Liberté

  • La course à l'échec

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 25.05.22

     

    Le élections, à Genève, c’est toujours la même chose. La gauche, en ordre de bataille. La droite, en désordre et en pagaille. Ce samedi 21 mai, deux partis gouvernementaux qui entendent le rester pour la prochaine législature, les socialistes et les Verts, ont désigné leurs candidats pour les élections au Conseil d’Etat.

     

    Oh, ça n’est pas pour tout de suite (avril 2023), mais il faut serrer les rangs le plus tôt possible, montrer sa cohésion, ou tout au moins en donner l’impression. Deux candidats par parti : Carole-Anne Kast et Thierry Apothéloz pour les socialistes, Fabienne Fischer et Antonio Hodgers pour les Verts. Le carré d’attaque est constitué.

     

    Il ne s’agit pas ici de savoir si chacun de ces candidats, individuellement, respire la transcendance. Mais de voir le phénomène de groupe. Il est cohérent, positif. A l’inverse, la droite donne encore l’impression de nager en eaux troubles. Certes, on commence à connaître les candidats à la candidature. Mais rien n’est sûr. D’autres peuvent encore surgir, dans certains partis. Quelle alliance ? Quel jeu d’ensemble ? Quelle stratégie commune ? Mystère et boule de gomme, même si Bertrand Reich, Président du PLR, a lancé de clairs appels à l’unité.

     

    La gauche unie, la droite hésitante. Le signal, à dix mois du premier tour (2 avril 2023), n’est pas bon pour tous ceux, à Genève, qui sont déjà plus que fatigués de cette majorité gouvernementale de gauche, depuis la complémentaire du printemps 2021. Courir à l’échec, est-ce pour l’éternité la maladie héréditaire de la droite à Genève ?

     

    Pascal Décaillet

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  • Couchepin, Delamuraz : portraits croisés

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 25.05.22

     

    Je pourrais écrire un livre sur mes zones de convergences avec Pascal Couchepin, Conseiller fédéral de 1998 à 2009, dont j’ai suivi de près la carrière politique pendant plus de vingt ans, et aussi sur ce qui nous sépare. Les différences, d’abord : ses relations au capitalisme financier, au libéralisme économique, aux Etats-Unis d’Amérique (Irak, 2003), n’emportent pas mon adhésion. Le point commun : le goût de l’Etat. Il fut un homme d’action, et moi un simple observateur, un commentateur. Je l’ai tant de fois interviewé, surtout en radio, quand il était chef de groupe à Berne, puis Conseiller fédéral, mais aussi en TV. Et toujours, quel que fût mon accord ou mon désaccord avec ses propos, j’ai apprécié l’intelligence de l’homme, sa clarté, sa lucidité. Il est un esprit avec qui le dialogue est un enrichissement. Il aime discuter, croiser le fer, comme on le fait dans les bistrots valaisans, depuis la nuit des temps.

     

    Avec Jean-Pascal Delamuraz, son prédécesseur au Conseil fédéral (1983-1998), que j’ai très bien connu aussi, j’ai beaucoup moins le souvenir de discussions : son verbe fusait par irruptions, parfois des traits de génie, des formules pour l’Histoire (« dimanche noir », 6 décembre 1992, échec de l’EEE), des piques, des saillies d’humour comme des comètes, mais pas ce goût de l’argument démonstratif du radical valaisan. Au fond, le radical vaudois ne cherchait pas tant à convaincre qu’à exister très fort, si possible dans le cœur des gens. Le Valaisan, dans la grande tradition philosophique du Freisinn, croit aux lumières de l’argument juste. Peut-être sa très longue expérience de minoritaire, comme radical, dans un Valais naguère dominé par les conservateurs, lui a-t-elle aiguisé, dès les très jeunes années, cette nécessité de la démonstration comme une arme. Pour tenir tête à la scholastique. Le moins qu’on puisse dire est qu’il s’en est servi.

     

    Delamuraz, Couchepin : deux monstres sacrés du radicalisme romand, les derniers grands, au niveau fédéral, comme à Genève nous eûmes Guy-Olivier Segond. Ils étaient réputés ne pas s’aimer, le second guettant toute faiblesse du premier pour un jour prendre sa place. C’est possible. Mais jamais, de ma vie, je n’ai entendu l’un dire du mal de l’autre. Ils étaient infiniment différents, c’est sûr, Delamuraz buveur, jouisseur, fraternel dans le contact physique, Couchepin toujours se dominant. Le Valaisan, apôtre de la Raison triomphante, celle de Kant et de toute la philosophie allemande de l’Aufklärung, à qui le radicalisme suisse doit tant. Le Vaudois, où semblait toujours poindre la folie, toujours à la lisière de la démesure, l’homme qui surprend, l’homme qui surgit.

     

    Pourquoi je vous parle de ces deux hommes ? Parce qu’ils m’ont marqué. Ils viennent d’une très grande famille politique, celle qui a fait la Suisse moderne. Ils avaient, comme nous tous, des qualités, des défauts, connaissaient leurs propres faiblesses, leurs limites. Ils aimaient leur pays. Ils étaient de cette espèce rare, en voie de disparition, qu’on appelle des hommes d’Etat.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Le désir d'Etat, les forces de l'esprit

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    Sur le vif - Jeudi 19.05.22 - 16.19h
     
     
    Le parti radical a fait la Suisse, on le sait. La Suisse moderne, celle de 1848. Mais il a aussi fait le Canton de Vaud, et une bonne partie de l'Histoire du Canton de Genève. Moins dévorante que dans les deux premiers exemples, plus partagée avec d'autres courants de pensée, mais bien réelle, tout de même.
     
    Pourquoi j'admire les radicaux, depuis toujours ? Parce qu'ils sont un parti d'Etat. Et depuis l'enfance, j'aime l'Etat. Oh quand je dis "l'Etat", il ne faut surtout pas imaginer des armées de fonctionnaires, justement pas ! Ni une pieuvre à tentacules. Mais l'espace dans lequel peut s'organiser la mise en oeuvre d'un projet commun. Pour cela, nul besoin de sommes faramineuses. Mais du talent, de l'esprit de sacrifice, un ancrage dans l'Histoire et dans la mémoire partagée, un goût de la réforme, de l'efficacité.
     
    Sur le plateau de Genève à chaud, il y a longtemps, Pascal Couchepin avait énoncé comme principe : "Un Etat solide, ni plus ni moins". C'est court, et c'est juste. Jean-Pascal Delamuraz, que j'ai eu l'honneur de fréquenter dans mes années bernoises, aimait l'Etat. Mais il aimait aussi les gens, le vin, les assemblées sonores et joyeuses, le vent levé sur le Haut-Lac. Il était un aventurier de la vie.
     
    Bien sûr, il y a d'autres partis d'Etat, comme les socialistes. Je respecte, mais ils sont beaucoup trop gourmands en termes de ponctions fiscales sur les classes moyennes. Et pas assez exigeants sur l'efficacité de la fonction publique. Contrairement à eux, je dis : on doit faire mieux, avec moins.
     
    Tous les partis ont des qualités, mais celles des radicaux, depuis toujours, me parlent. Ils n'ont peut-être pas la richesse d'individus, le libre-arbitre intellectuel, de certains libéraux. Mais ils ont le sens du collectif. Ils sont de ceux dont on fait les armées.
     
    Alors, oui. Je suis content. De ce qui se passe dans le Canton de Vaud. Frédéric Borloz, un vrai radical populaire, qui me rappelle un peu Delamuraz, prend en mains la Formation. Et je me dis que cela, un jour, doit redevenir possible de ce côté-ci de la Versoix, après l'éternité des socialistes.
     
    Oui, je sais, on dit "PLR". Mais moi, je dis "radicaux", quand je sens passer le vent de l'Etat. Et je dis "libéraux", quand les floraisons individuelles d'un esprit - ou d'une conscience - me charment.
     
    Freisinn, le mot qui résume tout. Le mot qui rassemble. Le mot qui convoque le désir d'Etat, les forces de l'esprit, et accessoirement la puissance de feu de la langue allemande.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Fin de règne

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 18.05.22

     

    50,8% de non ! Pour les opposants à la réforme du Cycle d’orientation, soumise en votation ce dimanche 15 mai, la victoire est courte, disons quelques cheveux. Mais elle est réelle. Il faut saluer tous ceux, dans les deux camps, qui ont mené ce combat difficile. La bataille fut âpre, pas toujours compréhensible : la réforme n’était pas aisée à expliquer au grand nombre, et les arguments des adversaires, encore plus complexes.

     

    Mais le peuple a tranché. De peu, il contribue à plomber la fin de règne de l’actuelle cheffe du DIP, qui est encore en fonction pour un an. Les affaires sont nombreuses, on les connaît. La confiance n’est plus au rendez-vous. La machine écrase tout. Le politique ne semble plus guider les hauts-fonctionnaires. La potion est amère.

     

    Il faut maintenant laisser se dérouler cette ultime année, sans ajouter de l’huile sur le feu. Le bilan de l’équipe sortante est assez clair pour qu’on ne s’y étende pas, sauf affaire nouvelle qui viendrait à surgir d’un placard.

     

    Tourner doucement la page, oui, pour se projeter dans l’avenir. En 2023, au moment des élections, les socialistes auront tenu le DIP pendant 44 ans, sur 62, depuis 1961. 24 ans sous Chavanne, dix ans sous Charles Beer, dix ans sous la titulaire actuelle. Aujourd’hui, leur gestion est un échec. D’autres, provenant d’une autre philosophie politique, doivent maintenant prendre les rênes. Avec un souffle nouveau. Une ambition nouvelle. Non au service d’une structure, ni surtout d’un compagnonnage. Mais de la connaissance. Et de sa transmission. Là est le défi. Là, l’enjeu.

     

    Pascal Décaillet

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  • Volodymyr, l'archange du traveling

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    Sur le vif - Mercredi 18.05.22 - 13.28h
     
     
    Là où il y a champagne, il y a Volodymyr. En duplex, sur écran géant. Le must, dans les cocktails de nos braves pays d'Europe occidentale : accueillir le Président ukrainien en zoom, entre frissons champagnisés et extase de l'esturgeon. Public, aux anges. Décolletés, parés pour le ravissement. Smokings, prêts pour la métamorphose ailée de la chenille.
     
    Dernier exemple en date : Cannes. Le Zébulon de Kiev, c'est connu, est un expert mondial du Septième Art. Depuis des décennies, nous dévorons tous ses puissantes analyses dans les Cahiers du Cinéma. Volodymyr, l'archange du travelling. Sa présence, en ouverture d'un Festival de cette envergure, éclate de pertinence, comme une bulle de Dom Pérignon, sur le Finistère du cristal.
     
    Vous bossez dans l'événementiel ? La voie du salut : un duplex avec Volodymyr. Réservez déjà pour la fin de l'automne : soirées de boîte, juste avant Noël, mariages de vedettes à Hollywood, Prix des Droits de l'homme dans les Mairies de gauche, Vêpres caritatives dans les hôtels de luxe, présentations des modes d'été chez les grands couturiers. L'apparition de Volodymyr relèguera Lourdes et Fatima au statut d'épiphénomènes.
     
    C'est comme si Vercingétorix, en pleine Guerre des Gaules, avait multiplié les apparitions dans les villas de la plus haute société romaine. Même César en eût été soufflé. Et en fût resté sans Commentaires.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Vous allez nous les nettoyer, ces écoles !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 18.05.22

     

    Renoncer au grand nettoyage d’été de nos écoles genevoises, faute de moyens. Rien que ces quelques mots suscitent, auprès des citoyens et des contribuables, la colère la plus dévastatrice. Et le rage, partout dans le canton, de Céligny à Chancy, de Jussy à Satigny, de donner au petit monde qui nous gouverne un phénoménal coup de balai. C’est la Tribune qui révèle l’affaire, vendredi 13 mai. Il n’y aurait pas assez d’argent pour procéder, entre deux années scolaires, à la plus élémentaire mesure d’hygiène : faire à fond les classes, les couloirs, les toilettes, les locaux de gymnastique, les réfectoires de nos bâtiments scolaires.

     

    A ce niveau de scandale, on n’a même plus envie de savoir si la responsabilité incombe à l’Instruction publique, aux Infrastructures, aux deux, au Conseil d’Etat dans son ensemble. Non. On a juste besoin de crier sa colère. D’aucuns, avant moi, l’ont fait depuis vendredi. Eh bien, continuons : cette décision, d’une mauvaise foi inimaginable, est tout simplement inacceptable. Non seulement il va falloir nettoyer à fond les écoles, mais aussi les Ecuries d’Augias chez nos bureaucrates, nos apparatchiks, et certains de nos élus. En clair, l’origine de ce chantage (pas d’argent, pas de nettoyage) doit être identifiée. Ses responsables, sanctionnés. L’autorité politique l’ayant couvert, placée devant ses responsabilités. Nous, les citoyennes et citoyens, et notamment les contribuables, tondus comme dans aucun autre canton pour engraisser un Etat-mammouth, nous devons nous montrer sans la moindre indulgence par rapport aux lascars ayant laissé courir l’équation : « Pas de moyens, pas de propreté à la rentrée ». S’ils veulent se lancer dans une carrière de maîtres-chanteurs, qu’ils aillent chanter Wagner, à Nuremberg.

     

    « Pas de moyens » ! Mais on se fout de qui, là ? Faut-il rappeler ici le budget mirobolant du DIP, ou, d’une manière générale, de l’ensemble de la machine d’Etat à Genève ? Faut-il évoquer la lourdeur de l’administration, le poids de l’appareil et des états-majors, l’utilité fort relative de certains services de recherches, la liturgie pétrifiée des habitudes ? Faut-il revenir sur les innombrables affaires qui ont plombé le Département pendant cette législature, malaise chez les directeurs de Collèges, Foyer de Mancy, etc. Mais surtout, l’argument nauséabond du manque d’argent : un milliard de plus de rentrées financières à l’Etat l’an dernier, train de vie inconsidéré de la fonction publique, de loin la plus onéreuse de Suisse par habitant. Et il n’y aurait pas de quoi nettoyer nos écoles, après deux années Covid, cet été ? Foutaise. Et je pèse mes mots.

     

    Le scandale, c’est celui de l’éternel chantage au manque d’argent, qui suinte la vengeance face à de récents combats budgétaires perdus, alors que des ressources financières, l’Etat de Genève en dispose, beaucoup plus que n’importe lequel des 25 autres cantons. Plus jamais les citoyens, plus jamais les contribuables, les cochons de payeurs de ce canton, ne doivent laisser passer une affaire de ce genre. Il faudra un grand nettoyage. Et pas seulement dans les écoles.

     

    Pascal Décaillet

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  • Dans le frisson d'été de nos premières amours

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    Sur le vif - Mardi 17.05.22 - 13.23h
     
     
     
    Le cinéma étant, depuis avant-hier, officiellement nationalisé en Suisse, et les films plus que jamais financés par les contribuables, on se réjouit de la redistribution à ces derniers des bénéfices de l'industrie cinématographique.
     
    Car nul n'en doute : le côté prodigieusement populaire de la production suisse permettra de décrocher des fortunes mondiales. Dont le ruissellement humectera de bonheur chaque ménage de notre pays.
     
    Chaque franc, reçu par le contribuable en retour sur investissement, aura la saveur inégalable d'une glace de notre enfance, dans la nuit bleutée de l'entracte. Et le frisson d'été de nos premières amours.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Gauche morale : "L'Autre, toujours l'Autre !"

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    Sur le vif - Lundi 16.05.22 - 10.15h
     
     
    Plus de sept Suisses sur dix plébiscitent Frontex, et la gauche immigrationniste, mauvaise perdante comme jamais, se permet de qualifier de "honte" cette majorité sans appel. Il ne faut pas laisser passer ce mot. Il ne faut rien laisser passer, d'ailleurs, désormais.
     
    Plus de sept Suisses sur dix ! Le signal est d'une clarté cristalline : protection draconienne des frontières du continent européen. Notre démocratie a fonctionné. Le débat s'est déroulé. Tous ont pu s'exprimer, et la gauche ne s'est pas gênée. Hier, elle a perdu. Et la défaite est très large. Elle doit en prendre acte. Et respecter nos institutions : le peuple en est une, il est même le souverain !
     
    Et puis, ce mot, "la honte", mantra de la gauche morale, de même que "la haine". Pour ma part, je ne les utilise jamais. Ils relèvent de la morale, ou de la psychologie des sentiments, en aucun de l'analyse politique. Cette dernière exige de prendre en compte l'état des fronts, la nature du terrain, la puissance des forces en présence, les liens de cohésion spirituelle des différents camps, autour d'une culture, d'une mémoire commune : Gemeinschaft.
     
    Cette gauche immigrationniste et moralisante, qui se permet d'insulter 71,5% du corps électoral souverain, ne vit que pour la sublimation de l'altérité : l'Autre, toujours l'Autre ! Nous disons, de notre côté : "D'abord, les Nôtres !". Entre ces deux visions, il faut choisir. Mon choix est fait, depuis longtemps. Et le vôtre ?
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Pénibles, broussailleux, les chemins de l'Histoire

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    Sur le vif - Dimanche 15.05.22 - 15.15h
     
     
    Rien de plus passionnant que l'Histoire de la Finlande. Mais quelle complexité ! Rien que la Seconde Guerre mondiale : ce pays a dû en découdre contre les Russes, qui l'ont amputé de la Carélie, puis contre les Allemands. Un peuple d'un courage exceptionnel, qui a livré bataille dans les neiges et sur des lacs glacés.
     
    Je n'ai passé qu'une journée de ma vie en Finlande, retour du Cap Nord, entre Norvège et Suède, en Laponie, au cours d'un inoubliable voyage familial dans toute la Scandinavie, en été 1968. C'est dire si je me réjouis d'y retourner, avec famille et amis, en principe l'an prochain, pour un vrai séjour dans la durée, cette fois.
     
    Oui, l'Histoire de la Finlande est complexe. Oui, il existe là-bas une peur des Russes, non sans raison. Oui, on peut comprendre que les Finnois envisagent le parapluie protecteur de l'Otan.
     
    Mais le chemin de compréhension historique exige de se mettre dans la tête de tous. Celle des Finlandais, celle des Russes. Les Russes d'aujourd'hui ! Depuis trente ans, leur pays voit se rapprocher, sous couvert "d'Otan", les armées américaines. L'avance est inexorable. Sur la partie orientale de l'Allemagne, cette ex-DDR qui m'est chère à tant d'égards et où je retourne constamment. Sur la Pologne. Sur la Hongrie. Sur les Pays Baltes.
     
    Et maintenant, la Finlande ! Si ce pays adhère, il y aura des troupes "de l'Otan" le long de toute la frontière avec la Carélie devenue russe en 40, donc avec le territoire national de la Russie. C'est un casus belli, au même titre que l'affaire ukrainienne.
     
    Oui, il faut comprendre les Finlandais. Mais il faut aussi s'intéresser à la permanence historique de la question nationale en Russie, non depuis 1917, mais depuis Pierre le Grand, et même bien avant. L'une des constantes : jamais de frontière directe avec une grande puissance hégémonique. Il ne vous a peut-être pas échappé que les Etats-Unis d'Amérique en sont une.
     
    Entrer dans l'Histoire, c'est embrasser toutes les visions. Celles des grands. Celles des petits. Celles des vaincus. Celles des vainqueurs. Celles des Finlandais. Celles des Russes.
     
    Cette perspective n'est pas affaire de morale. Mais d'observation patiente, de lectures, d'accès à des témoignages. Ainsi, les chemins qui mènent à la compréhension historique. Pénibles, broussailleux. Mais il n'en est pas d'autres.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Tournicoti, tournicotons !

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    Sur le vif - Dimanche 15.05.22 - 09.42h
     
     
    Ne vous fatiguez pas, c'est plié. Après l'Eurovision, nul doute que nous aurons une Palme d'or ukrainienne à Cannes. Une victoire ukrainienne au Tour de France (sur vélo à uranium enrichi, de conception américaine). Un triomphe ukrainien à l'Ours d'or de Berlin et à la Biennale de Venise. Et bien sûr, cet automne, un Nobel ukrainien de la Paix, attribué au Zébulon de Kiev. Tournicoti, tournicotons !
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Projeter son cerveau dans le temps historique

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    Sur le vif - Vendredi 13.05.22 - 09.52h
     
     
    Bien sûr, la guerre est en Ukraine, alors tout le monde se focalise sur les événements d’Ukraine. Jusqu’à nous raconter, dans les flashes radio, chaque micro-évènement qui vient de se dérouler dans la dernière heure, ce qui prouve d’ailleurs les effrayantes limites cognitives du terrorisme du factuel sur les consciences. Je n’ai jamais cru, une seule seconde, que le journalisme devait se limiter à donner sagement des « faits », sans les mettre constamment en perspective.
     
    Donc oui, il y a une guerre en Ukraine, cela nous l’avons compris. Mais cette guerre s’inscrit dans un ensemble. Depuis trente ans, et surtout les catastrophiques années Eltsine, la Russie est humiliée, dans ses sphères traditionnelles d’influence, par l’avancée inexorable de « l’Otan », entendez les Américains. Le plan, établi au moment de la chute du Mur, est de très longue haleine, rappelant en cela l’infinie patience de Rome, lorsqu’elle convoitait de vaincre un jour Carthage, ou les Cités grecques.
     
    Oui, il y a une guerre en Ukraine. Mais attention au rideau de fumée. Le théâtre d’opérations de la guerre globale, ce sont aussi les volontés déclarées de la Finlande, de la Suède, et du Kosovo d’adhérer à l’Otan. Dans le troisième cas, c’est un nouvel embrasement général des Balkans qui est rendu possible. Voilà les conséquences de l’impérialisme américain en Europe.
     
    Bien sûr, la guerre est en Ukraine. Mais dans l’analyse stratégique, il faut projeter son cerveau dans le temps historique et dans la volonté d’hégémonie des puissants. Bref, aller voir un peu plus loin que le bout de son nez. Et du corset factuel des flashes SSR.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • L'Ukraine, Thucydide, la propagande, le réel

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    Sur le vif - Jeudi 12.05.22 - 13.17h
     
     
    Et voilà que les gentils Allemands forment les gentils Ukrainiens sur les gentils Panzers qu'ils viennent de leur livrer. Dans la redoutable Ecole d'Artillerie de Idar-Oberstein, en Rhénanie-Palatinat.
     
    C'est ce genre de nouvelles qu'il faut prendre en considération, avec les lunettes de l'Histoire, la connaissance de l'évolution du réarmement allemand depuis trente ans, l'équation Allemagne-Ukraine entre 41 et 44.
     
    Seulement voilà. Aujourd'hui, même les décrypteurs des conflits, dans les médias, se contentent de prendre acte de ce qu'ils ont à voir, juste au bout de leur nez. Dans leur jugement, nulle diachronie. Nul recours au temps long. Nul enchaînement de causes et d'effets. On se contente de prendre acte de la toute dernière agression (bien réelle, nous n'en disconvenons aucunement) en date. Un agresseur, un agressé. Le Bien, le Mal. Et vogue la galère !
     
    Il se peut que nous n'ayez pas envie de vous pencher sur le front ukrainien, dans les années 41-44. Vous avez tort, mais libre à vous. Mais alors, s'il vous plaît, sur la méthode, la nécessité d'établir les chaînes de causes réelles, lisez absolument la Guerre du Péloponnèse. L'auteur n'est ni russe, ni ukrainien, mais grec. Il a torché ce bouquin il y a 25 siècles. Il s'appelle Thucydide.
     
    Si vous ne lisez pas le grec, je vous recommande la traduction de Denis Roussel, précédée de la lumineuse introduction de Jacqueline de Romilly, dans la Pléiade. C'est un livre austère, difficile à lire et même passablement rasoir. Mais la méthode vous saisira, vous emportera par son éblouissante modernité : exposer les motifs apparents, donnés par les puissants, et démonter le mécanisme en allant chercher les causes réelles. Économiques, le plus souvent. Il y a 25 siècles !
     
    Un autre, avec génie aussi, avait appliqué la méthode, 23 siècles plus tard, dans son analyse de l'Histoire et des mouvements sociaux. C'était un Rhénan, né à Trèves en 1818. Il s'appelait Karl Marx.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Les Maos, les trotskystes, l'Oncle Sam

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    Sur le vif - Mercredi 11.05.22 - 16.20h
     
     
    J'ai toujours été frappé par la proximité de nos soixante-huitards avec les Etats-Unis d'Amérique. Nombre d'entre eux, ayant pris ventre et double menton, sont allègrement passés du statut de libertaires à celui d'ultra-libéraux.
     
    Je dis bien "ultra" : je ne parle pas ici de la grande tradition libérale d'un Benjamin Constant ou d'un Olivier Reverdin (qui fut mon professeur de grec), mais de la petite clique de ceux qui, depuis la chute du Mur, nous pourrissent les nations, refusent toute autorité de l'Etat, tout arbitrage, au profit de la jouissance sans entraves du Capital mondialisé.
     
    Les Etats-Unis, on le sait depuis longtemps, ont soutenu et encouragé le mouvement de Mai. Parce qu'ils détestaient de Gaulle, ce géant d'austérité qui dénonçait leur impérialisme, fréquentait les non-alignés, défendait le droit de chaque peuple à prendre en mains son destin, avait eu à Phnom Penh (1er septembre 66) des mots irrévocables. Et puis, de Gaulle, depuis 44, avait un rapport privilégié avec la Russie (il ne disait jamais "URSS"), et les Américains n'en pouvaient plus d'enrager.
     
    Aujourd'hui, les soixante-huitards roulent pour les Américains, vomissent la Russie, soutiennent l'expansion de l'OTAN dans les pays les plus orientaux de l'Europe, adulent les gesticulations de l'homme de Kiev, préfèrent le marché mondialisé à la fierté de chaque communauté humaine regroupée dans une nation.
     
    Les Maos, les trotskystes du Quartier Latin, sont devenus les commis-voyageurs de l'Oncle Sam. A dix ans, partisan acharné de Charles de Gaulle, je les détestais déjà. 54 ans plus tard, je ne trouve pas de mot pour définir le noirceur de mon sentiment à leur égard.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Machine à broyer

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 11.05.22

     

    Depuis des décennies, mais notamment depuis seize ans (Genève à Chaud), je donne la parole à des jeunes politiciens, tous partis confondus. Innombrables sont ceux d’entre eux qui, depuis le jour de leur première apparition radiophonique ou télévisuelle, ont fait carrière. D’autres préfèrent s’orienter vers d’autres voies, c’est la vie, chacun est libre.

    Il ne s’agit pas de faire du jeunisme. La jeunesse, en politique, n’est ni vice ni vertu en soi, elle est juste une étape de la vie. Mais une petite voix, en moi, me dit depuis toujours : « Donne-leur une chance, au tout début ». Ensuite, chacun vit sa vie.

    Ce qui est terrible, ça n’est pas d’être jeune, ni d’être vieux. Ni de vieillir. Non, l’horreur de la vie politique, c’est la véritable machine à broyer que constituent les partis. Avec leurs assemblées. Leurs comités. Leur lourdeur structurelle. Leurs rivalités. Leurs clans. Je les vois, les jeunes, au fil des années, blanchir lentement sous le harnais, s’incorporer dans le jeu des ambitions, perdre l’idéal, gagner en roublardise. Je n’aime pas cela. C’est triste. Parce que la vie, ça doit être le maintien en éveil des rêves de sa jeunesse.

    Les partis, mais aussi les parlements. C’est triste, un jeune déjà dévasté par les tics de langage législatifs : « Comme vient de l’exprimer mon préopinant », « Vous transmettrez, M. le Président », etc. La politique, ça ne doit pas être ces passages obligés de la convenance ! La politique, ça doit être de la compétence, mais aussi du désir, du panache. Sinon, c’est la mort, par strangulation de l’ennui.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Nos chers amis américains

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 11.05.22

     

    Il y a des choses qu’aucun citoyen suisse ne peut laisser passer. En voici une, toute récente : une Commission du Congrès américain vient d’insulter gravement notre pays, de s’ingérer avec une arrogante vulgarité dans nos affaires, de se permettre de nous faire la leçon, à la face du monde. Jeudi 5 mai, cette Commission décrivait la Suisse comme « l’un des principaux complices du dictateur Poutine et de ses acolytes ». Le Président de la Confédération, Ignazio Cassis, a immédiatement réagi, rejetant « avec la plus grande fermeté les formulations utilisées ». Non seulement il a bien fait, mais il aurait dû aller beaucoup plus loin : notre tout petit pays, fragile, riche de sa seule cohésion interne, ne peut en aucune manière recevoir un tel soufflet sans rétorquer avec la dernière des véhémences. Surtout lorsque l’insulte vient de la première puissance du monde, impérialiste à souhait depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, moraliste à l’extrême. Le géant qui insulte le tout petit.

     

    Les Américains n’en sont pas à leur coup d’essai. Pendant toute l’affaire des fonds en déshérence, la Suisse s’est laissée mettre sous pression, sans broncher, par tout un petit monde d’avocats d’affaires, de parlementaires en quête de lumière, gravitant autour de New York et de Washington. Le Conseil fédéral de l’époque s’était montré beaucoup trop doux, trop gentil, trop passif. Il passait son temps à courber l’échine, laissait les donneurs de leçons de la Côte Est nous dicter leur version de l’Histoire, les rançons qu’ils espéraient en tirer. Et nos courtois Conseillers fédéraux filaient doux comme des enfants trop sages, pris en faute, rougissant, affrontant le destin sur la pointe des pieds, attendant le coup suivant, espérant que l’orage allait passer. Où était la fierté de la nation suisse ?

     

    Idem, quelques années plus tard, avec l’affaire du secret bancaire. Mise sous pression américaine, d’une violence insoutenable, comme si, en la matière, leur système législatif (on pense notamment à l’Etat du Delaware, dont le Sénateur fut longtemps un certain… Joe Biden) avait des leçons de morale à donner au nôtre. Et là aussi, la Suisse s’est comportée en élève modèle, en un mot elle a capitulé. C’est cela, vous, que vous attendez des autorités de notre pays ? Et la gauche suisse qui, de l’intérieur du pays, relayait ces pressions ! Et la quasi-totalité des médias qui entonnait comme des enfants de chœur le cantique de la docilité ! Fonds en déshérence, secret bancaire : la Suisse a plié devant les Etats-Unis. Alors, pour les sanctions avec la Russie, pourquoi se gêneraient-ils de nous mettre à nouveau une pression d’enfer : les gentils Suisses finissent toujours par céder, non ?

     

    Dans l’affaire ukrainienne, les Etats-Unis, quoi qu’ils disent, sont en guerre. Ils ont même pris le commandement de la Croisade contre la Russie. Notre pays n’a pas à leur obéir. Les relations entre Berne et Moscou regardent bilatéralement la Suisse et la Russie, et nulle autre puissance au monde. Nous sommes un tout petit pays. Mais si nous cédons au principal géant de la planète, alors nous ne serons vraiment plus rien.

     

    Pascal Décaillet

       

     

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  • Gens de gauche, ne boudez pas la Défense nationale !

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    Sur le vif - Mardi 10.05.22 - 16.43h
     
     
    "Désolé, M. Décaillet, j'aurais adoré venir demain à votre émission, mais je suis à l'armée". Réponse du nouveau Président des Jeunes UDC GE, dont je me réjouis de faire la connaissance à son retour.
     
    Les Jeunes UDC sont à l'armée. Le Jeunes PLR sont à l'armée. Les Jeunes PDC sont parfois à l'armée. Mais pourquoi diable les Jeunes Socialistes, les Jeunes Verts, les Jeunes Ensemble à Gauche, ne sont-ils JAMAIS à l'armée ?
     
    Il est catastrophique que seule la droite s'intéresse à l'armée. Alors que la Défense nationale doit être l'affaire de TOUS LES SUISSES. Et j'ajoute : DE TOUTES LES SUISSESSES. Sans distinction partisane. Sans différences de classes sociales, de niveau culturel. Toutes les citoyennes, tous les citoyens. Que tous ne fassent pas du service armé, mais qu'au moins chacun consacre un certain temps de sa jeunesse à la collectivité nationale. Il y a mille manières de servir son pays.
     
    J'ai moi-même accompli près de 500 jours d'armée, entre 1977 et le début des années 1990. J'ai appartenu, pendant toute l'année 1990, à la Commission Schoch, chargée de plancher sur une réforme de l'armée, après la votation du 26 novembre 1989. Trente séances décentralisées, dans toute la Suisse, sous la présidence d'un homme remarquable : le Conseiller aux Etats Otto Schoch, radical des Rhodes-Extérieures d'Appenzell. C'était passionnant. Chacun parlait sa langue, allemand, français, italien, sans traducteur : c'était la Suisse !
     
    J'invite les jeunes de gauche à s'intéresser aussi à la Défense nationale. En arrivant avec leur idées, leur esprit critique. Mais en participant, de l'intérieur ! La question, plus que jamais, est d'actualité, y compris dans ses composantes militaires les plus traditionnelles. Je pense que vous voyez pourquoi. Je ne vous fais pas un dessin.
     
    Mais de grâce, que l'armée ne soit pas l'apanage de la seule droite ! Elle doit être l'épée de la nation tout entière. Pas celle d'une caste.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Seule demeure l'emprise de chaque syllabe

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    Sur le vif - Mardi 10.05.22 - 10.14h
     
     
    Il y a 82 ans, l’attaque à l’Ouest, 10 mai 40. Le début de l’une des plus fulgurantes guerres de mouvement de l’Histoire.
     
    Il y a 41 ans, donc exactement au milieu du temps entre cette attaque et aujourd’hui, l’élection de François Mitterrand, 10 mai 81.
     
    Mitterrand, il me semble que c’était hier. Je souhaitais cette victoire, contre Giscard. J’ai vécu intensément la campagne.
     
    C’était hier. Et je n’en reviens pas que la même distance, seulement, sépare l’élection de Mitterrand de l’attaque sur les Ardennes et sur la Meuse.
     
    Le temps historique est relatif. Il est fonction de la mémoire, de l’affect, de l’implication passionnelle.
     
    Il existe, sur l’univers homérique, des études incroyablement documentées par les historiens et les archéologues, comme « Le Monde d’Ulysse » de Moses Finley, que j’ai lu en 76.
     
    Mais pour un lecteur du Monde d’Ulysse, ouvrage aride et scientifique, il y a des dizaines de milliers de lecteurs de l’Iliade. Parce que l’Iliade est l’une des plus grandes œuvres du monde. L’histoire d’un héros, Achille, dont le destin nous bouleverse. Et l’intensité musicale contenue dans chaque hexamètre - à lire en grec, à haute voix - nous transporte, nous élève, et enfin nous transforme.
     
    En Histoire, le temps est relatif. Dans les histoires, celles que raconte un poète de génie, il n’y a plus ni temps, ni vérité, ni fiction. Seule demeure l’emprise de chaque syllabe, chaque note de musique, qui vous saisit.
     
    Comme le Roi des Aulnes, Erlkönig, lorsqu’il s’empare de l’enfant, dans les bras de son père. Sur le cheval.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Un doigt de vermouth, et le Grand Soir !

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    Sur le vif - Dimanche 08.05.22 - 18.02h
     
     
    Hallucinant. Le Parti socialiste suisse exige l’expropriation des biens des « proches de Poutine » en Suisse. Rien que ça !
     
    Prendre l’argent qui appartient à ces gens, en quel honneur ? De quel droit ? En vertu de quelles normes légales ? Quelles dispositions du Code ? En fonction de quels crimes, quels délits ? « Être un proche de Poutine » ? Voilà un grief qui ravira nos profs de droit.
     
    Le Parti socialiste suisse, dont le co-président est un enragé idéologique de la pire espèce, a-t-il perdu toute boussole ? Sait-il encore ce qu’est un État de droit ? Se prend-il pour les Soviets des premières années, 1917-1924, couteau entre les dents ?
     
    À la vérité, le PSS s’enfonce dans la dérive idéologique de l’extrême. Les sections cantonales acceptent-elles cela ? Nier l’Etat de droit permet-il encore de participer à des gouvernements ? Au Conseil fédéral ? Où est passé le grand parti gouvernemental responsable, celui d’un Tschudi, d’un Willy Ritschard, d’un Chavanne ?
     
    Et personne, en Suisse, pour remettre à sa place cette présidence de toutes les folies ? Personne n’ose ? Eh bien moi, si. Et vous, qui me lisez ?
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Gehrard Pfister : Monsieur sanctions

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    Sur le vif - Dimanche 08.05.22 - 09.30h
     
     
    Les sanctions. Voilà désormais toute la politique du PDC suisse, ci-devant nommé désormais « Le Centre ». On croirait entendre les partisans les plus enragés de Clemenceau, exigeant le pire pour l’Allemagne vaincue en 1919. Ce qui fut hélas décidé, avec les conséquences qu’on sait.
     
    Les sanctions. Le Président du PDC n’a que ce mot à la bouche. Sanctions autonomes, sanctions cohérentes, sanctions, sanctions, sanctions. La neutralité ? On laisse tomber cette vieillerie.
     
    Le Président du PDC suisse n’a pas d’autres priorités pour le pays ? L’essentiel pour la Suisse : les sanctions contre la Russie. Ah, le tonifiant programme politique ! M. Pfister veut faire de la Suisse le 51ème État américain ? La prochaine fois, il pourrait faire son discours en anglais, ça en jette.
     
    On savait ce parti ductile et malléable. Apôtre de l’illisible. On le découvre en fusion. Le catéchisme de l’effusion. L’Évangile de la confusion.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Macron 2 : compteurs à zéro

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    Sur le vif - Samedi 07.05.22 - 12.04h
     
     
     
    La France, depuis quelques minutes, a un nouveau Président de la République. Je n’ironise pas. C’est un nouveau mandat qui commence, avec de nouveaux horizons. Pour ma part, ayant été très critique sur l’action du premier mandat, j’estime nécessaire de remettre les compteurs à zéro. Et de juger le nouveau Président en fonction de ses actes à partir d’aujourd’hui. Et d’aujourd’hui, seulement.
     
    Un indice, déjà : l’aspiration explicite à l’indépendance de la Nation, dans le discours d’investiture. Jamais ces mots-là n’auraient été ceux, imbibés d’européisme, d’il y a cinq ans. L’homme est intelligent. Il tire les leçons des 42% du 24 avril, sans compter les millions de voix de gauche eurosceptiques. Macron 2 fait un pas vers l’Europe des Nations. Une majorité de Français ne veut plus entendre parler de pouvoir supranational.
     
    Quant à la politique étrangère, si la France demeure en contact avec toutes les parties en conflit dans l’actuelle guerre en Ukraine, dont bien sûr la Russie, et si elle sait se garder de l’obédience atlantiste, alors cette grande Nation, celle de Valmy et des Soldats de l’An II, celle de l’Armée du Rhin, de Jules Ferry et de Charles de Gaulle, continuera de nous éclairer.
     
     
    Pascal Décaillet

     
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