13/12/2017

Le Parlement n'est pas une cour d'école !

6626005.image 

Sur le vif - Mercredi 13.12.17 - 15.47h

 

Si vraiment, ce matin, chacun des 246 parlementaires de notre Confédération a reçu, sur son bureau, une circulaire lui expliquant, comme à des élèves de 15 ans, la différence entre "flirt" et "harcèlement", c'est que notre Parlement cherche à pulvériser, dans l'ordre de l'infantilisation et celui du ridicule, tous les murs du son imaginables.

 

Nous, les citoyennes et citoyens, pourquoi envoyons-nous des gens siéger sous la Coupole ? Réponse : pour qu'ils fassent des lois. Punkt, Schluss. Si ces lois nous déplaisent, attaquons-les par référendum. Le souverain, en dernière lecture, c'est le corps électoral tout entier, près de cinq millions de Suisses et Suissesses, ça n'est pas le Parlement.

 

Nous les envoyons siéger pour qu'ils fabriquent des lois. Ce qui se passe entre eux, de bon ou de mauvais, de remarquable ou de répréhensible, de l'ordre de l'élévation de l'âme ou de la grosse lourdeur que je suis le premier à détester, tout cela doit nous laisser parfaitement indifférents.

 

Si des parlementaires estiment que certains de leurs collègues ont transgressé la loi (qui doit être, en République, notre seule norme), ils peuvent évidemment déposer plainte, c'est le droit de tout citoyen. Si cette plainte n'est pas classée, qu'elle est instruite, aboutit à un procès, puis à une condamnation définitive, alors oui, l'intéressé doit démissionner. Non parce qu'il est un gros lourdaud. Mais, tout simplement, parce qu'il a enfreint l'une des lois de notre pays. Alors que, justement, il est censé les fabriquer.

 

Pour ma part, comme je l'ai écrit dans d'autres textes, tant que la personne n'est pas condamnée par la justice, elle peut continuer - si elle le souhaite - à exercer ses fonctions.

 

Quant à distribuer à 246 personnes adultes, vaccinées, choisies par les citoyens de 26 cantons pour les représenter au plus haut niveau de notre pays, une circulaire relevant de la cour d'école, il y a là, de la part du Parlement, une précipitation à s'agenouiller devant la pression médiatique, tout simplement hallucinante.

 

Qu'ils fassent des lois, au mieux. Le reste ne relève pas du journalisme politique. Mais du potin. Ou de la délation.

 

 

Pascal Décaillet

 

16:11 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (9) | |  Imprimer |  Facebook | |

06/12/2017

Ne faites pas cela, M. Trump !

15970771.jpg?sharp=10&vib=20&w=1200 

Sur le vif - Mercredi 06.12.17 - 13.50h

 

En s'apprêtant, d'ici quelques heures, à reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël, Donald Trump va commettre une faute politique de tout premier plan, depuis qu'il est aux affaires.

 

Une faute, par rapport aux autres acteurs du Proche et du Moyen Orient. Le monde arabe. Mais aussi le monde perse. Faut-il rappeler que la Mosquée al-Aqsa est l'un des quatre lieux saints de l'Islam ?

 

Ville "trois fois sainte", confluent du judaïsme, du christianisme et de l'Islam, Jérusalem appartient, par sa nature incomparable, au patrimoine de toute l'humanité. Ces trois religions doivent pouvoir s'y exercer en paix, l'une à côté de l'autre. Il faudrait idéalement, pour atteindre cela, une zone démilitarisée. Le moins qu'on puisse dire est qu'on en est assez loin.

 

A Jérusalem, Israël a sa place, qui est grande et ne saurait être niée. Mais la Palestine aussi, en tant qu’État, libre, souverain, indépendant, dans des frontières antérieures à celle de 1967, donc avec autorité sur la partie orientale de la ville. Et les couvents chrétiens, principalement là-bas de rite oriental, syriaque, arménien, géorgien, copte, doivent pouvoir y exercer toute la richesse de leur spiritualité.

 

Comment pouvez-vous atteindre un tel but, en reconnaissant cette ville unique au monde comme la capitale de l'un des États en conflit ? La gifle, pour le monde arabe et musulman, tout autour, mais aussi pour un monde persan en pleine renaissance de ses capacités, serait dévastatrice.

 

Aucun amoureux du Proche-Orient (j'en fais partie) ne peut souhaiter une telle décision américaine. Au demeurant, d'aucuns se demanderaient si, dans ces conditions d'obédience à certains groupes de pression, il n'eût pas été plus simple de voter pour l'original. Entendez pour Mme Clinton.

 

Pascal Décaillet

 

14:08 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Imprimer |  Facebook | |

05/12/2017

La lyre d'Orphée

 

Sur le vif - Mardi 05.12.17 - 14.30h

 

Il y avait tout de même, avec Jean d'Ormesson, quelque chose de singulier.

 

Tout le monde le connaissait. Tout le monde l'adorait. Tout le monde l'écoutait - je dis bien "l'écoutait" - avec enchantement. Il faut dire qu'il parlait merveilleusement. Je dis bien "il parlait".

 

Bref, tout le monde reconnaît comme "écrivain" (et je ne nie pas, une seule seconde, qu'il le fût), un homme que l'on connaissait principalement pour... le son de sa voix.

 

Sur tous ces gens, combien ont-ils vraiment lu ses livres ?

 

Certains, bien sûr. Ou même beaucoup, je veux bien. Mais évidemment pas tous.

 

Voilà donc un diable d'homme qui écrivait des livres. Et auquel tous donnaient quittance d'être "un grand écrivain". Non pour avoir lu ses ouvrages... Mais pour avoir été envoûtés par le son de sa voix.

 

Il y a, dans ce destin, comme un hommage lointain à la lyre d'Orphée.

 

Pascal Décaillet

 

14:48 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Imprimer |  Facebook | |

01/12/2017

Le feu

 

Sur le vif - Vendredi 01.12.17 - 06.42h

 

Dans quelques années, des spécialistes de l'Histoire des médias examineront la manière dont la presse aura traité les questions dites de "harcèlement", aujourd'hui.

 

Ils y verront un phénomène de brasier. Une étincelle. Un bidon d'essence. Le feu, qui emporte tout sur son passage, pendant quelques jours. Les médias qui perdent toute distance, se nourrissent les uns les autres, se transmettent le feu, prêchent, moralisent, appellent à la démission. Remplacent le sens critique par l'esprit de meute.

 

Au final, un conformisme. Face à la mode de pensée d'un moment. Avec ses chasses aux sorcières, ses ayatollahs, ses procureurs, exigeant des têtes.

 

L'information, dans notre pays, mérite mieux que ce feu propagé, pulsionnel, mimétique, grégaire. Elle exige distance, recul, exercice de la critique, lucidité face à la facilité des modes. Solitude, loin des chapelles rédactionnelles, où règnent les obligations d'adhérer. Nous en sommes très loin.

 

Je le disais hier, déjà : la presse romande secrète elle-même le poison qui finira par l'emporter.

 

Pascal Décaillet

 

15:38 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Imprimer |  Facebook | |

30/11/2017

L'honneur d'un homme

 

Sur le vif - Jeudi 30.11.17 - 08.18h

 

Jeter en pâture un conseiller national sur la seule base d'une plainte, avant même que cette dernière ne soit instruite, sans qu'il y ait le moindre procès, ni la moindre condamnation, dans une affaire n'ayant rien à voir avec la vie publique de l'intéressé.

 

Céder à l'ignoble climat de délation généralisée qui nous infeste depuis quelques semaines, et que pour ma part, je ne cesse de dénoncer.

 

Et la revue de presse RSR qui en surajoute en ouvrant avec ce sujet, avec cette pseudo-neutralité de ceux qui ne font que citer : "C'est pas moi qui le dis, c'est le journal !". Comme si le choix des sujets, dans une revue de presse, n'était pas un acte sémantique de première responsabilité. Et le feu, mis aux poudres.

 

Il est où, le pire des harcèlements ? Il est où, le tintamarre ? Ils sont où, les Tartuffes ? Elle est où, la plus dégueulasse des injustices ? Celle qui porte atteinte, en s'engouffrant dans cette mode si facile de la chasse aux sorcières, à l'honneur d'un homme ?

 

Désolé, mais les faits relatés n'ont aucune espèce d'intérêt public. Ils n'engagent en rien la capacité de l'homme à exercer ses fonctions de conseiller national, au service du pays, ce qui est d'une dimension hautement supérieure à ses éventuels écarts dans l'ordre de la bienséance, de la convenance, ou de la vague de morale ambiante, propice à l'immonde floraison des délations.

 

Que ce genre d'affaire, d'ordre strictement privé, se règle en privé ! Il n'y a strictement, de mon point de vue, aucun intérêt public à en faire état. Ensuite, si elle aboutit un jour à une condamnation définitive par les seuls habilités à statuer, les juges (et non les moralistes), nous verrons. Mais nous n'en sommes pas là.

 

La presse romande sécrète elle-même le poison qui finira par lui être fatal.

 

Pascal Décaillet

 

13:51 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Imprimer |  Facebook | |

28/11/2017

Manu l'Africain

 

Sur le vif - Mardi 28.11.17 - 14.12h

 

Je viens d'écouter le discours d'Emmanuel Macron à Ouagadougou, en prélude de sa tournée africaine. Il dit beaucoup de choses intéressantes, humanistes, autour du continent africain, et de la nécessité du lien avec nos pays.

 

Oui. Mais la manière dont il l'énonce, la mise en scène autour de son discours, le paternalisme impossible à dissimuler, tout cela laisse percevoir que, quel que soit le Président français, sa couleur politique, son idéologie, et même peut-être sa sincérité, la Françafrique n'est pas morte.

 

Depuis Charles de Gaulle, l'homme de l'éclatant Discours de Brazzaville (30 janvier 1944), sur le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, jusqu'à Emmanuel Macron, en passant par le très africain François Mitterrand (ministre de l'Outre-Mer en 1951, crois-je me souvenir), la visite d'un responsable français en Afrique continue de parachever à l'infini l'aimable déplacement du colon, venu saluer les foules, et relever les compteurs.

 

Pascal Décaillet

 

14:24 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Imprimer |  Facebook | |

27/11/2017

Ceux qui se retroussent les manches

 

Sur le vif - Lundi 27.11.17 - 12.20h

 

"Start-up", "innovation"... Je ne suis jamais tombé, une seule seconde, dans cette mystique lustrée de la modernité. Ces mots m'agacent, depuis toujours. Ils relèvent plus de l'incantation que du réel.

 

Mon père (1920-2007), mon grand-père paternel (décédé en 1941) étaient entrepreneurs. Mon père était, en plus, ingénieur, il a passé sa vie à construire des ponts, des tunnels, des galeries dans la montagne, des maisons. Moi-même, à mon minuscule niveau, je suis, depuis douze ans, entrepreneur. Cela signifie, principalement, que je suis mon propre patron, j'assume le risque économique, j'ai investi dans des locaux, du matériel, comme des dizaines de milliers de responsables de PME, en Suisse. Je prends le risque : tout peut s'écrouler, à tout moment.

 

Je ne dis pas qu'il ne faut pas innover. Je dis que je n'aime pas la facilité liturgique du mot "innovation". Je ne dis pas qu'il ne faut pas démarrer (je l'ai fait, le 6 juin 2006, au Registre du Commerce), je dis que le mot anglais "start-up" m'emmerde. Ensuite, chacun fait ce qu'il veut, utilise le vocabulaire qu'il veut. N'étant pas pour le langage inclusif, je ne vais évidemment pas plaider pour l'exclusif.

 

La vérité, je vais vous la dire. Le monde du travail me passionne, depuis l'aube de mes jours. Il y a des gens, tous métiers confondus, qui arrivent dans leur atelier, leur cuisine, leur pâtisserie, leur usine, leur bureau, sur leur chantier, peu importe, et qui se retroussent les manches. Et ils se mettent au boulot. Et ils bossent dur, toute leur vie. Et ils se montrent inventifs, réformateurs, parce qu'ils savent très bien qu'ils faut s'adapter, pour survivre.

 

Ce sont ces gens-là que j'admire. A commencer par les plus modestes d'entre eux. Ceux qui, malgré l'ingratitude du salaire, ou du revenu, considèrent, au fond d'eux-mêmes, que rien ne vaut un travail bien fait. Des délais respectés. Du professionnalisme dans le geste. Ce sont ces gens-là, depuis le commis de cuisine jusqu'à l'aide-infirmière, qui font avancer une société.

 

Ceux-là font leur boulot, toute l'année, toute leur vie. Sans nous bassiner avec le mot "innovation". Qu'il me soit permis, ici, de leur rendre hommage.

 

Pascal Décaillet

 

12:42 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Imprimer |  Facebook | |

26/11/2017

Parole et Silence

52b32dde238143f1f48433b8f8646c6e.jpg 

Sur le vif - Dimanche 26.11.17 - 14.15h

 

Depuis toujours, je m'intéresse à l'Histoire, à la langue, à la musique. Sur ce qui touche à ces domaines, je puis me montrer fort disert. Comprendre, techniquement, la révolution induite par le "clavier bien tempéré", à l'époque de Bach, me passionne totalement, par exemple. Ou comment fonctionne la récurrence d'un leitmotiv, chez Wagner.

 

Tout autant, il est quantité de thèmes qui m'indiffèrent. Notamment, ce qu'il est convenu d'appeler, depuis un demi-siècle, les "sujets de société". Je n'en nie pas la pertinence. Mais n'ai rien à dire sur eux.

 

Depuis des décennies, je me passionne pour l'Histoire de France, celle de l'Allemagne, pour nos 26 Histoires cantonales suisses, pour celle de l'Algérie, de l'Afrique du Nord en général, du Proche-Orient, de la Grèce, des Balkans. Pour l'Histoire militaire, notamment la Guerre à l'Est, entre le 22 juin 1941 et le 8 mai 1945. Pour les grandes batailles du passé, par exemple celles de la Révolution, du Consulat et de l'Empire.

 

Depuis l'enfance, je brûle de capter le fil conducteur du destin allemand. En tout cas depuis Frédéric II, jusqu'à nos jours. C'est l'un des enjeux majeurs de ma vie intérieure.

 

Tout autant, l'Histoire des religions me passionne. Celles issues du Proche-Orient, au premier plan. Mais aussi de la Grèce, de Rome. Je peux, au Musée étrusque de Volterra, ou à celui de la Villa Giulia, à Rome, passer des heures à rêver devant un vase à figures rouges, qui nous raconte une scène mythologique. Laissant errer mon esprit, je me récite Homère.

 

Mais il est quinze mille autres sujets, régulièrement débattus à longueur de journées sur nos antennes, dans nos journaux, sur les réseaux sociaux, sur lesquels je n'ai strictement... rien à dire ! Du coup, je m'abstiens, totalement.

 

J'invite chacun de nous à délimiter exactement les sujets où il se sent capable d'intervenir. En prenant soin de mettre à l'écart ceux sur lesquels il n'a, simplement, rien à dire.

 

A tout cela, rien de grave. Rien, ni personne ne nous oblige à donner notre avis sur tout. Soyons conscients de nos zones de compétences. Et, pour le reste, sachons nous abstenir.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

14:35 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer |  Facebook | |

25/11/2017

La matrice

8f627b4e5f44da6f3575f0df2b4b3783.jpg 

Sur le vif - Samedi 25.11.17 - 12.46h

 

Je n'utilise jamais le mot "Occident". Ni "valeurs occidentales".

 

Je me sens certainement plus proche d'un adepte du Soufisme dans le Sinaï égyptien, ou d'un chrétien copte dans la région d'Assouan, ou d'une icône byzantine, ou géorgienne, de la Vieille Ville de Jérusalem, dans le quartier de la Porte de Damas, que d'un boursicoteur de Wall Street.

 

La toute récente actualité, dramatique, accentue en moi cette fraternité, tous courants confondus, toutes religions mêlées, pour une région du monde, quelque part entre le Nil et l'Euphrate, qui, depuis mon premier voyage là-bas en 1966, m'apparaît comme matricielle de la nôtre.

 

C'est pourquoi, il y a si longtemps, en 1971, j'ai choisi d'étudier le grec. Première étape vers d'autres langues, dès que j'aurai du temps. Le russe ? L'hébreu ? L'arabe ?

 

Unterwegs zur Sprache, pour reprendre l'éclatante formule de Heidegger. Celle qui figure un chemin vers la langue.

 

Donc, un chemin de connaissance.

 

Le seul qui vaille.

 

Pascal Décaillet

 

16:38 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Imprimer |  Facebook | |

24/11/2017

La sainte ferveur de l'innocence

 

Sur le vif - Vendredi 24.11.17 - 06.46h

 

En analyse politique, il y a ceux qui, assoiffés d'Histoire, lisent des livres et des témoignages (issus de TOUTES les parties), pour reconstituer les chaînes de causes et de conséquences.

 

Ceux-là sont disciples du grand Thucydide, le génial auteur de la Guerre du Péloponnèse (5ème siècle avant JC). Mais aussi, de Michelet, Fustel, les Annales, Marc Bloch, Jacques Le Goff, Pierre Milza.

 

Le principe est simple : sur une région donnée, tiens les Balkans par exemple, ou l'Allemagne, ou l'Algérie, ou le Proche-Orient, on commence par se renseigner. En consacrant quelques années (toute sa vie, en fait) à lire des livres, visionner des archives, approcher la complexité du réel. C'est prodigieusement vivifiant : l'un des bonheurs de l'existence.

 

Jamais définitive, en perpétuelle correction d'elle-même, la vision des problèmes se tisse et se déconstruit constamment, en fonction des nouveaux documents, témoignages.

 

Et puis, de l'autre côté, il y a l'armada des moralistes. Ils ont une grille de lecture, une fois pour toutes, celle des bons et des méchants. Ils sont avec les bons, contre les méchants. Avec les victimes (ah, la sanctification de la victime !) contre les bourreaux. Ils s'étranglent, s'indignent, dénoncent, chassent les sorcières, capturent les écrans, clouent au pilori. Les réseaux sociaux colportent et amplifient leur clameur.

 

Avec eux, la vie est plus simple : la sainte ferveur de l'innocence, en noir et blanc.

 

Pascal Décaillet

 

18:59 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Imprimer |  Facebook | |

Massacrés sur leur lieu de prière

 

Sur le vif - Vendredi 24.11.17 - 16.07h

 

Au moins 235 morts, lors d'une tuerie sans précédent dans une Mosquée du Sinaï égyptien, de tradition Soufie. C'est un événement considérable, dans un Proche-Orient où la tension monte de plus en plus. L'attentat le plus sanglant de l'Histoire de l’Égypte.

 

J'ai consacré de nombreuses émissions, ces dernières semaines, à cette montée de violence, qui me semble préfigurer un conflit plus général, dans les mois qui nous attendent. Hier encore, nous proposions un Spécial Liban. Ce soir, s'il y avait eu GAC, je l'aurais consacré à tenter de comprendre la tradition de la mystique Soufie, à l'intérieur de l'Islam.

 

Là, à la Mosquée Al Raoudah, à Bir al Abed, dans le Nord du Sinaï, à environ 50 km de la frontière avec Gaza, les victimes sont des Musulmans. Des fidèles, sur leur lieu de culte. Comme, à travers le monde, des centaines de millions des leurs.

 

Ces gens-là, assassinés sur leur lieu de prière, leur vie devrait-elle moins nous importer que celle d'autres attentats, sous ces latitudes qu'on appelle "l'Occident", mot qui ne veut rien dire ? Chacun de nous est l'Occidental d'un autre, l'Oriental d'un troisième.

 

Ce qui s'est passé dans le Sinaï est abominable. Les premières victimes d'atrocités, dans le monde musulman, sont souvent des Musulmans eux-mêmes. Il serait bon de ne pas l'oublier.

 

Pascal Décaillet

 

17:07 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer |  Facebook | |

Avec Guy Mettan

 

Sur le vif - Jeudi 23.11.17 - 22.31h

 

Hallucinant procès intenté à mon confrère Guy Mettan, directeur exécutif du Club Suisse de la Presse (dont je suis membre à la fois à titre individuel et comme entrepreneur), par la section suisse de Reporters Sans Frontières (dont je suis membre en continu, et sans faillir, depuis sa création).

 

En gros, RSF reproche à Guy Mettan d'accueillir des gens... dont les idées ne leur plaisent pas ! C'est lié à la Russie. La TG en fait état.

 

Il me semblait que l'essence et l'honneur du journalisme était de donner la parole à tous.

 

RSF défend la liberté de la presse au bout du monde. Mais pas à Genève.

 

Bravo, RSF !

 

À Guy Mettan, esprit indépendant et courageux, auteur d'un ouvrage historique absolument remarquable sur la russophobie, Cf mon blog du 26 avril 2015, mon appui total.

 

Pascal Décaillet

 

15:04 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Imprimer |  Facebook | |

21/11/2017

Populistes, veuillez perdre, SVP !

 

Sur le vif - Mardi 21.11.17 - 15.01h

 

Allemagne : c'est la faute aux populistes, s'ils ont percé aux dernières élections. En substance, la puissante réflexion éditoriale de la TG, ce matin.

 

En clair : Mesdames et Messieurs les "populistes", veuillez, si vous tenez absolument à vous présenter à des scrutins, faire campagne discrètement, à reculons, sans bruit, et surtout sans déranger l'ordre établi, soit les partis jusqu'ici au pouvoir. De sorte qu'ils puissent y demeurer.

 

Et veuillez, le jour du verdict, avoir la décence de perdre.

 

Pascal Décaillet

 

15:13 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer |  Facebook | |

20/11/2017

Le billet de Gainsbarre

 

Su le vif - Lundi 20.11.17 - 10.28h

 

Au citoyen, père de famille, contribuable et petit entrepreneur que je suis, il faudra un jour expliquer pourquoi la Suisse grille un milliard (comme Gainsbourg, son billet) pour la "cohésion" de l'Union européenne. Dont l'élargissement inconsidéré à l'Est déploie ses effets dévastateurs.

 

Il ne me dérangerait pas qu'on investisse ce milliard dans la cohésion sociale... de la Suisse ! Les plus précaires de nos compatriotes en ont sacrément besoin.

 

Pascal Décaillet

 

13:46 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Imprimer |  Facebook | |

19/11/2017

Venus du verbe naître

 

Sur le vif - Dimanche 19.11.17 - 14.28h

 

D'ici peu, l'attention obsessionnelle vouée, sous nos latitudes, aux "sujets de société", plus emberlificotés les uns que les autres, et jusqu'à la 767ème reconnaissance du 767ème genre par telle Cour de Poméranie, laissera la place à un retour de quelques fondamentaux, simples et rassembleurs, autour des notions de "Gemeinschaft" et de patrie. La défense d'une communauté humaine, d'un partage de valeurs, au sein de périmètres donnés.

 

Définis par qui, ces périmètres, ces frontières ? Par le Ciel ? Évidemment que non ! Définis par le long frottement de l'Histoire, les conflits, les guerres, les traités, les accords signés, en fonction du rapport de forces (jamais définitif) d'un moment.

 

Les contours de nos nations ne doivent pas un seul millimètre au hasard. Ils sont le fruit de chaînes de causes et de conséquences, bref ce que Thucydide (460 - 395 av. JC), dans sa Guerre du Péloponnèse, exprime comme démarche, sans jamais (comme le rappelle le Professeur André Hurst) utiliser le mot "Histoire".

 

Lorsque le tragique, du Liban ou de Syrie, d'Ukraine ou d'Iran, du Yémen ou de Somalie, revient sonner à nos portes, alors oui - pour une fois j'utilise ce mot - il y a risque de "mondialisation des enjeux". C'est cela que j'entends, lorsque j'écris "Le Proche-Orient, c'est nous".

 

Mais, paradoxalement, cet élargissement de l'horizon des conflits, jusqu'à nos rivages paisibles, amène les peuples, non à sombrer encore plus dans l'opium d'une appartenance planétaire, mais au contraire, à resserrer les rangs au sein de communautés précises, longuement définies dans l'espace et la durée, tenues par un partage de mémoire, d'émotion, de reconnaissance. C'est cela que, pour ma part, j'appelle la patrie, ou même la nation.

 

Pas le nationalisme ! La nation, simplement.

 

Venue d'un verbe latin, qui veut dire naître.

 

Pascal Décaillet

 

 

15:00 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Imprimer |  Facebook | |

18/11/2017

Financer les Pharaons, non merci !

 

Sur le vif - Samedi 18.11.17 - 09.42h

 

Thierry Savary, patron de Radio Fribourg, par ailleurs fort agréable à écouter, vient de commettre un autogoal dans l'affaire No Billag, sur la RSR.

 

Il évoque un très ambitieux projet, très onéreux aussi, de centre multimédias à Fribourg, avec investissement immobilier. Bref, un univers qui relève totalement de l'économie privée, et n'a en aucun cas à être financé par le denier public.

 

Il en profite pour souligner à quel point ce projet - passablement mégalomane, à première écoute, limite pharaonique - serait en danger, si la redevance disparaissait.

 

Autogoal ! Si l'opinion publique peut comprendre que la redevance serve à soutenir des programmes, la mise en valeur d'une région, la voix donnée à ses habitants (toutes choses que Radio Fribourg, comme les TV privées régionales, assume fort bien), elle sera beaucoup moins ouverte à apprendre qu'elle doit financer des projets de développement relevant purement de l'investissement privé.

 

Et c'est tout le drame de No Billag, avec son côté "tout ou rien". La vraie réflexion - je le dis depuis des années - doit porter sur la séparation entre soutien, non à des chaînes entières, mais à des PROGRAMMES, ou prestations journalistiques, jugés d'intérêt public, et, de l'autre côté, la part d'aventure privée des entreprises, qui n'a pas à recevoir un seul centime de subvention.

 

Idem, lorsque la RTS nous brandit son projet titanesque sur un campus lausannois. On espère que cette aventure sera financée par ses gains publicitaires. La redevance - si elle doit exister - doit soutenir, partout en Suisse, privé ou SSR, la plus-value dans l'ordre du sens (information, débats, reportages, émissions citoyennes ou culturelles, sport de proximité, etc,). Cela, oui. Mais en aucun cas, elle ne doit s'appliquer aux projets d'investissements à risques, ou aux aventures immobilières des uns et des autres.

 

Elle ne doit pas soutenir, à l'aveugle, des entreprises entières (privées ou SSR, peu importe). Mais, à l'intérieur de chacune de ces entreprises, apporter son appui ciblé à des ACTES JOURNALISTIQUES jugés d'intérêt général.

 

Une comptabilité rigoureusement séparée, à l'intérieur de chaque entreprise, entre ce qui relèverait de la subvention, et ce qui a trait au risque entrepreneurial dans les investissements, s'impose donc.

 

Évidemment, nous sommes là dans des considérations un peu plus nuancées, plus professionnelles aussi dans l'approche et l'expérience, que la théologie d'Apocalypse, entre le tout et le néant, le Salut ou la damnation, que nous propose No Billag.

 

Pascal Décaillet

 

17:13 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Imprimer |  Facebook | |

13/11/2017

Corps célestes

 

Sur le vif - Lundi 13.11.17 - 09.40h

 

Pendant que, sous nos braves latitudes apaisées, en Suisse, en France, en Allemagne, on n'en peut plus de débattre de sujets de société, dans l'interminable sillage de Mai 68, avec ses prétendues "libérations", voici que la guerre, la vraie, ne tardera pas à se rappeler à nos bons souvenirs.

 

La guerre, terrible, avec ses armes, ses cortèges de morts.

 

Celle qui se prépare au Proche-Orient, avec hélas comme terrain le Liban, sera de nature à retenir nos attentions. Et pourrait exporter ses conséquences, bien au-delà de la région. Le Proche-Orient, c'est nous.

 

Quant à nous, surtout ne désarmons pas. Le tragique de l'Histoire, toujours, peut revenir, sonner à nos portes. Et réveiller nos consciences gisantes, au milieu de l'errance et de l'amnésie.

 

Ce jour-là, nos querelles sur le sexe, le genre, la parole inclusive, nous sembleront, d'un coup, si vaines, si périphériques, si luxueuses.

 

Si célestes.

 

Pascal Décaillet

 

13:30 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Imprimer |  Facebook | |

12/11/2017

C'est le jeu, c'est la vie

 

Sur le vif - Dimanche 12.11.17 - 14.35h

 

Si tu ambitionnes un acte pamphlétaire, c'est bien, c'est courageux. Mais je te préviens : si c'est un VRAI pamphlet que tu commets, alors tu vas en prendre plein la poire.

 

Tu veux croquer les puissants, ceux qui abusent de leur pouvoir ? Fort bien. Mais alors, attaque-toi, le plus directement possible, non aux dictateurs qui sévissent à vingt mille kilomètres de chez toi, mais au VRAI pouvoir abusant, chez toi. Dans ton périmètre, ton environnement immédiat. Des gens qui pourront te lire, t'écouter, t'attaquer, te créer des emmerdes, te traîner en justice. Là, oui, tu prends un risque.

 

Attaque-toi aux pensées dominantes, terrorisantes de consensus, celles qui, chez toi, autour de toi, étouffent tout débat. Là, oui, ton verbe sera au service d'un contre-pouvoir. Mais toi, tu prendras des coups. C'est ainsi que ça fonctionne, c'est le jeu, c'est la vie.

 

Tu voudrais écrire un pamphlet - ou, beaucoup mieux, le gueuler - dans le microcosme de la Suisse romande ? Très bien. Alors, attaque-toi à ce qui, dans ce creuset-là, bien précis, apparaît dans l'espace public comme inattaquable. Dès lors, il faudra t'attendre, parfois, à défendre ce qui est réputé indéfendable. Et là, plus que jamais, tu prendras des coups.

 

Tu auras contre toi tes confrères, oui tes pairs, pour avoir commis l'impair. Tu auras contre toi les humoristes, ces grands serviteurs, hélas si souvent, du pouvoir et des convenances, des courants majoritaires, des pressions dominantes. Tu auras contre toi les petits malins des réseaux sociaux, qui n'en peuvent plus de guetter, à l'affût du moindre "dérapage", eh hop, mise au pilori, copie aux Ligues bien pensantes, aux collectifs autoproclamés de défense de toutes les minorités possibles et imaginables.

 

Tu auras écrit - ou, beaucoup mieux, parlé - et tu auras ligué contre toi ceux-là même dont tu dénonces les collusions. En se ruant sur toi, ils te feront mal. Mais en même temps, ils auront exactement prouvé la justesse de ton propos.

 

Agiras-tu ? Te tairas-tu ? Tu es libre, totalement libre. Nous sommes tous libres.

 

Pascal Décaillet

 

14:59 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Imprimer |  Facebook | |

10/11/2017

Parfum d'échec

 

Sur le vif - Vendredi 10.11.17 - 10.30h

 

Et maintenant, 30 licenciements chez Givaudan. Émigration vers Zurich, ou la Chine. Le secteur secondaire genevois s'évapore.

 

Pendant ce temps, au plus haut niveau politique chargé de s'occuper d'économie, on sautille comme des cabris en répétant le mot magique : "innovation".

 

Certains de ces beaux parleurs n'ont jamais rempli une fiche de salaire de leur vie.

 

Des mots. Du vent. Pour faire des voix.

 

Un parfum d'échec.

 

Pascal Décaillet

 

14:57 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Imprimer |  Facebook | |

08/11/2017

France-Iran : l'espoir d'une ouverture

 

Sur le vif - Mercredi 08.11.17 - 14.20h

 

Le possible rapprochement, évoqué par le Monde, entre la France et l'Iran, après quatre décennies de froid, est une excellente perspective. Emmanuel Macron pourrait être le premier Président français, depuis 1976, à se rendre à Téhéran. 1976 : c'était encore l'époque du Shah, trois ans avant la Révolution.

 

Réjouissante perspective, d'abord pour la diplomatie française. Depuis l'arrivée aux affaires du nouveau Président, au mois de mai, on peine à dégager des lignes directrices claires en matière de politique internationale, à part un alignement bien obédient sur Mme Merkel.

 

Dans sa politique au Proche et au Moyen-Orient, la France doit avoir ses options propres, celles d'une longue tradition de dialogue avec le monde arabe ou (en l'occurrence) persan, qui ne doit strictement rendre aucun compte aux États-Unis d'Amérique. Ni à une "communauté internationale" noyautée par Washington.

 

Perspective intéressante, aussi, pour l'échiquier politique du Proche et du Moyen-Orient. La vieille puissance perse, depuis des siècles, des millénaires, a, tout naturellement, un rôle de premier plan à y jouer. Cela, au-delà du régime qui règne en Iran : les régimes passent, la permanence des intérêts nationaux demeure.

 

On nous permettra de trouver plus naturelles les tentatives d'arbitrage de Téhéran, dans cette région du monde, que les catastrophiques ingérences armées de Washington, tiens par exemple celle du printemps 2003 contre l'Irak.

 

On nous permettra, aussi, d'attendre de la France, liée par son Histoire à un monde auquel les États-Unis n'entendent pas grand chose, d'entretenir, avec l'Orient compliqué, des relations choisies par elle-même. Et non dictées par Washington.

 

La France que nous aimons est celle d'une diplomatie souveraine et non-alignée, nourrie de contacts et de réseaux culturels, renseignée sur l'Histoire et sur les forces en présence. Surtout, défendant le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Cela tient en un discours, inoubliable : celui prononcé à Brazzaville, le 30 janvier 1944, en pleine guerre, par un homme seul, sans terre et sans appui : il s'appelait Charles de Gaulle.

 

Pascal Décaillet

 

 

14:45 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer |  Facebook | |