Dies irae, dies illa (09/06/2022)

 
Sur le vif - 09.06.22 - 08.12h
 
 
La Suisse va commettre cet après-midi une erreur historique. Notre petit pays, neutre et indépendant, fier de sa souveraineté, n’a strictement rien à aller fabriquer au Conseil de sécurité de l’ONU. La plupart des gens vous disent le contraire. Eh bien moi, je vous dis cela. Parce que c’est ma conviction de patriote et de citoyen.
 
L’ONU n’a rien de l’organisation mondiale qu’elle prétend être. La langue dominante en est l’anglais. Elle a été fondée, juste après la guerre, sous influence américaine. Elle a servi de paravent, dans des expéditions portant sa bannière, à des croisades de l’Oncle Sam. À la vérité, malgré la petite chanson pseudo-planétaire, l’ONU est au service de la première puissance mondiale. Ce sont eux qui mènent la barque. La représentation de chaque pays ne sert qu’à blanchir l’impérialisme américain.
 
La Suisse n’a rien à faire dans cette Cour des grands, le Conseil de sécurité, qui est une Cour des fauves. Qu’on y laisse entre eux les prédateurs de ce monde.
 
Nous avons un rôle international à jouer, celui de la paix, celui de l’humanitaire, celui de la médiation, celui du dialogue et de la négociation. Mais pas nous pavaner dans le jeu de miroirs des grands vautours.
 
Et puis, dans ce Brumaire du passage en force, il y a le plus grave : on s’est arrangé, en haut lieu, y compris au Parlement, pour ne surtout pas consulter le seul souverain qui vaille dans notre pays, et qui s’appelle le peuple. Pour une décision majeure de notre destin national, on combine et on bricole sans son aval. Ce coup de majesté de nos élites porte une tache indélébile. Il parachève le discrédit de la classe politique et des corps intermédiaires. Et laisse, dans l’âme des patriotes, une colère d’ébène. Un jour, elle se rappellera à notre bon souvenir. Dies irae, dies illa.
 
 
Pascal Décaillet

 

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