Sur le vif

  • Haro sur le Maudet !

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    Sur le vif - Jeudi 09.04.20 - 10.02h

     

    Désolé si je viens troubler la doxa que tente de nous instiller le PLR pour justifier sa défaite électorale, mais Pierre Maudet est aussi responsable de la "débâcle" (le mot est du Président du parti) que le baudet, celui de la fable, est responsable de la peste.

    On aime ou non Pierre Maudet, on lui pardonne ou non ses errances passées, chacun est libre. Je n'entends pas ici rouvrir ce débat. Mais de grâce, que vient-il foutre dans la déconfiture de son parti au niveau communal ?

    Il ne n'est pas occupé de ces élections ! Il n'est pas intervenu - cette fois - dans l'élection en Ville de Genève. L'homme qui portait les couleurs de son parti avait été son petit Peyrolles, n'en disconvient d'ailleurs pas, mais ne l'est plus.

    Surtout, depuis quelques semaines, Pierre Maudet a d'autres soucis. Nous avions plaidé, ici, pour qu'il s'engage à fond dans la crise. Le Conseil d’État est allé dans ce sens, lui confiant la responsabilité de la bataille économique. Cette dernière commence à produire des résultats, comme cet accord sur les baux commerciaux. Désœuvré pendant des mois, Pierre Maudet est maintenant en ordre de bataille, avec une stratégie, des objectifs. Qui, soucieux de l'intérêt supérieur de notre Canton, s'en plaindra ?

    Qui, sinon les mauvais perdants au sein du PLR ? Pierre Maudet n'est pas plus responsable de la défaite de Simon Brandt en Ville, qu'il ne l'avait été, en octobre, de celle du candidat PLR aux États. Il y a un moment où il faut se calmer avec l'effet du bouc émissaire. Trop facile! Un paravent, à vrai dire, pour faire l'économie d'une autocritique sémantique et structurelle : le libéralisme plonge, le libre-échange ne fait plus recette, le multilatéralisme crie son inanité, les pompes cirées aux multinationales, plus personne n'en veut.

    Ça c'est pour la branche "L" du PLR. Mais la branche "R" n'est pas en reste : son tropisme obsessionnel pour un thème qui intéressait plus la France de 1905 - ou la Genève de 1907 - que les foules d'aujourd'hui, son lien démesuré avec des chapelles de pensée sectaires à force de nous brandir la Lumière, sa déconnexion avec le peuple, les petits entrepreneurs, les PME, tout cela aussi a joué dans la défaite.

    Quant à Pierre Maudet, il est au front. J'ignore quelle sera l'efficacité de son travail. Mais il essaye. Il y a, aujourd'hui, mieux à faire que de lui chercher noise pour des défaites qui ont d'autres raisons, structurelles et profondes.

     

    Pascal Décaillet

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  • Les partis ? Non, les citoyens !

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    Sur le vif - Mercredi 08.04.20 - 16.33h

     

    "Les partis veulent reprendre la main". Mais bordel, ça n'est pas aux "partis", particulièrement, de revenir sur le terrain ! C'est à la POLITIQUE, tout court !

    La politique, ce ne sont pas seulement les partis, quelle horreur ! La politique, c'est nous tous. Toutes les citoyennes, tous les citoyens qui s'intéressent à la chose publique. Nul besoin, pour cela, d'être élu. Toute personne peut s'exprimer. Chaque avis citoyen en vaut un autre. Nulle cléricature (ni politique, ni médiatique) n'a plus de valeur que n'importe quel avis citoyen, exprimé avec des arguments, une fougue, une passion, une flamme intérieure, un désir de construire le pays.

    Ce qui roupille depuis un mois, ce ne sont pas seulement les partis. Ce sont les Parlements. C'est la démocratie directe. Et, plus grave que tout : c'est l'exercice, par chaque citoyenne, chaque citoyen, de son droit - et de son devoir - à la fonction critique.

    Pour la millième fois : les consignes, nous devons les respecter. Mais, tout en les appliquant, nous demeurons plus que jamais habilités à donner notre avis sur les décisions des autorités.

    Nous sommes des citoyens. Pas des sujets.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Quand la gauche genevoise se fourvoie à 100%

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    Sur le vif - Mercredi 08.04.20 - 13.56h

     

    Hallucinant ! Au moment où nombre d'esprits commencent à prendre conscience de l'impérieuse nécessité d'un redémarrage économique, voilà que la gauche genevoise demande qu'on suspende l'activité des "secteurs non-essentiels".

    Qui va définir la nature "essentielle", ou non, d'un secteur ? Le Comité directeur du PS ? Celui des Verts ? Les 36 composantes rivales d'Ensemble à Gauche ? Les syndicats de fonctionnaires ? Les chercheurs en sciences sociales ? Jacques Dubochet ?

    Sans l'économie, pas de salaires. Sans salaires, pas d'impôts pour les caisses de l'Etat. Sans argent dans les caisses de l'Etat, pas de prestations sociales. Donc, tout part du travail, de l'imagination créatrice, du mouvement : c'est cela l'économie, toute personne qui bosse en est un acteur, la caissière ou le nettoyeur, tout autant que le nabab avec son gros cigare.

    Je n'ai, pour ma part, jamais jugé les gens en fonction de leur statut social, j'admire tout travailleur, toute énergie, d'où qu'ils viennent. Mais je sais une chose, apprise tôt dans ma vie : on ne gagne rien dans l'immobilisme, dans l'attentisme, on gagne tout en se prenant en charge, en se mettant en mouvement.

    J'apprécie la gauche genevoise, passe ma vie à dialoguer avec elle, comme avec toutes les formations politiques. Mais là, elle a totalement tort. Au moment où il faudrait un signal de redémarrage, elle se fourvoie dans le signe contraire. Et comme toujours, se couvrant derrière le prétexte médical, elle s'apprête à nous servir sa grande spécialité : nous faire la morale.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Et maintenant, priorité aux thèmes !

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    Sur le vif - Mardi 07.04.20 - 16.04h

     

    Dans nos 45 Communes genevoises, dont les 21 qui restaient encore à pourvoir, les jeux sont faits. La démocratie a fonctionné. A fond, pour le premier tour : jamais nous n'aurons, mes collègues et moi, autant animé de débats communaux ! Au ralenti, et c'est le moins qu'on puisse dire, pour le second. Mais c'est ainsi, c'est la vie, c'est la politique, elle doit s'accommoder des imprévus, et le virus en est un, majeur.

    Il convient donc de féliciter les élus. Tous, ceux des 45 Conseils administratifs, ceux des 45 Conseils municipaux. Ils se sont battus, ils ont gagné, ils sont légitimes. Notre vie communale, pour cinq ans, a ses magistrats et ses représentants dans les délibératifs.

    Il convient, aussi, d'avoir une pensée pour les battus. Dans une démocratie, tous sont estimables, s'ils se battent et nourrissent la vie citoyenne. Pour ma part, j'ai une pensée particulière pour Simon Brandt, un homme seul et courageux, qui revenait de très loin, après sa mésaventure de décembre. Puisse-t-il continuer, au Conseil municipal, de tenir son rôle critique, intelligent, bosseur de dossiers, au service de la Cité. Une pensée, aussi, pour Maria Perez, militante sincère et combative, qui a porté très haut la bannière du Parti du Travail. Et puis, plein de pensées, pour plein d'autres.

    Genève, sauf retournement majeur, s'apprête à vivre trois années sans élections. Pour nous, passionnés viscéraux de politique, c'est une occasion inespérée : tout centrer, non sur les personnes, mais sur les THÈMES. Plus que jamais, notre démocratie a besoin de ce recentrage. Puisse-t-elle, plus que jamais, être un lieu d'échanges, de débats, d'idées, où puissent s'entrechoquer, non les personnes, mais les arguments.

    Dans notre démocratie, les élus décident, mais c'est tout, c'est leur seul privilège. Le débat, lui, appartient à toutes les citoyennes, tous les citoyens. Pour le faire vivre, nous avons en Suisse le plus beau des instruments : la démocratie directe. Qu'elle vive, plus que jamais ! Nous avons infiniment besoin de cette sève citoyenne, venue d'en bas, pour faire monter les idées nouvelles.

    Notre démocratie est l'affaire de tous. Sa survie, comme celle de notre pays, dépend de nous, Et de nous seuls.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Loin du bal, les vampires !

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    Sur le vif - Mardi 07.04.20 - 10.59h

     

    La crise aura au moins eu un mérite : celui de mettre un moment au frigo les deux grandes hystéries societâââles qui avaient vampirisé 2019. On parle beaucoup moins de genre, beaucoup moins du GIEC. Et ça fait un bien fou.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Redémarrer, vite !

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    Sur le vif - Mardi 07.04.20 - 09.16h

     

    Vous voulez des hôpitaux publics performants ? Avec du personnel qualifié, bien rémunéré, respecté ?

    Nous le voulons aussi !

    Ces hôpitaux, qui les finance ? Réponse : les contribuables.

    Les contribuables, pour qu'ils aient de l'argent à donner à l'Etat, il faut qu'ils l'aient précédemment gagné, en exerçant une activité économique.

    Sinon, à terme, une fois épuisées les réserves, la Suisse n'aura plus d'économie, plus d'argent, donc plus d'écoles, plus d'hôpitaux. C'est cela que vous voulez ? Le désert économique et social !

    Alors de grâce, Mesdames et Messieurs les moralistes à la petite semaine, cessez d'opposer l'économie au social, l'économie à la santé !

    Un redémarrage s'impose en Suisse, et sans tarder.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Révolution mentale

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    Sur le vif - Lundi 06.04.20

     

    Des milliards. C'est ce que va coûter au seul Canton de Genève la paralysie de l'économie, décrétée par les autorités. Nous en aurons pour des années à nous en remettre financièrement, alors que la dette se chiffre déjà en milliards.

    Dans ces conditions, qui ne relèvent plus de la gestion de beau temps, mais de l'économie de guerre, des mesures drastiques devront être prises. Il ne s'agit plus de savoir si l'Etat doit se redimensionner, mais OÙ et COMMENT.

    Seuls les secteurs vitaux devront être épargnés. Au premier plan d'entre eux, bien évidemment, la Santé publique. Mais désolé, presque partout ailleurs, il faudra couper. Réduire à la mission essentielle, qu'elle soit régalienne (Sécurité publique), ou de solidarité (aider les plus démunis).

    Pour y parvenir, c'est une RÉVOLUTION MENTALE qui nous attend. Un secteur comme celui de la Formation, par exemple, devra cette fois VRAIMENT trancher entre ses états-majors, services de recherches, appareils d'intendance et de surintendance d'une part, et d'autre part la seule chose qui vaille, le FRONT. Puisse le DIP arriver lui-même, spontanément, avec un plan de mesures, plutôt que de se le voir imposer par le Grand Conseil.

    Autre exemple : la Caisse de pension des fonctionnaires. Ne venez pas me dire ici qu'on a voté sur le sujet l'an dernier. La donne, depuis, a totalement changé ! Les ressources de l'Etat s'apprêtent à fondre comme neige au soleil. Il faut donc, n'en déplaise aux corporations conservatrices qui défendent la fonction publique, remettre l'ouvrage sur le métier. Première urgence : établir enfin la cotisation à 50% employeur, 50% employé, à la place de l'indécent 2/3 - 1/3 qui prévaut encore. C'est la mesure minimale. D'autres, impérativement, devront suivre.

    Il y aura quantité d'autres exemples. J'aime l'Etat, passionnément. J'ai toujours - bien seul dans les années 90 - condamné l'ultra-libéralisme, destructeur des services publics. Je veux un Etat fort. Mais pas tentaculaire. Fort, là où il doit l'être, sur le vital, l'essentiel. Fort, dans ses rapports frontaux avec la population, et non dans ses étages d'intendance. Nous n'échapperons pas aux coupes. Elles seront douloureuses. Puissent-elles s'opérer dans l'intérêt supérieur de tous, et non pour la simple sauvegarde d'une caste.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Les moralistes, ça suffit !

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    Sur le vif - Dimanche 05.04.20 - 14.38h
     
     
    Bon, tout ce petit jeu commence à suffire. Que nous soyons dans une crise sanitaire majeure, d'accord. Qu'il faille respecter les consignes, d'accord.

    Que les Parlements, totalement dépassés par les événements, incapables d'avoir prévu des scénarios de réunion en ligne, soient aux fraises, nettement moins d'accord.

    Que les exécutifs prennent leurs aises comme jamais depuis 1848, se fassent paternalistes, moralistes, gendarmes, seuls à se mettre en scène dans la majesté sans partage de leur pouvoir, encore moins d'accord.

    Que des parlementaires trouvent normale cette vacance de leur propre institution, premier pouvoir dans le système suisse, autorité de contrôle des gouvernements, plus d'accord du tout.

    Que des dizaines de milliers de petits cafards, utilisant les réseaux dans ce qu'ils ont de pire, passent leur "confinement" à faire la morale à tous ceux qui osent mettre le nez dehors, puis à dénoncer et photographier telle grappe humaine, surprise de leur balcon, où il n'y aurait pas 2 mètres, mais seulement 1,83m, selon les estimations trigonométriques du délateur, entre les gens, plus d'accord du tout.

    Que des esprits libres, ou plutôt des esprits qui par beau temps se targuaient d'être libres, transmués soudain en valets du pouvoir, passent leur temps à nous faire la morale sur "la confiance à faire aux autorités", plus d'accord du tout.

    Ces doctes confondent deux choses : appliquer les consignes des autorités, oui, comme tout citoyen qui respecte toute loi ; mais garder son esprit critique, y compris pour émettre des doutes sur les décisions prises, je peux vous dire que nous n'avons pas l'intention d'y renoncer !

    Un exemple : la fermeture des PME. Celles où le respect des distances n'est pas possible, comme un salon de coiffure, pas de problème, tout le monde le comprend bien. Mais, bordel, des dizaines de milliers d'entreprises suisses, où les distances sont parfaitement possibles, ont dû fermer, à cause de l'aspect linéaire, uniforme, aveugle, de la décision de Berne !

    Alors maintenant, ça suffit. Il faut commencer le redémarrage de notre économie suisse. Pour les intérêts supérieurs de notre pays, au premier plan desquels j'ai toujours placé la cohésion sociale, c'est essentiel. On ne peut pas laisser mourir d'inanition l'une des économies les plus vivaces de la planète. Elle fait partie d'un tout, et permet de nourrir, par la redistribution, un système social dont nous avons, en tout cas depuis 1947, tout lieu d'être fiers.

    Alors maintenant, ça suffit. Les moralistes à la petite semaine, ça suffit. Les délateurs de balcons, ça suffit. Les confinés salariés qui se permettent de faire la leçon aux indépendants et aux PME, ça suffit. La rugosité prétorienne des exécutifs, ça suffit, et M. Berset vient de déraper en évoquant l'hypothèse d'un couvre-feu. L'inexistence parlementaire, ça suffit. Nous avons mieux à construire que cette Ligne Maginot de l'extase défensive. Le salut n'est pas dans la forteresse, mais dans le mouvement. Il est dans l'offensive, pas dans la léthargie.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Milliards de Berne : attention aux margoulins !

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    Sur le vif - Vendredi 03.04.20 - 18.12h

     

    Si les décisions d'aide aux entreprises, par les fonctionnaires de Berne, s'opèrent de façon aussi linéaire, massive, indifférenciée que les décisions sanitaires, alors on est très mal partis !

    Citoyen contribuable, j'enrage déjà, à l'annonce de ces dizaines de milliards, distribués à tous vents. Bien sûr qu'il y aura des abus, je les vois déjà venir ! Avec des entrepreneurs frauduleux, profitant de cette aubaine pour renflouer une trésorerie déjà déficiente, avant la crise.

    Les milliards de Berne, d'où viennent-ils ? Réponse : de nous tous ! De tous les contribuables suisses ayant dûment travaillé ces dernières décennies, donc dûment été rémunérés, donc dûment imposés ! C'est donc le patrimoine national, le fruit de notre sueur, dont on annonce allègrement le "déblocage", comme si de rien n'était, comme s'il s'agissait d'une simple guigne.

    Autant je défends les PME, et jusque dans mes entrailles, autant je me méfie de ces sommes astronomiques, décidées par des fonctionnaires, sans contrôle parlementaire (mais que foutent donc les législatifs de notre pays, depuis le début de la crise ?). Comme un éléphant dans un couloir, on voit déjà les abus !

    Et les entreprises qui ne demandent rien ? Peut-être, parce que, jusqu'à maintenant, elles ont été gérées avec sagesse et prévoyance, inclusion de la fameuse "prise de risque". Maintien d'un minimum de trésorerie. Investissement sur la qualité du travail. Excellence de la finition. Respect des délais. Rapport de confiance avec les clients, la clef de tout. Ces entreprises, non seulement n'auront pas un seul centime de Berne, mais encore vont devoir payer davantage d'impôts, ces prochaines années, par inévitable contribution linéaire à l'effort général. Et là, en termes de justice, ça devient franchement écœurant, voire dégueulasse.

    Alors, Mesdames et Messieurs les fonctionnaires de Berne, qui allez allègrement distribuer le patrimoine national à des entreprises, vous avez intérêt à viser juste. Ne pas vous faire rouler par des margoulins. Vous montrer économes de l'argent public. Dans le cas contraire, c'est le crédit de l'Etat, donc l'essentiel en République, qui risque de s'en trouver dévasté.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Un syndicat ? Surtout pas !

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    Sur le vif - Vendredi 03.04.20 - 12.22h

     

    12.22h - A Berne ou dans les Cantons, le sort des indépendants est laissé entre les mains de fonctionnaires. Donc, de gens incapables, mentalement, psychologiquement, de comprendre la mentalité très particulière d'un petit entrepreneur.

    C'est là toute l'erreur.

    Les indépendants doivent, dès aujourd'hui, se regrouper. Non pour former un syndicat - un de plus - mais pour monter des opérations ciblées.

    Surtout pas un syndicat ! Il y en a déjà beaucoup trop ! Et la plupart, dans la crise actuelle, ne font que gesticuler. Et puis, par nature, un syndicat se définit par rapport à un contrat de travail, une convention collective, toutes choses qui n'existent pas, ET N'ONT PAS A EXISTER, pour les indépendants. Ces derniers n'ont tout de même pas quitté la cimentation contractuelle pour retomber dans une logique de contestation syndicale ! C'est totalement contraire à leur nature, leur solitude choisie, l'essence même de leur combat, qui implique une immense prise de risque personnelle.

    Un syndicat, non, non et non ! Surtout pas quand ils sont noyautés par des grandes faîtières, avec des Pierre-Yves Maillard, tout en haut ! Pas de syndicat, plus jamais ça, mais un groupement d'intérêts, composé d'hommes et de femmes libres, sociétaires. Un groupement pour les périodes de tempête, par pour les cocktails de beau temps ! Un groupement avec des unités d'intervention mobiles, rapides, motivées, agissant dans l'esprit du commando. Pas de comités, pas de comitards, pas de statuts lourdingues, pas d'Assemblées générales ! Par pitié, rien de ce cirque de beau temps, avec bedaines et congratulations.

    Non. Une force d'intervention. Ciblée sur des objectifs. C'est exactement cela, à l'inverse de la quiétude des apparatchiks, l'esprit des vrais indépendants. Pas ceux qui se plaignent. Ceux qui se battent.

     

    Pascal Décaillet

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  • La trouille ? Connaissent pas !

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    Sur le vif - Jeudi 02.04.20 - 14.12h

     

    Quels qu'en soient les fondements sanitaires - je ne les juge pas ici - la paralysie quasi-totale de l'économie suisse présente une singularité, qu'il convient de relever. Celle d'avoir été décidée par des gens, à Berne ou dans les Cantons, qui touchent un salaire à la fin du mois. Confinés, ils touchent le salaire. Mis au chômage, ils le toucheront à 80%, pendant deux ans. Tant mieux pour eux, et là aussi, je ne porte pas de jugement.

    Tant mieux pour eux, mais, qu'ils le veuillent ou non, cette situation personnelle configure leur état d'esprit. Et les amène à prendre, pour les indépendants et les petits entrepreneurs, des décisions dont ils ne sont pas vraiment capables, au fond de leur vécu, de mesurer les conséquences.

    Parce que ces fonctionnaires, à Berne ou dans les Cantons, ou même ces magistrats d'ailleurs, n'ont strictement aucune idée de la prise de risque entrepreneuriale. Ils n'ont jamais eu mal au bide, jamais souffert d'insomnie, jamais éprouvé la trouille pour la survie de leur boîte.

    Alors, ils décident à grande échelle. Ils donnent des ordres de fermetures, non de certaines entreprises, mais, linéairement, de TOUTES les entreprises. Y compris celles où la distance d'usage est parfaitement respectée !

    Pendant ce temps, est née une calamité bien pire que le confinement : elle s'appelle L'ESPRIT DU CONFINEMENT. Cette singulière jouissance, chez nombre d'employés demeurant dans leur domicile, à raconter leur expérience, tenir leur journal (certains, admirablement écrits, d'ailleurs), ériger le confinement en mode de vie, expérience suprême, enrichissement spirituel, tournant dans l'existence, conversion vers Damas.

    Désolé, mille fois, mais il était possible de prendre des décisions non uniformes, mais ciblées. Pour cela, il eût fallu, dans le for intérieur des fonctionnaires décideurs, un minimum d'expérience de l'essence même de l'entreprise, avec sa part de risque et d'aventure. Ce ne fut, hélas, pas le cas. Les conséquences, pour l'économie de notre pays, en sont totalement dévastatrices.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Marie et Simon, derrière le jeu des masques

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    Sur le vif - Mardi 31.03.20 - 16.05h

     

    En Ville de Genève, tant la candidate PDC, Marie Barbey-Chappuis, que le candidat PLR, Simon Brandt, sont des personnes de qualité, parfaitement respectables. L'une de ces personnes, comme l'autre, aurait sans problème sa place dans la future équipe gouvernementale.

    Respectables, mais loin d'être identiques. Même pas proches, politiquement. L'une, sous l'étiquette PDC, affiche un profil fort libéral. D'ailleurs, d'éminents libéraux la soutiennent. Ainsi qu'une partie de la gauche, désireuse de ne pas se montrer trop gourmande, une fois gavée de ses quatre candidats PS-Verts, qui ont bien des chances de passer.

    L'autre est un vrai radical. Un peu cinglé, mais profondément républicain. Bonapartiste. Des impulsions prétoriennes, voire consulaires. Il aime l'Etat. Un peu fantasque, capable de rivaliser des heures avec votre serviteur, sur des citations d'Hergé.

    Il était le commis de basses oeuvres de Pierre Maudet. Il prétend ne l'être plus, j'ai tendance à le croire. Il a vécu, juste avant Noël, une mésaventure politico-judiciaire de la pire espèce. Il a tenu. Il a montré du cran, du caractère, de la puissance de solitude, de la résistance.

    Il y a, entre ces deux candidats, la même ligne de fracture qu'entre l'orléaniste Balladur et le bonapartiste Chirac, en 1995. Deux droites, dont l'une prétend aspirer le centre. Deux rapports à l'Etat, à la chose régalienne. Chacun jugera.

    Ces deux familles, à Genève, existent. Elles sont aux prises, l'une avec l'autre, sous couvert d'Entente, depuis toujours. Il est, après tout, totalement sain et légitime qu'elles se posent en rivales. Le citoyen, lui, a tous les droits. Voter pour l'un. Voter pour l'autre. Aucun des deux. Ou voter pour les deux.

    Mais il faut juste savoir à qui on a affaire. Quels courants de nos vieilles familles politiques sont représentés. Quels liens d'intérêts. Quelles réalités, sous quels masques. Il nous reste cinq jours. Si les juges le veulent bien.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • La structure, la vertu

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    Sur le vif - Mardi 31.03.20 - 05.31h

     

    Démocratie directe, fédéralisme : ces deux fleurons de notre système suisse ne devraient-ils être arborés que par beau temps ?

    À la première tempête - tiens, en voilà une - on précipite le premier dans un congélateur. Et le second s'évapore. Au profit du Conseil fédéral ? Même pas ! En faveur d'un Office, le même que nous vitupérons à longueur d'année pour sa gestion calamiteuse des primes maladie.

    Un Office fédéral ! Où le fonctionnaire est roi. Et la routine, souveraine. On y révère soudain un Monsieur Koch, on lui confère les pouvoirs consulaires.

    Notre démocratie avait de la structure. Elle manquait juste de vertu. Non au sens victorien, mais latin.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Plus que jamais, la nation

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    Sur le vif - Samedi 28.03.20 - 11.33h

     

    L'Union européenne, c'est fini. L'édifice multilatéral, c'est fini. Ne demeurent que les nations. L'Italie, endurante et courageuse. La France. La Suisse. Etc.

    Chacune d'entre elles, avec coeur et détermination, se bat. Chacune prend les décisions qui lui semblent justes. Chacune, en profondeur et sans la moindre ambiguïté, est perçue par son peuple comme l'unité de référence, la seule voie vers le salut.

    Mieux : chaque nation, tout en roulant pour elle-même, respecte et admire le combat de ses nations voisines. L'information circule. On sait que les autres souffrent, on sait à quel point c'est dur, on est en pensées avec eux. Nous ne sommes pas dans une guerre entre nations, mais dans un combat total, qui passe par l'unité singulière de chaque nation.

    Chaque nation, séparément, organise le combat, mérite le respect. Chacune, dans son périmètre délimité, reconnaissable, représente l'horizon d'attente des citoyennes et citoyens. Chacune est l'espace où s'exercent la solidarité, la mutualité, la communauté de mémoire, les projections pour l'avenir.

    Les bavardages mondialistes et multilatéraux, c'est fini. On veut du reel, du concret. On saigne pour ce pays qu'on aime, et dont on voit l'économie s'effondrer, alors qu'elle rayonnait, sur ordre venu d'en haut.

    Partout, on veut reconstruire des économies nationales, au service de l'humain, de son épanouissement. Ce grand dessein, c'est dans chaque nation séparément qu'il s'accomplira. Chacune, selon son génie propre.

    Plus que jamais, les peuples vont réclamer la souveraineté. Alimentaire, bien sûr, donc agricole. Sanitaire, n'en parlons pas. Industrielle, et il faudra se soucier un peu plus du marché interne ! Et puis, désolé si ça sonne démodé, mais aussi la sécurité, tout court. Cela passe par une défense nationale intransigeante, moderne, motivée, performante.

    Ce que le vent de l'Histoire est en train de balayer, c'est le rêve cosmopolite de la frontière abolie. Politiquement, le monde n'existe pas. Les grands ensembles multilatéraux, non plus. Ce qui existe, ce sont les nations, chacune avec son Histoire, ses douleurs, ses cicatrices, ses passages de lumière, ses mythes fondateurs, la mise en cause de ces mythes. Cela constitue une mémoire, un espace dialectique et onirique, un trésor commun.

    Cela constitue l'unité de référence au sein de laquelle se reconstruiront les peuples.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • La Ligne Maginot n'est pas un thème

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    Sur le vif - Vendredi 27.03.20 - 18.23h

     

    Pendant les huit mois de Drôle de Guerre (du 2 septembre 1939 au 10 mai 1940), en France, tout le monde ne parlait que de la Ligne Maginot. Les actualités françaises de l'époque passent leur temps à évoquer la vie quotidienne des soldats confinés dans cet immense réseau souterrain de forteresses, sur la frontière. Tout le monde est persuadé qu'en cas d'attaque allemande, elle se fera sur la Ligne Maginot, et que cette dernière, héritière de l'esprit de Vauban, tiendra.

    L'Histoire ne s'est pas exactement déroulée comme cela. Pendant huit mois, autour de la Ligne Maginot, rien ne s'est passé. Ou presque. Juste quelques escarmouches, entre patrouilles nocturnes françaises et allemandes. Le moral, au fil des semaines, s'est mis à baisser. Celui des confinés. Celui de l'arrière. La mobilisation, début septembre, s'était pourtant bien déroulée, digne de celle du 2 août 1914. Mais là, des mois à ne rien faire, à attendre, rien de pire pour la psychologie nationale.

    Et puis, un beau jour, à l'aube du 10 mai 1940, la Blitzkrieg. Le mouvement, enfin ! Petit détail : il ne se produit absolument pas sur la Ligne Maginot, mais dans les Ardennes. Les Français tenaient pour impossible une percée dans le défilé de Sedan : ils ont eu tort. La Wehrmacht déboule, avec l'effet de surprise, une stratégie, un plan d'attaque (désavoué par le Grand État-major allemand lui-même), des troupes de choc, un moral d'enfer, une volonté d'avancer, des divisions Panzers autonomes (et non intégrées à l'infanterie), des liaisons radio mobiles. Bref, ils ont mille ans d'avance.

    La suite, on la connaît : en six semaines, la France, qui avait résisté quatre ans et trois mois en 14-18, s'écroule. Défaite militaire, la plus grande de son Histoire. Défaite morale. Lisez Marc Bloch, "L’Étrange Défaite", l'un de mes livres de chevet, depuis 40 ans.

    L'Histoire, que retient-elle ? Réponse : le 10 mai 40, le mouvement ! Le passage de la Meuse par Rommel. La prodigieuse stratégie des Allemands.

    La Ligne Maginot ? L'Histoire ne la retient que pour en sourire. Regardez les actualités françaises, les Pathé, les Gaumont : leurs innombrables reportages sur la vie quotidienne des confinés dans les fortins apparaissent aujourd'hui comme dérisoires, périphériques, quand on sait ce qui s'est passé : six semaines de Blitzkrieg, quatre ans d'Occupation, un pays déchiré, des années pour se reconstruire une mémoire.

    La Ligne Maginot, en vérité, n'était pas un thème. Le thème, c'eût été d'avoir connaissance du Plan Manstein sur les Ardennes. De constituer des divisions autonomes de chars. D'introduire partout les liaisons radio mobiles. Et surtout, d'être habité par la même férocité combative que les Allemands.

    La Ligne Maginot n'était pas un thème. Le confinement est, au mieux, un état de fait. Il n'est pas un thème. L'Histoire se déroule ailleurs. Chez ceux qui veulent le mouvement.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Plus personne ne bouge !

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    Sur le vif - Vendredi 27.03.20 - 10.29h

     

    Hallucinant : alors que la France est confinée, le patron de la CGT, Philippe Martinez, appelle à... la grève générale des fonctionnaires !

    C'est comme faire irruption au Musée Grévin, arme au poing, et crier : "Plus personne ne bouge !".

    L'Histoire jugera cet opportuniste syndical, irresponsable, soucieux du seul blason de son fief, de la seule survie de la machine à Tinguely dont il huile les rouages.

    Il fut un temps où cette grande faîtière communiste avait le sens de la nation, le sens de la patrie. Aujourd'hui, avec Martinez, elle n'a plus comme souci que la persistance perpétuelle, au cœur du vide, de son propre mouvement.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Entreprendre

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    Sur le vif - Jeudi 26.03.20 - 16.35h

     

    Pour relever notre économie, après la crise, nous aurons plus que jamais besoin d'entrepreneurs. Plus que jamais besoin de l'esprit d'entreprise. De la prise de risque. Des entrepreneurs ! Avec des boîtes qui durent, pas juste la poudre aux yeux des start-ups, si chères au clinquant, au cliquetis des cocktails.

    Pas besoin d'être cinquante pour lancer une entreprise. Pas besoin d'être trente. Même pas besoin d'être deux. Seulement, il faut de la compétence. Faut la flamme. Faut bosser. Faut assurer l'intendance, dans tous ses détails. Faut se battre. Faut une sale tronche. Faut pas se laisser impressionner. On est comme ça dans l'âme, ou non.

    Le petit entrepreneur, par les temps qui courent, il joue sa survie économique. Ne se laisse pas prendre par les grands discours, les promesses de compensations. Il sait que toute survie ne pourra procéder que de lui-même. De son énergie vitale.

    Alors, vous voudrez bien comprendre, Mesdames et Messieurs les confinés qui touchent le salaire, ou le chômage, ou l'aide sociale, et qui réclament encore plus de confinement du Conseil fédéral, que le petit entrepreneur, lui, tentera jusqu'au bout - tout en respectant à fond les distances, les consignes, les directives - de sauver sa boîte.

    Parce que cette boîte, même modeste. même dérisoire, c'est lui, un jour, qui est allé la fonder, au Registre du Commerce. Avec elle, il entretient un lien matriciel. En se battant pour survivre, il contribue par répercussions à la survie générale. Alors, moralistes du confinement, dénonciateurs de groupes au parc, délateurs à la petite semaine, ce petit entrepreneur, vous voudrez bien lui foutre la paix. C'est aussi grâce à lui que notre économie se relèvera.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Plus rien ne sera comme avant !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 25.03.20

     

    Travail à distance, en réseau, grâce aux prodigieux progrès de la technique, travail à domicile, ne plus venir faire ses heures dans un bureau, avec de petits chefs qui vous épient. Mais accomplir une mission précise, sur la base d’objectifs à atteindre. Tout cela, et tant d’autres choses encore, s’invite dans nos vies d’une façon fracassante, à l’occasion de la crise que nous traversons. Une chose est sûre : lorsque la tempête sera passée, notre rapport à tous avec le monde du travail se trouvera profondément modifié par les expériences que nous aurons vécues. Beaucoup d’employés, beaucoup d’entreprises auront appris que le travail peut parfaitement s’opérer, dans de nombreux secteurs (les services, notamment), en totale décentralisation de ceux qui l’accomplissent.

     

    Un modèle va prendre un terrible coup de vieux : celui qui consiste à se lever le matin, encombrer les transports publics ou privés, pour aller tirer ses huit heures dans un lieu appelé « bureau », puis grossir une seconde fois les routes le soir, pour rentrer à la maison. Cette double transhumance quotidienne, inutile et polluante, aura bientôt vécu. Qui s’en plaindra ? Qui, à part l’armada de petits chefs et sous-chefs, de cadres subalternes ou intermédiaires, de bavards de cafétérias, de discutailleurs dans les queues de machines à café ? Chaque entreprise doit savoir exactement pourquoi elle est là, ce qu’elle a à accomplir. Elle ne doit pas s’autonourrir de ses phénomènes internes. Ce qui compte, c’est l’objectif.

     

    Bien sûr, tout dépend des métiers. Je parle ici de ceux, assez nombreux, où une présence physique n’est pas nécessaire, en tout cas pas sur le laborieux continuum d’une journée. L’idée même, née de la Révolution industrielle, et des machines à pointer le matin et le soir dans les usines, de « compter ses heures », est, dans bien des cas, une absurdité, tout juste bonne à servir d’argument, en cas de litige, à des syndicats ou des études d’avocats. Le petit entrepreneur, l’indépendant (dont on parle tant, ces jours), ne « compte pas ses heures » : il accomplit une mission ! Si elle est satisfaisante, on lui renouvellera peut-être sa confiance. Dans le cas contraire, non. C’est plus risqué, mais autrement motivant que de venir traîner ses guêtres au milieu de ses collègues. Beaucoup de tâches peuvent être accomplies à distance, par des personnes seules, compétentes, responsables, fiables.

     

    La terrible crise sanitaire que nous traversons débouchera, si nous savons en tirer les leçons économiques, sur une révolution dans la manière de penser le travail. Puisse-t-elle aussi, certes dans la douleur, nous ouvrir des horizons vers une économie plus juste, plus proche, plus humaine. Au service, non du profit de casino, mais du bien-être des gens. Car enfin, à quoi sert le travail, si c’est pour asservir l’humain, alors qu’il peut l’affranchir, l’épanouir, le rapprocher de l’Autre ? En ces temps difficiles, je vous souhaite à tous une excellente semaine.

     

    Pascal Décaillet

     

     

     

     

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  • Artistes genevois, je ne vous oublie pas !

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    Sur le vif - Mardi 24.03.20 - 15.30h

     

    Une idée me trotte dans la tête, depuis le début de la crise sanitaire que nous traversons : continuer de faire vivre la culture, à Genève. Continuer à la rendre visible, même si toute offre en public est désormais impossible, pour les raisons que nous connaissons.

    Alors, voici : dès ce soir, à l'enseigne des Yeux dans les Yeux (ou parfois de GAC), je vais donner la parole, le plus possible, à nos artistes genevois. Même s'ils n'ont aucune prestation d'actualité à promouvoir, et pour cause ! Rendre visible, non un spectacle, un concert, etc., du moment, mais... l'artiste lui-même ! Cinq ou six minutes pour faire sa connaissance, évoquer son parcours, sa démarche artistique, ses passions.

    J'étendrai cette séquence à des amateurs d'art : je pense déjà à tel avocat cinglé de Wagner, tel passionné de Proust ou Céline, Paul Celan ou Heiner Müller. Les exemples fourmillent.

    Je veux sentir ce que les gens ont dans leur ventre.

    Je pense que ces petites séquences, entre deux débats politiques ou deux données d'informations sur le coronavirus, pourront aider les personnes confinées, ou les malades, ou leurs proches, à garder le moral.

    La culture doit vivre ! Les artistes ne doivent pas disparaître des écrans radar !

    Première séquence, ce soir, les Yeux dans les Yeux, direct 19h : Aimez-vous Mahler ? Invité : Olivier Gurtner. 

    PaD

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  • La politique, plus que jamais !

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    Sur le vif - Mardi 24.03.20 - 10.50h

     

    En aucun cas, l'urgence sanitaire ne doit abolir le débat politique. Au sens le plus fort de ce terme, les grands choix pour la Cité. Le sens, déjà, où l'entendait Aristote, il y a 25 siècles.

    Contre vents et marées, tout en respectant parfaitement les consignes de sécurité, je veux, là où je suis, dans les fonctions qui sont les miennes, continuer de faire vivre le débat politique. Celui sur les grands choix pour la gestion de crise. Et surtout celui sur les grands choix, économiques et sociaux, de l'après-crise.

    Des débats avec moins de monde qu'avant : respect des directives. Mais des débats, où puissent se déployer les forces vives de notre univers politique. Où puissent se concevoir, en totale liberté des âmes et des consciences, les projections pour l'avenir, les conceptions diverses de l'intérêt supérieur de l'Etat.

    Je ne suis pas virologue, ni médecin. Ni spécialiste humanitaire. Je suis, depuis l'enfance, un esprit profondément politique. J'ai toujours mis, dans mes préoccupations, les affaires publiques au plus haut niveau, je ne m'intéresse pas à la vie privée, ni aux modes. Pourquoi diable devrais-je renier la vocation de toute une vie, au moment où, plus que jamais, nous avons besoin de politique, au sens le plus noble de ce mot ?

    Le sens noble, c'est celui d'Aristote. Celui de Thucydide, lorsqu'il nous décrypte les vrais ressorts de la Guerre du Péloponnèse. Celui de Tocqueville. Celui de Jules Michelet, quand il nous raconte la Révolution française. Celui de Marc Bloch, avec son ouvrage prodigieux "L'Etrange Défaite", l'un de mes livres de chevet : les six semaines, entre le 10 mai et le 22 juin 1940, où la France s'effondre. Défaite morale, bien avant que d'être militaire, nous dit en substance l'auteur.

    Cette crise nous offre une occasion : celle de réinventer la politique, en la dégageant des meutes consanguines, pour la hisser vers ce qu'elle a de supérieur : le combat de tous, pour l'intérêt de tous.

     

    Pascal Décaillet

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