Le chevau-léger et le Prince noir (21/11/2008)

 

 

La brèche était ouverte, Hugues Hiltpold s’est engouffré. Il avait déjà déclaré, il y a deux mois, que le parti radical ne se ferait pas trop prier, si on le lui demandait un jour poliment, de reprendre le DIP. Bien entendu, il ne s’était avancé qu’à titre personnel, n’avait été le chevau-léger de nul Prince noir, n’avait jamais eu la moindre conversation avec François Longchamp sur le sujet. Bien entendu. C’était il y a deux mois. C’était il y a cent ans.

 

On s’était dit que ce délicieux gentleman s’était offert un coup du milieu, avait tenté de s’encanailler, mais que tout était rentré dans l’ordre. C’est du moins ce que nous répétait l’entourage cardinalice du Prince, comme pour calmer l’ardeur de nos conjectures. Il y avait un gendre idéal qui avait joué, une fois, à la tête brûlée, mais l’incident était clos. Bien entendu, les radicaux ne caressaient d’aucune espèce de convoitise la reconquête d’une Ecole à laquelle ils avaient rendu naguère, avant Chavanne, quelque service signalé. Bien entendu. C’était il y a quelques semaines. Juste avant le napalm du Tribunal administratif.

 

Et puis, patatrac, hier soir, Hiltpold récidive. Toujours lui : chez ces gens-là, la récurrence est une vertu, elle flambe dans les bannières. La progression dramaturgique aussi : dans un communiqué, sur le constat d’une pestilence nommée « cacade » (sic !), le franc-tireur (bien entendu solitaire) « voit mal comment Charles Beer peut prétendre diriger le DIP une législature de plus ».

 

Bien entendu, on va continuer à nous répéter, pendant un an, que cette hypothèse d’OPA n’est que fantasmes. L’actuel conseiller d’Etat radical, pas plus que son efficace conseiller de l’ombre, ne seront jamais apparus au grand jour dans cette affaire. On aura laissé Hugues le lanceur de fusées éclairer joyeusement nos nuits : reprendra-t-il un jour les Fêtes de Genève ?

 

A moins qu’un autre job, disponible d’ici un an, ne commence à faire frissonner les rêves hiltpoldiens. La très grande fragilité du ticket choisi hier soir par les libéraux, cette illusion de l’équilibre là où toute attaque doit se fonder sur la rupture, pourrait, à raison, faire réfléchir les radicaux dans le sens d'un double ticket. Mais les places seront chères : la non-candidature de Jornot, cette absurdité de casting, offrira à un Jornot bis l’occasion de faire du Jornot en sirotant du Canada Dry. Cet homme existe, se porte très bien, n’est pas totalement insensible à l’attrait du pouvoir. Il s’appelle Yves Nidegger.

 

Pascal Décaillet

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