Mme Fontanet et ses paravents (27/01/2021)

 
Sur le vif - Mercredi 27.01.21 - 14.17h
 
 
Désolé si je suis très seul à le dire et si je jette un froid, mais je ne suis absolument pas convaincu par la passion que semble investir Mme Fontanet dans les questions liées au genre, à l'anti-discrimination et à l'égalité.
 
Thèmes à la mode, éminemment rassembleurs. Nul n'osera s'y opposer, de peur d'avoir face à lui la meute communautariste des collectifs et des associations, dûment subventionnés par le contribuable pour rugir, s'indigner, anéantir toute opinion contraire à leur dogme, dresser le bûcher des hérétiques.
 
J'en veux à Mme Fontanet de tant insister sur ces sujets. Je ne suis pas dupe de son petit jeu : en brandissant des questions sur lesquelles le Parlement sera d'accord (en vertu des contraintes et intimidations énumérées plus haut), on s'achète à bas prix un label de rassembleuse, celle qui sait dégager des majorités, oh la grande dame, que même la gauche applaudira.
 
Eh bien moi, je n'aime pas ce procédé. La ficelle est lisible, pour qui sait lire, c'est une forme de populisme, que personne n'osera condamner, puisqu'il va dans le sens de la doxa ambiante.
 
J'y vois surtout un immense paravent. Habile, la ministre nous jette un rideau de fumée avec un sujet de société où elle sait qu'elle sera gagnante. Et ce procédé de trompe-l’œil lui permet de cacher quoi ? Réponse : l'essentiel de sa mission ! L'état terrible des Finances genevoises, dont elle a, jusqu'à nouvel ordre, la responsabilité. Les déficits se cumulent, la dette se creuse à n'en plus finir, Mme Fontanet elle-même s'y est convertie, nous allons laisser à nos enfants une ardoise hallucinante. Nous allons à la catastrophe.
 
Dans ces conditions, en termes d'image, mieux vaut avancer des sujets de société où l'on pourra apparaître comme une réformatrice devant l'Histoire. Déjà, la notice biographique est prête. Déjà, le choeur des louanges est programmé. Le salut des contribuables, des classes moyennes, de ceux qui se lèvent le matin pour bosser, ce sera pour une autre vie.
 
 
Pascal Décaillet
 

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