Liberté

  • Ceux qui n'arrachent pas le bitume

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    Sur le vif - Mardi 28.06.22 - 13.40h
     
     
    Marie-Claude Sawerschel, Marc Wuarin : deux excellents candidats au Conseil d'Etat. Deux têtes bien faites, bien pleines. Deux conceptions humanistes et ouvertes de l'action publique. Deux engagements pour l'environnement, fondés sur la Raison (Vernunft), et non sur une dérive sectaire, végétarienne par décret, arracheuse de bitume avec label de la Princesse. Il y a des jours où le gong de Philippulus, dans son éternité tristement recommencée, éreinte nos ouïes et lacère nos âmes.
     
    J'ignore absolument si leur parti, les Verts libéraux, dont le double adjectif aurait tout pour me déplaire, réussira sa percée, l'an prochain. Je ne suis ni Vert, ni libéral, je suis un vieux républicain, partisan d'un Etat fort, mais seulement dans les domaines régaliens. Je suis pour les classes moyennes, pour ceux qui bossent, qui se crèvent au boulot. Je suis pour une Suisse indépendante, souveraine. Au fond, je suis une vieille tête de lard radicale. Avec dans le tréfonds la tentation de la noirceur.
     
    J'ignore le destin politique des Verts libéraux. Mais je dis que cette famille nouvelle, riche de belles individualités, avec des gens cultivés, intéressants, a un rôle à jouer dans notre vie publique. Parmi d'autres. Mais sûrement pas moins que d'autres.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • D'urgence, le DIP doit être enlevé à la gauche !

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    Sur le vif - Vendredi 24.06.22 - 09.50h
     
     
    Des sous, des sous, des sous. Chaque fois qu'on parle de l'Instruction publique à Genève, le seul et unique discours de la gauche est de larmoyer pour obtenir des "moyens".
     
    L'école va mal ? Il faut des sous ! Les connaissances ne se transmettent plus ? Des sous ! L'illettrisme gagne du terrain ? Des sous ! L'enseignement de l'Histoire, à part quelques profs magnifiques, ne donne plus aux élèves, depuis longtemps, l'indispensable approche synthétique, et diachronique, pour avoir une vision d'ensemble ? Des sous ! Les profs de géo ne jurent plus que par l'endoctrinement climatique ? Des sous ! Plus aucun élève, ou presque, n'est capable de lire un poème, à haute voix, avec l'amour de la métrique et de la prosodie, le sens du "e" muet, la passion musicale de la syllabe ? Des sous, des sous, encore des sous !
     
    Un secteur entier du DIP, s'occupant d'élèves en souffrance, dysfonctionne totalement depuis des années ? Des sous ! L'autorité politique élue a perdu tout contrôle sur cet Office ? Des sous ! Des choses très graves, méritant une Commission d'enquête, s'y sont produites, au détriment des élèves ? Des sous, des sous, encore des sous !
     
    On dirait qu'en matière de formation, la gauche a perdu tout sens de l'essentiel : la qualité, humaine et intellectuelle, de la transmission des connaissances. Pour elle, sans argent, sans ces éternels "postes supplémentaires", rien ne serait possible pour perpétuer ce miracle permanent du savoir partagé, celui dont parle Péguy, dans "L'Argent", Cahiers de la Quinzaine, 1913. Au fond, cette gauche-là ne s'intéresse pas au coeur de la question. Elle tournicote, comme les trompettistes autour de Jéricho, en hurlant : "Des sous, des sous, encore des sous !".
     
    Cet argent doit leur être refusé, et la droite a raison. Le DIP est déjà doté, en comparaison intercantonale, du budget le plus délirant du pays. Beaucoup trop de strates de contrôle, d'états-majors, de secrétaires généraux, de services de recherches, au détriment du front de l'enseignement. Ce dont le Département a le plus impérieux besoin, c'est le rétablissement de la confiance. Cette dernière, à tous les échelons, fait cruellement défaut. Le DIP est en état de décombres. Saluons les profs, les élèves, le personnel administratif et technique, les doyens et directeurs qui, malgré cette déroute généralisée de l'autorité politique, continuent, au jour le jour, de pratiquer au mieux cette incomparable rencontre humaine qui s'appelle la transmission des connaissances.
     
    En 2023, d'autres devront reprendre ce Département sinistré. Venant d'autres horizons. Ayant d'autres discours, d'autres horizons d'attente, d'autres approches intellectuelles et spirituelles, que la perpétuelle mendicité pour quémander des "moyens supplémentaires".
     
     
    Pascal Décaillet

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  • France : la revanche des Girondins

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    Sur le vif - Jeudi 23.06.22 - 09.19h
     
     
    Il faut cesser, dans les cinq ans qui viennent, de parler de Macron. Sauf dans les chasses gardées qui restent historiquement les siennes : la défense nationale et la politique étrangère. Là, son domaine réservé doit être respecté. Mais, sur les dossiers lourds des affaires intérieures, il n’a plus la main. La réforme des retraites, par exemple, ne sera plus guidée de l’Élysée, elle appartient au génie divers et complexe de la France des profondeurs.
     
    La nouvelle Assemblée en est le reflet. C’est d’elle, pour cinq ans, que procèderont les grands changements. De facto, la France est revenue à un régime parlementaire, style Troisième ou Quatrième République. Cette Révolution n’est venue ni d’en haut, ni de la rue, mais de 577 élections juxtaposées, sans rapport l’une avec l’autre, dans l’ancrage polymorphe de la France politique. 230 ans après la Convention, c’est la revanche des Girondins.
     
    C’est aussi, après une éternité d’étouffement et de silence, l’émergence tant attendue de la parole du peuple. Là, c’était pour élire une Assemblée à nulle autre pareille, ne devant rien au Prince, n’ayant nul compte à lui rendre, prête à contrôler, voire censurer les gouvernements. Sous la Troisième, sous la Quatrième, c’était chose courante.
     
    Mais le peuple de France ne s’arrêtera pas là. Il lui reste à inventer des outils de décision directe lui permettant d’infléchir le destin du pays. Et sans passer, cette fois, par les corps intermédiaires. C’était, avec le pouvoir d’achat, la grande revendication des Gilets jaunes. Macron lui avait répondu par le mépris. La brioche !
     
    Quant aux pies bavardes des chaînes privées, où caquettent encore les petits collabos de la Macronie (dont l’un, ineffable et gluant), elles peuvent continuer de répéter en boucle, toutes les cinq secondes, le nom du monarque, ne parler que de lui à longueur de journées, elles demeureront comme les perroquets d’Hergé, sur cette île lointaine où avait, trois siècles plus tôt, vécu le Chevalier de Hadoque. Et elles, répétant à l’envi les injures de l’illustre ancêtre. Transmises, de génération en génération, par des milliers d’autres volatiles en folie. Quelles plumes ! Et quelles voix !
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Couture, cuisine : pour tous !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 22.06.22

     

    Au moment où les écoles se terminent pour la pause estivale, mes vœux de bonnes vacances à tous ! Mais aussi, une réflexion. L’école de base doit être plus simple. Elle doit se concentrer sur l’essentiel.

     

    Lire, écrire, s’exprimer clairement en public, compter. Connaître l’Histoire et la géographie. Avoir une idée générale des problèmes de ce monde. Savoir tenir une comptabilité élémentaire. Connaître les assurances sociales. Être capable d’établir et de déchiffrer une fiche de paye, en sachant exactement à quoi telle retenue correspond. Savoir recoudre un bouton. Cuire des pâtes. Connaître quelques recettes culinaires élémentaires. Savoir ouvrir un capot, connaître le moteur, identifier une panne. Changer le pneu d’un vélo. Maîtriser les premiers secours. Pour prendre quelques exemples.

     

    J’ai mentionné la cuisine, la couture. Pour tous, évidemment. Tout comme la mécanique, les rudiments d’informatique, la lecture critique de la fiche de salaire. Le changement d’un fusible. Le fonctionnement d’une prise électrique. L’usage d’une perceuse. Le repassage. Le choix des programmes dans une machine à laver. Quelques notions de plomberie. La peinture à la dispersion. Planter des légumes, les soigner. Savoir se servir d’une perceuse.

     

    Le reste ? Ma foi, si vous voulez lire Homère ou Hölderlin dans le texte, ça n’est certainement pas moi qui vous contredirai. Mais je crois que nous devons tous apprendre à vive plus simplement. Plus sobrement. Plus en phase avec l’élémentaire beauté du monde. Donc, avec l’essentiel.

     

    Pascal Décaillet

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  • Priorité absolue à nos rentiers AVS!

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 22.06.22

     

    Va-t-il falloir dans notre pays, l’un des plus prospères du monde, que les retraités descendent massivement dans les rues pour exiger des conditions de vie décentes ? Des gens qui ont travaillé toute leur vie. Ils ont fait la richesse de la Suisse, ce pays respecté sur la planète pour sa fiabilité, son exactitude, la qualité de ses finitions. Ils ont trimé dur. Ceux qui avaient fait un apprentissage, et commencé la vie active à 20 ans, ont cotisé à l’AVS pendant 45 ans. Quant au deuxième pilier, obligatoire seulement depuis 1985, tous n’en bénéficient pas, ou pas complètement. Bref, dans notre riche pays, les rentes sont maigres, des dizaines de milliers de retraités tirent la langue, attendent la fin du mois, c’est cela la réalité.

     

    Avec l’inflation qui gagne le pays, la hausse des taux par la Banque Nationale Suisse, le pouvoir d’achat qui n’en peut plus de fondre, un devoir de solidarité nationale s’impose, en faveur de nos aînés. C’est, pour le pays, une tâche prioritaire : d’abord les nôtres, d’abord ceux qui ont passé leur vie ici, ont fait la prospérité du pays. D’abord, oui ! Loin devant tout le reste ! D’abord les nôtres, ensuite l’altérité ! Citoyen de ce pays, je ne supporte pas d’entendre parler des milliards pour l’étranger, du « milliard de cohésion » de la Suisse à l’Union européenne, des subventions astronomiques versées à des « associations », tant que nos personnes âgées n’en peuvent plus de guetter la fin du mois. Si la démocratie « représentative » (par rapport à laquelle vous connaissez mes réticences) n’est pas foutue de trouver une solution à la précarité de nos aînés, alors c’est la démocratie directe qui doit se mettre en marche. En créant un électrochoc dans les consciences nationales.

     

    La goutte d’eau qui fait déborder le vase ? Comme le relève le Matin dimanche du 19 juin, les retraités suisses pourraient perdre 1000 francs par an, au 1er janvier 2023. Le mécanisme est simple : les rentes seront certes indexées, mais absolument pas suffisamment pour compenser l’inflation. En termes de pouvoir d’achat, l’effet est dévastateur. Il va, comme toujours, toucher de plein fouet les plus précaires de nos compatriotes, ceux dont les bobos urbains, avec leurs puissantes préoccupations « sociétales », ne se préoccupent jamais. Ces rentiers défavorisés sont pourtant la sève de notre nation, l’Histoire de notre pays, la fierté de sa réussite éclatante pendant les années d’après-guerre. Elever leurs rentes, garantir leur pouvoir d’achat, ne relève en rien de l’aumône : c’est un impératif vital de notre cohésion sociale. Comme le fut, en 1947 et 1948, l’immense débat national ayant abouti à la création de l’AVS. Ce jour-là, au milieu d’une Europe en ruines, alors que le rationnement et le charbon figuraient au rang des préoccupations principales, la Suisse, comme trois ans plus tôt la France avec la Sécurité sociale (de Gaulle, à la Libération), comme la Grande-Bretagne des travaillistes, comme l’Allemagne bismarckienne un demi-siècle plus tôt, donnait une réponse à la précarité. Une réponse à hauteur de la dignité humaine. A hauteur de l’Histoire.

     

    Pascal Décaillet

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  • La réalité fermentée des racines de la France

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    Sur le vif - Mardi 21.06.22 - 14.49h
     
     
    Dimanche, le peuple de France a écrit une page de l'Histoire politique de ce pays, depuis la guerre, c'était le thème de mon billet d'hier. Il a livré la photographie précise des rapports de forces et des volontés politiques. Le résultat est celui qu'on sait. Il déçoit qui ? Je vais vous le dire.
     
    Il ne déçoit en tout cas pas le peuple, qui est l'auteur de ce message, et qui ne l'a pas émis au hasard. Non. Il déçoit M. Macron, qui aurait voulu une nouvelle majorité de godillots. Il déçoit Mme Borne, qui perçoit ses limites éponymes. Il déçoit M. Mélenchon, qui se voyait déjà signer, de Matignon, des lettres de cachet pour la place de Grève. Il déçoit les états-majors des partis. Il déçoit les pies bavardes des chaînes privées, qui n'en peuvent plus, depuis dimanche soir, de parler de Macron, Macron, et encore Macron.
     
    Hors-sujet ! La présidentielle, c'était il y a deux mois. Macron est élu pour cinq ans, c'est en ordre. S'il veut régner nu, c'est son problème. S'il veut partir, c'est son problème. Son destin n'a plus d'intérêt. Car dimanche, il s'agissait de quoi ? D'un autre pouvoir, totalement séparé de l'exécutif (Jeu de Paume, 20 juin 1789), qui s'appelle le Parlement. 577 élections, dans 577 circonscriptions. La réalité fermentée des racines de la France. Les élus du peuple, dans toute sa pluralité, sa diversité, ses contradictions, ses lignes de tension. Pour cinq ans (toute dissolution serait un Brumaire dévastateur pour ce qui reste de pouvoir en place), ce sera cette Assemblée-là. Avec elle, il faudra travailler. Elle sera souveraine, pour faire les lois.
     
    Le sujet n'est donc pas de savoir ce que va faire Macron. Ni quel remaniement doit s'opérer. Ni quelles alliances de circonstances. Non, non et non. Le sujet, c'est prendre acte de cette Assemblée-là. Orienter la politique française sur ce qui sera faisable, ce qui ne le sera pas. Un Parlement n'est pas là pour être l'outil du gouvernement, mais sa Chambre de contrôle. Et de censure. Ces choses-là, très courantes jusqu'en 1958, ont été mises en veilleuse depuis 64 ans. D'abord, pour faciliter la tâche à un homme de l'Histoire, revenu certes aux affaires dans l'extrême limite de la légalité, mais qui devait régler la question algérienne. Puis, au fil des ans, comme instruments de facilité pour la médiocrité. Lorsque César laisse la place à Romulus Augustule, lorsque Rome n'est plus dans Rome, il faut revenir aux grandes valeurs. République. Séparation draconienne des pouvoirs. Contrôle de l'exécutif par le législatif. Mise en congé des médiocres.
     
    Comme je l'ai écrit hier, le peuple de France a dessiné, dans le génie de son inconscient collectif, 577 fois réinventé, le visage d'une Assemblée qui ne doit rien au hasard, et doit être respecté. Les partisans de M. Macron y sont encore nombreux. La gauche radicale l'emporte historiquement sur les gentils sociaux-démocrates. Les Verts y sont aux fraises, c'est la saison. La droite nationale y fait la percée historique qu'elle méritait depuis longtemps, si le mode de scrutin ne la mettait aussi scandaleusement à l'écart.
     
    C'est cela, tout cela, rien que cela. Il faut cesser de se demander "ce que va faire M. Macron", ça n'a aucun intérêt. Il faut prendre acte de la photographie. Et s'intéresser enfin au peuple français. Dimanche, il a pris date. Il a dit : "J'existe". C'est lui, le héros de l'Histoire. Et non le Prince errant dans son Palais des Glaces.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • De 577 points d'appui, le peuple de France impose la proportionnelle

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    Sur le vif - Lundi 20.06.22 - 10.23h
     
     
     
    D'abord, la remarque la plus ahurissante de la soirée politique d'hier : un observateur pro-Macron, totalement effaré par le camembert des résultats, s'exclame : "Quelle horreur ! Ce Parlement est ingouvernable !". Comme s'il s'agissait de "gouverner" les représentants élus du peuple, cet autre pouvoir, séparé, ne devant rien à l'exécutif, cette représentation 577 fois recommencée de la France d'en-bas.
     
    A quoi bon Mirabeau, le Serment du Jeu de Paume, le 20 juin 1789, à quoi bon la promesse de ne sortir que "par la force des baïonnettes", si c'est pour qu'un inculte affidé au Prince du moment, 233 ans plus tard, vienne sortir une telle énormité : "Ce Parlement est ingouvernable".
     
    Constamment rudoyé, le Parlement français, pendant ces 233 ans. L'épisode bonapartiste le met en congé. Le premier homme fort venu (de Gaulle inclus) le réduit au statut de Chambre d'enregistrement. Le 10 juillet 1940, deux semaines après la plus grande défaite de l'Histoire de France, il se met lui-même en congé. Dès qu'il est de la même couleur que le Président, il se réduit à une amicale de godillots tout juste bons à avaler les décrets du pouvoir. Non, décidément, la Cinquième République, malgré toutes ses qualités, n'est pas celle du Parlement. On est très loin de la grande tradition britannique. Ou du Reichstag bismarckien. Sans parler de la Suisse.
     
    Hier en France, c'est le peuple qui a écrit une page d'Histoire. Il n'a rien demandé à personne, n'a sollicité nulle permission, il a juste dessiné, dans le génie de son inconscient collectif, une configuration qui va imposer, d'en-bas, des changements majeurs. C'est un très grand moment de l'Histoire politique du peuple français. D'autant plus émouvant qu'il ne procède aucunement d'une volonté centralisée, mais de la juxtaposition de 577 élections, parfaitement indépendante l'une de l'autre, dans 577 circonscriptions. C'est, à la solitude du Prince, la réponse multipliée du terroir, bouillonnante de diversité, et pourtant claire dans l'intention générale du peuple français.
     
    Personne n'aura la majorité absolue ? Et alors ! Pour un Parlement, c'est une merveilleuse nouvelle : pour une fois, il va tenir un rôle. Il faudra faire et refaire, coudre et découdre, assembler, bricoler, discuter, convaincre. En Suisse, nous connaissons cela. En France, en tout cas depuis 1958, ce sont des habitudes quelque peu perdues.
     
    Oui, c'est une très grande journée que celle d'hier. Depuis au moins trente ans, tout le monde dit qu'il faut installer une dose de proportionnelle, pour une représentation plus juste des forces. Mais personne ne le fait. Macron s'y était engagé il y a cinq ans, il a volontairement laissé tomber, c'est tellement plus commode de régner. Hier soir, le peuple de France lui a présenté l'addition.
     
    La proportionnelle n'a pas été imposée par décret. Ni pas décision du Prince. Ni même par le vote des élus. Elle a été, DE FACTO, instaurée d'elle-même, hier, par le génie décentralisé du peuple souverain. Car cette législature sera proportionnaliste, ou ne sera pas. Et c'est le peuple souverain qui, de 577 points d'appui différents, sans rien demander aux légistes ni aux constitutionnalistes, l'aura, face à l'Histoire, imposée d'en-bas. Oui, ce dimanche 19 juin 2022 est une date dans l'Histoire politique de la France.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Le charbon ! Le bon vieux charbon des rois de Prusse !

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    Sur le vif - Dimanche 19.06.22 - 14.00h
     
     
    Et l'Allemagne qui revient massivement au charbon ! Après la brillantissime idée d'abandonner brutalement le nucléaire.
     
    L'approvisionnement en énergie, fossile ou renouvelable, présentable ou inavouable, méchante ou gentille, de la quatrième économie du monde, voilà un véritable enjeu.
     
    L'Allemagne a besoin de gaz. Elle a besoin de pétrole. Elle a besoin de charbon. Elle aurait longtemps eu besoin, encore, du nucléaire. Même si elle produit des efforts gigantesques dans le renouvelable. Allez voyager dans le Nord du Mecklenburg-Vorpommern, ou du Brandebourg, ou en Saxe, ou en Thuringe, ou en Basse-Saxe : vous ne verrez que des éoliennes, à perte de vue. C'est bien. Mais ça ne suffit pas !
     
    De même, sur les toits de millions de maisons individuelles auxquels les Allemands sont si attachés, partout vous verrez l'exemple des panneaux solaires. C'est bien. Mais ça ne suffit pas ! De loin pas ! Le renouvelable, ce sont des énergies à petit rendement.
     
    De l'approvisionnement de l'Allemagne en énergie, toutes les énergies possibles, sans trop de distinctions morales, qui n'existent que chez les bobos, dépend l'avenir de ce qui se passe aujourd'hui, plus à l'Est. Ca, c'est un enjeu majeur. Le reste, c'est de la parlotte.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • L'Allemagne ? Mais elle a besoin de la Russie !

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    Sur le vif - Vendredi 17.06.22 - 18.53h
     
     
    C'est très mal connaître la complexité historique des tropismes allemands que d'imaginer la vision atlantiste triomphant pour toujours. Pour étudier à fond l'Histoire allemande depuis Frédéric II, j'affirme que l'Ostpolitik est infiniment plus importante aux intérêts vitaux de la nation allemande, que la perpétuation d'une alliance de plus en plus informe avec un pays situé six mille kilomètres à l'Ouest, derrière un océan.
     
    Bien sûr, les grands Chanceliers CDU (Adenauer, Kohl, Merkel) ont été atlantistes. Mais le plus grand de tous, le Chancelier SPD Willy Brandt (1969-1974), a été le tout premier, un quart de siècle après la guerre, à tourner ses regards vers l'Est. En pleine Guerre froide, il avait une vision pacifique, ouverte, humaniste, non-coloniale, et j'ajoute rédemptrice (génuflexion de Varsovie, décembre 1970) des rapports du monde germanique avec l'Europe orientale.
     
    Tout le contraire de la gloutonnerie d'un Kohl, l'homme qui, sous prétexte (légitime !) de "Réunification", a phagocyté la DDR, comme si quarante ans d'Histoire de la Prusse, de la Saxe et de la Thuringe devaient être gommés, d'une chiquenaude.
     
    Regardez les faits, je les étudie de près (y compris sur place) depuis tant d'années : depuis trente ans, l'Allemagne implante ses marchés sur toute l'Europe centrale et orientale. Elle y prend des risques. Elle colonise certes un peu, puisqu'elle contrôle le Capital, tout en laissant aux autorités locales (polonaises, baltes, hongroises) les directions opérationnelles. Mais en même temps, elle élève les niveaux de vie, apporte de la prospérité.
     
    Pour continuer à exercer son influence économique et financière sur ces pays-là, l'Allemagne a un besoin vital d'entretenir de bonnes relations avec la Russie. Frédéric II, il y a deux siècles et demi, avait déjà saisi cela, ce fut l'un des enjeux (à l'Est) de la Guerre de Sept Ans (1756-1763).
     
    "Bonnes relations", cela ne signifie pas s'aimer. Ni approuver le régime politique d'en face . Mais simplement, dans un pragmatisme bismarckien, laisser ouvert le champ du possible. Pour que cette extraordinaire expansion économique à l'Est puisse perdurer.
     
    L'Allemagne n'a aucun intérêt à un embrasement généralisé de l'Europe orientale. Ce serait la ruine de son modèle d'implantation à l'Est, depuis trente ans. C'est, pour son destin, un enjeu vital. S'il est, un jour, perçu comme plus essentiel que l'arrimage à l'atlantisme, l'Allemagne choisira en priorité l'Ostpolitik.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Ukraine : l'enjeu allemand

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    Sur le vif - Jeudi 16.06.22 - 18.02h
     
     
    Parler d’une adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne, ça ne veut rien dire, ça n’a aucun intérêt. Ce sont juste des mots.
     
    L’enjeu réel, tant convoité à l’Ouest, c’est l’intégration progressive de la partie occidentale de l’Ukraine dans la zone économique et financière contrôlée par l’Allemagne sur les Marches orientales de l’Europe. Pologne, c’est fait. Tchéquie, c’est fait. Pays Baltes, c’est fait. Demain, l’Ukraine. Voilà le vrai plan, depuis des années.
     
    « L’Union européenne », ça ne veut pas dire grand chose. Ce ne sont pas les Portugais ni les Espagnols qui vont aller investir en Ukraine. Regardez l’évolution des marchés allemands à l’Est depuis la chute du Mur. Et vous comprendrez tout.
     
    La question allemande est au cœur de la question ukrainienne. De l’attitude finale de l’Allemagne (qui se tâte encore) face à ce conflit, tout dépendra. Il n’est pas dit que l’option atlantiste, en ultime instance, soit retenue. C’est exactement pour cela que la position du Chancelier SPD Olaf Scholz donne une impression d’atermoiement.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • D'un printemps l'autre

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 15.06.22

     

    Anne Hiltpold et Nathalie Fontanet pour le PLR, Carole-Anne Kast et Thierry Apothéloz chez les socialistes : les tickets commencent, tous partis confondus, à être connus du public pour les élections du printemps 2023 au Conseil d’Etat. Dans les deux cas cités ici, le mélange entre sortants et nouveaux est heureux, les duos sont équilibrés, crédibles. Nous verrons bien, dans dix mois, pour qui le peuple votera.

     

    Le printemps qui précède l’année électorale est celui de toutes les floraisons. Nouveaux visages, prometteurs. Relève. Nouvelles énergies. En comparaison, c’est le jeu, l’équipe sortante paraît fatiguée, usée. On se dit que la vie va recommencer, que les erreurs du passé ne seront pas reproduites. Bref, on rêve.

     

    Mais les sortants, eux aussi, paraissaient si jeunes, si pleins de fougue, il y a cinq ans. Le jeu politique ne serait-il qu’une déception, toujours recommencée ? Après cinq ans, dix ans, certains ministres donnent l’impression d’être en bout de course. Quand on pense au grand André Chavanne, qui est resté aux affaires pendant 24 ans ! C’était une autre époque.

     

    Déceptions il y aura, pourtant, dans l’équipe 2023-2028, quel qu’en soit le casting. Les jolis minois de la campagne, les sourires de façade, laisseront la place à l’arrogance pour les uns. A l’amertume pour les autres. Les fronts se plisseront. La tragique noirceur du pouvoir se refermera. Ainsi va la vie. Ne les idéalisons pas trop aujourd’hui. Le pouvoir n’est jamais beau. Jamais il n’unit. Toujours, il sépare.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • La vie privée, ça existe !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 15.06.22

     

    De quoi, au fond, la politique doit-elle s’occuper ? Depuis ma jeunesse, je planche sur cette question, fondamentale. Et je fais partie d’une école de pensée, une philosophie politique, qui lui apportent une réponse précise, cadrée, où demeure la césure capitale, celle de ma génération, entre vie privée et espace public. Aujourd’hui, cette séparation s’estompe, jusqu’à parfois se diluer. Je le regrette infiniment. Eh oui, on a parfaitement le droit de déplorer le cours des choses, ne pas s’ébahir devant toute mode, toute évolution, toute jeunesse. Le droit d’affirmer les valeurs de son âge, ses lectures, ses passions, ses admirations. Mes références s’appellent Charles de Gaulle, Willy Brandt, Pierre Mendès France. Je les assume. Je les emporterai avec moi, dans l’autre monde.

     

    Alors, où place-on la limite du champ politique ? Là aussi, j’apporte une réponse qui pourra déplaire à certains jeunes (pas tous), je respecte leur position, j’énonce la mienne. Lecteur d’Aristote, je note que la politique est l’affaire de la Cité. Entendez l’espace public, avec des institutions, un droit de vote accordé à certains, et non à d’autres, des citoyennes et des citoyens libres, de qui tout procède (là, j’en suis déjà au système suisse). Dans ce champ, nous avons à décider, tous ensemble, des affaires concernant les intérêts supérieurs d’un Etat. En statuant, non sur toutes les choses de la vie, mais sur quatre ou cinq priorités publiques, touchant à l’indépendance du pays, sa souveraineté, la sécurité nationale, celle des personnes et des biens, les assurances sociales, la solidarité, les systèmes de santé, les retraites, la formation, les grandes infrastructures, les choix énergétiques. J’ai presque tout dit. Et, pour ma part, je m’en tiens à cela.

     

    Autrement dit, je n’inclus pas dans le champ politique tout ce fatras de préoccupations privées, familiales, alimentaires, toutes ces questions liées au genre, qui envahissent l’espace public depuis quelques années. Non qu’il faille les taire. Mais ces sujets « de société » ont pris une telle importance dans les débats qu’ils éclipsent la finalité même de la politique, qui se définit autour d’un Etat, d’une nation, de ses intérêts vitaux à préserver. Ces mots-là vous semblent datés ? Vous avez tort. La paix ou la guerre, la victoire ou la défaite, l’indépendance ou la sujétion, tout cela existe, l’Histoire la plus récente nous le rappelle. Survivre comme nation, comme communauté humaine libre, n’est pas garanti. Et dépend de nous seuls. Le jour venu, seule compte la cohésion nationale, tous les mirages de facilité s’évanouissent.

     

    Dans ces conditions, on comprendra que mes attentions intellectuelles soient davantage magnétisées par la question centrale de l’Etat et de la nation, que sur le mode de vie alimentaire, carnivore ou végétarien. Cela n’a tout simplement rien à faire dans le débat politique. Ma position personnelle, sur la question, aurait d’ailleurs de quoi vous surprendre. Mais justement, je la garde pour moi. Et pour mes quelques proches.

     

    Pascal Décaillet

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  • Macron, le pacifique qui aimait les barrages

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    Sur le vif - Mardi 14.06.22 - 16.30h
     
     
    A force de "faire barrage aux extrêmes", la Macronie pérennise en France l'étrangeté physique d'un centre mou, introuvable, sans repères. Un Marais.
     
    Faire barrage à l'extrême droite, ça veut dire quoi ? Considérer, pendant cinq ans, comme des citoyens de deuxième zone les 42% d'électeurs de Marine Le Pen, au second tour ?
     
    Faire barrage à l'extrême gauche, ça veut dire quoi ? Prendre de haut les millions d'électeurs de Mélenchon ? La fureur montante contre le libéralisme sans entraves ?
     
    "Faire barrage" à la droite et la gauche les plus claires, chacune désormais en tête dans son camp, c'est diluer volontairement tout ce que la politique peut avoir d'idéologique, d'antagoniste, dans le sens le plus noble depuis la Révolution française et les grands affrontements sous la Convention, au profit d'un centrisme vague, visqueux, opportuniste, ductile comme un métal prêt à toutes les fusions. Une démocratie chrétienne de vicaire douteux.
     
    Macron, l'homme sans repères. Doué pour guetter l'occasion. Surdoué pour diviser l'adversaire. Incomparable pour durer. Mais au service ce quelle grande cause ? Quelle vision supérieure de la chose publique ? A l'aube du second quinquennat, ces questions fondamentales n'ont encore trouvé aucune réponse.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • L'essence ? Mais elle précède l'existence !

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    Sur le vif - Mardi 14.06.22 - 12.55h
     
     
    Pouvoir d'achat : il faut lancer la démocratie directe. Les nantis des corps intermédiaires préfèrent se pavaner dans le palais des glaces des ineffables "sujets sociétaux". Pour aller en pérorer dans l'une des 397 émissions qui leur sont consacrées sur les innombrables chaînes de la SSR. Menées par des bobos, pour des bobos. On est si bien, entre soi.
     
    Ainsi, l'ahurissant refus, hier au Conseil des Etats, d'une réduction des taxes sur l'essence et le chauffage. C'était, pourtant, la voix du bon sens, de la raison. Et un signal d'attention aux réels soucis prioritaires de l'écrasante majorité des gens, dans ce pays. La masse des habitants, pas les bobos !
     
    Que le peuple suisse donne une leçon à cette cléricature, totalement déracinée de la vraie hiérarchie des préoccupations et des souffrances.
     
    Le peuple ! Pas celui qui vocifère. Pas celui de la rue. Mais celui qui vote. En ordre de bataille. Il est le souverain. Celui dont tout procède.
     
    Pour les classes moyennes qui n'en peuvent plus d'être tondues, l'essence précède l'existence. Avec ou sans plomb.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Ignazio Cassis : la diplomatie de la gesticulation

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    Sur le vif - Lundi 13.06.22 - 08.08h
     
     
    Le dernier gadget d’Ignazio Cassis : une « Conférence sur la reconstruction de l’Ukraine », à Lugano, début juillet.
     
    À quoi rime cette initiative, totalement prématurée ? Nous sommes en pleine guerre, nul n’en connaît l’issue, ni la durée, ni les possibles renversements d’alliances. Certains acteurs capitaux, comme l’Allemagne, ne sont pas encore entrés en scène. Et il faudrait inviter la « communauté internationale », notion plus vide de sens que jamais, à venir pérorer dans le décor stendhalien d’un lac alpin, sur la « reconstruction de l’Ukraine » ?
     
    La diplomatie, M. Cassis, ça n’est pas la gesticulation. On n’organise pas une Conférence pour le seul plaisir d’organiser une Conférence. Juste pour faire parler de soi. Redorer le blason du ministre.
     
    Cette initiative sent le vent. Elle tourne à vide. Elle affaiblit le crédit de la Suisse pour organiser, plus tard, d’autres rencontres. Vraiment utiles, celles-là.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Colère noire

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    Sur le vif - Jeudi 09.06.22 - 14.22h
     
     
    Et 28 millions de crédits supplémentaires pour les TPG ! Votés hier par la Commission des finances. Cette demande du Département de M. Dal Busco - le Monsieur élu par la droite, mais qui s'entend si bien avec la gauche - "a pour objectif de soutenir les TPG face aux impacts de la crise sanitaire qui sont encore importants en 2022".
     
    En clair, ce sont les contribuables genevois, déjà les plus essorés de Suisse par un Etat cantonal dispendieux et tentaculaire, qui vont devoir éponger les problèmes de gestion et de trésorerie de cette régie.
     
    Et ces 28 millions, votés par qui ? Par le peuple ? Par le plénum du Grand Conseil ? Pas du tout ! Par une Commission de quinze roitelets, qui se tiennent par la barbichette. En l'espèce, même pas les quinze : les neuf de la gauche et... du PDC ! Le PLR, l'UDC ont voté non. Le MCG s'est abstenu.
     
    Neuf personnes, qui imposent 28 millions de dépenses supplémentaires au cochon de payeur, le contribuable genevois. Et personne qui ne bronche, dans la République ! A part votre serviteur.
     
    28 millions, d'un coup, alors que nous sommes dans une année sans budget ! Si ce dernier a été refusé, en décembre dernier, très légitimement, par une majorité claire du Parlement, c'était justement pour donner le signal de la rigueur et de l'austérité.
     
    Mais non ! Nos satrapes du renvoi d'ascenseur font ce qu'ils veulent. Qui les contrôle ? Qui aura le courage, un jour, d'exiger la suppression de cette scandaleuse pratique des crédits supplémentaires ?
     
    Colère noire.
     
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Dies irae, dies illa

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    Sur le vif - 09.06.22 - 08.12h
     
     
    La Suisse va commettre cet après-midi une erreur historique. Notre petit pays, neutre et indépendant, fier de sa souveraineté, n’a strictement rien à aller fabriquer au Conseil de sécurité de l’ONU. La plupart des gens vous disent le contraire. Eh bien moi, je vous dis cela. Parce que c’est ma conviction de patriote et de citoyen.
     
    L’ONU n’a rien de l’organisation mondiale qu’elle prétend être. La langue dominante en est l’anglais. Elle a été fondée, juste après la guerre, sous influence américaine. Elle a servi de paravent, dans des expéditions portant sa bannière, à des croisades de l’Oncle Sam. À la vérité, malgré la petite chanson pseudo-planétaire, l’ONU est au service de la première puissance mondiale. Ce sont eux qui mènent la barque. La représentation de chaque pays ne sert qu’à blanchir l’impérialisme américain.
     
    La Suisse n’a rien à faire dans cette Cour des grands, le Conseil de sécurité, qui est une Cour des fauves. Qu’on y laisse entre eux les prédateurs de ce monde.
     
    Nous avons un rôle international à jouer, celui de la paix, celui de l’humanitaire, celui de la médiation, celui du dialogue et de la négociation. Mais pas nous pavaner dans le jeu de miroirs des grands vautours.
     
    Et puis, dans ce Brumaire du passage en force, il y a le plus grave : on s’est arrangé, en haut lieu, y compris au Parlement, pour ne surtout pas consulter le seul souverain qui vaille dans notre pays, et qui s’appelle le peuple. Pour une décision majeure de notre destin national, on combine et on bricole sans son aval. Ce coup de majesté de nos élites porte une tache indélébile. Il parachève le discrédit de la classe politique et des corps intermédiaires. Et laisse, dans l’âme des patriotes, une colère d’ébène. Un jour, elle se rappellera à notre bon souvenir. Dies irae, dies illa.
     
     
    Pascal Décaillet

     
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  • Hors-sujet

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 08.06.22

     

    Le piratage de tout discours par la récurrence virale de mots-valises, du style « urgence climatique », ou « transition énergétique » sévit, hélas, au plus haut niveau de la politique genevoise. Chez une personne intelligente et respectable, Mme Fischer, ministre cantonale de l’Economie. C’est dommage, infiniment : les lumières de l’esprit méritent mieux que de s’accrocher désespérément aux mêmes outils lexicaux, toujours recommencés.

    Dernier exemple en date, la fameuse interview de la magistrate, dans la Matinale radio de la RTS, ce mardi 31 mai. On en a tous retenu l’annonce en direct, par mes confrères, de la fusion Firmenich-DSM, et la Conseillère d’Etat qui affirmait ne pas être au courant. Fort bien. Mais l’essentiel, au fond, n’est pas là. Il est dans la grande interview elle-même, quelques minutes auparavant.

    En un mot, mes confrères et sœurs tentent d’obtenir de la ministre des priorités motrices, enthousiasmantes, pour relancer l’économie genevoise. Las ! Tout le dispositif argumentaire du Conseil d’Etat genevois se trouve réduit, dans la réponse, à la seule question de la « transition » écologique.

    On veut bien que les entrepreneurs genevois fassent un effort dans ce sens. Mais diable ! Ils ne se lèvent pas, le matin, dans la seule jouissance d’aller poser des panneaux solaires sur les toits de leurs boîtes. L’essentiel de l’économie, la raison première d’une entreprise, la sève de l’aventure, ça n’est pas de faire Vert. A cet égard, le discours monothématique de la ministre apparaît comme terriblement décevant. Réducteur. Et, finalement, hors-sujet.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • La Bonne Chanson

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    Sur le vif - Mercredi 08.06.22 - 12.56h
     
     
    Dans le 12.30h RSR, le correspondant à Fribourg, mon confrère Fabrice Gaudiano, s'étonne à juste titre que le gouvernement de son Canton, pourtant composé de 5 élus de droite sur 7, annonce une politique de gauche pour les prochaines années.
     
    Le phénomène est partout. A Genève, le discours d'une partie de la droite se trouve comme phagocyté par les thèmes de la gauche. A commencer - c'était le sujet de notre débat hier soir - par la liturgie verbale des Verts. Avant même l'élection complémentaire, lorsque le gouvernement était encore officiellement à droite, le délire climatique avait déjà submergé les consciences, transformé les mots, par l'alchimie du conformisme, du convenable, la peur de déplaire, la génuflexion sur l'autel de l'opinion publique. Tout cela, par la conversion d'un homme : l'actuel ministre de la Mobilité. Damas, sur Rhône.
     
    En France, en Suisse, en Allemagne, jamais la gauche n'a été aussi faible en poids électoral. Mais son discours demeure, comme des bribes du catéchisme de nos enfances. Quelques fragments de l'acte de foi, quelques haillons déchirés de l'acte de contrition. Du dérisoire. Peut-être. Mais toujours ce poids des mots, ces éternels revenants. On ne sait plus trop ce qu'ils recouvrent, on murmure juste les syllabes, comme d'ultimes reliquats de la prière.
     
    La gauche est faible, ces temps. Mais l'écho de ses incantations nous habite encore. Au plus haut niveau, celui du pouvoir, jusque dans des familles qui ne lui doivent rien, elle nous poursuit de sa petite musique. Nous sommes des êtres bien fragiles. Nous colportons des vocables, nous reproduisons des notes, des soupirs. De génération en génération, nous fredonnons la petite chanson. Allez, disons, avec le grand Verlaine : La Bonne Chanson.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Mort de Napoléon ? Le climat, bien sûr !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 08.06.22

     

    Sexe des anges ? Vie après la mort ? Causes de la Grande Guerre ? Affaire du Courrier de Lyon ? Innocence ou culpabilité du Capitaine Dreyfus ? Empoisonnement ou mort naturelle de Napoléon ? Hitler s’est-il enfui en Argentine, dans un U-Boot, fin avril 45, et il aurait vécu encore trente ans comme épicier bio dans un faubourg de Buenos-Aires ? Vous pouvez les lancer sur n’importe quel sujet, les Verts détiennent l’universelle clef d’explication : la transition énergétique. Ces deux mots, ou encore, « urgence climatique », sont l’alpha et l’oméga de tout leur discours. Le « topos », entendez le passage obligé, incontournable. On doit accepter le rite initiatique, accéder par lui à la connaissance. Que nul n’entre ici, s’il n’est géomètre du climat.

     

    Une belle détermination ? C’est une manière de voir les choses. L’opiniâtreté, en politique, est certes une vertu. Mais la focalisation monomaniaque sur un seul thème, dans un domaine éminemment pluriel, peut tout autant se retourner méchamment contre ses auteurs, et finir par détourner une bonne partie de l’électorat. Par effet de fatigue. De saturation. D’exaspération. Or justement, de premiers signaux commencent à poindre, montrant une amorce de lassitude du public. L’ineffable affaire de la consommation de viande interdite aux élus Verts, lorsqu’ils mangent en public (chez eux, à l’abri des regards, ils peuvent baffrer à souhait du Chateaubriand, sauce persillée à la crème), en a été le révélateur le plus éclatant, à la fois tragique et croquignol, désespérant et bouffon. Il a fait hurler de rire la République. Ça fait du bien.

     

    Mais une partie des gens commencent à en avoir marre. Y compris des sympathisants des Verts, partageant le légitime combat de cette famille politique pour le respect de l’environnement. Mais ne supportant plus cette liturgie, ce martèlement répété à l’infini, cette application systématique d’une grille de lecture, une seule, à l’ensemble des politiques publiques. Il n’est pas exclu, dans les dix-huit mois qui viennent, que les Verts reçoivent du peuple l’addition pour ce rapport obsessionnel à certains outils de langage, toujours les mêmes. En termes électoraux, cela pourrait être une soustraction.

     

    Prenez l’Histoire politique, depuis 1848. Il y en a eu, en Suisse, en France, des éruptions monothématiques : le Général Boulanger dans les années 1880, la percée poujadiste aux législatives de 1956, les Ligues de vertu. Nulle d’entre elles n’a duré. Dans la Suisse de 2022, les citoyennes et citoyens sont exigeants. Ils attendent d’un parti politique, pour peu que ces derniers soient nécessaires, une orientation généraliste, ouverte, sur l’ensemble des problèmes de la Cité. Et un catalogue de réponses nuancé, en fonction des objectifs. Le parti des Verts est capable de cet universalisme de pensée, il l’a montré ces dernières années, avec des élus compétents. S’il veut éviter de se voir plumer aux prochaines échéances électorales, il a intérêt à revenir à cet humanisme. Et laisser au vestiaire, ou dans la sacristie, les invocations liturgiques. Laissons-les aux clercs. Soyons dans la Cité, laissons à d’autres les mots du Temple.

     

    Pascal Décaillet

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