15/08/2018

Foutez la paix à Philippe Morel !

 

Commentaire publié dans GHI - Mercredi 15.08.18

 

Il ne s’agit pas ici de nous prononcer sur le litige juridique entre Philippe Morel, l’un de nos plus grands chirurgiens, et l’un de ses patients, c’est une affaire qui les concerne l’un et l’autre. Il arrive souvent que des patients attaquent leur médecin, la justice tranche.

 

Mais il y a, il faut le dire haut et fort, un problème entre Philippe Morel, cet homme brillant, généreux, infatigable, et une armada de gros jaloux sur la place genevoise. Ils passent leur vie couchés, comme au sommet d’une tranchée, en position de tir. Et, dès que l’éminent professeur de médecine, spécialiste des transplantations, et admirable militant pour cette cause en Suisse, pointe un millimètre du haut de sa tête, ils tirent à vue. Ça dure depuis des années. Et franchement, ça commence à bien faire.

 

Qui veut la peau de Philippe Morel ? Pourquoi tant d’animosité envers un tel homme de bien, de dévouement ? D’où viennent les salves ? Perfides rancœurs dans son monde professionnel ? Inimitiés à l’intérieur de son propre camp politique ? En tout cas, une chose est sûre : cet homme mérite mieux que la lie des amertumes humaines. Il mérite notre respect et notre admiration. Laissons-le travailler. Et foutons la paix à Philippe Morel.

 

Pascal Décaillet

 

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14/08/2018

Toucher le fonds

 

Sur le vif - Mardi 14.08.18 - 17.14h

 

C'est amusant, tous ces médias qui ne cessent de nous parler du "fonds de commerce de l'UDC".

 

Pourquoi ne parlent-ils jamais du "fonds de commerce des socialistes" ? Ou des Verts ? Ou du PDC ? Ou du PLR ?

 

Le PLR est pourtant à fond dans le commerce, non ?

 

Pascal Décaillet

 

 

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Horreur du vide

 

Sur le vif - Mardi 14.08.18 - 12.16h

 

Vous n'imaginez pas le nombre de radicaux - je dis bien de radicaux - qui commencent à en avoir plus qu'assez de la quête effrénée d'un "Accord institutionnel" par le Conseil fédéral.

 

Et vous n'imaginez pas, non plus, le nombre de radicaux - oui, de radicaux - qui commencent sérieusement à se poser des questions sur la libre circulation des personnes.

 

Si le Parti radical, cette grande chose, qui a façonné la Suisse moderne, depuis 1848, était resté fidèle à ses valeurs de parti populaire, représentatif de tous, fier et joyeux de ses mille souches, attentif aux paysans, et surtout patriote, défenseur des petits entrepreneurs, de la souveraineté et de l'indépendance du pays, il serait encore, aujourd'hui, le premier parti du pays.

 

Hélas, il a préféré voguer vers d'autres horizons. Quelque part, entre culte du Veau d'or, cosmopolitisme et fatigues patriciennes. Alors, tout naturellement, d'autres ont pris sa place.

 

Pascal Décaillet

 

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Zigomar 1, zigomar 2

 

Sur le vif - Mardi 14.08.18 - 09.20h

 

Les hallucinés du bulbe qui remplacent les mots "père" et "mère" par "parent 1" et "parent 2", font plus pour la Révolution conservatrice que tous les discours, et toutes les plaidoiries.

 

Continuez, mes zigomars, et bonjour le retour de manivelle, d'ici quelques années.

 

Pascal Décaillet

 

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13/08/2018

Les peuples réclameront les nations

 

Sur le vif - Lundi 13.08.18 - 23.08h

 

La dimension multilatérale du monde n'existe tout simplement pas. Elle est juste une vision abstraite, intellectuelle. Une fiction. Il n'y a pas d'Organisation des Nations Unies, pour la bonne raison que les nations de notre planète ne sont pas unies, et que nulle véritable organisation ne les relie entre elles.

 

Ce qu'on nous donne, depuis 1945, 1946, la sortie de la guerre, comme une réalité, à laquelle on a donné le nom "ONU", pour succéder à la catastrophique SDN de l’Entre-deux-guerres, n'existe simplement pas. Tout au plus, comme en Corée au début des années 50, ou au Koweït en 1991, pour servir de paravent planétaire à l'impérialisme américain. Ou alors, comme caisse de résonance, à New York ou Genève, pour d'interminables palabres. Inutiles. Jamais l'ONU n'a contrarié l'ordre de fer des puissants de l'Après-guerre. Ces derniers, au Conseil de sécurité, y ont d'ailleurs leurs pantoufles. Et leur droit de veto.

 

Le multilatéral politique (nous ne parlons pas ici de l'humanitaire) n'existe pas, en tant que tel. Il n'est là que comme couverture, sous un autre nom, pour cautionner l'ordre du monde des grands, à commencer par celui des États-Unis d'Amérique. Promenez-vous dans la Genève internationale : la contiguïté entre la Mission américaine et l'ONU vous saisira.

 

Au contraire de cela, la nation existe. La nation française. La nation allemande. La nation italienne. Etc. Elle a des qualités et défauts, mais elle existe. Elle est palpable, concrète, inscrite dans le temps, gravée dans les strates de la mémoire.

 

La nation existe. Elle est vérifiable. Elle a versé le sang, érigé le marbre et le bronze du souvenir, signé des traités, façonné les frontières, elle a remporté des victoires, subi des défaites. Elle a ses moments d'ombres et de lumières. On les connaît, c'est écrit, on peut toucher.

 

La nation existe. Entre les humains qui la composent, elle a créé, au fil des générations, des heurs et des malheurs, une communauté invisible d'une puissance inouïe, dans l'ordre de la mémoire. Elle a partagé le monde sensible, elle a créé un espace dans lequel tous puissent se reconnaître.

 

Face à la puissance narrative de la nation, celle de Michelet en France, celle de Fichte ou des Frères Grimm en Allemagne, celle de Manzoni et Verdi en Italie, le gentil château de cartes multilatéral des années post-1945 ne régate pas. Il n'a aucune chance. Parce qu'il ne raconte rien, que l'ennui et l'inutile. Il ne produit que le déracinement. Il ne parvient pas à masquer sa totale inféodation aux grandes puissances, principalement les USA.

 

Cette conception désincarnée, celle des BHL et des Kouchner, a fait suffisamment de mal. Nous allons vers des temps où les peuples, fatigués de la grande illusion cosmopolite, exigeront spontanément le retour des patries, celui des frontières, celui des périmètres nationaux. C'est cela, l'un des éléments, parmi d'autres, de la Révolution conservatrice, fraternelle et sociale qui nous attend.

 

Pascal Décaillet

 

 

23:43 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Imprimer |  Facebook | |

On a le droit de critiquer Israël !

 

Sur le vif - Lundi 13.08.18 - 17.33h

 

Si, en traitant Carlo Sommaruga, d'antisémite, le président du PDC suisse fait allusion aux positions du conseiller national genevois sur Gaza, ou sur la politique israélienne de colonisations depuis plus d'un demi-siècle, disons depuis juin 1967, alors Gehrard Pfister est totalement à côté de la plaque.

 

Critiquer la politique israélienne dans les territoires occupés (ou encerclés, et soumis à blocus), ça n'est en rien être antisémite. C'est juste exercer son acuité critique sur les aspects coloniaux de l'un des pays de la planète.

 

Israël est une nation respectable, qui a plein droit à l'existence. Mais ce pays n'a pas à échapper à la critique POLITIQUE sur ses actes.

 

A ma connaissance, jamais le conseiller national Sommaruga n'est allé au-delà de cette dimension critique. Jamais il n'a attaqué le judaïsme en tant que tel.

 

Le raccourci, de la part du chef de l'un des quatre partis gouvernementaux suisses, n'est tout simplement pas acceptable.

 

Pascal Décaillet

 

17:48 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (19) | |  Imprimer |  Facebook | |

12/08/2018

Combat des idées : le vrai front

 
Sur le vif - Dimanche 12.08.18 - 14.05h
 
A gauche, les journalistes, comme ne cessent de s'en plaindre les anti-gauche professionnels ?
 
Pas du tout !
 
Si seulement nous avions encore une bonne vieille presse de gauche, convaincue et fraternelle. A part quelques louables exceptions, qui tentent de survivre, cette presse est en voie de disparition.
 
La tendance dominante, écrasante même, dans nos médias, ça n'est pas la gauche. Et ça n'est évidemment pas non plus la droite conservatrice, ou anti-libérale, ou nationale.
 
Non, le rouleau compresseur majoritaire, c'est l'idéologie du libre échange, de l'ouverture des frontières, de la libre circulation des personnes, du libéralisme économique sans entraves, et surtout de la vision multilatérale des rapports entre États.
 
Tout, sauf la priorité aux nôtres. Tout, sauf le sentiment de communauté nationale. Surtout ne jamais parler de nation, mot tabou, honni, conspué, vilipendé, immédiatement associé (par un raccourci immonde autant qu'ignare) au nationalisme, en effet condamnable, celui des deux guerres mondiales de la première partie du vingtième siècle.
 
La vraie ligne de front, aujourd'hui, n'est pas vraiment entre la droite et la gauche. Elle se situe quelque part entre protectionnisme et libre échange, relations bilatérales et pieuvres multilatérales, adhésion à des conglomérats supranationaux, purement abstraits, et sentiment d'appartenance communautaire à une aventure commune, celle que depuis un peu plus de deux siècles, autour de la Révolution française, on appelle "nation".
 
Ma position, dans cette dualité antagoniste, vous la connaissez. Tout en souhaitant que mon pays entretienne les meilleures relations, oui les plus fraternelles et ouvertes, avec les peuples du monde, à commencer par ses voisins directs, je prétends qu'il ne pourra rien entreprendre vers l'Autre sans d'abord s'être occupé en profondeur de lui-même. A cet égard, la priorité nationale, loin d'être une coupure, ou une césure, ou un isolement, m'apparaît au contraire comme CONDITION SINE QUA NON de la possibilité d'un chemin vers l'Autre.
 
Chemin que je souhaite. Mais d'abord, il fait se connaître-soi même. Et respecter le périmètre de communauté de destin que l'Histoire nous a défini. Sinon, c'est l'errance, la construction intellectuelle abstraite, l'échafaudage en dehors des réalités.
 
 
Pascal Décaillet
 
 

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11/08/2018

Pas de mégalomanie pour la Suisse !

 

Sur le vif - Samedi 11.08.18 - 05.55h

 

La Suisse n'a rien à faire au Conseil de sécurité de l'ONU. Une telle présence, rêvée par quelques mégalomanes, serait de nature à dévoyer le charme secret de notre petit pays : demeurer l'ami de tous, le lieu de résolution des conflits, influent par sa réserve et sa retenue, et surtout pas un gros gueulard dans la cacophonie multilatérale du monde.

 

Pascal Décaillet

 

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10/08/2018

Soleil noir

 

Sur le vif - Vendredi 10.08.18 - 07.22h

 

Il faudrait, dans la langue, inventer d'autres mots que seulement le mot "noir", qui d'ailleurs est déjà fort beau. Il faudrait pénétrer les nuances de la nuit.

 

Dans le noir, toute sa vie, Pierre Soulages a intensément cherché la lumière. C'est difficile à dire aux gens qui n'ont pas physiquement vu ses tableaux. Nulle reproduction photographique ne restitue l'immédiateté de ce contact, nulle ne la remplace.

 

Face aux noirs de Soulages, l'œil errant du passant est saisi de lumière. Il est pris par la matière. Le goudron, impressionnant. La noix. L'acrylique. Plus le spectateur évolue au milieu des œuvres, plus il regrette la pauvreté de la langue française : le noir, le noir, le noir.

 

Et puis, le corridor des photographies. Pierre Soulages (99 ans le 24 décembre prochain) dans son atelier. L'homme en noir, au milieu de ses outils, de son matériau. Le petit coquillage posé à l'entrée, juste pour dire qu'il travaille.

 

Ici et là, de magnifiques citations du peintre, sur la solitude du spectateur, la quête incessante de la lumière.

 

Bref, allez voir Soulages. C'est à la Fondation Pierre Gianadda, à Martigny. Après le choc du noir, si riche et si nourrissant pour l'œil et pour l'âme, il y a les mille nuances de verts du jardin, où le feuillu de plaine est roi, sous la maternelle présence des montagnes.

 

Sur le chemin du retour, vous branchez Forum. Quelques minutes passionnantes sur la tragédie du glacier de Giétroz, 16 juin 1818, 16.30h, dans ce Val de Bagnes qui m'est si cher. La mort blanche, subite. Déjà, les noirs de Soulages, solaires, éblouissants, commencent à vous manquer.

 

Pascal Décaillet

 

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09/08/2018

Accords de libre échange : quelle légitimité ?

 

Sur le vif - Jeudi 09.08.18 - 12.37h

 

Il convient de lancer en Suisse un vaste débat national sur cette sourde et malicieuse usurpation de pouvoir, dépourvue de toute légitimité populaire, que sont les "Accords de libre échange".

 

Négociés par une diplomatie du Commerce extérieur peu rouée au contrôle politique, composée de fonctionnaires nullement neutres, mais dûment formatés par les matrices du libéralisme économique, ces contrats ne sont pas la chose du peuple, mais l'élaboration d'une machine. Ils sont au service d'une idéologie très précise, plus exactement d'un dogme : le Salut, par le grand bazar du maximum de marchandises circulant à travers la planète.

 

Où est l'éthique ? Où est le respect du Tiers-Monde, je pense par exemple aux producteurs africains de denrées qui leur sont littéralement pillées, au mépris des intérêts locaux ? Où est la protection des travailleurs suisses ? Le Commerce extérieur est-il, dans notre pays, une Arche Sainte, inattaquable ? Le seul rôle de la Confédération doit-il être celui, à tout prix, de "facilitateur" ?

 

Pendant ce temps, nos paysans vivent des heures extraordinairement difficiles. Dans l'indifférence de Berne, à commencer par celle du ministre de tutelle, tétanisé pas l'exportation de machines-outils !

 

Les "Accords de libre échange" devraient systématiquement passer devant le peuple. Ils ne sont en rien techniques, comme on tente de nous le faire croire. Non, ils sont le fruit d'une idéologie, le produit de la petite cuisine d'une batterie de fonctionnaires au service du catéchisme libéral.

 

La politique, la démocratie directe, le corps des citoyennes et citoyens, hommes et femmes libres et vaccinés de notre pays, doivent se réapproprier un univers qui leur a été dérobé, pour être concocté et malaxé en catimini, dans les officines du Commerce extérieur, à Berne.

 

Pascal Décaillet

 

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Syndicats suisses : l'amorce d'un réveil ?

 

Sur le vif - Jeudi 09.08.18 - 06.33h

 

Les syndicats suisses ont parfaitement raison de se montrer intransigeants face à M. Schneider-Ammann sur les mesures d'accompagnement à la libre circulation des personnes.

 

La question fondamentale ne tient pas autour des quatre ou huit jours d'annonce. Non, elle est une stratégie de principe, donc une affaire politique : depuis quand le partenaire d'une négociation annonce-t-il la possibilité d'une concession, avant même d'entrer en discussion ? Nos deux conseillers fédéraux PLR, MM Cassis et Schneider-Ammann, ont-ils perdu la raison ?

 

Sur le fond, ces "mesures d'accompagnement", vaste plaisanterie du début des années 2000 pour faire passer auprès de la gauche le principe ultra-libéral de libre circulation, sont déjà le minimum du minimum - à vrai dire, sous le minimum - pour donner de frêles signaux de protection des travailleurs suisses contre la férocité de l'ouverture des frontières.

 

La réaction des syndicats suisses, bien tardive, constitue peut-être l'amorce du réveil d'une gauche suisse en béatitude internationaliste face au dérèglement systématique de notre cohésion sociale, entrepris par la pensée ultra-libérale, spéculatrice, négatrice d’État et de nation, vassale du profit.

 

Puisse la gauche suisse quitter cette alliance malsaine et insensée avec un courant politique contraire à ses valeurs. Faute de cette rupture de front, elle perdra son âme.

 

Puisse-t-elle retrouver le sens du périmètre national, de la protection des travailleurs suisses, des plus faibles et des plus délaissés à l'intérieur de notre pays. Comme nous l'avons déjà dit ici, si elle renonce à ce combat, d'autres le mèneront pour elle.

 

Pascal Décaillet

 

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06/08/2018

Gauche suisse : le Grand Sommeil

 

Sur le vif - Lundi 06.08.18 - 05.42h

 

Dans notre commentaire "Le sédentaire admirable", nous avons plaidé ici, vendredi dernier, pour un effort de solidarité nationale envers les paysans suisses victimes de sécheresse.

 

Dans cette affaire, nous n'avons pas entendu la gauche.

 

La solidarité, c'est pourtant sa marque de fabrique. La réserve-t-elle exclusivement à l'Autre, au point d'oublier les nôtres ? N'a-t-elle d'yeux que pour le nomade, jusqu'à délaisser le sédentaire ? Ne vit-elle plus que dans le jeu de miroirs de l'univers urbain ?

 

Cette même gauche, qui au début des années 2000 s'est laissé enfiler la libre circulation, en croyant avec tant de candide piété aux "mesures d'accompagnement".

 

Avec une telle gauche, riche d'un sommeil si tranquille, l'ultra-libéralisme, casseur de cohésion sociale, a de belles heures devant lui.

 

Si la gauche suisse ne défend plus le travailleur suisse, le paysan suisse, la famille suisse, les délaissés de notre pays, ceux que la vie a oubliés, alors d'autres s'en occuperont. Dans une radicalité plus affirmée. À gauche. Ou à droite.

 

Pascal Décaillet

 

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03/08/2018

Le sédentaire admirable

 

Sur le vif - Vendredi 03.08.18 - 04.34h

 

En plus de se trouver dans une situation extraordinairement difficile à cause de la férocité de l'ouverture des marchés à la concurrence internationale, de nombreux paysans suisses sont maintenant aux abois, avec la sécheresse. Certains d'entre eux doivent abattre leur bétail.

 

Que fait M. Schneider-Ammann ? Ce conseiller fédéral, obsédé par l'exportation industrielle, quelle sensibilité du monde agricole a-t-il ? Se rend-il seulement compte que la paysannerie est le sel et la vie de notre pays, sa matrice ?

 

Et nos partis politiques, ils roupillent ? La Suisse entière doit se mobiliser par solidarité avec nos agriculteurs. C'est bien, Mesdames et Messieurs de la gauche urbaine, de sanctifier le nomade, mais le sédentaire admirable, celui qui depuis des générations gratte une terre, à laquelle il s'agrippe désespérément, pour nous nourrir et façonner nos paysages, ça existe aussi !

 

Pascal Décaillet

 

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31/07/2018

La Suisse et le mystère du monde

 

Sur le vif - Mardi 31.07.18 - 10.35h

 

À la Suisse, je souhaite cohésion sociale, bonheur d'être ensemble, aide aux plus démunis, intégration de tous, qualité du travail accompli, connaissance de nous-mêmes, de notre Histoire plurielle, complexe et passionnante, goût du terroir, respect de nos paysans, qualité de nos écoles, économie au service de l'humain et non du profit, protection de l'environnement et de nos paysages, démocratie directe plus que jamais, respect des décisions du souverain populaire, élus au service du peuple et non de leur carrière.

 

Et puis, de la musique, des concerts à n'en plus finir, le goût de la langue et de l'expression, le temps de la lecture et celui de l'écriture. La contemplation mystique du pays physique. Vivre au milieu de notre faune et de notre flore. Respect des animaux. Des milliers d'heures à les observer.

 

Le petit miracle de notre pays, c'est la sainte fragilité de ses équilibres. La Suisse exige de l'attention, du respect, du travail d'extrême qualité, chacun dans son domaine, de l'ouverture d'esprit.

 

Et peut-être, oui, des antennes sur le mystère du monde.

 

Pascal Décaillet

 

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29/07/2018

Europe : l'imposture libérale

 

Sur le vif - Samedi 28.07.18 - 13.12h

 

La prise en otage de l'idée européenne, dès la chute du Mur (1989), par les idéologues du libre-échange, est la cause majeure de l'effondrement, aujourd'hui, de l'Union européenne.

 

Depuis trois décennies, on nous décrète que l'Europe serait ontologiquement libérale, qu'il n'y aurait d'autre voie de salut que l'ouverture des frontières, le grand bazar de la libre circulation des marchandises et des personnes.

 

Eh bien non. L'Europe continentale n'est en rien libérale par nature. J'ai étudié à fond l'Histoire des deux principaux pays de ce continent, la France et l'Allemagne. Ils ne sont libéraux ni l'un, ni l'autre !

 

Pour la France, c'est chose connue de tous. À part un épisode de libéralisme sous le Second Empire, la France a toujours été un pays dirigiste et planificateur. Déjà bien avant la Révolution jacobine !

 

Quant à l'Allemagne, c'est bien mal connaître les profondeurs de son Histoire que de la tenir pour libérale. C'est Bismarck, oui le grand Bismarck, qui est à l'origine de toutes les grandes lois sociales allemandes, des premières conventions collectives, de la première protection des travailleurs, digne de ce nom, en Europe. Cette tradition sociale a perduré dans la mentalité collective allemande.

 

La grande imposture n'est pas que des libéraux soient libéraux, ils ont évidemment le droit le plus total à défendre le modèle de leur choix.

 

Non. La grande imposture nous vient de la petite clique d'ultras, dérégulateurs, casseurs de services publics nationaux et de cohésion sociale, qui ont imposé, depuis trois décennies, la sauvagerie de leurs vues comme prétendu modèle unique d'organisation de l'Europe.

 

Ces gens-là ont lamentablement échoué. Leur responsabilité, dans la destruction du lien social, est immense. Il faut maintenant, dans tous les pays de notre continent, repartir sur d'autres bases. Respecter l'échelon de la nation. Écouter VRAIMENT les peuples.

 

Vaste programme, mais passionnant défi, sur les décombres de l'ultra-libéralisme, pour lequel l'Europe n'est pas faite. Ni historiquement. Ni philosophiquement. Ni politiquement.

 

Pascal Décaillet

 

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Ah, la gentille UCK !

 

Sur le vif - Dimanche 29.07.18 - 14.09h

 

Ah, la gentille UCK ! Pour qui, en 1999, les gentils - et gentilles - reporters de la presse suisse romande avaient les yeux de Chimène.

 

Pendant ce temps, de très rares méchants, dont votre serviteur, s'étant maintes fois rendus sur place, y compris au Kosovo fin 1998, ne cessaient de dire et d'écrire que les guerres balkaniques devaient être analysées sous le biais de l'Histoire et de la démographie, sans jugement moral, sans diaboliser les uns, ni sanctifier les autres.

 

Mais non ! Il fallait chanter les louanges de la gentille UCK !

 

Trafic d'organes ? Vous n'y pensez pas !

 

Instrumentalisation par l'OTAN, et par les services secrets allemands, pour casser à tout prix ce qui restait d'influence serbe dans cette zone des Balkans.

 

Grande Albanie ? Vous n'y songez pas !

 

On la connaît, la chanson. On la connaît, la musique. Vingt ans après, rien n'a changé. L'OTAN s'installe, et jusqu'en Macédoine. C'était prévu. C'était pour cela. C'était parfaitement inclus dans le plan initial.

 

Ah, la gentille UCK !

 

Pascal Décaillet

 

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Europe : les errances de la gauche suisse


Sur le vif - Dimanche 29.07.18 - 09.37h

 

Que la droite libérale et dérégulatrice, en Suisse, ait laissé faire la libre circulation, c'est ma foi sa vocation économique et politique. Elle a parfaitement le droit d'exister, et de défendre ses opinions.

 

Que les gentils centristes, d’inspiration chrétienne, aient embrayé derrière, comme des grands, c'est déjà plus étonnant. On ne saurait leur recommander la lecture de l'un des textes politiques les plus éblouissants de la fin du 19ème siècle, l'Encyclique Rerum Novarum, du Pape Léon XIII (1891), qui plaide avec feu pour une économie au service de l'humain, et non du profit. Mais enfin, va pour les gentils centristes. Il se signalent par deux points, après mûre réflexion : ils sont gentils, et ils sont centristes.

 

Mais alors, que la GAUCHE, au début des années 2000, se soit laissé enfiler, au mépris total des travailleurs suisses qu'elle prétend défendre, le grand capharnaüm de l'ouverture des frontières, mère de toutes les sous-enchères salariales, en se disant rassurée par l'immense plaisanterie des "mesures de compensation", là il y a un problème.

 

Tant que la gauche, en Suisse, au nom de l'irénisme d'une fraternité planétaire, demeurera majoritairement noyautée par des internationalistes, soit anciens trotskystes, soit libéraux blairiens, méprisant les uns comme les autres la dimension nationale et l'absolue primauté des travailleurs indigènes, elle fera le jeu des libéraux, et même des ultras. On ne s'étonnera pas, dans ces conditions, que montent, dans l'estime de la population, les approches plus radicales. Celles de gauche, comme celles de droite.

 

Pascal Décaillet

 

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27/07/2018

Vivre et laisser mûrir

 

Sur le vif - Vendredi 27.07.18 - 09.38h

 

Les politiques protectionnistes en Europe, avec contrôle des flux migratoires, dans les années qui viennent, n'auront pas besoin d'être mises en place par les seuls partis qui, aujourd'hui, les prônent.

 

Non, elles seront pratiquées par les mêmes milieux qui, aujourd'hui aux affaires, les combattent.

 

Parce que, d'ici là, elles auront pénétré ces milieux, par instillation.

 

Ainsi, à Genève, le concept de "préférence cantonale", encore pestiféré il y a dix ans, s'est-il tout naturellement installé dans les consciences. Aujourd'hui, il est considéré comme la norme.

 

Idem, la notion de "préférence indigène", désormais en vigueur au niveau fédéral.

 

C'est le génie de la Suisse, depuis 1848 : les idées nouvelles commencent par déranger les partis au pouvoir. Mais ces derniers, avec le temps, sont assez habiles pour les assimiler, allant même parfois jusqu'à en revendiquer la paternité. C'est ainsi que le Parti radical, pendant un siècle et demi, a pu asseoir sa domination et son influence sur le pays.

 

En politique, il faut souvent laisser faire le temps, ami précieux, discret et silencieux. Si c'était le titre d'un film, cela pourrait être "Vivre et laisser mûrir".

 

Pascal Décaillet

 

 

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Les noires profondeurs de la Perse

 
 
Vendredi 27.07.18 - 08.17h

En France, la liberté d'expression n'existe plus. Il y a des choses qu'on ne peut plus dire, des idées qu'on ne peut plus défendre. Dès que vous tentez de les émettre, une armada de régulateurs vous tombent dessus.

 

Ils défendent l'orthodoxie de la pensée. Il faut sanctifier l'Europe, même en faillite, et faire passer la nation pour un archaïsme. Il faut gommer l'Histoire, éradiquer la mémoire, vouloir du passé faire table rase.

 

Il faut sublimer le nomade, mépriser le sédentaire. Il faut déifier l'Autre, en s'ignorant soi-même. Interdire de lire des écrivains qu'on n'a soi-même pas lus. Respecter la liste de ce qui est lisible, convenable, ne pas s'en détourner, jamais.

 

Il faut être dans le rang. Régulateurs en chef de toute déviance à cet ordre établi de la pensée, quelques figures du Palais des glaces parisien. Ils sont marquis, admis au Coucher du Roi, courtisans du pouvoir en place, sécateurs de têtes qui dépassent. Ils nivellent, normalisent. Ils urbanisent la pensée.

 

Bien heureusement, ces choses-là n'adviennent qu'en France. Ou peut-être, aussi, en Perse. Dans notre bonne Suisse romande, chacun sait que la liberté d'expression est totale. Nul communautarisme, jamais, ne tente de l'étouffer.

 

Nul courant dominant. Nulle coterie professionnelle. Nul réseau de géomètres. Nulle Olympe, pour décréter le bien.

 

Heureux sommes-nous de n'être point en France. Ou pire : dans les noires profondeurs de la Perse.

 

Pascal Décaillet

 

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25/07/2018

Macron et la vertigineuse moraine de l'éternité

 

Sur le vif - Mercredi 25.07.18 - 21.45h

 

L'affaire Benalla ne sonne pas la fin de la Macronie. Le temps de cinq ans, ce répit de l'Ancien Monde avant de passer aux choses sérieuses, s'accomplira, sauf événement majeur ou imprévu.

 

Mais cette affaire sonne la fin de ce que l'orléaniste de l’Élysée a cru bon de considérer comme son état de grâce prolongé. Il ne lui aurait pas déplu que cette prolongation durât jusqu'à la vertigineuse moraine de l'éternité.

 

Seulement voilà, l'Histoire n'est pas un conte de fées. Les Français ne sont pas insensibles aux monarques, mais ils ont, de tout temps, détesté les favoris. Mignons du Roi Henri III, dépenses de la Pompadour, arrogance de la Du Barry. Ils ne répugnent pas, loin de là, à l'exercice solitaire du pouvoir (Philippe le Bel, Louis XI, Louis XIV, Napoléon, de Gaulle), mais à condition que l'homme seul soit un homme grand. Tutoyant le destin.

 

Nous ne sommes pas exactement dans ce cas de figure.

 

Pascal Décaillet

 

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