Liberté

  • Fichte : grundsätzlich, unentbehrlich !

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    Dienstag, den 14.07.20 - 09.18 Uhr
     

    Wenn nur ein Buch - nur eins ! - über die deutsche Geschichte zu empfehlen wäre... Darüber hatte ich am 21. Juli 2015 einen Text meiner Serie geschrieben (siehe unten !). Jeder Germanist, jeder Student im Bereich der deutschen Geschichte soll unbedingt diese zwölf Reden von Fichte (Berlin, 1807-1808, unter der französichen Besetzung) mit lauter Stimme lesen, als wäre er selbst der Redner. Hier : mein Exemplar vor vierzig Jahren.


    Pascal Décaillet
     
     
     
     

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  • Mise en garde

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    Sur le vif - Mardi 14.07.20 - 06.51

     

    Lorsqu'un groupe de défense communautaire, X ou Y, n'envisage le monde qu'à travers ses intérêts et ses objectifs, jusqu'à revisiter l'Histoire en ne considérant que les aspects qui le concernent, ce groupe finit par nuire à la vision historique, à sa complétude, à sa capacité de nuances.

     

    Pascal Décaillet

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  • L'été, on lit ! - No 3 - Ne manquez pas André Hurst !

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    Lundi 13.07.20 - 18.09h

     

    Demain, mardi 14.07.20, à 18.50h sur Léman Bleu, ne manquez pas le troisième épisode de ma Série "L'été, on lit !". Avec, comme invité, mon ancien Professeur de grec André Hurst.

    En compagnie de cet esprit encyclopédique, aussi à l'aise dans la musique que dans la littérature, nous évoquons quatre auteurs, qui ont particulièrement compté dans sa vie de recherches et d'établissements de textes. Pindare (auquel il consacre son tout dernier livre, chez Droz) ; Apollonios de Rhodes (l'auteur des Argonautiques, à qui il a consacré sa thèse en 1967) ; Lycophron (l'auteur d'Alexandra, une longue prédiction de Cassandre, dans un style jugé souvent difficile, mais que cache cette obscurité ?) ; et Ménandre, le dramaturge de la Comédie Nouvelle.

    Trente minutes de promenade parmi les plus beaux textes de la Grèce ancienne. Vive la littérature grecque ! Qui a profondément nourri nos littératures modernes, en commençant bien sûr par les Allemands : Hölderlin pour Pindare, Christa Wolf (DDR) pour le langage prophétique de Cassandre.

    Entre l'enregistrement (lundi 29.06.20) et la diffusion (demain), je suis allé me tremper dans cette Allemagne de l'Est qui compte tant pour moi. Notamment en retrouvant, 21 ans après, la ville de Weimar, d'où j'avais dirigé un Eté Allemand, en 1999.

    Weimar, ville littéraire ! Ville d'innombrables ponts entre les littératures de la Grèce ancienne et de l'Allemagne.

     

    Pascal Décaillet

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  • Série Allemagne - No 25 - Ernst von Salomon, le Réprouvé !

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    L'Histoire allemande en 144 tableaux - No 25 – Si la complexité de l’Allemagne des années 1918/19, celle de la Révolution, des combats acharnés entre Corps francs et Spartakistes, ne vous fait pas peur, alors lisez à tour prix « Les Réprouvés » (1930) : ce récit autobiographique, saisissant, est un chef d’œuvre.

     

    Dimanche 12.07.20 - 16.45h.

     

     

    Lorsque j’ai lu « Les Réprouvés » (Die Geächteten), en 1980, ce livre a produit sur moi l’effet d’un choc. Je n’avais jamais entendu parler d’Ernst von Salomon, je ne connaissais guère la Révolution allemande du 9 novembre 1918, encore moins les combats féroces de 1919 entre les Spartakistes et les Freikorps (Corps francs). J’étais pourtant, depuis de longues années déjà, un passionné d’Histoire allemande. Mais ces épisodes-là, pourtant capitaux, je les ignorais.

     

    Il faut dire que nul n’en parlait ! L’historiographie de l’époque évoquait largement le nazisme (1933-1945), la Grande Guerre (1914-1918), et même la République de Weimar (1919-1933), mais étrangement, la Révolution allemande, pourtant si génialement décrite dans le roman « November 1918 » d’Alfred Döblin (première parution en 1935, puis publication intégrale après la guerre), n’intéressait que quelques universitaires dans l’univers germanophone, et… quasiment aucun dans le monde francophone !

     

    Rien que cette carence historiographique mériterait un épisode entier : on a l’impression que, dans les décennies d’après la Seconde Guerre mondiale, beaucoup de forces s’étant déployées en 1918/19, des communistes aux sociaux-démocrates, et aussi les nationalistes, avaient intérêt à ce qu’on ne remue pas trop cette période trouble, et pourtant essentielle. Ce mouvement de recul était sensible tant en DDR (où les communistes étaient au pouvoir, dont certains survivants de 1919) qu’à l’Ouest. Alors, pour un jeune passionné de 22 ans, en 1980, on accédait plus facilement à la Révolution allemande par le roman (Döblin), ou le récit biographique (Ernst von Salomon) que par les livres d’Histoire. Cette lacune, depuis, a été comblée, notamment par l’éblouissante « Révolution allemande, 1918-1923 », du Britannique Chris Harman (La Fabrique éditions, 2015). J’y reviendrai.

     

    Né à Kiel, port de la Baltique, le 25 septembre 1902, et mort à Winsen (Basse-Saxe) le 9 août 1972, Ernst von Salomon est un personnage fascinant. Il fut membre des Corps francs, prôna la Révolution conservatrice, ne fut pas nazi (bien que souvent confondu avec eux), se tint à l’écart de la politique sous le Troisième Reich, et aussi après la guerre, jusqu’à sa mort. Il publie « Die Geächteten » en 1930, immédiatement traduit en français, sous le titre « Les Réprouvés » en 1931. Deux ans avant l’avènement du Troisième Reich ! Et puis, il publie en 1951 un véritable best-seller, « Der Fragebogen » (Le Questionnaire), à lire absolument, où il prend le parti de la dérision face aux interrogatoires de dénazification.

     

    Pourquoi faut-il lire « Les Réprouvés » ? Parce que ce récit autobiographique a valeur de chemin de défrichement dans une forêt historique qui longtemps n’apparut sur aucune carte. Compliqué, aujourd’hui, d’expliquer au grand public qu’on pouvait être, au lendemain de la défaite du 11 novembre 1918, puis du Traité de Versailles (1919), un conservateur nationaliste allemand, sans être pour autant un nazi ! A vrai dire, Ernst von Salomon, entré à l’âge de 12 ans dans le Corps royal des Cadets de Karlsruhe, puis 16 ans lors de la défaite, a engagé son destin dans une galaxie, celle des Corps francs, d’où le nazisme protohistorique est lui aussi né (en Bavière), mais avec lequel notre homme, comme des dizaines de milliers de ces combattants nationalistes, ne se confondra pas !

     

    Lire « Les Réprouvés », c’est donc accepter une école historique de la nuance. Ne pas mettre tous les nationalistes, tous les déçus de l’Armistice de novembre 1918, tous les écorchés du Traité de Versailles, dans le même panier. Certains devinrent des nazis, d’autres pas. Je raconterai un jour, dans cette Série, l’Histoire d’une famille de la noblesse militaire bavaroise, de très haut rang, fort connue de moi, qui avait refusé Versailles, défendu les thèses nationalistes, et… profondément rejeté le Troisième Reich, allant jusqu’à refuser de pavoiser sa maison lors du passage d’Hitler se rendant à Nuremberg. Une famille qui s’engagera dans le complot du 20 juillet 1944, et dont certains membres le payeront, le soir-même, de leur vie. Eh oui, l’Histoire allemande, c’est compliqué !

     

    La lecture des « Réprouvés » vous emmènera sur des chemins totalement inconnus du grand public, dont plus personne ne parle aujourd’hui ! En 1919, âgé de 17 ans, ulcéré par la défaite et par Versailles, notre jeune adhérent aux Corps francs quitte Weimar pour aller se battre du côté de la Lettonie, contre les communistes du Régiment Liebknecht. Puis, il trempe dans l’Organisation Consul (nationaliste, férocement opposée à la République de Weimar), se trouve lié à l’assassinat du ministre des Affaires étrangères, Walther Rathenau, le 24 juin 1922, puis fait de la prison. Bref, un véritable paria nationaliste dans une Allemagne en pleine effervescence, qui ne se calmera qu’avec le rebond économique du milieu des années vingt, avant de sombrer à nouveau dans le chaos après la Crise de 29. Mais cette Histoire-là, qui nous mènera droit au 30 janvier 1933, n’est déjà plus celle d’Ernst von Salomon. Sa première jeunesse est passée. La suite de sa vie, il la consacrera à l’écriture.

     

    Restent deux livres, au premier chef. Le Questionnaire, et Les Réprouvés. Incroyable témoignage humain d’un jeune Allemand qui refuse la défaite et ne rêve que d’action. Son action la plus éclatante, pourtant, sera d’écrire. Lisez « Les Réprouvés » : ce récit élargira, dans l’Histoire allemande, le champ de votre conscience.

     

    Pascal Décaillet

     

    *** L'Histoire allemande en 144 tableaux – Une Série racontant le destin allemand, de 1522 (traduction de la Bible par Luther) jusqu’à nos jours. Les 24 premiers épisodes ont été publiés en 2015, et peuvent être lus directement en consultant ma précédente chronique, parue hier ici même. La Série n’est pas chronologique, elle suit mes coups de cœur, mes envies, mes lectures. Lorsqu’elle sera achevée, une version rétablissant la chronologie vous sera proposée.

     

     

     

     

     

     

     

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  • Série Allemagne : c'est reparti !

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    Adresse au lecteur, et récapitulatif des 24 premiers épisodes - Samedi 11.07.20 - 16.30h

     

    Chers lecteurs,

     

    J’ai décidé de reprendre cet été ma Série Allemagne, lancée en 2015. Il s’agit pour moi de peindre 144 tableaux de l’Histoire allemande, entre 1522 (traduction de la Bible en allemand par Luther) et aujourd’hui. Sur ces 144, un sixième exactement a déjà été publié en 2015, soit les 24 premiers épisodes. Ci-dessous, un récapitulatif détaillé. VOUS POUVEZ RETROUVER DIRECTEMENT CHACUN DES 24 PREMIERS ÉPISODES EN CLIQUANT SUR LE LIEN JOINT.

     

    L’Histoire allemande est, avec celle de la France, mais aussi celle de la Suisse, des Balkans, de l’Algérie, du Moyen-Orient, l’une de mes grandes passions. Elle m’habite furieusement depuis la fin de l’enfance, ou le tout début de l’adolescence, c’est selon. J’éprouve depuis un demi-siècle, un peu plus même, une attraction intime pour tout ce qui touche à l’Allemagne, à vrai dire depuis le premier grand voyage familial à travers ce pays, l’été 1968. Mais certains éléments de ma fascination sont largement antérieurs. Ils sont liés à ma mère.

     

    Ma passion s’exerce envers l’Histoire allemande. Histoire politique, mais tout autant littéraire (j’ai étudié les textes allemands), musicale (passion totale), et aussi par exemple l’Histoire industrielle, plus récente, mais tellement révélatrice. Entre 10 et 14 ans (jusqu’à ma lecture du Grand Meaulnes, qui m’a donné le goût des textes), je voulais étudier la mécanique, devenir ingénieur (comme mon père), et aller travailler dans une usine en Allemagne ! Dès l’âge de 14 ans, la passion littéraire a tout emporté, adieu la Ruhr, adieu les fabriques de voitures, adieu les ateliers d’optique à Iéna !

     

    J’ai fréquenté de très grands professeurs. Je n’en mentionnerai que deux : Rolf Kühn, de 1971 à 1973, sous l’influence duquel s’opéra mon tournant littéraire ; et bien sûr plus tard Bernhard Böschenstein, spécialiste de Hölderlin, de Paul Celan, des rapports entre littératures grecque et allemande. Chaque jour, je pense à eux.

     

    Ma Série commence en 1522, parce que Luther est un homme immense, sans doute avec Beethoven le plus grand des Allemands. Et parce que sa traduction de la Bible constitue vraiment, par la Révolution qu’elle a impliquée, l’acte fondateur de la langue allemande moderne. Elle s’étend jusqu’à aujourd’hui, ou plutôt jusqu’à l’année où se terminera ma Série, pour peu que j’arrive à terme.

     

    Un choix fondamental, qui risque de dérouter certains d’entre vous : ma Série n’est pas chronologique ! Elle vagabonde, de 1522 à nos jours, au gré de mes humeurs, de mes désirs, de mes lectures, de mes aimantations du moment. Bien sûr, le jour venu, lorsque j’aurai achevé ma tâche, une mise en forme chronologique vous sera proposée. Mais nous sommes loin d’en être à ce stade !

     

    Pour l’heure, je veux vous prendre à témoins de mon atelier, avec tout ce qu’il a de brouillon, d’imprévisible, d’inachevé, d’irrationnel. Je prends des photographies. L’heure de la chambre noire, de la révélation, viendra plus tard. C’est, pour moi, un très long chemin, j’appelle cela (pour paraphraser Liszt) mes « Années de pèlerinage ». Je l’ai entamé dans l’enfance, il est lié à mes origines, il m’accompagnera jusqu’à mon dernier souffle. J’ai besoin de faire cela, d’aller jusqu’au bout.

     

    Le 16 juillet 2015, j’avais annoncé une Série en 12 épisodes. C’était un peu court ! Je me suis ravisé le 2 août 2015, multipliant douze par douze, pour me fixer sur 144. J’en ai bouclé 24 le 10 septembre 2015. Il m’en reste 120, c’est aussi simple que cela. L’affaire est claire.

     

    A ceux d’entre vous qui auront l’envie de me suivre, je souhaite une excellente lecture ! Le numéro 25, après cinq ans de silence, devrait paraître dans les jours qui viennent.

     

    Pascal Décaillet

     

     

    Récapitulatif des 24 premiers épisodes

     

     

    1) 16 juillet 2015 – L’Histoire allemande en douze tableaux – Série d’été – Présentation générale du projet.

     

    https://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/archive/2015/07/16/l-histoire-allemande-en-douze-tableaux-serie-d-ete-268802.html

     

     

    2) 20 juillet 2015 – Série Allemagne – No 1 – Rastenburg, 20 juillet 1944 (publié le jour de l’anniversaire de l’attentat contre Hitler)

     

     

    https://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/archive/2015/07/20/serie-allemagne-no-1-rastenburg-20-juillet-1944-268871.html

     

     

    3) 21 juillet 2015 Série Allemagne – No 2 – Les Discours à la Nation allemande, de Fichte (1807)

     

     

    https://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/archive/2015/07/21/serie-allemagne-no-2-les-discours-a-la-nation-allemande-1807-268897.html

     

     

    4) 22 juillet 2015 – Série Allemagne – No 3 – Tannenberg, août 1914 : naissance du mythe Hindenburg

     

     

    https://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/archive/2015/07/22/serie-allemagne-no-3-tannenberg-aout-1914-naissance-du-mythe-268920.html

     

     

     

    5) 23 juillet 2015 – Série Allemagne – No 4 – Bad-Godesberg, 1959 : Marx et Engels au vestiaire !

     

     

    https://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/archive/2015/07/23/serie-allemagne-no-4-bad-godesberg-1959-marx-et-engels-au-ve-268935.html

     

     

     

    6) 23 juillet 2015 - Série Allemagne – Intermezzo no 1 – Premières esquisses sur la méthode et la structure

     

     

    https://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/archive/2015/07/23/serie-allemagne-intermezzo-en-un-seul-paragraphe-268942.html

     

     

     

    7) 24 juillet 2015 – Série Allemagne – No 5 – Le Clavier bien tempéré (1722)

     

     

    https://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/archive/2015/07/24/serie-allemagne-no-5-le-clavier-bien-tempere-1722-268957.html

     

     

     

    8) 25 juillet 2015 – Série Allemagne – No 6 – Allemagne, Année Zéro (1945)

     

     

    https://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/archive/2015/07/25/serie-allemagne-no-6-allemagne-annee-zero-268966.html

     

     

     

    9) 26 juillet 2015 – Série Allemagne – No 7 – Weimar, 1850 : la Première de Lohengrin

     

     

    https://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/archive/2015/07/26/serie-allemagne-no-7-weimar-1850-la-premiere-de-lohengrin-268981.html

     

     

     

    10) 29 juillet 2015 – Série Allemagne – No 8 – Le Sac du Palatinat – 1688, 1689

     

    https://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/archive/2015/07/29/serie-allemagne-no-8-le-sac-du-palatinat-1688-1689-269035.html

     

     

    11) 30 juillet 2015 – Série Allemagne – Intermezzo no 2 – Accomplir l’essentiel

     

     

    https://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/archive/2015/07/30/serie-allemagne-intermezzo-no-2-accomplir-l-essentiel-269055.html

     

     

    12) 31 juillet 2015 – Série Allemagne – No 9 – Leipzig, 1869 : Ein Deutsches Requiem

     

    https://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/archive/2015/07/31/serie-allemagne-no-9-leipzig-1869-ein-deutsches-requiem-269083.html

     

     

     

    13) 1er août 2015 – Série Allemagne – No 10 – Weimar, 1804 : le Wilhelm Tell, de Schiller

     

     

    https://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/archive/2015/08/01/serie-allemagne-no-10-weimar-1804-le-wilhelm-tell-de-schille-269106.html

     

     

     

    14) 2 août 2015 Série Allemagne - Intermezzo no 3 – Mes Années de PèlerinageDans ce texte, j’annonce ma décision de passer de 12 à 144 épisodes.

     

     

    https://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/archive/2015/08/02/serie-allemagne-intermezzo-no-3-144-episodes-mes-annees-de-p-269117.html

     

     

     

    15) 10 août 2015 – Série Allemagne – No 11 – Leipzig, 1813 : la Bataille des Nations

     

     

    https://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/archive/2015/08/10/serie-allemagne-no-11-1813-lepizig-la-bataille-des-nations-269270.html

     

     

     

    16) 12 août 2015 – Série Allemagne – No 12 – Heinrich Mann, le vrai père de l’Ange Bleu

     

     

    https://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/archive/2015/08/12/serie-allemagne-no-12-heinrich-mann-le-vrai-pere-de-l-ange-b-269308.html

     

     

    17)  16 août 2015 – Série Allemagne – No 13 – Sanary : l’exil bleuté des écrivains

     

    https://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/archive/2015/08/16/serie-allemagne-no-13-sanary-l-exil-bleute-des-ecrivains-269382.html 

     

     

    18) – 18 août 2015 – Série Allemagne - No 14 – Blücher : le Maréchal Vorwärts !

     

    https://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/archive/2015/08/18/serie-allemagne-no-14-blucher-le-marechal-vorwarts-269418.html  

     

    19) – 19 août 2015 – Série Allemagne – No 15 – Lili Marleen : histoire d’une chanson

     

    https://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/archive/2015/08/19/serie-allemagne-no-15-radio-belgrade-histoire-d-une-chanson-269440.html

     

    20) – 20 août 2015 – No 16 – Kaspar Hauser, l’orphelin de l’Europe

     

    https://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/archive/2015/08/20/serie-allemagne-no-16-kaspar-hauser-l-orphelin-de-l-europe-269464.html

     

    21) – 22 août 2015 – No 17 – Empire colonial : la folie mondialiste du Kaiser

     

     

    https://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/archive/2015/08/22/serie-allemagne-no-17-empire-colonial-la-folie-mondialiste-d-269502.html

     

    22) - 23 août 2015 – No 18 – Berlin-Bagdad : en voiture, SVP !

     

    https://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/archive/2015/08/23/serie-allemagne-no-18-berlin-bagdad-en-voiture-svp-269517.html

     

     

     

    23) - 29 août 2015 – No 19 – Le Zentrum, parti catholique sous Bismarck

     

    https://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/archive/2015/08/29/serie-allemagne-no-19-le-zentrum-parti-catholique-sous-bisma-269657.html

     

    24) - 30 août 2015 – No 20 – Les Frères Grimm : l’Allemagne leur doit tout !

     

    https://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/archive/2015/08/30/serie-allemagne-no-20-les-freres-grimm-l-allemagne-leur-doit-269676.html

     

     

    25) - 4 septembre 2015 – No 21 – Le Taureau de Bavière

     

    https://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/archive/2015/09/04/serie-allemagne-no-21-le-taureau-de-baviere-269830.html

     

    26) – 5 septembre 2015 – No 22 – Deutschland über alles : le Chant des Allemands

     

    https://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/archive/2015/09/05/serie-allemagne-no-22-deutschland-uber-alles-le-chant-des-al-269858.html

     

    27) – 6 septembre 2015 – No 23 – La Cathédrale de Cologne, Monument de la Nation

     

    https://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/archive/2015/09/06/serie-allemagne-no-23-la-cathedrale-de-cologne-monument-de-l-269872.html

     

    28) – 10 septembre 2015 – No 24 – 1945 : le Grand Exil

     

    https://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/archive/2015/09/10/serie-allemagne-no-24-1945-le-grand-exil-269998.html

     

     

     

     

     

     

     

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  • Angela, Willy, et les méchants espions

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    Sur le vif - Vendredi 10.07.20 - 18.06h

     

    Tiens, Angela Merkel a son Günter Guillaume ! Et il est Égyptien ! On passera donc l'éponge. D'abord, parce que la Chancelière est inattaquable, nulle bonne âme ne s'y frotte. Et puis, vous pensez : l'inoffensive Égypte, en comparaison de la très méchante DDR de 1974 !

    Notons tout de même que le Chancelier touché en 1974 par l'affaire Guillaume, assurément le plus grand de l'après-guerre à mes yeux, celui qui avait osé porter à nouveau son regard vers l'Est, avait immédiatement tiré les conséquences de la situation. L'affaire avait causé infiniment moins de dégâts (on le sait aujourd'hui) que ce qu'avait prétendu la propagande américaine, relayée par l'anti-DDR primaire de la CDU-CSU, notamment du Bavarois Franz Josef Strauss.

    La démission brutale, immédiate, de ce très grand Chancelier, celui de la génuflexion de Varsovie du 7 décembre 1970, m'avait bouleversé. J'allais sur mes seize ans, ce 7 mai 1974. Je sentais bien que l'Allemagne perdait un homme du destin.

    Les Américains n'ont jamais pardonné à Willy Brandt (1969-1974) son Ostpolitik. C'est cela, la clef de l'affaire.

     

    Pascal Décaillet

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  • Pour une Suisse indépendante et souveraine

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    Sur le vif - Vendredi 10.07.20 - 10.32h

     

    La Suisse doit contrôler ses flux migratoires. Comme toute autre nation, dans le monde, a le droit, et aussi le devoir, de les contrôler. Chaque pays doit être parfaitement libre de déterminer lui-même, souverainement, en fonction de son système politique de décision, le taux d'immigration qu'il veut laisser pénétrer à l'intérieur de ses frontières.

    Nous sommes encore dans le temps des nations, né de la Révolution française, qui s'est dûment battue, au moment des Soldats de l'An II, pour défendre ses frontières, alors que l'Europe entière voulait rétablir par les armes l'Ancien Régime. Ce sont eux, ces soldats héroïques, qui ont décidé du sort de la France, beaucoup plus que les palabreurs des Assemblées parisiennes.

    Ce qui fut valable pour la France de 1792, pour la Prusse des années 1806-1813, pour l'Italie du Risorgimento, l'est aussi pour la Suisse de 2020. Les visions multilatérales, qui prolifèrent (sous influence américaine) depuis 1945, ne valent pas un seul kopeck. Elles ne sont qu'illusions cosmopolites, mensonges universels, spéculations sur des idées abstraites, planétaires. Concepts de géomètres, tout au plus ! La vérité, la dure, la tenace réalité depuis deux siècles, ce sont les nations. Oh, elles ne sont pas éternelles ! Un jour, elles passeront. Mais pour l'heure, elles prévalent.

    Qui dit nation dit souveraineté. Ne compter que sur soi pour sa survie. Passer des alliances, certes, mais en fonction de nos intérêts supérieurs. N'adhérer en aucun cas à une organisation multilatérale qui aurait valeur de tutelle. Pour notre petit pays, ce serait le début de la fin.

    Dans les attributs de notre souveraineté, il y a le contrôle des flux migratoires. Nulle puissance extérieure n'a à nous dicter ce que nous devons accueillir ou non. Cette décision doit relever de la seule Suisse. En fonction du système de décisions politiques qui est le nôtre, en l'occurrence la parole, in fine, au peuple souverain.

    C'est sur ce thème, et avec cet horizon-là, historique et intellectuel, que nous avons voté le 9 février 2014.

    C'est sur ce thème que nous voterons le 27 septembre 2020.

    Ai-je été assez clair ?

     

    Pascal Décaillet

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  • Graine de petits dictateurs hygiénistes !

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    Sur le vif - Jeudi 02.07.20 - 13.36h

     

    Non satisfaits de l'obligation du port du masque dans les transports en commun, voilà que les ineffables "médecins cantonaux" (mais quel Gogol, quel Pirandello bureaucratique a laissé surgir de ses méninges cette fonction qui sublime la noirceur du caporalisme le plus étriqué ?) exigent une obligation générale du port du masque, dans tout l'espace public en Suisse.

    Et demain ? Le port du masque chez soi, face au miroir ?

    Eh bien, vous savez ce qu'on leur dit, aux "médecins cantonaux" ?

    Ces aspirants-dictateurs nous ont déjà suffisamment pourri la vie pendant trois mois, et Genève n'a pas été en reste. Pour tester leurs petits pouvoirs de satrapes locaux, ils ont décrété, sécrété des ordonnances, fait la loi à la place des élus. Alors là, il est temps de leur dire que ça suffit.

     

    Pascal Décaillet

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  • Mobilité : Pierre Maudet a raison !

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    Sur le vif - Mardi 30.06.20 - 08.13h
     
     
    Il y a des gens qui détestent Pierre Maudet, et deviennent cinglés dès qu'on prononce son nom. Il y en a, au contraire, qui le suivraient "jusqu'à la mort". Je ne fais partie ni des uns, ni des autres. Je ne regarde que les intérêts supérieurs de l'Etat. Il m'est parfaitement indifférent de savoir si, intrinsèquement, Pierre Maudet est un gentil ou un méchant. La morale, en politique, ne m'intéresse pas. Je me pose une seule question : tel ministre en place (élu pour cinq), quels services peut-il rendre à la République ?
     
    Dans cette optique, il m'apparaît parfaitement légitime que Pierre Maudet, conseiller d'Etat chargé des questions économiques, affiche son désaccord face aux errances de son collègue Serge Dal Busco en matière de circulation. Voilà un ministre des Transports qui, dans le catimini de la nuit, a envoyé ses sbires peinturlurer nos rues. Il a, sans la moindre concertation, pris des options rompant gravement la paix fragile établie par son prédécesseur. Il a donné un gage à un camp contre un autre. Il a cédé aux sirènes de la mode, du pouvoir d'un moment. Il a donné à la doxa le baiser aux lépreux. Il a laissé tomber ceux qui l'ont porté au pouvoir. Il est passé à l'Est, avec armes et bagages.
     
    Il m'est parfaitement égal que Pierre Maudet se serve de cette affaire comme contre-feu à ses propres déboires judiciaires, ce que laisse entendre le Président du Conseil d'Etat. Nous, les citoyennes et citoyens, laissons cette clique à ses tactiques internes, ne regardons que l'intérêt supérieur. Et là, il faut le dire, Pierre Maudet a parfaitement raison de dénoncer toute la part d'ombre du passage de son collègue dans l'autre camp.
     
    Nous, les citoyennes et citoyens, la "collégialité" n'a pas à nous occuper particulièrement. Elle est une affaire interne au collège exécutif. Ce sacro-saint principe n'intéresse d'ailleurs, en Suisse, que la classe politique et les journalistes proches du pouvoir. Le quidam, dans la rue, coincé dans un bouchon par exemple, se contrefout de la "collégialité" ! Ce qu'il veut, c'est circuler. Livrer sa marchandise. Passer sa vie autrement qu'à ronger son frein, en contemplant, à la droite de sa congestion, une piste cyclable vide, juste là comme blason à une idéologie.
     
    Oublions tout. Oublions nos propres sentiments pour Maudet. Oublions la morale. Oublions le petit jeu de la route de Chancy. En cet été de grâce, penchons-nous sur des correspondances un peu plus vivifiantes que celles entre MM Brandt et Maudet. Ne regardons que l'Etat, l'intérêt supérieur. Vu comme cela, le coup de gueule de Pierre Maudet contre le peintre nocturne était juste. Et légitime.
     
    Pascal Décaillet

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  • Kosovo : le soliloque de Mme Calmy-Rey

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    Sur le vif - Dimanche 28.06.20 - 11.57h

     

    La RSR vient de nous offrir une quinzaine de minutes de démission critique et intellectuelle, sur la question du Kosovo, en marge des accusations contre Hashim Thaçi. On n'aborde pas ce thème, qui exige de profondes connaissances historiques, des centaines de lectures sur la complexité balkanique à travers l'Histoire, sur le ton d'un aimable bavardage de bistrot.

    On ne laisse pas une Micheline Calmy-Rey, qui n'est en rien observatrice, mais ACTRICE ET RESPONSABLE DEVANT L'HISTOIRE de la reconnaissance de l'indépendance du Kosovo par la Suisse, s'exprimer comme si elle était une simple commentatrice, sans lui opposer le moindre questionnement, la moindre contradiction, sur SON RÔLE À ELLE, À l'EPOQUE. Sans lui tendre le miroir de son obédience à l'OTAN, donc aux États-Unis d'Amérique, dont l'objectif stratégique a toujours été, dès 1990, de se constituer une tête de pont dans les Balkans. Sans l'interroger sur le rôle des services secrets allemands, à l'époque, dans la région.

    On tient sous la main une Micheline Calmy-Rey, qui, à l'époque, a clairement choisi un camp contre un autre. On la laisse s'exprimer comme "chroniqueuse". On lui laisse dire n'importe quoi sur les prétendus droits parlementaires des minorités serbes au Kosovo, depuis 2000. Elle parle. Elle dit la bonne parole. Elle prêche. Et personne, en face, pour la questionner, avec du bagage historique et critique, sur SON RÔLE à elle !

    Elle qui a choisi son camp. Engagé la Suisse. Milité pour une option très claire, dont elle aura à répondre devant l'Histoire. On tient sous la main une ACTRICE ! Et on la laisse pérorer, comme une passante délivrée du moindre souci.

    Qu'un excellent journaliste comme Michel Audétat, renseigné, cultivé, n'ait pas bondi sur l'occasion pour, tout au moins, renvoyer à l'observatrice son passé d'actrice, est attristant. Solidarité entre chroniqueurs ? Peur du conflit ? Demeurer entre gens de bonne compagnie ? Paix des âmes ?

    Qu'on ne parle plus jamais, nulle part, du Kosovo, ni des guerres balkaniques des années 1990, sans avoir lu au moins cent livres sur la question, provenant de TOUTES LES SOURCES, toutes les sensibilités contradictoires de ce nœud de complexité géopolitique. Passionnant ! À condition de faire l'effort de se hisser à un certain niveau de connaissance, d'ascèse intellectuelle, de confrontation des visions, donc de lucidité.

    Plus largement, j'émets les plus grands doutes sur ces soliloques de "chroniqueurs" des anciens conseillers fédéraux dans les médias. Une mode, depuis une dizaine d'années. Ils ont été des hommes et des femmes d'action. Ils ont fait des choix, au nom du pays. Si on les invite, ça doit être pour les confronter, avec un arsenal critique, à la pertinence de leurs options. Parce ce que bavarder, donner son avis, tout le monde peut le faire.

     

    Pascal Décaillet

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  • Balkans : les translucides de la 25ème heure

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    Sur le vif - Jeudi 25.06.20 - 14.06h

     

    Les exécutions de Serbes, ou de partisans de Rugova, les froides liquidations, le trafic d'organes, les liens avec l'OTAN, le financement par les services secrets allemands, ceux installés par M. Kohl, la manipulation générale de l'opinion publique occidentale, la diabolisation d'un camp pour mieux sanctifier l'autre, ça vous dit quelque chose ?

    Moi, oui ! Non seulement ça me dit quelque chose aujourd'hui, mais ça me disait quelque chose en 98-99, au moment des événements ! Et je l'avais dit, parce que j'avais le dossier ! Et j'étais allé sur place ! Et j'avais fréquenté tous les milieux, pas seulement le gentil circuit qu'on organisait pour journalistes. Et ce que j'ai dit, nous n'étions pas beaucoup à le dire ! Parce qu'il fallait absolument que prévale en Europe occidentale la thèse de l'OTAN, avec la complicité de MM Kohl, puis Schröder. Parce qu'il fallait que les Anglo-Saxons se constituent une tête de pont dans les Balkans, le vieux rêve de Churchill ! Là était l'enjeu, sous les paravents de la morale.

    Et voilà qu'aujourd'hui, 22 ans après, ceux qui à l'époque soutenaient tout ce gentil monde viennent se pavaner sur les ondes. 22 ans après, ils commencent à découvrir - ou le feignent - toute la part de noirceur d'un milieu qu'ils nous présentaient comme immaculé.

    De deux choses, l'une : 22 après, soit ces translucides de la 25ème heure se foutent impérialement de nos gueules ; soit la lenteur argentique de leur révélation les disqualifie à jamais pour toute invention à caractère critique sur l'actualité.

    Dans le premier cas comme dans le second, est-il à ce point prioritaire de leur donner la parole ?

     

    Pascal Décaillet

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  • Murmure et solitude

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    Commentaire publié dans GHI - 24.06.20

     

    La seule réponse à l’ignorance, c’est d’ouvrir des livres. La seule réponse aux cris de la meute, c’est le murmure ciselé d’une solitude. Il n’y a pas de troisième voie. Il n’y a pas de solution négociée, elle ne procéderait que de l’abandon. Il ne saurait exister d’armistice, encore moins de capitulation. Dans la vie, on se bat, c’est tout.

     

    Il n’y a pas de gentils centristes. Pas de compromis. Pas de démocratie de bénitier, où l’on tremperait son doigt dans l’eau salvatrice. Pour racheter quoi ! Nos lâchetés ? Nos insuffisances ? Nos paresses, pour avoir embrassé la première foule, nous êtres fondus dans le premier troupeau ? A ces concessions coupables, je dis non.

     

    Un être humain, c’est un combat. Vous le savez autant que moi. Un jour ou l’autre, nous aurons à le mener. Pas d’échappatoire. La tranquillité, c’est une illusion. La main tendue à l’ennemi, pendant la bataille, c’est l’abandon. Le prix, c’est la mort de l’âme.

     

    Chacun de nous, battons-nous. Pour nos idées. De gauche, de droite, d’où vous voulez ! Mais que chacun s’exprime ! Avec sa voix. Avec sa plume. Que chacun le fasse en son nom, en assumant, et non derrière des banderoles ! Celui qui a besoin de se fondre dans une foule affaiblit, par cet acte même d’effacement, sa position. Il nourrit la masse, mais affame en lui l’appétit de définition individuelle, intellectuelle, spirituelle. C’est un choix. Disons que ça n’est pas exactement le mien. A tous, un excellent été !

     

    Pascal Décaillet

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  • La gauche illuminée de sainteté

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 24.06.20

     

    Comme nous l’avons montré la dernière fois, la gauche, à Genève et en Suisse, n’est absolument pas majoritaire. Elle ne fait pas la loi parlementaire. Elle fait encore moins la loi populaire : elle se fracasse à peu près sur toutes les initiatives populaires. Elle est régulièrement désavouée par une majorité de notre peuple. Mais paradoxalement, elle dicte la loi morale. Ce qu’elle n’obtient pas, désespérément, dans les urnes, malgré des centaines de tentatives depuis 1919 (élection du National à la proportionnelle), elle tente de le compenser par un magistère dans l’ordre du convenable. Elle désigne le Bien, condamne le Mal, trie les élus et les damnés, entonne des causes, se précipite sur des prétextes mondiaux pour convoquer dans la rue les foules hurlantes. Elle qui condamne tant le populisme, que fait-elle d’autre, par cet appel constant à la rage extériorisée, théâtralisée dans les centres historiques des villes (vous avez remarqué, on ne manifeste jamais à Chancy, ni à Jussy), en opposition au démos, entendez le peuple comme institution, celui qui s’exprime dans les urnes ?

     

    Au fond, la gauche condamne le populisme quand ça l’arrange. Que la droite – et notamment la droite souverainiste – s’avise d’utiliser les mêmes procédés d’appel à la tourbe, et voilà que la gauche morale la bombardera d’étiquettes infamantes : « populistes », voire « fascistes » ! La gauche colleuse d’étiquettes, celle qui salive pour mieux estampiller, celle qui crache, expectore sa détestation pour mieux dénoncer ce qu’elle appelle « la haine ». La gauche de la vaccination, on inocule le mal que l’on prétend combattre. La gauche, comme le Chevalier aux Miroirs, dans Don Quichotte : elle vous brandit votre propre image, pour affaiblir votre assaut. Ces procédés sont très anciens, on instille la morale dans le combat politique, on se drape de vertu, on s’enrobe, on s’illumine de sainteté, comme ces madones que l’on promène, dans les processions du Sud. Faute de s’adresser à la conscience intellectuelle des gens, on s’en va farfouiller, comme d’indiscrets confesseurs, dans les strates de sa mauvaise conscience.

     

    Et le plus fou, c’est que ça marche ! Auprès de qui ? La réponse est simple : auprès de ceux d’entre nous qui sont hélas fragiles dans la conscience de leurs propres valeurs. Il appartient à chacun d’entre nous, en politique, de se définir. Savoir ce qu’il veut, quel type de société, déterminer où il en est. Ça prend du temps, ça remue, ça donne de l’inconfort, des insomnies, ça coupe parfois de la vie sociale, et assurément de la vie mondaine, mais l’enjeu en vaut en chandelle ! Qui suis-je ? Quelles sont mes valeurs ? Quels combats sont les miens ? Si, dans l’univers politique de la droite, ces questions fondamentales étaient davantage posées, par chacun individuellement, les hameçons de la gauche morale pendouilleraient dans le vide, sans attirer la moindre proie. La réponse à la Croisade morale, c’est la connaissance de soi. C’est une entreprise intellectuelle. Elle demande courage, capacité de résistance, et aptitude à la plus glacée des solitudes.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Travailleurs suisses, les syndicats vous trompent !

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    Sur le vif - Mardi 23.06.20 - 09.32h

     

    Si l'initiative de limitation passe, le 27 septembre, il faudra que Pierre-Yves Maillard en tire immédiatement les conséquences. Bonjour le OUI dans le camp des ouvriers et des chômeurs ! Le désaveu serait dévastateur.

    Le ralliement de la gauche syndicale à la libre circulation, je le répète depuis vingt ans, relève du passage d'un camp dans un autre, ce qui porte un nom. Tout cela, au nom d'une idéologie internationaliste et cosmopolite mortifère, à droite comme à gauche.

    Le rôle des syndicats suisses est de protéger les travailleurs suisses, dans le cadre d'une économie nationale suisse. Et non de rêver la Révolution mondialisée. Ce genre de délire finit avec des pics à glace.

    Travailleurs suisses, les syndicats vous trompent. La frontière vous protège.

     

    Pascal Décaillet

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  • Le Clergé - Le peuple

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    Sur le vif - Mardi 23.06.20 - 04.50h

     

    Initiative de limitation de l'immigration : les journaux ne cessent de nous claironner les vertus de la Sainte-Alliance (partis, syndicats, patronat) contre le texte de l'UDC.

    De même, ils nous louaient pendant toute la campagne l'unanimité contre l'initiative du 9 février 2014, sur l'immigration de masse. Comme à l'époque, ils se voient déjà vainqueurs. Ils iront pendre leur linge sur la Ligne Siegfried.

    Cet unisson aura une conséquence. En cas de réussite des initiants, le 27 septembre, le discrédit de tout ce Clergé qui sonne hautbois et résonne musettes n'en sera que plus fracassant. Le peuple aura parlé. Dans notre démocratie suisse, c'est lui le patron.

    Le peuple aura parlé. Et son attachement à la démocratie directe se renforcera d'autant que se liquéfiera sa confiance dans tous ces bavards des corps associatifs ou intermédiaires, qui prétendent lui dicter le juste et le faux, le convenable et le choquant, le bien et le mal.

     

    Pascal Décaillet

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  • Adultes, libres, vaccinés

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    Sur le vif - Lundi 22.06.20 - 09.43h

     

    Je n'ai jamais partagé cette idée voulant qu'un Parlement soit "représentatif". Il y a, dans cet adjectif, un côté peinard, gentillet, école publique genevoise égalitaire, en un mot gnangnan, qui m'exaspère.

    Représentatif de quoi ? Des genres ? Des ethnies ? Des options de vie privée ? Des adhésions confessionnelles ? Des classes d'âge ?

    A tout cela, je dis non. Ou plutôt, je dis : cela n'est pas ma conception de la République.

    Un Parlement incarne le choix électoral d'un moment. De cela, et de cela seul, il est "représentatif". C'est tout.

    Il n'est pas une gentille photographie de famille. Mais un rapport de pouvoir, voulu par le peuple, pour une période donnée. Le pouvoir n'est pas quelque chose de sympathique. Il fait mal, parfois. Il ravit les uns, écarte les autres. Il est un jeu de victoires et de défaites, de larmes et de jouissances.

    Il est le résultat d'une volonté citoyenne. Il n'est pas une foire aux échantillons, avec nécessité proportionnelle de les exhiber tous. Il n'est pas une palette de couleurs. Il n'est pas un arc-en-ciel.

    Si la volonté citoyenne du moment de l'élection a choisi de fortes majorités dans un sens, ou dans l'autre, elles sont légitimes, pour la législature. Il n'y a pas à tempérer ce choix du peuple par des quotas, de quelque ordre qu'ils puissent surgir. La volonté populaire est indivisible.

    En République, il n'y a ni hommes, ni femmes, ni ethnies d'origine, ni jeunes, ni vieux, ni communautarismes confessionnels, ou comportementaux. Il n'y a que des citoyennes et des citoyens. Adultes, libres, vaccinés.

     

    Pascal Décaillet

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  • C'est LA VILLE ALLEMANDE qu'on a anéantie !

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    Sur le vif - Dimanche 21.06.20 - 15.07h

     

    Entre 1943 et 1945, ça n'est pas l'Allemagne que les Anglo-américains ont détruite. Non, c'est la VILLE ALLEMANDE. J'avais déjà écrit sur ce sujet en 2015, c'est un thème que j'étudie de près, depuis des décennies. Il me fascine littéralement, depuis en tout cas 1968 (première traversée complète Sud-Nord, puis Nord-Sud, des Allemagnes, en famille, avec de nombreuses étapes, souvenirs d'édifices luthériens encore marqués par les obus, au bord de la Baltique).

    En 1648, l'Allemagne est détruite. Toutes les Allemagnes, presque, villes et villages. Principalement par les Suédois, mais pas seulement. Pour prendre la mesure de cette horreur, lire absolument le "Simplicius Simplicissimus", de Hans Jakob Christoffel von Grimmelshausen, 1668. C'est un très grand livre, un chef d’œuvre. Il faudra un siècle au monde allemand pour s'en remettre. Il faudra l'immense Roi de Prusse Frédéric II (1740-1786), l'homme qui a relevé la puissance allemande en Europe.

    En 1945, les villes allemandes (pas toutes, mais un nombre immense d'entre elles) sont détruites. Les pires carnages : Hambourg, été 1943, les Anglais ; Dresde, 13 et 14 février 1945, les Anglais). Berlin, Munich, Nuremberg, et tant d'autres, rasées, ou presque. En revanche, en ce même mai 1945, au moment où les armes se taisent, une majorité de villages allemands sont intacts, ou très peu touchés. Il y eut, bien sûr, des villages détruits, mais là c'était (pour une fois !) dans la foulée d'opérations stratégiques ciblées, parce qu'il y avait un objectif militaire - ou économique - à atteindre, à proximité. Lignes ferroviaires, usines, etc.

    En mai 1945, la campagne allemande est peu touchée, en matière de destructions du patrimoine. Le sous-sol n'est absolument pas atteint. Le charbon, l'acier allemand, l'aluminium allemand sont intacts. On s'en avisera très vite, notamment dès qu'on commencera (dès 49) à envisager une "mise en commun" du charbon et de l'acier. C'est cela, l'origine de l'Europe communautaire !

    La campagne n'est pas touchée, mais les villes sont anéanties. Et ça n'est pas pour rien ! Il y avait, chez les Alliés, NOTAMMENT BRITANNIQUES, une volonté absolument délibérée de détruire non pas "les villes allemandes", mais LA VILLE ALLEMANDE, en tant que telle. Pas seulement pour venger Coventry ! Non, on s'en est pris à dessein à la ville allemande, comme univers de représentation depuis le Moyen Âge. On s'est acharné sur des bijoux comme Nuremberg, Würzburg, et tant d'autres, parce qu'on savait parfaitement la valeur inestimable, dans le façonnement de l'identité nationale germanique, de ce qu'on réduisait en cendres. L'agent de cette destruction systématique fut, côté anglais, le fameux Maréchal de l'Air Harris, surnommé "le Boucher". Mais la tête pensante, pétrie d'Histoire et de culture, qui d'autre pouvait-elle être que Winston Churchill lui-même ? Tout biographe un peu sérieux du Vieux Lion connaît l'immensité de ces zones d'ombre.

    Il appartient encore aux historiens d'établir exactement les raisons politiques et stratégiques de chaque raid : Hambourg et Dresde, évidemment, que nul Tribunal international n'a jamais jugé, mais une bonne centaine d'autres, aussi. On y trouvera parfois des objectifs militaires, et alors nous voudrons bien admettre qu'on ne "fait pas d'omelette sans casser des œufs". Il y aura des zones de doutes. Et puis, il y aura clairement les raids où aucun objectif militaire ne justifiait la destruction totale d'une ville, avec des dizaines de milliers de victimes civiles.

    Tant que ce travail de clarification n'aura pas été fait, exhaustivement, et publié, des pans entiers de la Seconde Guerre mondiale, hélas, demeureront hors de la connaissance du public. Et l'historiographie triomphante des vainqueurs continuera, seule, d'occuper le terrain.

     

    Pascal Décaillet

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  • LA DDR, une Histoire allemande

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    Sur le vif - Samedi 20.06.20 - 11.22h

     

    J'ai toujours eu un faible pour la DDR, depuis près d'un demi-siècle, en tout cas depuis 1972. En 1978, j'avais écrit à l'Université d'Iéna, pour aller passer un semestre chez eux. Ils m'avaient répondu, très gentiment, qu'ils étaient infiniment sensibles à l'intérêt que pouvait leur porter un jeune étudiant en Germanistik, quelque part à l'Occident, mais qu'hélas, "pour des raisons de logistique" (je me demande bien lesquelles !), la chose ne serait "pas tout de suite possible". Bref, mon rêve d'aller lire Hölderlin et Brecht dans cette Allemagne orientale à laquelle me rattachaient tant de sentiments puissants, ne s'est pas concrétisé. J'ai retrouvé la DDR plus tard, autrement.

    Rien que sur la DDR, je pourrais écrire plusieurs livres. Tout d'abord, l'inutilité de cette appellation : il y a la Prusse, il y a la Saxe, il y a la Thuringe. Aucune idéologie, jamais (et Dieu sait si elles furent coercitives, entre 1933 et 1989), n'a pu avoir raison de ces puissantes identités nationales, ancrées dans des siècles d'Histoire, au sein de la pluralité naturelle des Allemagnes.

    Et puis, il y a la culture. Dès l'âge de vingt ans, j'ai lu les auteurs de la DDR. J'y ai immédiatement trouvé autre chose que de simples chantres du communisme, ce qui eût été un peu court pour capter les appétits littéraires du jeune homme que j'étais. Plus tard, j'ai découvert Christa Wolf, Heiner Müller, et tant d'autres. Nous sommes loin de la DDR ramenée (par la propagande occidentale) à la seule image de la Stasi, la redoutable police politique, en effet détestable.

    Pour ma part, je n'ai jamais jugé un peuple à l'aune de son idéologie dominante du moment. D'autres facteurs, innombrables, le définissent : le rapport à la langue, l'organisation mentale des représentations, les questions confessionnelles, spirituelles, culturelles, et bien sûr économiques et sociales. Je ne crois pas aux "parenthèses" en Histoire : ni pour la période 1933-1945 en Allemagne, ni pour la période 1945-1989 en DDR, ni pour la période 1940-1944 en France, ni pour la période 1922-1943 (ou 45) en Italie. Chacune d'entre elles appartient à la continuité historique de son pays. Il convient dès lors de tenter de comprendre comment elles ont pu exister, en vertu de quelles chaînes de causes et de conséquences. Lire Kraus, Thomas Mann, Heinrich Mann, Klaus Mann.

    La DDR me touche, au plus profond. Parce que les trois grandes nations allemandes, la Prusse, la Saxe, la Thuringe, qui par le sort des armes furent dévolues à l'occupation soviétique (et non américaine, britannique, ou française), avec obligation d'installer un régime communiste, ont bien dû "faire avec". Eh bien, ils ont fait ! Et franchement, vu les conditions, ils ne s'en sont pas si mal sortis ! C'était un régime sans liberté politique, il faut le dire. Mais ils ont fait beaucoup pour le social, pour l'égalité des chances, pour l'accès à la culture, aux sciences. La vie associative, culturelle, sportive, était remarquable. Tout cela, dès la fin de l'enfance, ou le début de l'adolescence, je l'avais perçu.

    Voilà pourquoi, que cela vous plaise ou non, que cela plaise ou non aux anticommunistes viscéraux (dont je n'ai jamais fait partie), nous ne m'avez jamais entendu, vous ne m'entendrez jamais dire du mal de cette partie des Allemagnes qui, du 8 mai 1945 au 9 novembre 1989, a fait ce qu'elle a pu. Son génie est une partie du génie allemand. Son Histoire, son destin, sont ceux de l'Allemagne. Il n'y a pas de parenthèse. Il y a un texte, dans la continuité d'un plus grand texte. La DDR, c'est une Histoire allemande. C'est tout.

     

    Pascal Décaillet

     
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  • Le figurant de proue

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    Sur le vif - Vendredi 19.06.20 - 09.18h

     

    Les guerres balkaniques des années 1990, telles que je les ai vécues dans le combat intellectuel féroce auquel j'ai pris part, n'étaient absolument pas un conflit entre partisans de telle ou telle ethnie.

    Non, c'était un antagonisme violent entre ceux qui prennent le temps d'ouvrir des livres d'Histoire, remonter aux antécédents, établir des chaînes - souvent complexes - de causes et d'effets, restituer les événements dans leurs contextes politiques, linguistiques, confessionnels, culturels.

    Et, de l'autre côté, les autres. Compensant leur inculture historique par la morale. Désignant immédiatement des bons et des méchants. Diabolisant un camp pour sanctifier l'autre. Bref, la démarche des salons parisiens. Avec, comme figurant de proue, le globe-trotter de luxe en chemise blanche. Immaculée. Sans la moindre tache, le moindre pli, jamais.

     

    Pascal Décaillet

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  • L'esprit humain, tout simplement

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    Sur le vif - Jeudi 18.06.20 - 11.39h

     

    Les anachroniques, incapable de restituer un fait historique dans son contexte, sont à ranger dans la même espèce que les fondamentalistes textuels.

    Rien ne m'illumine plus qu'un historien de la Bible, capable de placer chaque Livre de l'Ancien Testament dans l'environnement historique où il fut écrit. Rien ne m'assombrit davantage que celui qui sacralise le texte, en le pétrifiant pour l'éternité. Je ne crois pas, pour ma part, à une quelconque révélation. Je crois que ces Livres successifs - dans le temps - sont l'œuvre d'humains, dans le cadre bien précis d'un temps historique, idéologique, linguistique. Dans le cadre des attentes spirituelles, ou messianiques, d'un moment.

    C'est pourquoi je voue à Martin Luther une admiration sans bornes. Il a pris le texte biblique, il l'a traduit dans la langue allemande de son époque. Il a travaillé chaque mot, dans ses souches hébraïques, grecques ou latines. Il engagé toutes les puissances de son esprit, de son intelligence, pour restituer cela dans la langue véhiculaire de son époque. Il a publié cette petite bombe en 1522. Il a changé le monde.

    Dans son texte, Luther invente des mots. Il révolutionne l'allemand écrit. Il jette les bases de la littérature allemande moderne. Un fondamentaliste jamais n'aurait pu procéder à cette alchimie. Parce que l'idée même de traduction procède de la mise en lumière. Il faut passer par l'altération pour rendre vie à l'original. Luther nous sort des mots, comme les chercheurs d'or nous extraient des pépites.

    Vous pourrez, Barbares, déboulonner sa statue. Jamais vous ne détruirez l'immensité de son œuvre. Parce qu'elle procède des forces de l'esprit. Pas l'esprit révélé. Non, l'esprit humain, tout simplement.

     

    Pascal Décaillet

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