16/11/2018

Armée européenne : l'inculture de Macron

 

Sur le vif - Vendredi 16.11.18 - 17.37h

 

Il ne saurait exister d'armée européenne, pour la simple raison qu'il n'existe pas d'Europe.

 

Une armée, c'est l'épée d'une nation. Pour qu'il y ait armée, il faut qu'existe farouchement, derrière, une communauté d'hommes et de femmes suffisamment soudés, dans l'ordre des valeurs, de la mémoire, du projet commun, pour crier au monde leur volonté de vivre ensemble.

 

Exemple : la France révolutionnaire de 1792, celle qui lève en masse le peuple pour défendre les frontières et les valeurs nouvelles, alors que les têtes couronnées d'Europe, coalisées (elles le seront jusqu'en 1815), préparent l'invasion pour rétablir l'Ancien Régime, avec ses privilèges. Là, dans ce moment d'exception de l'Histoire de France, ceux qu'on a appelés les Soldats de l'An II, patriotes comme jamais, ont donné à l'Europe une incroyable leçon.

 

Pour qu'il y ait armée, il faut qu'il y ait nation politique. Il faut que ceux qui tiennent l'épée soient soutenus par le peuple. Ils l'ont été, dans la France en guerre, entre le 2 août 1914 et le 11 novembre 1918.

 

Pour qu'existe donc, un jour, cette fameuse "armée européenne", qu'un Président sans mémoire et sans culture politiques a cru bon, juste en passant, de lancer dans l'opinion, comme un feu de Bengale, sans le moindre arrière-pays mental dans l'ordre de l'Histoire, il faudrait qu'existe un jour une véritable Europe politique.

 

Existera-t-elle un jour ? Je n'en sais rien. Mais j'ai la certitude qu'aujourd'hui, elle n'existe pas. Au contraire, le château de cartes, construit sur de mauvaises bases, s'effondre.

 

Stratégiquement, qu'avons-nous en Europe ? Réponse : deux armées crédibles. L'armée française. Et, la rattrapant à grandes enjambées, dans l'indifférence générale, l'armée allemande. Eh oui, l'Allemagne est en plein réarmement, depuis Helmut Kohl, cela semble n'intéresser personne, elle réarme même sa marine, au point que cette dernière pourrait rattraper la Royal Navy dans un combat acharné, entamé à la fin de l'ère bismarckienne, sous l'impulsion du Grand Amiral Alfred von Tirpitz (1849-1930), véritable fondateur de la Kriegsmarine, pour la suprématie en mer du Nord et en Baltique.

 

Une armée française, qui n'est pas rien. Un armée allemande, en constante solidification. Cela, ce ne sont pas des rêves. C'est la réalité stratégique d'aujourd'hui.

 

Un jour, les Américains, arrivés le 6 juin 1944 (et même un peu plus tôt, en Italie), quitteront le sol européen. Ce jour-là, pas si lointain, il y aura, sur le continent, et jusqu'à la Russie, une armée française, et une armée allemande. Cette dernière sera devenue la plus puissante en Europe. A partir de ces fondamentaux, chacun d'entre nous peut fantasmer les scénarios qu'il veut, mais cela restera précisément des scénarios.

 

Pour l'heure, il n'existe aucune espèce d'Europe politique, nous en sommes infiniment loin. Il ne saurait donc exister d'armée européenne.

 

Pour l'heure, il existe en Europe des nations. Avec des armées nationales. Principalement, une armée française, une armée allemande. Le reste, ce sont des rêves et des paravents. Autant dire, rien : nulle politique ne saurait se fonder sur d'autres ancrages que ceux des réalités.

 

Pascal Décaillet

 

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Alexandre de Senarclens

 

Sur le vif - Vendredi 16.11.18 - 08.27h

 

Alexandre de Senarclens est un homme dont je ne partage pas les idées politiques. Le libéralisme économique, l'Union européenne, le multilatéralisme, ne sont pas mes choix. J'aime l’État, j'aime la nation, j'aime la frontière, je suis protectionniste, attaché à la solidarité et à la cohésion sociales, à l'interne. Dimanche 25 novembre, il gagnera, je perdrai. J'aurai tout au moins voté en conscience.

 

Bref, tout semblerait me séparer de ce patricien qui semble, à tout moment, surgir de la rue des Granges. Seulement voilà : il est devenu président du PLR genevois, j'ai commencé à l'inviter à GAC, j'ai appris à le connaître. Au fil des mois, j'ai découvert que l'élégance de cet homme n'était pas seulement vestimentaire : elle vient de l'intérieur, de son éthique, de son sens exceptionnel de la responsabilité individuelle. Il m'arrive parfois, en le côtoyant, de penser à mon professeur de grec, Olivier Reverdin.

 

Et puis, il y a eu l'affaire Maudet. Comme une pluie de poix sur la blancheur des convictions. Jour après jour, à ma demande, Alexandre de Senarclens, qui n'est strictement pour rien dans ces mirages orientalistes, ces cagnottes de grognards démobilisés et ces salamalecs, a toujours accepté de venir sur mon plateau, essuyer les plâtres. Payer pour les autres.

 

Il l'a fait, parce qu'il est président, et qu'il assume la fonction. Il n'a jamais attaqué personne. Il s'est montré, et se montre encore, dans toute cette crise majeure, un parfait gentleman, soucieux de l'unité d'un parti qui vole en éclats.

 

Au moment où ce parti n'a même pas le minimum de gratitude de le retenir pour la liste au National (Chambre où il aurait parfaitement sa place), je veux lui dire ici, publiquement, mon estime et mon respect pour la très grande classe de son comportement, et sa verticale rectitude dans le champ dévasté des trahisons.

 

Pascal Décaillet

 

11:17 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Imprimer |  Facebook | |

15/11/2018

Démocratie directe : les thèmes au pouvoir !

 

Sur le vif - Jeudi 15.11.18 - 15.27h

 

Politique : parlons moins des gens ! Parlons des thèmes !

 

La supériorité de la démocratie directe est qu'elle permet au corps des citoyens d'empoigner lui-même, sans intermédiaires, les grands thèmes dont peut dépendre le destin du pays.

 

Ainsi, les juges étrangers : qu'on soit pour l'initiative, qu'on soit contre, le peuple entier de la Suisse aura pu brasser un thème majeur, touchant à la notion de la souveraineté législative.

 

C'est tout de même autrement fondamental, dans la dimension même de la querelle, que l'anecdote ou la péripétie personnelle des uns ou des autres !

 

Pascal Décaillet

 

 

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Le corps de la nation

 

Sur le vif - Mercredi 14.11.18 - 23.50h

 

Il n'y a pas d'un côté les politiques, comme s'ils devaient constituer une caste à part, et de l'autre les gens.

 

Non. Il y a des citoyens.

 

Nous sommes tous citoyens ! Tous ensemble, nous faisons, grâce à la démocratie directe, la politique du pays. Ensemble, nous constituons le corps de la nation. Chacun de nous est fragment de cette totalité.

 

Il y a des citoyens élus, dans des Parlements, pour faire des lois. Fort bien. Qu'ils fassent des lois. Mais la politique ne leur appartient pas. Pas plus qu'elle n'appartient aux partis.

 

Se faire élire ne constitue en aucune manière un élément de supériorité dans l'appartenance citoyenne. Au contraire : cela crée un devoir, une forme profane de ministère, envers la masse des citoyens électeurs. Un élu est là pour servir.

 

La politique est l'affaire de tous. Aventure collective et totale, à l'intérieur d'un périmètre donné, qui constitue à la fois une communauté de mémoire et de destin.

 

Cet horizon commun, où l'avenir puise son énergie dans les profondeurs de l'Histoire, le foisonnement des récits, l'invention des langues, la communauté des valeurs, je lui donne, pour ma part, le nom de nation.

 

Pas le nationalisme. Juste la nation.

 

Pascal Décaillet

 

 

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14/11/2018

Macron face aux Serbes : innommable !

 

Sur le vif - Mercredi 14.11.18 - 13.51h

 

Le comportement de Macron face au Président serbe, le 11 novembre dernier, donne la nausée à tous ceux qui connaissent l'Histoire. Écarter un frère d'armes de la Grande Guerre, écarter un peuple qui s'est battu avec héroïsme contre l'occupation nazie de la Yougoslavie (là où d'autres collaboraient), entre 1941 et 1945, l'écarter le jour du centième de l'Armistice, est un acte innommable.

 

Mais ouvrez les livres d'Histoire, Monsieur le Président ! Relisez la prodigieuse épopée de l'Armée d'Orient, commandée par le Maréchal Franchet d’Esperey ! Et puis, renseignez-vous un peu, voulez-vous, sur la terrible Histoire des Balkans entre 1941 et 1945. Il y eut des gens, dans des pays aujourd'hui très bien vus de la mode internationale, pour trouver beaucoup d'avantages à l'occupation allemande. Et puis, il y eut des peuples qui résistèrent. Ce fut le cas des Serbes.

 

Ce qui manque à Emmanuel Macron, c'est un minimum de connaissances historiques. Il est le Président de la France ! Le Président d'une grande nation, qui s'est construite, au fil des siècles, par le sacrifice et par les armes. Une nation qui a refusé les Empires, pour s'affirmer elle-même, parfois seule contre tous, comme en 1792, lors de la levée en masse pour défendre la Révolution.

 

Cette nation, en Europe, a quelques amis fidèles. Pas beaucoup. La Serbie en fait partie.

 

Vous venez de commettre, Monsieur le Président, après celle de François Mitterrand au début des années 1990, la deuxième trahison de la France à l'égard de la Serbie.

 

Pascal Décaillet

 

14:10 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (11) | |  Imprimer |  Facebook | |

12/11/2018

La démocratie passe par la connaissance

 

Sur le vif - Lundi 12.11.18 - 09.36h

 

Hérités du 19ème siècle, des structures de pensée du 19ème, des moyens de communication du 19ème, les partis politiques ne sont absolument pas l'Alpha et l'Oméga de notre vie démocratique. Ils n'ont d'ailleurs pas à l'être : dans notre système suisse, le personnage principal est le citoyen ; l'instance cardinale, c'est le corps des citoyens, constituant le suffrage universel.

 

Les partis sont des groupements d'intérêts. Des corporations. Officiellement, pour fédérer sous une même bannière ceux qui voient le monde avec des valeurs communes. En vérité, parce que l'être humain a besoin - beaucoup trop, je l'affirme ! - de s'agglutiner dans la chaleur des chapelles et des paroisses, pour se sentir plus sûr. Elles n'ont pas toutes la sainte géométrie de la phalange. Mais toutes dispensent l'encens, bénissent et maudissent, incorporent, proclament la bonne parole.

 

On parle beaucoup trop des partis politiques. On leur attache beaucoup trop d'importance. Le héros, en démocratie, c'est le citoyen, pas le membre d'un parti. La prodigieuse modification des modes de communication, l'avènement des réseaux et de la connaissance partagée, tout cela, petit à petit, va rendre caducs ces conglomérats d'intérêts, et de services rendus, qu'on appelle les partis. De plus en plus, au fil des décennies, les énergies citoyennes, regroupées autour d'objectifs thématiques ponctuels, comme aujourd'hui les initiatives populaires, feront à la place des partis, et cette fois de façon directe, la politique du pays.

 

C'est pourquoi notre démocratie directe est si précieuse. Non pour constituer une "dictature de la majorité", comme l'affirme fallacieusement un ancien conseiller fédéral, mais comme outil moderne, pertinent, adapté aux consciences d'aujourd'hui et de demain, pour faire vivre notre pays.

 

Non seulement il ne faut pas affaiblir notre démocratie directe. Mais il nous faut inventer ensemble, dans les décennies qui viennent, les moyens de la renforcer. Pas pour en faire une démocratie d'opinion, ni de clic, surtout pas ! Mais pour associer le plus grand nombre aux décisions, conférant ainsi à ces dernières ancrage et légitimité.

 

Cela passe, combien de fois l'ai-je répété, par une élévation du niveau de connaissances de l'ensemble de la population. En Histoire, principalement. En information citoyenne. En linguistique, et décorticage des actes de langage. Cela passe donc par l’École, sans laquelle rien n'est possible. L’École, au service de tous. La connaissance, acquise, discutée, partagée, pour améliorer la vie des hommes et des femmes, tout simplement.

 

Pascal Décaillet

 

 

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10/11/2018

Macron : la révélation photographique se précise

 

Sur le vif - Samedi 10.11.18 - 18.13h

 

En relançant l'idée d'une "armée européenne", Emmanuel Macron permet de préciser la révélation photographique, lente mais certaine, de sa vraie personnalité politique.

 

Plus le quinquennat avance, plus s'estompe la grande tromperie de "l'homme nouveau", celle de la campagne présidentielle 2017, et plus se précise la véritable silhouette du Président français. Économiquement, un libéral, voire ultra. Politiquement, un MRP, entendez un démocrate-chrétien de la Quatrième République, fou d'Europe, peu sensible à l'identité profonde de la nation française, ancrée dans le tragique de l'Histoire.

 

Il a parfaitement le droit d'être tout cela, il est juste dommage qu'il ne l'ait pas annoncé franco de port, dans ses meetings du printemps 2017. Cette comédie de l'homme nouveau, tellement archaïque, était insupportable. Alors que libéral et européen, c'est identifiable dans la continuité historique, ça prolonge l'Histoire au lieu de prétendre l'abolir.

 

La dernière fois qu'il fut, de façon farouche et furieuse, question d'une armée européenne, ce fut le débat passionnel de 1954 sur la CED, la Communauté européenne de défense, neuf ans seulement après la guerre. Les MRP et les libéraux étaient pour. Les gaullistes et les communistes étaient contre. Aujourd'hui, 64 ans après, les fronts demeurent, au millimètre, juste parfois sous d'autres étiquettes, les mêmes qu'en 1954. Je dis souvent que depuis la Convention, donc depuis la Révolution, les masses tectoniques composant la politique française n'ont pas beaucoup changé.

 

Pour ma part, je ne reproche pas à M. Macron d'être pro-Europe ni libéral, même si je suis moi-même, comme on sait, anti-Europe, partisan des nations souveraines, mais aussi d'un État fort, et d'un système de redistribution solidaire des richesses. Mais je lui reproche de nous avoir joué, en 2017, une comédie comparable à celle de Giscard en 1974 : celle de la jeunesse et du jeunisme, de l'Histoire abolie, de la table rase. Le vrai visage de Giscard, qui se prétendait "centriste", on l'a vite vu : un homme de la droite libérale. Celui de Macron, comme un cliché en lente révélation chimique, se précise de jour en jour. En 2022, les Français sauront exactement à qui ils auront eu affaire. Au moment de prendre congé de lui. Après cinq ans de répit pour l'Ancien Monde.

 

Pascal Décaillet

 

 

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Erreurs en escadrilles

 

Sur le vif - Samedi 10.11.18 - 13.08h

 

D'où vient, mais de quelle étrange erreur de dépêche, ou de source première, cette hallucinante répétition en boucle, ce matin sur les radios francophones, de la phrase : "C'est la première fois depuis 1945 que les chefs d’État allemand et français se retrouvent en Forêt de Compiègne, dans le wagon de Rethondes" ?

 

Les plénipotentiaires français et allemands se sont retrouvés deux fois, face à face, dans le wagon de Rethondes :

 

1) Le 11 novembre 1918, pour la signature de l'Armistice, mettant fin à la Grande Guerre. Il n'y avait ni chef d’État allemand (le Kaiser avait été déposé l'avant-veille par la Révolution du 9 novembre), ni français (M. Poincaré), dans le wagon.

 

2) Le 22 juin 1940, pour la signature de l'Armistice, suite aux six semaines de Blitzkrieg de l'Allemagne contre la France. Le chef d’État français n'était pas là. Ni Lebrun, sortant. Ni Pétain, entrant. Le chef d’État allemand, lui, était bien là. Il s'appelait Adolf Hitler. Et il a esquissé, devant le wagon, une danse de victoire.

 

J'en viens au fait : en 1945, date avancée par toutes les radios ce matin, il ne s'est RIEN PASSE à Rethondes !

 

Comment une telle erreur factuelle peut-elle se reproduire en boucle, sans que personne ne réagisse ?

 

Pascal Décaillet

 

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Juges étrangers : la vraie question

 

Sur le vif - Samedi 10.11.18 - 10.12h

 

L'idée même de nation, dans sa racine qui est la France révolutionnaire de 1792 (celle qui, seule en Europe contre tous, lève en masse le peuple pour défendre le sol et les valeurs), implique la primauté du droit par elle-même édicté. Et la défense, à tout prix, contre vents et marées, de ce choix fondamental.

 

Si la France de 1792, celle de Valmy et des Soldats de l'An II, avait choisi l'ordre international, c'était le retour immédiat, imposé par tous ses voisins, à l'Ancien Régime, avec rétablissement des privilèges.

 

La question n'est donc pas "Voulons-nous la primauté du droit national ?". Mais, beaucoup plus en amont : "Voulons-nous constituer une nation souveraine ?". Ou voulons-nous, au contraire, devenir la partie d'un Empire ? Et, à terme, dans l'innocence d'une anesthésie, nous dissoudre dans ce dernier.

 

À cette question, la seule qui vaille, chacun est libre de répondre comme il l'entend. Ma réponse, à la fois personnelle, républicaine et nationale, vous la connaissez.

 

Pascal Décaillet

 

 

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08/11/2018

Manuel Tornare : un homme honnête et brillant

 

Sur le vif - Jeudi 08.11.18 - 09.47h

 

Manuel Tornare est un homme honnête. Il n'est pas un profiteur du système. Il a été, pendant de longues années, un remarquable Conseiller administratif, soucieux du bien public, plusieurs fois Maire, avec panache, réseau international, et volonté farouche de servir la Ville de Genève.

 

Fréquentant les puissants et les mécènes, il a souvent obtenu d'eux des dons très importants pour la collectivité genevoise. Il eût été exceptionnel, s'il avait hérité du dicastère de la Culture.

 

En aucun cas, ce serviteur de la Ville (l'échelon où il fut le meilleur) ne saurait, par contre-feux et amalgames concoctés dans les officines politiques, être mis à la même enseigne que certains autres, qui ont véritablement vacillé, peut-être même chaviré, face aux mirages de l'Argent.

 

Pascal Décaillet

 

 

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07/11/2018

Et l'Oméga ?

 

Sur le vif - Mercredi 07.11.18 - 13.10h

 

Dans un titre de tête de page, la TG qualifie de "mâle alpha" l'un des candidats PLR au Conseil fédéral. Quelle eût été la vocifération d'aucunes, si une métaphore similaire avait été utilisée dans le sens inverse ?

 

Pascal Décaillet

 

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06/11/2018

Il n'y a pas d'affaire Salerno

 

Sur le vif - Mardi 06.11.18 - 14.19h

 

D'abord Simon Brandt, puis d'autres : la ligne de contre-attaque de l'Entente municipale, en Ville de Genève, consiste à tomber sur Sandrine Salerno, sous prétexte qu'elle aurait mal géré le contrôle financier des notes de frais de l'exécutif.

 

Il s'agit, clairement, d'un dérivatif. On allume des contre-feux, pour faire oublier l'ampleur de l'ardoise Barazzone. L'opinion publique n'en sera pas dupe.

 

D'abord, Mme Salerno est une excellente gestionnaire des Finances municipales, des audits externes l'ont montré. Ensuite, sur l'affaire des notes de frais, elle est celle des cinq qui a le moins à se reprocher.

 

Surtout, prétendre le vide juridique responsable des errances dispendieuses de nos édiles, c'est présupposer que ces derniers auraient absolument besoin de codifications écrites, là où le minimum de rectitude devrait s'imposer naturellement.

 

Désolé, M. Brandt et consorts, il n'y a pas d'affaire Salerno.

 

Mais il y a, pour le moins, une affaire Barazzone.

 

Pascal Décaillet

 

 

14:29 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Imprimer |  Facebook | |

Il ira son destin

 

Sur le vif - Mardi 06.11.18 - 10.54h

 

Ce qui monte, un peu partout en Europe, ça n'est pas un nouveau système intellectuel. Non. C'est une part d'instinct et d'émotion, dans l'ordre de l'appartenance nationale.

 

Le sentiment, très fort, d'une communauté de destin, non à l'échelle mondiale, mais dans un périmètre géographique et une continuité historique bien précis. Ce que les mondialistes ont voulu abolir.

 

Ce retour de l'idée nationale, telle que les Français l'ont découverte au moment des guerres de la Révolution (1792), ou les Prussiens sous l'Occupation napoléonienne (1806-1813), ou les peuples d'Europe en 1848, est un courant puissant. Il ira son destin, quoi qu'il advienne.

 

Pascal Décaillet

 

 

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Instinct et survie

 

Sur le vif - Mardi 06.11.18 - 08.51h

 

L'enjeu de la votation du 25 novembre est celui de la souveraineté de la nation. Nos lois doivent-elles être ultimes, ou non ?

 

C'est à ce niveau-là, à cette hauteur de vue, à la dimension de cette querelle, qu'il convient d'appréhender la question. Cette dernière interpelle à la fois le temps et l'Histoire, la nature même, depuis la Révolution française, de l'idée nationale.

 

Elle n'est pas sectorielle (les patrons, les syndicats, les "milieux académiques"), ni corporatiste. Elle est totale, indivisible, immédiate.

 

Elle met en jeu le sentiment profond, avec sa part d'instinct et de survie, que chacun d'entre nous, dans l'intimité de son for, entretient avec le pays.

 

Face au vote, chacun d'entre nous, jeté là comme fragment et poussière, assume la totalité de sa solitude, face au destin commun. Il est libre. Il n'a de comptes à rendre à personne. Surtout pas aux partis politiques, ces paroisses d'éternité confisquée.

 

Au regard de cette solitude vertigineuse et sacrée, les "mots d'ordre" des centaines de féodalités d'intérêts, associations, corporations, sont vaines comètes, depuis des millénaires éteintes.

 

Le reste, ce sont des mots, des dérivatifs, des récupérations, des gesticulations, du remplissage.

 

Pascal Décaillet

 

 

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05/11/2018

Aux Jurassiens, mon amitié confédérale

 

Sur le vif - Lundi 05.11.18 - 12.05h

 

J'ai eu vingt ans en juin 1978, c'était à l'époque l'âge à partir duquel on pouvait voter. Mon tout premier vote, au niveau fédéral, et j'en suis tellement fier, fut de dire OUI, un OUI du fond du coeur, en septembre 1978, à la création du nouveau Canton du Jura.

 

J'avais suivi l'affaire bien avant, depuis les plébiscites du milieu des années 70, je n'avais pas encore lu les théoriciens de la Question jurassienne, mais je sentais très fort qu'il y avait, pour les gens de ces districts-là, en tout cas ceux d'entre eux qui le souhaiteraient, une anomalie de l'Histoire (elle date de 1815) à réparer. J'avais fait mon armée à 19 ans, en 1977, il y avait des Jurassiens (encore Bernois, à l'époque, mais autonomistes) dans ma compagnie, j'avais senti leur passion d'avoir un Canton à eux.

 

Je n'ai jamais connu Roland Béguelin, mais j'ai eu la chance, à Berne, de fréquenter et d'interviewer maintes fois François Lachat, l'un des Pères du Canton, un homme de chaleur, de culture et d'humour, celui qui, du balcon, avait crié "Citoyens, Victoire !".

 

Bref, j'ai toujours été favorable au Canton du Jura. En même temps, mon respect pour le Canton de Berne est total, y compris pour les districts du Sud, qui avaient choisi d'y demeurer. L'affaire est complexe, passionnante, les découpages de sympathies (PRO ou ANTI) sont ciselés au scalpel, district par district, commune par commune, famille par famille.

 

Aujourd'hui, je veux dire mon amitié confédérale aux gens de Moutier. Il me semblait que, le 18 juin 2017, ils avaient fait un choix politique clair, même s'il était serré. J'avoue comprendre difficilement les décisions de la Préfète. Surtout, je pense à cette ville où je me suis rendu souvent, notamment pour des décentralisés radio. Je pense à l'état d'esprit des gens qui pouvaient légitimement partir de l'idée que, la chose ayant été tranchée politiquement, on allait pouvoir aller de l'avant. La décision de ce matin remet tous les compteurs à zéro. Il y a de quoi avoir la boule au ventre.

 

Il y a, au fond de moi, une double appartenance. Je suis Genevois, né ici, profondément attaché à la Ville et au Canton de Genève. J'y ai passé toute ma vie, à part mes années à Berne, comme correspondant parlementaire, et de longues périodes en Allemagne, aussi. Et puis, je suis Valaisan. Par mes origines, mes deux parents, et toute l'ancestralité remontante, sur des siècles. Valaisan par le tempérament, le caractère, par toute l'intensité de mes liens familiaux.

 

Étant ces deux choses à la fois, je suis profondément Suisse. Attaché à la pluralité, la diversité, l'impérieuse nécessité des équilibres, tellement fragiles. En cela, je pense que nul Suisse, nulle Suissesse, ne peut demeurer indifférent à la Question jurassienne.

 

Aux gens du Jura, qu'ils soient de Berne ou du nouveau Canton, de Moutier ou d'ailleurs, je veux dire aujourd'hui la profondeur de mon amitié confédérale. Dans la déception d'un débat relancé, comme dans l'ivresse festive des jours de victoire, le citoyen suisse que je suis adresse sa sympathie à ses concitoyens de là-haut, dans ce Nord-Ouest où s'embrassent les cultures. La Suisse et la France. La langue de Verlaine et celle de Hölderlin.

 

Vive le Jura !

 

Pascal Décaillet

 

 

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04/11/2018

Une affaire de la nation avec la nation

 

Sur le vif - Dimanche 04.11.18 - 14.03h

 

Juges étrangers : revoilà, comme dans la campagne du 9 février 2014, les "milieux académiques" qui nous promettent l'Apocalypse.

 

Soyons sérieux. L'enjeu de la votation du 25 novembre ne concerne au premier chef ni les "milieux académiques", ni le patronat, ni les syndicats.

 

L'enjeu est identitaire. Il concerne la relation profonde que chacune, chacun d'entre nous entretient avec son pays. Voulons-nous que nos lois soient ultimes, ou considérons-nous qu'en certains cas, des instances externes à l'appareil législatif suisse puissent intervenir ?

 

A cette question, chacun répondra selon son coeur. Selon son âme. Selon l'intimité du rapport qu'il aura noué, dans sa vie, avec l'idée nationale, l'idée de souveraineté, l'idée d'indépendance.

 

Cela n'est en rien une affaire des "milieux académiques". Ni du patronat. Ni des syndicats.

 

C'est une affaire du peuple avec le peuple. Une affaire de la nation avec la nation.

 

Pascal Décaillet

 

 

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Contrôle politique, SVP !

 

Sur le vif - Dimanche 04.11.18 - 10.45h

 

Le fait que la justice enquête sur un magistrat n'exonère en rien le Parlement de sa mission de contrôle à lui, à travers la Commission de contrôle de gestion, ou toute autre commission ad hoc qu'il déciderait de créer. C'est cela, la séparation des pouvoirs.

 

Le Parlement n'a pas à calquer ses décisions sur le calendrier judiciaire. Ni l'inverse.

 

Son récent dessaisissement, par lui-même décidé (sous quelles pressions ?), est tout simplement inexplicable, en logique républicaine. À quoi servent les Commissions de contrôle si, au premier orage venu, elles renoncent à leur mission ?

 

À l'inverse, le délibératif de la Ville a su montrer, par son Bureau, une saine volonté d'indépendance et de mise en lumière des dysfonctionnements de l'exécutif municipal. Cela, sous l'impulsion d'un Président non-gouvernemental, réputé pour son intégrité, ne cherchant ni à faire carrière ni à plaire au pouvoir.

 

Pascal Décaillet

 

 

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03/11/2018

Démocratie totale

 

Sur le vif - Samedi 03.11.18 - 04.36h

 

La démocratie de mes vœux est une démocratie totale, dont la pierre angulaire est le corps des citoyens.

 

Dûment formés, informés, éduqués, par un système scolaire performant, notamment en Histoire, les citoyennes et citoyens prennent en charge le destin du pays. Ils en ont conscience. Ils se sentent profondément investis de cette mission.

 

Le Parlement demeure. Il fait les lois. Certaines sont corrigées par référendum, mais c'est rare. L'immense majorité des lois parlementaires entrent en vigueur.

 

Le parlementaire fait les lois, mais c'est tout. La politique ne lui appartient pas. Le débat politique appartient à l'ensemble des citoyens. Tous peuvent s'exprimer : les nouveaux outils de communication, la mise en réseau des connaissances, le permettent.

 

J'invite mes concitoyens à cesser de pleurnicher face à des élus qui les déçoivent. Qu'en attendaient-ils ? Qu'ils fussent parfaits ?

 

Nous avons beaucoup mieux à faire que nous plaindre constamment des élus : faisons la politique nous-mêmes. En utilisant à fond la démocratie directe. En inventant, ensemble, dans les décennies qui viennent, de nouvelles formes de démocratie directe, plus puissante, plus étendue qu'aujourd'hui.

 

Le plus compliqué, dans cette invention, sera de demeurer dans l'ordre du démos, et non de sombrer dans celui de la doxa. En clair, nulle extension de la démocratie directe ne pourra s'opérer sans un approfondissement, en parallèle, du niveau de connaissances des citoyens. LES NOUVEAUX OUTILS LE PERMETTENT, et le permettront davantage encore dans les temps qui viennent. Si le réseau social, par exemple, pouvait être utilisé un peu moins pour le bavardage, et davantage pour le partage de connaissances et d'arguments, la Cité serait gagnante. Le démos, c'est le vote comme institution, la doxa c'est le clic d'opinion.

 

Parlons moins des partis politiques, aussi. Il ne sont en aucun cas l'alpha et l'oméga. On peut parfaitement être une excellente citoyenne, un excellent citoyen, sans adhérer à ces paroisses où il faudrait rester à vie.

 

Privilégions les thèmes sur les personnes. Parlons moins des élections, et beaucoup plus des votations. Partageons nos connaissances, les nouveaux outils le permettent. Informons-nous mutuellement. Misons sur l'intelligence collective, au service du bien commun. Construisons ensemble le pays. C'est infiniment plus intéressant que de geindre et gémir, comportement infantile et aveu de dépendance, à la moindre incartade des élus.

 

Pascal Décaillet

 

 

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02/11/2018

Le personnage principal

 

Sur le vif - Vendredi 02.11.18 - 18.47h

 

On parle beaucoup trop des élus. Le personnage principal, en démocratie, ça n'est pas l'élu. C'est le citoyen.

 

Pascal Décaillet

 

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Deux millions, c'est mieux que 246 !

 

Sur le vif - Vendredi 02.11.18 - 13.09h

 

Le Parlement joue un rôle important dans notre vie politique suisse. Il fait des lois, ce qui n'est pas rien. Mais il ne constitue en aucun cas l'alpha et l’oméga de notre démocratie.

 

Non, la pierre angulaire, c'est le corps des citoyens, le suffrage universel. Par le référendum, il peut défaire les lois votées par le Parlement. Beaucoup mieux : par l'initiative populaire, il peut exhumer les sujets que la classe politique a volontairement laissé gésir dans les entrailles de la terre.

 

Ces sujets, par la voie de l'initiative, les citoyens peuvent en faire des thèmes majeurs de notre vie politique, d'envergure nationale, sur lesquels les cinq millions d'électeurs de notre pays prennent parti. Jusque dans les repas familiaux, on s'engueule, comme dans le fameux dessin de Caran d'Ache, sur l'Affaire Dreyfus.

 

Le Parlement chuchote et passe des compromis tactiques et soupesés, la peuple vit et s'exprime. Si 40% des cinq millions votent (c'est la moyenne), cela fait deux millions de personnes qui, quatre fois par an, dessinent ensemble le destin de la nation.

 

Deux millions, c'est tout de même un peu mieux, un peu plus ancré en légitimité tellurique, que 246 à Berne, non ?

 

Pascal Décaillet

 

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