Liberté

  • J'écris pour tous

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    Sur le vif - Vendredi 04.12.20 - 13.17h
     
     
    J'écris pour tous. Pour toute personne voulant bien me lire. J'écris pour le peuple, dans sa totalité. Pas pour mes pairs. Pas pour les intermédiaires. Pas pour les lobbys. Pas pour les partis. Pas pour les clercs. Pas pour les initiés. Surtout pas pour les puissants. Il y a quelque chose, au fond de moi, depuis toujours, qui m'amène à rejeter le pouvoir. Tout pouvoir, d'où qu'il vienne.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Giscard, fauve politique et rêveur mélancolique

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    Sur le vif - Mercredi 02.12.20 - 23.12h
     
     
     
    Giscard est mort, je l'apprends à l'instant. J'avais seize ans à son élection, vingt-trois à son départ, c'est une partie de ma jeunesse qui s'en va, comme pour tous ceux de ma génération.
     
    Il y aurait tant à dire sur cet homme, allons à l'essentiel. Une brillante intelligence. Une connaissance parfaite des rouages de l'Etat. Un engagement européen, du temps où cette aventure-là était très belle, parce qu'elle reposait sur la réconciliation franco-allemande. Le couple formé par Valéry Giscard d'Estaing et Helmut Schmidt (que j'ai eu l'honneur d'interviewer à Hambourg, en 1999) était remarquable, doublé d'une très belle amitié entre les deux hommes.
     
    Député à 30 ans (1956, l'année de la vague poujadiste), Secrétaire d'Etat en 1959, Ministre des Finances du Général de Gaulle, puis de Georges Pompidou, Président de la République de 1974 à 1981, VGE dit "Au revoir !" aux Français en 1981, il n'a que 55 ans. Il hantera encore longtemps la vie politique, mais plus au niveau suprême.
     
    Très proche des gaullistes de gauche (eh oui !) dans ma jeunesse, puis mitterrandien, j'ai mal perçu Giscard lorsqu'il était au pouvoir. La droite orléaniste n'est pas mon fort, le libéralisme encore moins. Avec le recul, je m'en rends compte depuis quelques années, j'ai été, sur le moment, trop sévère envers cet homme aux éclatantes qualités intellectuelles, qui rappellent celles d'un André Tardieu, dans l’Entre-deux-guerres.
     
    Pendant toutes les années 1974-1981, j'étais abonné au Nouvel Observateur, qui accompagnait la montée de la gauche vers le pouvoir, et qui cassait du Giscard à longueur d'année. Nous n'avons pas reconnu la classe de l'homme, son intelligence diplomatique dans la question européenne, son savoir-faire avec l'Allemagne, son ouverture réelle sur les questions de société. Nous avons eu tort. J'ai eu tort.
     
    Et même son orléanisme, son libéralisme façon Second-Empire, ses accents d'enrichissement à la Guizot, nous les avons caricaturés, je m'en suis rendu compte en vieillissant. Car entre Giscard et les petites frappes de l'ultralibéralisme financier des années 1990, puis 2000, il y avait un monde, qui s'appelle l'Etat. VGE en était issu. Il a été un homme d'Etat, il a fait ce qu'il a pu, malgré les chocs pétroliers, la montée du chômage.
     
    Cet hommage, écrit à vif, arraché à ce début de nuit, est donc aussi l'histoire de ce qui fut, de ma part, et de beaucoup de mes contemporains, une profonde incompréhension face à un homme étiqueté comme un défenseur des seules valeurs pécuniaires, ce que manifestement il n'était pas.
     
    La France perd un homme d'Etat. Un fauve politique de première catégorie. Un rêveur mélancolique, bercé dès la naissances de tant de fées. Peut-être trop. Il nous reste une grâce, un style, une intelligence, au service de l'Etat. Au-revoir, Monsieur VGE.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Qui dirige Genève ?

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    Sur le vif - Mercredi 02.12.20 - 20.26h
     
     
    Comment le Conseil d'Etat ose-t-il nous laisser apparaître comme désormais incertaine la réouverture des restaurants pour le 10 décembre ? Alors qu'il avait lui-même allumé les espoirs, mercredi dernier, sur cette date, par lui-même décidée ?
     
    Pourquoi ce retour possible sur une parole donnée, un engagement pris face à un corps de métier en souffrance ? Où est le crédit de l'Etat ? Où est la confiance ?
     
    Le gouvernement est-il l'otage de la bureaucratie sanitaire, ou juste son porte-parole ? Qui dirige Genève ?
     
     
    Pascal Décaillet
     
     

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  • L'allume-cigare

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 02.12.20

     

    Tout le monde le sait, tout le monde le dit : le Conseil d’Etat, depuis les premiers jours de la crise sanitaire, ce printemps, a pris beaucoup trop de pouvoir à Genève. Directives, ukases, puissance d’une bureaucratie sanitaire à laquelle nul ne semble s’opposer, conférences de presse où le pouvoir exécutif, sans appel, a pris l’habitude de délivrer ses décisions, sans le moindre antagonisme en face, Parlement en veilleuse, opinion publique patiente ce printemps, beaucoup moins cet automne.

     

    Cette situation ne peut tout simplement plus durer. Regardez-les, ces conférences de presse, où des Conseillers – et Conseillères – d’Etat nous font la leçon, à nous le peuple souverain, nous parlent comme des régents, ou des maîtresses d’école, nous tapent sur les doigts, nous infantilisent. Et personne, en face, pour les contredire !

     

    Personne, et surtout pas le Parlement ! Il s’est refusé à lui-même les moyens de contrôle que certains de ses membres lui proposaient, notamment des Commissions d’enquête. Nos députés sont bien gentils, mais il faudrait peut-être leur offrir à chacun « L’Esprit des lois », de Montesquieu. Leur rappeler que les pouvoirs sont séparés. Que le contrôle de l’action du gouvernement constitue pour eux une mission obligatoire, au nom du peuple, et non une option, comme un allume-cigare dans une voiture neuve. Trop de députés, sur les cent du Parlement, semblent ignorer l’essence même, depuis la fin du dix-huitième siècle, de leur Chambre. A nous, le peuple souverain, de le leur rappeler. Avec une certaine férocité.

     

    Pascal Décaillet

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  • Le petit théâtre de l'exécution

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    Sur le vif - Mercredi 02.12.20 - 14.42h
     
     
    Les conditions de mise à l'écart de Pierre Maudet par ses pairs, je l'ai dit dès le premier jour, sont totalement inacceptables.
     
    Le montage savant du Triste Sextuor, avec leurs mots techniques insupportables, style "diagnostic organisationnel", ne trompe personne. Il y a eu LIQUIDATION FROIDE de l'un des membres du collège par les six autres, parmi lesquels un quarteron d'ambitieux qui veulent augmenter leur influence, à l'interne.
     
    Face à ce coup de majesté, Pierre Maudet - quelles que fussent ses errances passées - est parfaitement en droit de se rebeller. Et son avocate, de soutenir sa défense. Les grands airs pénétrés du Triste Sextuor, avec cette fausse douceur de certain(e)s, ne sont que de la piètre comédie.
     
    À cet égard, le flux direct offert, chaque mercredi, au Conseil d'Etat pour qu'il s'exprime sans filtre, sans médiateurs, sans questions dérangeantes, se retourne contre lui. Le public est de moins en moins dupe de ce petit théâtre de l'exécution.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Cyril Aellen : l'excellence dans la bataille

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 02.12.20

     

    Annoncée ce mardi 24 novembre, dans l’émission « Les Yeux dans les Yeux », la candidature du PLR Cyril Aellen au Conseil d’Etat marque un tournant dans la bataille électorale du 7 mars. L’arrivée d’un candidat calme et puissant, pétri de qualités, courageux dans le combat, respectueux de l’adversaire. J’ignore absolument s’il sera élu, si la droite conservera son siège, comment la campagne va se passer. Mais une chose est sûre : qu’on aime ou non Cyril Aellen, qu’on partage ou non ses convictions politiques, voilà un poids-lourd dans la bataille. Sa campagne sera passionnante. Périlleuse, aussi : elle devra faire la part des choses entre un enracinement très fort dans le terreau du libéralisme politique, et la nécessité de convaincre au-delà de cette seule famille. L’homme est-il capable de concessions ? Doit-il seulement en faire ? L’excès d’habileté, en politique, dès qu’il devient visible, se retourne comme un boomerang contre son auteur.

     

    Pour ma part, je ne suis pas libéral, vous le savez bien pour me lire depuis bientôt dix ans dans ce journal. Je viens d’ailleurs. D’une autre droite, à la fois plus nationale et plus sociale, plus soucieuse de cohésion. Et le discours dogmatiquement libéral, depuis trente ans, centré sur les seules vertus du marché, oubliant l’Etat, la nation, les frontières, m’exaspère. Et certains représentants du libéralisme économique à Berne me font penser à des commis-voyageurs de la grande finance. Pourtant, et il y a là comme un miracle, le libéralisme d’un Cyril Aellen m’inspire un immense respect. Il respire une certaine austérité, une passion pour le travail et pour l’entreprise, un sens aigu, saisissant même, de la responsabilité individuelle. J’en ai maintes fois discuté, pendant des heures, avec le principal intéressé, il m’a si souvent convaincu. Ce libéralisme-là, illuminé par le devoir plutôt que par la jouissance, a quelque chose d’un livre ouvert dans l’immensité d’un temple, il nous confronte à notre mission d’hommes et de femmes sur cette terre, c’est quand même autre chose que signer aveuglément, à Berne, les Accords de libre-échange et les lois de dérégulation.

     

    Cyril Aellen aura face à lui d’autres candidats, de qualité. A l’interne du PLR, il devra convaincre face à Gilles Rufenacht, homme de valeur et de compétence, pour l’investiture. Chez les Verts, quatre militantes briguent la candidature, elles ont beaucoup à apporter à notre dialogue politique. Et puis, ne l’oublions pas, un certain Pierre Maudet se représente : il regorge d’ennemis, mais tout autant d’amis, qui lui sont restés fidèles dans la tempête, c’est tout à leur honneur. Rien de plus infect que la trahison, mortifère, méprisable, vêtue de pestilence. La campagne de Cyril Aellen sera difficile, semée de pièges. Cet avocat de 49 ans, brillant député, père de famille, qui fut le dernier président du Parti libéral genevois, prend le risque politique de sa vie. Rien que pour ce courage, il mérite respect et admiration.

     

    Pascal Décaillet

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  • Lisa Mazzone : compétence et ténacité

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    Sur le vif - Lundi 30.11.20 - 15.38h
     
     
    Je ne partage quasiment aucune des idées politiques de Lisa Mazzone. Mais j'apprécie au plus haut point, depuis toujours, cette jeune et courageuse politicienne. Lorsqu'elle était très jeune, toute débutante, j'ai perçu en elles de grandes qualités, une remarquable aptitude au combat politique, qui est sans merci. Il faut avoir le cuir très dur.
     
    Elle a une vision du monde. Elle se bat pour elle, avec fougue, ténacité, sincérité. Les attaques, contre elle, sont souvent innommables. Elles portent sur sa personne, non sur ses idées. Malgré cela, elle tient le coup. Elle va son chemin. Elle se bat.
     
    Je comprends très bien que l'on combatte ses idées. Mais l'acharnement sur sa personne est inacceptable.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Regarde, Maman, comme je suis présentable !

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    Sur le vif - Dimanche 29.11.20 - 10.48h
     
     
    Jamais l'urgence d'un contre-pouvoir à la toute-puissance de l'exécutif n'a été aussi criante à Genève, depuis Fazy.
     
    Et jamais le Grand Conseil n'a été aussi impuissant à l'établir.
     
    A cela, deux explications. D'abord, la barbichette. Les partis gouvernementaux font tout pour tuer toute émergence de commission d'enquête sur la gestion de la crise sanitaire, depuis ce printemps, par le Conseil d'Etat. Terrible spectacle que celui de ce Parlement tétanisé, à la botte de l'exécutif, tout le monde se tutoie, les députés tutoient les conseillers d'Etat, l'impuissance tutoie la complicité.
     
    Et puis, on se prépare à une élection complémentaire, celle du 7 mars 2021. Il s'agit de ménager les alliances. L'une d'entre elles sera celle des fatigues patriciennes avec les Gueux.
     
    Des Gueux qui, depuis longtemps, sont rentrés dans le rang. Tout heureux de s'associer aux voluptueuses délices du pouvoir. De se fondre dans la masse. De s'embourgeoiser. De pouvoir dire à leurs mamans : "Regarde comme je suis devenu présentable".
     
    Jamais, à Genève, le pouvoir de l'exécutif, sa prise de visibilité directe, comme chez lui, n'ont été aussi forts. Jamais la nécessité d'un contre-pouvoir n'a été aussi pressante. Le Parlement, ce printemps comme cet automne, a choisi à deux reprises de s'y dérober. Reste donc, comme ultime espoir pour sauver notre démocratie, l'entrée en action urgente de son seul véritable souverain : le peuple.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • L'économie doit être nationale, ou n'être pas !

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    Sur le vif - Vendredi 27.11.20 - 10.49h
     
     
    J'ai toujours été opposé, depuis ma jeunesse, à l'idée même de multinationales. Au-delà de savoir si elles doivent êtres "responsables" ou non (elle le doivent, assurément), j'invite à une réflexion bien en amont : comment l'économie libérale, dans le pire sens de ce mot, a-t-elle pu laisser éclore et prospérer de tels monstres planétaires, sans ancrage dans la réalité d'une économie nationale, spoliant parfois le Tiers-Monde, pour mieux accumuler les profits ? Une fois tranchée la votation de dimanche, j'invite mes compatriotes à s'attaquer à une autre ambition, autrement plus fondamentale : refuser l'existence même des multinationales.
     
    Je suis pour une économie vivante. Réelle. Pour l'entreprise, qui est une fantastique aventure, surtout quand elle procède, au départ, du rêve d'un homme seul, ou d'une femme seule. Notre économie suisse, diversifiée, n'a pas à rougir : plus de 95% de son tissu est constitué de PME : quelques personnes, parfois trois, deux, voire une seule. Ca n'est pas la taille qui fait une entreprise : c'est la férocité d'indépendance, la solitude face à la responsabilité, la capacité de décider, d'inventer, de se remettre en question.
     
    La finalité de l'économie n'est pas, à mes yeux de lecteur de Léon XIII, l'accumulation de profits. Oh, il faut bien gagner sa vie, du mieux qu'on peut. Mais le Veau d'or, celui que décrit l'Ancien Testament, dans le Livre de l'Exode, c'est non. Jamais la finance, dans ce qu'elle peut avoir de spéculatif, ne doit l'emporter sur l'économie réelle. Je suis pour des entreprises nationales, délimitant leur action, non dans le casino planétaire et cosmopolite, mais dans le périmètre d'une communauté humaine solidaire. Contribuant à la prospérité de cet ensemble-là, par le savoir-faire, par l'emploi, par la fiscalité. Ces entreprises-là ont mon respect. J'ai l'honneur de tenir l'une d'entre elles, minuscule, microscopique, mais entreprise, croyez-moi, dans son fonctionnement. Depuis quinze ans, je me sens responsable économiquement, ça change l'esprit, ça change la manière de voir.
     
    Je n'accepte pas que le monde, en un siècle, ait pu laisser prospérer, au nom d'un libéralisme érigé en dogme, ces géants tentaculaires sans foi ni loi, siège social en Europe, griffes prédatrices dans les pays d'Afrique ou d'Amérique latine. Je n'accepte pas, même si j'en vois bien les avantages fiscaux pour nos États, l'éternelle génuflexion de la droite libérale et de ses valets, dans nos Cantons suisses, devant ces fausses divinités, que je récuse de toutes mes forces.
     
    Je suis un homme de droite, vous le savez. Attaché à la nation. Attaché aux frontières. Attaché à la cohésion sociale, la solidarité à l'intérieur de chaque communauté humaine organisée. Attaché à l'entreprise, de toutes mes forces. Attaché à la langue, aux textes. Mais pas à ces monstres apatrides. Mon discours déplaira aux libéraux. Eh bien, qu'il déplaise !
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Allemagne : la victoire en silence

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    Sur le vif - Vendredi 27.11.20 - 01.15h
     
     
     
    Covid : la France est en train de décrocher par rapport à l'Allemagne, comme elle ne l'a jamais fait depuis la guerre.
     
    C'est une réalité lourde. Un mouvement de fond, tectonique, structurel. L'Allemagne a mieux géré la crise. Mieux géré les questions sanitaires. Mieux géré l'économie. Mieux géré les finances. Mieux géré la proximité par rapport aux centres de décision. Elle a, plus que tout, mieux géré la confiance. Das Vertrauen, mot luthérien, mot puissant, biblique.
     
    La France décroche. Personne ne le voit. Personne n'en parle. Et c'est pourtant l'une des conséquences majeures de la crise que nous traversons. Sans un couple franco-allemand équilibré, comme les piliers d'une Cathédrale, pas d'Europe. Juste des moulins à paroles, à Bruxelles. Juste des experts, hagards, dans le désert du sens.
     
    La France sombre dans l'autoritarisme, l'arrogance jacobine. Elle n'écoute plus son peuple, elle l'inonde sous sa propagande, diabolise toute opposition à la pensée dominante, dresse des potences, libère les meutes, élève des bûchers. Elle vit, dans l'ordre de la liberté des esprits, des consciences, l'une des pires périodes de son Histoire.
     
    L'Allemagne est en train de gagner un combat singulier, engagé il y a très longtemps, disons en 1806. Elle gagne, dans l'indifférence de tous. Elle gagne lentement, doucement, puissamment.
     
    Elle gagne en silence. Comme les héros de la mythologie grecque, chez Friedrich Hölderlin, le géant des mots et du non-dit, dans la poésie allemande.
     
    Elle gagne, non dans le mode offensif d'une symphonie au moment de l'attaque, dans l'Allegro de la naissance. Mais dans la douceur terrienne de l'Andante con Moto, celui de la Cinquième, par exemple, version Furtwängler, dans le travelling aérien de Berlin en ruines.
     
    Au milieu de la Prusse en décombres, printemps 1945, tout était déjà là, perceptible. Par le miracle de cet Andante, la saisissante beauté des images, épurée comme une ruine grecque. Déjà, le renouveau. Parce que Beethoven, toujours en mouvement, du haut de ses 250 ans, donne un sens à la vie
     
     
    Pascal Décaillet

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  • La seule grâce d'un sourire

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    Sur le vif - Mercredi 25.11.20 - 21.50h
     
     
    Le ministre dit au Parlement ce que doit être un Parlement.
     
    Et des parlementaires l'applaudissent.
     
    Le ministre dit à la presse ce que doit être la presse.
     
    Et des journalistes applaudissent.
     
    On a le "premier pouvoir" qu'on mérite.
     
    On a les médias qu'on mérite.
     
    Vive le peuple souverain, féroce, marmoréen.
     
    Vivent les mots, libres, aériens.
     
    Solubles dans la seule grâce d'un sourire.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • C'est nous les patrons : vive le peuple !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 25.11.20

     

    « Nous sommes ici par la volonté du peuple, et n’en sortirons que par la force des baïonnettes ! ». La phrase de Mirabeau, lors du Serment du Jeu de Paume (20 juin 1789), résonne en moi, depuis l’enfance, comme l’une des plus belles jamais prononcées dans l’espace politique. Elle sonne au fond, plus encore que la Prise de la Bastille (14 juillet 1789), le vrai lancement de la Révolution française, que j’ai toujours considérée comme l’enchaînement d’événements le plus important de l’Histoire. Elle sonne la charge, parce qu’elle affirme la primauté du peuple, par la voix de ses représentants, sur toute chose. L’exact inverse, donc, de la Monarchie absolue, où le souverain est quasiment d’essence divine. Le contraire, surtout (parce que le bouleversement est plus structurel), du système de castes, avec la Noblesse et ses privilèges, le Clergé qui les partage, le Tiers-Etat qui tente de survivre.

     

    Je suis un Suisse passionné depuis toujours par la Révolution française. Mais aussi par ses suites chez nous, en Suisse romande : la République Helvétique (1798), l’essor des mouvements républicains sous la Restauration, qui sont les ancêtres des radicaux, et surtout le bouleversant « Printemps des Peuples », en cette année 1848, la plus importante de toutes, qui marque le début de la Suisse fédérale, la Suisse moderne. J’ose dire que les événements du treizième siècle, autour de 1291, avec toute la part du mythe qui le dispute à l’Histoire vérifiée, me touchent moins. Mais enfin, je suis Genevois d’origine valaisanne, ou Valaisan de Genève si on préfère : dans les deux cas, mes ancêtres (de Salvan ou d’Orsières) ne sont pas Suisses avant 1815 ! Le treizième siècle, dans cette mémoire-là, intellectuelle, familiale, spirituelle, affective, c’est vraiment très loin. Si j’étais originaire de Stans, Sarnen, Glaris, Appenzell ou Herisau, je verrais assurément les choses autrement. L’Histoire suisse, c’est le choc dialectique de ces deux champs de références : le treizième siècle, le dix-neuvième.

     

    En Suisse, nous avons encore mieux que la démocratie représentative, celle de Mirabeau : nous avons la démocratie directe ! Et là, il faut rendre hommage, j’en conviens, à des traditions plus ancestrales que le Siècle des Lumières, celles des Landsgemeiden par exemple, même si nos droits populaires modernes datent de la fin du dix-neuvième siècle. J’aime la démocratie directe, passionnément, parce que, comme dans la phrase sublime de Mirabeau, elle rend hommage à ce qui vient d’en bas. Non plus seulement le choix des personnes, mais celui des thèmes ! Hommage absolu au fleuron de nos droits : celui d’initiative, qui permet à une poignée de citoyennes et citoyens d’interpeller, un beau dimanche, la totalité du corps électoral suisse !

     

    Telles sont nos valeurs. Tel est notre trésor commun. Dans le beau temps comme dans la tourmente, dans la santé comme dans la crise sanitaire, ne renonçons jamais à exercer la démocratie. C’est nous les patrons : vive le peuple !

     

    Pascal Décaillet

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  • Avec nos restaurateurs !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 25.11.20

     

    Bistroquets, cafetiers, restaurateurs, tenanciers de bars, cuisiniers, serveurs, fournisseurs, nous sommes avec vous ! Parce que, depuis le début de la crise sanitaire, vous êtes en souffrance. D’en haut, d’un diktat de la bureaucratie sanitaire cantonale, ce printemps, on vous a fermés, tous. Et puis, d’un claquement de doigts, à l’orée de l’été, on vous a rouverts. Et puis, à l’automne, on vous a refermés ! On joue avec vous, avec vos nerfs, vos espoirs, vos angoisses. Vous êtes, sur le plan économique et social, les grandes victimes de la période noire que nous traversons.

     

    Nous sommes avec vous, cela signifie que nous nous réjouissons, tous, de revenir fréquenter vos établissements. Car le meilleur moyen de soutenir un restaurant, c’est tout simplement d’aller, de temps en temps, y manger un plat du jour ! Et le meilleur moyen de soutenir un libraire, c’est de lui acheter, une fois ou l’autre, un bouquin. Le reste, c’est du pipeau ! On ne va quand même pas, sur des années, jouer au yoyo avec les nerfs des gens, fermer trois mois, rouvrir trois mois, refermer. Comme si le métier de commerçant n’était rien d’autre que celui d’huissier, celui qui tient la porte, un jour il ouvre, un autre il ferme.

     

    Dès qu’il y aura eu réouverture des cafés et restaurants, il nous faudra, nous tous, un élan citoyen de solidarité. Non avec des mots. Mais juste, une fois ou l’autre, en fonction de nos capacités économiques, une petite visite dans leurs établissements.

     

    Pascal Décaillet

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  • Les peuples, partout, demanderont des comptes

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    Sur le vif - Mercredi 25.10.20 - 04.46h
     
     
    Covid : Macron distribue des dizaines de milliards, endette la France, affaiblit son pays face à l'Allemagne, augmente le déséquilibre entre les deux piliers de la construction européenne.
     
    Eh oui, l'Histoire continue ! Elle ne s'est jamais arrêtée. Le Covid ne fige pas les rapports de forces entre les peuples, ni le tragique de l'Histoire, ni l'immanente noirceur de la nature humaine, ni le jeu du pouvoir et de la domination.
     
    Il y aura un après-Covid. Chaque nation se retrouvera seule. Celle qui aura mal géré la crise, par exemple en creusant inconsidérément sa dette, le paiera très cher. Telle voisine, qui aura mieux géré, pourra mieux dominer.
     
    L'Allemagne, en Europe, sortira grand vainqueur. La toile multilatérale n'aura, une fois de plus, strictement servi à rien, si ce n'est mouliner de belles paroles à Bruxelles. La solitude ciselée des nations l'emportera. Chacune d'entre elles ne pourra compter que sur elle-même. Les peuples, partout, demanderont des comptes.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Vivent les emmerdeurs !

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    Sur le vif - Mardi 24.11.20 - 09.27h
     
     
    Beaucoup trop peu de députés, à Genève, ont intégré mentalement leur mission de contrôle du gouvernement et de l'administration. Ils manquent de culture politique. Ils n'ont pas lu Montesquieu. Ils manquent d'énergie. Ils manquent de férocité parlementaire. Ils n'accomplissent pas la mission que le peuple leur a confiée.
     
    À l'inverse, les fouineurs, les emmerdeurs, ceux qui sans cesse mettent leur nez dans les dysfonctionnements du Conseil d'Etat, ceux-là exercent pleinement leur fonction de représentants du peuple.
     
    Le contrôle du gouvernement est une mission du parlement. Ça n'est pas juste un luxe pour quelques députés un peu plus curieux que les autres. Les cent personnes que nous, les citoyennes et citoyens, envoyons siéger, ont le DEVOIR d'exiger sans cesse des comptes du gouvernement. Et des sept magistrats, sans exception.
     
    Nous n'élisons pas des députés pour qu'ils soient les copains goguenards et tutoyeurs des conseillers d'Etat. Encore moins, pour qu'ils soient copains entre eux ! Rien de pire que l'amicale parlementaire ! Rien de pire que ce tutoiement généralisé ! Les députés sont là pour servir le peuple.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Deux poids, deux mesures !

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    Sur le vif - Lundi 23.11.20 - 10.11h
     
     
    On ne soutient pas des entreprises en leur donnant des sous, surtout ceux du contribuable. Mais en les laissant bosser ! La liberté d'entreprise et de commerce est l'une des conquêtes majeures de la Révolution française. On ne joue pas avec nos commerces, nos cafés, nos restaurants, comme avec un yoyo : un jour l'Etat ferme, un jour l'Etat ouvre, et les tenanciers n'ont qu'à s'adapter !
     
    Rien ne justifie les fermetures arbitraires d'établissements. Surtout quand on s'acharne pitoyablement sur les petits commerces, sans défense, pour mieux laisser ouvertes les surfaces des grands distributeurs, qui sont déjà parmi les entreprises les plus puissantes de notre pays. Seulement voilà, ces géants, on n'ose pas s'y attaquer.
     
    Deux poids, deux mesures. On accable le faible, le fragile. On permet aux géants de s'enrichir encore davantage.
     
    Le pouvoir politique, à Genève, ne sort pas grandi de cette crise sanitaire. Une Commission d'enquête devra faire toute la lumière. Sans ménager personne. Il faut l'instaurer, sans tarder. Et lui donner tous les pouvoirs d'investigation.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Conseil d'Etat : tétanisé et servile !

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    Sur le vif - Dimanche 22.11.20 - 08.15h
     
     
    Genève : inspiré par la toute puissante "Commission sanitaire", sortie on ne sait d'où et dépourvue de toute légitimité démocratique, le gouvernement a fermé tous les petits commerces, qui se meurent, et laissé ouverts les grands distributeurs nationaux, qui roulent sur l'or.
     
    Dans ces grandes surfaces alimentaires, la population se presse, se masse, se frôle, se touche. Beaucoup plus que dans une petite échoppe où règles et distances sont respectées.
     
    Non seulement la décision est hasardeuse, arbitraire, mais elle méprise le petit, et pourlèche le puissant. Elle accélère la mort du petit négoce, et consolide l'immense richesse des grands distributeurs.
     
    Non seulement le Conseil d'Etat est incapable de prendre la moindre distance par rapport à une bureaucratie sanitaire qui le tétanise, mais il se montre d'une suintante servilité face aux puissances financières de ce pays. Contre elles, il n'ose rien.
     
    Commission d'enquête, vite !
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Commission d'enquête : urgente, indispensable !

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    Sur le vif - Samedi 21.11.20 - 15.54h
     
     
    Le pouvoir politique genevois n'y échappera pas : un jour ou l'autre, et le plus tôt possible, une Commission devra mettre son nez dans la chaîne des décisions prises depuis ce printemps, face à la crise sanitaire.
     
    Il faudra tout éclaircir, tout établir. Pourquoi le politique, dès ce printemps, s'est-il dessaisi de son pouvoir constitutionnel de décision, en faveur d'une "Commission sanitaire" dépourvue de toute légitimité démocratique ?
     
    Pourquoi nous a-t-on, pendant des mois, noyés de courbes, de graphiques, de "nombres de cas", et pourquoi ces données - pour peu qu'elles fussent exactes - ont-elles constitué une sorte de dogme, une vérité révélée, inattaquable ? Qui nous a monté cette propagande d'Etat, sous le paravent d'une gentille donnée d'informations, bien neutre, bien objective ?
     
    Qui sont les gens de cette "Commission sanitaire" ? Comment sont-ils arrivés là ? Qui les a nommés ? Le Parlement a-t-il été régulièrement informé ? Les confinements de printemps, puis d'automne, les fermetures de magasins, de cafés, de restaurants, de coiffeurs, ont-ils vraiment joué un quelconque rôle dans la "baisse des cas" ? Peut-on le prouver ?
     
    Ces décisions, totalement dramatiques dans leurs conséquences économiques et sociales, sans doute aussi psychiques, n’ont-elles pas été totalement démesurées, dictées par la peur, la méconnaissance, voire par des collusions avec des intérêts dans le monde médical ou pharmaceutique ?
     
    Qui, à l'intérieur du Conseil d'Etat, a-t-il été, depuis le début du printemps, le moteur politique de ces décisions, de ces délégations de pouvoir à une "Commission" non-démocratique, de cette instrumentalisation des chiffres, des données, des courbes, pour impressionner l'opinion publique ?
     
    Telle sera la tâche d'une Commission d'enquête. Si les partis, le Parlement, le petit monde de la barbichette à Genève, réussit à empêcher la création d'une telle Commission (oh, ils vont s'y employer !), alors il faudra donner toute la puissance du seul véritable souverain dans notre pays : le peuple.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Bureaucratie sanitaire : une Commission d'enquête, vite !

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    Sur le vif - Samedi 21.11.20 - 11.34h
     
     
    Depuis ce printemps, je dénonce la délégation pure et simple de tous les pouvoirs à une bureaucratie sanitaire, omnipotente à Genève.
     
    Qui est responsable de cette délégation ? Réponse : le pouvoir exécutif élu, le Conseil d'Etat. Dans notre démocratie suisse, c'est lui qui prend les décisions, pas une "Commission sanitaire", invoquée par la Présidente du Conseil d'Etat il y a dix jours, en conférence de presse.
     
    Qui sont ces bureaucrates sanitaires ? On aimerait le savoir ! Avec précision. Avec des noms. Des responsables. L'Histoire, le moins tard possible, aura pour mission de reconstituer cette chaîne de commandement, totalement dépourvue de légitimité démocratique.
     
    Nous, les citoyennes et citoyens, faisons confiance à nos médecins, traitants et spécialistes. Aux HUG, dans leur ensemble, ils ne sont pas en cause. Nous sommes pleins de gratitude envers le personnel médical. Mais nous voulons connaître l'enchaînement de délégations de pouvoir qui, dès ce printemps, a donné tant de puissance à cette bureaucratie sanitaire.
     
    Nous, les citoyennes et citoyens, nous voulons connaître, nommément, l'auteur, oui le triste scribe, de la circulaire de mise en isolement, dont j'ai dénoncé, ici et ailleurs, les scandaleuses tonalités.
     
    Quant au Parlement, après des mois de crise, après des promesses et des gesticulations, il n'a toujours rien entrepris de concret. Cette évanescence, en pleine tempête, de la démocratie représentative, est plus éloquente que tous les discours sur l'urgence d'installer un primat de la démocratie directe, renforcée, comme voix efficace du peuple, dans notre pays.
     
    La bureaucratie sanitaire, que je dénonce depuis ce printemps, doit faire d'urgence l'objet d'une Commission d'enquête parlementaire, ou d'une Commission ad hoc, constituée d'enquêteurs motivés, dégagés des contingences de barbichettes, courageux, libres d'esprit, indépendants.
     
    Ces enquêteurs devront faire toute la lumière sur le chemin d'abandon qui a amené l'autorité politique, dès ce printemps, à se dessaisir de tous les pouvoirs au profit de la bureaucratie sanitaire.
     
    Les quelques lignes que vous venez de lire résument l'essentiel du problème politique posé, à Genève, par la crise sanitaire. Il constitue un abandon de pouvoir du politique. Profitez d'en prendre connaissance ici. Vous ne les trouverez guère ailleurs, dans une Genève où la connivence avec le pouvoir est omniprésente.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Lettre ouverte à Madame Emery-Torracinta

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    Sur le vif - Vendredi 20.11.20 - 15.12h
     
     
    Madame la Présidente du Conseil d'Etat,
     
    Dans le contexte difficile que vit notre République, chacun fait ce qu'il peut pour l'intérêt général.
     
    Le gouvernement gouverne. Le Parlement tâche d'exercer sa mission de contrôle. Le personnel soignant, admirable, s'occupe de nos malades.
     
    Citoyen engagé dans la République, je m'intéresse plus particulièrement aux aspects économiques et sociaux de la crise. Depuis ce printemps, j'ai multiplié les débats, textes et réflexions à ce sujet. Les lieux que j'anime constituent sans doute, à Genève, les forums d'expression citoyenne les plus vifs, sur la détresse des commerçants, des petits entrepreneurs, des cafetiers, des restaurateurs, du monde de la nuit, des indépendants. Je suis moi-même, depuis quinze ans, un petit entrepreneur. Je sais ce que se battre veut dire.
     
    Citoyen engagé dans la République, j'exprime mon opinion, depuis des décennies, sur la politique. Je le ferai jusqu'à mon dernier souffle, c'est le droit de tout homme ou femme libre, responsable, soucieux du bien public. Dans ces opinions, que j'exprime, il ne vous a pas échappé que je critiquais souvent votre Conseil d'Etat. J'en conteste les choix politiques, et surtout économiques, je suis qualifié pour le faire, je connais à fond les dossiers politiques genevois, mais plus simplement je suis un citoyen libre, comme un autre.
     
    Lorsque j'anime des débats, je donne la parole à ceux qui sont en souffrance, et à leurs représentants. Par exemple, au Président des cafetiers genevois. Parmi tant d'autres.
     
    C'est là qu'intervient votre collègue M. Poggia, c'est à son sujet que je vous écris. Malgré ses qualités, ses compétences, son intelligence, que je n'ai jamais niées, ce magistrat ne supporte pas la moindre critique. Ni celles émises par un citoyen qui s'exprime, ni - pire - le fait qu'on puisse ouvrir ses micros à des gens qui le contestent. Aussitôt, cette parole offerte à l'opposition serait de l'ordre du complot, dans je ne sais trop quel but : renverser la République, peut-être ?
     
    Depuis plusieurs semaines, votre collègue Poggia m'attaque, avec une singulière hargne. Hier soir, il est allé trop loin. BEAUCOUP TROP LOIN. Il a écrit, sur un réseau social, donc dans l'espace légalement considéré comme public, que j'avais tenu, dans l'un de mes débats, des propos "dans le dessein évident de susciter la haine".
     
    "Susciter la haine" !
     
    Vous connaissez comme moi la législation en vigueur. Et la jurisprudence du Tribunal fédéral. Votre collègue Poggia m'accuse publiquement de "susciter la haine". Il est très clair que, faute d'excuses publiques de l'intéressé, je donnerai à ces propos diffamatoires les suites qu'ils méritent.
     
    Je suis un citoyen libre. J'exerce mon esprit critique, comme chacun en a le droit. Je combats la politique économique de votre gouvernement, dans l'affaire de la crise sanitaire. Oui, vous pouvez me considérer comme un opposant à votre politique. Mais je n'ai, de ma vie, jamais cherché à "susciter" aucune haine ! Il est hallucinant qu'un membre du gouvernement d'un Canton suisse puisse parler ainsi d'un citoyen qui s'exprime. Nous ne sommes plus là dans les traditions, ni dans les tonalités, de notre démocratie suisse.
     
    Je vous écris à vous, parce que l'homme qui émet à mon encontre des propos diffamatoires est Conseiller d'Etat. Et membre du Collège dont vous assumez la Présidence.
     
    Veuillez agréer, Madame la Présidente, l'expression de ma haute considération.
     
    Pascal Décaillet
     

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