Zappelli, l'Ange exterminateur

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Un Procureur général, dans la nef d’une Cathédrale, « instruisant » ouvertement ses ordres à une cheffe de la police vêtue d’une écharpe de maire, de beaucoup de probité candide, d’un éphèbe duvet d’écarlate sur les joues. Voilà, hier soir, qui ne relevait pas de la République de Genève, mais de l’un des plus grands films de Bunuel, l’Ange exterminateur.

Rarement, dans le même site, tant de confusion des pouvoirs. Daniel Zappelli, ivre de son triomphe face à l’aérien Paychère, s’adressant avec une jupitérienne immédiateté à une haut fonctionnaire ne dépendant absolument pas de lui, mais du conseiller d’Etat Moutinot, au demeurant présent, mais Belle au Bois dormant, innocence, pesanteur des paupières, torpeur, tristesse de la chair, face à la tonitruance de l’homme en chaire.

C’était tout cela, c’était Saint-Pierre, clefs du Paradis, de la toute puissance. Débordement des compétences, obédience de l’assistance, conformisme de pouvoir, noce chez les petits-bourgeois, orthonormés comme des pingouins, nord-sud, dans les travées.

C’était une cérémonie ordinaire, retransmise, hertzienne, mariage d’Elisabeth, couronnement de Napoléon. Ne manquait que Madame Mère. Et son énigmatique sourire. Au pays de Calvin, de François Paychère, de Michel Simon, et de la longeole. Sont-ils au moins, la cérémonie finie, sortis de la Cathédrale ? Cela, seul l’Ange exterminateur le sait. Et, peut-être, quelques gisants. Souriants et rassasiés.



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Commentaires

  • Dites, on avait pas dit pas de blagues sur le physique des gens ?
    Je suis d'accord que sur un ring de boxe, un adversaire de la taille de Daniel Z., on est impressionné, alors qu'un Tino le Mou, fait rire...je veux bien, mais tout de même...charger Moutin haut ainsi...

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