personne n'y croit, mais personne en vérité n'y a jamais cru !

 

C'est une vaste supercherie, digne d'Orson Welles et de son émission de radio sur l'arrivée des martiens. On se refile l'Accord institutionnel, comme un savon glissant ou une patate chaude.

 

Je me suis longtemps demandé si les mots "Accord institutionnel", qui ont bien dû être prononcés quelque cent mille fois ces cinq dernières années à la RSR, ne font pas l'objet de l'un de ces paris potaches, entre gens de radio, surtout débutants, allez tu me balances le mot "zygomatiques", ou "rhinocéros", dans ton flash, et je te paye une bière.

 

L'Accord institutionnel, personne n'y croit, personne n'y a jamais cru. Même ceux qui nous le brandissent n'y croient pas. Alors, quelle est, sémantiquement, la véritable fonction de ces deux mots ? Réponse : c'est une fonction incantatoire. Il s'agit, pour les partis ayant milité à fond pour la libre circulation, et voyant aujourd'hui que le château de cartes de l'Union européenne s'effondre, de simuler un minimum de fidélité à leurs croisades pro-européennes, tout en sachant très bien que c'est pour la galerie. Parce que ces partis, notamment le premier d'entre eux, fondateur de la Suisse moderne, que je continuerai toujours d'appeler le parti radical, préparent le plan B.

 

Le plan B ? Je vais vous expliquer. Le génie absolu du parti radical, depuis 1848, c'est son œcuménisme idéologique. De nouvelles idées apparaissent ? Il commence par les combattre. Ces idées résistent ? Alors, tout doucement, le parti radical les intègre. Oui, il les pique à leurs parents, comme le coucou dans le nid des autres oiseaux. Il a intégré la protection sociale, la prévoyance vieillesse, il a commencé à se soucier d'environnement, eh bien maintenant je puis vous annoncer que l'idée de souveraineté, d'indépendance, est un concept montant dans cet univers politique.

 

Oh, ils n'en parlent pas encore, il faut laisser mûrir. Mais l'idée d'une Suisse intégrée à la charpente européenne, le grand combat de Jean-Pascal Delamuraz, ce séducteur d'exception, est en chute libre dans la famille politique même de l'ancien conseiller fédéral, que tant d'entre nous ont aimé. Alors, ça commence à sortir, à poindre. Disons que la tyrannie du Commerce extérieur, qui dictait tout de même beaucoup les actes du conseiller fédéral vaudois, n'est peut-être plus aussi prioritaire, dans les consciences, qu'en ce début des années 90, où il fallait bien décartelliser, ce qui fut la grande œuvre de JPD.

 

Les radicaux d'aujourd'hui, ceux avec qui je discute, sont évidemment attachés à l'entreprise et au libre marché. Mais ils commencent à se méfier des mots d'ordre nationaux du grand patronat dans les votations sur la libre circulation, de la toute puissance des multinationales dans certaines économies cantonales. Bref, nombre d'entre eux aspirent à retrouver, dans leur engagement politique, quelque chose de plus fort, de plus instinctif, de plus tellurique, dans leur rapport au pays profond. Ils ne décolèrent pas, en voyant qu'un autre parti, depuis trente ans, s'occupe de ces valeurs-là. L'amour du pays n'appartient ni à la gauche, ni à la droite, ni à aucun parti, mais à l'ensemble des hommes et des femmes saisis, dans le tréfonds de leur intimité, par l'émotion d'appartenance à une communauté humaine, définie par la mémoire et par l'Histoire.

 

Alors voilà, face à ces enjeux-là, qui sont d'instinct et non de la Raison pure des géomètres, vous pensez bien que la vaste supercherie nommée "Accord institutionnel", ce mensonge organisé pour faire, encore une fois, bonne figure européenne aux élections fédérales d'octobre 2019, ne vaut pas un seul kopeck. Tout le monde en est conscient, sans doute même les deux conseillers fédéraux qui se refilent la patate chaude, MM Cassis et Schneider-Ammann. Tout le monde sait la vanité de ce mot. Mais on continue d'en faire usage. Comme dans la légende du Cid, où l'on brandit encore le cadavre du héros, au milieu de la bataille.

 

Pascal Décaillet

 

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15/08/2018

Foutez la paix à Philippe Morel !

 

Commentaire publié dans GHI - Mercredi 15.08.18

 

Il ne s’agit pas ici de nous prononcer sur le litige juridique entre Philippe Morel, l’un de nos plus grands chirurgiens, et l’un de ses patients, c’est une affaire qui les concerne l’un et l’autre. Il arrive souvent que des patients attaquent leur médecin, la justice tranche.

 

Mais il y a, il faut le dire haut et fort, un problème entre Philippe Morel, cet homme brillant, généreux, infatigable, et une armada de gros jaloux sur la place genevoise. Ils passent leur vie couchés, comme au sommet d’une tranchée, en position de tir. Et, dès que l’éminent professeur de médecine, spécialiste des transplantations, et admirable militant pour cette cause en Suisse, pointe un millimètre du haut de sa tête, ils tirent à vue. Ça dure depuis des années. Et franchement, ça commence à bien faire.

 

Qui veut la peau de Philippe Morel ? Pourquoi tant d’animosité envers un tel homme de bien, de dévouement ? D’où viennent les salves ? Perfides rancœurs dans son monde professionnel ? Inimitiés à l’intérieur de son propre camp politique ? En tout cas, une chose est sûre : cet homme mérite mieux que la lie des amertumes humaines. Il mérite notre respect et notre admiration. Laissons-le travailler. Et foutons la paix à Philippe Morel.

 

Pascal Décaillet

 

10:46 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Imprimer |  Facebook | |

14/08/2018

Toucher le fonds

 

Sur le vif - Mardi 14.08.18 - 17.14h

 

C'est amusant, tous ces médias qui ne cessent de nous parler du "fonds de commerce de l'UDC".

 

Pourquoi ne parlent-ils jamais du "fonds de commerce des socialistes" ? Ou des Verts ? Ou du PDC ? Ou du PLR ?

 

Le PLR est pourtant à fond dans le commerce, non ?

 

Pascal Décaillet

 

 

17:57 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Imprimer |  Facebook | |

Horreur du vide

 

Sur le vif - Mardi 14.08.18 - 12.16h

 

Vous n'imaginez pas le nombre de radicaux - je dis bien de radicaux - qui commencent à en avoir plus qu'assez de la quête effrénée d'un "Accord institutionnel" par le Conseil fédéral.

 

Et vous n'imaginez pas, non plus, le nombre de radicaux - oui, de radicaux - qui commencent sérieusement à se poser des questions sur la libre circulation des personnes.

 

Si le Parti radical, cette grande chose, qui a façonné la Suisse moderne, depuis 1848, était resté fidèle à ses valeurs de parti populaire, représentatif de tous, fier et joyeux de ses mille souches, attentif aux paysans, et surtout patriote, défenseur des petits entrepreneurs, de la souveraineté et de l'indépendance du pays, il serait encore, aujourd'hui, le premier parti du pays.

 

Hélas, il a préféré voguer vers d'autres horizons. Quelque part, entre culte du Veau d'or, cosmopolitisme et fatigues patriciennes. Alors, tout naturellement, d'autres ont pris sa place.

 

Pascal Décaillet

 

17:03 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Imprimer |  Facebook | |

Zigomar 1, zigomar 2

 

Sur le vif - Mardi 14.08.18 - 09.20h

 

Les hallucinés du bulbe qui remplacent les mots "père" et "mère" par "parent 1" et "parent 2", font plus pour la Révolution conservatrice que tous les discours, et toutes les plaidoiries.

 

Continuez, mes zigomars, et bonjour le retour de manivelle, d'ici quelques années.

 

Pascal Décaillet

 

14:54 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Imprimer |  Facebook | |

13/08/2018

Les peuples réclameront les nations

 

Sur le vif - Lundi 13.08.18 - 23.08h

 

La dimension multilatérale du monde n'existe tout simplement pas. Elle est juste une vision abstraite, intellectuelle. Une fiction. Il n'y a pas d'Organisation des Nations Unies, pour la bonne raison que les nations de notre planète ne sont pas unies, et que nulle véritable organisation ne les relie entre elles.

 

Ce qu'on nous donne, depuis 1945, 1946, la sortie de la guerre, comme une réalité, à laquelle on a donné le nom "ONU", pour succéder à la catastrophique SDN de l’Entre-deux-guerres, n'existe simplement pas. Tout au plus, comme en Corée au début des années 50, ou au Koweït en 1991, pour servir de paravent planétaire à l'impérialisme américain. Ou alors, comme caisse de résonance, à New York ou Genève, pour d'interminables palabres. Inutiles. Jamais l'ONU n'a contrarié l'ordre de fer des puissants de l'Après-guerre. Ces derniers, au Conseil de sécurité, y ont d'ailleurs leurs pantoufles. Et leur droit de veto.

 

Le multilatéral politique (nous ne parlons pas ici de l'humanitaire) n'existe pas, en tant que tel. Il n'est là que comme couverture, sous un autre nom, pour cautionner l'ordre du monde des grands, à commencer par celui des États-Unis d'Amérique. Promenez-vous dans la Genève internationale : la contiguïté entre la Mission américaine et l'ONU vous saisira.

 

Au contraire de cela, la nation existe. La nation française. La nation allemande. La nation italienne. Etc. Elle a des qualités et défauts, mais elle existe. Elle est palpable, concrète, inscrite dans le temps, gravée dans les strates de la mémoire.

 

La nation existe. Elle est vérifiable. Elle a versé le sang, érigé le marbre et le bronze du souvenir, signé des traités, façonné les frontières, elle a remporté des victoires, subi des défaites. Elle a ses moments d'ombres et de lumières. On les connaît, c'est écrit, on peut toucher.

 

La nation existe. Entre les humains qui la composent, elle a créé, au fil des générations, des heurs et des malheurs, une communauté invisible d'une puissance inouïe, dans l'ordre de la mémoire. Elle a partagé le monde sensible, elle a créé un espace dans lequel tous puissent se reconnaître.

 

Face à la puissance narrative de la nation, celle de Michelet en France, celle de Fichte ou des Frères Grimm en Allemagne, celle de Manzoni et Verdi en Italie, le gentil château de cartes multilatéral des années post-1945 ne régate pas. Il n'a aucune chance. Parce qu'il ne raconte rien, que l'ennui et l'inutile. Il ne produit que le déracinement. Il ne parvient pas à masquer sa totale inféodation aux grandes puissances, principalement les USA.

 

Cette conception désincarnée, celle des BHL et des Kouchner, a fait suffisamment de mal. Nous allons vers des temps où les peuples, fatigués de la grande illusion cosmopolite, exigeront spontanément le retour des patries, celui des frontières, celui des périmètres nationaux. C'est cela, l'un des éléments, parmi d'autres, de la Révolution conservatrice, fraternelle et sociale qui nous attend.

 

Pascal Décaillet

 

 

23:43 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Imprimer |  Facebook | |

On a le droit de critiquer Israël !

 

Sur le vif - Lundi 13.08.18 - 17.33h

 

Si, en traitant Carlo Sommaruga, d'antisémite, le président du PDC suisse fait allusion aux positions du conseiller national genevois sur Gaza, ou sur la politique israélienne de colonisations depuis plus d'un demi-siècle, disons depuis juin 1967, alors Gehrard Pfister est totalement à côté de la plaque.

 

Critiquer la politique israélienne dans les territoires occupés (ou encerclés, et soumis à blocus), ça n'est en rien être antisémite. C'est juste exercer son acuité critique sur les aspects coloniaux de l'un des pays de la planète.

 

Israël est une nation respectable, qui a plein droit à l'existence. Mais ce pays n'a pas à échapper à la critique POLITIQUE sur ses actes.

 

A ma connaissance, jamais le conseiller national Sommaruga n'est allé au-delà de cette dimension critique. Jamais il n'a attaqué le judaïsme en tant que tel.

 

Le raccourci, de la part du chef de l'un des quatre partis gouvernementaux suisses, n'est tout simplement pas acceptable.

 

Pascal Décaillet

 

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Les torturés du sérail

 

Sur le vif - Dimanche 12.08.18 - 22.15h

 

Les partis gouvernementaux, qui appellent le Conseil fédéral à une rupture des négociations avec l'UE, ont parfaitement raison.

 

Notre gouvernement est parti dans la galaxie européenne comme un vaisseau fantôme, dans l'espace, dans un délire sans retour. Le génie de Stanley Kubrick en moins.

 

"L'Accord institutionnel", dada PLR/SSR, fruit des cogitations de quelques torturés du sérail, n'intéresse personne dans les strates profondes de la population suisse.

 

Il faut mettre un terme à ce délire. Et repartir sur les seules bases qui vaillent : souveraineté, indépendance, respect des échelons nationaux, droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Contrôle démocratique systématique des Accords internationaux. Par le suffrage universel.

 

Le pouvoir aux citoyennes et citoyens, pas aux fonctionnaires !

 

"L'Accord institutionnel" avec un conglomérat en liquéfaction, tout le monde s'en fout.

 

Pascal Décaillet

 

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