Sur le vif

  • Les faucons nous prennent pour des vrais cons

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    Sur le vif - Jeudi 19.09.19 - 07.05h

     

    Insupportables, les pressions des conservateurs américains sur Donald Trump pour pousser à tout prix à une guerre contre l'Iran. Trump hésite encore, mais jusqu'à quand ?

    Insupportable, oui, et depuis toujours, cette alliance entre les évangéliques fondamentalistes et les milieux qui, traditionnellement, soutiennent l'éternel protégé des Etats-Unis au Proche-Orient, depuis 1948.

    Insupportable, parce que ces faucons deviennent nerveux. Deux événements récents sont de nature à les affaiblir : le départ de John Bolton, et surtout le résultat décevant de Netanyahu aux élections israéliennes.

    Alors, tout ce petit monde belliciste de la Côte Est commence à perdre les nerfs : il faudrait, selon eux, agir le plus vite possible contre Téhéran. Alors, comme à la grande époque de Colin Powell et de sa petite fiole bidon, on invente des raisons. On monte, de toutes pièces, des prétextes pour diaboliser l'Iran. Digne des gardes-frontière polonais, début septembre 39 ! En clair, les faucons nous prennent pour des vrais cons.

    Nous avons affaire à des menteurs. Nous avons affaire à des manipulateurs mondiaux. Nous avons affaire à des cyniques. Nous avons affaire à des dissimulateurs de leurs desseins réels. En aucun cas la Suisse, notre petit pays apprécié de tous au Moyen-Orient, ne doit s'aligner sur ces semeurs de guerre et de désolation. En aucun cas, elle ne doit abandonner l'Iran, le dialogue économique, politique et intellectuel avec les intelligences de la Perse.

    La Suisse est un tout petit pays. Mais elle a l'occasion, dans cette affaire, de montrer de la grandeur diplomatique et la puissance de son ouverture à un monde arabo-persique qui constitue, n'en déplaise aux ignares, l'une des matrices de notre civilisation.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Adipeux, cigareux, d'un autre âge !

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    Sur le vif - Mercredi 18.09.19 - 13.29h

     

    Le type qui, en septembre 2019, dicte encore des lettres à sa secrétaire, parce qu'il n'est pas foutu d'utiliser un clavier, et gérer lui-même son courrier, est un profond inadapté, qui se fera rattraper un jour ou l'autre par la marche de l'Histoire.

    Pourquoi dicter ? Pourquoi se comporter en adipeux patron des années soixante, arrogant avec son personnel, "Vous passerez dans mon bureau Mademoiselle, j'ai du courrier à dicter", persuadé d'être éternel, dans son pouvoir, sa place dans la société, son rayonnement patriarcal dans sa boîte.

    Dicter, en septembre 2019, non mais allô ! Il se prend pour Napoléon à Wagram, notre grassouillet Centaure à la voix de velours, donnant ses ordres à ses estafettes ? S'il aime l'oralité, qu'il s'en aille lire Verlaine à haute voix au bord du Rhône, ou qu'il s'initie à la parole radiophonique.

    Ce type-là n'a rien compris. Les plus grands décideurs, aujourd'hui, sont des gens qui communiquent eux-mêmes. Ils passent plusieurs heures par jour à trier le courrier, évidemment électronique (qui passe encore par le papier ?), et les messages importants, ils les rédigent eux-mêmes.

    Ce travail-là, loin d'être un luxe, ou un fardeau qu'on devrait déléguer à des subalternes, doit constituer le coeur de l'activité d'un entrepreneur. S'imaginer que la communication, la messagerie, le dialogue avec l'extérieur, sont en 2019 des activités accessoires à la vie de l'entreprise, c'est n'avoir strictement rien compris à l'évolution des métiers.

    Ces adipeux, cigareux, avec leurs costards et leurs grands airs, ne sont pas des entrepreneurs. Ils jouent simplement un rôle d'un autre âge, se pénètrent de l'importance de leur propre paraître, s'envoûtent et se trompent eux-mêmes dans leurs volutes. Ils sont promis à disparition. Le plus tôt sera le mieux.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Classe moyenne : les Pharisiens de gauche

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    Sur le vif - Lundi 16.09.19 - 17.13h

     

    Ceux qui, dans la tranquillité urbaine d'une certaine gauche genevoise, considèrent la classe moyenne comme "impossible à définir", et se permettent de la prendre de haut, voudront bien désormais se passer des subventions, déductions et facilités que leur accorde l'Etat, en vertu des ponctions opérées massivement sur le portemonnaie de cette classe. En clair, sur le portemonnaie des gens qui travaillent dur, ne reçoivent - pour leur part - aucune subvention, et n'arrivent pas à mettre un seul centime de côté.

    Car c'est bien la classe moyenne, de facto, qui entretient à Genève ceux qui ne payent ni impôts, ni primes maladie. En vertu de cela, on pourrait tout au moins faire preuve de respect et de retenue, quand on l'évoque, plutôt que la ramener avec mépris à la petite-bourgeoisie, Spiessbürgerlichkeit, du temps de Flaubert, ou du romancier allemand Theodor Fontane.

    Ces assistés sélectifs nient l'existence de la classe moyenne, mais se gardent bien de refuser les aides financières que, par l'impôt, elle leur apporte.

    Cela porte un nom : cela s'appelle des Pharisiens.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Les ayatollahs de la mobilité douce

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    Sur le vif - Lundi 16.09.19 - 15.58h
     
     
    Les ayatollahs de la mobilité douce, qui ont réussi à faire passer dans leur camp un magistrat de l'Entente, pulvérisent tous leurs record. Galvanisés par "l'urgence climatique" (ah, imposer sa terminologie, première loi de toute guerre...), ils ne voient même plus leur cause comme l'un des éléments d'un binôme antagoniste, mais comme la cause qui s'impose d'elle-même, puisqu'elle relève du Bien. Ils ne sont plus dans la politique, mais dans la théologie. Et, au sein même de la théologie, ils sont dans l'ordre du dogme.
     
    Un exemple : vous dénoncez le changement de cap d'un magistrat de l'Entente. Ils vous répondent qu'il n'y a aucun problème. Certes, le magistrat a fait preuve de ductilité (pour user d'un mot poli) par rapport à ses engagements. Mais cela n'a aucune importance. Pourquoi ? Parce que ce sens de l'adaptation (voyez, je garde mon sang-froid dans l'usage des mots, et ne parle pas de trahison) se fait dans le bon sens. Au service de la cause qui s'impose. Au service du Bien. Dont tout le monde devrait convenir. Et qui ne saurait souffrir de contestation.
     
    Avec ces gens-là, c'est clair : on ne peut pas discuter. La bonne vieille disputatio, principe même de la dialectique républicaine, où les arguments contraires s'entrechoquent, doit laisser la place à l'acceptation d'une vérité révélée.
     
    Ce sont ces gens-là, en cet automne électoral, qui ont le vent en poupe. Ces gens-là qui s'appuient sur le dogme de "l'urgence climatique". Ces gens-là qui organisent l'évacuation de tout argument contraire. Non en vertu d'une pesée rationnelle de cet argument. Mais parce qu'il a l'hérésie de venir contredire le dogme.
     
     
    Pascal Décaillet
     
     

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  • Genève : un Conseil d'Etat de gauche

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    Sur le vif - Dimanche 15.09.19 - 11.38h

     

    Le Conseil d'Etat genevois est maintenant, de facto, un gouvernement de gauche. Avec la composition suivante :

    - 3 magistrats de gauche, qui ont bien raison de faire une politique de gauche, puisqu'ils sont de gauche, loyaux à la gauche.

    - En appui à ces trois, un conseiller d'Etat PDC, totalement rallié à la politique de gauche en matière de mobilité. Et aussi, semble-t-il, en matière fiscale.

    - 2 magistrats PLR, dont l'un se trouve très affaibli dans sa marge de manœuvre politique.

    - 1 magistrat arbitre. Habile, véloce dans son esprit, mais d'une lisibilité politique ne dépassant pas les frontières du pragmatisme.

    Faites vos calculs. Avec le ralliement du PDC, la gauche est gagnante dans tous les cas. Soit à 4 contre 3. Soit, en fonction des humeurs de l'arbitre, à 5 contre 2.

    C'est rafraîchissant. C'est inédit. C'est volatile. Mais ça n'est en rien conforme à ce que le peuple genevois a voulu.

    Car le magistrat PDC, pendant toute sa campagne de réélection en 2018, n'avait cessé de proclamer haut et fort les valeurs de la droite, en fusion étincelante avec celles du PLR.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • L'Italie, et l'Italie d'abord !

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    Sur le vif - Samedi 14.09.19 - 16.08h

     

    Primauté de la nation italienne, protectionnisme, contrôle des flux migratoires : les aspirations puissantes qui ont porté au pouvoir Matteo Salvini ne vont certainement pas s'éteindre, ni même faiblir, sous le prétexte qu'un pronunciamiento de partis adverses, opportunistes et moralisateurs, a réussi (pour un temps) à l'écarter.

    Il y a, en Italie comme partout, un très fort courant qui porte les idées de Salvini. Ce mouvement d'opinion ne veut plus entendre parler de supranationalité européenne, il veut l'Italie, et l'Italie d'abord. Cette aspiration à la nation, au refus des tutelles, n'est pas nouvelle, dans la prodigieuse Histoire politique de ce pays : on l'a trouvée à l'époque héroïque du Risorgimento, portée par un homme aussi exceptionnel que Giuseppe Verdi, puis à celle du fascisme.

    L'obédience de l'Italie à des forces supérieures, c'est la démocratie chrétienne d'après-guerre qui l'a construite, d'abord face aux Américains, puis, après avoir été pays fondateur du Traité de Rome (1957), en laissant Bruxelles prendre trop de place. Il faudra tout de même, un jour, instruire l'Histoire de la gentille Democrazia Cristiana avec toute la sévérité que cette dernière mérite, y compris dans ses liens avec des organisations combattant l'essence même de l'Etat, si vous voyez ce que je veux dire.

    Aujourd'hui, les gentils européistes, bien affiliés à l'OTAN, bien obéissants au Capital mondialisé, ont réussi à écarter Salvini. Fort bien. Laissons passer le temps, quelques mois suffiront peut-être. Laissons la rue italienne dire sa colère, suite à cette combinazione. Et nous verrons bien, sur la durée, quel modèle de gouvernement veut se donner le peuple souverain - et ô combien ami - de l'Italie.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • La Prusse, dans la lumière des consciences

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    Sur le vif - Samedi 14.09.19 - 10.00h

     

    J'ai tellement à dire sur l'irrésistible montée de l'Allemagne, en Europe, depuis 250 ans. C'est l'un des sujets historiques qui m'habitent le plus.

    Il faudrait - je m'y emploierai dans les années qui viennent - expliquer vraiment aux lecteurs ce qu'est la Prusse. Car c'est d'elle, entre 1740 et 1786, sous le règne du grand Frédéric II, que tout est parti.

    L'idée allemande, malmenée comme jamais après la destruction totale des Allemagnes en 1648, à l'issue de la terrible Guerre de Trente Ans (lire Simplicius Simplicissimus, publié en 1669 par le romancier Hans Jakob Christoffel von Grimmelshausen), a été relancée là où personne ne l'attendait. La Prusse n'avait pas bonne presse, dans le monde germanique, ni au Moyen-Âge, ni même aux temps de la Réforme (plutôt saxonne, voire de Thuringe).

    Les Allemagnes, plurielles, n'accordaient pas une très grande importance à ce marais du Nord-Est, région de plaines, de bois de bouleaux, d'étangs. Prenez une fois, je vous prie, la route qui mène de Berlin à Francfort sur l'Oder, sur la frontière polonaise, et vous pourrez mesurer la monotonie des paysages.

    Et puis, il y a eu Frédéric II. Sur le plan militaire, il y avait déjà eu, avant lui, son père, le Roi-Sergent. Mais Frédéric fait de la Prusse une armée d'une rare puissance, une terre de savants et de philosophes, de chercheurs dans les Universités, d'innovateurs, deux générations avant la Révolution industrielle. Habité (comme le sera plus tard l'immense Chancelier Willy Brandt, 1969-1974) par un tropisme vers l'Est qu'on nommera un jour Ostpolitik, il tourne son regard vers les populations germaniques de Pologne, conquiert la Silésie et la Poméranie, fait de la Prusse une puissance qui compte en Europe.

    Bien sûr, vingt ans après sa mort (1786), il y aura la défaite d'Iéna (14 octobre 1806), suivie de l'occupation de la Prusse par les troupes napoléoniennes (1806-1813). Et, par un sublime paradoxe, c'est précisément pendant cette période que naîtra, par résistance intellectuelle et patriotique, l'idée de nation prussienne, et par extension l'idée de nation allemande.

    La naissance de l'Allemagne est une bombe à retardement de la présence française en Prusse, au début du 19ème siècle. J'ai beaucoup publié, ici même, ces dernières années, sur les Reden an die Deutsche Nation, les Discours à la Nation allemande, tenus par le philosophe Johann Gottlieb Fichte, en décembre 1807, à Berlin, au nez et à la barbe des troupes de Napoléon.

    J'aurai à coeur d'expliquer, dans les années qui viennent, pourquoi le mouvement de résurrection allemande, entamé entre 1740 et 1786 par Frédéric II de Prusse, n'a fait qu'avancer, inexorablement, jusqu'à nos jours. Et aujourd'hui, plus que jamais, en termes d'influence en Europe, il progresse. Cette question-là est centrale, et autrement première que de savoir si l'Angleterre, cette périphérie maritime orpheline de son arrogance, réussira ou non son Brexit. Le pays qui compte, en Europe, c'est l'Allemagne. Le pays qui donne le ton, c'est l'Allemagne. Le pays qui ne cesse d'avancer ses pions depuis la seconde partie du 18ème siècle, c'est l'Allemagne.

    Quand on prend le champ historique indispensable pour saisir l'ampleur de cette lame de fond, on se rend compte à quel point le 8 mai 1945 n'a été, au fond, qu'une défaite d'étape. J'aurai largement, ces prochaines années, l'occasion d'y revenir.

    Quant à la Prusse, un jour ou l'autre, ce grand nom, scandaleusement banni des langages, réapparaîtra dans les discours, sur les cartes de géographie. Et, surtout, dans la lumière des consciences.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Les indicateurs

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    Sur le vif - Vendredi 13.09.19 - 18.48h

     

    Un jour, il y a quelques années, un conseiller d'Etat radical ayant siégé de 2005 à 2018 s'est mis à utiliser le verbe "indiquer". "Je vous indique que...", "Comme je vous l'ai indiqué mardi dernier...", "Le Conseil d'Etat est en mesure de vous indiquer..", etc. etc. etc.

    Je ne m'étendrai pas ici sur le sujet. Je parle du verbe, bien sûr. Sa rare laideur, glaciale, technocratique, indigne d'un locuteur qui, d'ordinaire, s'exprimait dans un français élégant et agréable à écouter. Déjà à l'époque, je ne comprenais pas pourquoi cet homme cultivé, lecteur de romans, s'accrochait à ce verbe évoquant, dans le meilleur des cas, le bilan comptable, en trois exemplaires, d'une entreprise de géomètres.

    Mais le plus fou n'est pas là. Non, il ne réside pas dans cette faiblesse passagère de l'ancien magistrat radical. Le plus fou, c'est que Serge Dal Busco, depuis qu'il est au Conseil d'Etat (où il a passé les cinq premières années sous l'empire et l'emprise du sus-nommé), n'en peut plus "d'indiquer" ! Aux Finances, il indiquait. A la Mobilité, il indique. Partout, il indique.

    Dans l'ordre du langage, nous sommes tous des emprunteurs. Nos oreilles, nos cervelets, nos gourmandes méninges sont prompts au rapt et à la reproduction. Empruntons, donc ! Mais, si possible, en tâchant de capter le meilleur. Et de laisser gésir le pire dans le fond lustré d'une oubliette.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Consensus : non, merci !

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    Sur le vif - Vendredi 13.09.19 - 06.46h

     

    Je n'ai jamais cru, une seule seconde, à la vertu des consensus horizontaux, pourtant si encensés dans notre liturgie politique suisse, tellement prompte à vouloir éteindre la moindre étincelle d'antagonisme dialectique.

    Ainsi, le compromis trouvé à Genève, notamment grâce à l'appui d'une partie des socialistes, sur la réforme de l'imposition des entreprises, et voté par le peuple. C'est du pipeau. Pourquoi ? Parce que nous n'avons pas les moyens de le financer, pas plus que notre générosité envers les retraites des fonctionnaires, sans augmenter les impôts, ou creuser la dette. Ces questions seront explosives, et de nature à provoquer une révolte de la classe moyenne.

    Deuxième exemple : le prétendu compromis sur la mobilité. Aujourd'hui, il vole en éclats. Les ennemis de la voiture, les ayatollahs de la "mobilité douce", tellement en vogue en cette période d'hystérie climatique, ont gagné sur toute la ligne. Les partisans du transport privé ont tout perdu. Ils se sont faits avoir, comme des bleus. La duplicité de l'actuel ministre des transports, sa ductilité à se rallier au vent majoritaire, n'ont rien arrangé.

    Dans ces deux cas, on nous faisait l'éloge des "solutions" (je déteste ce mot à la mode) centristes, ou de consensus, style gentil PDC. Dans les deux cas, la ligne molle nous conduit à des échecs.

    La politique a besoin de courage et de clarté. Elle ne doit pas fuir la dureté des combats. Ni craindre les défaites. Dans la vie, on ne se lève pas le matin pour la trouble jouissance d'aller chercher le consensus. Mais pour se battre.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • L'âme combattante

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    Sur le vif - Jeudi 12.09.19 - 14.48h

     

    Celui qui n'est pas entrepreneur jusqu'au bout des ongles, dans la tête et le coeur, dans l'aspiration à l'indépendance et à la liberté, dans la gestion de son temps et de ses priorités, dans la férocité d'une âme combattante, dans la remise en question constante de ses moyens d'action, celui-là doit renoncer à lancer son entreprise. Il ne tiendra tout simplement pas.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • La lâcheté d'une procuration

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    Sur le vif - Jeudi 12.09.19 - 06.43h

     

    Le principe de la démocratie représentative est celui de la confiance. Si cette dernière fait défaut, il faut passer à un autre système. Les bons vieux Parlements, hérités du temps des diligences, ne sont pas éternels.

    Une démocratie vivante, fraternelle, totale, peut parfaitement se passer d'eux. En étendant les pouvoirs d'arbitrage du suffrage universel. En misant sur l'intelligence de chacun. En privilégiant les thèmes sur les personnes. En initiant les jeunes, dès l'école, aux affaires de la Cité.

    Je déteste, en toutes choses, la notion "d'élus". Comme si l'élection, sous prétexte de majorité numérique, conférait la moindre onction de sagesse ou de savoir-faire politique.

    Le meilleur moyen de ne pas être déçu par les élus, c'est d'inventer un système ne passant plus par l'élection. Mais par la participation massive du corps des citoyens aux grandes décisions orientant le destin des nations.

    Mon système n'est pas pour demain, certes. Je ne plaide en aucune manière pour une démocratie d'opinion, où la doxa se gorgerait de sondages, à la manière d'un antique Moloch.

    Non, c'est bel et bien le démos dont j'envisage une reconfiguration totale. Elle ne pourra passer que par une extension et un approfondissement du savoir, de la connaissance et de la culture universels. Vaste chantier, qui commence dès les petites classes de l'école.

    Mais une chose est sûre : le système représentatif, générateur de l'entre-soi d'une classe politique, est à bout de souffle. Il confisque au plus grand nombre les décisions (sauf en Suisse, où nous avons la chance infinie de la démocratie directe). Il crée une élite qui n'a tout simplement pas lieu d'être. Il déresponsabilise le citoyen, qui nous sortira des énormités du style "Il y a des gens pour réfléchir à ces choses-là, nous les avons élus dans ce but, faisons-leur confiance".

    Pour ma part, non, non et non ! La confiance n'est pas ma qualité première. Je n'ai nul besoin qu'on réfléchisse à ma place. Et je ne ressens nullement la nécessité d'être "représenté" par qui que ce soit.

    La citoyenneté est un don de soi à la chose publique. Elle ne saurait se réduire à la lâcheté d'une procuration.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Classe moyenne : arrêtez le massacre !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 11.09.19

     

    Les Genevois travaillent, ils gagnent de l’argent, mais, au final, n’en voient pas beaucoup la couleur ! A Genève, où la classe moyenne est tondue comme un mouton, la distorsion entre salaire brut (pour les employés) ou chiffre d’affaires (pour les indépendants, les petits entrepreneurs), et d’autre part le salaire ou revenu net, est déjà particulièrement criante. Elle l’est encore plus entre l’argent qu’on finit quand même par recevoir, toutes ponctions opérées, et ce qu’on appelle le pouvoir d’achat, entendez ce qui reste de sonnant et trébuchant pour s’acheter à manger, se déplacer, se vêtir, accéder au concert, au cinéma ou au théâtre, se procurer quelques livres, se promener, voyager, pratiquer ses loisirs. Entre le salaire brut, qui parfois paraît fort confortable par rapport à d’autres cantons, et le pouvoir d’achat, il y a, à Genève, pour la classe moyenne, un précipice.

     

    Prenez le salaire net. On vous a déjà prélevé l’AVS, le deuxième pilier, les assurances sociales, vous vous sentez déjà plus léger. Mais votre diète ne fait que commencer. Avec ce qui vous reste, il va vous falloir entretenir votre famille, payer votre loyer, les charges, les opérateurs téléphoniques parmi les plus onéreux d’Europe, des primes maladie étouffantes, et satisfaire à l’une des pressions fiscales les plus gourmandes de Suisses. A la fin des fins, il vous restera de quoi vous acheter quelques cacahuètes, ou si vous préférez des bretzels.

     

    La classe moyenne, c’est la masse des gens qui, entre les assistés et les nababs, ont certes la chance d’avoir un travail, parfois bien rémunéré, se donnent à fond pour ce boulot, pour leur employeur (s’ils sont salariés) ou pour leur petite entreprise (s’ils sont indépendants), ne comptent ni les jours ni les heures, participent largement à la prospérité générale, aiment leur vie, leur job, sont heureux de fournir l’effort, fiers de ce qu’ils apportent, mais n’arrivent pas, à la fin du mois, à mettre un seul centime de côté. Alors, de plus en plus, ils ont peur, souvent secrètement. Leurs futures retraites, ils les voient fondre. Les taux négatifs leur flanquent la trouille. Et ils n’ont strictement aucun droit, eux, contrairement à d’autres, à la moindre aide, la moindre subvention. C’est cela, la classe moyenne : des gens bosseurs, des gens honnêtes, ils aiment le travail bien fait, mais ils sont rivés comme des serfs à leur condition, parce que l’Etat avec ses impôts, les assureurs avec leurs primes, leur prennent tout.

     

    Cette situation ne peut plus durer. La classe politique genevoise, tous partis confondus, doit placer les questions du pouvoir d’achat et de la classe moyenne au cœur de ses préoccupations. Un peu de respect, SVP, pour les gens qui travaillent dur, toute leur vie, et ne peuvent profiter du fruit de leur labeur. L’Etat doit se montrer moins glouton, et réduire son train de vie. Quant aux primes maladie, préoccupation no 1 des Suisses, il en va de la dignité du politique de trouver une solution à cet absolu scandale.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Netanyahu devient fou ?

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    Sur le vif - Mardi 10.09.19 - 19.15h

     

    Benjamin Netanyahu veut ANNEXER la vallée du Jourdain et une partie de la mer Morte. Vous m'avez bien lu : AN-NE-XER ! Il ne s'agit plus d'occuper des territoires, comme cela se fait depuis juin 1967. Mais de se les approprier, purement et simplement.

    Et c'est ce gouvernement-là, cet homme-là, cette idéologie-là que soutiennent Donald Trump, les conservateurs et les évangéliques américains. Sans parler - mais cela va de soi - des milieux traditionnellement acquis, aux États-Unis, à la politique coloniale israélienne.

    La Suisse est un ami d'Israël, et c'est bien. Mais elle est, tout autant, un ami du peuple palestinien, qui souffre tant depuis 1948, et encore plus depuis 1967. Entre amis, on doit se dire les choses. Tout silence de la Suisse officielle face à l'annonce d'une volonté pure et simple d'annexion - au détriment de la Palestine ou d'autres voisins d'Israël - serait, face à l'Histoire, un silence coupable.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Hausses d'impôts : pas question !

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    Sur le vif - Lundi 09.09.19 - 07.46h

     

    Les hausses d'impôts proposées par le Conseil d'Etat genevois, et rapportées ce matin par la TG, sont à rejeter avec la dernière énergie.

    La population, notamment la classe moyenne, déjà prise à la gorge, n'a pas à faire les frais de la mauvaise gestion du ménage d'Etat par le gouvernement et le Parlement, de l'impéritie des autorités, du train de vie dispendieux, inconsidéré même parfois, de l'Etat, à Genève.

    Si le Conseil d'Etat veut faire des économies, qu'il commence à mettre de l'ordre dans ses dépenses. S'il peine à trouver des pistes, nous saurons les lui suggérer, dans ses propres frais de fonctionnement. Postes inutiles dans la fonction publique, subventions hallucinantes : on jette l'argent du contribuable par les fenêtres.

    Avec ces hausses d'impôts, le gouvernement montre un incroyable signal de mépris pour une classe moyenne qui n'en peut déjà plus. Pense-t-il parfois aux salariés du privé, ou pire aux petits indépendants qui doivent financer eux-mêmes leurs retraites, et en plus vont devoir verser les centaines de millions supplémentaires pour la Caisse de pension des fonctionnaires ? C'est rageant, c'est injuste, c'est révoltant.

    La classe moyenne genevoise, celle qui ne bénéficie - elle - d'aucune subvention, et n'est là que pour payer, payer, et encore payer, ne peut accepter cette provocation. Elle doit réagir, et vite.

    Quant à la Ministre des Finances, soit elle soutient ces hausses, et doit l'assumer politiquement, soit elle a été mise en minorité dans le collège. Dans les deux cas, elle doit le dire.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Macron, l'Iran, les miroirs

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    Sur le vif - Samedi 07.09.19 - 15.54h

     

    Le raidissement iranien sur le nucléaire, parfaitement compréhensible de la part d'un pays dont la première puissance atomique du monde veut la destruction, pulvérise hélas les quelques soubresauts d'espoir que nous avions placés ici, lors du G7 de Biarritz, en Emmanuel Macron.

    En recevant, lors de ce sommet, le ministre iranien des Affaires étrangères, le Président français avait éveillé, chez les quelques gaullistes encore sensibles à une grande politique étrangère de la France, notamment envers le monde arabo-persique, comme une lueur d'optimisme. Face à Trump, voilà la France qui, potentiellement, s'affirmait comme un médiateur possible.

    Hélas, ce ne furent, de la part du beau parleur Macron, que promesses verbales, sécrétion d'images, pirouettes et illusions. Éduqué dans le monde de la spéculation (étymologie : speculum, le miroir), l'actuel locataire de l'Elysée n'a pas son semblable pour les jeux de reflets. Il aime briller, paraître, étinceler dans la Galerie des Glaces. Mais derrière le lustre des mots, le réel ne suit pas. Jusqu'à quand l'élégant vendeur dupera-t-il son monde ?

    Quant à l'Iran, avant de s'étrangler d'indignation face à la poursuite des recherches nucléaires de ce pays, il conviendra de se souvenir que, jusqu'à nouvel ordre, une seule puissance, en ce monde, depuis août 1945, a fait usage de l'arme atomique. Elle s'appelle les États-Unis d'Amérique. Et ne s'appelle ni l'Iran, ni la Corée du Nord.

    On voudra donc bien régler un peu ses grandes condamnations morales sur le réel, non sur les mots, non sur le paraître, non sur l'obédience verbale et intellectuelle à la propagande de l'Oncle Sam.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Les tonalités de la décence

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    Sur le vif - Samedi 07.09.19 - 08.21h

     

    J'ai toujours été pour un Etat fort. Mais cela ne signifie en aucune manière un Etat tentaculaire. Ni dépensier. Ni distributeur de subventions à n'en plus finir.

    Ni un Etat qui s'invente des tâches pour justifier sa taille, et occuper son petit monde, garanti à vie (on se demande bien en quel honneur) dans son emploi, aidé inconsidérément (par rapport au privé) pour sa prévoyance professionnelle, et en plus protégé par des syndicats puissants.

    L'Etat doit être fort, là où on l'attend : la sécurité, interne et extérieure, la défense de l'indépendance et de la souveraineté, la santé publique, l'éducation, l'organisation de la solidarité, le maintien de la cohésion nationale. L'Etat doit avoir le souci des plus faibles.

    Il doit être fort, sans être pléthorique ni dépensier. Il doit veiller à chaque centime dont il a la garde, pour la simple raison que cet argent n'est pas le sien, mais celui des contribuables.

    Les fonctionnaires doivent accomplir leur mission dans la simplicité et le dévouement à l'intérêt général. Ils sont les serviteurs de la République, c'est un honneur, ils doivent en être conscients. Ils doivent savoir que, pour le financement de leurs retraites, ils sont privilégiés. La défense de leurs intérêts sectoriels doit demeurer dans les tonalités de la décence.

    Le serviteur de l'Etat ne doit avoir d'autre objectif que le service de l'intérêt général. Nulle obédience externe, ou cryptée, ne doit s'imposer sur ce but, ni déteindre, par un système de liens souterrains, sur les moyens d'y parvenir.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Définir la classe moyenne ? Volontiers !

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    Sur le vif - Mercredi 04.09.19 - 12.01

     

    Définir la classe moyenne : rien de plus simple ! Ceux qui bossent dur, ont consacré toute leur vie à leur boulot, sont certes rémunérés correctement, mais n'en peuvent tout simplement plus de la pression fiscale, celle des primes maladie, celle des loyers, des taxes en tous genres. Et leurs retraites, ils les voient fondre !

    Ils ne bénéficient ni des subventions de ceux qui gagnent peu, ni du privilège d'être un nabab. Ils sont juste entre les deux. Ils bossent comme des fous, entretiennent leurs familles, font vivre la collectivité par leurs impôts versés, créent de la richesse et de la prospérité autour d'eux. Mais eux, hélas, n'arrivent pas à mettre un sou de côté. On leur prend tout.

    Voilà, plutôt que de donner une fourchette chiffrée ou un palier fiscal en fonction du revenu imposable, ce qui sera toujours contesté : la classe moyenne, c'est un état d'esprit. Un état social. Des gens plutôt heureux, souvent, et c'est tant mieux. Des gens fiers de bosser, parce que le travail est un incomparable facteur de dignité, et que notre premier souci doit être d'en donner à tous, et de ne laisser personne sur le bord du chemin.

    Mais des gens qui, sans nullement contester le principe de l'impôt, encore moins celui des assurances sociales, ni celui de la solidarité dans l'assurance maladie, en ont tout simplement GROS SUR LA PATATE. Parce que, entre leur chiffre d'affaires (s'ils sont indépendants) ou leur salaire brut (s'ils sont employés), et leur POUVOIR D'ACHAT RÉEL, le différentiel est disproportionné. Indécent, même. Il y a un moment où ça suffit de nous tondre, et de nous piquer notre pognon.

    Ma définition de la classe moyenne fera sourire les fiscalistes, les fiduciaires, les grands penseurs libéraux, sous prétexte qu'elle se refuse volontairement à donner des chiffres et des paliers ? Eh bien, j'assume ! Oui, j'assume une conception subjective, révoltée, en phase avec une colère que je sens profondément monter. A Genève, comme ailleurs.

    Quant aux pisse-froid, qu'ils aillent faire un tour chez l'urologue !

     

    Pascal Décaillet

     

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  • On sort les épingles ?

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    Sur le vif - Mardi 03.09.19 - 08.23h

     

    "Le PLR et l'UDC épinglés pour leurs votes anti-écolos". Un titre particulièrement hallucinant, lu dans la presse de ce matin.

    S'il faut épingler, alors épinglons les Verts, pour leurs votes anti-PLR et anti-UDC. Épinglons le Ying, de n'être point le Yang. Épinglons le jour, de ne point ressembler à la nuit. Épinglons la gauche, de n'être pas la droite. L'homme, de ne pas être femme. La terre, si différente du ciel.

    Épinglons l'intelligence, tellement plus grise que la bêtise.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Classe moyenne et fiscalité : ça suffit !

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    Sur le vif - Lundi 02.09.19 - 15.43h

     

    Mme Fontanet est compétente et sympathique. Mais elle ne doit pas tondre la classe moyenne. Les déductions fiscales sur les primes doivent atténuer au maximum la douleur des hausses continuelles, annoncées année après année, à l'automne. En aucun cas, ces déductions ne doivent être baissées.

    A cet égard, en philosophie politique et en respect de ceux qui travaillent et produisent la richesse genevoise, l'initiative présentée aujourd'hui par l'UDC va dans le bon sens.

    Si l'Etat, à Genève, entend se renflouer, il voudra bien veiller à freiner son train de vie. En aucune manière, les contribuables-assurés, constituant le gros des troupes de la classe moyenne et laborieuse, ne doivent faire l'objet de la moindre ponction supplémentaire. Là, déjà, ils étouffent. Alors, ça suffit.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Une fierté allemande, fraternelle et partagée

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    Sur le vif - Lundi 02.09.19 - 08.53h

    La Prusse et la Saxe ont voté, le résultat est clair : une percée sans précédent de l'AfD, le parti qui défend les oubliés du miracle allemand, prône la préférence indigène à l'emploi et à l'aide sociale, toutes choses honnies et immédiatement couvertes de la pire des opprobres par nos chers observateurs de la vie politique.

    Il faut dire que ces derniers, depuis la fin de la Guerre, ne se sont pas exagérément passionnés pour la question allemande. Ils nous ont parlé nuit et jour du Vietnam dans les années 60 et 70, puis du Nicaragua, puis de l'Amérique latine. Ce que se passait dans les deux Allemagnes, entre 1949 et 1989, ne les intéressait tout simplement pas. Il est vrai que Bonn n'était pas la plus excitante des capitales. Quant à la DDR, personne, ici, n'a jamais éprouvé le moindre intérêt pour ce qui s'y passait. On la tenait juste pour un satellite de l'Union soviétique, en oubliant sa nature profondément allemande. On omettait, en passant, de souligner symétriquement la même obédience de l'Allemagne de l'Ouest par rapport aux États-Unis d'Amérique.

    Impréparation intellectuelle, donc, pendant des décennies. Et même depuis la chute du Mur (1989), et l'ingestion, avec une incroyable vulgarité, de l'Allemagne de l'Est par le glouton Kohl, nos beaux esprits applaudissaient le Chancelier rhénan, totalement insensibles à l'humiliation qu'il faisait subir aux Prussiens et aux Saxons, Car, si ces derniers se réjouissaient de quitter le système communiste, ça n'était pas pour accepter le rachat pur et simple de leurs identités nationales par les entreprises capitalistes de l'Ouest.

    Le glouton Kohl, en négligeant complètement la question de l'identité nationale à l'Est de son propre pays, a posé une bombe à retardement. Sa fille spirituelle Angela Merkel, en ouvrant inconsidérément les frontières à l'automne 2015, a commis la deuxième acte, la deuxième faute : celle de sous-estimer totalement le besoin de préférence nationale, dans les domaines de l'emploi et de l'aide sociale, dans des populations cruellement touchées par le tournant industriel, la redéfinition des métiers. Nombre de ces déshérités de la première puissance économique continentale peinent à comprendre que tant d'aide et d'énergie aient pu êtres déployées pour des personnes extérieures à la Communauté allemande (Gemeinschaft), plutôt qu'à des citoyennes et citoyens allemands, abandonnés dans la précarité.

    Alors, quoi ? Alors, l'AfD, en Prusse et en Saxe, va continuer de monter. Parce que ses électeurs posent une double exigence, à la fois sociale et nationale, enracinée dans les vertus de solidarité et de cohésion, que Mme Merkel n'entend pas. Le problème no 1 de l’Allemagne, c'est l'Allemagne elle-même : ses souffrances tues, ses oubliés de la croissance, ses millions d'âmes jetées là, en proie au nihilisme. Alors qu'il y aurait tant à faire pour leur dessiner, comme à l'époque des grandes lois sociales de Bismarck, la possibilité d'une fierté allemande, partagée et fraternelle.

    Au pays qui engendra Martin Luther et Jean-Sébastien Bach, c'est cette primauté du Verbe et de la juste tonalité qu'il s'agit de réinventer. Aujourd'hui, hélas, nous en sommes loin.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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