Le tort d'être un homme

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Édito Lausanne FM – Mercredi 06.02.08 – 07.50h


« J’ai le tort d’être un homme » : le conseiller national Vert Ueli Leuenberger commence à dire franchement, devant les micros et les caméras, ce qu’il nous confie en coulisses depuis des semaines. Candidat à la succession de Ruth Genner pour la présidence nationale de son parti, il se heurte, frontalement, à une cabale féministe particulièrement sectaire, venant principalement de Suisse alémanique.

On peut partager ou non les convictions d’Ueli Leuenberger, mais nul ne peut contester la compétence, la force de travail, la vision d’ensemble, le courage de cet homme. Parti d’en bas, il s’est fait tout seul. Son caractère, sa détermination sont impressionnants. Mais il y a ce problème, cette tare originelle, cette errance de chromosomes : il est un homme. Oui, il existe, beaucoup du côté de Zurich, un peu chez nous, une manière de vivre le féminisme qui confine à l’intolérance, au rejet de l’autre, au dogmatisme. Le dire, simplement le dire, nous vaut déjà des foudres.

Le problème, dans cette affaire, n’est pas la concurrente d’Ueli Leuenberger, l’excellente conseillère nationale bernoise Franziska Teuscher, biologiste, présidente de l’ATE, qui aurait aussi, à coup sûr, le format pour le poste. Le problème, c’est le sectarisme des fundi. Et, face à ce néo-conformisme, ce qui fait plaisir à voir, c’est la détermination d’Ueli Leuenberger à se battre. Trop d’hommes, face à un certain féminisme de croisade, ont rampé. Lui, se bat. Lui, existe. Il va prendre des coups, mais il maintient le cap. C’est nouveau, rafraîchissant, comme une petite sortie sur le pont d’un navire, dans la tempête, à contre-courant.

Cette détermination n’a, chez Ueli Leuenberger, strictement rien de machiste. C’est justement un homme ouvert à la promotion des femmes, il l’a maintes fois prouvé. Mais là, juste là, il a décidé de ne pas baisser la garde. Juste pour donner un signal contre les excès, le fondamentalisme, le sectarisme.

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Commentaires

  • "le fondamentalisme", "le sectarisme".... Ben voilà, rien que ça! Comment osez-vous dire des trucs pareils alors que les femmes sont toujours nettement moins bien payées que les hommes, alors que les femmes subissent toujours des pressions et des remarques souvent complètement diffamatoires à longueur de journée...

    J'aime beaucoup Leuenberger, et je voterais pour lui si j'étais un Vert, mais je crois que son combat pour être président n'a rien à voir avec une lutte contre un prétendu "fondamentalisme" féministe. Il y a des femmes qui se battent pour leurs droits et leur représentativité dans un domaine encore très très largement masculin, et c'est très bien comme ça.

  • Au risque de déplaire à Monsieur Minimo qui est soit naïf soit peu roué aux arcanes de la politique à gauche il se méprend.

    Contrairement à ce que nous pouvons presque toujours constater au centre droit, les partis de gauche sont, c'est un fait, sectaires et dogmatiques.

    Messieurs Paychère et Bertossa ne se privent pas d'étaler leur fermeture d'esprit au grand jour, leurs affiches montrent leur intolérance face aux fumeurs et le clou est leur haine viscérale des 4x4.

    La vraie gauche, post brumairienne et pré soixante-huitarde, soufflait un vent de liberté sur la société. Aujourd’hui cette gauche-là a été laminée. Elle a été remplacée par une gauche caviardo-opportunistes, genre Lachat, Mouchet, Tornare etc et une gauche crypto-marxiste dans laquelle se sont recyclés tous les purs et durs de la doctrine trostkiste, bolchévique qui veut une rétrécissement des liberté individuelles et un resserrement sociétal pour mieux manipuler les masses. Ils sont donc pour la collectivisation des transports publics non pas par soucis environnemental mais pour casser l’image d’aisance des riches. En oubliant que sans eux il n’y a tout simplement pas d’Etat social possible !

    Cette gauche-là, dont les Verts sont aussi les promoteurs est, sans aucun doute possible, devenue un facteur de régression sociétale.

    Pour ce qui est de M. Leuenberger deux choses me dérangent chez lui.

    Nous faire accroire qu'il est romand, seuls les sourds peuvent le croire, ensuite son aveuglement face au réel problème d'intégration que nous posent les ressortissants des Balkans.

    Je souhaite lui rappeler que si on n’est pas capable d’admettre sa propre origine, c'est que l'on a une mauvaise estime de soi. Sans estime de soi on ne peut pas avoir d'estime pour les autres.

    C’est simple.
    Je n'ai aucun problème avec le fait que M.Leuenberger ne soit pas romand. Mieux je m'en contrefiche. Mais c'est un fait et nier les faits c'est nier la réalité, or aucune politique n'est possible hors de réalités.

    Pour ce qui est balkaniques, une fois encore je n'ai pas d'objection à ouvrir notre territoire à des peuples en danger. C’est même un devoir que les Suisses ont toujours rempli avec sérieux et dignité. Mais si, à leur tour, se sont eux qui nous mettent en danger, je n'ai aucune retenue pour leur montrer la porte de sortie et la fermer derrière eux.

    Il y a une raison à cela, je pense qu’une société responsable et démocratique se fonde sur le respect. Sans respect, aucune tolérance n'est possible A défaut on entre dans le concept débile du politiquement correct qui est une naiserie américaine reprise, la bouche en cœur, par les socialistes pan-européens.

    En conclusion OUI les Verts qui mènent la danse de ce parti sont à la fois des sectaires et des dogmatiques. A ces deux qualités ils ont, grâce à leur élu phare Robert Cramer, ajouté le mensonge.

    Pour moi ce parti, construit autour d'un thème honorable a perdu son âme en voulant faire de la politique ramasse miettes.

    C'est sûrement pour comprendre comment faisaient les radicaux que l'ineffable Cramer est devenu Vieux Grenadier, société honnie des verts grand teint.

    Mais que ne ferait-il pas pour le pouvoir?

    Incapable de sonner la retraite de son poste gouvernemental, Cramer s'y cramponne, en faisant fi de l'honneur de sa famille politique pour des raisons personnelles. Il me rappelle le commandant Smith du Titanic qui, obsédé par le record de la traversée de l’Atlantique Nord, envoya par le fond le plus beau paquebot de son temps et quelques 1200 passagers !

    George Tsand

  • bonjour,

    simple envie de rebondir sur le puissant affrontement des sexes qui se déchaîne maintenant depuis quelques décennies. Nous avons vécu pendant des siècles avec une répartition des rôles que résumait bien la tristement célèbre division de la figure féminine entre "la mère" et "la prostituée". La première grande révolution féministe, fin XIXe-début XXe a permis le dépassement progressif de la réclusion des femmes dans la figure maternelle, la seconde grande révolution féministe (qualifiée de révolution sexuelle, mais s'appliquant à mon sens surtout vers les femmes) a pu en quelque sorte "réhabiliter" la figure de la prostituée, ou en tout cas a ouvert petit à petit à l'expression "dérégulée" de la sexualité des femmes. Face à cette situation inédite depuis peut-être 1500 à 2000 ans, les hommes se sont retrouvés totalement déstabilisés (certains vont même jusqu'à évoquer une "dévirilisation" généralisée de nos sociétés occidentales).
    Alors, se battre contre une "cabale féministe"... les enjeux me semblent aller bien au-delà de ça. Il nous reste aujourd'hui à re-construire une figure masculine qui sache se tenir debout, en face, de la femme nouvelle, sans entrer à nouveau en guerre ou en lutte contre elle.

  • "Trop d’hommes, face à un certain féminisme de croisade, ont rampé. "...Cher Pascal, vous vous êtes surpassé aujourd'hui, vraiment.
    Ou peut-être avez vous été ému au delà du raisonnable par la lecture de "La Vénus à la fourrure"...RHHHAAAA, lovely!

  • De toute manière, c'est juste une question de temps. La déferlante d'immigrés du sud, pour beaucoup musulmans et dont les femmes font des enfants, elles, remettront l'histoire et la femme sur la bonne voie, celle de la cuisine avec la gueule fermée. 40-50 ans, et celles qui feront les rebelles finiront en tournantes dans les poubelles....
    D'un côté une tarée castratrice, de l'autre un "romand"qui parle avec un accent de broyeuse, un sympathisant du Hezzbolah se baladant avec des drapeaux israéliens frappés de croix gammées (à Genève durant la guerre contre les terroristes libanais). Un mec avec une face d'intolérant, sexiste et avide de pouvoir.
    Allez, censure, Pascal.

  • Moi je vous aime bien, certainement le seul journaliste qui puisse s'exprimer dans la presse romande et qui n'a pas sa carte du parti socialiste ou pire, pour ceux qui se croient progressistes et regrettent leur jeunesse trotskiste de soixante-huitards décadents, celle des verts.

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