Liberté - Page 9

  • L'Apocalypse climatique produit surtout du brouillard !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 09.10.19

     

    On appelle cela l’arbre qui cache la forêt. Ces mêmes forêts, d’ailleurs, dont on nous annonçait la mort, il y a trois décennies. Je m’en souviens parfaitement, j’étais déjà dans le journalisme politique, au Palais fédéral. Le thème de la « mort des forêts » avait tétanisé une bonne partie des observateurs, fait parler de lui pendant quelques années, puis il s’était totalement dégonflé ! De fait, à l’heure où j’écris ces lignes, en octobre 2019, il me semble qu’il existe encore une ou deux forêts en Suisse, peut-être vous arrive-t-il même de vous y promener.

     

    L’arbre qui cache la forêt, c’est la mise en avant obsessionnelle du thème de l’Apocalypse climatique dans la campagne des élections fédérales du 20 octobre. Non seulement chez les Verts, mais chez beaucoup d’autres partis, dont par exemple le PLR, à la limite du ridicule dans sa conversion de la vingt-cinquième heure à un sujet qui n’apparaissait pas vraiment comme amiral, jusqu’ici, dans sa stratégie politique. Erreur majeure, au demeurant : l’électeur préfère toujours l’original à la copie, la pub du PLR pour le climat apportera des voix aux Verts, et aucune au PLR.

     

    Il ne s’agit pas ici de nier la question climatique. Ni la nécessité de produire des efforts en faveur de l’environnement. Mais demeurer lucides face à l’orchestration d’un tintamarre, cela oui ! Ne pas se laisser prendre à des sirènes de fin du monde dont les chants sont soigneusement mis en musique par un certain parti, comme à l’époque de Fukushima en 2011, à fins électorales. Ce parti en est un comme un autre, prêt comme les autres à se saisir d’une aubaine pour gagner des voix et des sièges, habité comme les autres par le jeu des ambitions, souvent personnelles, l’attrait du pouvoir. Refuser de voir cela, c’est sombrer dans la candeur.

     

    La vérité, c’est que la mise en avant du thème unique produit avant tout, dans le débat politique suisse, une immense épaisseur de brouillard, qui hélas fait paravent sur les vraies préoccupations de nos compatriotes. Ces dernières sont les primes maladie, la santé, les retraites, la solitude des personnes âgées, la formation et l’emploi des jeunes, la détresse de nos paysans, la strangulation des classes moyennes, le prix des médicaments, celui de l’essence, la surtaxation des PME, le non-remboursement des soins dentaires. Allez dans la rue, discutez avec les gens : c’est de cela, au premier chef, qu’ils vous entretiennent.

     

    Dès lors, à qui profite l’enfumage généralisé par l’exposition excessive du thème climatique ?  A court terme, aux Verts, évidemment : ils obtiendront sans doute des voix, et des sièges supplémentaires, le 20 octobre. Mais, dans une analyse plus structurelle, il n’est pas exclu que les grands gagnants de ce brouillard d’automne soient ceux qui, dans notre économie suisse, tiennent le couteau par le manche. Et qui n’ont, eux, aucun intérêt à une surexposition du malaise social. En clair, les bobos libertaires auront, une nouvelle fois, montré leur capacité à l’alliance objective avec les ultra-libéraux. La cohésion sociale suisse n’en sortira, hélas, pas gagnante.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Les journalistes et la pomme de Newton

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    Sur le vif - Mardi 08.10.19 -

     

    14.06h - Depuis 33 ans, je suis membre, et fidèle cotisant, de la Fédération Suisse des Journalistes, aujourd'hui appelée Impressum. Membre de ma section cantonale (Genève), et membre de la faîtière fédérale. Je soutiens cette association professionnelle.

    Mais là, j'enrage. A douze jours des élections fédérales, voilà qu'Impressum adresse à ses membres ce qui peut aisément s'interpréter comme un mot d'ordre. On y apprend que 450 candidats aux fédérales, dans toute la Suisse, ont signé un Manifeste en faveur de la liberté de la presse. Et que, par conséquent, Impressum nous "recommande de leur donner la préférence".

    Je me suis intéressé à mon canton, Genève. Sur 32 signataires, 25 candidats de gauche ! Puis, trois gentils PDC. Puis, deux Jeunes PLR. Enfin, deux Verts libéraux.

    Il faudrait en déduire qu'il ne faudrait surtout voter pour aucun candidat PLR, aucun MCG, aucun UDC, notamment.

    Il faudrait - par une induction intellectuelle dont d'aucuns ne se priveront pas - en conclure que les partis de gauche seraient des amis de la presse. Et les partis de droite, des ennemis. Je n'exclus pas que la réalité soit un peu plus complexe.

    L'idée même que les gentils signataires du gentil Manifeste aient pu, par aventure, avoir été guidés par la démagogie et le souci de plaire à la presse en période électorale, ne semble pas avoir traversé les têtes pensantes d'Impressum.

    Il faudrait que les praticiens du journalisme, profession très individualiste, et détestant à juste titre les pressions et les mots d'ordre, se plient à une recommandation de leur organisation professionnelle, qui va très clairement dans l'apologie de la gentille gauche contre la méchante droite.

    Pour ma part - mais je n'engage jamais que moi - cette missive a été classée avec une verticalité qui pourrait faire mûrir d'envie la célèbre pomme de Newton.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Julian Jackson, Charles de Gaulle, la perfide Albion

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    Sur le vif - Mardi 08.10.19 - 10.12h

     

    10.12h - Je viens d'écouter l'historien britannique Julian Jackson, ce matin à la RSR, sur son livre monumental consacré à Charles de Gaulle, "Une certaine idée de la France", Seuil, 980 pages. Livre que je vais évidemment acheter, dans les jours qui viennent.

    Julian Jackson parle parfaitement français, et tout ce qu'il a dit ce matin est exact et intéressant, encore que rien de nouveau, pour qui est peu ou prou immergé dans la gaullologie, n'ait émergé.

    Le seule vraie nouveauté ne réside peut-être pas tant dans le livre (que je me réjouis tout de même de découvrir) que dans la qualité, l'originalité, d'un regard britannique sur de Gaulle.

    Charles de Gaulle, très porté sur l'Allemagne dès le début de son adolescence, accumulant les références à la littérature allemande dans ses écrits, déteste l'Angleterre. Il n'en parle pas la langue, n'a même pas réussi, en près de quatre ans d'exil à Londres (40-44), à la parler correctement. Il admire la grandeur et la solidité des institutions britanniques, mais reconnaît dans la perfide Albion l'ennemi héréditaire que l'Allemagne, elle (malgré 1870 et 1914), n'est pas du tout.

    L'entretien de ce matin, intéressant, a porté justement sur ce paradoxe : il s'exile à Londres le 17 juin 1940 pour porter la voix de la France, reçoit l'aide de Churchill, mais "dévore la main qui le nourrit". C'est parfaitement exact, de même que son ingratitude : Charles de Gaulle, l'un des plus grands hommes qu'ait hanté la France, est l'une des figures politiques les plus ingrates de l'Histoire.

    Je lirai donc Julian Jackson. Et vous invite (http://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/…/john-e-jackson-lisez-l…) à relire mon blog du 27 septembre, où je dis ma colère contre son homonyme, le grand critique littéraire John E. Jackson, qui croit bon de rabaisser le prodigieux triptyque de Lacouture (le Rebelle, le Politique, le Souverain), première grande biographie du Général dans les années 80, la rangeant à tort parmi les hagiographies.

    C'est une forfaiture que d'avoir laissé entendre cela, car la biographie en trois volumes de Jean Lacouture a été, en son temps, porteuse d'innombrables nouveautés, des choses que personne ne connaissait, et qu'il avait su défricher. A cela s'ajoute la qualité - exceptionnelle - du style. Jean Lacouture, dont j'ai lu tous les livres, de Nasser à Champollion, et que j'ai eu maintes fois l'honneur d'interviewer, était un écrivain.

    Alors oui, lisons Julian Jackson. Et n'oublions jamais de lire et relire encore le triple chef d’œuvre de Lacouture.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Et le tour est joué !

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    Sur le vif - Dimanche 06.10.19 - 09.33h

     

    Ceux qui, en Suisse, ne veulent surtout rien changer aux actuels rapports de forces économiques et sociaux, qui pèsent tant sur les retraités, les assurés des caisses maladie, les patients, les paysans, les classes moyennes, les jeunes sans emploi, les travailleurs pauvres, les petits entrepreneurs, ceux-là donc ont tout intérêt à entretenir l'actuelle ambiance d'Apocalypse climatique.

    Tant qu'on se focalise à mort sur le climat, sujet unique, éblouissant, on laisse invisibles les vraies inquiétudes des Suisses, qui sont clairement d'ordre SOCIAL.

    On déploie un immense paravent, pour camoufler ces structures lourdes de notre société suisse, où se jouent les vraies souffrances de notre peuple.

    Et le tour est joué.

    Entre bobos climatiques et ultra-libéraux, il y a une alliance objective. De même qu'il y a toujours eu alliance entre libéraux et libertaires.

    L'alliance des célestes, contre les terriens. L'alliance des cosmopolites, contre les peuples et les nations.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Monopoly

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    Sur le vif - Samedi 05.10.19 - 16.00h

     

    Prétendre, comme ce matin à la radio le directeur général de la SSR, que les investissements n'ont rien à voir avec le budget courant d'une entreprise, sous prétexte de séparations étanches dans la comptabilité, ou proclamer qu'on ne doit pas hésiter, malgré une situation déjà très serrée (voire déficitaire), à s'endetter pour de miroitantes infrastructures d'avenir, immobilières par exemple, c'est typiquement le raisonnement de ceux qui dépensent l'argent des autres. Ils ont à l'argent une relation lointaine, ludique, virtuelle, onirique, comme on l'aurait à des billets - ou des immeubles - de Monopoly.

    Jamais un petit entrepreneur, un indépendant, qui possède son capital, son outil de travail et sa société, ne raisonnerait ainsi. Petit, prudent, limite timoré, ringard même si ça vous chante, il survivra aux grands flambeurs. Car il a appris, lui, à compter. Et à se méfier. S'il est serré dans son budget, vous croyez qu'il va investir dans des locaux dix fois plus onéreux que son chiffre d'affaires annuel ?

    A moins d'être totalement fou, il ne le fera jamais. Il commencera, s'il est intelligent, par capitaliser, pour élargir patiemment le champ de son possible, consolider son indépendance économique. Et surtout, ne pas emprunter un seul centime ! Le jour où il aura réuni, par ses économies, les sommes nécessaires, il investira. Mais pas avant.

    Mais pour certains parlementaires, ou pour les pontes d'une usine à gaz, aucun problème, on flambe ! Ces gens-là prennent des risques, insensés parfois, avec de l'argent qui n'est pas à eux.

    Je n'aime pas du tout cette manière de considérer la responsabilité de l'entrepreneur.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Les vraies questions, vite !

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    Sur le vif - Vendredi 04.10.19 - 16.41h

     

    Plus on parle de vie privée, de questions sociétâââles, plus on répand l'anecdote, plus on brasse l'écume, plus on s'éloigne des authentiques préoccupations de nos compatriotes.

    Ces inquiétudes sont pourtant aisément perceptibles : les primes maladie, la santé, le prix des médicaments, les retraites, la justice fiscale, la surtaxation des classes moyennes, le prix de l'essence, la solitude des personnes âgées, les loyers, les impôts, l'emploi des jeunes, la qualité de la formation, la fracture numérique (notamment chez les seniors), la fermeture des exploitations agricoles, la détresse de nombreux paysans, les frais dentaires.

    Tant que nos politiques publiques, de droite comme de gauche, seront incapables de donner des réponses solides et viables à ces questions-là, on pourra me parler tant qu'on veut de l'Apocalypse climatique, ma réaction sera la même.

    Elle ne consistera certes pas, cette réaction, à nier le problème climatique. Ni à prétendre qu'il ne faut rien faire. Mais chez moi, la méfiance face à ceux qui profitent, comme d'une aubaine politique, de cette question, et qui répandent le grand frisson de fin du monde pour faire des voix le 20 octobre, l'emportera toujours. Je me souviens de la mort des forêts. Je me souviens de Fukushima.

    Alors oui, les profiteurs vont faire faire des voix, dans deux semaines. Comme ils en firent en exploitant le thème de Fukushima. Et puis, je suis prêt à parier que dans quatre ans, en octobre 2023, ils affronteront la décrue et les désillusions.

    Dans quatre ans, qu'auront fait nos politiques pour trouver une solution à l'échec total de la LaMal ? Qu'auront-ils fait pour nos aînés, les plus précaires d'entre eux, ceux qui doivent se contenter du minimum ? Qu'auront-ils fait pour soulager la classe moyenne de la strangulation des taxes et des impôts ? Qu'auront-ils fait pour la paysannerie suisse ? Qu'auront-ils fait pour les jeunes chômeurs ? Qu'auront-ils fait, de concret et mesurable, pour un peu plus de justice sociale dans ce pays ?

    Ma conviction intime est que tous les humains sont égaux. Je n'érige, pour ma part, aucune espèce de supériorité à quiconque en fonction de son statut social, de sa fortune, de sa notoriété, sans parler bien sûr de la couleur de sa peau, ni de sa religion. En fonction de cette conviction, j'aspire à l'égalité réelle. Je pose comme absolue priorité le SOCIAL. Pour les puissantes questions sociétâââles, merci de voir avec les bobos urbains.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Et huit milliards, huit !

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    Sur le vif - Vendredi 04.10.19 - 10.42h

     

    Huit milliards "d'investissements", prévus par le Conseil d’État, d'ici 2029. Mais ils vont prendre où le fric ? Dans la poche des classes moyennes, une nouvelle fois !

    Qu'ils commencent déjà à réduire le train de vie de l’État. Supprimer les états-majors inutiles. Privilégier le terrain, au service des gens. Qu'il revoient complètement leur catalogue de subventions et "aides financières", comme à cette fondation militante en matière de logement.

    Qu'ils suppriment toute dépense inutile !

    Qu'ils réduisent la dette, de plusieurs milliards !

    Après, on discutera éventuellement des "investissements".

    Il est temps d'instaurer une démocratie directe totale, où le suffrage universel tranche systématiquement sur les grands arbitrages financiers. Parce que, si on doit compter sur la "démocratie représentative", entendez le Grand Conseil, de longs millénaires de clientélisme nous sont encore promis, sous l'empire de la barbichette.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • L'esprit et le verbe

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    Sur le vif - Vendredi 04.10.19 - 09.36h

     

    Une élection est une remise à zéro de tous les compteurs. Il n'y a ni sortants, ni nouveaux. Il n'y a que des candidats, en parfaite égalité dans leur statut d'impétrants.

    À cet égard, les remarques du style "Vous ne connaissez pas le Palais fédéral", adressées par les anciens à ceux qui n'y ont pas encore siégé, sont l'indice d'une faiblesse intérieure.

    Évidemment qu'ils ne le connaissent pas ! Mais s'ils sont élus, et qu'ils sont peu ou prou habités par le démon politique, ils iront très vite à l'essentiel, se feront respecter, marqueront leur territoire.

    Se targuer d'une connaissance antérieure de la liturgie, c'est oublier que cette dernière n'est qu'une codification d'usages. Et que l'essentiel n'est pas le rite, ni les arcanes du Temple. Mais le feu de l'esprit et la sève du verbe.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Candidats : du fond, SVP !

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    Sur le vif - Jeudi 03.10.19 - 10.36h

     

    Une candidature jeune, dynamique et vitaminée n'est en rien le garant, en cas d'élection, d'une bonne politique. C'est juste l'indice que l'impétrant(e) est jeune, dynamique et vitaminé. Ce qui, en soi, n'a aucune espèce d'intérêt politique.

    Il ne suffit pas de se presser, le temps de la campagne, dans toutes les fêtes populaires, ça signifie juste qu'on va se montrer.

    Il ne suffit pas de participer à tous les semi-marathons, ça prouve juste qu'on court vite.

    En politique, il faut, comme par exemple le Jeune PDC Paul Michel, ou le communiste Alexander Eniline, ou heureusement plein d'autres, avoir du FOND.

    Il faut connaître l'Histoire politique, l'Histoire des idées, l'Histoire des partis, à commencer par le sien. Rien de plus niais, à l'évocation du passé, que la réplique "Je n'étais pas né(e), comment voulez-vous que je sache ?".

    Désolé, mais il existe une discipline intellectuelle absolument majeure, qui exige passion et ascèse. Elle s'appelle l'Histoire. Et consiste, justement, à se renseigner un peu sur ce qui s'est passé avant l'horizon de sa propre naissance.

    Le 20 octobre, je tâcherai de trouver douze noms sur ma liste, comme douze apôtres, en sachant qu'il faut toujours se méfier de l'un(e) d'entre eux. Il y aura Paul Michel. Il y aura Alexander Eniline. Et puis, dix autres hommes et femmes de valeur, tous partis confondus.

    Des hommes et des femmes de CONFIANCE. C'est la clef de voûte de cette démocratie représentative que je n'aime pas. Et à laquelle je souhaite un jour (il faudra du temps !) substituer une démocratie directe, totale, délivrée des partis et des intermédiaires.

    Une démocratie vivante, pour toutes les citoyennes, tous les citoyens. Pas juste pour le microcosme politique.

    Une démocratie puissante, égalitaire, fraternelle. Qui mette en avant les thèmes, non les personnes.

     

    Pascal Décaillet

     

     

     

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  • RSR, n'abandonne pas le 5-6 !

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    Sur le vif - Mercredi 02.10.19 - 15.40h

     

    La suppression de la tranche d'infos RSR de 5h à 6h du matin est une très mauvaise nouvelle pour le paysage médiatique de Suisse romande. Beaucoup de gens, dans notre pays, se lèvent tôt le matin : beaucoup plus qu'on ne l'imagine !

    J'ai eu l'honneur, dans mes longues années à la RSR, de produire les trois principales tranches d'informations de la journée. Dès janvier 1994, à mon retour de Berne, j'ai été (avec Georges Pop et William Heinzer) co-producteur des toutes nouvelles Matinales, entièrement gérées par l'info (absolue nouveauté). Puis, de 1996 à 1998, j'ai été le producteur du 12.30h. Puis, de 2001 à 2006, celui de Forum, toute nouvelle formule du soir, que vous connaissez encore aujourd'hui. Réaménagée, certes, mais l'esprit demeure le même : une heure d'infos et de débats, en direct.

    C'est donc le 1er janvier 1994 que nous avons lancé, après des mois de maquettes, la formule dite du 5-9. Le 5-7 était mené par l'excellente Florence Farion, puis l'info arrivait en force dès 7h. C'était, comme plus tard en 2001 pour le chantier de Forum, l'aventure de toute une rédaction.

    Dans cette matinale nouvelle, version 1994, il faut rendre un très grand hommage à ceux qui se sont battus, depuis 25 ans, pour l'information, et les séquences en direct, aux petites heures, notamment le 5-6. D'abord, la tranche est très écoutée : il suffit de voir le nombre de voitures, en Suisse romande, déjà sur les routes avant l'aube. Et puis, ce travail, comme tout boulot de matinalier radio, avait ses aspects tout de même très rudes, notamment en hiver. Pour ma part, j'ai toujours, jusqu'à aujourd'hui, trouvé cette tranche très bien menée.

    Depuis bientôt 14 ans, je ne travaille plus à la RSR, mais dans le privé, où je suis très heureux. N'imaginez pas, pour autant, que je me réjouisse d'une disparition de tranche le matin. Cela porte préjudice aux auditeurs, à l'information, au journalisme, au service public. Il est vrai qu'il y a, dans ma tristesse, toute la nostalgie d'une l'époque pionnière de la Matinale, que j'ai vécue de très près fin 93, puis en 94. Mais il y a, surtout, le nécessité pour moi, comme fidèle auditeur, de recevoir de la RSR du sens, de la mise en perspective, de la valeur ajoutée. Je peine à saisir pourquoi la tranche 5-6 devrait brutalement en être privée.

    Aurait-on, dans les hautes sphères, abandonné la primauté de l'information, qui présidait tant à l'aventure des nouvelles Matinales en 1994, puis à celle de Forum en 2001 ?

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • En quel honneur ?

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    Sur le vif - Mercredi 02.10.19 - 14.07h

     

    En quel honneur, mais en quelle espèce d'honneur, le Conseil d'Etat octroie-t-il Fr. 49'000 d'aide financière à l'association "Rassemblement pour une politique sociale du logement" ? Il l'annonce aujourd'hui, 14.03h, dans son communiqué hebdomadaire.

    Je n'ai rien contre cette association, et ne porte aucun jugement sur son travail. Mais enfin, elle défend une cause militante, clairement engagée dans la bataille autour du logement à Genève, et à ce titre je peine à entrevoir l'opportunité de lui verser l'argent des contribuables. Une association ne doit-t-elle pas s’autofinancer, notamment par les cotisations de ses membres?

    Si vous ajoutez cette "aide financière" à des centaines d'autres, pour quantité d'associations et de "collectifs", vous commencerez peut-être à trouver des pistes d'économies sur le budget de l'Etat.

    Peu de nos conseillers d'Etat, hélas, ont eu à gérer une entreprise privée, et en tenir eux-mêmes le budget, avant de dépenser allègrement les deniers publics. C'est dommage. Cet exercice forge le caractère.

    L'octroi de cette "aide financière" a-t-il fait l'objet d'un vote, au sein du collège ?

     

    Pascal Décaillet

     

     

     

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  • Prix de l'essence : on veut nous pomper !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 02.10.19

     

    Jusqu’à l’os ! Nos chers élus aux Chambres fédérales, soumis à réélection le 20 octobre prochain, ont-ils décidé de tondre le peuple de ce pays ? Le 25 septembre, le Conseil des Etats votait une augmentation du prix de l’essence de 10 centimes par litre ! C’est l’un des aspects, encore à confirmer par le National, d’une loi sur le CO2 dont on a tant parlé. 10 centimes le litre ! Qui viennent s’ajouter aux primes maladie, au prix des médicaments, aux loyers, aux impôts. Ça n’est tout simplement plus possible, les gens sont pris à la gorge, ils étouffent. La Chambre des Cantons aurait voulu instaurer, en Suisse, le phénomène des gilets jaunes, le créer de toutes pièces, en programmer des dizaines de milliers dans la rue, elle ne s’y serait pas prise autrement.

     

    Dans quel monde vivent ces parlementaires ? Savent-ils que tous leurs compatriotes n’ont pas la chance d’avoir l’abonnement général des CFF gratuit, qu’ils ne sont pas tous des urbains ni des interurbains, qu’il existe une Suisse périphérique, oubliée des grandes infrastructures, où la voiture est indispensable ? Ont-t-ils par exemple conscience, ces puissants conseillers aux Etats, de l’existence de vallées latérales, comme en Valais, où il faut absolument un véhicule pour aller travailler en plaine ? Ne sont-ils plus là que pour courber l’échine, se plier au vent des modes, crever de trouille face au tintamarre de « l’urgence climatique », duplifier les slogans des Verts ? Où est passé leur esprit de résistance, d’existence propre, de défense de leurs idées à eux, plutôt que copier celles des autres ? Où sont leurs tripes, où est leur bide, où est le courage ? Il ne faudrait plus, sous prétexte du « tout au climat » qui emporte tout sur son passage, que se ranger derrière la bannière à la mode, quitte à pomper jusqu’à la moelle le fric de ceux qui bossent, se lèvent le matin pour aller au boulot, nourrir leur famille ? Oui, ça suffit !

     

    En plus, copier les Verts ne leur servira à rien. Parce que l’électeur, toujours, préfère l’original à la copie. Plus on brasse les thèmes Verts, plus les Verts auront des voix. N’imaginez pas, braves PDC ou PLR, que vous en gagnerez une seule en mimant la campagne de vos adversaires. En politique, il faut parler de soi, de son cœur de cible identitaire : se comporter comme une pie voleuse, qui va piquer les œufs dans d’autres nids, ne sert strictement à rien. Et puis surtout, sur le fond, un peu de vision d’ensemble du pouvoir d’achat du peuple suisse, que diable ! Vous ne voyez pas que les classes moyennes sont en voie d’étouffement ? Vous ne jaugez pas le cumul, avec toutes les autres taxes ? Vous voulez juste plaire à l’opinion rugissante d’un automne ? Mais en faisant cela, vous perdrez tout, jusqu’à votre âme ! Démocrates-chrétiens, parlez-nous de la famille ! Radicaux, parlez-nous de l’Etat ! Socialistes, parlez-nous de la justice ! Mais de grâce, cessez de vous laisser tous tétaniser par l’immense machine de propagande des prophètes de l’Apocalypse ! Il en va du crédit et de la dignité du discours politique, tout simplement. A tous, excellente semaine.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Fin du mois, fin du monde

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    Sur le vif - Mardi 01.10.19 - 09.46h

     

    Et si l'immense tintamarre climatique n'était autre qu'un providentiel rideau de fumée, qui arrangerait tellement la droite ultra-libérale et affairiste, ou les spéculateurs, pour qu'on parle le moins possible des vraies préoccupations des Suisses, qui tournent autour des primes maladie, de la santé, des retraites, de l'emploi des jeunes, de la détresse de la paysannerie, d'une fiscalité étouffante pour les classes moyennes, sans parler des loyers, du prix de l'essence, ni de celui des médicaments ?

    Pour ma part, je refuse le piège. Je refuse de sacrifier ces thèmes-là, majeurs, sur l'autel de l'Apocalypse climatique.

    Aux puissantes questions sociétâââles, si chères aux bobos des cocons urbains, on me permettra de préférer le bon vieux SOCIAL.

    La fin du mois, avant la fin du monde !

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Barenboim, la lueur de l'espérance

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    Sur le vif - Lundi 30.09.19 - 12.53h

     

    Il y a des moments, dans la vie, comme des chocs de lumière. Ainsi, l'apparition de Daniel Barenboim, sur le coup de 12.37h, à Saint-Sulpice, lors de la cérémonie d'adieux à Jacques Chirac. L'incomparable musicien s'est mis au piano. Et il a joué. L'Impromptu Op.142 no 2, en la bémol majeur, de Franz Schubert.

    Immense émotion, parce que c'est Barenboim. Et parce que c'est pour Chirac. Parce que c'était lui, parce que c'était l'autre. D'abord, Daniel Barenboim, né en Argentine il y a bientôt 77 ans, est l'un des plus grands musiciens de notre temps. Un surdoué, dont la connaissance du répertoire est quasiment inégalable.

    Mais toute cette virtuosité, aussi éclatante soit-elle, ne vaudrait rien si Barenboim n'était, par le coeur et l'esprit, l'un des humains les plus ouverts, les plus éclairés, parmi nos contemporains.

    Le voyant surgir dans la nef, s'approcher du clavier, devant le cercueil d'un Président qui avait su porter très haut l'ambition d'une politique fraternelle de la France au Proche-Orient et dans le monde arabe, comment ne pas se souvenir de tout ce que, dans cet ordre, Barenboim lui-même a réalisé ?

    Car l'homme capable de jouer par coeur toutes les sonates du monde, de diriger le Ring, de nous éblouir de tous les éclats de son génie, est avant tout un homme de coeur. Il a fondé un orchestre israélo-palestinien. Il a plaidé pour un Etat de Palestine. Au milieu d'un monde en guerre perpétuelle depuis 1948, il répond au tragique de l'Histoire par la lumière de la musique. Et par la reconnaissance de l'autre, ci-devant ennemi, comme frère en humanité. Il ne dit pas que les guerres s'arrêteront. Il dit que chaque humain en vaut un autre.

    Devant la mort, en cette Église Saint-Sulpice, il fallait la majesté de la musique. Voyant poindre Barenboim à quelques mètres du corps inanimé de Jacques Chirac, nous avons vu naître des étincelles de lumière. Et pensé à ces tout derniers mots des Mémoires de Guerre, "la lueur de l'espérance".

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Préférences

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    Sur le vif - Dimanche 29.09.19 - 13.44h

     

    Toute ma vie, j'ai préféré les combattants aux diplomates.

    Préféré l'Histoire à la sociologie.

    Préféré l'étude des guerres à la description de la vie quotidienne. Pourvu que ce récit soit ancré, comme chez Thucydide, dans un décryptage implacable des causes et des effets.

    Préféré le social, avec la très lente conquête de la justice et de l'égalité, la réhabilitation des plus déshérités, la répartition des richesses, au sociétâââl, que je laisse volontiers aux bobos urbains.

    Préféré les partis issus de la lutte des classes à ceux surgis du cosmos, ou du ciel. Ou, pire que tout, de la morale.

    Préféré l'échelon de la nation, né de la Révolution française, au modèle de l'Empire.

    Préféré l'Histoire singulière de chaque pays, dans sa logique propre de croissance et d'identité, ce qui passe par une connaissance intime de sa langue, de ses écrivains, de sa culture, aux généralités sur les continents.

    Préféré les peuples à leurs prétendues élites.

    Préféré la démocratie directe à la démocratie représentative.

    Préféré les votations aux élections. Parce qu'elles mettent en avant des thèmes et des idées, non des personnes.

    Préféré l'antagonisme, clair et loyal, des idées, créateur d'étincelles, à la recherche à tout prix du compromis.

    Préféré le courage à la lâcheté.

    Préféré la solitude aux cocktails.

    Préféré le verbe articulé aux mots gommeux, à force d'être mâchés.

    Préféré la musique à toute chose. Puis, l'Histoire, la poésie, la politique. Et pas mal d'autres choses, au fond.

    Préféré l'égalité absolue des humains, chacun à mes yeux en valant un autre, à toute conception prétendant ériger une élite, qu'elle soit sociale, ploutocratique, liée à l'importance qu'on aurait dans la société, ou pire ethnique ou raciale. Tout être humain, sans exception, en vaut un autre. Tel est mon credo, depuis toujours.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • John E. Jackson, lisez Lacouture !

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    Sur le vif - Vendredi 27.09.19 - 18.16h

     

    En un demi-siècle de passion historique totale pour de Gaulle, j'ai évidemment tout lu ce qui, en français, a été publié sur lui. Cela occupe plusieurs rayons de ma bibliothèque.

    Je vais évidemment lire le livre de l'historien britannique Julian Jackson : "De Gaulle, une certaine idée de la France", Seuil, 984 pages.

    Mais je n'apprécie absolument pas ce que John E. Jackson suggère, dans l'article que le Temps vient de mettre en ligne, de l'exceptionnelle biographie de Jean Lacouture, publiée en trois volumes dans les années 80. A chaque parution de volume, je me précipitais le matin, à la première heure, à l'ouverture de la librairie !

    John E. Jackson laisse entendre que le triptyque de Lacouture serait aujourd'hui dépassé. Voire (si c'est à cela qu'il fait allusion dans le chapeau de l'article), qu'elle ferait partie des "visions hagiographiques habituelles".

    Quelle méconnaissance ! D'abord, de l'oeuvre monumentale de Lacouture, première véritable somme critique et accomplie, après (en effet) trop d'ouvrages hagiographiques dans les années 70. Avoir lu Lacouture, dans les années 80, fut pour les passionnés d'Histoire une incroyable révélation. La somme d'archives, de correspondances, de documents inédits compulsés, y est époustouflante, on en apprend énormément sur les années de jeunesse, les influences. On y entend des témoins (encore vivants à l'époque, aujourd'hui disparus).

    Bref, Lacouture nous a proposé, il y a 35 ans, un extraordinaire bond en avant dans la connaissance de la vie et de l'oeuvre de Charles de Gaulle. L'ouvrage n'est évidemment pas parfait, mais enfin à ce jour (faute d'avoir encore lu Julian Jackson), il constitue à mes yeux la référence.

    Surtout, Lacouture n'a rien d'hagiographique. Ce journaliste d'exception, que j'ai eu maintes fois l'honneur d'interviewer, avait été, du vivant de Charles de Gaulle, un opposant à la plupart des aspects de sa politique. Le triptyque ne manque pas de relever les limites de l'action publique du Général. Tout au plus est-il écrit, grâce à une magnifique plume et un style boisé comme les vieux vins du Bordelais, avec une empathie de style qui n'est pas à tenir pour de la complaisance.

    En conclusion, je vais évidemment me précipiter sur l'ouvrage de Julian Jackson. Mais j'invite avec ardeur son homonyme, John E. Jackson, à relire les trois volumes de Lacouture publiés dans les années 80 (Le rebelle, le politique, le souverain). Il y trouvera plus de génie et de découvertes que d'hagiographie.

    Mon cher Jean Lacouture, qui nous avez quittés il y a quatre ans et dont j'ai lu et relu absolument tous les livres, de la biographie de Mendès France à celle de Nasser, je pense à vous avec attachement et émotion. Vous étiez un passeur d'exception.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Chirac, tellement vivant, tellement humain

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    Sur le vif - Jeudi 26.09.19 - 14.24h

     

    Je me souviens, comme si c'était hier, du 10 novembre 1970, lendemain du 9. Je rentrais de l'école à midi, j'avais douze ans, 2ème année secondaire, ma mère m'annonçait la mort de Charles de Gaulle.

    Je me souviens du 2 avril 1974. Nous regardions, avec mes parents, "L'Homme de Kiev" aux Dossiers de l'écran. Interruption du film. Annonce de la mort de Pompidou, Président en exercice.

    Je me souviens du 8 janvier 1996, lorsque j'ai appris la mort de François Mitterrand. J'étais à mon bureau, à la RSR, à Lausanne.

    Je me souviens de Jacques Chirac, les deux fois où je l'ai vu physiquement. En 1998 à Zurich, lors de sa visite en Suisse. Et surtout, dans le meeting inoubliable de l'entre-deux-tours à Lyon, en avril 2002. Je présentais Forum en direct sur place, au milieu d'une foule immense, dans un fracas d'enfer, c'était magique.

    Je me souviens qu'avec mon ami Bertrand Ledrappier, suivant de très près le duo Giscard-Chirac entre 74 et 76, nous préférions mille fois l'impétuosité populaire du second à la distance orléaniste du premier.

    Je me souviens de Cochin, l'Appel, le "parti de l'étranger" (1978). J'aimais ça, parce que déjà, je n'aimais pas le parti européen, en France. La liste de Simone Veil (qui l'emportera en 79) ne m'était absolument pas sympathique. Ni la liste, ni (désolé) la personne qui la conduisait.

    Je me souviens de quarante ans de vie politique, sur laquelle tout a été dit. Un homme complexe, protéiforme, caméléon, qui aura tout été, et le contraire de tout. Je veux retenir le radical, façon Troisième République, devenu gaulliste. Mais radical, avant tout. Radical cassoulet, Province, jamais aussi à l'aise qu'avec des paysans, sur le terrain.

    Je me souviens qu'il a été, de 72 à 74, le meilleur ministre de l'Agriculture depuis Sully, qui avait servi Henri IV. Il a aimé et protégé les paysans de France, il les a défendus face à Bruxelles, il manque aujourd'hui, immensément.

    Je me souviens d'un débat, il y a si longtemps, entre lui et Georges Marchais. Il émanait de ce duel une sympathie de l'illustre communiste à son égard.

    Je me souviens de son débat de 88 face à François Mitterrand. "Vous avez parfaitement raison, Monsieur le Premier ministre". D'une réplique, le Prince du verbe l'avait poliment terrassé.

    Je me souviens du Discours du Vel d'Hiv, en 95.

    Je me souviens - pour toujours - de son amitié profonde pour le monde arabe, de sa connaissance de l'Orient compliqué, de son amour des langues orientales, de son respect pour les peuples opprimés, de la manière dont il avait engueulé, en Vieille Ville de Jérusalem, les gorilles israéliens qui voulaient l'empêcher d'approcher la foule palestinienne.

    Je me souviens de son NON catégorique à l'opération folle, insensée, des Américains contre l'Irak, en 2003. Ce jour-là, nous avions retrouvé la grande politique arabe de Charles de Gaulle, proche des peuples, contre les oligarchies.

    Je me souviens, et pourrais me souvenir sur des kilomètres encore. Il n'avait ni le génie de Charles de Gaulle, ni la majesté de François Mitterrand, mais c'était un pur-sang de la politique, totalement habité par le démon de l'action. Un affectif, jamais plus heureux qu'au milieu des foules, l'homme qui a serré des millions de mains.

    Je me souviendrai toujours de Jacques Chirac, comme de Charles de Gaulle et François Mitterrand. Il a servi la France. Il a su conquérir une très grande affection chez ses compatriotes. Un très grand nombre de Français, au moment où j'achève d'écrire ces lignes, sont émus. Ils ne pleurent peut-être pas un père, comme de Gaulle en novembre 1970. Mais une sorte de grand frère, voyou, adoré, flambeur, joueur, parfois maladroit. Mais tellement vivant. Tellement humain.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Les vraies préoccupations des Suisses

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    Sur le vif - Jeudi 26.09.19 - 10.38h

     

    Les plus précaires, en Suisse ? Ils ne parlent pas beaucoup climat, croyez-moi. Mais primes maladie, santé, retraites, emploi, prix de l'essence, prix des médicaments, loyers, taxes, solitude des seniors. Et aussi, ne vous en déplaise, contrôle des flux migratoires.

    Méfions-nous de l'immense effet d'amplification du sujet-aubaine pour les Verts en vue du 20 octobre, le sujet-tintamarre, le sujet-propagande, orchestré de façon obsédante, comme s'il était le thème de préoccupation no 1 de nos compatriotes.

    Il ne l'est pas. Il est certes à traiter, mais usurpe éhontément sa place dans la hiérarchie. Tout en haut, dans les soucis des Suisses, il y a l'impérieuse nécessité de vivre dignement. La première urgence, pour les gens, est SOCIALE, elle n'est pas climatique.

    Avoir travaillé toute sa vie, payé des primes, ses impôts, et ne pas avoir de retraite décente, c'est cela qui est dégueulasse, cela qui doit être corrigé. Travailler comme un fou, et ne pas pouvoir mettre un sou de côté, parce qu'on nous pompe et nous tond de partout, c'est cela qui rend la classe moyenne folle de rage.

    Le climat ? Le climat oui, bien sûr. Il ne s'agit pas de nier le problème. Mais de considérer sa place réelle dans la hiérarchie des préoccupations des citoyennes et citoyens de ce pays. A cet égard, il convient d'identifier comme tel le véritable matraquage verbal dont nous sommes victimes, depuis des mois.

    Le 20 octobre, le peuple suisse votera. On crédite des Verts de 10% des voix. Fort bien. Mais cela signifie que 90% du corps électoral ne votera pas pour les Verts. Et quand bien même ils feraient 15%, il y aurait encore 85% contre eux.

    J'invite mes concitoyennes et concitoyens à garder la tête froide. Non pas nier la nécessité de s'occuper du climat. Mais refuser, avec la dernière énergie, l'ambiance de matraquage et de propagande orchestrée autour de ce thème.

    Ai-je été assez clair ?

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Jeunes candidats : ouverts et prometteurs !

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    Sur le vif - Mercredi 25.09.19 - 16.01h

     

    Tous partis confondus, les jeunes candidats et candidates sont excellents, dans la campagne fédérale. Ils privilégient les arguments, savent écouter ceux de l'adversaire, ne le diabolisent pas, dialoguent. Et, après les débats, se comportent avec beaucoup d'empathie les uns avec les autres.

    Ils sont conscients que la grande fracture, aujourd'hui, ne se situe pas entre la droite et la gauche, mais entre la grande famille de ceux qui veulent encore croire à la politique, et ceux qui hélas y ont renoncé. Cette foi commune dans l'action publique crée des liens, qui transcendent les clivages idéologiques. Cela, je le sens très fortement chez les jeunes.

    J'ignore si l'Apocalypse climatique nous emportera. Mais je sais que la relève politique, à Genève, est assurée. Les politiciens et politiciennes efficaces de demain, et même ceux d'après-demain, je peux déjà vous donner leurs noms aujourd'hui, pour me tenir beaucoup à leur écoute.

    Je félicite cette génération montante. Elle n'a rien à envier aux précédentes.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Jusqu'à l'os !

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    Sur le vif - Mercredi 25.09.19 - 13.58h

     

    Prix des carburants : + 10 centimes par litre ! Décision insensée des Etats ! Jamais la classe moyenne, déjà tondue jusqu'à l'os, ne pourra absorber une telle augmentation. Pointer qui a voté quoi. S'en souvenir le 20 octobre. Sur le plan politique, entreprendre toutes choses pour s'opposer à cette décision.

    La Suisse ne se compose pas que de bobos ouatés, chantres et apôtres de la "mobilité douce", et autres sérénades en vogue. Mais de petits artisans, d'indépendants, de commerçants, de livreurs, d'habitants des régions périphériques, des fonds de vallées latérales, de paysans, d'ouvriers, qui ont absolument besoin d'un véhicule privé pour se rendre au travail. Et sont bien contents d'avoir une voiture familiale pour des vacances dûment méritées !

    Cette Suisse-là n'a pas la chance d'avoir l'abonnement général 1ère classe remboursé pour aller siéger aux Chambres fédérales.

    Cette Suisse-là, laborieuse et tondue, oubliée, méprisée, jusqu'à quand se taira-t-elle ?

     

    Pascal Décaillet

     

     

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