Les moissons, en Pologne

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Claudine Drame, la mémoire et l’oubli

Édito Lausanne FM – Mardi 29.04.08 – 07.50h



Ils sont trois, alternativement face à la caméra, en plan fixe, et ils racontent. Il y a Violette Jacquet (18 ans en 1942), Henri Borlant (15 ans en 1942), et Marcel Jabelot (19 ans en 1942). Filmés par l’historienne Claudine Drame, un bon demi-siècle après les événements, ils racontent la déportation. Leur déportation. Et leur témoignage, par sa simplicité, l’absence d’artifice, l’émotion d’autant plus forte qu’elle demeure contenue, nous saisit.

Historienne, Claudine Drame a consacré, aux Editions Metropolis, un remarquable ouvrage à la manière dont le cinéma a filmé l’Holocauste, dans les quarante années qui ont suivi la guerre, et dès les tout premiers films d’actualité de 1945, ces images qui, au monde entier, ont colporté l’horreur. Claudine Drame, hier soir, s’exprimait à Genève, à l’Université, à l’occasion de la Journée de la Mémoire.

« Témoignages pour Mémoire », c’est justement le titre du DVD inséré dans son livre. Et c’est là que s’expriment Violette Jacquet, Henri Borlant et Marcel Jabelot. « Il paraît que nous partons en Pologne, pour faire les moissons », écrivait à sa mère un adolescent de Drancy. Le témoignage de ces trois-là devrait passer dans toutes les écoles. Le DVD dure 50 minutes : juste le temps d’un cours d’Histoire.

En Pologne, on le sait, il n’y eut d’autre moisson que celle de l’horreur, alors ils la racontent, calmement, laissant affleurer la mémoire jusqu’à l’extrême tension de leur émotion. Violette évoque la soif, dans les camps. Elle décrit aussi le retour à la Gare du Nord, après la libération : la vie ordinaire pourra-t-elle reprendre ? Henri aussi, retrouve sa mère, dans son appartement : elle l’attend à l’étage, comme s’il revenait d’un week-end en campagne.

D’où reviennent-ils, ces trois-là ? Peuvent-ils seulement le dire ? Là, ils essayent. Et ces trois tentatives, comme trois chemins de traverse, nous font enfin comprendre ce que signifie le travail de mémoire, le devoir de transmission. Rien d’oppressant, presque rien de grave : juste la mémoire. Contre l’oubli.

 

*** Claudine Drame, "Des films pour le dire - Reflets de la Shoah au cinéma - 1945 - 1985", Editions Metropolis. Contenant le DVD "Témoignage pour Mémoire".

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Commentaires

  • pouvez vous m'expliquer pourquoi on prend les polonais pour des juifs, et que tout le monde sait leur origine urssiens d'orthodoxes pour babylone irakiens, et latine exposito latine romand vaticanesque et rien avoir avec des hebreuxarabes?

  • Magnifique invention que les caméras qui fixent pour la mémoire des événements cruels d'autant + aujourd'hui, ou une propagande internationale est faite pour nier la vérité de la Shoah, surtout de la part des islamistes...
    Encore + merveilleuse invention, l'internet, grâce auquel, l'information circule tellement rapidement, que la planète entière est informé en très peu de temps.

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