Liberté

  • Angela, Willy, et les méchants espions

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    Sur le vif - Vendredi 10.07.20 - 18.06h

     

    Tiens, Angela Merkel a son Günter Guillaume ! Et il est Égyptien ! On passera donc l'éponge. D'abord, parce que la Chancelière est inattaquable, nulle bonne âme ne s'y frotte. Et puis, vous pensez : l'inoffensive Égypte, en comparaison de la très méchante DDR de 1974 !

    Notons tout de même que le Chancelier touché en 1974 par l'affaire Guillaume, assurément le plus grand de l'après-guerre à mes yeux, celui qui avait osé porter à nouveau son regard vers l'Est, avait immédiatement tiré les conséquences de la situation. L'affaire avait causé infiniment moins de dégâts (on le sait aujourd'hui) que ce qu'avait prétendu la propagande américaine, relayée par l'anti-DDR primaire de la CDU-CSU, notamment du Bavarois Franz Josef Strauss.

    La démission brutale, immédiate, de ce très grand Chancelier, celui de la génuflexion de Varsovie du 7 décembre 1970, m'avait bouleversé. J'allais sur mes seize ans, ce 7 mai 1974. Je sentais bien que l'Allemagne perdait un homme du destin.

    Les Américains n'ont jamais pardonné à Willy Brandt (1969-1974) son Ostpolitik. C'est cela, la clef de l'affaire.

     

    Pascal Décaillet

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  • Pour une Suisse indépendante et souveraine

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    Sur le vif - Vendredi 10.07.20 - 10.32h

     

    La Suisse doit contrôler ses flux migratoires. Comme toute autre nation, dans le monde, a le droit, et aussi le devoir, de les contrôler. Chaque pays doit être parfaitement libre de déterminer lui-même, souverainement, en fonction de son système politique de décision, le taux d'immigration qu'il veut laisser pénétrer à l'intérieur de ses frontières.

    Nous sommes encore dans le temps des nations, né de la Révolution française, qui s'est dûment battue, au moment des Soldats de l'An II, pour défendre ses frontières, alors que l'Europe entière voulait rétablir par les armes l'Ancien Régime. Ce sont eux, ces soldats héroïques, qui ont décidé du sort de la France, beaucoup plus que les palabreurs des Assemblées parisiennes.

    Ce qui fut valable pour la France de 1792, pour la Prusse des années 1806-1813, pour l'Italie du Risorgimento, l'est aussi pour la Suisse de 2020. Les visions multilatérales, qui prolifèrent (sous influence américaine) depuis 1945, ne valent pas un seul kopeck. Elles ne sont qu'illusions cosmopolites, mensonges universels, spéculations sur des idées abstraites, planétaires. Concepts de géomètres, tout au plus ! La vérité, la dure, la tenace réalité depuis deux siècles, ce sont les nations. Oh, elles ne sont pas éternelles ! Un jour, elles passeront. Mais pour l'heure, elles prévalent.

    Qui dit nation dit souveraineté. Ne compter que sur soi pour sa survie. Passer des alliances, certes, mais en fonction de nos intérêts supérieurs. N'adhérer en aucun cas à une organisation multilatérale qui aurait valeur de tutelle. Pour notre petit pays, ce serait le début de la fin.

    Dans les attributs de notre souveraineté, il y a le contrôle des flux migratoires. Nulle puissance extérieure n'a à nous dicter ce que nous devons accueillir ou non. Cette décision doit relever de la seule Suisse. En fonction du système de décisions politiques qui est le nôtre, en l'occurrence la parole, in fine, au peuple souverain.

    C'est sur ce thème, et avec cet horizon-là, historique et intellectuel, que nous avons voté le 9 février 2014.

    C'est sur ce thème que nous voterons le 27 septembre 2020.

    Ai-je été assez clair ?

     

    Pascal Décaillet

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  • Graine de petits dictateurs hygiénistes !

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    Sur le vif - Jeudi 02.07.20 - 13.36h

     

    Non satisfaits de l'obligation du port du masque dans les transports en commun, voilà que les ineffables "médecins cantonaux" (mais quel Gogol, quel Pirandello bureaucratique a laissé surgir de ses méninges cette fonction qui sublime la noirceur du caporalisme le plus étriqué ?) exigent une obligation générale du port du masque, dans tout l'espace public en Suisse.

    Et demain ? Le port du masque chez soi, face au miroir ?

    Eh bien, vous savez ce qu'on leur dit, aux "médecins cantonaux" ?

    Ces aspirants-dictateurs nous ont déjà suffisamment pourri la vie pendant trois mois, et Genève n'a pas été en reste. Pour tester leurs petits pouvoirs de satrapes locaux, ils ont décrété, sécrété des ordonnances, fait la loi à la place des élus. Alors là, il est temps de leur dire que ça suffit.

     

    Pascal Décaillet

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  • Mobilité : Pierre Maudet a raison !

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    Sur le vif - Mardi 30.06.20 - 08.13h
     
     
    Il y a des gens qui détestent Pierre Maudet, et deviennent cinglés dès qu'on prononce son nom. Il y en a, au contraire, qui le suivraient "jusqu'à la mort". Je ne fais partie ni des uns, ni des autres. Je ne regarde que les intérêts supérieurs de l'Etat. Il m'est parfaitement indifférent de savoir si, intrinsèquement, Pierre Maudet est un gentil ou un méchant. La morale, en politique, ne m'intéresse pas. Je me pose une seule question : tel ministre en place (élu pour cinq), quels services peut-il rendre à la République ?
     
    Dans cette optique, il m'apparaît parfaitement légitime que Pierre Maudet, conseiller d'Etat chargé des questions économiques, affiche son désaccord face aux errances de son collègue Serge Dal Busco en matière de circulation. Voilà un ministre des Transports qui, dans le catimini de la nuit, a envoyé ses sbires peinturlurer nos rues. Il a, sans la moindre concertation, pris des options rompant gravement la paix fragile établie par son prédécesseur. Il a donné un gage à un camp contre un autre. Il a cédé aux sirènes de la mode, du pouvoir d'un moment. Il a donné à la doxa le baiser aux lépreux. Il a laissé tomber ceux qui l'ont porté au pouvoir. Il est passé à l'Est, avec armes et bagages.
     
    Il m'est parfaitement égal que Pierre Maudet se serve de cette affaire comme contre-feu à ses propres déboires judiciaires, ce que laisse entendre le Président du Conseil d'Etat. Nous, les citoyennes et citoyens, laissons cette clique à ses tactiques internes, ne regardons que l'intérêt supérieur. Et là, il faut le dire, Pierre Maudet a parfaitement raison de dénoncer toute la part d'ombre du passage de son collègue dans l'autre camp.
     
    Nous, les citoyennes et citoyens, la "collégialité" n'a pas à nous occuper particulièrement. Elle est une affaire interne au collège exécutif. Ce sacro-saint principe n'intéresse d'ailleurs, en Suisse, que la classe politique et les journalistes proches du pouvoir. Le quidam, dans la rue, coincé dans un bouchon par exemple, se contrefout de la "collégialité" ! Ce qu'il veut, c'est circuler. Livrer sa marchandise. Passer sa vie autrement qu'à ronger son frein, en contemplant, à la droite de sa congestion, une piste cyclable vide, juste là comme blason à une idéologie.
     
    Oublions tout. Oublions nos propres sentiments pour Maudet. Oublions la morale. Oublions le petit jeu de la route de Chancy. En cet été de grâce, penchons-nous sur des correspondances un peu plus vivifiantes que celles entre MM Brandt et Maudet. Ne regardons que l'Etat, l'intérêt supérieur. Vu comme cela, le coup de gueule de Pierre Maudet contre le peintre nocturne était juste. Et légitime.
     
    Pascal Décaillet

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  • Kosovo : le soliloque de Mme Calmy-Rey

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    Sur le vif - Dimanche 28.06.20 - 11.57h

     

    La RSR vient de nous offrir une quinzaine de minutes de démission critique et intellectuelle, sur la question du Kosovo, en marge des accusations contre Hashim Thaçi. On n'aborde pas ce thème, qui exige de profondes connaissances historiques, des centaines de lectures sur la complexité balkanique à travers l'Histoire, sur le ton d'un aimable bavardage de bistrot.

    On ne laisse pas une Micheline Calmy-Rey, qui n'est en rien observatrice, mais ACTRICE ET RESPONSABLE DEVANT L'HISTOIRE de la reconnaissance de l'indépendance du Kosovo par la Suisse, s'exprimer comme si elle était une simple commentatrice, sans lui opposer le moindre questionnement, la moindre contradiction, sur SON RÔLE À ELLE, À l'EPOQUE. Sans lui tendre le miroir de son obédience à l'OTAN, donc aux États-Unis d'Amérique, dont l'objectif stratégique a toujours été, dès 1990, de se constituer une tête de pont dans les Balkans. Sans l'interroger sur le rôle des services secrets allemands, à l'époque, dans la région.

    On tient sous la main une Micheline Calmy-Rey, qui, à l'époque, a clairement choisi un camp contre un autre. On la laisse s'exprimer comme "chroniqueuse". On lui laisse dire n'importe quoi sur les prétendus droits parlementaires des minorités serbes au Kosovo, depuis 2000. Elle parle. Elle dit la bonne parole. Elle prêche. Et personne, en face, pour la questionner, avec du bagage historique et critique, sur SON RÔLE à elle !

    Elle qui a choisi son camp. Engagé la Suisse. Milité pour une option très claire, dont elle aura à répondre devant l'Histoire. On tient sous la main une ACTRICE ! Et on la laisse pérorer, comme une passante délivrée du moindre souci.

    Qu'un excellent journaliste comme Michel Audétat, renseigné, cultivé, n'ait pas bondi sur l'occasion pour, tout au moins, renvoyer à l'observatrice son passé d'actrice, est attristant. Solidarité entre chroniqueurs ? Peur du conflit ? Demeurer entre gens de bonne compagnie ? Paix des âmes ?

    Qu'on ne parle plus jamais, nulle part, du Kosovo, ni des guerres balkaniques des années 1990, sans avoir lu au moins cent livres sur la question, provenant de TOUTES LES SOURCES, toutes les sensibilités contradictoires de ce nœud de complexité géopolitique. Passionnant ! À condition de faire l'effort de se hisser à un certain niveau de connaissance, d'ascèse intellectuelle, de confrontation des visions, donc de lucidité.

    Plus largement, j'émets les plus grands doutes sur ces soliloques de "chroniqueurs" des anciens conseillers fédéraux dans les médias. Une mode, depuis une dizaine d'années. Ils ont été des hommes et des femmes d'action. Ils ont fait des choix, au nom du pays. Si on les invite, ça doit être pour les confronter, avec un arsenal critique, à la pertinence de leurs options. Parce ce que bavarder, donner son avis, tout le monde peut le faire.

     

    Pascal Décaillet

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  • Balkans : les translucides de la 25ème heure

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    Sur le vif - Jeudi 25.06.20 - 14.06h

     

    Les exécutions de Serbes, ou de partisans de Rugova, les froides liquidations, le trafic d'organes, les liens avec l'OTAN, le financement par les services secrets allemands, ceux installés par M. Kohl, la manipulation générale de l'opinion publique occidentale, la diabolisation d'un camp pour mieux sanctifier l'autre, ça vous dit quelque chose ?

    Moi, oui ! Non seulement ça me dit quelque chose aujourd'hui, mais ça me disait quelque chose en 98-99, au moment des événements ! Et je l'avais dit, parce que j'avais le dossier ! Et j'étais allé sur place ! Et j'avais fréquenté tous les milieux, pas seulement le gentil circuit qu'on organisait pour journalistes. Et ce que j'ai dit, nous n'étions pas beaucoup à le dire ! Parce qu'il fallait absolument que prévale en Europe occidentale la thèse de l'OTAN, avec la complicité de MM Kohl, puis Schröder. Parce qu'il fallait que les Anglo-Saxons se constituent une tête de pont dans les Balkans, le vieux rêve de Churchill ! Là était l'enjeu, sous les paravents de la morale.

    Et voilà qu'aujourd'hui, 22 ans après, ceux qui à l'époque soutenaient tout ce gentil monde viennent se pavaner sur les ondes. 22 ans après, ils commencent à découvrir - ou le feignent - toute la part de noirceur d'un milieu qu'ils nous présentaient comme immaculé.

    De deux choses, l'une : 22 après, soit ces translucides de la 25ème heure se foutent impérialement de nos gueules ; soit la lenteur argentique de leur révélation les disqualifie à jamais pour toute invention à caractère critique sur l'actualité.

    Dans le premier cas comme dans le second, est-il à ce point prioritaire de leur donner la parole ?

     

    Pascal Décaillet

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  • Murmure et solitude

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    Commentaire publié dans GHI - 24.06.20

     

    La seule réponse à l’ignorance, c’est d’ouvrir des livres. La seule réponse aux cris de la meute, c’est le murmure ciselé d’une solitude. Il n’y a pas de troisième voie. Il n’y a pas de solution négociée, elle ne procéderait que de l’abandon. Il ne saurait exister d’armistice, encore moins de capitulation. Dans la vie, on se bat, c’est tout.

     

    Il n’y a pas de gentils centristes. Pas de compromis. Pas de démocratie de bénitier, où l’on tremperait son doigt dans l’eau salvatrice. Pour racheter quoi ! Nos lâchetés ? Nos insuffisances ? Nos paresses, pour avoir embrassé la première foule, nous êtres fondus dans le premier troupeau ? A ces concessions coupables, je dis non.

     

    Un être humain, c’est un combat. Vous le savez autant que moi. Un jour ou l’autre, nous aurons à le mener. Pas d’échappatoire. La tranquillité, c’est une illusion. La main tendue à l’ennemi, pendant la bataille, c’est l’abandon. Le prix, c’est la mort de l’âme.

     

    Chacun de nous, battons-nous. Pour nos idées. De gauche, de droite, d’où vous voulez ! Mais que chacun s’exprime ! Avec sa voix. Avec sa plume. Que chacun le fasse en son nom, en assumant, et non derrière des banderoles ! Celui qui a besoin de se fondre dans une foule affaiblit, par cet acte même d’effacement, sa position. Il nourrit la masse, mais affame en lui l’appétit de définition individuelle, intellectuelle, spirituelle. C’est un choix. Disons que ça n’est pas exactement le mien. A tous, un excellent été !

     

    Pascal Décaillet

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  • La gauche illuminée de sainteté

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 24.06.20

     

    Comme nous l’avons montré la dernière fois, la gauche, à Genève et en Suisse, n’est absolument pas majoritaire. Elle ne fait pas la loi parlementaire. Elle fait encore moins la loi populaire : elle se fracasse à peu près sur toutes les initiatives populaires. Elle est régulièrement désavouée par une majorité de notre peuple. Mais paradoxalement, elle dicte la loi morale. Ce qu’elle n’obtient pas, désespérément, dans les urnes, malgré des centaines de tentatives depuis 1919 (élection du National à la proportionnelle), elle tente de le compenser par un magistère dans l’ordre du convenable. Elle désigne le Bien, condamne le Mal, trie les élus et les damnés, entonne des causes, se précipite sur des prétextes mondiaux pour convoquer dans la rue les foules hurlantes. Elle qui condamne tant le populisme, que fait-elle d’autre, par cet appel constant à la rage extériorisée, théâtralisée dans les centres historiques des villes (vous avez remarqué, on ne manifeste jamais à Chancy, ni à Jussy), en opposition au démos, entendez le peuple comme institution, celui qui s’exprime dans les urnes ?

     

    Au fond, la gauche condamne le populisme quand ça l’arrange. Que la droite – et notamment la droite souverainiste – s’avise d’utiliser les mêmes procédés d’appel à la tourbe, et voilà que la gauche morale la bombardera d’étiquettes infamantes : « populistes », voire « fascistes » ! La gauche colleuse d’étiquettes, celle qui salive pour mieux estampiller, celle qui crache, expectore sa détestation pour mieux dénoncer ce qu’elle appelle « la haine ». La gauche de la vaccination, on inocule le mal que l’on prétend combattre. La gauche, comme le Chevalier aux Miroirs, dans Don Quichotte : elle vous brandit votre propre image, pour affaiblir votre assaut. Ces procédés sont très anciens, on instille la morale dans le combat politique, on se drape de vertu, on s’enrobe, on s’illumine de sainteté, comme ces madones que l’on promène, dans les processions du Sud. Faute de s’adresser à la conscience intellectuelle des gens, on s’en va farfouiller, comme d’indiscrets confesseurs, dans les strates de sa mauvaise conscience.

     

    Et le plus fou, c’est que ça marche ! Auprès de qui ? La réponse est simple : auprès de ceux d’entre nous qui sont hélas fragiles dans la conscience de leurs propres valeurs. Il appartient à chacun d’entre nous, en politique, de se définir. Savoir ce qu’il veut, quel type de société, déterminer où il en est. Ça prend du temps, ça remue, ça donne de l’inconfort, des insomnies, ça coupe parfois de la vie sociale, et assurément de la vie mondaine, mais l’enjeu en vaut en chandelle ! Qui suis-je ? Quelles sont mes valeurs ? Quels combats sont les miens ? Si, dans l’univers politique de la droite, ces questions fondamentales étaient davantage posées, par chacun individuellement, les hameçons de la gauche morale pendouilleraient dans le vide, sans attirer la moindre proie. La réponse à la Croisade morale, c’est la connaissance de soi. C’est une entreprise intellectuelle. Elle demande courage, capacité de résistance, et aptitude à la plus glacée des solitudes.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Travailleurs suisses, les syndicats vous trompent !

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    Sur le vif - Mardi 23.06.20 - 09.32h

     

    Si l'initiative de limitation passe, le 27 septembre, il faudra que Pierre-Yves Maillard en tire immédiatement les conséquences. Bonjour le OUI dans le camp des ouvriers et des chômeurs ! Le désaveu serait dévastateur.

    Le ralliement de la gauche syndicale à la libre circulation, je le répète depuis vingt ans, relève du passage d'un camp dans un autre, ce qui porte un nom. Tout cela, au nom d'une idéologie internationaliste et cosmopolite mortifère, à droite comme à gauche.

    Le rôle des syndicats suisses est de protéger les travailleurs suisses, dans le cadre d'une économie nationale suisse. Et non de rêver la Révolution mondialisée. Ce genre de délire finit avec des pics à glace.

    Travailleurs suisses, les syndicats vous trompent. La frontière vous protège.

     

    Pascal Décaillet

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  • Le Clergé - Le peuple

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    Sur le vif - Mardi 23.06.20 - 04.50h

     

    Initiative de limitation de l'immigration : les journaux ne cessent de nous claironner les vertus de la Sainte-Alliance (partis, syndicats, patronat) contre le texte de l'UDC.

    De même, ils nous louaient pendant toute la campagne l'unanimité contre l'initiative du 9 février 2014, sur l'immigration de masse. Comme à l'époque, ils se voient déjà vainqueurs. Ils iront pendre leur linge sur la Ligne Siegfried.

    Cet unisson aura une conséquence. En cas de réussite des initiants, le 27 septembre, le discrédit de tout ce Clergé qui sonne hautbois et résonne musettes n'en sera que plus fracassant. Le peuple aura parlé. Dans notre démocratie suisse, c'est lui le patron.

    Le peuple aura parlé. Et son attachement à la démocratie directe se renforcera d'autant que se liquéfiera sa confiance dans tous ces bavards des corps associatifs ou intermédiaires, qui prétendent lui dicter le juste et le faux, le convenable et le choquant, le bien et le mal.

     

    Pascal Décaillet

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  • Adultes, libres, vaccinés

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    Sur le vif - Lundi 22.06.20 - 09.43h

     

    Je n'ai jamais partagé cette idée voulant qu'un Parlement soit "représentatif". Il y a, dans cet adjectif, un côté peinard, gentillet, école publique genevoise égalitaire, en un mot gnangnan, qui m'exaspère.

    Représentatif de quoi ? Des genres ? Des ethnies ? Des options de vie privée ? Des adhésions confessionnelles ? Des classes d'âge ?

    A tout cela, je dis non. Ou plutôt, je dis : cela n'est pas ma conception de la République.

    Un Parlement incarne le choix électoral d'un moment. De cela, et de cela seul, il est "représentatif". C'est tout.

    Il n'est pas une gentille photographie de famille. Mais un rapport de pouvoir, voulu par le peuple, pour une période donnée. Le pouvoir n'est pas quelque chose de sympathique. Il fait mal, parfois. Il ravit les uns, écarte les autres. Il est un jeu de victoires et de défaites, de larmes et de jouissances.

    Il est le résultat d'une volonté citoyenne. Il n'est pas une foire aux échantillons, avec nécessité proportionnelle de les exhiber tous. Il n'est pas une palette de couleurs. Il n'est pas un arc-en-ciel.

    Si la volonté citoyenne du moment de l'élection a choisi de fortes majorités dans un sens, ou dans l'autre, elles sont légitimes, pour la législature. Il n'y a pas à tempérer ce choix du peuple par des quotas, de quelque ordre qu'ils puissent surgir. La volonté populaire est indivisible.

    En République, il n'y a ni hommes, ni femmes, ni ethnies d'origine, ni jeunes, ni vieux, ni communautarismes confessionnels, ou comportementaux. Il n'y a que des citoyennes et des citoyens. Adultes, libres, vaccinés.

     

    Pascal Décaillet

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  • C'est LA VILLE ALLEMANDE qu'on a anéantie !

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    Sur le vif - Dimanche 21.06.20 - 15.07h

     

    Entre 1943 et 1945, ça n'est pas l'Allemagne que les Anglo-américains ont détruite. Non, c'est la VILLE ALLEMANDE. J'avais déjà écrit sur ce sujet en 2015, c'est un thème que j'étudie de près, depuis des décennies. Il me fascine littéralement, depuis en tout cas 1968 (première traversée complète Sud-Nord, puis Nord-Sud, des Allemagnes, en famille, avec de nombreuses étapes, souvenirs d'édifices luthériens encore marqués par les obus, au bord de la Baltique).

    En 1648, l'Allemagne est détruite. Toutes les Allemagnes, presque, villes et villages. Principalement par les Suédois, mais pas seulement. Pour prendre la mesure de cette horreur, lire absolument le "Simplicius Simplicissimus", de Hans Jakob Christoffel von Grimmelshausen, 1668. C'est un très grand livre, un chef d’œuvre. Il faudra un siècle au monde allemand pour s'en remettre. Il faudra l'immense Roi de Prusse Frédéric II (1740-1786), l'homme qui a relevé la puissance allemande en Europe.

    En 1945, les villes allemandes (pas toutes, mais un nombre immense d'entre elles) sont détruites. Les pires carnages : Hambourg, été 1943, les Anglais ; Dresde, 13 et 14 février 1945, les Anglais). Berlin, Munich, Nuremberg, et tant d'autres, rasées, ou presque. En revanche, en ce même mai 1945, au moment où les armes se taisent, une majorité de villages allemands sont intacts, ou très peu touchés. Il y eut, bien sûr, des villages détruits, mais là c'était (pour une fois !) dans la foulée d'opérations stratégiques ciblées, parce qu'il y avait un objectif militaire - ou économique - à atteindre, à proximité. Lignes ferroviaires, usines, etc.

    En mai 1945, la campagne allemande est peu touchée, en matière de destructions du patrimoine. Le sous-sol n'est absolument pas atteint. Le charbon, l'acier allemand, l'aluminium allemand sont intacts. On s'en avisera très vite, notamment dès qu'on commencera (dès 49) à envisager une "mise en commun" du charbon et de l'acier. C'est cela, l'origine de l'Europe communautaire !

    La campagne n'est pas touchée, mais les villes sont anéanties. Et ça n'est pas pour rien ! Il y avait, chez les Alliés, NOTAMMENT BRITANNIQUES, une volonté absolument délibérée de détruire non pas "les villes allemandes", mais LA VILLE ALLEMANDE, en tant que telle. Pas seulement pour venger Coventry ! Non, on s'en est pris à dessein à la ville allemande, comme univers de représentation depuis le Moyen Âge. On s'est acharné sur des bijoux comme Nuremberg, Würzburg, et tant d'autres, parce qu'on savait parfaitement la valeur inestimable, dans le façonnement de l'identité nationale germanique, de ce qu'on réduisait en cendres. L'agent de cette destruction systématique fut, côté anglais, le fameux Maréchal de l'Air Harris, surnommé "le Boucher". Mais la tête pensante, pétrie d'Histoire et de culture, qui d'autre pouvait-elle être que Winston Churchill lui-même ? Tout biographe un peu sérieux du Vieux Lion connaît l'immensité de ces zones d'ombre.

    Il appartient encore aux historiens d'établir exactement les raisons politiques et stratégiques de chaque raid : Hambourg et Dresde, évidemment, que nul Tribunal international n'a jamais jugé, mais une bonne centaine d'autres, aussi. On y trouvera parfois des objectifs militaires, et alors nous voudrons bien admettre qu'on ne "fait pas d'omelette sans casser des œufs". Il y aura des zones de doutes. Et puis, il y aura clairement les raids où aucun objectif militaire ne justifiait la destruction totale d'une ville, avec des dizaines de milliers de victimes civiles.

    Tant que ce travail de clarification n'aura pas été fait, exhaustivement, et publié, des pans entiers de la Seconde Guerre mondiale, hélas, demeureront hors de la connaissance du public. Et l'historiographie triomphante des vainqueurs continuera, seule, d'occuper le terrain.

     

    Pascal Décaillet

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  • LA DDR, une Histoire allemande

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    Sur le vif - Samedi 20.06.20 - 11.22h

     

    J'ai toujours eu un faible pour la DDR, depuis près d'un demi-siècle, en tout cas depuis 1972. En 1978, j'avais écrit à l'Université d'Iéna, pour aller passer un semestre chez eux. Ils m'avaient répondu, très gentiment, qu'ils étaient infiniment sensibles à l'intérêt que pouvait leur porter un jeune étudiant en Germanistik, quelque part à l'Occident, mais qu'hélas, "pour des raisons de logistique" (je me demande bien lesquelles !), la chose ne serait "pas tout de suite possible". Bref, mon rêve d'aller lire Hölderlin et Brecht dans cette Allemagne orientale à laquelle me rattachaient tant de sentiments puissants, ne s'est pas concrétisé. J'ai retrouvé la DDR plus tard, autrement.

    Rien que sur la DDR, je pourrais écrire plusieurs livres. Tout d'abord, l'inutilité de cette appellation : il y a la Prusse, il y a la Saxe, il y a la Thuringe. Aucune idéologie, jamais (et Dieu sait si elles furent coercitives, entre 1933 et 1989), n'a pu avoir raison de ces puissantes identités nationales, ancrées dans des siècles d'Histoire, au sein de la pluralité naturelle des Allemagnes.

    Et puis, il y a la culture. Dès l'âge de vingt ans, j'ai lu les auteurs de la DDR. J'y ai immédiatement trouvé autre chose que de simples chantres du communisme, ce qui eût été un peu court pour capter les appétits littéraires du jeune homme que j'étais. Plus tard, j'ai découvert Christa Wolf, Heiner Müller, et tant d'autres. Nous sommes loin de la DDR ramenée (par la propagande occidentale) à la seule image de la Stasi, la redoutable police politique, en effet détestable.

    Pour ma part, je n'ai jamais jugé un peuple à l'aune de son idéologie dominante du moment. D'autres facteurs, innombrables, le définissent : le rapport à la langue, l'organisation mentale des représentations, les questions confessionnelles, spirituelles, culturelles, et bien sûr économiques et sociales. Je ne crois pas aux "parenthèses" en Histoire : ni pour la période 1933-1945 en Allemagne, ni pour la période 1945-1989 en DDR, ni pour la période 1940-1944 en France, ni pour la période 1922-1943 (ou 45) en Italie. Chacune d'entre elles appartient à la continuité historique de son pays. Il convient dès lors de tenter de comprendre comment elles ont pu exister, en vertu de quelles chaînes de causes et de conséquences. Lire Kraus, Thomas Mann, Heinrich Mann, Klaus Mann.

    La DDR me touche, au plus profond. Parce que les trois grandes nations allemandes, la Prusse, la Saxe, la Thuringe, qui par le sort des armes furent dévolues à l'occupation soviétique (et non américaine, britannique, ou française), avec obligation d'installer un régime communiste, ont bien dû "faire avec". Eh bien, ils ont fait ! Et franchement, vu les conditions, ils ne s'en sont pas si mal sortis ! C'était un régime sans liberté politique, il faut le dire. Mais ils ont fait beaucoup pour le social, pour l'égalité des chances, pour l'accès à la culture, aux sciences. La vie associative, culturelle, sportive, était remarquable. Tout cela, dès la fin de l'enfance, ou le début de l'adolescence, je l'avais perçu.

    Voilà pourquoi, que cela vous plaise ou non, que cela plaise ou non aux anticommunistes viscéraux (dont je n'ai jamais fait partie), nous ne m'avez jamais entendu, vous ne m'entendrez jamais dire du mal de cette partie des Allemagnes qui, du 8 mai 1945 au 9 novembre 1989, a fait ce qu'elle a pu. Son génie est une partie du génie allemand. Son Histoire, son destin, sont ceux de l'Allemagne. Il n'y a pas de parenthèse. Il y a un texte, dans la continuité d'un plus grand texte. La DDR, c'est une Histoire allemande. C'est tout.

     

    Pascal Décaillet

     
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  • Le figurant de proue

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    Sur le vif - Vendredi 19.06.20 - 09.18h

     

    Les guerres balkaniques des années 1990, telles que je les ai vécues dans le combat intellectuel féroce auquel j'ai pris part, n'étaient absolument pas un conflit entre partisans de telle ou telle ethnie.

    Non, c'était un antagonisme violent entre ceux qui prennent le temps d'ouvrir des livres d'Histoire, remonter aux antécédents, établir des chaînes - souvent complexes - de causes et d'effets, restituer les événements dans leurs contextes politiques, linguistiques, confessionnels, culturels.

    Et, de l'autre côté, les autres. Compensant leur inculture historique par la morale. Désignant immédiatement des bons et des méchants. Diabolisant un camp pour sanctifier l'autre. Bref, la démarche des salons parisiens. Avec, comme figurant de proue, le globe-trotter de luxe en chemise blanche. Immaculée. Sans la moindre tache, le moindre pli, jamais.

     

    Pascal Décaillet

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  • L'esprit humain, tout simplement

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    Sur le vif - Jeudi 18.06.20 - 11.39h

     

    Les anachroniques, incapable de restituer un fait historique dans son contexte, sont à ranger dans la même espèce que les fondamentalistes textuels.

    Rien ne m'illumine plus qu'un historien de la Bible, capable de placer chaque Livre de l'Ancien Testament dans l'environnement historique où il fut écrit. Rien ne m'assombrit davantage que celui qui sacralise le texte, en le pétrifiant pour l'éternité. Je ne crois pas, pour ma part, à une quelconque révélation. Je crois que ces Livres successifs - dans le temps - sont l'œuvre d'humains, dans le cadre bien précis d'un temps historique, idéologique, linguistique. Dans le cadre des attentes spirituelles, ou messianiques, d'un moment.

    C'est pourquoi je voue à Martin Luther une admiration sans bornes. Il a pris le texte biblique, il l'a traduit dans la langue allemande de son époque. Il a travaillé chaque mot, dans ses souches hébraïques, grecques ou latines. Il engagé toutes les puissances de son esprit, de son intelligence, pour restituer cela dans la langue véhiculaire de son époque. Il a publié cette petite bombe en 1522. Il a changé le monde.

    Dans son texte, Luther invente des mots. Il révolutionne l'allemand écrit. Il jette les bases de la littérature allemande moderne. Un fondamentaliste jamais n'aurait pu procéder à cette alchimie. Parce que l'idée même de traduction procède de la mise en lumière. Il faut passer par l'altération pour rendre vie à l'original. Luther nous sort des mots, comme les chercheurs d'or nous extraient des pépites.

    Vous pourrez, Barbares, déboulonner sa statue. Jamais vous ne détruirez l'immensité de son œuvre. Parce qu'elle procède des forces de l'esprit. Pas l'esprit révélé. Non, l'esprit humain, tout simplement.

     

    Pascal Décaillet

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  • La dette - La faute

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    Sur le vif - Jeudi 18.06.20 - 08.47h

     

    L'Etat n'a pas d'argent ? Eh bien, qu'il s'abstienne d'en dépenser ! Qu'il réduise sa voilure. Qu'il coupe dans son armada mexicaine, dans ses états-majors. Citoyen, je ne veux pas entendre parler des délires de relances "anticycliques" des socialistes. Il faut arrêter avec la mégalomanie des "investissements". Arrêter avec le mythe de la "bonne dette". Il n'y a pas de bonne dette ! Il n'y a que des marchands d'illusions, qui nous lient encore plus, nous et les générations suivantes.

    Le temps est à l'austérité. On n'a pas d'argent ? On se serre la ceinture ! On bosse comme des fous, on économise, et le jour où on aura de nouveau des fonds, on dépensera, ou on "investira", si ça nous chante.

    Et avant tout, pas un seul centime d'augmentation d'impôts ! À Genève, 36% des gens n'en payent pas, et désolé, ça n'est pas normal. La classe moyenne, en revanche, étouffe sous la fiscalité, les primes, les taxes ! Elle bosse, elle produit la richesse, il ne lui reste rien pour elle, c'est absolument dégueulasse.

    Austérité, oui ! Pour l'Etat ! La cléricature nous a tondus, elle a dépensé sans compter, elle a secrété des armées d'inutiles. Elle ne doit maintenant plus sortir un seul centime qui ne soit justifié par l'intérêt supérieur, le bien commun.

    La relance par la dette, c'est non. On relancera la machine quand on aura à nouveau, soi-même, en toute indépendance, sans rien devoir aux usuriers (car évidemment, les taux vont remonter), les moyens de se lancer dans des "investissements".

    Il faut rompre évidemment avec le socialisme, qui veut dilapider l'argent de ceux qui bossent, notre argent ! Mais il faut rompre, tout autant, avec la cupidité d'un certain libéralisme bancaire, dévoyé, où trop de profiteurs se frottent les mains d'avoir pour créancier un Etat. Auquel ils peuvent ainsi imposer leur idéologie, dicter leurs règles du jeu. C'est exactement ce qu'ils font depuis trente ans. Libre échange, libre circulation, abolition des frontières, des identités nationales, mondialisme cupide, autour du Veau d'or ! Cette droite-là n'est pas la mienne, ne l'a jamais été : JE VEUX LA NATION ! Pas les Marchands du Temple !

    Ni socialisme, ni libéralisme. Mais des communautés humaines soudées, fraternelles, autour d'une mémoire nationale, autour de leurs morts, autour de leurs valeurs culturelles, soucieuses de cohésion, à l'intérieur de frontières protectrices, avec une régulation stricte des flux. Occupons-nous d'abord de nous, avant de nous lancer dans les spéculations cosmopolites, les illusions d'universel ! Le monde n'existe pas !

    La responsabilité individuelle, dont le libéralisme financier a eu le culot de se réclamer, ça n'est pas cette prise d'otage des collectivités publiques par des manipulateurs financiers. J'en ai, pour ma part, une autre conception, plus haute, plus pure. Et je me souviens que dans la langue de Luther (qui m'habite totalement), le mot "Die Schuld" signifie à la fois "la dette" et "la faute". La faute morale !

     

    Pascal Décaillet

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  • L'extase du bitume

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 17.06.20

     

    Ce qui vient de se passer, à Genève, est tout simplement hallucinant. A peine le confinement prenait-il à peu près fin, avec tout de même des règles de prudence qui continuent de s’imposer, que l’éternelle nuée de manifestants professionnels sortait de ses abris pour envahir les rues. Un jour le cyclisme, un autre l’antiracisme, puis le féminisme : peu importe la cause, pourvu qu’ils retrouvent ce sacré goût du bitume qui leur avait tant manqué depuis la dernière fois !

     

    A croire qu’il existe, à Genève, une petite catégorie des gens, quelques milliers, qui sont à longueur d’années sur les starting-blocks, prêts à gicler à la moindre occasion pour débouler dans la rue. Un mystique de la procession, Fête-Dieu ou Assomption, ne les dépasse pas en ferveur. Car il y a, oui, quelque chose de religieux dans l’éternel recommencement de ce rituel. Avec des slogans en guise de litanies, des couleurs pour la liturgie, des bannières comme les titres des Psaumes, pour que les fidèles s’y retrouvent.

     

    Vous noterez que, depuis 1945 (oh non, je ne prends pas cette date au hasard), c’est la gauche, dans nos pays, qui s’est approprié la rue. Elle en a fait sa chose, son théâtre, son décor, elle y rejoue les mêmes scénarios, le même drame, le même mélange de candeur « bon enfant » et de dérapages. Pendant ce temps, la famille intellectuelle et politique de la droite demeure sur le bas-côté. Elle laisse passer, s’étrangle, piaffe de rage. A quand sa reconquête du bitume ?

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Rien ne nous oblige à signer l'Armistice !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 17.06.20

     

    La question est simple : existe-t-il encore, en juin 2020, une droite à Genève et en Suisse ? Cette famille politique, plurielle (il faudrait dire « les droites »), donne l’impression, au niveau genevois comme sur le plan national, de ne plus avoir le moindre ressort pour défendre ses valeurs. Liberté individuelle, sécurité des personnes et des biens, attachement aux valeurs traditionnelles de notre pays, combat pour un État de droit, défense de la souveraineté suisse, de son indépendance. Lutte contre l’étouffement économique et fiscal de la classe moyenne. Tout cela vole en éclats ! On entend bien, ici et là, quelques bribes de voix autour de ces thèmes, mais elles demeurent des cris d’individus, des tentatives sporadiques, fragmentées, sans unité, sans projet ni cohérence d’ensemble. A vrai dire, la droite de ce pays semble en phase démissionnaire. S’apprête-t-elle à demander l’Armistice ?

     

    Ce serait dommage. Car, contrairement aux apparences, faites de bruit et de fureur, d’occupation constante de la rue par la gauche, de tintamarre et de banderoles rouges, le Canton de Genève est à droite ! Et la Suisse est à droite ! Ni la majorité politique du Grand Conseil, ni celle des Chambres fédérales à Berne, ne sont à gauche. Les Verts, par exemple, ont certes marqué des points lors des derniers scrutins, mais ils ne représentent guère plus de 15% de la population, allez disons 20% en étant déjà trop large ! Cela signifie que 80% à 85% de l’électorat, à Genève et en Suisse, ne vote pas Vert !

     

    Alors ? Alors, nous sommes sous l’empire d’une tétanisation des esprits. En matière climatique, en matière de sujets de société, en matière de transports, d’urbanisme, il convient maintenant, même si on n’appartient absolument pas au parti des Verts, de penser comme eux. Sinon, on se sentira comme en ostracisme. En exil intérieur, au milieu d’une marée dominante ! Et c’est là tout le drame : trop peu de politiques, hélas, osent la solitude. Il faut se fondre dans un moule, c’est tellement plus confortable. Et c’est d’autant plus commode que toute la politique suisse fonctionne sur les principes du grégaire : un parti est une paroisse, une église, une chapelle de pensée, avec un ou deux grands-prêtres, et surtout la masse des fidèles. Dans ce cocon de cooptation, on fait son nid, on éclot, on grandit, toujours dans le groupe ! Dès lors, pourquoi se singulariser ? Pourquoi risquer la rupture, l’isolement ? Pourquoi se mettre en marge ? Pourquoi se coltiner des nuits d’insomnie, avec des maux de ventre ? Le conformisme de pensée (par exemple, s’aligner sur la doxa des Verts, parce qu’elle est à la mode), c’est tellement plus douillet !

     

    A toutes ces démissions, pour ma part, je dis non. Je suis un homme seul. Un homme libre. Je n’appartiens à aucun groupe. Nul ne peut me dicter ma pensée. Et si j’ai des choses à dire, je le fais. Par exemple, dans ce journal. Dont j’apprécie le combat pour la liberté des idées. Excellente semaine à tous ! C’est le 80ème anniversaire de la capitulation française, le 22 juin 1940 à Rethondes. Mais nous, rien ne nous oblige à signer l’Armistice !

     

    Pascal Décaillet

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  • La dette : non, non et non !

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    Sur le vif - Mardi 16.06.20 - 14.51h

     

    Le frein à l'endettement et le frein aux déficits doivent impérativement être maintenus dans notre Canton. Ces deux mécanismes sont là pour empêcher nos autorités, législatives ou exécutives, dispendieuses par nature, de précipiter notre communauté citoyenne dans un statut de débiteur qui les étouffera, eux et surtout leurs enfants. Pour les générations suivantes, la dette est tout simplement dégueulasse.

    Le principe est simple : on dépense ce qu'on a. Si on n'a pas, on ne dépense pas. On travaille, tous, comme des fous, pour avoir de nouveau, et se remettre à dépenser. Tout individu raisonnable, tout homme ou toute femme ayant la responsabilité d'une famille, tout entrepreneur, surtout les petits (chez eux, pas de salades verbales, ils savent exactement, au centime près, où ils en sont, ce qu'ils peuvent se permettre, ce qu'ils doivent s'interdire), sait ce que cela veut dire. Pourquoi pas une Ville ? Pourquoi pas un Canton ? Pourquoi pas un pays ?

    Je suis un adversaire acharné de l'endettement. Et de grâce, qu'on ne vienne pas nous parler, comme la gauche, et aussi hélas une partie de la droite, de la "bonne dette", celle qui servirait aux "investissements". Quand on n'a pas d'argent, désolé Mesdames et Messieurs, mais on s'abstient "d'investir" ! On vit plus simplement, on accepte une forme d'austérité, on bosse dur, et quand on a de nouveau quelques fonds, alors oui, on dépense, ou on "investit".

    Tout le reste, c'est du bavardage de politicards. Mme Fontanet a parfaitement raison de ne pas augmenter d'un seul centime les impôts, qui étranglent à Genève la classe moyenne. Et elle a encore plus raison d'annoncer des coupes dans le train de vie de l'Etat. Elle demeure prudente dans les exemples. N'étant ni ministre, ni député, mais simples citoyennes ou simples citoyens, nous lui fournirons très volontiers des exemples précis et concrets de secteurs où ces ajustement devront être opérés. Par exemple, du côté de certains états-majors.

    Tout cela, oui. Mais pas le déficit. Et en encore moins la dette !

     

    Pascal Décaillet

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  • Mai-juin 40 : un livre, un seul !

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    Etrange Défaite.JPG

     

    Sur le vif - Mardi 16.06.20 - 09.05h

     

    Les six semaines de guerre-éclair de l'Allemagne contre la France, la victoire totale de la première contre la seconde, l'ampleur historique - et, à mes yeux, irrémédiable - de la défaite française, constituent, depuis au moins 45 ans, l'une de mes plus grandes passions historiques.

    Au moment où nous commémorons le 80ème anniversaire de cette offensive foudroyante, l'une des percées les plus réussies, les plus décisives, de l'Histoire militaire, je voudrais, sur des centaines de livres ou articles spécialisés que j'ai lus, vous en recommander un seul : "L'Etrange Défaite".

    Marc Bloch, 54 ans au moment des faits, est un homme immense. Historien, fondateur (avec Lucien Febvre) de l'Ecole des Annales en 1929, il a participé comme officier à toute la Grande Guerre (qu'il a terminée comme capitaine). En 1939, il a demandé à reprendre du service, et a vécu les terribles événements de mai-juin 40 comme officier d'état-major.

    Sous ses yeux, il a vu la France s'écrouler. Défaite militaire. Défaite intellectuelle. Défaite spirituelle. Défaite morale. La plus grande catastrophe de toute l'Histoire de France. Elle ne s'en remettra pas. À lire le livre, on a presque l'impression que les Allemands sont une sorte de personnage secondaire, juste le catalyseur d'une liquéfaction française qui ne demandait qu'un agent externe pour s'opérer.

    Ce livre est tout simplement saisissant. C'est un traité sur la pétrification des esprits, dans la pensée stratégique française, depuis 1918. Alors qu'en face, il y a le risque, l'audace, la surprise, le mouvement. Bref, le plan Manstein. Et le génie de Rommel pour passer la Meuse. Il y a, surtout, une ivresse dionysiaque de l'action, celle dont parle Nietzsche.

    Résistant, arrêté puis torturé par la Gestapo, Marc Bloch sera fusillé, au bord d'un champ, à Saint-Didier-de-Formans, le 16 juin 1944.

    Il m'arrive, en date du 16 juin, de penser à lui. On occupe sa mémoire comme on peut.

     

    Pascal Décaillet

     

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