18/10/2017

Rémy, François, les crises en thème


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Sur le vif - Mercredi 18.10.17 - 14.56h

 

Au risque de froisser une partie de mon lectorat, notamment la délicieuse DRG (droite revancharde en Ville de Genève), j'affirme ici que la "procédure disciplinaire" annoncée tout à l'heure par le Conseil d’État, à l'encontre de Rémy Pagani, frise le ridicule.

 

D'abord, le système ne va pas. Il faut le changer. Au nom de son "autorité de tutelle", qui en passant nie le statut premier de la Commune dans l'Histoire suisse et fleure le jacobinisme importé entre 1798 et 1813, le Conseil d’État jouit, de toutes ses fibres, lorsqu'il peut taper sur les doigts d'un Conseiller administratif, de surcroît un Maire. Les membres du Conseil d'Etat sont tous issus d'un parti politique. Le Président provient du parti qui, en Ville, veut le plus la peau de M. Pagani. On a beau dire qu'il s'efforcera d'être neutre. On a des doutes.

 

De Veyrier à la Ville de Genève, rien de plus détestable, dans le système actuel, que ces leçons de politique du gouvernement cantonal à celui d'une Commune. Vous me direz que c'est le système, justement, il est en vigueur, on ne change pas les règles du jeu en cours. C'est vrai. Mais il faut voir comme on l'applique. Sous les apparences de neutralité, quels règlements de comptes politiques ? Car il s'agit bien d'élus, tous teintés d'une certaine couleur, qui statuent sur un autre élu, également teinté. Ça n'est, tout simplement, pas sérieux.

 

Seul avantage de ce système : occuper un peu le Président du gouvernement cantonal, entre deux inaugurations de crises en thème et deux cocktails avec la Genève internationâââle.

 

Voilà. J'ai dit. J'ai sans doute déplu. Je ne retrancherai pas une virgule.

 

Pascal Décaillet

 

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17/10/2017

Et si Gavroche était notaire...

 

Sur le pouce - Mardi 17.10.17 - 12.00h

 

Les socialistes déposent une motion pour faire baisser les tarifs des notaires.

 

Selon nos informations, d'autres textes du PS sont en préparation, concernant :

 

1) La baisse du cours de l'esturgeon.

2) La baisse des primes RC pour véhicules 4/4 neufs.

3) La baisse du prix des places de voiliers dans le Petit-Lac.

4) La baisse des taxes sur l'envol de jets privés en dehors des heures d'ouverture de l'aéroport.

5) La baisse du taux de mercure dans les vernis de luxe utilisés chez les manucures de la Vieille Ville.

6) Une réduction sur l'achat de l'oeuvre complète d’Émile Zola, reliée or.

7) La carte d'adhésion au PS.

 

Je vous laisse. J'ai ma partie de chasse.

 

Pascal Décaillet

 

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16/10/2017

Autriche : merci Angela !

 

Sur le vif - Lundi 16.10.17 - 08.20h

 

Ce qui se passe en Autriche n'est rien d'autre que la conséquence de la politique migratoire insensée menée, il y a deux ans, par le grand voisin du Nord, l'Allemagne de Mme Merkel.

 

En créant une politique d'incroyable aspiration des flux migratoires, la Chancelière a multiplié les dizaines de milliers de migrants transitant par l'Autriche : il n'y a pas 36 lieux de passage pour pénétrer sur sol allemand, quand on provient des couloirs balkaniques !

 

Mme Merkel est la cause directe de la montée du Parti de la Liberté en Autriche, qui sera sans doute dans la coalition de gouvernement avec le jeune vainqueur conservateur. Tout comme elle est la cause directe, nous l'avons déjà souligné ici, de l'ascension de l'AfD, dans son propre pays.

 

Sa politique hallucinante d'ouverture des frontières en 2015 constitue, nous ne cessons de le répéter depuis deux ans, l'une des grandes fautes politiques de l’Histoire allemande, depuis 1945.

 

Pascal Décaillet

 

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15/10/2017

Trump et l'Iran : une faute majeure

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Sur le vif - Dimanche 15.10.17 - 14.38h
 
 
Il est très clair que Donald Trump, en traitant l'Accord sur le nucléaire iranien comme il le fait, commet une erreur politique majeure, sans doute même une faute.
 
 
En huit ans d'une Présidence d'une rare inactivité sur le plan de la politique étrangère, et assurément inexistante sur le terrain du Proche et du Moyen-Orient, son prédécesseur, M. Obama, avait tout de même obtenu deux succès diplomatiques de taille : Cuba et, justement, l'Iran. On pouvait se prendre à espérer que, plus de 35 ans après la Révolution islamique, cet incontournable acteur de la scène politique du Moyen-Orient reprît la place qui doit être la sienne sur la scène des nations.
 
 
En dénonçant l'Accord nucléaire, vraie percée, porteuse d'espoir, à quels champs d'influence internes à la politique américaine, à quels lobbys de son propre pays Donald Trump cherche-t-il à donner des gages ?
 
 
Veut-il la guerre avec l'Iran ? Après deux décennies d'échecs totaux de ses prédécesseurs dans leurs tentatives de s'ingérer dans l'Orient compliqué, en l'espèce dans le monde arabe, veut-il retourner maintenant les armes contre la vieille civilisation perse, arbitre séculaire, millénaire, des équilibres de la région ?
 
 
A ce monde, que peuvent comprendre les États-Unis d'Amérique ? Qu'ont apporté ses prédécesseurs, MM Obama, Bush Junior, Clinton, Bush Senior, si ce n'est au mieux de l'impuissance, au pire des torrents de sang et de larmes ? Ne faut-il pas remonter à Richard Nixon, et son Secrétaire d’État Kissinger, pour trouver un peu de cohérence et de compétence dans l'ambition politique sur la scène du Proche et du Moyen-Orient ? Et si, justement, certains lobbys américains l'avaient fait payer très cher à Nixon, cette politique-là, en suragitant en 1974 l'aubaine du Watergate ?
 
 
En élisant Donald Trump plutôt que Mme Clinton, les Américains ont au moins évité de sombrer dans le bellicisme et le tout-aux-marchands d'armes. Cela, tout au moins, était porteur d'espoir. Mais là, avec ce comportement de va-t-en-guerre face à Téhéran, là où il faudrait justement laisser donner les subtilités de la diplomatie, Trump se fourvoie.
 
 
Reste à établir à quelles sirènes, dans son propre pays, il a cédé.
 
 
Pascal Décaillet
 
 

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13/10/2017

Les translucides de la 25ème heure

 

Sur le vif - Vendredi 13.10.17 - 10.34h

 

Les puissants éditorialistes qui, enfin cet automne, commencent à appréhender la vraie personnalité - profondément autocratique, orléaniste, arrogante - d'Emmanuel Macron, que faisaient-ils ce printemps, au moment de l'élection ? Ils n'étaient que louanges et pâmoison face à la jeunesse, la beauté, la capacité de séduction de l'homme providentiel.

 

Ces translucides de la 25ème heure ont toujours trois guerres de retard. Macron, avec un peu de jugement politique, avec les outils de l'analyse du discours, du scepticisme et de l'Histoire, il était parfaitement possible de discerner son être réel en pleine Blitzkrieg de sa candidature. Encore fallait-il le vouloir. Accepter le contre-courant. Décrypter au-delà des apparences.

 

Ce qui perd le métier, c'est le métier lui-même.

 

Pascal Décaillet

 

15:13 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer |  Facebook | |

09/10/2017

Tous copains ? - Non, merci !

 

Sur le vif - Lundi 09.10.17 - 11.29h

 

Après avoir profondément méprisé les radios et TV privées, se rendant du coup aveugle au remarquable travail de proximité de ces dernières, voilà que la SSR ne jure plus que par la collaboration, la synergie. Tous copains !

 

Face au danger suprême, tous seraient, tout à coup, dans le même bateau. Face à No Billag, il faudrait impérativement, sous peine de mort pour tous, faire front commun. Ne surtout rien laisser perler qui puisse indiquer une divergence, une concurrence (dans l'ancrage sur un terrain, par exemple, la proximité avec les gens). Désormais, tous copains !

 

Pendant ses longues décennies de vaches grasses, où l'argent coulait comme le lait et le miel, la SSR prenait d'incroyablement haut les radios et TV privées de notre pays. Que Léman Bleu à Genève, Canal 9 en Valais, la Télé pour Vaud-Fribourg, etc. pour les autres cantons, au prix d'efforts inimaginables en comparaison des moyens, aient réussi à se hisser à un niveau local d'information estimable, et d'animation citoyenne vivante, la SSR, toute à soi, omettait d'en prendre acte. Et aujourd'hui, alors qu'elle est en danger, elle va quémander des alliés que, hier encore, elle piétinait d'indifférence.

 

Face à l'incroyable vulgarité de ces appels du pied, face à cette fraternité de la 25ème heure, chaque entreprise de médias, chaque chaîne, est parfaitement libre de réagir comme elle l'entend. Je ne juge personne, surtout pas un entrepreneur qui doit prendre des responsabilités de survie. Je puis comprendre qu'on dise oui, et espérer que certains disent non.

 

Quant à moi, petit entrepreneur totalement indépendant depuis bientôt douze ans, entretenant les meilleures relations, de respect et d'amitié, avec les entreprises qui veulent bien me confier des mandats, j'ai simplement l'habitude, en homme libre, de dire ce que je pense.

 

C'est, ici, chose faite.

 

Pascal Décaillet

 

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08/10/2017

Ministre de la propagande

 

Sur le vif - Dimanche 08.10.17 - 09.50h

 

Entré en fonction il y a juste une semaine, le nouveau directeur de la SSR frappe par son omniprésence dans les médias. On ne voit et n'entend que lui. Le discours, comme un rouleau compresseur, est et sera toujours le même : il faut refuser "No Billag", il n'y a pas de plan B.

 

Le récepteur du message est prié de prendre acte, sèchement et sans s'attarder à la disputatio, de cette obligation morale. La citoyenne, le citoyen, est appelé à voter juste, l'option contraire nous précipitant dans un "désert médiatique". La SSR, ou le chaos. Le tout, ou le rien. Le cosmos, ou le néant.

 

Rendons tout de même hommage à Gilles Marchand : cette Blitzkrieg médiatique permet au Mammouth de réaliser une petite économie. En fondant deux postes en un seul : celui de directeur général de la SSR et celui de ministre de la propagande de la SSR.

 

Pascal Décaillet

 

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02/10/2017

Extase biblique

 

Sur le vif - Lundi 02.10.17 - 16.02h

 

Pour résumer d'un mot, tiré du Livre de Josué, le bilan des autorités sur les trois journées que nous venons de vivre, notamment celle de vendredi, nous dirons que Genève, où tout n'est qu'ordre et beauté, et où coulent le lait et le miel, c'est le Pays de Kanaan.

 

Pascal Décaillet

 

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01/10/2017

Robert Ducret : chaleur et lumière

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Sur le vif - Dimanche 01.10.17 - 16.48h

 

Robert Ducret : pour moi, quarante ans de souvenirs politiques à Genève. La mémoire d’un homme magnifique, simple, convivial. L’éternité d’un sourire. Le regard combattant et malicieux, sous la paupière complexe. La saveur d’un humain, chez qui le contact personnel précédait toute chose : les idéologies, les formats de pensée préconçus. Un instinct politique rare. Je n’ai jamais caché qu’il m’a toujours fait penser à l’autre grand homme suisse dont j’ai la nostalgie : Jean-Pascal Delamuraz, son ami, mais aussi son rival vainqueur dans la course au Conseil fédéral, le 7 décembre 1983. Le jour de la non-élection de Lilian Uchtenhagen.

 

« Il y en a qui sont de la gauche caviar, pour ma part je suis plutôt radical cassoulet », m’avait lancé Pascal Couchepin, un jour de 1991, alors qu’il présidait le groupe radical des Chambres fédérales. Cassoulet ! Quelque part, oui, entre Berne et Toulouse, au-delà de Denges et Denezy, dans les ultimes sursauts de l’Arve avant ses noces avec le Rhône, il y a une cité, de magie et d’Histoire mêlées, qu’on appelle Carouge. Les rois de Sardaigne y sont chez eux, les maisons y sont basses et belles, on se croirait ailleurs. Pour comprendre Robert Ducret, il faut avoir passé un peu de temps à Carouge : il y a fait toute sa vie, neuf décennies (1927-2017) d’action, d’engagement, de passion citoyenne. A tous les échelons de notre pays : conseiller municipal dès 1955, député dès 1965, conseiller d’État dès 1977, conseiller aux États dès 1983. Contre Delamuraz, qui avait construit sa candidature depuis des années, il n’avait aucune chance. Mais, je le dis sans hésiter : s’il avait été élu, il aurait été, tout comme le Vaudois, un grand conseiller fédéral.

 

Ces vingt dernières années, autant à Forum (RSR) qu’à Genève à chaud (lancée en septembre 2006), il m’a fait si souvent l’amitié d’accepter mes invitations. Je lui téléphonais, il répondait immédiatement (après deux sonneries !), et disait toujours oui, sans vaciller : « Écoute, je viens, mais alors là, je vais les astiquer ! ». Il venait, comme un vieux matou débonnaire, attendait sagement son tour, sur une chaise, « astiquait », murmurait quelques mots bien sentis sur les usages qui se perdent, n’attaquait jamais les personnes, laissait poindre l’intensité de son désir politique, « demeuré désir ».

 

Ministre des Finances, il a servi Genève avec rigueur et dévouement. Conseiller aux États, il a défendu avec passion la place du Canton dans la Confédération. Ami fidèle, il a toujours été là lorsqu’on le sollicitait pour témoigner à Genève à chaud : expertise sur la flambée du prix du baril de pétrole le 21 mai 2008 ; spécial succession Couchepin le 15 juin 2009, au soir de l’annonce de la démission ; débat sur l’acceptation, par le peuple et les cantons, de l’initiative sur le renvoi des criminels étrangers, le lundi 29 octobre 2010 ; octroi (à lui-même, à l’âge de 87 ans), du Mérite carougeois, le 14 janvier 2014 ; présence chaleureuse à la Brasserie des Tours, lors de notre émission électorale dans le cadre des municipales, le 5 mars 2015. Pour ne prendre que quelques exemples.

 

Dans tous ces cas, jamais je n’avais l’impression de recevoir un octogénaire fatigué. Comme avec mon ami Duchosal, ce qui passait, sur le plateau, c’étaient la flamme, la passion, la paisible et fervente fureur de vivre.

 

A sa famille, ses proches, j’adresse toute ma sympathie. Genève perd un homme de chaleur et de lumière. Un très grand serviteur de sa ville, de son canton, et de notre pays.

 

 

Pascal Décaillet

 

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29/09/2017

Prise d'otages

 

Sur le vif - Vendredi 29.09.17 - 12.40h

 

Bon. Le scootériste rusé que je suis, connaissant sa ville par coeur depuis bientôt six décennies, a pu, à peu près, s'en sortir. Je ne parle donc pas ici pour mon cas personnel.

 

Mais, désolé, aussi sublime soit la manifestation dite des "Géants" (je ne mets pas ici en cause sa qualité), il faut dire les choses comme elles sont : on prend l'ensemble d'une communauté urbaine en otage.

 

Il n'y a pas, en Ville de Genève, que des bobos urbains, circulant à pied ou à vélo. Il y a, tous les jours, des dizaines de milliers de personnes, peu importe leur origine, qui viennent au travail avec un véhicule privé, à moteur, qui en ont parfaitement le droit, n'ont absolument aucune leçon de morale à recevoir. Et qui, au moment où j'écris ces lignes, sont captifs de l'enfer d'immobilité créé par la circonstance.

 

Cela n'est pas acceptable. D'avance, je dispense les commentateurs de venir nous faire la leçon sur le génie de la manifestation dite des "Géants", face auquel toute volonté de rouspétance, vertu genevoise, devrait se dissoudre.

 

Non. Il y a déjà beaucoup trop, à longueur d'année, de blocages totaux de la circulation pour toutes sortes de manifestations, sportives, caritatives, festives, dont je ne suis pas sûr qu'elles soient vraiment agréées par une majorité de la population qui les subissent.

 

Les autorités, municipales ou cantonales, qui nous auront mis, ce week-end, dans ce pétrin, dans cette pétrification de tout espoir de mobilité, auront, le jour venu, à en répondre.

 

Ma proposition, simple et claire, pour l'avenir : plus aucune plaisanterie de ce genre sans consultation préalable des populations concernées.

 

Pascal Décaillet

 

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28/09/2017

Primes maladie : la soif de justice l'emportera

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Sur le vif - Jeudi 28.09.17 - 16.59h

 

Chaque année le même cirque, la même ritournelle. Depuis plus de vingt ans. Chaque année, ce jour, au début de l’automne, où les Suisses ont la rage : Dies irae. Pendant 48 heures, on s’excite, on menace de lever la Matze, monter à Berne, bousculer l’ordre politique, novembre 1918, la sédition dans la chair. Juste à fleur de peau. Et c’est là, justement, le problème.

 

Les Caisses savent parfaitement que le désir de Révolution, en Suisse, dure rarement plus de 48 heures, que tout se tasse, tout s’éteint, tout passe oui, et tout lasse. Le jeudi soir, on gueule, le vendredi encore un peu, le week-end on promène le chien, le lundi on est les premiers au boulot. Braves Suisses. Qui, même précarisés par leurs primes, n’en mangent pas moins pain et brioche, comme dirait l’Autrichienne, superbe, à sa fenêtre.

 

J’ai couvert l’ensemble des travaux des Chambres relatifs à la LAMal, au début des années 1990. J’ai organisé tellement de débats, laissé s’épandre tant de colères, vu se bricoler tant de modèles. Mais chaque année, c’est la même chose. L’année prochaine ?

 

Pour ma part, dans ce dossier capital pour la vie des gens, comme l’est celui des retraites, je n’attends plus grand-chose de notre « démocratie participative », à Berne. Oh, des gens de bonne volonté, compétents, précis dans la confection des lois, je ne disconviens de rien de tout cela. Tout au plus serai-je le premier à signer l’initiative, lancée demain à Berne, qui veut interdire aux élus fédéraux de siéger dans les conseils d’administration des Caisses.

 

Non. Les modèles alternatifs doivent venir d’en bas. Du peuple. Celui qui a le droit de vote (les autres sont les bienvenus pour le remue-méninges). C’est maintenant, comme dans l’affaire des retraites, la démocratie directe qui doit prendre le relais. Non pour faire des miracles, ne rêvons pas. Mais pour lancer, non dans la seule molasse bernoise, mais sur l’ensemble du pays, de vastes débats nationaux sur les modèles de réformes.

 

Vous me direz que nous les avons eus, ces débats, sur la Caisse unique, puis publique. C’est vrai. Et dans ces deux cas, le partisan de l’Etat que j’ai toujours été se trouvait dans le camp des perdants. Mais il faut remettre plusieurs métiers sur plusieurs ouvrages. Caisses cantonales, régionales, séparation des intérêts sous la Coupole, etc. Si le corps des citoyennes et citoyens de ce pays ne fait pas de la décennie qui vient celle du combat, alors à Berne, rien ne bougera.

 

Une initiative ne passe, on le sait, que rarement, en Suisse. C’est un combat de très longue haleine, qui passe par des défaites, des dimanches soir de larmes après les votations. Un combat qui exige patience, ténacité. Mais, à ce jour, c’est le seul qui vaille. Je salue les comités d’initiatives qui montent à Berne demain. Je signerai leurs textes. Nous discuterons, nous nous engueulerons. Et puis, un jour, j’ignore absolument quand, un modèle venu d’en bas, jailli de la sourde colère du peuple, mais aussi de sa soif de justice et d’égalité, finira par l’emporter.

 

Vive notre démocratie suisse.

 

Pascal Décaillet

 

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27/09/2017

Empire ou Nation ? Contrastes du destin allemand

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Sur le vif - Mercredi 27.09.17 - 15.39h
 
 
Les chrétiens-démocrates allemands n'aiment pas les nations, mais l'Empire. Même lorsqu'ils construisent "l'Europe", ils réinventent une structure bien précise, qui a existé pendant un millénaire, de Charlemagne à 1806 (défaite d'Iéna) : le Saint-Empire.
 
 
Adenauer, "Européen" de la première heure, signataire du Traité de Rome en 1957, lorsqu'il tend la main au Français Schuman et à l'Italien De Gasperi, réintroduit l'Allemagne, sur les décombres du Reich, dans une construction dont l'axe Nord-Sud, le rôle de la catholicité, le principe d'arbitrage supranational, sont exactement calqués sur l'architecture du Saint-Empire. Avec ses réseaux de suzerainetés et de vassalités, sa décentralisation, son manque d'identification (à de notables exceptions, comme Charles Quint) du pouvoir suprême.
 
 
Kohl, Rhénan, catholique, avale d'un coup la DDR, à coups de milliards, avec une vulgarité sans précédent dans la méthode, le tout sous les applaudissements, sous le seul prétexte que cette DDR était communiste, et que l'Ouest représentait le camp du bien. Kohl, qui démantèle l'ex-Yougoslavie, avec son ministre Genscher, dans le seul but de rétablir les intérêts économiques des anciennes puissances tutélaires germaniques sur la Slovénie et la Croatie. Kohl, dont les services secrets ont joué au Kosovo un rôle qui, on veut le croire, sera un jour exposé à fond dans les livres d'Histoire. Kohl, entreprenant tout cela, tente aussi de refaire l'Empire. Dans sa politique balkanique, c'est flagrant.
 
 
Mme Merkel, c'est plus compliqué. Elle est CDU, mais vient de l'Est, où elle a grandi, et fait de brillantes études. Sa politique apparaît à la fois comme habile et hasardeuse, cohérente et chaotique, il faudra du temps pour en dégager des axes de lisibilité. Une chose, toutefois, est sûre : dans la question ukrainienne, elle joue le jeu d'une obédience atlantiste qui, à terme, ne servira pas dans la région les intérêts supérieurs de l'Allemagne, car un jour, les Américains se retireront d'Europe. Dans la question grecque, elle s'est comportée avec une suzeraine arrogance. Elle n'a cessé de donner des ordres à ce pays, lui fixer des conditions, au nom de "l'Europe". En fait, pour assurer la suprématie allemande.
 
 
Le pari du grand Frédéric II (1740 - 1786), c'était de reconstruire l'Allemagne à partir de la puissance prussienne. Avant Fichte, avant Bismarck, ce souverain d'exception (dont je ne me lasse pas de lire les actes et la vie) a pressenti l'idée allemande. Il est, au fond, le père de la nation allemande, telle qu'elle sera pensée, après sa mort, sous l'occupation de la Prusse par les Français (1806 - 1813), puis lentement mise en oeuvre au 19ème siècle. Cette grande aventure-là se termine avec fracas, puis silence, le 8 mai 1945. Allemagne, Année Zéro.
 
 
Se termine, pour un temps. Plus j'y pense, plus j'entrevois (en termes de nations, pas d'idéologie), l'année 1945 comme une défaite d'étape. Dévastatrice, certes, mais pas plus qu'en 1648, après la destruction des Allemagnes, à la fin de la Guerre de Trente Ans. A lire, Simplicius, le chef d’œuvre de Grimmelshausen, dont s'est tant inspiré Günter Grass, l'un des géants de la littérature allemande du 20ème siècle.
 
 
Construction nationale, ou impériale ? Là est la question centrale, quand on examine l'Histoire allemande, et le rapport très complexe, empli de non-dits, de ce pays avec ce qu'il est convenu, par facilité, manque de nuances, et au fond ignorance, paresse intellectuelle, d'appeler "l'Europe".
 
 
Je ne suis pas sûr que, confronté aux réalités tangibles de l'Histoire allemande depuis Frédéric II, notamment depuis la Guerre de Sept Ans (1756 - 1763), le mot "Europe", trop générique, trop diaphane, et au fond trop flasque, veuille dire grand-chose.
 
 
Pascal Décaillet
 
 

15:39 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Imprimer |  Facebook | |

26/09/2017

Mère blafarde

 

Sur le vif - Mardi 26.09.17 - 07.30h

 

En 1989-1990, il n'y a pas eu de "réunification" des Allemagnes. Il y a eu absorption, pure et simple, de la DDR par la BRD. Il y a eu annihilation de tout ce que la DDR, depuis 1949, avait tissé, comme système social notamment. Il y a eu rachat, à coup de centaines de milliards, d'un pays par un autre.

 

Il y a eu l'éradication d'un système étatiste, hérité de conceptions beaucoup plus prussiennes que communistes, au profit d'un capitalisme goulu, vorace, gigantesque, dévastateur.

 

Il y a eu Helmut Kohl, tout fier de montrer au monde capitaliste ce que l'Allemagne pouvait faire pour promouvoir ce modèle désormais unique au monde, l'autre (en face) s'étant effondré. Le même Kohl, au même moment, qui allait entreprendre toutes choses pour démembrer un pays qui s'appelait la Yougoslavie. Un jour, l'Histoire racontera le rôle des services secrets de Kohl et Genscher dans ce démantèlement.

 

L'Allemagne de l'Ouest, capitaliste et atlantiste, a purement et simplement racheté, avec une vulgarité sans précédent, digne des prédateurs d'argent des pièces de Brecht, l'Allemagne de l'Est. Elle l'a rachetée pour faire du profit financier. Ce fut un rachat de casino, blafard comme dans le poème du même Brecht, l'un des plus éblouissants visionnaires de la littérature allemande. Deutschland, bleiche Mutter !

 

Elle l'a rachetée, et puis elle l'a laissée tomber. Elle a négligé son tissu industriel. Elle a omis d'en soigner le corps social. Elle a méprisé sa Saxe, et surtout sa Prusse. Elle a laissé y prospérer le sentiment d'abandon, d'injustice. Le ressentiment. La colère.

 

Et puis ?

 

Et puis, un jour, il y a eu l'AfD.

 

C'est tout.

 

Pascal Décaillet

 

09:28 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Imprimer |  Facebook | |

25/09/2017

AfD : le Jugement dernier, c'est si facile !

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Sur le vif - Lundi 25.09.17 - 13.44h

 

Insupportables réflexes moralisateurs, dans la presse romande, face à la percée de l'AfD, en Allemagne. On ne cherche pas à comprendre, à décortiquer les causes : on pointe le doigt vengeur du Jugement dernier. Das jüngste Gericht !

 

Mais quand donc notre presse parviendra-t-elle à s'extraire de la position du prédicateur, en chaire, qui loue ce qui est juste et bon, voue à l'Enfer ce qui ne l'est pas ?

 

On partage ou non les thèses de l'AfD, là n'est pas la question. Mais il se trouve qu'un nombre important de citoyennes et citoyens allemands, habilités à voter et auxquelles nous n'avons aucune leçon à donner, ont accordé leurs voix à ce parti.

 

Je connais bien l'Allemagne. J'y ai passé beaucoup de temps, naguère. J'en connais l'Histoire à fond. Je me dis que, peut-être, avant de traiter en bloc de nazis les gens de l'AfD, on pourrait s'interroger sur les raisons de leur vote.

 

Désertification économique d'une partie de l'ex-DDR (là aussi, je connais). Laissés pour compte d'une réunification qui ne fut, en fait, rien d'autre qu'une absorption de la DDR par la BRD, à coups de milliards de capitaux, pour le profit financier plutôt que pour vraiment vitaliser le tissu industriel de la Saxe et de la Prusse. Regardez les chiffres : voyez les taux obtenus par l'AfD dans l'ex-DDR !

 

Et puis, comme déjà noté ce matin (et dénoncé ici même, au jour le jour, pendant tout l'automne 2015), la catastrophique politique migratoire de Mme Merkel, il y a deux ans.

 

Et encore, la fin d'un système, usé jusqu'à la moelle, omnipotent depuis 1949 : celui de cette démocratie chrétienne européiste, avec son clientélisme à l'intérieur, ses rêves de Saint-Empire à l'extérieur, ses réseaux de pouvoir, ses parfums de bénitier, depuis trois quarts de siècle. Le vote d'hier, c'est le glas du binôme CDU - SPD. D'autres acteurs surgissent sur la scène politique, ce qui est parfaitement normal.

 

Tout cela, et tant d'autres choses encore, j'aurais aimé le lire, ou l'entendre, dans la presse romande. C'est peut-être, me semble-t-il, un peu plus éclairant que les leçons de morale - et d'ignorance historique - sur le retour du nazisme.

 

Pascal Décaillet

 

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24/09/2017

Vive la démocratie directe !

 

Sur le vif - Dimanche 24.09.17 - 12.53h

 

Très heureux de la décision cantonale genevoise sur l'abaissement du nombre de signatures pour les initiatives et les référendums.

 

Dans notre système suisse, la pierre angulaire, c'est le peuple, entendez le corps électoral : les citoyennes et citoyens.

 

Une communauté humaine n'a rien à craindre d'une prise en charge croissante de la politique par le peuple. Non pour se substituer aux Parlements (il faudra toujours des gens pour écrire les lois et s'échiner sur les virgules). Mais pour indiquer les grandes orientations, initier des débats majeurs, et parfois (référendums) corriger les décisions législatives jugées mauvaises.

 

Les deux partis, à Genève, qui ont cru bon de s'opposer à cette réforme n'auront finalement montré que le vieux réflexe défensif d'une caste qui, au nom de la sacro-sainte "démocratie représentative", redoute comme la peste la verticalité tellurique du suffrage universel.

 

Vive la démocratie directe !

 

Pascal Décaillet

 

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22/09/2017

DFAE : l'attente d'une rupture

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Sur le vif - Vendredi 22.09.17 - 19.11h

 

Rien de plus insupportable que ce discours des correspondants au Palais fédéral, métier que je connais pour l’avoir pratiqué : le nouveau ministre des Affaires étrangères, Ignazio Cassis, n’aurait qu’une infime marge de manœuvre pour s’écarter de la politique européenne de son prédécesseur. Ce discours est faux. Il suinte l’interne du sérail, l’adhésion aux pratiques de ces dernières années. Il laisse entendre que notre politique extérieure serait comme vouée à l’immuable.

 

Ce raisonnement, c’est l’abdication de la foi en la politique, tout court. C’est le renoncement à la capacité d’une nation à affirmer ses choix, puis les mettre en œuvre. C’est faire croire que la Suisse, n’étant que l’engrenage d’un ensemble, n’aurait qu’une prise infime, voire inexistante, sur le destin. C’est une vision désespérante. Citoyen de ce pays, je la récuse, de toutes mes forces.

 

Monsieur Cassis, n’écoutez pas ce discours. Ayez une vision, respectez les décisions du peuple suisse, celle du 9 février 2014 par exemple, mettez en avant notre cohésion nationale, affirmez la volonté du pays, et vous aurez restauré, dans le concert des nations, une politique suisse digne de ce nom.

 

Monsieur Cassis, en politique européenne, nous avons besoin d’une rupture. Principalement, dans la tonalité. Votre prédécesseur, si préoccupé de « respect », semblait hésitant à effleurer la moindre carte d’un château dont il ne voulait surtout pas troubler la belle construction. Il était, certes, un homme de bonne volonté, mais sa gestion de l’après-9-février, et avec lui celle de l’ensemble du Conseil fédéral, a été d’un attentisme catastrophique. Le Parlement, tant bien que mal, a tenté de faire le boulot, le gouvernement n’a pas donné d’impulsion. Comme s’il était groggy.

 

Monsieur Cassis, les citoyennes et citoyens de ce pays attendent que vous restauriez la fierté de notre pays face à l’Union européenne. Non en coupant les ponts, personne ne parle de cela. Mais en rompant avec ces intonations apeurées, gémissantes, tétanisées devant les « réactions de Bruxelles » aux décisions de notre seul véritable souverain, le peuple suisse. Si vous montrez, par quelques signaux bien sentis, dès le début de votre mandat, à l’Union européenne que notre pays est ferme dans la défense de ses décisions, vous aurez non seulement l’estime de Bruxelles, ce qui est peu de choses, mais celle, ô combien plus précieuse, du peuple suisse.

 

Monsieur Cassis, vous avez plaidé dans la campagne pour une immigration contrôlée. Vous venez d’un canton qui, comme Genève, sait ce que peuvent signifier les flux transfrontaliers. Vous êtes un homme d’expérience, cultivé, vous parlez les langues : vous pouvez, tout en gardant sur la forme la courtoisie qui est la vôtre, devenir un grand ministre des Affaires étrangères. A cela, une condition, sine qua non : placer le peuple suisse, sa nécessité de cohésion, de justice sociale, d’attention aux équilibres internes, avant l’idée de plaire à la fausse, à l’hypocrite, à la menteuse douceur des réunions multilatérales. Dès que surgit le tragique de l’Histoire, ces pantins s’évanouissent dans la nature. Et chaque nation, chaque peuple, se retrouve seul face à son destin.

 

Monsieur Cassis, j’ai confiance en vous, et vous souhaite plein succès dans vos activités au service de notre pays.

 

Pascal Décaillet

 

 

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21/09/2017

Débriefer dans le train retour, c'est un peu court...

 

Sur le vif - Jeudi 21.09.17 - 13.51h

 

L'échec de Pierre Maudet n'est pas celui d'un homme : il est jeune, brillant, sa capacité à rebondir ne m’inquiète guère.

 

Non. Cet échec est celui d'un système de pensée, à l'intérieur du PLR, principalement dans ses sections de l'Arc lémanique. Cette obsession maladive du jeunisme, de la nouveauté, de "l'innovation" (mot magique, incantatoire, totalement vide de sens). Cette religion du "numérique", dont personne ne nie certes l'importance, mais qui ne nécessite pas une telle dévotion rhétorique.

 

Cette arrogance de prétendre "faire de la politique autrement", comme si les générations d'avant, celles qui ont produit des Chavanne et des Delamuraz, des Furgler et des Tschudi, n'avaient jamais rien compris à rien.

 

Cette posture à tout vouloir réinventer. Cette prédominance - qu'on trouve aussi dans le journalisme, hebdomadaire notamment - à vouloir que la réalité se plie, non aux faits, mais aux angles d'idées qu'on a puissamment définis en amont, avec un volontarisme métallique, dominateur.

 

Cette grande illusion de vouloir à tout prix établir des passerelles avec la gauche (dont on s'imagine qu'en récompense, elle va voter pour vous).

 

Pire que tout : le mépris affiché, par certains caciques PLR à Genève (pas tous), face à la famille politique qui siège à sa droite, je veux parler clairement de l'UDC. Faible à Genève. Mais très puissante au niveau national.

 

On notera encore la très mauvaise stratégie (dont je devine les souffleurs) consistant en une profonde méconnaissance des dynamiques de droite dans les cantons alémaniques. On est parti comme en 40, projetant comme des grands la situation genevoise, totalement idiomatique, à celle de l'ensemble du pays. On a cru qu'on pourrait s'en sortir en traitant le reste de la droite suisse comme des gueux.

 

On a eu tort. C'est tout.

 

Loin d'être portée par le seul Pierre Maudet, cette idéologie est promue, avec une arrogance sans pareil, depuis une bonne douzaine d'années, par l'actuel Président du Conseil d’État genevois.

 

Avoir "débriefé hier dans le train retour de Berne" est peut-être un peu court. Mais c'est leur affaire, of course.

 

Leur chance, c'est que les autres roupillent.

 

Le Sommeil du Juste, c'est juste le sommeil.

 

Pascal Décaillet

 

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20/09/2017

La droite vous dérange, Chers Confrères ?

 

Sur le vif - Mardi 20.09.17 - 15.07h

 

L'exaspération avec laquelle tant de journalistes SSR, notamment en radio, considèrent le "glissement à droite" du Conseil fédéral, suite à l'élection d'Ignazio Cassis, est singulièrement révélatrice.

 

Que se passe-t-il, et de quoi parle-t-on ? Aux élections fédérales d'octobre 2015, le peuple suisse a envoyé aux Chambres fédérales une très nette majorité de droite, principalement UDC (premier parti du pays) et PLR. Mais aussi, des PDC nettement plus conservateurs, en moyenne, que la section genevoise, sur la jauge de laquelle il faudrait, du bout du lac, cesser de mesurer le parti national.

 

Oui, la Suisse est à droite. Son Parlement est de ceux, en comparaison européenne, où le poids de la gauche est le plus faible. Non par grâce divine, mais par volonté populaire, venue d'en bas.

 

Dans ces conditions, le "glissement à droite", qui fait s'étrangler les intervieweurs SSR, n'est rien d'autre qu'une adaptation souhaitable de l'exécutif fédéral sur la représentation parlementaire, voulue il y a deux ans par le souverain. Nous sommes à l'exact milieu de la législature : il était temps que cette évolution du curseur s'opérât.

 

Et puis, quoi, Mesdames et Messieurs les journalistes SSR ! Le gouvernement de notre pays n'aurait pas le droit d'être, éventuellement, à droite, surtout si les Chambres le sont aussi nettement ? En quoi cela serait-il une tare ? Morale ? Théologique ? Transcendante ?

 

Le vrai problème, ça n'est pas l'adaptation du curseur à Berne. Mais les jugements de valeur, toujours les mêmes, des journalistes SSR, visant à faire du centre-gauche un positionnement moralement acceptable, et de tout ce qui ressemble à la droite, une anomalie condamnable.

 

 

Pascal Décaillet

 

 

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Pierre, Epictète, la vie qui continue

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Sur le vif - Mercredi 20.09.17 - 10.26h

 

Pierre Maudet a fait une excellente campagne. Il a été un candidat courageux, dynamique, offensif, inventif. Il s’est battu sur des idées, et la sincérité de son engagement force le respect de tous, y compris ceux (dont je fais partie, en matière d’Europe et d’immigration notamment) qui ne partagent pas ses convictions. Ce matin, il perd, mais il peut être fier de son combat, et peut rejoindre son canton la tête haute.

 

A son échec, deux raisons. D’abord, la nécessité, ressentie comme impérieuse par l’Assemblée fédérale, d’un retour de la Suisse italienne dans l’exécutif fédéral. A cela, le candidat genevois ne pouvait pas changer grand-chose. Il connaît le début du Manuel d’Epictète, ce qui dépend de nous, ce qui n’en dépend pas.

 

L’autre raison, que j’expose ici depuis des semaines, notamment dans mon texte consacré à la Statue du Commandeur, c’est que dans la Berne fédérale, on ne traite pas la vieille droite suisse, patriote et conservatrice, comme on croit bon de la traiter à Genève. A l’UDC, Pierre Maudet, l’homme du rapprochement avec l’Union européenne et de l’opération Papyrus, ne s’est fait que des ennemis. Il aurait voulu refaire le coup de Christophe Darbellay contre Blocher le 12 décembre 2007 : construire l’élection d’un candidat de droite en misant sur la gauche. C’est une erreur.

 

L’homme, donc, rentre à Genève, et continuera d’y tenir un rôle signalé. S’il pouvait, dans l’avenir, considérer avec un peu moins de hauteur ses alliés cantonaux de droite, il gagnerait en estime dans sa propre famille politique. Lorsque je dis « famille », je n’entends pas seulement le PLR, mais la droite au sens large. Celle qui, dans un improbable marais d’incertitudes, est réputée commencer au PDC. Et, vers des terrains plus clairs et plus lisibles, aller jusqu’à l’UDC.

 

Cette Vielle Suisse conservatrice, une certaine arrogance genevoise se permet de la prendre de haut. Au niveau fédéral, cette superbe et ce mépris ne sont tout simplement pas possibles. Cette Statue du Commandeur surgit des entrailles profondes de notre pays, de son Histoire. Pire : conseillé de façon qu'on peut soupçonner d'avoir été un peu légère, Pierre Maudet l'a sous-estimée dans son propre parti national, le PLR. Il y a trente ans, la droite qui faisait peur à la gauche, ça n'était pas l'UDC, mais les radicaux. De cette filiation, en Suisse alémanique, demeurent des traces.

 

En politique, on ne construit rien de durable contre sa propre famille naturelle. Sans doute Pierre Maudet l’a-t-il maintenant appris. Cela lui aura, peut-être, coûté une élection. Il lui reste la vie, son énergie, sa puissance de travail. La politique, en Suisse, devra compter sur cet homme, pour un sacré moment.

 

Pascal Décaillet

 

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18/09/2017

Ultime brève de zinc

 

Sur le vif - Lundi 18.09.17 - 15.53h

 

Selon nos informations, la direction du Bellevue, à Berne, envisage de licencier sur le champ tout barman ayant l'indélicatesse de proposer un Cassis Royal à la délégation genevoise, lors de la Nuit des longs Couteaux.

La direction du palace, renseignée sur les relations difficiles du Conseil d’État genevois avec les barmans, veut éviter toute empoignade virile, de nature à nuire au prestige de l'hôtel.

 

Pascal Décaillet

 

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